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Ministre du Développement international - Cahier d’information

Mai 2025
Publié : Le 3 septembre 2025

Avertissement : Ce cahier d'information a été élaboré avant la formation du nouveau Cabinet, sur la base des mandats ministériels existants tels qu'ils sont énoncés dans la Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement.

Table des matières

  1. Votre rôle et responsabilités
    1. Aperçu stratégique
    2. Principales responsabilités du portefeuille du ministre du développement international
    3. Prochains événements ministériels de haut niveau
  2. Le ministère
    1. Vue d’ensemble du Ministère 
    2. Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement
    3. Centre de recherches pour le développement international
    4. Sous-ministres et sous-ministres adjoints
    5. Structure organisationnelle
    6. Carte du réseau
  3. Tendances principales
    1. Contexte du développement international
  4. Outils
    1. Cadre stratégique du développement international et aperçu de l'aide au développement international
    2. L'enveloppe de l'aide internationale et le budget de base pour le développement
  5. Enjeux prioritaire
    1. Aide humanitaire
    2. Santé mondiale
    3. Climat, environnement et biodiversité 
    4. Ressources naturelles
    5. Systèmes alimentaires et nutrition
    6. Éducation
    7. Les objectifs de développement durable
    8. Présidence canadienne du G7
    9. L'approche des États-Unis en matière d'aide internationale
  6. Aperçus géographiques et partenaires clés
    1. L'Indo-Pacifique
    2. Amériques
    3. Moyen-Orient
    4. Ukraine
    5. Afrique
    6. Participation multilatérale à l’aide au développement international
    7. Institutions financières internationales
    8. Le secteur canadien du développement international

A. Votre rôle et responsabilités  

1. Aperçu stratégique

Enjeux

Contexte

Évolution du contexte 

Depuis 2000, les États membres de l’ONU (dont le Canada) ont d’abord adopté Les Objectifs de Développement du Millénaire et ensuite le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses Objectifs de développement durable (ODD).

Après 3 décennies de progrès en matière de développement, les effets cumulés des conflits, des changements climatiques, de la faible croissance économique et de la pandémie de COVID-19 ont bloqué ou inversé les avancées en matière de développement. Depuis 2015, la pauvreté extrême a à peine diminué. En effet, près de 700 millions de personnes – 8,5 % de la population mondiale – vivent actuellement avec moins de 2,15 $US par jour. Les pays en développement sont confrontés à des niveaux croissants d’endettement et à un rétrécissement de leur marge de manœuvre budgétaire, ce qui limite leur capacité d’investissement dans le développement durable. Quelque 3,3 milliards de personnes vivent dans des pays dont les gouvernements consacrent plus d’argent au paiement des intérêts qu’à la santé ou à l’éducation. Un manque d’investissement dans ces secteurs critiques peut entraîner de l’instabilité et des troubles sociaux, ce qui contribue à la montée de l’extrémisme violent dans certains cas.

Les pays en développement sont confrontés à des défis pour financer leurs économies et leurs objectifs de développement. L'aide au développement international provenant des économies avancées et d'autres économies n'est qu'une partie, bien que significative, d'un ensemble plus large de mesures pouvant servir de catalyseur pour la croissance économique et le développement. L'aide au développement international n'est certainement pas suffisante pour combler toutes les lacunes de financement. Cette situation signifie que beaucoup d'attention internationale continue d'être consacrée aux moyens de mobiliser des sources de financement supplémentaires pour les besoins des pays en développement. L’aide au développement international évolue au fur et à mesure que se dessine la période actuelle de concurrence aiguë et de réduction de l’espace de coopération. Le contexte géostratégique forcera les donateurs (entre eux au Canada) à repenser la manière dont ils déploient leur aide au développement international. Dans de nombreux cas, il s’agit de repenser la manière dont elle pourrait améliorer le soutien aux objectifs nationaux en matière d’économie et de sécurité.

Les contraintes budgétaires et l’évolution des priorités ont entraîné des réductions du budget pour de nombreux donateurs, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique, et la Suède, tandis que de nouveaux donateurs comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Türkiye, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite gagnent en influence.

Vos responsabilités

En tant que ministre du Développement international, vous êtes chargé de mettre en œuvre l’agenda de l’aide au développement international du gouvernement du Canada et de fournir l’aide au développement international au sein d’un ministère qui intègre la politique étrangère, le commerce international et le développement international. Vous vous attacherez à soutenir le développement durable et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement, ainsi que l’intervention du gouvernement du Canada en cas de crise humanitaire.

L’aide internationale du gouvernement du Canada comprend également des initiatives visant à promouvoir la paix, la sécurité et la gouvernance, qui nécessiteront votre étroite collaboration avec le ministre des Affaires étrangères. Par ailleurs, ce travail complète l’action du ministre du Commerce international puisqu’il renforce et en stabilise les économies des pays à revenu faible ou intermédiaire, créant ainsi des possibilités de partenariats commerciaux mutuellement bénéfiques.

