Évaluation de la programmation en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs d'Affaires mondiales Canada
Rapport d'évaluation
Préparé par la Direction de l'évaluation
Affaires mondiales Canada
Mars 2026
Table des matières
- Acronymes et abréviations
- Sommaire exécutif
- Contexte du programme
- But, portée et objectif de l'évaluation
- Approche et méthodologie de l'évaluation
- Limites de l'évaluation et mesures d'atténuation
- Constats : Pertinence et cohérence externe
- Constats : Efficacité
- Constats : Efficience et cohérence interne
- Conclusions, considérations et recommandations
- Annexes
Acronymes et abréviations
- ACS Plus
- Analyse comparative entre les sexes Plus
- AI
- Aide internationale
- AMC
- Affaires mondiales Canada
- APD
- Aide publique au développement
- CAD de l’OCDE
- Comité d'aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques
- CEP
- Chef d’équipe de projet
- CMR
- Cadre de mesure du rendement
- CRDI
- Centre de recherches pour le développement international
- DG
- Directeur général
- DFP
- Dirigeant principal des finances
- ECS
- Éducation complète à la sexualité
- Engagement de 10 ans
- Engagement de 10 ans en matière de santé et de droits dans le monde (10YC)
- FNUAP
- Fonds des Nations Unies pour la population
- GAR
- Gestion axée sur les résultats
- IPA
- Initiative de planification de l’avenir (FPI)
- IRC
- Indicateur de rendement clé
- LGBTQI+
- Lesbiennes, gais, bisexuels, transgenres, queers, intersexuées plus
- MEPF
- Mariage d’enfants, précoce et forcé
- MGF/E
- Mutilation génitale féminine et excision
- ML
- Modèle logique
- OERF
- Outil d’évaluation du risque fiduciaire
- OM
- Organisation multilatérale
- OMS
- Organisation mondiale de la santé
- ONG
- Organisation non gouvernementale
- ONGI
- Organisation non gouvernementale internationale
- ONU
- Organisation des Nations Unies
- OSC
- Organisation de la société civile
- PAIF
- Politique d’aide internationale féministe
- PPA
- Processus de programmation autorisé
- SEA
- Suivi, évaluation et apprentissage
- SMA
- Sous-ministre adjoint
- SMNE
- Santé des mères, des nouveau-nés et des enfants
- SDSR
- Santé et droits sexuels et reproductifs
- SSR
- Santé sexuelle et reproductive
- SVSC
- Sa voix, son choix
- VFG
- Violence fondée sur le genre
- VSFG
- Violence sexuelle et fondée sur le genre
Sommaire exécutif
L’évaluation des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs (SDSR) d’Affaires mondiales Canada (AMC) visait la période allant de 2017-2018 à 2024-2025 et portait principalement sur deux engagements au chapitre de l’aide internationale : l’initiative Sa voix, son choix (SVSC) (2017-2020) et l’Engagement de 10 ans en matière de santé et de droits dans le monde (Engagement de 10 ans) (2020-2030). L’évaluation avait pour objectif d’éclairer la planification et la mise en œuvre de la programmation SDSR pour le reste de la durée de l’Engagement de 10 ans et au-delà.
Tout au long de l’évaluation, des données probantes ont mis en évidence un écosystème de santé et de droits sexuels et reproductifs dans lequel les crises mondiales aiguës, les changements géopolitiques, les mouvements d'opposition socio-politiques et le retrait des financements des donateurs ont posé des défis en ce qui concerne la mise en œuvre, l’obtention de résultats et la durabilité des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs. Dans ce contexte mondial dynamique et complexe, l’évaluation a clairement relevé les réussites et les difficultés du portefeuille d’AMC en matière programmation en SDSR.
Les investissements du Ministère dans le domaine de la SDSR ont toujours été arrimés aux priorités politiques dans le cadre de la Politique d’aide internationale féministe (PAIF), et à ses objectifs financiers et de défense des intérêts. Dans les pays qui ont fait l’objet d’une étude de cas, la programmation étaient également pertinente par rapport aux priorités nationales et régionales en matière de SDSR et cadraient largement avec les besoins essentiels identifiés par les détenteurs de droits et leur communauté élargie, y compris pour les groupes marginalisés.
Les programmes relatifs à la SDSR ont contribué à des changements positifs pour les femmes et les filles dans plusieurs domaines clés. Bien que les progrès varient d’un contexte à l’autre, les données probantes tirées des études de cas ont démontré que la programmation financée par AMC a contribué à accroître l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR); à améliorer les comportements sains en matière de SDSR; et à renforcer la capacité des gouvernements et de la société civile à promouvoir et à protéger la santé et les droits sexuels et reproductifs. Toutefois, l’état de préparation du pays hôte en matière de SDSR, les lois locales, les coutumes et cultures, la capacité et l’expertise des partenaires ainsi que le degré de leadership et d’appropriation des initiatives SDSR par les parties prenantes locales ont tous influés sur l’efficacité des programmes et leur capacité à s’arrimer pleinement aux besoins des détenteurs de droits.
Au sein de l’écosystème mondial de la SDSR, le Canada joue un rôle dirigeant, ce qui lui permet d’être reconnu à la fois comme un donateur fiable et un défenseur influent dans le domaine de la SDSR grâce à ses activités de mobilisation à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Le Canada a déployé des efforts constants pour collaborer, créer des synergies et réduire au minimum les chevauchements avec d’autres acteurs.
Au sein du Ministère, les structures, les systèmes et les processus qui soutiennent la programmation en matière de SDSR ont eu une incidence sur les gains d’efficacité à l’interne et la rentabilité globale de ses investissements dans ce domaine. La Direction générale de la santé mondiale et des systèmes alimentaires (YSD) était responsable de la politique relative à la SDSR, et son soutien a amélioré la capacité du Ministère à mettre en œuvre ses programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs. Toutefois, l’absence d’une participation systématique des spécialistes en santé mondiale et en SDSR dans le cycle de programmation a entraîné des difficultés, notamment en ce qui concerne la mesure et la communication des résultats en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs et l’utilisation incohérente de données probantes pour éclairer la sélection des projets et des partenaires en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs. Enfin, YSD n'avait pas de mandat programmatique officiel et il n'y avait pas d’orientations opérationnelles en matière de santé mondiale reliant les priorités politiques aux objectifs des programmes et de plaidoyer, ce qui a entraîné des problèmes de coordination et des cas de fragmentation de programmation SDSR.
Recommandations
- Veiller à ce que le soutien technique spécifique à la SDSR et à la santé mondiale soit systématiquement intégré dans le cycle de programmation des subventions et contributions afin de guider la planification et la mise en œuvre de la programmation en matière de SDSR financée par AMC.
- Afin de mieux démontrer une optimisation des ressources, accorder une priorité à la mesure et au rapportage des résultats au niveau des programmes et du portefeuille en SDSR.
- Élaborer une approche fondée sur des données probantes pour la sélection des projets et des partenaires afin de mettre en œuvre et d’améliorer le rapport coût-efficacité de la programmation en SDSR.
- Élaborer des orientations opérationnelles en matière de SDSR qui favorisent la cohérence entre tous les centres de responsabilité au sein du Ministère afin de renforcer l’efficacité interne.
Contexte du programme
Les engagements du Canada en matière de SDSR
Définition de la SDSR
La santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR) désignent les droits, les connaissances et les moyens nécessaires à tous les individus pour prendre des décisions et accéder à des services concernant leur vie reproductive et leur sexualité, et ce, sans criminalisation, contrainte, discrimination ou violence.
Source : Trousse d’outils sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (AMC, 2022)
Figure 0.1

Version texte - Figure 0.1
Image illustrant les trois axes d’action liés aux champs d’action de la santé et la nutrition dans le cadre de la Politique d’aide internationale féministe du Canada (PAIF) :
- Améliorer la qualité et l’accessibilité des services de santé pour les plus marginalisés
- Améliorer l’accès à des services complets en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs
- Amélioration de la nutrition tenant compte du genre pour les plus pauvres et les plus marginalisés
Le soutien du Canada dans le domaine de la SDSR (figure 0.1) s’inscrivait dans son engagement plus large à l’égard de la santé mondiale. Au cours de la dernière décennie, cet engagement s’est traduit par des investissements soutenus visant à améliorer la santé et les droits des femmes et des filles dans les pays en développement, en mettant l’accent sur des approches intégrées et globales en matière de santé reproductive.
L’engagement du Canada à l’égard de la SDSR remonte à 2010, lorsqu’il a joué un rôle de premier plan dans la promotion de l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE) dans le cadre des initiatives Muskoka 1.0 (2010-2015) et Muskoka 2.0 (2015-2020). Bien qu’elles comprennent tous deux des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs, elles sont principalement axées sur la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infantile. Depuis Muskoka, le Canada a adopté une approche plus ciblée en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs au moyen de deux engagements majeurs (voir l'annexe 1 pour le calendrier des engagements) :
L’initiative « Sa voix, son choix » (SVSC) (2017-2020; 650 millions $)
Conformément à la Politique d’aide internationale féministe (PAIF)Note de bas de page 1 (figure 0.1), le Canada a annoncé en 2017 l’initiative Sa voix, son choix (SVSC) pour combler les lacunes relevées dans les investissements dans le cadre des initiatives de Muskoka 1.0 et 2.0 et pour mieux s’arrimer à la demande pour une politique de santé mondiale qui permet de mettre davantage l’accent sur la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente et sur la nutrition. Dans le cadre de cette initiative, le Canada s’est engagé à faire ce qui suit :
- accroître l’accès des femmes et des adolescentes à l’ensemble des services de santé sexuelle et reproductive (SSR);
- mettre davantage l’accent sur la santé des adolescents et la promotion de la SDSR.
L’Engagement de 10 ans en matière de santé et de droits dans le monde (2020-2030; 1,4 milliard $)
Annoncé en 2019, tandis que les initiatives Muskoka et SVSC touchaient à leur fin, l’Engagement de 10 ans en matière de santé et de droits dans le monde (Engagement de 10 ans) a été lancé par le Canada en réponse aux appels de la société civile canadienne en faveur d’un investissement renouvelé et à long terme dans la santé mondiale. Dans le cadre de l’Engagement de 10 ans, 1,4 milliard $ par an seront consacrés à la santé mondiale, dont 700 millions $ expressément destinés à des programmes complets axés sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (à partir de 2023). Au moment de l’évaluation, l’Engagement de 10 ans représentait l’engagement le plus important du Canada en matière de santé mondiale à ce jour. Il a également répondu aux demandes internationales croissantes visant à promouvoir un programme de santé mondial complet et fondé sur les droits, en accordant la priorité aux domaines sous-financés et mal desservis de la SDSR, communément appelés domaines négligés de la SDSR (figure 0.2).
Figure 0.2 : Domaines négligés de la SDSR

Version texte - Figure 0.2
Les domaines négligés de la SDSR
- Services d’avortement et de prestation de soins post-avortementNote de bas de page 2
- Éducation complète à la sexualité (ECS)
- Planification familiale et contraception
- Plaidoyer en faveur de la SDSR et reforme
- Prévention et réponse à la VSFG (ajouté après l’Engagement de 10 ans)
Ressources
De 2017-2018 à 2023-2024, AMC a déboursé près de 3 milliards $ pour des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs dans le cadre de SVSC et de l’Engagement de 10 ans. De ce montant, 672 millions $ ont été versés dans le cadre de l’initiative SVSC et environ 2,3 milliards $ dans le cadre de l’Engagement de 10 ans (voir l'encadré pour plus de détails). Dans le contexte de ces deux engagements, les investissements en matière de SDSR d’AMC ont permis de soutenir 568 initiatives, dont 60 % ont été financées par le biais des programmes géographiques (en particulier le Secteur de l’Afrique). Parmi celles-ci, AMC a financé 435 projets individuels, pour un montant total de 1,4 milliard $. Voir l'annexe 2 pour plus de détails.
Bien qu’AMC était le chef de file pour les investissements du Canada en matière de SDSR dans le cadre de l’Engagement de (10 ans) et de l’initiative SVSC, le Ministère a coordonné ses efforts avec d'autres ministères [par exemple, le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et Finances Canada] afin d’atteindre les objectifs fixés sous l'Engagement de 10 ans, d’assurer la cohérence des politiques, une programmation fondée sur des données probantes et de garantir l'alignement sur les priorités Canadiennes en matière de santé mondiale (voir la figure 0.3). Les fonds SDSR déboursés par ces autres ministères n'ont pas été pris en compte dans la présente évaluation.
Figure 0.3 : En 2022-2023, les principales sources de financement de l’Engagement de 10 ans comprenaient

Source : Rapport annuel 2022-2023 sur l’Engagement 10 ans
Version texte - Figure 0.3
A. Diagramme circulaire présentant les principales sources de financement de l’engagement de 10 ans pour l'année 2022-2023
- AMC : 84%
- Finances Canada : 13%
- CRDI : 3%
Décaissements SDSR d’AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans, 2017-2018 à 2023-2024

Version texte - Figure B
B. Diagramme à barres illustrant les décaissements au titre du programme SVSC et l’Engagement de 10 ans entre 2017-2018 et 2023-2024
| Année | Montant | Financement |
|---|---|---|
| 2017-2018 | 198 millions $ | SVSC (672 millions $) |
| 2018-2019 | 225 millions $ | |
| 2019-2020 | 249 millions $ | |
| 2020-2021 | 483 millions $ | Engagement de 10 ans ($2.3 milliards $) |
| 2021-2022 | 556 millions $ | |
| 2022-2023 | 556 millions $ | |
| 2023-2024 | 693 millions $ |
Décaissements SDSR d’AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans par secteurs, 2017-2018 à 2023-2024Note de bas de page 2.1

Version texte - Figure C
C. Diagramme à barres par Secteur pour la période allant de 2017-2018 à 2023-2024
| Secteur | Montant | Financement |
|---|---|---|
| MFM* | 296 millions $ | SVSC |
| 675 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Geographic branches | 361 millions $ | SVSC |
| 987 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| YFM* | 0 $ | SVSC |
| 453 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| KFM* | 16 millions $ | SVSC |
| 171 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| IFM | 0 $ | SVSC |
| 1 million $ | Engagement de 10 ans |
* À noter que le ministère a été réorganisé en octobre 2024, ce qui a entraîné la fusion de l'ancienne Secteur des partenariats pour l’innovation dans le développement (KFM) et de la Direction des enjeux mondiaux et du développement (MFM) au sein du Secteur des partenariats et des programmes d'aide internationale (YFM).
Décaissements SDSR d’AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans par régions, 2017-2018 à 2023-2024

Version texte - Figure D
D. Diagramme à barres par région pour la période allant de 2017-2018 à 2023-2024
| Region | Montant | Financement |
|---|---|---|
| Moyen Orient | 153 millions $ | SVSC |
| 17 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Europe | 4 millions $ | SVSC |
| 43 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Amériques | 69 millions $ | SVSC |
| 275 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Asie | 62 millions $ | SVSC |
| 397 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Afrique | 383 millions $ | SVSC |
| 1.5 milliards $ | Engagement de 10 ans |
Domaines de la santé et des droits sexuels et reproductifs
La SDSR englobe un large éventail de domaines thématiques. Entre 2017-2028 et 2023-2024, la majeure partie du financement d’AMC a été dirigée vers des initiatives axées sur la prévention et l’atténuation des maladies sexuellement transmissibles (MST), les soins de santé reproductive et l’élimination de la violence sexuelle fondée sur le genre (VFG).
Figures 0.4 : Décaissements SDSR d’AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans par domaines, 2017-2018 à 2023-2024Note de bas de page 3

Version texte - Figure 0.4
Diagramme circulaire présentant la répartition des financements du SVSC et l’Engagement de 10 ans en faveur de SDSR entre 2017-2028 et 2023-2024, par secteur thématique :
| Secteurs thématiques en SDSR | Montant |
|---|---|
| Maladies sexuellement transmissibles (MST), y compris le VIH/sida | 757 millions $ |
| Soins de santé reproductive | 502 millions $ |
| Mettre fin à la violence faite aux femmes et aux fillesNote de bas de page 4 | 407 millions $ |
| Planification familiale | 342 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR et réforme | 317 millions $ |
| Formation de personnel | 186 millions $ |
| Assistance matérielle | 125 millions $ |
| Politique en matière de population | 122 millions $ |
| Éducation complète à la sexualité | 68 millions $ |
| Services d’avortement et de prestation de soins post-avortement | 33 millions $ |
| Services de santé de base en situation d’urgence | 66 millions $ |
| Statistiques et données démographiques | 18 millions $ |
| Atténuation de l’impact social du VIH/sida | 11 millions $ |
| Coordination des secours et des services de soutien et de protection | 6 millions $ |
Partenaires de mise en œuvre SDSR
La programmation en matière de SDSR a été mise en œuvre à l’échelle mondiale par le biais de divers partenaires (voir la constat 16). Depuis le début de l’Engagement de 10 ans, en moyenne 62 % des dépenses annuelles ont été dirigées vers les organisations multilatérales (OM). La majorité du montant restant a été dirigé vers la société civile; les organisations de la société civile (OSC) canadiennes (y compris les ONG internationales établies au Canada) recevant en moyenne 25 % des investissements annuels sous l’Engagement de 10 ans. Le solde restant a été attribué à des OSC étrangères (p. ex. des ONG internationales).
Figures 0.5 : Décaissements SDSR d’AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans, par type de partenaires, 2017-2018 à 2023-2024Note de bas de page 5

Version texte - Figure 0.5
A. Diagramme à barres représentant les décaissements SDSR d’AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans, par type de partenaires, 2017-2018 à 2023-2024
| Partenaire | Montant | Financement |
|---|---|---|
| Multilatéral (essentiel) | 0 $ | SVSC |
| 767 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Multilatéral (non essential) | 384 millions $ | SVSC |
| 635 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Société civile canadienne | 121 millions $ | SVSC |
| 570 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Société civile étrangère | 138 millions $ | SVSC |
| 193 millions $ | Engagement de 10 ans | |
| Gouvernement étranger | 28 millions $ | SVSC |
| 82 millions $ | Engagement de 10 ans |
Décaissements SDSR d’AMC sous SVSC par % du total, 2017-2018 à 2023-2024Note de bas de page 6

Version texte - Figure B
B. Diagramme circulaire répartissant les décaissements de SDSR sous SVSC par type de partenaire en pourcentage, de 2017-2018 à 2023-2024
| Partenaire | Pourcentage |
|---|---|
| Multilatéral (non essential) | 57% |
| Société civile canadienne | 18% |
| Société civile étrangère | 21% |
| Gouvernement étranger | 4% |
Décaissements SDSR d’AMC sous l’Engagement de 10 ans, par % du total, 2017-2018 à 2023-2024Note de bas de page 7

Version texte - Figure C
C. Diagramme circulaire répartissant les décaissements de SDSR sous l’Engagement de 10 ans par type de partenaire en pourcentage, de 2017-2018 à 2023-2024
| Partenaire | Pourcentage |
|---|---|
| Multilatéral (essentiel) | 34% |
| Multilatéral (non essential) | 28% |
| Société civile canadienne | 25% |
| Société civile étrangère | 8% |
| Gouvernement étranger | 4% |
| Autre | 2% |
Rôles et responsabilités en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs
Figure 0.6 : Principaux centres de responsabilité en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs au sein du Ministère.
| Centre de responsabilité | Responsabilités liées à la SDSR |
|---|---|
| Secteurs géographiques (WGM, EGM, NGM et OGM) | Ont géré des programmes de développement bilatéraux et soutenu la mise en œuvre d’initiatives de santé mondiale et SDSR par le biais de divers partenariats. |
| Direction générale des opérations d’aide internationale (YOD) | Regroupait les spécialistes en environnement et en égalité des genres; dirigeait les systèmes et processus visant à soutenir une mise en œuvre efficace des programmes d’assistance internationale (p.ex. le processus de programmation autorise [PPA] et un soutien connexe à la gestion axée sur les résultats). |
| Direction générale du développement social et économique (YED) | La Direction de l’éducation et de l’élimination de la violence (YEE) [au sein de YED] a joué le rôle de responsable des politiques pour les efforts liés à la violence sexuelle et fondée sur le genre. Cette responsabilité a été transférée à la direction pour l'égalité des genres (YEG) en octobre 2025. |
| Direction générale de la gestion et de la planification financière (SWD) | A dirigé le processus de planification des investissements de l’Engagement de 10 ans; gérait les allocations financières des secteurs et assurait le suivi de l’atteinte des objectifs financiers dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. |
Au sein du Secteur des partenariats et des programmes d’aide internationale (YFM), la Direction générale de la santé mondiale et des systèmes alimentaires (YSD) a joué le rôle de chef de file en matière des politiques relatifs au champ d’action du PAIF sur la santé et la nutrition ainsi que pour l’Engagement de 10 ans, et était responsable de la gestion des investissements en SDSR ainsi que l’engagement auprès des partenaires multilatéraux et canadiens. YSD a également joué un rôle central de coordination au sein du Ministère pour l’Engagement de 10 ans du Canada et était chargé de rendre compte des progrès accomplis dans la réalisation des cibles et des objectifs de l’Engagement (voir l'encadré ci-dessous).
Les investissements du Ministère en matière de SDSR et la programmation financée dans le cadre de SVSC et l’Engagement de 10 ans, ont été gérés et mis en œuvre par un large éventail d’intervenants internes. Outre le mandat central de YSD, d’autres secteurs, directions générales et équipes au sein du Ministère ont joué un rôle important dans la planification et la mise en œuvre des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs (figure 0.4).
Nouvelle structure organisationnelle d’AMC
En 2024, AMC a mis en place une nouvelle structure organisationnelle qui a permis de réaligner les principaux centres de responsabilité impliqués dans la planification et l’exécution de la programmation SDSR. Dans le cadre de cette restructuration, deux directions ont été fusionnées sous YSD. Il s’agissait de la Direction du partenariat canadien pour la santé et la nutrition (KSN), qui était chargée de soutenir les OSC canadiennes mettant en œuvre la programmation SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans; et de la Direction de la santé et des droits des femmes et des filles (MNG), qui fournissait des conseils techniques sur les projets financés dans le domaine de la SDSR, y compris des conseils en matière de suivi, d’évaluation et d’apprentissage (SEA), et qui regroupait des spécialistes en santé mondiale et en SDSR.
Gouvernance en matière de SDSR
Figure 0.7 : Structure de gouvernance de la programmation en santé mondiale sous l’Engagement de 10 ans
| Ministère | Comité consultatif des sous-ministres |
| Fournissait des conseils stratégiques sur les programmes de l’ensemble du gouvernement. Il a examiné le plan d’investissement annuel définitif en vue de l’approbation ministérielle. | |
| Comité des opérations d'assistance internationale | |
| Présidé par le sous-ministre du développement international, il s’agissait du principal comité des opérations de l’AI, composé de tous les SMA ayant des responsabilités en matière d’AI. | |
| Gouvernance de l’Engagement de 10 ans | Comité des SMA sur la santé mondiale |
| Dissous en 2019. | |
| Comité des DG et des directeurs sur la santé mondiale | |
| Présidé par YSD, il comprenait des DG ayant des responsabilités dans le domaine de la santé mondiale. Il veillait à ce que les programmes de santé mondiale soient mis en œuvre de manière cohérente et coordonnée. | |
| Points Focaux la santé mondiale (directeur adjoint) | |
| Coprésidé par le directeur adjoint de YSC, ce groupe comprenait des directeurs adjoints et des analystes. Il veillait à ce que les politiques et les programmes en matière de santé mondiale soient mis en œuvre et fassent l’objet de rapports de manière cohérente et coordonnée. | |
| Coordination | Direction de la politique, de la stratégie et de la coordination (YSC) |
| Était chargée de faciliter la coordination et la communication avec les secteurs responsables de la gestion et de la mise en œuvre des programmes dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. | |
| Communauté de pratique en matière de santé et de nutrition Présidée et coordonnée par les spécialistes en santé de YSC; ce groupe assurait la liaison entre le personnel travaillant sur la santé à l’administration centrale d’AMC et dans les missions et régions. | |
Les organes de gouvernance de la santé mondiale d’AMC fonctionnaient séparément, mais en complément du Comité des opérations d’aide internationale (opérations d’IA) et de ses organes subsidiaires, qui étaient chargés de fournir des orientations sur la mise en œuvre des engagements en matière d’aide internationale, y compris l’Engagement de 10 ans, afin d’assurer la cohérence et l’harmonisation des ressources avec les priorités du Ministère. L’architecture de gouvernance fondamentale et les niveaux de comité remontaient à l’initiative de Muskoka et existaient donc avant le lancement de SVSC et de l’Engagement de 10 ans mais ont évolué au fil du temps (voir le constat 14).
Au sein de cette structure globale, la gouvernance de la santé mondiale liée à l’Engagement de 10 ans a assuré la surveillance opérationnelle et financière des investissements d’AMC en santé mondiale et des engagements politiques connexes à l’Engagement de 10 ans. Mis à part des opérations d’AI, cette structure était composée de quatre comités distincts : le Comité des SMA sur la santé mondiale (dissous en 2019); le Comité des DG et des directeurs sur la santé mondiale; les responsables des considérations liées à la santé mondiale; et la communauté de pratique en matière de santé et de nutrition (voir la figure 0.5 et l’annexe 3). La gouvernance de la programmation en matière de santé mondiale visait à soutenir l’harmonisation des ressources ministérielles avec les engagements en santé mondiale en veillant à ce que les exigences en matière de rapportages ministériels et d’audits soient respectées, ainsi qu’en fournissant une « orientation stratégique » pour la mise en œuvre de l’Engagement de 10 ans.
But, portée et objectifs de l'évaluation
Object de l'évaluation
L’évaluation s’était concentrée sur la programmation SDSR financée par AMC et n’avait pas été conçue pour faire des comparaisons entre l’initiative SVSC et l’Engagement de 10 ans pour l’ensemble des questions d’évaluation. L’équipe d’évaluation a fait des choix stratégiques afin de déterminer le degré de profondeur approprié pour couvrir les différents éléments abordés sous les différentes questions portant sur la portée de l’évaluation. Par exemple, de nombreux constats liés à la pertinence et à l’efficacité reposaient largement sur les études de cas, qui n’incluaient pas l’ensemble de la programmation SDSR d’AMC, des partenariats, des contextes, des secteurs et des modalités de financement.
But et objectifs de l'évaluation
Le but de l’évaluation était de dégager des constats, des conclusions, des recommandations et des leçons pour faire ce qui suit :
- orienter la planification et la mise en œuvre des programmes de santé et de droits sexuels et reproductifs pour le reste de l’Engagement de 10 ans;
- orienter la future programmation et futures approches en matière de SDSR au-delà de l’Engagement de 10 ans.
Les objectifs de cette évaluation étaient les suivants :
- examiner l’efficience, la cohérence, la pertinence et l’efficacité de la programmation en matière de SDSR d’AMC;
- examiner et déterminer les pratiques exemplaires liées à l’approche d’AMC en matière de programmation SDSR afin de mieux comprendre ce qui a bien fonctionné, les principaux défis et les résultats obtenus;
- évaluer la valeur et le positionnement du Canada dans l’écosystème mondial de la SDSR;
- cerner les leçons apprises liées à la gestion des engagements en matière d’aide internationale de manière plus générale.
Les utilisateurs visés par l’évaluation étaient:
- les secteurs, directions générales et directions responsables de la planification, de la gestion et de la mise en œuvre de la programmation SDSR;
- la haute direction d’AMC et les intervenants de la politique stratégique (RFM);
- un groupe élargi d’intervenants externes, y compris :
- les partenaires de mise en œuvre de la programmation SDSR, notamment les organisations multilatérales, les OSC canadiennes, les ONGI et les ONG locales, entre autres;
- les détenteurs d’obligations et de droits en matière de SDSR, ainsi que leurs communautés;
- les donateurs bilatéraux.
Portée de l’évaluation
L’évaluation portait sur l’ensemble des programmes, des partenariats, des contextes, des secteurs, des modalités de financement et de la sous-jacente « architecture ministérielle » en matière de SDSR pour deux engagements directement axés sur cet enjeu : SVSC (2017-2020) et l’Engagement de 10 ans (2020-2030). L’évaluation visait la période allant de 2017-2018 à 2024-2025.
Questions de l'évaluation
Les principales questions de l’évaluation étaient axées sur trois grands points :
- la pertinence et la cohérence externe ;
- l’efficacité ;
- l’efficience et la cohérence interne.
Pour chaque point, des questions et sous-questions d’évaluation ont été élaborées dans le cadre d’un processus de conception participatif impliquant des représentants des différents secteurs d’AMC responsable de la planification et de la mise en œuvre de la programmes SDSR, ainsi que d’autres parties prenantes externes. À partir de ces questions clés, une matrice d’évaluation a été élaborée à partir de ces principales questions pour servir de cadre d’orientation à l’évaluation. Ci-dessous figure une version simplifiée de la matrice, qui présente en détail les grands points, les questions et les sous-questions de l’évaluation.
| Enjeux de l’évaluation | Principales questions de l’évaluation | Sous-questions |
|---|---|---|
| Pertinence et cohérence externe | Dans quelle mesure la programmation en matière de SDSR correspondait-elle aux besoins et aux priorités des principales parties prenantes? |
|
| Efficacité | À quels résultats la programmation en matière de SDSR a-elle contribué? |
|
| Efficience et cohérence interne | Dans quelle mesure l’architecture ministérielle en matière de SDSR a-t-elle été mise en place pour réussir? |
|
Approche et méthodologie de l'évaluation
Approche de l'évaluation
L’évaluation était fondée sur plusieurs approches complémentaires pour atteindre son but et ses objectifs :
Évaluation formative
Étant donné que l’évaluation avait lieu à mi-parcours de l’Engagement de 10 ans (2020-2030), une approche d’évaluation formative a été adoptée. Une évaluation formative a pour but d’améliorer le rendement et d’apporter des correctifs à la mise en œuvre et à l’exécution des activités pendant qu’elles sont toujours en cours.
Évaluation axée sur l’utilisation
Le principe premier de l’évaluation axée sur l’utilisation est qu’elle doit être conçue et réalisée pour répondre aux besoins d’information des personnes qui l’utiliseront. L’évaluation de la programmation SDSR s’est donc appuyée sur un examen approfondi de la documentation et sur des consultations avec les principaux intervenants internes et externes afin de s’assurer qu’elle faciliterait la prise de décisions fondées sur des données probantes.
Approche d’évaluation participative
Une approche d’évaluation participative a été appliquée dans le cadre de l’évaluation de la programmation SDSR et elle était guidée par 6 principes d’évaluation féministe simplifiés. L’approche tenait compte du contexte (p. ex. la culture et les valeurs) et a été guidée par le Cadre d’évaluation féministe en matière de SDSRNote de bas de page 8élaboré par l’équipe d’évaluation. Le processus d’évaluation et ses produits visaient à soutenir le changement positif, la réflexion et l’apprentissage, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’organisation.
ACS Plus
Une analyse comparative entre les sexes Plus (ACS Plus) a été appliquée tout au long de la collecte de données et de l’analyse pour évaluer comment divers groupes de personnes ont vécu la programmation et les résultats en matière SDSR. L’ACS Plus a également orienté l’élaboration d’outils et de protocoles d’évaluation ainsi que la stratégie d’échantillonnage pour l’ensemble des groupes de parties prenantes.
Approche par étude de cas
L’équipe d’évaluation a adopté une approche par étude de cas pour aborder de manière plus approfondie certains éléments de la portée complète de l’évaluation SDSR. L’évaluation a porté sur un échantillon choisi à dessein de cinq études de cas nationales : trois études approfondies (Colombie, Tanzanie et Côte d’Ivoire) et deux études de cas documentaires (Bangladesh et Mozambique). La sélection des études de cas a tenu compte de l’importance des financements SDSR, de la diversité des partenariats et de l’étendue des programmes, y compris les cinq domaines négligés de la SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. Les trois études de cas approfondies ont été codirigées par des évaluateurs locaux qui ont recueilli des données dans le pays. L’une d’entre elles s’est appuyée sur des données d’évaluation antérieures d’AMC (Mozambique) et une autre a utilisé des méthodes à distance (Bangladesh). Les études de cas ont permis d’acquérir une compréhension approfondie et nuancée de certains éléments essentiels de la SDSR, mais les données probantes générées n’étaient pas représentatives de l’ensemble de la programmation SDSR financée par AMC. Les études de cas ont permis à l’équipe d’évaluation de recueillir des données riches sur ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné pour différents groupes d’intervenants dans différents contextes opérationnels. Les résultats de l’évaluation pour les études de cas approfondies sont présentés dans l'annexe 4.
Méthodologie
Une approche mixte a été utilisée dans le cadre de l’évaluation pour recueillir et analyser des données qualitatives et quantitatives provenant de diverses sources. En ce qui concerne les constats de l’évaluation présentées dans ce rapport, l’équipe d’évaluation a utilisé diverses méthodes de triangulation afin de garantir la cohérence et l’exactitude des multiples sources de données et des instruments de collecte de données ainsi que la diversité des contextes et des sources. Les méthodes suivantes ont été utilisées :
Revue documentaire
Plus de 600 documents et bases de données provenant d’Affaires mondiales Canada, de partenaires mondiaux, d’institutions de recherche, de partenaires de mise en œuvre et de pays partenaires ont été analysés afin de mieux comprendre le contexte stratégique de la SDSR, les priorités internes et externes, les structures, systèmes et processus internes, ainsi que les résultats en matière de SDSR. La revue documentaire comprenait une analyse distincte du processus de sélection des partenaires et des projets.
Synthèse rapide des données probantes
Une synthèse rapide des données probantes a été réalisée afin de d’identifier les principales tendances, pratiques exemplaires et limitations dans la programmation en matière de SDSR en examinant des données probantes mondiales, et ce, en s’appuyant sur la littérature évaluée par les pairs et les synthèses des données probantes existantes sur la SDSR. Un échantillon de projets financés par AMC a été examiné afin d'évaluer dans quelle mesure ils étaient alignés sur les pratiques exemplaires identifiées.
Analyse des données financières
Une analyse du portefeuille a été réalisée pour mieux comprendre l’évolution du financement dans le cadre des 2 engagements en matière de SDSR, y compris le nombre et les types de projets financés, les partenaires sélectionnés et les mécanismes utilisés. Il s’agissait notamment d’examiner les décaissements annuels en matière de SDSR de 2017-18 à 2023-24.
Entrevues avec des informateurs clés
Au total, 42 entrevues individuelles et de groupe ont été réalisées auprès de parties prenantes internes et externes (59 personnes au total), y compris le personnel d’AMC, les partenaires de mise en œuvre et les partenaires mondiaux. Ces entrevues ont fourni des renseignements riches et explicatifs sur toutes les questions de l’évaluation, apportant une profondeur particulière sur les questions portant sur la pertinence et l’architecture de la programmation SDSR.
Scan de l'écosystème des donateurs
Une évaluation des donateurs a été réalisée pour situer le Canada dans l’écosystème mondial de la SDSR en analysant les priorités, les pratiques et les affectations de fonds d’un échantillon de principaux donateurs bilatéraux de 2017 à 2025. L’échantillon comprenait 10 pays dont : le Canada, l’Australie, le Danemark, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni, et les États-Unis, et s’est appuyé sur des données accessibles au public. Cette analyse a permis de replacer les tendances et les priorités mondiales en matière de SDSR, y compris les domaines négligés, dans leur contexte.
Études de cas par pays
Cinq études de cas nationales (trois approfondies et deux documentaires) étaient concentrées sur l’évaluation de la pertinence et de l’efficacité de la programmation de SDSR. Les études de cas comprenaient la revue de documents propres à chaque pays, 16 visites sur place et 236 entrevues avec près de 500 personnes, y compris le personnel d’AMC dans les missions, les partenaires de mise en œuvre, les participants aux projets, les fonctionnaires gouvernementaux, les donateurs et d’autres intervenants dans l’écosystème de la SDSR dans les pays, ce qui a permis d’obtenir des renseignements riches et propres au contexte pour étayer les constats de l’évaluation.
Évaluation optimisée par l’intelligence artificielle
L’équipe d’évaluation a utilisé des logiciels d’intelligence artificielle (Copilote et Chat GPT) pour appuyer l’analyse des données. L’intelligence artificielle (IA) a été utilisée pour analyser de vastes ensembles de données externes, résumer des documents importants et identifier des tendances. L’équipe d’évaluation a veillé à ce qu’une intervention humaine soit toujours possible dans le cadre du processus et a validé toutes les analyses soutenues par l’IA en s’appuyant directement sur le matériel source. L’IA a joué un rôle déterminant dans la synthèse rapide des données probantes ainsi que dans le processus de sélection des partenaires et des projets. Elle n’a pas été utilisée pour les données potentiellement sensibles, notamment les notes d’entrevues avec les informateurs clés.
Limites de l'évaluation et mesures d'atténuation
| Limites | Mesures d'atténuation |
|---|---|
| Complexité et ampleur de la programmation: La programmation en matière de SDSR financée par AMC représentait un portefeuille complexe d’interventions géré par diffèrent centres de responsabilités et mis en œuvre par divers partenariats, modèles de prestation et types de financement, dans plusieurs régions géographiques et contextes opérationnels. Cette complexité constituait un défi compte tenu du champ d’application que l’évaluation devait couvrir pour produire des constats généralisables à l’ensemble de la programmation SDSR. | Cadrage stratégique : Tous les domaines thématiques, contextes opérationnels, types de partenariats et modalités de financement liés à la SDSR ont été inclus dans la portée de l’évaluation, toutefois, l’équipe a fait des choix stratégiques quant à la profondeur avec laquelle certains éléments de la portée ont été abordés par rapport à d’autres. En ce qui concerne la pertinence et les résultats, l’évaluation s’est principalement appuyée sur des données probantes tirées de cinq études de cas nationales qui ont été expressément sélectionnées pour assurer une représentation régionale et une couverture stratégique. |
| Large éventail de parties prenantes: Le nombre d’intervenants impliqués dans la programmation en matière de SDSR a également ajouté de la complexité. Il était nécessaire d’accorder une attention particulière à la sélection des répondants à l’évaluation afin de s’assurer qu’un éventail diversifié et inclusif de voix soit représenté et entendu tout au long du processus d’évaluation. | Engagement diversifié et ciblé des parties prenantes : L’équipe d’évaluation a utilisé une cartographie complète des parties prenantes pour identifier les répondants à l’évaluation et a veillé à ce que tous les groupes d’intervenants internes et externes concernés soient représentés. Afin d’assurer une mobilisation inclusive, l’équipe d’évaluation a également établi une stratégie de mobilisation des intervenants internes et externes. |
| Élargissement de la portée temporelle requise pour que les résultats en matière de SDSR se concrétisent: En raison de la nature de certains résultats en matière de SDSR (p. ex. le changement des normes sociales; l’amélioration des politiques et des règlements) il fallait un certain temps pour que les résultats se concrétisent. Cette limite était particulièrement pertinente pour la programmation en matière de SDSR qui a commencé à être mis en œuvre dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. | Élargir la portée temporelle de l'évaluation : Pour faciliter le rapportage sur les résultats en matière de SDSR, l’équipe d’évaluation a inclus dans sa portée la programmation relative à l’initiative SVSC (de 2017 à 2020) ainsi que l’Engagement de 10 ans (de 2020 à 2023-2024), ce qui a permis d’évaluer des projets en voie d’achèvement ou ayant récemment pris fin, dont les résultats à long terme étaient plus susceptibles d’être mesurables. |
| Limites liées à la surveillance et au suivi : Les défis associés à la mesure du rendement, au suivi et à la production de rapports à cet égard dans le cadre des engagements en matière de SDSR ont limité l’accès de l’équipe d’évaluation à des données probantes fiables et comparables sur les résultats. | Approches pour mesurer les résultats : L’équipe d’évaluation a recueilli des données primaires auprès des participants aux études de cas et s’est appuyée sur des données secondaires tirées des rapports de projet pour mesurer les résultats en matière de SDSR. De multiples sources de données et des techniques de triangulation ont été utilisées pour améliorer la fiabilité et la validité des données; cependant, la taille des échantillons des projets était petite, ce qui limitait leur représentativité. |
| Sujets de nature délicate et contextes comportant des risques pour les participants: La santé et les droits sexuels et reproductifs englobent de multiples domaines, dont beaucoup sont profondément personnels et de nature délicate d’un point de vue politique et culturel dans diverses régions du monde. Aborder ces sujets – tels que l’avortement, la VFG ou les droits des personnes LGBTQI+ – peut déclencher des traumatismes ou présenter des risques pour la sécurité des intervenants. Les déséquilibres de pouvoir ont également été présents tout au long de l’évaluation. | Ne pas causer de tort : L’équipe d’évaluation a embauché des consultants locaux connaissant bien les contextes locaux et a collaboré avec une experte en SDSR tenant compte des traumatismes pour donner de la formation préalable à la collecte de données. Elle a également organisé des réunions de réflexion tout au long de chaque phase de l’évaluation afin de déterminer dans quelle mesure les considérations féministes et liées au principe de « ne pas causer de tort » ont été prises en considération. |
Constats : Pertinence et cohérence externe*
Dans quelle mesure la programmation en matière de SDSR correspondait-elle aux besoins et aux priorités des principales parties prenantes ?
- Dans quelle mesure la programmation en matière de SDSR était-elle alignée sur les priorités du Ministère?
- Dans quelle mesure la programmation en matière de SDSR était-elle conforme aux pratiques exemplaires reconnues à l’échelle internationale?
- Dans quelle mesure la programmation en matière de SDSR était-elle alignée sur les besoins et les priorités des détenteurs de droits, des communautés locales, des détenteurs d’obligations et des partenaires de mise en œuvre d’AMC?
* La cohérence externe examine la concordance des interventions d’AMC en matière de SDSR avec celles d’autres acteurs au sein du vaste écosystème mondial. Cela inclut la complémentarité, l’harmonisation et la coordination avec d’autres acteurs, ainsi que la mesure dans laquelle l’intervention apporte une valeur ajoutée tout en évitant la duplication des efforts (adapté de la définition du CAD de l’OCDE).
Harmonisation avec les priorités
Figure 1.1 : La transition de la SMNE à la SDSR

Version texte - Figure 1.1
Diagramme de Venn illustrant la transition entre la santé maternelle, néonatale et infantile (SMNE) et la santé sexuelle et reproductive (SDSR)
| Domaine d'intervention | Spécifique à la SMNE | Inclus dans SMNE et SDSR | Spécifique à la SDSR |
|---|---|---|---|
| Population ciblée | Nouveau-nés et enfants | Femmes | Adolescentes, diversité de genre |
| Orientation du programme |
|
|
|
Figure 1.2 : Contributions du gouvernement du Canada aux objectifs de l’Engagement de 10 ans