Considérations

Aide internationale du gouvernement du Canada

Depuis 2017, la Politique d’aide internationale féministe (PAIF) oriente l’aide au développement international fournie par le gouvernement du Canada. Cette politique met l’accent sur la promotion de l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles.

Selon des données préliminaires, l’enveloppe de l’aide internationale, le principal outil de planification budgétaire pour soutenir les objectifs du gouvernement fédéral à cet égard, s’élève à 7,89 milliards de dollars en 2024-2025, dont 6,24 milliards de dollars sont alloués à Affaires mondiales Canada.

Ces dernières années, le gouvernement a utilisé des objectifs et des engagements précis qui prescrivent la manière dont le financement est dirigé. Par exemple, la Politique d’aide internationale féministe a dirigé 95 % de l’aide bilatérale au développement international devait intégré l’égalité des genres, dont 15 % sont principalement axées sur l’égalité des genres et 50 % sur l’Afrique subsaharienne. Les principaux engagements financiers ont été pris dans des domaines comme le financement relatif au climat (5,3 milliards de dollars sur 5 ans) et la santé mondiale (1,4 milliard de dollars par an, dont 700 millions de dollars pour la santé et les droits sexuels et reproductifs).

La voie à suivre dans un contexte de développement en mutation

Les choix faits par les États-Unis affecteront la façon dont le Canada et d’autres donneurs fournissent l’aide au développement international et la façon dont ils s’engagent dans les forums multilatéraux clés dans les prochaines années. Ces choix incluent la réduction draconienne de leur aide au développement international et la réorientation des financements sur la priorité de la nouvelle administration de renforcer son pouvoir national, leur rejet du Programme 2030 et des ODD, ainsi que leur retrait d’importantes organisations multilatérales Un arrêt du soutien des États-Unis, ou des réductions ou des retards importants dans ce domaine, pourrait menacer la stabilité de pays entiers ou de secteurs complets d’un pay et aura un impact significatif sur la viabilité de l’architecture multilatérale de l’aide internationale mise en place depuis 1945.

En tant que ministre du Développement international, votre fonction comportera une nouvelle dimension en raison de la présidence canadienne du G7, qui constituera une de vos priorités cette année. Depuis le milieu des années 2000, le G7 a l’habitude de mobiliser le soutien de dirigeants en faveur de grandes initiatives d’aide au développement international. Dans le contexte des restrictions budgétaires, la clarification de l’« offre » du G7 en matière de développement restera importante pendant la présidence canadienne du G7, notamment en ce qui concerne l’objectif stratégique plus général de collaborer avec les marchés émergents et les pays en développement, et de contrer les « propositions » alternatives d’autres pays dans ce domaine.

2. Principales responsabilités du portefeuille du ministre du développement international

Enjeux

Contexte

La Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (2013) précise que le rôle du ministre du Développement international est de « favoriser le développement international durable et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement et de fournir une aide humanitaire en cas de crise ».

La loi souligne que le ministre des Affaires étrangères a la responsabilité générale de la conduite des affaires extérieures du Canada, y compris le développement international et le commerce international. La loi précise que le rôle du ministre du Développement international est d'« assister le ministre des Affaires étrangères dans l'exercice de ses responsabilités en matière de développement international, de réduction de la pauvreté et d'aide humanitaire ».

Soutenu par le sous-ministre du développement international, vos principales responsabilités sont les suivantes :

Vous travaillerez avec d'autres ministres, sous-ministres et hauts fonctionnaires du ministère pour mettre en œuvre la politique d'aide au développement international du gouvernement, promouvoir les priorités du gouvernement et collaborer avec les partenaires et parties prenantes canadiens, internationaux, régionaux et locaux. Vous travaillerez également avec d'autres collègues du Cabinet pour faire avancer les responsabilités des portefeuilles conjoints en fonction des priorités du gouvernement.

Considérations

Enveloppe d'assistance internationale (EAI)

L'enveloppe d'aide internationale est le principal outil de planification budgétaire du gouvernement pour soutenir les activités d'aide internationale du gouvernement fédéral. Selon les données préliminaires, en 2024-25, l'enveloppe d'aide internationale totale est évaluée à 7,88 milliards de dollars, dont 6,24 milliards de dollars sont alloués à Affaires mondiales Canada. L'enveloppe comprend six fonds distincts : le développement de base ; l'aide humanitaire ; la paix, la sécurité et la gouvernance ; le soutien aux institutions financières internationales ; le fonds de crise ; et le fonds des priorités stratégiques. Vous disposez d'autorisations de dépenses spécifiques pour les allocations de l'Enveloppe d’assistance internationale liées aux pools de financement du développement de base, de l'aide humanitaire et des institutions financières internationales.