Version texte - Figure 1.2
Diagramme à barres présentant les contributions financières du gouvernement du Canada à l’engagement de 10 ans ventilées par domaine (santé, nutrition et santé et droits sexuels et reproductifs), en millions de dollars
| Exercice | Santé | Nutrition | SSRS |
|---|---|---|---|
| 2020-2021 | $627 millions | $129 millions | $496 millions |
| 2021-2022 | $631 millions | $120 millions | $572 millions |
| 2022-2023 | $742 millions | $120 millions | $574 millions |
| 2023-2024 | $643 millions | $133 millions | $702 millions |
Constat 1 : De 2017-2018 à 2024-2025, les investissements en matière de SDSR dans le cadre de SVSC et de l’Engagement de 10 ans se sont fortement arrimés aux priorités politiques de la PAIF et ont permis d’atteindre les objectifs financiers et de plaidoyer du Ministère.
Bien que le gouvernement du Canada ait réalisé d’importants investissements dans la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (SMNE) dans le cadre des initiatives Muskoka 1.0 (de 2010 à 2015) et 2.0 (de 2015 à 2020) visant à réduire la mortalité maternelle, infantile et juvénile, des éléments essentiels de la SDSR, comme l’avortement sécuritaire et l’éducation complète à la sexualité (ECS), n’ont pas été inclus (figure 1.1). Le passage de la SMNE à la SDSR a été caractérisé par la transition d’un modèle de prestation de services à une approche plus holistique et fondée sur les droits, ce qui a permis de s’engager dans ces domaines et d’autres domaines auparavant mal desservis dans le cadre de Muskoka et en mettant plus l’accent sur les domaines négligés de la SDSR. Plus particulièrement, l’Engagement de 10 ans a consolidé le plan du gouvernement en matière de SDSR grâce à une approche de financement unifiée, soutenue par le cadre de responsabilité de l’Engagement de 10 ans (voir le constat 17).
De 2017-2018 à 2024-2025, l’approche d’AMC en matière de SDSR complets a été clairement ancrée dans la politique de champ d’action : la dignité humaine – Santé et nutritionNote de bas de page 9 et arrimée à celle-ci. L’un des trois programmes d’action accorde explicitement la priorité à la SDSR et met en évidence les cinq domaines négligés de la SDSR (voir le contexte, diapositif 10). Dans le cadre de SVSC et de l’Engagement de 10 ans, 8 des 10 premiers pays bénéficiaires se trouvaient en Afrique subsaharienne, ce qui a contribué à l’objectif du PAIF visant à consacrer 50 % de l’aide internationale du Canada à cette région (voir l'annexe 2). La PAIF a également été mentionnée à plusieurs reprises dans les documents pertinents et dans de multiples entrevues, comme un moteur fondamental qui a façonné les investissements et l’orientation stratégique d’AMC en matière de SDSR.
La PAIF a aussi explicitement détaillé les priorités du gouvernement du Canada en matière de plaidoyer et de défense des droits dans le domaine de la SDSR. Conformément à ces objectifs, AMC a intensifié sa présence et sa voix sur les questions de la SDSR grâce à ses efforts de plaidoyer dans les instances internationales et forum multilatéraux (par exemple, le G7, le G20, l’ONU et les conférences organisées par Women Deliver) ainsi qu’à sa participation aux plateformes multipartites et partenariats mondiaux relatifs à la SDSR (p. ex. SheDecides, PF2030, les coalitions d’actions du Forum Génération Égalité) (pour plus de renseignements, voir les constats 6 et 7).
Les contributions d’AMC à la fois à SVSC et à l’Engagement de 10 ans ont constamment permis d’atteindre ou de dépasser ses objectifs financiers en matière de santé mondiale, et des fonds plus importants ont été alloués à la SDSR et aux cinq domaines négligés. Dans l’ensemble, le gouvernement du Canada a dépassé son objectif en matière de santé mondiale dans le cadre de l’Engagement de 10 ans à la fois en 2022-2023 et en 2023-2024, en déboursant 1,42 milliard $ et 1,48 milliard $, respectivement. Depuis le lancement de l’Engagement de 10 ans, les décaissements liés à la SDSR ont augmenté de plus de 30 %, passant de 496 millions $ en 2020-2021 à 702 millions $ en 2023-2024, atteignant ainsi l’objectif financier de l’Engagement de 10 ans spécifique à la SDSR (voir la figure 1.2).
Harmonisation avec les priorités nationales
Figure 2.1 : Priorités nationales en matière de SDSR dans les études de cas
| Pays d'accueil | Priorités pertinentes du plan national de santé |
|---|---|
| Côte d’Ivoire | Plan national de développement sanitaire (PNDS) 2021-2025 : Améliorer l’accès aux services de SDSR en élargissant les services de planification familiale, les soins de santé pour les mères et les adolescents et la prévention de la VFG. |
| Tanzanie | Plan stratégique du secteur de la santé (PSSS IV et V) 2021-2026 : Améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs en élargissant l’accès à la planification familiale, en réduisant la mortalité maternelle et néonatale et en améliorant les services de santé destinés aux adolescents. |
| Bangladesh | Programme du secteur Santé, Population et Nutrition (PSSPN) 2017-2022 : accès équitable aux services de santé avec le genre comme enjeu transversal PSSPN 2024-2029 : Élargir l’accès équitable aux services de SSR, en particulier pour les adolescents, les femmes et les groupes marginalisés. |
| Colombie | Plan de développement national (PDN) 2022- 2026 : Des services de santé reproductive inclusifs, équitables et exempts de toute discrimination fondée sur le genre, l’orientation sexuelle, l’appartenance ethnique et d’autres facteurs identitaires. |
| Mozambique | Stratégie nationale pour la santé et les droits sexuels et reproductifs 2011 : réduction de la mortalité maternelle, élargissement de l’accès à la planification familiale et amélioration de la santé des adolescents grâce à des services adaptés aux jeunes et à une éducation complète à la sexualité. |
Constat 2 : La programmation SDSR financée par AMC était arrimés aux priorités des pays partenaires en matière de SDSR et a soutenu leurs capacités nationales et régionales dans le secteur de la santé.
Dans l’ensemble, la programmation financée par AMC était arrimée aux plans de développement nationaux, aux plans de santé et aux stratégies pertinentes propres à la SDSR des gouvernements des pays visés par l’étude de cas. La programmation n’était pas uniformisée, mais plutôt adaptée aux diverses priorités en matière de SDSR définies par les ministères de la Santé respectifs, notamment dans les domaines de la planification familiale, des soins de santé maternelle et pour les adolescents, de prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre ainsi que du contrôle et de l'atténuation des MST. Selon les besoins, la programmation couvrait un large éventail d’activités, notamment celles visant l’amélioration de l’accès aux services de SSR pour les femmes, les adolescents et les populations marginalisées; la promotion de services adaptés aux jeunes et sensibles au genre; ainsi que le plaidoyer en faveur de la SDSR par le biais de mobilisations communautaires (voir la figure 2.1 et l’annexe 5).
L’harmonisation des programmes avec les priorités nationales était liée à quelques facteurs clés. Dans les études de cas, les partenaires de mise en œuvre ont appuyé les parties prenantes travaillant dans les secteurs nationaux et régionaux de la santé afin de renforcer leurs capacités. Ces activités étaient axées sur le renforcement des systèmes de données pour éclairer la prise de décisions, le renforcement des capacités pour institutionnaliser des soins de qualité et la modernisation des infrastructures (voir le constat 8).
De plus, les données indiquent qu’une participation active du Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (GFF) dans les pays partenaires a fortement soutenu l’harmonisation entre la programmation financée par AMC et les priorités sanitaires nationales, identifiées dans les dossiers d’investissement du GFF. Ces dossiers d’investissement étaient élaborés par les gouvernements nationaux, souvent sous la direction des ministères de la Santé, en consultation avec des acteurs clés à l’échelle nationale, y compris les donateurs et les OSC. Les données probantes tirées des études de cas de la Côte d’Ivoire et de la Tanzanie ont souligné que ce processus multipartite a permis d’établir l’ordre de priorité des investissements nationaux et de coordonner l’aide des donateurs (y compris celle du Canada) afin d’améliorer l’harmonisation entre la programmation en matière de SDSR et les priorités nationales (voir le constat 7).
De plus, la programmation financée par AMC a spécifiquement ciblé les zones régionales définies comme mal desservies par les différents paliers de gouvernement (autorités sanitaires nationales, régionales ou départementales). La majorité des projets d’études de cas échantillonnés pour examen ont été mis en œuvre dans ces régions à besoins élevés (principalement rurales), ce qui démontre une fois de plus l’harmonisation des programmes avec les priorités des pays. En Côte d’Ivoire, par exemple, 5 des 7 projets échantillonnés ont été mis en œuvre dans des domaines prioritaires régionaux choisis par le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique et de la Couverture Maladie Universelle.
Malgré cette harmonisation générale, la programmation des partenaires dans des domaines tels que l’avortement sécuritaire et la prestation de soins post-avortement s’est avérée difficile dans les pays où les cadres juridiques sont restrictifs et les contextes socioculturels et politiques complexes, ce qui limite le soutien à la prestation de services d’avortement sécuritaire. Selon le contexte, les domaines négligés en matière de SDSR ne correspondaient pas parfois aux priorités des gouvernements des pays hôtes, malgré leur grande pertinence par rapport aux besoins des femmes et des filles (voir les constats 3 et 4 pour en savoir plus).
Harmonisation avec les besoins des détenteurs de droits
Figure 3.1 : Priorités des détenteurs de droits en matière de SDSR
| Pays | Priorités SDSR identifiées par les détenteurs de droits |
|---|---|
| Côte d’Ivoire | L’accès aux services de SSR; la protection contre la VFG; la réduction des obstacles à l’éducation des filles; la réduction des grossesses précoces chez les adolescentes et la lutte contre les tabous qui entourent la santé et la sexualité des adolescents. |
| Tanzanie | L’accès aux services de SSR; une plus grande autonomie dans les choix liés à la santé et à l’éducation des femmes et des jeunes filles; la protection contre la VFG; l’amélioration des connaissances et des compétences des parents et des communautés afin de mieux soutenir les adolescents et de lutter contre les normes sociales néfastes. |
| Bangladesh | L’accès des groupes marginalisés aux services de SSR; la prise en compte des risques accrus en matière de santé reproductive dans les régions touchées par les changements climatiques, la prévention de la VFG; la réduction du nombre de mariages d’enfants, en particulier dans les régions rurales et défavorisées. |
| Colombie | L’accès aux services de SSR, notamment pour les groupes marginalisés; la transformation des normes sociales grâce à la prévention communautaire de la VFG, à l’éducation à la sexualité et au renforcement du pouvoir des femmes, des adolescents et des jeunes. |
| Mozambique | L’accès aux services de SSR; la prévention de la VFG, y compris les pratiques néfastes, telles que le mariage d’enfants; la réduction des taux élevés de grossesses chez les adolescentes en s’attaquant à la stigmatisation et à la désinformation qui entourent les droits sexuels et reproductifs et qui entravent davantage l’accès aux soins. |
Constat 3 : La programmation en matière de SDSR financée par AMC était arrimée aux besoins et aux priorités des détenteurs de droits et de leurs communautés au sens large. Toutefois, dans les pays dotés de cadres juridiques restrictifs et de normes et de valeurs sociales opposées, il s’est avéré difficile de mettre en œuvre une programmation en faveur de l’ECS et de soins complets en matière d’avortement. Par conséquent, les besoins des femmes et des jeunes filles de ces domaines n’ont pas été adéquatement pris en considération.
Les données probantes tirées des études de cas ont démontré que la programmations de SDSR financée par AMC dans les 5 pays étudiés correspondaient aux besoins et aux priorités des détenteurs de droits (principalement des femmes et des adolescentes, âgées de 15 à 24 ans) notamment en ce qui concerne l'amélioration de l'accès à des services SDSR de qualité (p. ex., dans les domaines des soins de santé reproductive, de l’atténuation des MST, de la planification familiale et des soins complets en matière d'avortement) et la prévention de la VFSG (voir la figure 3.1 et l’annexe 5). Les organisations communautaires locales, les groupes de jeunes, la société civile et les acteurs gouvernementaux ont joué un rôle important en informant les partenaires de mise en œuvre des besoins et des priorités en matière de SDSR qui leur sont propres. Par exemple, les partenaires en Tanzanie ont décrit différents degrés de mobilisation pour déterminer les besoins des populations ciblées, y compris ceux des membres de l’ensemble de la communauté locale. Les activités de mobilisation comprenaient des consultations auprès des participants directs au projet, des enquêtes et des visites de sites dans les communautés concernées, des recherches menées par les adolescents, et d’autres mécanismes de rétroaction qui ont permis de s’assurer que les interventions étaient pertinentes et adaptées aux réalités locales.
Les données indiquent également qu’un certain nombre de projets étaient fondés sur des données locales et parfois adaptés en fonction de la rétroaction provenant d’enquêtes menées à l’échelon de la communauté. Par exemple, le portefeuille de projets de SDSR en Côte d’Ivoire a été façonné par une étude commanditée dans le cadre du programme d’AMC en Côte d’Ivoire (au siège et dans la mission), qui a permis d’éclairer la sélection des interventions axées sur la SDSR. Cette étude a pris en considération les contributions de multiples intervenants, y compris les organisations communautaires locales.
Même si la programmation financée par AMC était largement arrimée aux priorités en matière de SDSR des femmes et des filles, répondre à l’ensemble des besoins des détenteurs de droits dans des domaines de nature délicate, tels que l’ECS et soins complets en matière d’avortement, s’est toutefois avéré difficile. Les obstacles juridiques reliés à l’accès aux services d’avortement sécuritaire persistent partout dans le monde, avec des degrés de restriction variables dans les pays visés par les études de cas (voir l’annexe 6). Cependant, des exemples où les partenaires se sont adaptés aux contextes juridiques, politiques et culturels uniques d’un pays partenaire pour répondre aux besoins des détenteurs de droits dans ces domaines ont été mis en évidence par des données probantes. Par exemple, dans les contextes où l’accès aux services d’avortement sécuritaire était très restrictif ou un sujet délicat sur le plan culturel, les initiatives financées par AMC étaient principalement axées sur la défense des droits à l’avortement ou les soins après l’avortement. Ce fut le cas en Côte d’Ivoire, où AMC a collaboré avec d’autres donateurs pour soutenir l’élaboration d’une loi globale sur la santé reproductive, tout en appuyant les efforts de plaidoyer en vue de son adoption. De plus, pour mettre en œuvre l’ECS en Côte d’Ivoire et en Tanzanie, les partenaires de mise en œuvre ont intégré des activités pertinentes d’ECS dans des approches plus générales relatifs aux aptitudes de vie courante et d’éducation à la santé afin de réduire la résistance et d’améliorer l’acceptation culturelle.
Malgré ces efforts positifs, une mise en garde a été formulée par de nombreuses personnes interrogées dans le cadre de l’évaluation : toutes les organisations n’ont pas le profil approprié (par exemple, axé sur les droits, pro-choix, etc.), ni la capacité et l’expérience nécessaires pour intervenir dans des domaines de nature délicate sur le plan juridique ou culturel (voir la constat 4 pour plus de détails).
Inclusivité et intersectionnalité
Figure 4.1 : Populations ciblées dans les pays d’études de cas
| Pays | Priorités SDSR identifiées par les détenteurs de droits |
|---|---|
| Bangladesh | Les groupes visés étaient les adolescentes et les jeunes, ainsi que les groupes marginalisés : les femmes et les filles mal desservies, comme les personnes vivant avec un handicap, les travailleurs du sexe, les personnes ayant vécu de la VFG, les résidents des districts ayant un faible rendement. |
| Colombie | Les groupes visés étaient les adolescentes et les jeunes femmes, ainsi que les personnes issues des communautés migrantes, autochtones et de descendance africaine. De plus, les femmes, les filles et les adolescents vénézuéliens, ainsi que les communautés hôtes, ont bénéficié d’un soutien. |
| Côte d’Ivoire | Les groupes visés étaient les femmes, les adolescentes et les jeunes non scolarisés, y compris ceux qui vivent avec un handicap. Une attention particulière a été accordée aux régions touchées par des conflits. |
| Mozambique | Les groupes visés étaient les adolescentes et les jeunes femmes, y compris les jeunes scolarisés et non scolarisés, les adolescentes enceintes et les personnes ayant vécu de la VFG. |
| Tanzanie | Les groupes visés étaient les adolescentes et les jeunes femmes, y compris les filles non scolarisées, les adolescentes enceintes, les filles vivant avec le VIH ou un handicap et les filles des communautés nomades et pastorales. |
Constat 4 : La programmation financée par AMC a démontré un engagement croissant envers l‘intersectionnalité. Toutefois, les efforts déployés pour répondre aux besoins des groupes marginalisés (minorités ethniques, personnes LGBTQI+, personnes vivant avec un handicap et migrants) dépendaient du contexte.
Il a été démontré que les partenaires de mise en œuvre adoptaient souvent une approche intersectionnelle à la programmation en matière de SDSR à l’échelon national (figure 4.1 et annexe 5). Cependant, la profondeur et la cohérence de ces efforts variaient considérablement d’un partenariat à l’autre et d’un pays à l’autre. Dans certains cas, les projets ciblaient des groupes marginalisés précis. Par exemple, 50 % des projets échantillonnés en Colombie comprenaient des initiatives visant à améliorer et à garantir les droits des personnes LGBTQI+. Des données probantes concernant des projets visant à répondre aux besoins d’autres groupes marginalisés, tels que les communautés autochtones et de descendance africaine, les personnes vivant avec un handicap, les travailleurs d’usines de fabrication de vêtements et les travailleurs du sexe, ont également été trouvées en Colombie, en Tanzanie et au Bangladesh, respectivement.
Les données ont indiqué que le Ministère est de plus en plus enclin à intégrer des approches transformatrices sensibles au genre dans la programmation en matière de SDSR et à introduire des cadres intersectionnels pour atteindre les populations marginalisées et remédier à des vulnérabilités complexes qui se chevauchent. Cependant, les personnes interrogées ont également souligné la nécessité de déployer des efforts plus soutenus et plus inclusifs pour répondre aux besoins des personnes LGBTQI+, des personnes vivant avec un handicap, des populations migrantes et d’autres groupes mal desservis. Dans trois des cinq pays ayant fait l’objet d’une étude de cas, la réalisation des droits des personnes LGBTQI+ était limitée par des cadres juridiques restrictifs et par une stigmatisation et une discrimination omniprésente, ce qui a affecté la mise en œuvre de programmes inclusifs dans ce volet. Pour améliorer l’inclusivité des programmes en matière de SDSR, les partenaires et les participants au projet ont indiqué la nécessité d’approfondir les approches intersectionnelles, d’élargir la collaboration directe avec les groupes marginalisés et de s’attaquer aux barrières systémiques, comme la stigmatisation et le manque de protections juridiques qui font obstacle à l’accès équitable aux services de SSR.
Toutefois, de nombreux répondants ont émis une mise en garde et ont fortement insisté sur la nécessité d’assurer une application intégrale du principe de « ne pas causer de tort » afin de prévenir tout risques pour les détenteurs de droits. Pour ce faire, les programmes dans les domaines délicats sur le plan politique et culturel nécessitaient des partenariats avec des organisations légitimes axées sur les droits. Bien qu’une évaluation de la réputation, de la capacité et de l’expérience des partenaires ait été effectuée par le Ministère au cours du processus de sélection des partenaires, les données issues de l’examen de la sélection des partenaires ont révélé une variabilité dans la rigueur et la cohérence avec lesquelles cette sélection a été effectuée; les répondants à l’évaluation ont aussi remis en question la justification de certains choix de partenariats (voir plus sous le constat 16).
Utilisation des données probantes mondiales
Données probantes mondiales
Fait référence à des recherches, des données, des évaluations et/ou des apprentissages reconnus à l’échelle internationale, collectés de manière systématique et pertinents selon le contexte, qui évaluent l’efficacité, l’efficience, la pertinence et la durabilité des initiatives d’aide internationale dans le monde entier.
Figure 5.1 : Programme Thrive et IPA

Version texte - Figure 5.1
Image illustrant les liens entre les initiatives « Programme Thrive » et « Initiative de planification pour l'avenir » présentant l’Engagement de 10 ans et les domaines négligés en SDSR.
- Programme Thrive : une initiative menée par la société civile canadienne, lancée en 2019, visant à promouvoir le leadership mondial du Canada en matière de santé et de droits, y compris la SDSR. Elle a joué un rôle déterminant dans la définition de la vision et de la dynamique derrière l’Engagement de 10 ans.
- Initiative de planification pour l’avenir (FPI) : une coalition de six organisations de la société civile, considérée comme une force motrice de l’engagement d’AMC à soutenir les domaines négligés des SDSR dans le cadre l’engagement de 10 ans.
Constat 5 : L’approche et les priorités d’AMC en matière de SDSR étaient fondées sur des données probantes sur le plan stratégique et politique, et reposaient sur collaboration avec la société civile ainsi que sur le rapport de la commission Guttmacher-Lancet de 2018. Toutefois, les données probantes mondiales n’ont pas été utilisées de manière cohérente pour éclairer les décisions relatives à la conception et à la planification des projets en SDSR.
La PAIF a accordé la priorité à la prise de décision fondée sur des données probantes afin d’améliorer les résultats et la reddition des comptes pour toutes les initiatives d’aide internationale du Canada, y compris la santé mondiale et la SDSR. Il s’agit également d’un élément essentiel du cadre de responsabilisation de l’Engagement de 10 ans (constat 17).
Les entrevues et l’examen des documents ont mis en évidence que l’approche en matière de SDSR d’AMC était fondée sur des données probantes mondiales, en particulier le Rapport de la commission Guttmacher-Lancet sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (2018) [en anglais seulement]. Ce rapport a redéfini et élargi le plan mondial en matière de SDSR et appelé à une approche intégrée, fondées sur les droits et reposant sur des données probantes en matière de droits de la personne et de santé publique.
De plus, l’approche du Canada en matière de SDSR se distingue par sa collaboration active et étroite avec les OSC canadiennes, dont la collaboration a contribué à définir l’orientation stratégique du gouvernement. Les entrevues et l’examen des documents ont souligné que les OSC canadiennes (y compris les partenaires de mise en œuvre SDSR d’AMC), par l’entremise d’initiatives telles que le Programme Thrive et l’Initiative de planification de l’avenir, ont contribué à façonner les priorités du Canada en matière de SDSR, notamment en continuant à mettre l’accent sur les domaines négligés (figure 5.1).Note de bas de page 10 Les efforts de lobbying déployés par les partenaires du Programme Thrive ont notamment contribué à l’annonce par le premier ministre Trudeau, lors de la conférence Women Deliver de 2019, d’un montant de 1,4 milliard $ par an dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. De plus, les partenaires de la société civile canadienne et les établissements universitaires ont collaboré avec AMC pour élaborer le cadre de responsabilisation de l’Engagement de 10 ans, un mécanisme important qui leur a permis de suivre les progrès du Canada dans la réalisation de ses engagements en matière de SDSR (constat 17).
Malgré une forte harmonisation stratégique, les données probantes de l’évaluation ont démontré une utilisation incohérente des données probantes mondiales pour éclairer les décisions de conception et de planification des projets dans le domaine de la SDSR. Alors que les études de cas ont montré que certaines conceptions de projet étaient fondées sur des réalités locales (constat 3), peu d’éléments indiquent que cela a été fait de manière systématique. Dans le cadre du processus de programmation autorisé (PPA) pour les programmes de l’aide internationale du Ministère, l’intégration des leçons apprises et des pratiques exemplaires était une étape essentielle pour les chefs d’équipe de projet (CEP) pendant la phase de conception du projet (initiative du Ministère et appel de propositions). De plus, à l’aide des critères normalisés d’évaluation des propositions, les CEP devaient évaluer dans quelle mesure la conception de chaque projet proposé était conforme aux données probantes mondiales et aux priorités du Canada (p. ex. PAIF, Engagement de 10 ans). Les entrevues et l’examen de la sélection des projets ont révélé que la prise en considération des leçons apprises et des pratiques exemplaires dans la sélection des projets était inégale dans l’ensemble du portefeuille. Dans de nombreux cas, il a été difficile de comptabiliser et d’évaluer avec précision la mesure dans laquelle les partenaires de mise en œuvre ont intégré des données probantes dans la conception de leurs projets de SDSR. Dans la pratique, la synthèse rapide des données probantes a démontré qu'un échantillon de projets ne s'alignait pas totalement sur les meilleures pratiques reconnues spécifiques à trois des domaines négligés en matière de SDSR (annexe 7).
De plus, les CEP étaient en grande partie des généralistes et n’avaient pas besoin d’une formation thématique ou d’une expertise particulière pour gérer des programmes spécifiques en matière de SDSR dans leur portefeuille. Par conséquent, les données probantes indiquent que les degrés de connaissance, de compréhension et d’expérience des CEP concernant les questions fondamentales en matière de SDSR, y compris les meilleurs pratiques propres à la SDSR, ne sont pas uniformes. Les spécialistes de la santé mondiale et de la SDSR ont périodiquement appuyé les CEP en examinant les propositions de projet mais uniquement lorsqu'ils ont été consultés. Toutefois, aucun processus systématique n’a été mis en place pour garantir que des spécialistes soient embauchés à des moments clés du cycle de programmation pour remplir ce rôle ou que les CEP intègrent ces conseils lorsqu'ils étaient fournis (voir également les constats 13 et 16).
La position du Canada dans l'écosystème mondial
Figure 6.1 : Le leadership du Canada dans l'écosystème SDSR
- Reconnaissance en tant que « champion » mondial de la SDSR
- Leadership influent grâce à la diplomatie d’influence et aux partenariats stratégiques
- Engagement politique à long terme en faveur d'une approche fondée sur les droits
- Engagement actif dans les forums mondiaux
- La réputation est restée fragile et n'a pas toujours été cohérente
- Les préoccupations relatives à la pérennité ont démontré l'importance du leadership du Canada.
Constat 6 : Le Canada a fait preuve d’un grand leadership en matière de SDSR, ce qui lui a permis d’être reconnu à la fois en tant que donateur important et défenseur influent. Toutefois, les intervenants ont exhorté le Canada à s’appuyer sur les progrès réalisés et à adopter une position plus audacieuse face à l’évolution rapide du contexte mondial.
Le plaidoyer en faveur de la SDSR constitue un engagement de longue date pour le Canada et a été spécifiquement identifiée comme une priorité dans la PAIF. Tout au long de l’initiative SVSC et de l’Engagement de 10 ans, les données probantes de l’évaluation ont mis en évidence le rôle du Canada en tant que « champion » de la santé mondiale et de la SDSR, conformément à l’évolution du paradigme mondial vers une approche davantage fondée sur les droits visant à lutter contre les inégalités systémiques et à promouvoir des résultats globaux en matière de SDSR (voir la figure 6.1). Les répondants considèrent le Canada comme un chef de file respecté et influent dans le domaine de la SDSR à l’échelle mondiale, avec un créneau unique enraciné dans ses engagements politiques et l’importance qu’il accorde aux domaines négligés. Les partenaires d’AMC ont souligné la valeur du Canada en tant que donateur collaboratif qui a défendu des questions de nature délicate, telles que soins complets en matière d’avortement et l’ECS, tout en tirant parti de sa présence diplomatique pour façonner les normes mondiales. Le personnel d’AMC partage ces points de vue, soulignant l’importance des engagements politiques à long terme du Canada, qui ont assuré la continuité, la crédibilité et la visibilité de la SDSR sur la scène mondiale. Tous les intervenants ont reconnu la capacité du Canada à se surpasser grâce à une diplomatie d’influence, à des partenariats stratégiques et à une approche fondée sur les droits de la personne en matière d’aide internationale.
Le leadership du Canada a également été observé à travers son engagement actif dans divers événements et diverses instances de haut niveau sur la santé mondiale et la SDSR. De 2020 à 2023, le Canada a dirigé et participé à un large éventail d’activités de défense des droits liées à la santé et à la SDSR qui englobaient des instances multilatérales et mondiales, des engagements bilatéraux, des groupes de discussion et des tables rondes de haut niveau, ainsi que des campagnes internationales. Grâce à ses rôles aux conseils d’administration du FNUAP, de l’OMS et du Mécanisme de financement mondial, le Canada a plaidé en faveur de l’intégration de la SDSR complets dans les services de santé essentiels et les réponses en matière de santé mondiale, renforçant ainsi l’harmonisation avec les plans globaux à l’égard de la santé mondiale.
Cependant, bien que le Canada soit considéré comme un chef de file mondial en matière de SDSR, les répondants ont souligné que cette réputation restait fragile et n’était pas toujours cohérente tout au long de SVSC et des premières années de l’Engagement de 10 ans, avec des degrés variables de participation du Ministère depuis 2017. Compte tenu des préoccupations croissantes concernant la durabilité des efforts mondiaux en matière de SDSR dans le contexte politique et économique mondial actuel (voir la constat 11), les intervenants internes et externes ont clairement souligné l’importance du maintien de la position de chef de file du Canada en matière de SDSR, en particulier dans des domaines négligés comme soins complets en matière d’avortement et l’ECS. Ils ont souligné la nécessité pour AMC de saisir l’occasion, l’exhortant à être plus audacieux et à défendre fermement les droits et à combler le vide laissé par les réductions prévues dans le financement des donateurs à l’avenir. Les études de cas par pays ont également mis en évidence l’effet déstabilisateur du retrait des donateurs et le rôle essentiel du Canada dans l’atténuation de ces effets.
Les données probantes tirées des études de cas ont mis en évidence le fait que le rôle de chef de file du Canada en matière de SDSR à l’échelle nationale a généralement permis de renforcer la crédibilité au sein de l’écosystème de la SDSR de chaque pays. Malgré des valeurs divergentes avec certains gouvernements partenaires (par exemple, dans des domaines sensibles en matière de SDSR), Les cinq études de cas n’ont pas eu de répercussions négatives pour les relations diplomatiques du Canada avec les gouvernements des pays hôtes. Compte tenu de la politique et culturelle sensibilité de certains thèmes dans différents pays, l’approche du Canada dans ces contextes a consisté à soutenir l'écosystème local, à identifier des "champions" locaux et à travailler par leur intermédiaire pour promouvoir des valeurs communes plutôt que d'être lui-même la voix au niveau politique.
Harmonisation avec les autres donateurs
Figure 7.1 : Classement moyen du Canada dans le paysage du financement en SDSR

Version texte - Figure 7.1
- 3ème: Classement des donateurs en matière de la santé et des droits sexuels et reproductifs (en % de l'APD consacrée à la SDSR)
- 13 % de l'APD consacrée à la SDSR
- 5ème: Classement des donateurs en matière de la SDSR (pour le total des décaissements en SDSR)
- 5,5 milliards $ : Décaissements totaux en faveur de la SDSR (en dollars USD)
Constat 7 : L’approche d’AMC en matière de SDSR était alignée sur les priorités des donateurs d’optique commune. Le Ministère a déployé des efforts constants pour collaborer, créer des synergies et réduire au minimum les dédoublements dans la planification et la mise en œuvre de la programmation en matière de SDSR, tant à l’échelle mondiale qu’à l’échelle nationale.
L’analyse des donateurs a montré que le Canada était aligné sur les priorités en matière de SDSR de la plupart des donateurs bilatéraux importants actifs dans l’écosystème mondial de la SDSR. Les pays sélectionnés ont donné la priorité à la promotion d’approches féministes et fondées sur les droits en matière de SDSR, mais ont accordé des niveaux d’attention et de leadership différents aux cinq domaines négligés de l’Engagement de 10 ans, en fonction de la politique, de la programmation et des stratégies de financement respectives de chaque donateur. Parmi les autres donateurs bilatéraux qui se sont distingués en tant que leaders mondiaux dans ces domaines sous-financés figurent les Pays-Bas, la Suède et le Royaume-Uni, qui ont constamment soutenu des partenariats mondiaux pertinents et garanti des investissements à long terme dans ces domaines.
En outre, de 2017 à 2023Note de bas de page 11, le Canada s’est imposé comme un leader mondial au chapitre du financement de la SDSR. Alors que des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni dépassaient de loin le Canada sur le plan du financement total en matière de SDSR, le Canada se distinguait par la forte proportion de son APD consacrée à ce domaine. Il a constamment figuré parmi les cinq premiers pays pour le total des décaissements et le pourcentage de l’APD alloués à la SDSR (annexe 7.1 et annexe 8).
En outre, les études de cas, l’analyse des donateurs, l’examen des documents et les entrevues ont montré que les efforts du Canada ont permis de créer des synergies, d’éviter les dédoublements et de faire progresser la cohérence externe dans l’écosystème mondial de SDSR. Ces résultats ont été mis en évidence au niveau mondial dans le cadre du leadership et de l’engagement actif du Canada dans des plateformes axées sur la défense des droits (SheDecides, PF2030, Génération Égalité) et de partenariats stratégiques mondiaux tels que le Mécanisme de financement mondial (GFF). À l’échelle nationale, les efforts des missions ont également appuyé activement une meilleure coordination des donateurs. Les données de 4 des 5 pays étudiés (Colombie, Tanzanie, Côte d’Ivoire et Bangladesh) ont montré que les missions ont utilisé une variété d’outils pour améliorer les synergies et l’harmonisation au niveau des pays. Par exemple, les plateformes dirigées par les ambassades (comme la table ronde sur le genre en Colombie), les mécanismes de financement commun (comme le Fonds commun pour la santé en Tanzanie) et les structures de coordination dirigées par le gouvernement (comme les réunions de donateurs dirigées par les ministères au Bangladesh) ont contribué à renforcer la cohérence et à réduire les dédoublements entre les donateurs. Il existe également de nombreux exemples d’efforts de coordination menés par les partenaires qui ont contribué à créer des synergies de programmation entre les interventions financées par les donateurs en réponse aux besoins et aux priorités des pays. Cependant, bien que certaines missions aient fait preuve d’un leadership clair pour favoriser une meilleure coordination entre les partenaires, il n’y a pas eu d’orientation formelle ou de processus en place pour que les missions dirigent ce type d’efforts.
Constats : Efficacité
À quels résultats la programmation en matière de SDSR a-t-elle contribué?
- Quels sont les résultats auxquels la programmation en matière de SDSR a contribué (positifs, négatifs, souhaités, non souhaités)?
- Comment les résultats en matière de SDSR ont-ils été perçus par les différents groupes d’intervenants (ACS Plus)?
- Dans quelle mesure les résultats étaient-ils (susceptibles d’être) durables?
- Quels facteurs ont influencé sur les résultats en matière de SDSR et leur durabilité, de manière positive ou négative?
Prestation de services de santé
Résultats relatifs à la planification familiale
Les services de planification familiale se sont étendus dans toutes les études de cas grâce à l’offre de produits, aux services de proximité, à la formation du personnel de santé et des professionnels paramédicaux. L’utilisation des contraceptifs et la satisfaction à l’égard des services ont augmenté, en particulier chez les femmes et les adolescents. Toutefois, des obstacles tels que les ruptures de stock, les normes socioculturelles et l’opposition politique ont entravé les progrès.
Résultats relatifs aux soins complets en matière d’avortement
En Colombie, au Bangladesh et au Mozambique, les services de soins complets en matière d’avortement se sont développés, conformément aux réglementations locales. Grâce aux initiatives financées par AMC, des milliers de travailleurs de la santé ont reçu une formation sur les soins complets en matière d’avortement. Cependant, la résistance enracinée dans des programmes sociaux et politiques patriarcaux a continué d’entraver les progrès, menaçant la durabilité de ces acquis.
Figure 8.1 : Nombre moyen d'établissements de soins de santé soutenus chaque année dans les pays d’études de cas (2020-2021 à 2022-2023)

Source : données des projets rapportées par les partenaires
Version texte - Figure 8.1
Diagramme à barres indiquant le nombre moyen d'établissements de santé soutenus chaque année dans le cadre des études de cas, sur la période allant de 2020-2021 à 2022-2023, d'après les données de projet communiquées par les partenaires :
- HN3 : nombre d'établissements de santé proposant des soins essentiels : 358
- HN1 : nombre d'établissements de santé bénéficiant d'un soutien pour les services de planning familial et de santé sexuelle : 322
Constat 8 : Les études de cas ont mis en évidence des exemples où la programmation en matière de SDSR financée par AMC a contribué à améliorer l’accès aux services de SSR pour les femmes et les fillesNote de bas de page 12. Toutefois, les progrès variaient selon les contextes, en raison notamment de certains obstacles relatifs à des ruptures de stock, à des pénuries de personnel de santé et à la stigmatisation persistante et aux valeurs traditionnelles concernant la santé et les droits sexuels et reproductifs dans les communautés locales.
Les études de cas ont montré que les initiatives en SDSR financées par AMC ont ouvert la voie à une prestation de services de SSR mieux adaptée, centrée sur la communauté et intégrée, qui améliore l’accès aux services de SSR pour les femmes et les filles, y compris dans les domaines négligés (voir l'encadré). Toutefois, les résultats variaient d’un cas à l’autre (voir l’annexe 4).
Dans les cinq études de cas, les initiatives en matière de SDSR ont permis d’accroître la prestation de services et la fourniture de produits de SSR pour les femmes et les filles, y compris les jeunes. Par exemple, pour améliorer l’accès aux services et produits contraceptifs, la programmation en matière de SDSR en Colombie comprenait une série d’approches complémentaires, mises en œuvre par divers partenaires. Profamilia, une OSC locale, a déployé 12 brigades sanitaires dans huit municipalités, fournissant des méthodes contraceptives à court et à long terme, ainsi que d’autres services liés à la SDSR. Cette initiative a été mis en œuvre en collaboration avec la Fédération internationale pour le planning familial (FIPF), l’un des principaux partenaires mondiaux d’AMC dans le domaine de la SDSR. Au Mozambique, les services d’avortement sécuritaire et de soins post-avortement se sont développés grâce à des projets ciblés dans le domaine de la SDSR. Par exemple, l’initiative « Soutien à la planification familiale et aux services d’avortement » a témoigné d’une augmentation constante de la qualité et de l’accessibilité des services, la proportion d’avortements sécuritaire ayant plus que doublé en trois ans.
Les données probantes tirées des études de cas ont également mis en évidence une amélioration des compétences en matière de SDSR parmi les prestataires de soins de santé, y compris dans les régions sensibles et pour les populations marginalisées. Par exemple, en Colombie, 47 % des projets financés par AMC comprenaient des mesures visant à renforcer les capacités du secteur de la santé au moyen d’une assistance technique, de conseils et d’une formation pour les prestataires de services en SDSR. Au Bangladesh, la programmation a permis d’améliorer la santé et les droits sexuels et reproductifs des groupes marginalisés au moyen de divers mécanismes, notamment la formation des travailleurs sociaux. Selon les données des partenaires pour les interventions de type projet, une moyenne de 4 018 agents de santé communautaire (2 787 femmes ; 1 231 hommes) ont été formés chaque année entre 2020-2021 et 2022-2023 dans l’ensemble des études de cas.
Les données probantes provenant de toutes les études de cas ont mis en évidence des améliorations apportées aux infrastructures des établissements de santé et une disponibilité accrue des équipements, ce qui a aidé les détenteurs de droits à accéder aux services essentiels de SSR (figure 8.1). Toutefois, il y a eu des cas où ce matériel médical n’était pas adapté à l’usage et distribué sans formation adéquate. Par exemple, un projet en Côte d’Ivoire a soutenu des établissements de santé en leur fournissant des incubateurs et des réfrigérateurs médicaux. Cependant, des problèmes sont survenus quant à la compatibilité des équipements qui ne correspondaient pas aux normes de tension locales. En outre, la formation pour leur utilisation correcte a été jugée insuffisante.
Les progrès sur le plan de la prestation des services de santé ont été limités par plusieurs contraintes. Les ruptures de stock, (y compris les produits de planification familiale), ont perturbé la prestation de services et, dans certains cas, ont entraîné des grossesses non désirées. Les pénuries de personnel soignant ont également limité l’accès aux services et ont nui aux activités de formation des prestataires de soins de santé, les formateurs ayant été réaffectés à des rôles cliniques. La stigmatisation, les normes culturelles et les cadres juridiques propres à chaque pays ont également entravé l’accès aux services.
Promotion de la santé et modification des normes sociales
Résultats en matière de VSFG
La prévention de la VSFG en Colombie, au Mozambique et au Bangladesh a été réalisée grâce à des interventions menées par les communautés, à la formation des prestataires de services et à l’amélioration de la capacité institutionnelle à répondre à la VSFG. Les faits ont montré un changement d’attitude à l’égard de la VSFG et souligné l’importance des investissements à long terme pour transformer les normes sociales, en montrant que les attitudes à l’égard de la VSFG sont malléables et peuvent être modifiées au moyen d’initiatives stratégiques.
Définition de l’ECS
« Un processus d’enseignement et d’apprentissage fondé sur un programme portant sur les aspects cognitifs, affectifs, physiques et sociaux de la sexualité. Elle vise à doter les enfants et les jeunes de connaissances, d’aptitudes, d’attitudes et de valeurs qui leur donneront les moyens de s’épanouir – dans le respect de leur santé, de leur bien-être et de leur dignité, de développer des relations sociales et sexuelles respectueuses, de réfléchir à l’incidence de leurs choix sur leur bien-être personnel et sur celui des autres et, enfin, de comprendre leurs droits et de les défendre tout au long de leur vie. » (Source: principes directeurs internationaux sur l'éducation à la sexualité UNESCO, 2018)
Résultats en matière d’ECS
Des données provenant de la Tanzanie, de la Colombie, de la Côte d’Ivoire et du Bangladesh ont montré que les programmes d’ECS amélioraient les connaissances et les compétences en matière de SDSR chez des adolescentes et des femmes, et leur a permis de mieux réaliser leur autonomie en matière de SDSR.
Au cours de l’exercice 2022-2023, les partenaires des études de cas ont indiqué ce qui suit :
- 5 468 enseignants et animateurs (2 216 hommes ; 3 252 femmes) ont été formés à l’ECS;
- l’ECS a été dispensée dans 450 écoles et dans 13 692 contextes non formels;
- 323 490 personnes (55 569 hommes ; 267 921 femmes) ont bénéficié de l’ECS.
Constat 9 : Les données probantes des études de cas ont offert des exemples où la programmation en matière de SDSR financés par AMC ont contribué à l’amélioration des comportements et à l’adoption de pratiques saines. Toutefois, les progrès dans ce domaine ont été entravés par les choix de partenariat, la brièveté du cycle de vie des projets et la persistance de normes sexistes néfastes et de la stigmatisation touchant la santé et les droits sexuels et reproductifs.
Dans tous les pays ayant fait l’objet d’une étude de cas, il a été démontré que les interventions en matière de SDSR étaient conçues pour promouvoir des normes sociales positives et des comportements et pratiques sains dans un environnement social plus large (voir l’annexe 4). La programmation était axée sur la défense des droits et le renforcement des connaissances au moyen d’activités de mobilisation, y compris l’éducation complète à la sexualité (ECS), avec un large éventail d’intervenants, y compris les femmes et les filles, les parents et les soignants, les enseignants et les éducateurs, les chefs religieux et communautaires, les professionnels de la santé, et les hommes et les garçons. Les partenaires ont largement reconnu que pour obtenir des résultats en matière de SDSR dans tous les domaines et garantir leur durabilité, il fallait modifier des normes et des comportements communautaires profondément ancrés.
Des exemples de programmation en matière de SDSR dans les pays ayant servis d’études de cas ont témoigné d’une amélioration des connaissances à cet égard et des comportements sains parmi les femmes et les filles et la communauté dans son ensemble, y compris dans les domaines négligés liés à la santé et aux droits en matière de sexualité et de reproduction (voir l'encadré). En Côte d’Ivoire, par exemple, des chefs religieux, des chefs communautaires et des maris ont participé à des initiatives en matière de SDSR, ce qui a contribué à remettre en question les normes de genre néfastes et à améliorer la sensibilisation à la planification familiale, à l’utilisation de contraceptifs et à la violence sexuelle et fondée sur le genre (VSFG). Les activités sur les pratiques parentales positives ont également contribué à encourager les dialogues intergénérationnels et à réduire la stigmatisation entourant la sexualité des jeunes. Au Bangladesh, la programmation en matière de SDSR a contribué à réduire les cas de VSFG grâce à des interventions communautaires et à des formations éducatives qui remettent en question les normes sociales néfastes et promeuvent des relations respectueuses et l’égalité des genres. En Tanzanie, les conversations ouvertes sur la santé et les droits sexuels et reproductifs sont devenues plus normales, ce qui a permis aux jeunes de prendre des décisions éclairées sur leur propre SSR et d’améliorer l’accès à des services adaptés aux adolescents.
Si les études de cas des différents projets ont mis en évidence des changements prometteurs dans les connaissances, les attitudes et les normes sociales en matière de SDSR, les progrès sont restés inégaux d’un cas à l’autre. Un fort engagement communautaire (notamment auprès des hommes et des garçons) a travers les activités de projets a été un facteur facilitant évident. Cependant, les données ont mis en évidence le fait que les valeurs culturelles et religieuses, les normes sexistes néfastes, la stigmatisation persistante et le soutien gouvernemental incohérent étaient des facteurs qui entravaient l’atteinte et le maintien de résultats en matière de changements dans les normes sociales et les comportements sociaux. Dans certains cas, il a été démontré que, s’ils n’étaient pas soigneusement adaptés au contexte local, la programmation en matière de SDSR pouvait même, par inadvertance, renforcer la stigmatisation, entraîner une résistance au sein de la communauté et réduire encore l’accès aux services. En outre, les données probantes ont montré que les résultats positifs en matière de normes sociales, en particulier dans les contextes culturels ou juridiques restrictifs, dépendaient de la sélection des bons partenaires possédant l’expérience, l’expertise et la capacité technique requises pour mobiliser les communautés et réaliser des projets efficaces transformateurs et axés sur les droits dans des domaines sensibles tels que l’ECS, la VSFG et soins complets en matière d’avortement (voir les constats 4 et 16).
Les données probantes des études de cas ont également souligné l’importance d’interventions à long terme et durables (plutôt que de projets à court terme) pour consolider les progrès et mesurer avec précision les résultats en matière de changement aux normes sociales et aux comportements. Les comptes rendus d’AMC concernant la santé et les droits sexuels et reproductifs dans les rapports annuels de l’Engagement de 10 ans ont fourni peu de données sur les changements réels aux normes sociales et aux comportements et se limitaient à des données sur la « portée », ce qui laisse entrevoir une lacune critique dans les données probantes au niveau des résultats générés par le Ministère (voir le constat 17).
Politiques, réglementations et financement
Constat 10 : Les études de cas contenaient des exemples où la programmation en matière de SDSR financée par AMC a renforcé la capacité des gouvernements et de la société civile à promouvoir et à protéger la santé et les droits sexuels et reproductifs des femmes et des filles. Cependant, la pérennité de ces efforts a été compromise par le degré d’adhésion des acteurs gouvernementaux ainsi que par le niveau de leadership local et d'appropriation des programmes en SDSR.
Toutes les études de cas ont mis en évidence des exemples où la programmation en matière de SDSR ont amélioré la capacité des gouvernements et des principaux intervenants à élaborer des politiques et des stratégies publiques qui soutiennent la protection de la santé et des droits en matière de sexualité et de reproduction pour les détenteurs de droits (voir l'encadré et l’annexe 4). En Tanzanie, les initiatives financées par AMC ont contribué à l’élaboration de politiques nationaux pour le secteur de la santé, notamment par des efforts de plaidoyer qui ont conduit à l’intégration de l’égalité des genres et de la santé des adolescents dans l’élaboration du Ve Plan stratégique pour le secteur de la santé et du nouveau protocole d’entente de Fonds commun pour la santé. En Colombie, le Centre pour les droits reproductifs a joué un rôle déterminant dans la défense de l’arrêt C-055 de 2022, qui dépénalise l’avortement. Au Bangladesh, le projet de lutte contre les mariages d’enfants, précoces et forcés a renforcé la loi restreignant le mariage des enfants, renforçant du même coup les mécanismes locaux visant à empêcher le mariage des enfants et à protéger les adolescentes. En Côte d’Ivoire, la mission a activement soutenu l’examen d’une loi sur la protection de la SDSR, actuellement en attente d’approbation par l’Assemblée nationale.
Les initiatives en matière de SDSR ont également renforcé la capacité de la société civile locale, surtout des organisations de défense des droits des femmes, à plaider en faveur de la jouissance égale des droits relatifs à la SDSR. En Colombie, par exemple, le Ministère s’est associé à une OSC locale (Profamilia) pour soutenir les efforts de plaidoyer axés sur les politiques publiques. Profamilia a mobilisé des adolescents et des enfants pour soutenir les efforts de lobbying en faveur de la loi 2344 sur l’élimination du mariage des enfants et des unions précoces, sans exceptions. Cette mobilisation a contribué à renforcer la politique publique en faveur des enfants et des adolescents.
Cependant, les résultats en matière de défense des droits et de politique sont largement propres à chaque pays et ne peuvent être généralisés au-delà d’études de cas particulières. Les données ont démontré que l’adhésion et le soutien des gouvernements à l’égard de la SDSR étaient un facteur clé qui a conduit à un changement réussi au niveau des politiques et a contribué à promouvoir l’appropriation nationale des questions et des solutions en matière de SDSR.
Cependant, la SDSR était hautement politisée et le manque de soutien des gouvernements, voire leur opposition directe à certains aspects de la SDSR ainsi que l’existence de cadres juridiques restrictifs, a freiné les progrès et affecté la santé et le bien-être des détenteurs de droits, en particulier dans des domaines tels que les soins complets en matière d’avortement et les droits des personnes LGBTQ. L’examen de la sélection des projets a révélé que la « préparation » culturelle et politique a été prise en compte dans certains cas, mais qu’elle n’a pas été documentée de manière cohérente tout au long du processus.
Les données ont également souligné le fait que la durabilité des résultats des activités de plaidoyer était liée au degré d’appropriation et de leadership local dans la planification et la mise en œuvre des initiatives en matière de SDSR. Les organisations locales étaient ancrées dans les communautés et entretenaient des relations directes avec les détenteurs de droits en matière de SDSR ainsi qu’avec les principaux intervenants aux niveaux local, régional et national. Elles étaient les mieux placées pour comprendre le contexte local, les coutumes, la culture et les défis, ce qui a permis d’aligner les efforts de plaidoyer sur les réalités locales. Les entretiens et la littérature examinée ont mis en évidence que ce positionnement local et cette connaissance approfondie du milieu ont contribué à améliorer la pertinence, les résultats et la durabilité des programmes, en particulier dans des domaines comme la défense des droits, mais aussi en ce qui concerne l’évolution des normes sociales. Cependant, des obstacles institutionnels au sein d’AMC ont limité le montant du financement que le Ministère a fourni directement aux partenaires locaux pour offrir des programmes en matière de SDSR. Sur les 35 projets échantillonnés dans les études de cas, un seul a été géré par le biais d'un accord financier signé directement entre AMC et un partenaire de mise en œuvre locale (voir le constat 16).
Résultats en matière de plaidoyer
Selon toutes les études de cas, les investissements dans le domaine de la SDSR financés par AMC ont joué un rôle essentiel dans l’atteinte des résultats en la matière grâce à des efforts stratégiques de promotion et à l’influence des politiques. En travaillant directement avec les gouvernements et en soutenant les bons partenaires, les efforts de plaidoyer ont contribué à façonner les cadres nationaux de santé, à renforcer les capacités locales en matière de santé et à promouvoir des approches inclusives et fondées sur les droits en matière de SDSR qui ont conduit à des réformes au niveau politique.
Progrès mondiaux en matière de SDSR
Impact des réductions financières
L’USAID représentait 54 % de l’APD mondiale au chapitre de la SDSR en 2023 (Donor Delivering Report, 2025). Selon ONU Femmes, le gel des financements américains a gravement nui aux organisations dirigées par des femmes et aux organisations de défense des droits des femmes. Sur les 411 organisations interrogées dans 44 pays, 90 % ont fait état de difficultés financières, 72 % ont licencié du personnel et 47 % prévoyaient de fermer dans les six mois. Des services essentiels ont été perturbés, notamment les services de prévention et de protection contre la VSFG, ainsi que les services de santé et les droits sexuels et reproductifs
Source : À un point de rupture : L’impact des réductions de l’aide étrangère sur les organisations de femmes dans les crises humanitaires à travers le monde. ONU Femmes (2025). [en anglais seulement]
Constat 11 : Bien que des progrès aient été réalisés dans l’obtention de résultats mondiaux en matière de SDSR dans certains domaines pour les femmes et les filles, les défis liés aux mouvements d'opposition socio-politiques, aux crises mondiales, aux changements géopolitiques et au retrait des financements de certains donateurs ont posé des difficultés à l’atteinte de résultats en matière de SDSR et à leur durabilité.
Conformément aux constats des études de cas, les données probantes ont montré qu’à l’échelle mondiale, les progrès réalisés dans certains aspects de la SDSR pour les femmes et les filles s’étaient améliorés au fil du temps (annexe 9), mais que des défis persistaient (en particulier dans les domaines négligés) et étaient liés à plusieurs facteurs externes.
Depuis 2017, les programmes mondiaux axés sur la santé et les droits sexuels et reproductifs, y compris les initiatives financées par AMC, sont de plus en plus vulnérables à la prolifération des mouvements politiques et sociaux organisés et bien coordonnés qui visent à remettre en cause le renforcement et la protection de certains droits, notamment divers aspects de la SDSR, de l'égalité des genres et des droits des personnes LGBTQI+. Dans certains cas, ces efforts ont entraîné des fermetures de cliniques et une diminution des services de SSR, une réduction de l’accès à la contraception et à des soins complets en matière d’avortement, ainsi que l’autocensure des ONG, des licenciements de personnel et des annulations de projets. Les éléments tirés de la revue documentaire ont démontré que certaines valeurs culturelles et religieuses ainsi que les sensibilités autour des enjeux clés liées à la SDSR (par exemple, les soins complets d'avortement et l’ECS) ont contribué à la montée de ces mouvements socio-politiques. Les études de cas ont également mis en évidence que, lorsque présents, ces facteurs constituaient des obstacles persistants et directs à l’atteinte de résultats en matière de SDSR et à leur durabilité. C’était particulièrement le cas pour les domaines négligés en matière de SDSR ainsi que pour les services soutenant les populations vulnérables [avortement sécuritaire, ECS, SSR des adolescents, droits des personnes LGBTQI+, ainsi que pratiques néfastes telles que les mutilations génitales féminines et excisions (MGF/E) et les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés (MEPF)] (voir les constats 8 et 9).
En outre, les crises mondiales, telles que l’instabilité politique, l’inflation, les changements climatiques et les épidémies de maladies infectieuses, ont exacerbé les inégalités et mis à rude épreuve les systèmes de santé. Au Bangladesh, par exemple, les chocs climatiques et l’urbanisation rapide ont créé des risques importants au chapitre de la SDSR pour les plus pauvres et les habitants des quartiers informels. Les études de cas ont révélé que les projets ont eu du mal à intégrer pleinement des approches qui tenaient compte de ces réalités cumulées.
La programmation en matière de SDSR a également été touchée plus récemment par des changements dans le contexte géopolitique plus large et dans le paysage traditionnel du financement par les donateurs. Le revers le plus marquant pour l’écosystème de la SDSR a été les changements politiques radicaux et les gels de financement de la part des États-Unis. En janvier 2025, les États-Unis ont interrompu la majeure partie de l’aide étrangère, démantelé USAID et retiré leur soutien à des partenaires mondiaux clés, dont le FNUAP et l’OMS. Selon le rapport de 2025 des donateurs œuvrant pour la SDSR (« Donor Delivering for SRHR »), en 2026, une nouvelle réduction de 60 % du financement mondial de la santé a été proposée, ce qui aurait un impact important sur le soutien à la SDSR dans des domaines comme la planification familiale, la VSFG et l’avortement sécuritaire (voir l’encadré). Au-delà des États- Unis, les perspectives de financement d’initiatives en matière de SDSR chez les principaux donateurs bilatéraux ont été marquées par de nombreuses prévisions de réductions budgétaires, de changements de politique et d’incertitude.Note de bas de page 13 Les principaux donateurs ont indiqué qu’ils réorienteraient les fonds de développement vers le renforcement des capacités de défense et de sécurité, réduisant d’autant leur financement historique du développement axé sur la santé et les droits sexuels et reproductifs. Plusieurs donateurs clés ont prévu des réductions de l’APD entre 2024 et 2029. L’Allemagne, la France, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont explicitement prévu ou déjà mis en œuvre des réductions de l’aide globale au développement, tandis que d’autres, comme le Danemark et l’Australie, ont introduit des augmentations ciblées, bien qu’il ne soit pas clair si cela se traduira par un soutien accru en matière de SDSR (voir l’annexe 10).
COVID-19
Constat 12 : Alors que la pandémie de COVID-19 a perturbé la mise en œuvre de la programmation en matière de SDSR dans le monde entier, la réponse d’AMC a permis la continuité des services de SSR essentiels.
Le lancement de l’Engagement de 10 ans en 2020 a coïncidé avec la pandémie mondiale de COVID-19. Cette période de besoins accrus en matière de santé, de restrictions de la mobilité et de confinements a mis à rude épreuve les systèmes de santé nationaux, retardé la mise en œuvre de la programmation en matière de SDSR et limité l’accès aux services de santé essentiels, y compris la SSR. Par exemple, des études de cas réalisées au Bangladesh et en Colombie ont montré que les femmes et les filles, y compris celles issues de groupes marginalisés, étaient confrontées à des obstacles plus importants en raison des confinements, des difficultés économiques et de la stigmatisation. En conséquence, les cas de VSFG (y compris les mariages d’enfants) ont augmenté.
En 2020-2021, AMC a reçu un financement supplémentaire ponctuel pour soutenir sa réponse internationale à la COVID-19, ce qui a augmenté le total des décaissements du Ministère en matière de santé. La réponse à la crise comprenait également des fonds supplémentaires spécifiques pour permettre aux organisations partenaires de se réorienter et de s’assurer que les services de SSR pouvaient continuer dans le contexte dynamique de la pandémie. En outre, le Ministère a fourni des fonds à des partenaires multilatéraux afin d’étendre la portée de ses investissements. Selon le rapport sur les leçons retenues de l’intervention en matière d’aide internationale dans le contexte de la pandémie de COVID-19, un degré élevé de coordination et de leadership ministériel a finalement favorisé la réussite de la réponse à la pandémie.
Des rapports internes ont mis en évidence la manière dont les partenaires ont maintenu l’accès aux services de planification familiale et de SDSR dans près de 30 pays. Alors que les données des indicateurs de rendement clés d’AMC ont montré une baisse des services de santé communautaires de 1,5 million en 2020-2021 à 250 000 en 2021-2022 en raison des restrictions de santé publique et de l’accès limité des communautés, la portée globale des services de SSR a augmenté en raison du financement de crise et des prolongations chiffrées. En outre, les études de cas ont mis en évidence la manière dont les programmes ont été adaptés en transférant certains services de SSR vers des plateformes virtuelles, notamment les lignes d’assistance téléphonique et la télémédecine.
Constats : Efficience et cohérence interne*
Dans quelle mesure l'architecture ministérielle en matière de SDSR a-t-elle été mise en place pour réussir ?
- Quels étaient les structures, systèmes, processus et ressources internes du Ministère soutenant les engagements en matière de SDSR et comment ont-ils évolué au fil du temps?
- Dans quelle mesure les structures, systèmes, processus et ressources internes du Ministère ont-ils facilité ou entravé la mise en œuvre de ces engagements en matière de SDSR?
- Dans quelle mesure la programmation en matière de SDSR d’AMC a-elle été mise en œuvre de manière cohérente au sein du Ministère?
- Qu’est-ce qui a bien fonctionné et quels ont été les défis dans les différents types de partenariats du Ministère?
*La cohérence interne examine les synergies et les interconnexions entre une intervention et d’autres interventions menées par la même institution ou le même gouvernement (CAD de l’OCDE).
Capacité du Ministère à mettre en œuvre l’Engagement de 10 ans
Figure 13.1 Positions dans YSD pour soutenir SVSC et l’Engagement de 10 ans.
| Engagement | Nombre moyen de postes dans YSD (YSH/YSC) | Moyenne des décaissements en SDSR |
|---|---|---|
| SVSC : 2017-2018 à 2019-2020 | 44 | 224 M$ |
| Engagement de 10 ans : 2020-2021 à 2023-2024 | 46 | 572 M$ |
Le soutien en matière de SDSR a été centralisé dans les directions Santé et droits des femmes, des adolescents et des enfants (YSH) et Politique, stratégie et coordination (YSC) au sein de la Direction générale de la santé mondiale et des systèmes alimentaires (YSD). Le nombre de postes concernés a varié entre 40 à 50 postes entre 2017-2018 et 2023-2024. Ce chiffre comprend le nombre de postes équivalents pertinents de MND, MNG et KSD avant la réorganisation de 2024.
Constat 13 : Le soutien de YSD a amélioré la capacité du Ministère à mettre en œuvre l’Engagement de 10 ans grâce à une variété de fonctions de programmation, de coordination et de conseil technique. Toutefois, bien que l’expertise en matière de santé mondiale et de SDSR d’YSD était une ressource appréciée, l’absence d’une approche systématique de collaboration avec les CEP a entraîné des défis en termes de capacité pour la planifier et mettre en œuvre des programmes de SDSR.
Bien qu’un large éventail d’intervenants ministériels ait participé à la planification et à la mise en œuvre des initiatives en matière de SDSR (voir la figure 0.4 sur le contexte de la programmation), la Direction générale de la santé mondiale et des systèmes alimentaires (YSD) était le responsable de la politique SDSR relative à l’Engagement de 10 ans et était chargée de traiter les enjeux stratégiques, d’assurer la coordination, de maintenir la communication et de fournir un soutien technique aux secteurs ayant des responsabilités liées à l’Engagement de 10 ans. Au sein de la direction générale, la Direction de la santé et des droits des femmes, des adolescents et des enfants (YSH) et la Direction de la politique, de la stratégie et de la coordination (YSC) ont assumé diverses fonctions de soutien en matière de programmation, de coordination et de conseil technique (p ex. spécialistes en matière de SDSR et de santé mondiale). Depuis 2017, le niveau des ressources d’YSD consacrées à la santé mondiale ne reflète pas la demande croissante découlant de l’augmentation des cibles d’engagement. Depuis l’initiative SVSC, les décaissements moyens au titre de l’Engagement de 10 ans ont plus que doublé, alors que les postes équivalents temps plein (ETP) d’YSD n’ont augmenté que de 4 % (figure 13.1).
Les données de l’évaluation ont montré que le soutien d’YSD a permis d’améliorer la capacité du Ministère à mettre en œuvre la programmation en matière de SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans (Constats 14, 17 et 18). Toutefois, un problème clé est apparu concernant la collaboration entre les responsables de programme dans les secteurs géographiques et les spécialistes en SDSR et en santé mondiale d’YSD.Note de bas de page 14 Les personnes interrogées ont souligné que cette expertise spécialisée propre au secteur présentait une valeur évidente pour les agents de programmes intervenant dans le domaine de la SDSR, mais que l’absence de mandat officiel et les ressources limitées d’ETP spécialisées en SDSR ont nui à leur capacité à collaborer efficacement tout au long du cycle du projet (constats 5 et 16).Note de bas de page 15
Compte tenu de leur expertise technique respective, les spécialistes thématiques d’AMC (p. ex., genre, environnement, gestion axée sur les résultats, santé mondiale, SDSR, VSFG) ont tous apporté une valeur évidente aux CEP tout au long du processus de programmation. En fait, des spécialistes de l’égalité des genres et de l’environnement ont été mandatés pour veiller au respect des exigences politiques et juridiques. Toutefois, les documents et les entrevues ont montré qu’il n’y avait pas de mandat comparable ou de processus systématique en place pour garantir l'implication des spécialistes en santé mondiale ou en SDSR à des moments clés du processus de programmation (p. ex., l’examen des conceptions/propositions de projets, le suivi des projets, l’examen des rapports/évaluations finaux). Contrairement à certains de leurs homologues, les spécialistes d’YSD n’étaient pas mandatés pour appuyer les programmes en matière de SDSR et de santé mondiale. En conséquence, ils n’ont pratiquement pas participé à la planification des projets d’initiative ministérielle et des appels de propositions (AP) en matière de SDSR. Les données disponibles ont montré qu’il s’agissait d’un défi majeur, en particulier lorsque les CEP ne disposaient pas d’une expertise ou d’une expérience suffisante en matière de SDSR. La permutation des CEP a également contribué à la sous-utilisation de cette ressource précieuse. Ces difficultés ont donné lieu à des cas où l’apport pertinent des spécialistes n’a pas été pris en compte dans les décisions finales de programmation et ont contribué à des difficultés supplémentaires liées à la mesure du rendement en matière de SDSR (constat 17) et au codage sectoriel (constat 18).
Gouvernance de la santé mondiale
Figure 14.1 : Rôles et responsabilités dans la gouvernance en matière de la santé mondiale.
| Comité de gouvernance | Fréquence des réunions | Mandat |
|---|---|---|
| Comité des DG pour la santé mondiale | Chaque trimestre | Mettre en œuvre les programmes en matière de santé mondiale de manière cohérente et coordonnée, conformément aux exigences ministérielles en matière de surveillance et d’établissement de rapports. |
| Groupe de travail/personnes-ressources | Une fois par mois | Veiller à ce que la politique et les programmes en matière de santé mondiale soient mis en œuvre et fassent l’objet de rapports de manière cohérente et coordonnée, en utilisant des pratiques de programmation efficaces. |
Constat 14 : La structure de gouvernance de la santé mondiale a joué un rôle clé pour assurer la reddition de comptes et orienter la planification des investissements d’AMC dans le domaine de la SDSR. Bien qu’elle ait soutenu les efforts de coordination du Ministère, les discussions ont porté principalement sur les aspects financiers de l’Engagement de 10 ans et ont fourni une orientation stratégique limitée sur la cohérence et les résultats des programmes en SDSR.
Alors que l’architecture fondamentale de la structure de gouvernanceNote de bas de page 16 de la sante mondiale d’AMC a précédé à la fois l’initiative SVSC et l’Engagement de 10 ans, elle a évolué au fil du temps, élargissant à la fois son mandat et sa portée au sein du Ministère (voir l’encadré 14.1). Plus important encore, avant l’Engagement de 10 ans, le Comité des DG pour la santé mondiale s’est réuni de façon ponctuelle avec des membres sectoriels (limités à SMNE/SRMNI). Dans le cadre de l’Engagement de 10 ans, son mandat a été officialisé et sa composition a été élargie pour inclure tous les DG ayant des responsabilités en matière de santé mondiale. Les documents et les entrevues ont montré qu’il s’agit d’un développement clé qui a amélioré la capacité du Ministère à atteindre ses objectifs de gouvernance en matière de santé mondiale – à savoir assurer la supervision opérationnelle et financière de l’Engagement de 10 ans.
Dans le cadre de la fonction de gouvernance, le Comité des DG pour la santé mondiale, le Groupe de travail sur la santé mondiale et les personnes-ressources en santé mondiale ont joué un rôle important de coordination à l’échelle du Ministère en veillant à ce que les investissements soient bien équilibrés entre les secteurs en vue d’atteindre les objectifs fixés. Le mérite en revient à la direction Politique, stratégie et opérations (YSC), qui a fourni les services de secrétariat à ces comités. Les entrevues et l’examen systématique des procès-verbaux des réunions des comités ont en outre démontré que les deux comités se sont révélés des forums efficaces pour partager des informations, identifier les contraintes et promouvoir des stratégies pour atteindre les objectifs financiers en matière de santé mondiale et de SDSR, en particulier pour augmenter le financement des domaines négligés.
Cependant, étant donné que l’Engagement de 10 ans a été conçu principalement comme un engagement d’investissement, les secteurs ont été constamment soumis à des pressions pour atteindre les objectifs financiers. De ce fait, les discussions sur la gouvernance se sont fortement concentrées sur les dépenses financières (p. ex., atteindre les objectifs de l’Engagement de 10 ans, diriger l’argent vers certains types de partenaires) ont porté une attention minimale sur les résultats en matière de SDSR. Si la nécessité d’une meilleure harmonisation de la programmation entre les domaines et les secteurs a également été régulièrement évoquée, les comptes rendus des réunions n’ont pas révélé de solutions stratégiques pour améliorer la cohérence de la programmation en matière de SDSR au sein du Ministère (constat 15). Il a été démontré que ces difficultés limitaient la capacité de la fonction à remplir une composante essentielle de son mandat - « fournir une orientation stratégique pour la réalisation de l’engagement de 1,4 milliard $ d’ici à 2023-2024 ». Ces limites reflétaient également un écart critique par rapport aux priorités politiques énoncées de l’Engagement de 10 ans, qui indiquaient clairement des objectifs davantage axés sur les résultats en matière de SDSR, et conformes à la PAIF : « accroître l’accès à la SDSR complets » (voir le contexte).
Gestion par engagement / cohérence interne
SDSR et aide humanitaire
En Colombie, l'intégration réussie de la programmation en matière de SDSR et de l'aide humanitaire a été démontrée. Les projets financés par AMC ont donné la priorité à l'accès aux services essentiels - y compris la contraception, les soins prénataux, les soins complets en cas d'avortement et l’atténuation des MST - dans les régions frontalières pour soutenir les migrants vénézuéliens. Cette approche a permis d'assurer un accès vital aux services de santé sexuelle et reproductive tout en protégeant les droits fondamentaux de ce groupe de population vulnérable.
Cohérence en matière de VSFG
Bien que YSD ait été le chef de file pour la SDSR, YEE était responsable de la programmation VSFG dans le cadre de la PAIF. Malgré cette répartition des responsabilités, la VSFG était fortement interconnecté avec d’autres domaines de la SDSR. Dans le cadre de l’Engagement de 10 ans, 52 % des projets ayant un codage relatif a la VSFG étaient également codés sous d’autres domaines de la SDSR et étaient comptabilisés sous l’Engagement de 10 ans. La programmation en matière de prévention et lutte contre la VSFG était également mise en œuvre par plusieurs secteurs de programmes en dehors du secteur sur la santé mondiale, notamment les secteurs de programmes centrés sur l’éducation, l’aide humanitaire et la paix et la sécurité. Il n’existait pas cependant, de mécanisme de coordination officiel pour relier la programmation sous YSD, YEE et les autres centres de responsabilité afin d’assurer une cohérence de la programmation en matière de prévention et lutte contre la VSFG.
Cohérence éducation/ECS
Les données disponibles ont mis en évidence des problèmes de coordination entre l’ECS et les programmes d’éducation. Les deux secteurs étaient considérés comme complémentaires et étaient explicitement liés dans la PAIF. Cependant, l’éducation et l’ECS étaient gérés séparément par les différents centres de responsabilité au sein du Ministère et ne disposaient pas de mécanismes formels pour assurer la collaboration.
Constat 15 : Le manque d’orientation opérationnelle pour la mise en œuvre de la programmation SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans, la planification décentralisée et les pressions exercées pour atteindre les objectifs financiers ont entraîné des problèmes de coordination et des cas de fragmentation des programmes dans le cadre de l’Engagement de 10 ans.
Au cours de la période d'évaluation, les orientations relatives à la mise en œuvre de programmations SDSR/ de l’Engagement de 10 ans se sont limitées à des lettres de mandat sous la couverture stratégique de la PAIF, à des annonces d’engagement, et à fixer des objectifs financiers. Il n’y avait pas de plan formel de mise en œuvre, ni d'orientation opérationnelle pour relier les objectifs politiques de la PAIF et de l’Engagement de 10 ans à la programmation et aux efforts de plaidoyer en matière de SDSR. En outre, compte tenu du grand nombre de centres de responsabilité en matière de programmations SDSR et de l’Engagement de 10 ans dans l’ensemble du Ministère, les rôles et les responsabilités n’étaient pas bien compris par les personnes interrogées dans le cadre de cette évaluation. Bien qu’YSD ait été le responsable de la politique et du domaine d'action Santé et nutrition et de l’Engagement de 10 ans, il ne s’agissait pas d’un programme officiel d’AMC. Le contrôle exercé par YSD sur la planification et la mise en œuvre des initiatives axées sur la santé et les droits en matière de sexualité et de reproduction s’est donc largement limité à son rôle au sein de la structure de gouvernance de la santé mondiale (constat 14); il ne disposait pas d’une autorité formelle au niveau du programme et du portefeuille pour gérer stratégiquement les résultats en matière de SDSR (constat 17). En conséquence, la prise de décision concernant la programmation SDSR a été largement décentralisée. La programmation en matière de SDSR était également liée à de nombreux autres secteurs, chacun ayant ses propres responsables programmatiques (par exemple, l'aide humanitaire, la paix et la sécurité, l'éducation, l'environnement).
Compte tenu de la pression exercée pour atteindre les objectifs financiers de l’Engagement de 10 ans et du cycle d’investissement annuel correspondant, les secteurs ont dû mobiliser des fonds rapidement, ce qui a limité les possibilités de coordination efficace avec d’autres centres de responsabilité et les responsables de projets dans le cadre de leurs processus de planification respectifs. En dehors de la gouvernance de la santé mondiale (et à l’exception de l’appel de propositions), rien n’indique qu’un mécanisme ait été mis en place pour orienter les décisions financières en vue d’en assurer la cohérence.
Les données ont révélé que, bien qu’il y ait eu des exemples positifs de cohérence interne (voir l'encadré), les éléments décrits ci-dessus ont entraîné des défis en termes de coordination et dans certains cas, une fragmentation de la programmation dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. Par exemple, les entrevues et les documents ont mis en évidence l’absence de mécanismes de directives et de mécanismes de coordination pour soutenir la cohérence interne tant pour la programmation axée sur l’éducation/ECS que pour la programmation axée sur la prévention et lutte contre la VSFG lutte contre la (voir l'encadré). Cela a contribué à des inefficacités internes et entraîné des occasions manquées d’améliorer le rapport coût-efficacité de certains investissements en SDSR.
En outre, les exemples tirés des études de cas ont révélé un manque de synergie et d’intégration entre la programmation multilatérale en matière de SDSR planifiée à l’AC et la programmation bilatérale gérée par les secteurs géographiques (et les missions respectives). Les décisions de programmation multilatérale ont été largement prises à l’AC, sans consultation ni communications suffisantes avec les missions. En conséquence, les secteurs géographiques ignoraient couramment l’existence d’une programmation multilatérale en cours d’élaboration lorsqu’ils entreprenaient leur propre programmation bilatérale dans le pays, ce qui entraînait parfois une duplication des efforts. Ce constat est conforme aux conclusions de l’examen par les pairs du Canada réalisé en 2025 par le CAD de l’OCDE, qui a souligné que ce manque de coordination « freine la possibilité de mettre en place des stratégies adaptées au niveau local lorsque les priorités ne sont pas entièrement alignées ».
D’après les comptes rendus des réunions, l’amélioration de la coordination entre les domaines programmatiques, y compris les centres de responsabilité de l’Engagement de 10 ans, a été reconnue par la haute direction du Ministère comme essentielle pour une utilisation plus stratégique des investissements de l’Engagement de 10 ans.
Les partenariats
Figure 16.1 : Décaissements par mécanisme de sélection sous SVSC et l’Engagement de 10 ans (% du total)

Version texte - Figure 16.1
Diagramme à barres représentant les décaissements par mécanisme de sélection sous SVSC et l’Engagement de 10 ans, en pourcentage du total :
| Mécanisme de sélection | SVSC | Engagement de 10 ans |
|---|---|---|
| Initiative du Ministère | 45% | 36% |
| Soutien institutionnel | 11% | 41% |
| Proposition spontanée | 14% | 13% |
| Appel à propositions | 1% | 9% |
| Réponse humanitaire | 29% | 1% |
Pour les deux engagements, la plupart des projets ont été sélectionnés par le biais de mécanismes de sélection d’initiative ministérielle ou de mécanismes de soutien institutionnel, le financement étant principalement alloué à des organisations multilatérales et à des organisations de la société civile. Toutes les initiatives du Ministère étaient des interventions de type projet, financées par des subventions ou des contributions, et comprenaient des programmes avec des OSC, des ONGI, des OM (programmes multi-bilatéraux) et des organisations locales.
Constat 16 : Bien qu'il ait été démontré qu'une diversité des partenariats apportait une valeur ajoutée à la mise en œuvre des programmes en SDSR, il y a eu une occasion manquée dans le cadre du mécanisme de sélection initié par le Ministère pour choisir stratégiquement des partenaires sur la base de leurs capacités à produire des résultats pertinents en matière de SDSR et à soutenir la pérennité des résultats.
AMC s’est associé à un large éventail de types d’organisations pour offrir des programmes axés sur la SDSR dans le cadre de SVSC et de l’Engagement de 10 ans au moyen d’une aide au développement multilatérale et bilatérale. Parmi les partenaires figuraient des organisations de la société civile (OSC) canadiennes, des OSC étrangères (y compris des OSC internationales, régionales et locales), des institutions gouvernementales, des organisations multilatérales (OM) et des acteurs du secteur privé. De multiples sources de données probantes ont fortement validé l’importance de disposer d’une diversité de types de partenariats pour la mise en œuvre des programmes en SDSR (annexe 11).
Toutefois, les données des études de cas, la revue des documents, les entrevues et l’examen du processus de sélection des partenariats de l’évaluation ont mis en évidence que les partenaires n'étaient pas toujours choisis sur la base de leur expérience et de leur capacité avérée à documentée obtenir des résultats dans des secteurs spécifiques en matière de santé sexuelle et reproductive et des contextes opérationnels. Il est ressorti que les décisions relatives aux partenariats étaient fortement liées à la pression constante exercée pour atteindre les objectifs financiers, ce qui a souvent conduit les responsables de programme à s'appuyer sur leurs relations antérieures avec des organisations bien établies afin de débourser rapidement les fonds.Note de bas de page 17 En outre, les documents et les entretiens ont révélé une politique de priorité consistant à orienter les investissements dans le domaine de la SDSR vers les organisations canadiennes. Enfin, les obstacles institutionnels ont limité la capacité du Ministère à rechercher des organisations locales moins connues et à établir des partenariats avec elles (voir annexe 11).
Les données disponibles ont révélé une opportunité concrète de sélectionner les partenaires de manière plus stratégique. Une part importante du financement de SVSC et de l’Engagement de 10 ans a été acheminée au moyen du mécanisme de financement d’initiative ministérielle (figure 16.1). L’un des éléments clés d’un projet d’initiative ministérielle était que le Ministère identifie à la fois les résultats escomptés et l’organisation la mieux à même de les atteindre. Dans le cadre du Processus de programmation autorisé (PPA) pour la programmation des initiatives ministérielles, la capacité des partenaires a été officiellement examinée lors de la phase d’évaluation, lorsque l’Outil d’évaluation du risque fiduciaire (OERF) était appliqué. L’équipe d’approbation devait tenir compte des données relatifs à la capacité, l’expérience et la réputation des bénéficiaires potentiels (et de leurs partenaires locaux) par rapport à l’initiative financée avant approbation. Toutefois, plusieurs sources de données ont révélé que cela n’était pas fait de manière systématique. L’examen du processus de sélection des partenariats a mis en évidence des cas où la capacité, l’expérience et la réputation des bénéficiaires retenus (et de leurs partenaires locaux) n’étaient pas suffisamment documentées pour évaluer avec précision leurs aptitudes à produire des résultats dans des domaines spécifiques à la SDSR. Les entrevues et les données ressorties des études de cas ont également fourni des exemples clairs où il y avait un décalage entre la capacité d’un partenaire sélectionné et l’initiative financée en matière de SDSR.
De plus, comme l’indique le constat 13, les spécialistes en santé mondiale et en SDSR n’ont pratiquement pas été invités par les CEP à participer au processus de planification ou de conception des projets d’initiatives ministérielles, y compris lorsqu’il s’agissait de définir les résultats attendus dans la lettre d’invitation et de choisir un partenaire approprié. Compte tenu des divers niveaux de connaissances, de compréhension et d’expériences des CEP dans des enjeux relatifs à la SDSR, le manque d’implication des spécialistes d’YSD à ce mécanisme de sélection a été signalée par de nombreux répondants comme une occasion manquée.
Mesure du rendement
Gestion axée sur les résultats (GAR)
Selon le document « concept et directives de l’architecture des résultats en matière d’aide internationale (ARAI) », un facteur de réussite indispensable pour une gestion axée sur les résultats efficace au niveau méso (c'est-à-dire au niveau du programme/portefeuille) consiste à bien définir les responsabilités. Une bonne gestion axée sur les résultats nécessite notamment :
- un cadre des résultats au niveau du portefeuille [par exemple, un modèle logique (ML), une théorie du changement (TdC), un cadre de mesure du rendement CMR)],
- une surveillance fondée sur des données probantes afin de mesurer le progrès vers l’atteinte des résultats escomptés ,
- l'établissement de rapports sur les progrès accomplis et la prise de mesures correctives, le cas échéant
Figure 17.1 : Principaux investissements de YSD dans la recherche sur la production de données probantes
- Center for Reproductive Rights : 6 millions $, de 2023-2024 à 2024-2025
- Guttmacher Institute : 6 millions $, de 2023-2024 à 2026-2027
- Human Reproduction Special Programme (HRP) : 33 millions $, de 2023-2024 à 2024-2025
- Université de Toronto: 75 millions $, de 2025 - à déterminer
Constat 17 : Bien que les pratiques de mesure du rendement en matière de SDSR se soient améliorées depuis 2017, la reddition de comptes est restée fortement axée sur les aspects financiers et l’attention accordée aux résultats est demeurée limitée. Cette situation a entravé la capacité du Ministère à présenter un portrait cohérent des résultats en matière de SDSR et à gérer les résultats conformément au cadre de responsabilité de l’Engagement de 10 ans et aux orientations du Ministère en matière de gestion axée sur les résultats (GAR).
Les défis de mesure du rendement pour les investissements en santé mondiale d’AMC ont été reconnus dans l’Évaluation de l’Initiative sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants 2019 et ont continué à limiter la capacité du Ministère à mesurer les résultats en matière de SDSR et à en rendre compte tout au long de l’initiative SVSC et dans le cadre de l’Engagement de 10 ans.Note de bas de page 18
Cependant, entre 2020-2021 et 2022-2023, YSD a appuyé le développement d’outils et de processus de mesure du rendement visant à renforcer la responsabilité et la transparence du Ministère pour ses investissements en matière de SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. En 2020, YSD a élaboré le cadre de responsabilisation en collaboration avec des intervenants externes du domaine de la santé mondiale, notamment des partenaires de la société civile canadienne et des établissements universitaires. Le cadre de responsabilité a été conçu pour soutenir l’Engagement de 10 ans dans trois domaines clés :
- Responsabilisation et transparence;
- Gestion axée sur les résultats;
- Prise de décisions éclairée.
En 2020-2021, YSD a également créé de nouveaux IRC en matière de santé et de nutrition au niveau des projets et a depuis mené un exercice annuel de collecte de données avec divers partenaires. Au moment de l’évaluation, les données relatives aux IRC au niveau des projets étaient disponibles pour la période 2020-2021 à 2022-2023. Enfin, depuis 2020, YSD a publié trois rapports annuels sur l’Engagement de 10 ans. L’étude de cas et les entrevues ont montré que le soutien d’YSD a amélioré la capacité interne du Ministère à collecter des données sur le rendement des projets en matière de SDSR. Toutefois, le rapport annuel sur l’Engagement de 10 ans était fortement axé sur les rapports financiers et accordait peu d’attention aux résultats en matière de SDSR. En outre, la collecte de données annuelles sur les IRC n’a pas été systématiquement exploitée pour informer la haute direction afin d’éclairer la prise de décision fondée sur des données probantes au niveau du portefeuille. Les données des IRC au niveau des projets ont démontré la portée globale des interventions SDSR financées par AMC au cours d'une année fiscale donnée, mais n'étaient pas destinées à mesurer la performance des projets individuels au fil du temps. Les données des IRC n'ont pas suffi à elles seules à raconter une histoire complète des résultats au niveau du programme/portefeuille SDSR.
De plus, malgré l’élaboration de ces outils et de ces processus de mesure du rendement, il n’y avait pas de plan officiel de surveillance, d’évaluation et d’apprentissage (SEA) associé aux investissements du Ministère à l’égard de la SDSR et de l’Engagement de 10 ans. Bien que le cadre de responsabilisation ait été approuvé par la haute direction d’AMC, il n’a jamais été doté de ressources suffisantes. YSD s’est plutôt concentré sur le suivi financier et la planification des investissements. Contrairement à d’autres programmes thématiques comme Voix et leadership des femmes (VLF), YSD ne disposait pas d’un mandat programmatique officiel, d’un plan de SEA chiffré ou d’une stratégie de ressourcement (Constat 13) pour gérer efficacement les résultats en matière de SDSR conformément aux orientations de GAR au niveau méso (programme/portefeuille) (voir l'encadré). En l’absence de ressources consacrées à la SEA pour la santé et les droits sexuels et reproductifs et de mécanisme permettant de relier ces outils aux agents de programme et à leurs partenaires, l’utilisation concrète du cadre de responsabilisation a été limitée.
Les intervenants internes et externes ont manifesté un vif intérêt pour les résultats en matière de SDSR. Depuis 2021, YSD s’est efforcé de financer des services de recherche et de suivi pour les programmes du Ministère axés sur la santé et les droits sexuels et reproductifs mais les ressources consacrées à la SEA sont restées limitées (figure 17.3).
Le codage financier des domaines de la SDSR sous l’Engament de 10 ans
Constat 18 : Les pratiques de codage relatives à la SDSR se sont améliorées depuis 2017, grâce à l’élaboration d’une formation sur le codage de l’Engagement de 10 ans et d’orientations connexes. Cependant, les erreurs de codage sont restées un problème, nuisant à la capacité du Ministère à assurer un suivi précis des investissements en matière de SDSR et à en rendre compte.
Les investissements en matière de SDSR ont fait l’objet d’un suivi thématique à l’aide de la méthode de codage de l’Engagement de 10 ans d’AMC, basée sur les codes sectoriels du CAD de l’OCDE. Les codes sectoriels ont été initialement saisis par les CEP lors de la conception du projet dans le Libre-service de projets du Système financier et administratif et devaient être mis à jour régulièrement. Le codage sectoriel était la principale source de données du Ministère pour la planification, le suivi et la production de rapports sur ses investissements en aide internationale. Il a également servi d’important mécanisme de reddition de comptes en ce qui concerne les contributions financières du Ministère à l’égard de l’Engagement de 10 ans et a été un intrant essentiel permettant à la haute direction de prendre des décisions financières éclairées.
L’application du codage sectoriel pour la santé et les droits sexuels et reproductifs était décentralisée et, bien que les CEP disposaient de directives générales de codage sectoriel, celles-ci n’étaient pas propres à la SDSR. Reconnaissant ces lacunes, en 2020-2021, la Direction générale de la santé mondiale et des systèmes alimentaires (YSD) a élaboré des directives de codage et a fourni une formation sur mesure aux responsables, ce qui a amélioré leurs capacités et contribué à renforcer la responsabilité et la transparence du Ministère pour ses investissements en matière de SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans. YSD a également élaboré de nouveaux codes sectoriels pour les domaines négligés afin de mieux rendre compte de ces investissements respectifs.
Cependant, malgré ces améliorations, plusieurs sources de données d’évaluation ont révélé des erreurs de codage persistantes, limitant la capacité du Ministère à suivre de manière fiable ses investissements en matière de SDSR. En mars 2023, un total de 459 projets dans le domaine de la SDSR totalisant près de 1,6 milliard $ de décaissements avaient été financés. En 2023, un examen interne du codage des investissements d’AMC au chapitre de la SDSR a révélé que 51 projets (soit au moins 11 % du total des projets) étaient mal codés, dont 18 projets portant sur la VSFG. Les erreurs de codage allaient de l’attribution de codes relatifs à la SDSR à des projets dans un tout autre domaine et vice-versa, à l’attribution de codes erronés à des projets dans les différents domaines de la santé mondiale et de la SDSR. Au cours des dernières années, la haute direction du Ministère a également reconnu que le codage nécessitait plus d’attention et d’amélioration.
Les données de l’évaluation ont révélé que les erreurs de codage les plus courantes en matière de SDSR découlaient d’interprétations incohérentes du modèle logique (ML), c’est-à-dire l’utilisation d’activités de projet plutôt que de résultats pour attribuer initialement des codes sectoriels dans le SAP. Ces erreurs courantes étaient liées à l’absence de formation formelle sur le codage à l’échelle du Ministère pour les CEP et au soutien limité des spécialistes de YSD lors de l’examen des ML en vue de l’attribution des codes sectoriels. De plus, le codage initial n’était pas révisé de façon systématique pendant la mise en œuvre. Bien que cette situation ait été attribuée à la charge de travail toujours lourde des CEP, les répondants ont également noté que la pression pour atteindre les objectifs financiers a créé une réticence à « recoder » les initiatives après la conception du projet, de peur de ne pas atteindre les objectifs d’engagement si le codage changeait.
Conclusions, considérations et recommandations
Conclusions
Forte pertinence par rapport aux besoins des intervenants
Depuis 2017, et catalysée par la PAIF, la transition d’AMC de la SMNE à la SDSR s’inscrit dans un changement de paradigme, où le modèle de programmation traditionnel de prestation de services est délaissé en faveur d’une approche plus complète et fondée sur les droits. Tout au long de l’initiative SVSC et de l’Engagement de 10 ans, les investissements d’AMC dans le domaine de la SDSR ont toujours été alignés sur ses priorités politiques dans le cadre de la PAIF, ainsi que sur ses objectifs financiers et de défense des intérêts. Dans les pays ayant fait l’objet d’une étude de cas, la programmation a soutenu les programmes nationaux des gouvernements partenaires en matière de santé et de SDSR et a largement reflété les besoins et les priorités des titulaires de droits et de leur communauté. En outre, les partenaires ont fait preuve d’un engagement croissant en faveur de l’intersectionnalité, bien que les efforts visant à répondre aux besoins des groupes marginalisés variaient selon les contextes et dépendaient de la sélection de partenaires appropriés.
Manque d’uniformité des programmes fondés sur des données probantes
L’approche d’AMC en matière de SDSR était fondée sur des données probantes au niveau stratégique/politique. Toutefois, les données et les résultats mondiaux n’ont pas été utilisés de manière uniforme pour éclairer les décisions relatives aux programmes de SDSR. Les données ont révélé que les projets n’étaient pas toujours sélectionnés sur la base de données globales et que les partenaires chargés de la mise en œuvre n’étaient pas toujours choisis en fonction de leur expérience et de leur capacité avérée à produire des résultats spécifiques en matière de SDSR. Outre les considérations de capacités et d’autres critères, les décisions financières étaient fortement liées aux pressions exercées pour atteindre les objectifs financiers et à la priorité accordée par la haute direction au financement des organisations canadiennes. Les données ont également montré que les connaissances, la compréhension et l’expérience des CEP en matière de SDSR n’étaient pas uniformes, ce qui souligne la nécessité d’une participation plus systématique des spécialistes dans le cycle de programmation afin de mieux informer les décisions de programmation basées sur des données probantes. En outre, le Ministère a donné la priorité à la mesure et à l’établissement de rapports sur les aspects financiers de sa programmation en matière de SDSR, en accordant une attention moindre aux résultats. Ces éléments, combinés à l’absence de mandat programmatique pour YSD, ont limité la capacité du Ministère à gérer efficacement les résultats en matière de SDSR, à maximiser le rapport cout-efficacité et à démontrer la valeur de ses investissements en SDSR.
Leadership et résultats manifestes dans un contexte difficile
Durant la période de l’évaluation, les initiatives en matière de SDSR étaient de plus en plus confrontées à des mouvements d'opposition socio-politiques, à des crises mondiales, à des bouleversements géopolitiques et au retrait de financements de la part des donateurs. Malgré ce contexte difficile, les études de cas ont montré que la programmation financée par AMC ont atteint des résultats, notamment en contribuant à accroître l’accès aux services de SSR, à améliorer les pratiques et les comportements sains en matière de SDSR et à renforcer la capacité des gouvernements et de la société civile à promouvoir et à protéger la santé et les droits sexuels et reproductifs. En outre, le Canada a joué un rôle important dans l’écosystème dynamique de la SDSR. Il a fait preuve d’un solide leadership et déployé des efforts constants pour collaborer, créer des synergies et réduire au minimum les dédoublements avec d’autres acteurs dans le domaine de la SDSR, tant à l’échelle mondiale qu’à l’échelle nationale.
Défis internes en matière d’efficience
YSD était chargé de la politique relative à la SDSR dans le cadre de l’Engagement de 10 ans et a fourni un soutien technique et consultatif en matière de programmation et de coordination, améliorant ainsi la capacité du Ministère à mettre en œuvre sa programmation. Cependant, il ne s’agissait pas d’un programme officiel d’AMC et, en dehors de son rôle au sein de la structure de gouvernance de la santé mondiale, il ne disposait pas d’une autorité officielle au niveau du programme et du portefeuille pour gérer stratégiquement la planification et la mise en œuvre des initiatives en matière de SDSR. En outre, si la structure de gouvernance en matière de santé mondiale a favorisé la responsabilisation et orienté la planification des investissements, elle n’a fourni qu’une orientation stratégique limitée en ce qui concerne la cohérence et les résultats de la programmation en SDSR. Enfin, il manquait des directives opérationnelles en matière de SDSR pour l’Engagement de 10 ans visant à relier et à assurer une cohérence entre les priorités politiques et les objectifs de programmation et de plaidoyer en SDSR. Ces éléments, combinés aux pressions constantes exercées pour atteindre les objectifs financiers, ont entraîné une décentralisation de la prise de décision, des problèmes de coordination et des cas de fragmentation de la programmation en matière de SDSR.
Considérations
Le leadership mondial du Canada en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs
De multiples sources de données ont démontré le leadership soutenu du Canada en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs depuis 2017, ce qui lui a valu une réputation de chef de file et de défenseur de droits respecté à l'échelle mondiale. Ce leadership s’est manifesté de façon particulièrement marquée dans la programmation visant des domaines historiquement mal desservis, tels que les soins complets en matière d'avortement et l'éducation complète à la sexualité. Dans un écosystème SDSR en constante évolution, caractérisé par un contexte socio-politique et économique mondial dynamique et souvent difficile, notamment en raison de retraits des donateurs traditionnels en matière de SDSR, AMC est bien positionné pour tirer parti de son expertise et de son expérience en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs.Note de bas de page 19
(appuyée par les constats 6, 7 et 11)
Promouvoir un développement mené localement
Les constats de l’évaluation de la programmation SDSR d’AMC s’alignent sur les deux publications récentes du CAD de l’OCDE [Examen par les pairs (2025) et Voies vers une coopération en matière de développement efficace et menée localement (2024)] qui ont clairement articulé le rôle central joué par les acteurs locaux dans l’atteinte de résultats relatifs à l’aide internationale et pour assurer leur pérennité. À l’avenir, le Ministère devrait envisager de formuler clairement ses objectifs généraux en matière de leadership et d’appropriation locale dans l’aide internationale.
Pour ce faire, le Ministère pourrait prioriser et renforcer les efforts entrepris par la direction de la Planification de la politique d’aide internationale (RVP) dans le but de :
- Formuler une définition claire et opérationnelle du développement dirigé localement pour le Ministère
- Décrire l’approche du Canada en matière de développement dirigé localement, y compris les objectifs et les principes.
- Élaborer des conseils de mise en œuvre pour les responsables de programme, y compris les meilleures pratiques et les étapes à suivre pour mieux intégrer le développement dirigé localement dans leur portefeuille d’aide internationale.
(appuyée par les constats 10 et 16)
Recommandations
1. YSD, avec le soutien de YOD, devrait veiller à ce que le soutien technique spécifique à la SDSR et à la santé mondiale soit systématiquement intégré dans le cycle de programmation des subventions et contributions afin de guider la planification et la mise en œuvre de la programmation en matière de SDSR financée par AMC.
Le soutien technique pourrait inclure :
- fournir une expertise technique et des conseils stratégiques spécifiques à la SDSR afin de soutenir les CEP à des moments clés du cycle de programmation.
- offrir des connaissances spécifiques à la SDSR pour soutenir l’excellence dans l’élaboration des programmes.
- participer à des conversations et à des communautés de pratique dans le domaine de la SDSR, tant au sein du Ministère qu’à l’externe.
- les expertises internes et/ou des ressources externes pertinentes, en fonction des besoins du Ministère et du contexte.
(appuyée par : les constats 5, 13, 16, 17 et 18)Note de bas de page 20
2. Afin de mieux démontrer une optimisation des ressources, YSD devrait accorder une priorité à la mesure et au rapportage des résultats au niveau des programmes et du portefeuille en SDSR.
Cela pourrait inclure :
- des orientations en matière de programmation fondées sur des données probantes (partage des meilleurs pratiques, des leçons apprises et des données probantes mondiales).
- des stratégies et/ou des approches novatrices permettant au Ministère de mesurer les changements réels dans tous les domaines de la SDSR. Cela permettrait d’aller au-delà des données sur les « extrants » et de la « portée » et de réexaminer la manière de tirer parti du rapportage des partenaires.
- des points d’entrée clairs au sein de la structure de gouvernance de la santé mondiale afin de s’assurer que les données probantes sur les résultats sont utilisées de façon à informer l’ « orientation stratégique » de la planification et de la mise en œuvre de la programmation en SDSR et pour mieux gérer les résultats.
(appuyée par les constats 5, 8, 9, 10, 11, 13, 14, 17 et 18)
3. YSD devrait élaborer une approche fondée sur des données probantes pour la sélection des projets et des partenaires afin de mettre en œuvre et d’améliorer le rapport coût-efficacité de la programmation en SDSR.
Cette approche pourrait :
- donner la priorité aux projets dont la conception et la mise en œuvre s’appuient clairement sur des données probantes mondiales qui reflètent le défi identifié en matière de SDSR ainsi que les besoins et priorités particuliers des groupes de titulaires de droits.
- donner la priorité aux partenariats en fonction de l’expérience des organisations, de leurs capacités avérées à produire des résultats (sur la base de données probantes) et à assurer leur viabilité.
- maximiser la valeur des différents types de partenariats, en fonction de la priorité spécifique identifiée en matière de SDSR et du contexte politique, social et culturel du pays bénéficiaire.
- veiller à ce que les connaissances, les capacités et les expériences pertinentes au niveau local soient considérées comme une priorité absolue dans la sélection des partenaires.
- tenir compte de tous les facteurs et conditions locaux susceptibles d’avoir un impact sur les résultats (politiques, économiques, culturels) dans les critères de sélection des projets et des partenaires.
- tirer parti du soutien technique en matière de SDSR (p. ex., des spécialistes de la santé mondiale et de la SDSR) pour les mécanismes de financement mis en place par le Ministère et les processus concurrentiels tels que les appels de propositions, afin de garantir que les bons projets et partenaires sont sélectionnés pour offrir des programmes de SDSR fondés sur des données probantes.
(appuyée par les constats 3, 4, 5, 9, 10, 13 et 16)
4. YSD devrait élaborer des directives opérationnelles en matière de SDSR qui favorisent la cohérence entre tous les centres de responsabilité au sein du Ministère et renforcent l’efficience interne.
Cela pourrait inclure :
- des objectifs clairement définis pour les investissements du Ministère dans le domaine de la SDSR, conformément à l’orientation de la politique de santé mondiale du gouvernement.
- des rôles et des responsabilités clairs pour les centres de responsabilité en matière de SDSR au sein du Ministère.
- des étapes et des mécanismes clairs pour soutenir les efforts de coordination entre tous les centres de responsabilité, en particulier pour améliorer les synergies entre les missions et l’administration centrale, ainsi qu’entre les parties prenantes des divers centres de responsabilité en matière d’ECS et d’éducation et de lutte et prévention contre la VSFG.
- assurer que les missions disposent du niveau d’autorité approprié pour planifier, gérer et mettre en œuvre des programmes de SDSR propres aux pays, en phase avec d’autres domaines de programmation de la mission et en coordination avec les programmes gérés par l’administration centrale.
- des rôles et des responsabilités plus clairs pour les comités de la structure de gouvernance en santé mondiale afin de soutenir leur mandat consistant à fournir une « direction stratégique » pour la planification et la mise en œuvre des programmes de SDSR.
- des points d’entrée pour le soutien technique en matière de SDSR (p. ex., spécialistes de la santé mondiale et de la SDSR)
(appuyée par les constats 1, 13, 14 et 15)
Annexes
Annexe 1: Calendrier des engagements en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs

Version texte - Annexe 1
| Période | Financement | Étape importante / événement |
|---|---|---|
| 2010-2015 | SMNE 1.0: 2,85 milliards $ | 2010 : Sommet du G8, Muskoka (SMNE |
| 2015-2020 | SMNE 2.0: 3,5 milliards $ | 2014 : Sommet de Toronto (SRMNEA+N) |
| SDSR Sa voix, son choix : 650 millions $ (2017-2020) | 2019 : Women Deliver (SDSR) | |
| 2020-2030 | Engagement de 10 and en matière de santé et de droits dans le monde : 1,4 milliards par ans | 2024-2025 : Évaluation SDSR d’AMC |
Annexe 2.1 : Analyse des projets SDSR de 2017-2018 à 2023-2024
Entre 2017-2018 et 2023-2024, les investissements d’AMC en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs ont permis de soutenir 435 projets*, d'une valeur totale de 1,4 milliard $, mis en œuvre par un large éventail d'organisations partenaires.
Tableau 1 : Statistiques sommaires
| Nombre total de projets | 435 |
| Valeur totale | 1,4 milliards $ |
| Valeur moyenne | 3,2 millions $ |
| Valeur médiane | 1 million $ |
Tableau 2 : Statistiques sommaires
| Fourchette de pourcentage | Fourchette de valeur des projets |
|---|---|
| 90–100 | 9,8 millions $ - 41 millions $ |
| 80–90 | 4,2 millions $ - 9,8 millions $ |
| 70–80 | 3 millions $ - 4,2 millions $ |
| 60–70 | 1,8 millions $ - 3 millions $ |
| 50–60 | 1 million $ - 1,8 million $ |
| 40–50 | 700 000 $ - 1 million $ |
| 30–40 | 414 000 $ - 700 000 $ |
| 20–30 | 251 000 $ - 414 000 $ |
| 10–20 | 98 000 $ - 251 000 $ |
| 0-10 | 2 000 $ - 98 000 $ |
Tableau 3 : Engagement des partenaires dans les projets liés aux SDSR**
| Type de partenaire | Nombre de projets | Total des décaissements |
|---|---|---|
| Société civile (canadienne) | 241 | 596 millions $s $ |
| Multilatéral | 90 | 473 millions $ |
| Secteur privé (canadien) | 86 | 7,5 millions $ |
| Société civile (étrangère) | 78 | 295 millions $ |
| Secteur privé (étranger) | 14 | 4,7 millions $ |
| Gouvernement (étranger) | 7 | 14,5 millions $ |
| Gouvernement (canadien) | 2 | 7 millions $ |
* Les projets comprenaient tous les types d'interventions uniques de type projet, couvrant toute la gamme de types de partenaires, de types de financements et de mécanismes de sélection.
** Types de partenaires non présentés : ceux codés comme « à déterminer » dans les systèmes internes d’AMC (n = 33 ; 11,3 millions de dollars).
Principales conclusions de l'analyse du projet
- Près de la moitié des investissements totaux d’AMC en matière de SDSR entre 2017-2018 et 2023-2024 ont été consacrés à des interventions de type projet.
- Les projets couvraient une large gamme de valeurs, allant de projets de suivi d'un montant aussi modeste que 2 000 $ à des projets multinationaux de plusieurs millions de dollars impliquant de grandes organisations internationales et des agences des Nations unies.
- La valeur de la majorité des projets (70 %, n = 305) se situaient entre 98 000 $ et 4,2 millions $.
- Les 10 % des projets dont la valeur était la plus élevée variaient entre 9,8 millions $ et 41 millions $ et représentaient 51 % du total des décaissements pour l’ensemble des interventions de type projet.
- La société civile canadienne été impliquée dans plus de la moitié des projets (55 %) et a reçu 42 % de l’ensemble des décaissements liés aux projets.
- Les partenaires multilatéraux été impliqués dans un nombre de projets plus restreint (21 %), mais ont néanmoins reçu 34 % de l'ensemble des décaissements liés aux projets.
- La société civile étrangère figurait parmi les principaux choix de partenaires, participant à 18 % des projets et recevant 21 % des décaissements.
- Bien que le secteur privé canadien (principalement des firmes de consultance) ait été associé à un nombre important de projets (20 %), il a reçu moins de 1 % de l'ensemble des décaissements liés aux projets.
Annexe 2.2: Les 10 principaux pays bénéficiaires du financement SDSR de 2017-2018 à 2023-2024

Version texte - Annexe 2.2
Carte du monde indiquant les bénéficiaires des programmes de santé sexuelle et reproductive (SDSR) par région et les 10 premiers pays pour la période allant de 2017-2018 à 2023-2024 :
Régions :
- Afrique : 1,9 milliards $
- Asie : $458 millions $
- Amériques : 344 millions $
- Moyen-Orient : 171 millions $
- Europe: 48 millions $
Principaux pays:
- Mozambique (248 millions $)
- Tanzanie (145 millions $)
- Éthiopie (130 millions $)
- Bangladesh (124 millions $)
- RD du Congo (111 millions $)
- Soudan Sud (95 millions $)
- Nigeria (93 millions $)
- Mali (91 millions $)
- Ghana (75 millions $)
- Haïti (72 millions $)
Annexe 3: Structure de gouvernance de la programmation en santé mondiale
Structure de gouvernance – L’Engagement de 10 ans en matière de santé et de droit dans le monde

Version texte - Annexe 3
Cette figure illustre la structure hiérarchique de gouvernance de l’Engagement de 10 ans.
Au sommet se trouve le sous-ministre (DME).
Relevant du sous-ministre se trouve le Comité de SMA (réunions au besoin), présidé par YFM.
Sous le Comité de SMA se trouvent les réunions des DG/directeurs(trice), qui entretiennent une relation de reddition de comptes bidirectionnelle avec le Comité.
Sous les réunions des DG/directeurs(trice) se trouvent les réunions des agent(e)s de coordination, qui ont lieu chaque mois et relèvent des réunions des DG/directeurs.
La Communauté de pratique, qui se réunit tous les deux mois, entretient une relation bidirectionnelle d’échange d’information avec les réunions des agent(e)s de coordination.
La Santé mondiale - politique, coordination et communications (Secrétariat de MNG) assure en continu des fonctions de coordination et de communication à l’appui des réunions des agent(e)s de coordination et de la Communauté de pratique.
Annexe 4.1: Étude de cas de la Colombie
Décaissements d’AMC en matière de SDSR sous SVSC et l’Engagement de 10 ans en Colombie, 2017-2018 à 2023-2024 (26 millions $) *
*Les domaines non mentionnés dans le graphique dont les montants étaient inférieurs à un million $ comprenaient la politique démographique et la gestion administrative (227 000).

Version texte - Annexe 4.1
Diagramme circulaire présentant la répartition des principaux secteurs liés à la SDSR dans le cadre des décaissements d'AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans en Colombie, de 2017-2018 à 2023-2024, pour un montant total de 26 millions de dollars.
| Secteurs SDSR | Montant |
|---|---|
| Éducation sexuelle complète (ESC) | 6 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR et réforme | 5 millions $ |
| VSFG | 4 millions $ |
| Formation de personnel | 3 millions $ |
| Planification familiale | 3 millions $ |
| Soin de santé reproductive | 2 millions $ |
| Assistance matérielle | 1 millions $ |
| Atténuation des MST | 1 millions $ |
| Services d’avortement et de prestation de soins post-avortement | 1 millions $ |
| Autre (incluant la politique démographique et la gestion administrative) | 227 000 $ |
Le Canada en Colombie
Au-delà de son rôle de donateur, le Canada a été considéré comme un acteur stratégique dans la promotion de la SDSR grâce à un engagement étroit avec les partenaires, une participation active dans les espaces de plaidoyer et un soutien diplomatique, conférant une légitimité aux questions sensibles. Cette approche basée sur la confiance et la collaboration a renforcé l'influence, bien que les participants interrogés aient indiqué qu'une plus grande coordination et un plaidoyer soutenu pourraient permettre d'exploiter davantage le potentiel de leadership du Canada.
L'écosystème SDSR de la Colombie
Au cours de la période d'évaluation, la Colombie a réalisé des avancées significatives en matière de SDSR, ce qui la place parmi les pays les plus progressistes d'Amérique latine. Cependant, l'accès reste inégal, en particulier dans les zones rurales et les régions touchées par le conflit. La mortalité maternelle a diminué, mais la fécondité des adolescentes, les unions précoces, les violences sexuelles et les obstacles à l'avortement sans risque ont persisté, soulignant la nécessité de renforcer les systèmes de santé et de mettre en place des programmes tenant compte des spécificités de chaque sexe.
Le paysage de la SDSR en Colombie a été façonné par un large éventail d'acteurs. Le leadership institutionnel a été principalement assuré par le ministère de la Santé et de la protection sociale, avec le soutien d'autres ministères et d'entités infranationales. Une grande partie des progrès réalisés dans le domaine de la santé et des droits sexuels et reproductifs sont le fruit des efforts d'organisations féministes et d'organisations de la société civile bien organisées. Alors que des décennies de conflit armé ont eu un impact significatif sur les droits des femmes et des filles, les réformes post-conflit ont inauguré une nouvelle ère de mouvements féministes locaux et dirigés par des jeunes, élargissant ainsi la portée et l'inclusivité des efforts en matière de SDSR dans tout le pays.
Programmation SDSR financée par AMC en Colombie
Entre 2017-2018 et 2023-2024, AMC a investi 26 millions $ dans la programmation SDSR en Colombie, couvrant 11 domaines thématiques (voir encadré). Ces initiatives se sont concentrées sur l'élargissement de l'accès à des services de SSR inclusifs, équitables et non discriminatoires, y compris pour les populations vulnérables dans les communautés mal desservies, et ont été alignées sur les priorités nationales, y compris le Plan national de développement 2022-2026 (voir l'annexe 5).
Depuis 2017, AMC a adopté une approche à plusieurs niveaux pour la programmation en matière de SSR, en établissant des partenariats avec des organisations multilatérales, des ONG canadiennes, des OSC étrangères (voir annexe 11), y compris une OSC locale. Cette approche a été renforcée par la coordination avec d'autres donateurs et le financement de complémentarité de ces derniers, qui ont élargi la portée des initiatives de ECS et de prise en charge des migrants (voir encadré).
Les partenaires ont répondu aux besoins exprimés par les détenteurs de droits en matière de contraception, de soins complets en cas d'avortement, de soutien à la santé périnatale et menstruelle, de prévention de la VFG et d'autonomisation des femmes et des jeunes. Les initiatives financées ont également ciblé les groupes marginalisés - tels que les femmes migrantes, les communautés indigènes et afro-descendantes - et ont permis de couvrir les régions mal desservies, en particulier les zones frontalières et les municipalités identifiées dans les plans départementaux comme des zones prioritaires présentant des taux élevés de grossesse chez les adolescentes, de mortalité maternelle et de violence liée au sexe.
Bien que les initiatives financées par AMC aient complété les agendas nationaux et soutenu les efforts locaux, des difficultés ont persisté pour répondre aux besoins des principales parties prenantes, y compris les groupes vulnérables (voir l'encadré). La programmation dans les territoires autochtones s'appuyait fortement sur des modèles adaptés et n'avait pas évolué vers des approches culturellement co-créées qui reflétaient pleinement les visions du monde et les pratiques autochtones.
Résultats en matière de SDSR en Colombie
Les interventions en matière de SDSR financées par AMC en Colombie ont amélioré la prestation de services et élargi l'accès à des services complets de santé sexuelle et reproductive dans les zones urbaines et rurales. Les activités ont également renforcé la capacité des travailleurs de la santé à fournir des services fondés sur les droits et tenant compte des spécificités de chaque sexe. Par exemple, le projet « EmpowHER » a facilité l'accès de 13 915 jeunes de moins de 25 ans à 19 cliniques, leur offrant des conseils, des contraceptifs, des soins contre la violence sexuelle et sexiste et des vaccinations contre le papillomavirus et les infections sexuellement transmissibles. Il a également organisé 28 ateliers techniques, formant 121 professionnels en Colombie et au Pérou sur des sujets spécialisés en matière de santé sexuelle et reproductive.
Les projets financés par la AMC dans le pays ont également contribué à modifier les normes sociales et à influencer les changements de comportement positifs autour des questions liées à l'égalité des sexes, à l'éducation sexuelle et au rejet de la violence sous toutes ses formes. Par exemple, des initiatives telles que « Valiente » (entre autres) ont contribué à réduire la stigmatisation liée à la menstruation, à donner aux jeunes les moyens de défendre leur droit à l'autonomie corporelle et à introduire des révisions fondées sur les droits dans les programmes et les manuels scolaires.
Au niveau réglementaire et institutionnel, les efforts de plaidoyer des partenaires ont influencé les politiques publiques afin de renforcer les droits reproductifs dans le pays. Parmi les réalisations notables, citons l'adoption de la loi 2344 en 2025 - défendue par les partenaires d’AMC - qui interdit le mariage des enfants et les unions précoces en portant l'âge minimum légal du mariage à 18 ans sans exception, ce qui constitue une avancée majeure pour la protection des enfants et l'égalité des sexes, en particulier au sein des communautés indigènes et afro-colombiennes. En outre, le Centre for Reproductive Rights (« Centre pour les droits reproductifs ») a joué un rôle clé dans l'adoption de l'arrêt C-055 en 2022, qui vise à protéger juridiquement les filles et les adolescentes victimes de violences sexuelles et de grossesses forcées.
Malgré des progrès positifs, la programmation en matière de SDSR s'est déroulée dans des contextes dynamiques et parfois difficiles, et les données d'évaluation ont mis en évidence des facteurs clés qui ont affecté la réalisation et la durabilité des résultats en matière de SDSR en Colombie (voir l'encadré).
Facteurs influant sur la pertinence [de la programmation] par rapport aux besoins SDSR des titulaires de droits
| Facilitateurs | Obstacles |
|---|---|
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Facteurs affectant la réalisation des résultats en matière de SDSR
| Facilitateurs | Obstacles |
|---|---|
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Annexe 4.2: Étude de cas de la Côte d'Ivoire
Décaissements d’AMC en matière de SDSR sous SVSC et l’Engagement de 10 ans en Côte d’Ivoire, 2017-2018 à 2023-2024 (39 millions $) *
*Les domaines non mentionnés dans le graphique dont les montants étaient inférieurs à un million $ comprenaient l'atténuation sociale du VIH/sida (16 000 $).

Version texte - Annexe 4.2
Diagramme circulaire présentant la répartition des principaux secteurs liés à la SDSR dans le cadre des décaissements d'AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans en Côte d’Ivoire, de 2017-2018 à 2023-2024, pour un montant total de 39 millions de dollars.
| Secteurs SDSR | Montant |
|---|---|
| Atténuation des MST | 10 millions $ |
| Soin de santé reproductive | 7 millions $ |
| Planification familiale | 6 millions $ |
| Formation de personnel | 5 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR et réforme | 4 millions $ |
| Politique en matière de population | 3 millions $ |
| VSFG | 2 millions $ |
| Éducation sexuelle complète (ESC) | 1 million $ |
| Autre (incluant atténuation sociale du VIH/sida) | 16 000 $ |
Le Canada en Côte d'Ivoire
Au-delà de son rôle de donateur, le Canada a été reconnu pour son approche collaborative et centrée sur l'humain de la programmation SDSR. Il était considéré comme un partenaire ouvert et flexible qui donne la priorité à l'alignement sur sa politique d'aide internationale féministe. Toutefois, les participants interrogés ont suggéré que le leadership du Canada pourrait être renforcé par une présence plus affirmée et plus dynamique, en particulier dans le contexte de réduction du financement des SDSR.
L'écosystème SDSR de la Côte d'Ivoire
Au cours de la période d'évaluation, la Côte d'Ivoire a réalisé des progrès en matière de SDSR, notamment en réduisant la mortalité maternelle; toutefois, des défis importants ont persisté. La fécondité élevée des adolescentes, les mariages précoces, l'accès limité à la planification familiale et la violence fondée sur le genre ont continué de favoriser les grossesses non désirées, les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses en vertu de lois restrictives et la prévalence élevée du VIH. Malgré les efforts déployés pour étendre les services adaptés aux jeunes et les programmes intégrés de santé sexuelle et reproductive, les groupes ruraux et marginalisés se heurtent encore à des obstacles importants, ce qui souligne la nécessité de poursuivre les investissements dans les programmes de santé sexuelle et reproductive et de prise en compte des spécificités de chaque sexe.
L'écosystème de la SDSR dans le pays a été façonné par un ensemble diversifié d'acteurs, notamment des institutions nationales, des organisations de la société civile et des partenaires internationaux qui se sont engagés à améliorer l'accès et à faire progresser les réformes juridiques locaux et les centres communautaires. Le ministère de la santé, de l'hygiène publique et de la couverture sanitaire universelle a dirigé l'élaboration des politiques et la mise en œuvre des programmes en coordination avec les districts sanitaires Les OSC ont joué un rôle essentiel dans la prestation de services et le plaidoyer, tandis que les partenaires internationaux ont fourni une assistance technique, un financement et un soutien stratégique. Ensemble, ces acteurs se sont efforcés de combler les lacunes persistantes en matière de santé sexuelle et reproductive et ont plaidé en faveur d'une modification des lois restrictives.
Programmation SDSR financée par AMC en Côte d'Ivoire
Entre 2017-2018 et 2023-2024, AMC a investi environ 39 millions $ dans la programmation SDSR, à travers neuf domaines thématiques (voir encadré). Les initiatives financées se sont concentrées sur l'amélioration de l'accès à la SSR dans les régions mal desservies, la lutte contre les grossesses précoces et les tabous autour de la santé des adolescents. Ces efforts ont été alignés sur les stratégies nationales telles que le PNDS (2016-2020 ; 2021-2025), qui a donné la priorité à la planification familiale, à la santé maternelle et adolescente et à la prévention de la VFG, et ont été éclairés par les données d'une étude stratégique de 2021 commanditée par AMC pour guider les interventions dans le pays (voir l'annexe 5).
AMC s'est associée à des organisations multilatérales, des ONG canadiennes et des OSC/ONG internationales pour mettre en œuvre la programmation en matière de SDSR (voir l'annexe 11). La majorité des fonds canadiens ont été alloués à des partenaires multilatéraux, tandis que les organisations locales - malgré une forte expertise communautaire - n'ont pas reçu de financement direct. Outre son soutien aux programmes SDSR, le Canada était également considéré comme un acteur précieux au sein de l'écosystème au sens large (voir encadré).
Les projets se sont concentrés sur les régions prioritaires et les adolescentes (10-19 ans), y compris les jeunes non scolarisés. Les activités ont favorisé la sensibilisation à la santé sexuelle et reproductive, le renforcement des droits, la formation du personnel de santé et l'accès à des services adaptés aux jeunes et tenant compte des spécificités de chaque sexe, ainsi que la modernisation des infrastructures de santé et l'achat d'équipements essentiels. Les partenaires ont parfois fait appel à d'autres acteurs (parents, jeunes hommes et garçons, chefs religieux et communautaires) pour réduire les obstacles liés au genre et renforcer le plaidoyer en faveur de la SRDR. Cependant, l'alignement sur les besoins des parties prenantes a été affecté par plusieurs facteurs (voir encadré). En outre, la programmation dans des domaines sensibles négligés (par exemple, le ECS) a nécessité un encadrement minutieux et, bien qu'aucun fonds n'ait soutenu directement la programmation de l'avortement sans risque, ces questions ont été abordées par le biais d'une diplomatie douce et d'activités de plaidoyer.
Résultats en matière de SDSR en Côte d'Ivoire
Les programmes de santé sexuelle et reproductive financés par AMC en Côte d'Ivoire ont renforcé la prestation de services de santé sexuelle et reproductive en impliquant les autorités sanitaires et en renforçant la capacité des prestataires à fournir des soins fondés sur les droits et adaptés aux besoins des jeunes. À San Pedro, par exemple, les projets ont soutenu des institutions de formation telles que l'INFAS en leur fournissant une assistance technique, des équipements et des TIC, tout en renforçant les capacités des centres de santé locaux. Ces efforts ont permis d'améliorer les services, de renforcer l'engagement des jeunes et d'augmenter l'utilisation d'espaces conviviaux pour les adolescents offrant des soins confidentiels.
Les partenaires se sont également efforcés de promouvoir des attitudes et des pratiques plus saines au sein des communautés par le biais d'activités de sensibilisation et en renforçant les capacités des principaux "champions" communautaires. Par exemple, la formation et l'engagement des chefs religieux et des chefs de communauté à Daloa ont contribué à réduire la stigmatisation de la sexualité des jeunes, tandis que des initiatives telles que les "écoles pour les maris" ont soutenu les efforts de lutte contre la violence liée au sexe et amélioré les perceptions du planning familial.
Au niveau réglementaire, les efforts diplomatiques d’AMC ont soutenu le plaidoyer des OSC locales en faveur de la santé sexuelle et reproductive, y compris les initiatives visant à réviser les lois sur le planning familial et l'avortement sans risque. Il s'agissait notamment de participer à des examens législatifs, de soutenir des ateliers organisés par les OSC et de s'engager auprès des parties prenantes du gouvernement. Bien que le sujet de l'avortement reste une question sensible et juridiquement restreinte, l'engagement du Canada a contribué à ramener une législation précédemment bloquée dans les discussions politiques.
Malgré des progrès positifs, la programmation en matière de SDSR s'est déroulée dans des contextes dynamiques et difficiles, les données d'évaluation mettant en évidence les facteurs clés qui ont affecté la réalisation et la durabilité des résultats en matière de SDSR en Côte d'Ivoire (voir l'encadré).
Facteurs influant sur la pertinence [de la programmation] par rapport aux besoins SDSR des titulaires de droits
| Facilitateurs | Obstacles |
|---|---|
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Facteurs affectant la réalisation des résultats en matière de SDSR
| Facilitateurs | Obstacles |
|---|---|
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Annexe 4.3: Étude de cas de la Tanzanie
Décaissements d’AMC en matière de SDSR sous SVSC et l’Engagement de 10 ans en Tanzanie, 2017-2018 à 2023-2024 (145 millions $) *
* Les domaines non mentionnés dans le graphique dont les montants étaient inférieurs à un million $ comprenaient l'éducation sexuelle complète (614 000 $), l'atténuation sociale du VIH/sida (24 000 $), l'assistance et les services d'aide matérielle (96 000 $).

Version texte - Annexe 4.3
Diagramme circulaire présentant la répartition des principaux secteurs liés à la SDSR dans le cadre des décaissements d'AMC sous SVSC et l’Engagement de 10 ans en Tanzanie, de 2017-2018 à 2023-2024, pour un montant total de 145 millions de dollars.
| Secteurs SDSR | Montant |
|---|---|
| Soin de santé reproductive | 41 millions $ |
| Atténuation des MST | 38 millions $ |
| Planification familiale | 22 millions $ |
| Formation de personnel | 15 millions $ |
| Statistiques et données démographiques | 13 millions $ |
| VSFG | 5 millions $ |
| Politique en matière de population | 4 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR et réforme | 4 millions $ |
| Services d’avortements et de prestation de soins post-avortement | 1 million $ |
| Éducation sexuelle complète | 614 000 $ |
| Assistance et les services d’aide matérielle | 96 000 $ |
| Atténuation sociale du VIH/sida | 24 000 $ |
Canada en Tanzanie
Au-delà de son rôle de deuxième plus grand donateur en matière de santé, AMC a influencé avec succès l'inclusion d'indicateurs de genre et de santé des adolescents dans le Plan stratégique du secteur de la santé V et le Fonds commun pour la santé, renforçant la responsabilité pour des résultats équitables en matière de santé. Le soutien technique a contribué à l'élaboration de lignes directrices nationales, y compris celles qui promeuvent l'engagement des hommes dans la SDSR.
L'écosystème SDSR de la Tanzanie
Lors du recensement de 2022, près de la moitié des 60 millions d'habitants de la Tanzanie avaient moins de 17 ans, mais les taux de grossesse chez les adolescentes restaient élevés et l'accès aux services SDSR était limité. Si le pays a enregistré des progrès considérables dans la réduction de la mortalité infantile et la lutte contre les principales maladies, des problèmes persistants - tels que le mariage des enfants, la violence sexiste, la faiblesse des infrastructures de santé, la pénurie de main-d'œuvre et les préjugés systémiques à l'encontre des adolescents et des groupes marginalisés - ont continué de saper les progrès réalisés.
L'écosystème de la SDSR en Tanzanie a été structuré par une approche sectorielle décentralisée, impliquant la mise en commun de ressources provenant d'un large éventail d'acteurs. Plusieurs ministères ont supervisé les politiques de santé sexuelle et reproductive et leur mise en œuvre, le ministère de la santé jouant un rôle central dans l'élaboration des politiques et la prestation des services. Les acteurs non étatiques ont joué un rôle essentiel dans le financement, le soutien technique et la prestation de services. Les équipes de gestion de la santé des conseils régionaux et locaux ont supervisé la mise en œuvre et l'engagement au niveau communautaire.
Programmation SDSR financée par AMC en Tanzanie
AMC a joué un rôle stratégique et influent dans le paysage de la santé sexuelle et reproductive en Tanzanie (voir encadré). Entre 2017-18 et 2023-24, AMC a investi 145 millions $ dans des programmes SDSR, principalement dans neuf secteurs (voir encadré). Ces investissements ont complété les efforts visant à maintenir les filles à l'école, à promouvoir l'égalité des sexes et à renforcer les capacités et les structures de santé.
AMC s'est associée à un large éventail d'acteurs pour mettre en œuvre des programmes SDSR dans le pays, notamment des organisations multilatérales (qui reçoivent environ la moitié du financement canadien), le gouvernement tanzanien et des OSC/ONG internationales et canadiennes (voir l'annexe 11). En tant que principal donateur du Fonds commun pour la santé, AMC a également contribué à façonner la politique nationale, y compris l'intégration des indicateurs clés de la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente et de l'égalité des sexes dans les plans de santé nationaux.
L'évaluation a permis de constater une forte adéquation entre la programmation d’AMC et les priorités des principales parties prenantes, notamment le gouvernement tanzanien et les détenteurs de droits (voir l'annexe 5). La programmation en matière de SSR a été conçue pour refléter les besoins des détenteurs de droits, des communautés locales et des responsables, en se concentrant sur les régions prioritaires identifiées par le gouvernement et en ciblant principalement les adolescentes âgées de 10 à 19 ans. Les activités se sont concentrées sur l'accès à des services de santé sexuelle et reproductive adaptés aux jeunes et sur la prévention de la violence liée au sexe. En outre, pour les dirigeants communautaires et les parents, les activités étaient axées sur la remise en question des normes sociales néfastes et le plaidoyer en faveur du changement.
Bien que l'alignement général sur les besoins des parties prenantes ait été solide, la pertinence de la programmation en matière de la SDSR a été affectée par un certain nombre de facteurs (voir l'encadré). Les programmes d’AMC ont également progressé dans la promotion de l'intersectionnalité, mais une adaptation continue était nécessaire pour garantir l'inclusivité et la réactivité à l'évolution des contextes politiques et sociaux.
Résultats en matière de santé sexuelle et reproductive en Tanzanie
La programmation SDSR financée par AMC en Tanzanie a renforcé la prestation de services SSR grâce à une double approche portant à la fois sur l'offre et la demande. Les agents de santé ont reçu une formation approfondie aux soins cliniques sensibles aux questions de genre, tandis que l'engagement communautaire a permis de mobiliser des ressources pour rénover les cliniques. Par exemple, le projet « BRIGHT » a permis de rénover 103 établissements de santé et de former 139 prestataires de soins et 320 enseignants aux services intégrés de santé sexuelle et reproductive et de nutrition. D'autres projets ont utilisé des modèles de sensibilisation tels que l'éducation en porte-à-porte par des jeunes éducateurs et des agents de santé communautaires, ce qui a permis d'augmenter le recours au planning familial, au dépistage du cancer du col de l'utérus, aux soins post-avortement et aux tests de dépistage du VIH. En outre, l'adoption par le gouvernement du financement direct des établissements de santé a amélioré la prestation de services en acheminant les fonds directement vers les établissements, ce qui a permis une planification au niveau local.
Les normes sociales et le changement de comportement ont été abordés par le biais de stratégies de transformation du genre qui ont permis aux jeunes de devenir des éducateurs pour leurs pairs et des personnes influentes au sein de la communauté. Dans plusieurs projets, des tableaux de bord communautaires ont permis aux jeunes d'évaluer la qualité des services et de co-créer des plans d'action avec les dirigeants et les prestataires. Des initiatives globales de formation et de sensibilisation se sont attaquées aux idées fausses des membres de la communauté sur les normes et pratiques sexistes néfastes. Ces efforts combinés ont conduit à un plus grand engagement des hommes, à une amélioration des connaissances et du soutien en matière de santé sexuelle et reproductive, ainsi qu'à une augmentation des signalements de violences sexistes.
Les efforts en matière de politique et de plaidoyer ont donné des résultats tangibles aux niveaux national et local. Les partenaires de mise en œuvre ont joué un rôle actif dans les groupes de travail techniques nationaux, tandis que la représentation délibérée des jeunes dans les comités de pilotage des projets - aux côtés des ministères et d'autres partenaires - a permis de s'assurer que les jeunes contribuaient directement au dialogue politique et à la prise de décision.
Malgré des progrès positifs, la programmation en matière de SDSR s'est déroulée dans des contextes dynamiques et parfois difficiles, les données d'évaluation soulignant les facteurs clés qui ont affecté la réalisation et la durabilité des résultats en matière de SDSR en Tanzanie (voir l'encadré).
Facteurs influant sur la pertinence [de la programmation] par rapport aux besoins SDSR des titulaires de droits
| Facilitateurs | Obstacles |
|---|---|
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Facteurs affectant la réalisation des résultats en matière de SDSR
| Facilitateurs | Obstacles |
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Annexe 5: Alignement de la programmation de SDSR financée par AMC avec les besoins et les priorités des parties prenantes
Pays d'étude de casPriorités nationales en matière de SDSRBesoins identifiés des détenteurs de droitsProgrammation financée par AMC dans le pays
| Bangladesh | Le Programme du secteur Santé, Population et Nutrition (PSSPN) 2017-2022 du Bangladesh priorisait l’accès équitable aux services de santé avec le genre comme enjeu transversal, notamment par le biais du Plan d’action pour l’égalité des genres (2014-2024) et du Plan national d’action pour la stratégie de santé des adolescents (2017-2030). Le PSSPN 2024-2029 accordait la priorité à l’élargissement de l’accès équitable aux services de SDSR, à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, à l’intégration de la réponse à la VFG et au renforcement des systèmes de santé. | Les détenteurs de droits ont souligné les besoins liés aux inégalités structurelles, aux changements climatiques et aux vulnérabilités à la suite de la pandémie. Les principales préoccupations comprenaient : l’accès limité des groupes marginalisés aux services de SDSR, les risques accrus en matière de santé reproductive dans les zones touchées par les changements climatiques, l’augmentation des mariages d’enfants dans les districts ruraux et la généralisation de la VFG, affectant de manière disproportionnée les femmes et les personnes de diverses identités de genre. | La programmation financée par AMC (124 millions $) a donné la priorité à l’amélioration de l’accès à des services de SDSR de qualité (p. ex., soins de santé reproductive et planification familiale) u compris pour les groupes marginalisés, notamment les adolescents, les travailleurs du sexe, les personnes LGBTQ+ et les personnes vivant avec un handicap. Les efforts étaient axés sur la lutte contre le mariage d’enfants et la VFG au moyen de l’éducation et de la mobilisation communautaire, le renforcement des capacités dans le domaine de la santé, et le soutien à la formation professionnelle des jeunes. |
| Colombie | Le plan national de développement (PND) 2022-2026 priorisait l’accès à des services de SDSR inclusifs et équitables, exempts de toute discrimination fondée sur le genre, l’orientation sexuelle, l’appartenance ethnique et d’autres facteurs identitaires. Il mettait l’accent sur l’éducation complète à la sexualité (ECS), la prévention de la VBG et la réduction des grossesses précoces. Les priorités comprenaient également le renforcement des systèmes de santé afin de fournir des services de SDSR adaptés à la culture et fondés sur les droits dans toutes les régions. | Les détenteurs de droits en Colombie ont souligné les besoins en matière de services de SSR, comme la contraception, l’avortement sécuritaire et le soutien à la santé périnatale et menstruelle. Les partenaires ont constaté un accès limité pour les groupes marginalisés, notamment les migrants, les réfugiés et les populations non assurées. Ils ont mis l’accent sur la transformation des normes sociales par la prévention communautaire de la VFG, l’ECS et le renforcement du pouvoir des femmes, des adolescents et des jeunes. | La programmation en matière de SDSR financée par AMC (26 millions $), visait à améliorer l’accès aux services (p. ex., planification familiale, soins de santé reproductive, contrôle des IST et soins complets liés à l’avortement), y compris pour les groupes marginalisés (les migrants vénézuéliens, les adolescentes et les communautés mal desservies). Les projets se sont concentrés sur l’éducation à la sexualité, la prévention de la VFG, l’autonomisation des jeunes et le plaidoyer. La programmation a également appuyé la collaboration régionale, la formation des prestataires de services de santé et l’élaboration de services et de politiques inclusifs et favorisant l’égalité des genres. |
| Côte d’Ivoire | Le plan national de développement sanitaire (PNDS) 2021-2025 de la Côte d’Ivoire priorisait l’amélioration de l’accès aux services de SDSR par l’entremise de services de planification familiale élargis, de soins de santé maternelle et des adolescents et de la prévention de la VFG. Il a mis l’accent sur des services de santé adaptés aux jeunes, visant à réduire les grossesses chez les adolescentes et les infections sexuellement transmissibles. | Une analyse stratégique commanditée en Côte d’Ivoire a permis de déterminer les besoins des détenteurs de droits: l’amélioration des services de SSR dans les régions éloignées; la lutte contre la VBG, les pratiques néfastes et les obstacles socioculturels à l’éducation des filles; la réduction des grossesses précoces chez les adolescentes; et remise en question des tabous autours de la santé et de la sexualité des adolescents par des actions de sensibilisation et d’interventions culturellement adaptées. | La programmation SDSR financée par AMC (40 millions $) visait à améliorer l’accès aux services de SSR pour les femmes et les adolescentes (contrôle des IST, soins de santé reproductive et planification familiale). Les projets se sont concentrés sur la formation des travailleurs de la santé, la sensibilisation, la promotion de services favorisant l’égalité des genres et la lutte contre la VFG. Les initiatives ont également soutenu l’éducation, le plaidoyer et le renforcement des capacités. |
| Mozambique | La stratégie en matière de SDSR du Mozambique (2011) priorisait la réduction de la mortalité maternelle, l’élargissement de l’accès à la planification familiale et l’amélioration de la santé des adolescents grâce à des services adaptés aux besoins des jeunes et à l’éducation à la sexualité. Elle était également axée sur la prévention de la VFG, le control des IST et atténuation du VIH. Les priorités faisaient ressortir la nécessité d’assurer un accès équitable aux services de SDSR et de faire respecter ces droits, en particulier pour les femmes, les jeunes et les populations vulnérables. | Les partenaires dans le pays ont déterminé les principaux besoins des filles et des jeunes femmes en matière de SDSR, notamment un meilleur accès à des services complets dans les régions rurales touchées par des conflits, une infrastructure sanitaire plus solide et des soins confidentiels. Les priorités comprenaient également la lutte contre la VFG, les pratiques néfastes, comme le mariage d’enfants et les taux élevés de grossesse chez les adolescentes, ainsi que la lutte contre la stigmatisation et la désinformation qui font obstacle à l’accès aux soins. | La programmation en matière de SDSR financée par AMC (248 millions $) était axée sur l’amélioration de l’accès à des services de SDSR complets pour les femmes (contrôle des IST, soins de santé reproductive, planification familiale et soins complets en matière d’avortement), les adolescentes et les jeunes dans les communautés mal desservies. Les initiatives ont porté sur la lutte et prévention des VFG et autres pratiques néfastes. La programmation a mis l’accent sur la mobilisation communautaire, l’autonomisation des jeunes et l’égalité des genres grâce à l’éducation, au soutien par les pairs et au renforcement des capacités des travailleurs de la santé et des dirigeants locaux. |
| Tanzanie | Le plan stratégique du secteur de la santé V (2021-2026) de la Tanzanie priorisait l’amélioration des services de SDSR en élargissant l’accès à la planification familiale, en réduisant la mortalité maternelle et néonatale et en améliorant les services de santé pour les adolescents. Il mettait l’accent sur les soins adaptés aux jeunes, l’ECS et les réponses intégrées à la VFG. | Les détenteurs de droits, en particulier les adolescentes, ont souligné la nécessité de disposer de renseignements précis sur la SDSR et des services accessibles, notamment en matière de contraception et de santé menstruelle. Leurs priorités étaient notamment d’avoir un pouvoir décisionnel sur leurs santé et leurs éducation, d’être protégées contre la VFG et de lutter contre les pratiques néfastes, telles que le mariage d’enfants et les mutilations génitales féminines et l’excision (MGF/E). Des services adaptés aux jeunes avaient été demandés pour lutter contre la stigmatisation et les préjugés des prestataires de soins. Les communautés ont demandé des outils pour soutenir les adolescents et remettre en question les normes néfastes. | La programmation en matière de SDSR financée par AMC (145 millions $) a soutenu la santé des mères et des adolescents par l’entremise d’un portefeuille de projets axés sur le renforcement des systèmes de santé, l’expansion des services adaptés aux jeunes (soins de santé reproductive, contrôle des MST, planification familiale et soins complets en matière d’avortement) et l’autonomisation des adolescentes au moyen de l’éducation et de la mobilisation communautaire. Les activités comprenaient la modernisation des installations, la formation des fournisseurs de services, la sensibilisation et la gouvernance favorisant l’égalité des genres pour atteindre les populations mal desservies dans des régions comme Tabora, Simiyu, Katavi et les districts urbains. |
Annexe 6: Les lois sur l'avortement dans le monde
Les lois sur l'avortement sont très diverses. Dans de nombreux pays, l'avortement est autorisé dans des circonstances spécifiques. Les soins post-avortement sont toujours légaux.
Chiffres et faits saillants (à date de septembre 2025) :
- 662 millions (34 %) de femmes en âge de procréer vivaient dans 77 pays qui autorisaient l’avortement sur demande. Ces lois comportaient généralement des limites de gestation.
- 457 millions (23 %) de femmes en âge de procréer vivaient dans 12 pays qui autorisaient l’avortement pour des raisons sociales ou économiques générales.
- 226 millions (12 %) de femmes en âge de procréer vivaient dans 47 pays où l’avortement était autorisé lorsque la grossesse présentait un risque pour la santé.
- 416 millions (20 %) de femmes en âge de procréer vivaient dans 44 pays qui autorisaient l’avortement pour sauver la vie de la femme enceinte.
- 111 millions (6 %) de femmes en âge de procréer vivaient dans 21 pays qui interdisaient totalement l’avortement.

Source : Centre pour les droits reproductifs (en anglais seulement)
Version texte - Annexe 6
Cette figure présente une carte du monde montrant le statut juridique de l’avortement dans les pays et territoires. Les pays et territoires sont classés dans six catégories selon les motifs juridiques permettant l’avortement : sur demande (les limites de gestation varient); pour des motifs sociaux ou économiques généraux; pour préserver la santé; pour sauver la vie d’une personne; totalement interdit; et varie au niveau des États. La carte utilise des couleurs et des motifs pour distinguer les catégories. Les pays et territoires compris dans chaque catégorie sont énumérés ci-dessous.
Catégorie I. Sur demande (les limites de gestation varient)
- Albanie
- Allemagne
- Argentine
- Arménie
- Australie
- Autriche
- Azerbaïdjan
- Bélarus
- Belgique
- Bénin
- Bosnie-Herzégovine
- Bulgarie
- Cambodge
- Canada
- Cap-Vert
- Chine
- Chypre
- Colombie
- Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée)
- Corée du Sud (République de Corée)
- Croatie
- Cuba
- Danemark
- Espagne
- Estonie
- Finlande
- France
- Géorgie
- Grèce
- Groenlande française (Guyane française)
- Guinée-Bissau
- Guyana
- Hongrie
- Islande
- Irlande
- Italie
- Kazakhstan
- Kosovo
- Kirghizistan
- Lettonie
- Lituanie
- Luxembourg
- Maldives
- Moldova
- Mongolie
- Monténégro
- Mozambique
- Népal
- Nouvelle-Calédonie
- Nouvelle-Zélande
- Norvège
- Macédoine du Nord
- Pays-Bas
- Portugal
- Roumanie
- Royaume-Uni (Irlande du Nord)
- Fédération de Russie
- Saint-Marin
- São Tomé-et-Príncipe
- Serbie
- Singapour
- Slovaquie
- Slovénie
- Afrique du Sud
- Suède
- Suisse
- Tadjikistan
- Thaïlande
- Tunisie
- Türkiye
- Turkménistan
- Ukraine
- Uruguay
- Ouzbékistan
- Viet Nam
- Guinée équatoriale
Catégorie II. Pour des motifs sociaux ou économiques généraux
- Barbade
- Belize
- Éthiopie
- Fidji
- Hong Kong
- Inde
- Japon
- Royaume‑Uni (Grande-Bretagne)
- Rwanda
- Saint‑Vincent‑et‑les‑Grenadines
- Taïwan
- Zambie
Catégorie III. Pour préserver la santé
- Algérie
- Angola
- Bahamas
- Bolivie
- Botswana
- Burundi
- Cameroun
- Comores
- Costa Rica
- Djibouti
- Écuador
- Érythrée
- Eswatini
- Ghana
- Grenade
- Guinée
- Israël
- Jordanie
- Kenya
- Koweït
- Lesotho
- Libéria
- Liechtenstein
- Malaisie
- Maurice
- Maroc
- Monaco
- Namibie
- Nauru
- Niger
- Pakistan
- Pérou
- Pologne
- Porto Rico
- Qatar
- République centrafricaine
- République démocratique du Congo
- Sainte‑Lucie
- Samoa
- Arabie saoudite
- Seychelles
- Tchad
- Togo
- Trinité‑et‑Tobago
- Vanuatu
- Zimbabwe
Catégorie IV. Pour sauver la vie d’une personne
- Afghanistan
- Antigua‑et‑Barbuda
- Bahreïn
- Bangladesh
- Bhoutan
- Brésil
- Brunéi Darussalam
- Chili
- Côte d’Ivoire
- Dominique
- Émirats arabes unis
- Gabon
- Gambie
- Guatemala
- Indonésie
- Iran
- Kiribati
- Liban
- Libye
- Malawi
- Mali
- Îles Marshall
- Micronésie
- Myanmar
- Nigéria
- Oman
- Palestine
- Panama
- Papouasie‑Nouvelle‑Guinée
- Paraguay
- Saint‑Kitts‑et‑Nevis
- Îles Salomon
- Somalie
- Soudan du Sud
- Sri Lanka
- Soudan
- Syrie
- Tanzanie
- Timor‑Leste
- Tuvalu
- Ouganda
- Venezuela
- Yémen
Catégorie V. Totalement interdit
- Andorre
- Aruba
- Congo
- Curaçao
- République dominicaine
- Égypte
- El Salvador
- Haïti
- Honduras
- Iraq
- Jamaïque
- Laos
- Madagascar
- Malte
- Mauritanie
- Nicaragua
- Palaos
- Philippines
- Sénégal
- Sierra Leone
- Suriname
- Tonga
Catégorie VI. Varie au niveau des États
- États‑Unis d’Amérique
- Mexique
Source : Centre pour les droits reproductifs (Center for Reproductive Rights.(Remarque : les classifications des pays reflètent la publication source utilisée pour la figure, The World's Abortion Laws, carte PDF à jour au 9 juin 2023.)
Annexe 7: Alignement de la programmation SDSR financée par AMC sur les meilleurs pratiques*
Planification familialeVSFGPlaidoyer en faveur de la SDSR
Les projets sélectionnés s'alignent sur les meilleures pratiques en...
| Les projets sélectionnés s'alignent sur les meilleures pratiques en...
| Projets sélectionnés alignés sur les meilleures pratiques en...
|
Les projets sélectionnés pourraient améliorer l'alignement en...
| Les projets sélectionnés pourraient améliorer l'alignement en...
| Les projets sélectionnés pourraient améliorer l'alignement en...
|
*L'alignement sur les meilleures pratiques reposait sur l'analyse d'un échantillon limité de projets en SDSR et n’était pas représentatif de l'ensemble des projets pertinents pour chacun de ces trois domaines négligés. Les meilleures pratiques identifiées et le degré d'alignement avec la programmation financée par AMC ont été déterminés à partir d'une analyse effectuée par l'IA.
Annexe 8: Position du Canada dans l'écosystème des donateurs œuvrant pour la SDSR (2018-2023)
| Pays* | Classement moyen des donateurs (SDSR en % de l’APD) | Moyenne des décaissements en matière de SDSR (% de l’APD) | Classement moyen des donateurs (décaissements annuels en matière de SDSR) | Moyenne des décaissements en matière de SDSR ($US) |
|---|---|---|---|---|
| États Unis | 1 | 13% | 1 | 5,5 billion $ |
| Canada | 3** | 6% | 5 | 368 millions $*** |
| Pays-Bas | 3 | 6% | 7 | 318 millions $ |
| Suède | 5 | 5% | 8 | 266 millions $ |
| Royaume-Uni | 6 | 4% | 2 | 802 millions $ |
| Norvège | 9 | 4% | 10 | 183 millions $ |
| Danemark | 10 | 3% | 13 | 90 millions $ |
| Australie | 10 | 3% | 12 | 95 millions $ |
| France | 15 | 2% | 7 | 323 millions $ |
| Allemagne | 18 | 2% | 3 | 505 millions $ |
* Un échantillon ciblé de 10 pays a été sélectionné pour l’analyse des donateurs en fonction de critères qui incluaient, sans s’y limiter, les décaissements liés à la SDSR (p. ex., en mettant l’accent sur les domaines négligés, priorités politiques, etc.). Les classements des donateurs dans le tableau tiennent compte de tous les donateurs présentés dans les rapports des donateurs œuvrant pour la SDSR (« Donor Delivering for SRHR »), et ne se limitent pas à l’échantillon de l’analyse des donateurs.
** Le Canada s’est classé 2e entre 2018 et 2021, 3e en 2022 et 7e en 2023
*** Les rapports des donateurs œuvrant pour la SDSR (« Donor Delivering for SRHR »), font état des décaissements liés à la SDSR, à la planification familiale et à la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile séparément et tiennent compte des dédoublements au sein de ces catégories. Pour souci de simplicité, le rapport d’évaluation a utilisé la catégorie SDSR à des fins de comparaison; toutefois, cela n’inclut pas l’ensemble des investissements en matière de SDSR réalisés par le Canada dans le cadre de SVSC et de l’Engagement de 10ans.
Annexe 9: Données probantes sur les progrès réalisés dans le monde en ce qui concerne les résultats en matière de SDSR
| Domaine de la SDSR | Preuves* de progrès | Preuve de déclin/stagnation |
|---|---|---|
| Taux de natalité chez les adolescentes | Entre 2015 et 2023, les taux de natalité ont chuté de 47 à 41 naissances pour 1 000 filles âgées de 15 à 19 ans.) | S.O. |
| Taux mondial de grossesses non désirées | Les taux ont diminué depuis 1990-1994, passant de 79 à 64 pour 1 000 femmes en âge de procréer (15-49 ans). | S.O. |
| Taux d’avortement dans le monde | Les taux ont légèrement diminué entre 1990-1994 et 2000-2004 et sont depuis revenus aux niveaux observés pour la dernière fois dans les années 1990. | Oui, peu ou pas d'amélioration. |
| VSFG | Aucun signe de réduction de la violence à l’égard des femmes et des filles n’a été observé, et près d’une femme sur trois dans le monde a continué à subir des violences de la part d’un partenaire intime ou des violences sexuelles non liées à un partenaire au cours de sa vie. | Oui, il y a des signes de stagnation. |
| Mortalité maternelle | À l’échelle mondiale, le taux de mortalité maternelle a diminué de 44 % entre 1990 et 2015. Toutefois, depuis 2015, le taux de mortalité maternelle dans le monde n’a pratiquement pas changé et est plus de trois fois supérieur à l’objectif fixé pour 2030. L’Afrique subsaharienne représentait à elle seule environ 70 % des décès maternels dans le monde en 2020. | Aucune preuve de déclin en 25 ans (1990-2015) (il y a moins de mortalité maternelle), mais ensuite une stagnation durant les 9 années suivantes (2015-2024) |
| Besoins non satisfaits en matière de contraception moderne | Le taux de femmes souhaitant éviter une grossesse n’a diminué que de 1 % entre 2015 et 2020 (de 23 % à 22 % à l’échelle mondiale). | Oui, il y a des signes de stagnation. |
| ECS | Malgré l’existence d’études sur l’ECS, les résultats étaient limités. Les données probantes portaient principalement sur les résultats en matière de santé, mais les paramètres permettant de mesurer les compétences et les valeurs développées grâce à l’ECS étaient encore nouveaux. L’ECS était également un apprentissage itératif tout au long de la vie, ce qui est difficile à mesurer. | S.O. |
| Plaidoyer | Il existe peu de preuves de résultats concernant les activités de défense des intérêts en matière de SDSR. | S.O. |
*Sources :
- Starrs, Ann, et al. 2024. "To Achieve Development Goals, Advance Sexual and Reproductive Health and Rights" (Pour atteindre les objectifs de développement, faire progresser la santé et les droits sexuels et reproductifs).
- The Lancet 403 (10429) : 787-789 ; Bearak, Jonathan, et al. 2020. "Unintended Pregnancy and Abortion by Income, Region, and the Legal Status of Abortion (Grossesse non désirée et avortement en fonction du revenu, de la région et du statut juridique de l'avortement) : Estimates from a Comprehensive Model for 1990-2019".
- The Lancet Global Health ; Starrs, Ann M., et al. 2018. "Accélérer le progrès - Santé et droits sexuels et reproductifs pour tous : Rapport de la Commission Guttmacher-Lancet."
- The Lancet 391 (10140) : 2642-2692 ;
- Wisbaum, Wendy. 2022. Evidence Gaps and Research Needs in Comprehensive Sexuality Education (Lacunes et besoins de recherche en matière d'éducation complète à la sexualité) : Technical Brief. UNESCO ;
- Khan, Lina, Tomasz Kozakiewicz, Megha Bhattacharyya, Tasnim Azim, Marcellina Schmidt, Tobias Polak, Birte Snilstveit, et Shannon Shisler. 2024.
- Santé et droits sexuels et reproductifs dans les pays à revenu faible et intermédiaire : An Evidence Gap Map. 3ie Evidence Gap Map Report 31. New Delhi : Initiative internationale pour l'évaluation d'impact (3ie) ;
- Action Canada pour la santé et les droits sexuels. s.d. Boîte à outils pour les régions négligées. Consulté le 7 novembre 2025.
Annexe 10: Réductions prévues du financement de l'APD des autres pays donateurs

Version texte - Annexe 10
Cette figure présente une carte du monde montrant les perspectives de financement de certains pays donateurs pour 2025 et au-delà. Les pays sont regroupés dans trois catégories selon les prévisions d’aide publique au développement (APD) au moment de la publication : augmentation de l’APD; réductions annoncées de l’APD, mais avec des signes prometteurs pour les investissements dans le domaine de la santé mondiale; et des engagements relatifs à l’APD, susceptibles d’avoir une incidence sur les investissements dans le domaine de la santé mondiale. Les pays compris dans chaque catégorie sont énumérés ci-dessous.
Augmentation de l’APD
- Australie
- Danemark
Réductions annoncées de l’APD, mais avec des signes prometteurs pour les investissements dans le domaine de la santé mondiale
- Pays‑Bas
- Suède
Réductions annoncées des engagements relatifs à l’APD, susceptibles d’avoir une incidence sur les investissements dans le domaine de la santé mondiale
- Allemagne
- États‑Unis
- France
- Norvège
- Royaume‑Uni
Source : rapport des donateurs œuvrant pour la SDSR (« Donor Delivering for SRHR »), (2025).
Plusieurs pays donateurs ont prévu des réductions de l’APD entre 2024 et 2029. La France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis ont fait signalés des réductions de leur financement. Malgré la baisse globale de l’APD, les stratégies futures des Pays-Bas et de la Suède laissent entrevoir un possible réinvestissement dans les priorités relatives à la santé mondiale et de SDSR. En revanche, le Danemark et l’Australie ont signalé des augmentations de l’APD globale, bien que seul le Danemark ait explicitement mentionné un soutien accru à la SDSR. [Source : rapport des donateurs œuvrant pour la SDSR (« Donor Delivering for SRHR »), (2025)].
Annexe 11: Analyse des partenariats dans les pays d’études de cas
Dans l’ensemble des études de cas de l’évaluation, AMC s’est associé à divers types d’organisations pour mettre en œuvre sa programmation en matière de SDSR.
Étude de cas pays - Décaissements par type de partenaire, SVSC et l’Engagement de 10 ans, 2017-2018 à 2023-2024*.
* Les partenaires représentant moins de 1 % du financement et ceux étiquetés « à déterminer » sont exclus de ces graphiques. Les exclusions propres à un pays concernent la Tanzanie : <1 % à déterminer, secteur privé canadien et secteur privé étranger; le Mozambique : <1 % à déterminer et secteur privé canadien; la Colombie : 13 % à déterminer et <1 % secteur privé canadien; la Côte d’Ivoire : <1 % à déterminer et secteur privé canadien

Version texte - Annexe 11
Des graphiques circulaires pour chaque pays étudié, présentant les décaissements par type de partenaire, en lien avec les engagements pris dans le cadre de SVSC et l’Engagement de 10 ans pour la période allant de 2017-2018 à 2023-2024
| Décaissements par type de partenaire | Bangladesh | Colombie | Côte d’Ivoire | Mozambique | Tanzanie |
|---|---|---|---|---|---|
| Société civile étrangère | 35% | 52% | 16% | 10% | 17% |
| Société civile canadienne | 32% | 18% | 24% | 23% | 14% |
| Gouvernement étranger | 0% | 0% | 0% | 1% | 19% |
| Multilatéral non essentiel | 30% | 23% | 39% | 46% | 24% |
| Multilatéral essentiel | 2% | 7% | 21% | 20% | 26% |
| Secteur privé canadien | 1% | 0% | 0% | 0% | 0% |
Annexe 11: Analyse des partenariats dans les pays d’études de cas (suite)
Bien que les partenaires aient établi des programmes dans tous les domaines de la SDSR, les domaines d’interventions différaient selon le type de partenaire :
Les 5 principaux domaines [de la SDSR] par types de partenaires, SVSC et Engagement de 10 ans (10YC), 2017-2018 à 2023-2024

Version texte - Annexe 11 (suite)
Quatre diagrammes à barres classés par type de partenaire, présentant la répartition des financements SVSC et l’Engagement de 10 and pour la période allant de 2017-2018 à 2023-2024, en millions de dollars, selon les cinq principaux secteurs
A. Multilatéral non essentiel
| Secteurs phares | SVSC | Engagement de 10 ans |
|---|---|---|
| Formation du personnel | 34 millions $ | 57 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR | 28 millions $ | 69 millions $ |
| Planification familiale | 52 millions $ | 126 millions $ |
| Mettre fin à la violence envers les femmes et les filles (VSFG) | 50 millions $ | 146 millions $ |
| Soins de santé reproductive | $51 millions $ | 147 millions $ |
B. Multilatéral essentiel
| Secteurs phares | SVSC | Engagement de 10 ans |
|---|---|---|
| Soin de santé reproductive | S.O. | 8 millions $ |
| Planification familiale | S.O. | 10 millions $ |
| Atténuation de l’impact social du VIH/sida | S.O. | 11 millions $ |
| Politiques en matière de la population | S.O. | 31 millions $ |
| Atténuation des MST, y compris le VIH/sida | S.O. | 698 millions $ |
C. Société civile canadienne
| Secteurs phares | SVSC | Engagement de 10 ans |
|---|---|---|
| Formation du personnel | 12 millions $ | 46 millions $ |
| Planification familiale | 14 millions $ | 55 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR | 20 millions $ | 113 millions $ |
| VSFG | 13 millions $ | 124 millions $ |
| Soin de santé reproductive | 18 millions $ | 170 millions $ |
D. Société civile étrangère
| Secteurs phares | SVSC | Engagement de 10 ans |
|---|---|---|
| Formation du personnel | 13 millions $ | 10 millions $ |
| VSFG | 5 millions $ | 32 millions $ |
| Soin de santé reproductive | 24 millions $ | 35 millions $ |
| Planification familiale | 24 millions $ | 35 millions $ |
| Plaidoyer en faveur de la SDSR | 19 millions $ | 49 millions $ |
Annexe 11 : Analyse des partenariats dans les pays d’études de cas (suite)
Il a été démontré que chaque type de partenaire présentait des avantages uniques et complémentaires à l’appui de l’exécution des programmes et de la production de résultats en matière de SDSR, mais que le succès dépendait du contexte et du secteur d’intervention visé.
| Type de partenaires | Avantages | Coûts/défis |
|---|---|---|
| Organisations multilatérales (OM) | Considérées comme des partenaires fiables et de confiance en raison de leur forte présence mondiale, de leur vaste portée, de leurs réseaux bien enracinés et de leur capacité avérée à produire des résultats. Elles sont bien placées pour travailler directement avec les intervenants au niveau des pays, y compris les gouvernements et les acteurs locaux, afin de soutenir des résultats plus durables en matière de SDSR. | Difficulté à attribuer les résultats en matière de SDSR aux investissements canadiens et manque de visibilité explicite pour le Canada dans le cadre de la diplomatie canadienne. |
| OSC canadiennes | Les OSC canadiennes ont accru la visibilité du Canada et soutenu le rôle de chef de file du gouvernement dans l’écosystème mondial de la SDSR. Elles ont souvent établi des partenariats avec des organisations communautaires afin d’offrir une programmation en SDSR plus efficace et répondant aux besoins locaux | Le financement des ONG était en grande partie basé sur des projets et relativement de courte durée comparativement à la relation de financement plus soutenue avec les OM (et aussi quelques ONGI). Dans les cas où la présence d'une ONG était limitée à la durée du projet, cela a eu une incidence sur sa capacité à obtenir des résultats sur le long terme et à assurer sa pérennité. |
| Société civile étrangère - ONG internationales (OING) | Elles sont reconnues pour leur expertise, leur capacité éprouvée et leurs liens avec les réseaux mondiaux. Elles ont contribué à soutenir les efforts de défense des intérêts ainsi que leur capacité à travailler dans des contextes difficiles et des domaines sensibles, en particulier les domaines négligés en matière de SDSR. | |
| Société civile étrangère - Organisations locales | Les organisations locales étaient ancrées dans les communautés et entretenaient des relations directes avec les titulaires de droits en matière de SDSR ainsi qu’avec les principaux intervenants aux niveaux local, régional et national. Elles étaient les mieux placées pour comprendre le contexte local, les coutumes, la culture et les défis, ce qui a permis d’aligner la programmation sur les réalités locales. Lorsqu’elles sont implantées localement et gérées par des acteurs locaux, elles offrent une stabilité à long terme en tant que partenaire. Ce positionnement local et cette connaissance approfondie du terrain ont permis d’améliorer la pertinence, les résultats et la durabilité de la programmation, en particulier dans des domaines tels que la défense des intérêts et le changement des normes sociales. | Les obstacles institutionnels (p. ex., les exigences de l’OERF) ont limité le montant du financement qu’AMC pouvait fournir directement aux partenaires locaux. Les ONGI, les OM et les partenaires canadiens étaient donc les mieux placés pour tirer parti de l’expertise locale et prendre en charge les risques et les efforts nécessaires à la gestion des partenariats locaux. Sur les 35 projets étudiés, un seul a été mis en œuvre par une organisation locale. |
*Les ONGI sont des organisations non gouvernementales à but non lucratif qui opèrent à l'échelle internationale, soit en ayant une présence mondiale par le biais de bureaux nationaux ou régionaux, soit en coordonnant des activités transfrontalières par le biais d'un réseau international. Bien que certaines organisations canadiennes pourraient être considérées comme des ONGI (Oxfam, CARE Canada, Save the Children, etc.), elles ont été classées dans la catégorie des OSC canadiennes dans le présent rapport afin d'établir une distinction explicite.
Annexe 12: Éléments de preuve, des conclusions aux recommandations
| Recommandation 1 | Résumé des éléments de preuve/lien avec les conclusions |
|---|---|
| YSD, avec le soutien de YOD, devrait veiller à ce que le soutien technique spécifique à la SDSR et à la santé mondiale soit systématiquement intégré dans le cycle de programmation des subventions et contributions afin de guider la planification et la mise en œuvre de la programmation en matière de SDSR financée par AMC. Le soutien technique pourrait inclure :
| Résumé des éléments de preuve : Les données de l’évaluation ont révélé que les connaissances, la compréhension et l’expérience des chefs d'équipe de projet (CEP) en matière de SDSR n’étaient pas uniformes, ce qui souligne la nécessité d’une participation plus systématique des spécialistes dans le cycle de programmation de la SDSR afin d’améliorer la prise de décision fondée sur des données probantes et d’assurer l’excellence de la programmation de l’aide internationale. Ce soutien peut contribuer à améliorer les décisions fondées sur des données probantes, à promouvoir la cohérence entre l’orientation politique du gouvernement et la programmation en matière de SDSR, ainsi qu’à maximiser la pertinence, les résultats et le rapport coût-efficacité de l’ensemble du portefeuille de projets liés à la SDSR du Ministère.
|
| Recommandation 2 | Résumé des preuves/lien vers les conclusions |
|---|---|
| Afin de mieux démontrer l’optimisation des ressources, YSD devrait accorder une priorité à la mesure et au rapportage des résultats au niveau des programmes et du portefeuille en SDSR. Cela pourrait inclure :
| Résumé des éléments de preuve : L’évaluation a fait état de nombreux exemples où les investissements d’AMC dans le domaine de la SDSR ont contribué à des résultats significatifs pour les détenteurs de droits dans le monde entier. Toutefois, les données disponibles ont révélé que l’accent était plus mis sur la mesure et la production des rapports concernant les aspects financiers que sur les résultats en matière de SDSR. En outre, YSD ne disposait pas d’un mandat programmatique officiel, d’un plan de SEA chiffré ou d’une stratégie de ressourcement pour gérer efficacement les résultats en matière de SDSR conformément aux orientations de la GAR au niveau meso (programme/portefeuille), ce qui limitait la capacité du Ministère à démontrer la valeur de ses investissements.
|
| Recommandation 3 | Résumé des preuves/lien vers les conclusions |
|---|---|
| YSD devrait élaborer une approche fondée sur des données probantes pour la sélection des projets et des partenaires afin de mettre en œuvre et d’améliorer le rapport coût-efficacité de la programmation en SDSR. Cette approche pourrait :
| Résumé des éléments de preuve : Les données ont révélé que pour les interventions de type projet, les projets n’étaient pas toujours sélectionnés en fonction de l’harmonisation avec les données probantes mondiales et que les partenaires de mise en œuvre n’étaient pas systématiquement choisis en fonction de leur expérience et de leur capacité avérée à obtenir des résultats. Les décisions financières étaient plutôt liées aux pressions exercées pour atteindre les objectifs financiers de l’Engagement de 10 ans et à des considérations politiques. L’absence d’une approche systématique pour le soutien des spécialistes d’YSD concernant ces décisions de programmation a également été considérée comme une occasion manquée.
|
| Recommandation 4 | Résumé des éléments de preuve/lien avec les conclusions |
|---|---|
| YSD devrait élaborer des directives opérationnelles en matière de SDSR qui favorisent la cohérence entre tous les centres de responsabilité au sein du Ministère et renforcent l’efficience interne. Cela pourrait inclure:
| Résumé des éléments de preuve : L’accent mis sur l’atteinte des objectifs financiers des engagements, conjugué à l’insuffisance des directives opérationnelles stratégiques en matière de SDSR, au court cycle annuel de planification des investissements et à l’absence de mandat programmatique pour YSD, a créé des difficultés pour la coordination interne.
|
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