Aux côtés du ministre des Affaires étrangères et du ministre des Finances, qui sont les cogestionnaires de l'Enveloppe d’assistance internationale, vous jouerez un rôle de premier plan dans l'élaboration d'un consensus sur l'orientation politique et l'utilisation du fonds de crise et du fonds pour les priorités stratégiques.

Responsabilités en matière de programmation

Vous jouez un rôle important en guidant l'attribution des fonds d'aide internationale du gouvernement en fonction des décisions du Cabinet et des priorités du gouvernement. Affaires mondiales Canada suit un processus d'évaluation de diligence raisonnable pour les projets afin de s'assurer qu'ils s'alignent sur des évaluations de risques solides, qu'ils comprennent une analyse et une évaluation fondées sur le genre et qu'ils sont conformes aux cadres réglementaires et législatifs applicables, y compris la Loi sur la responsabilité en matière d'aide au développement officielle (2008), la Loi sur les études d'impact (2019) et la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale et économique stratégique, afin de s'assurer qu'ils protègent l'environnement et n'entraînent pas d'effets négatifs sur l'environnement.

Gouvernance des banques de développement

Vous êtes le gouverneur du Canada auprès de la Banque africaine de développement, de la Banque asiatique de développement, de la Banque de développement des Caraïbes et de la Banque interaméricaine de développement. Ces institutions financières internationales régionales ont été créées pour soutenir la coopération internationale et contribuer à la gestion du système financier mondial. Pour les autres institutions financières internationales (la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures), le ministre des Finances est le gouverneur du Canada.

En tant que gouverneur, vous êtes responsable de la supervision et de l'engagement du Canada dans ces institutions, notamment en ce qui concerne leur orientation stratégique, leur responsabilité, leur efficacité institutionnelle et leurs décisions en matière de finances et de programmation. Affaires mondiales Canada occupe également des postes de directeur exécutif au sein de chaque institution, ce qui signifie qu'un haut fonctionnaire représente le Canada (et d'autres pays faisant partie de sa circonscription) dans ses activités quotidiennes et défend les intérêts et les priorités politiques du Canada.

Centre de recherches pour le développement international

Le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) est une société d'État créée en vertu de la Loi sur le Centre de recherches pour le développement international (Loi sur le CRDI) de 1970. Le principal objectif du CRDI est de promouvoir la recherche et l'innovation pour soutenir le progrès économique et social dans les pays en développement, conformément aux objectifs du Canada en matière de politique étrangère et d'aide au développement international. Vous êtes chargé de recommander les nominations au Conseil des gouverneurs et d'approuver les rapports de conformité, notamment le rapport annuel du CRDI au Parlement, le rapport d'audit annuel du CRDI établi par le vérificateur général et le rapport annuel sur l'application par le CRDI de la Loi sur l'accès à l'information et de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

FinDev Canada

L'institution canadienne de financement du développement, FinDev Canada, a été créée en 2018 en tant que filiale d'Exportation et développement Canada, une société d'État. FinDev Canada a pour mandat de fournir, directement ou indirectement, du financement du développement et d'autres formes de soutien au développement dans les marchés émergents et les pays en développement, d'une manière qui soit compatible avec les priorités du gouvernement en matière d'aide au développement international. Conformément à la loi sur le développement des exportations, le ministre du Commerce international est responsable d'Exportation et développement Canada, mais travaille en consultation avec le ministre du Développement international sur les questions liées au mandat de FinDev Canada.

3. Prochains événements ministériels de haut niveau

*Note : Événements de haut niveau uniquement. Sujet à modification après discussions avec le/la Ministre.

Version texte
  • 2 et 3 juin : Conférence de Hambourg sur le développement durable, Hambourg, Allemagne
    • La conférence comprendra des forums clés sur la refonte de l’architecture financière internationale, la libération des investissements pour les Objectifs de développement durable et l’optimisation de la transformation des villes, de la logistique, de la biodiversité et de l’intelligence artificielle. La conférence réunira des dirigeants de divers secteurs, dont des chefs d’État, des ministres, des chefs d’entreprise, des universitaires et des représentants de la société civile et d’organisations internationales.
  • 15 au 17 juin : Sommet du G7, Kananaskis, Alberta
    • Sommet des dirigeants du G7 organisé par le premier ministre du Canada en tant que président du G7 pour 2025. Les ministres font parfois partie de la délégation du premier ministre.
  • 25 juin : Sommet des donateurs de Gavi, « Sommet mondial : Santé et prospérité par l’intermédiaire de la vaccination », BOZAR, Bruxelles, Belgique
    • Les dirigeants de l’Union européenne et de la Fondation Gates organiseront conjointement un sommet de haut niveau sur les promesses de dons en faveur de la reconstitution des ressources de Gavi pour sa prochaine période stratégique de cinq ans (2026-2030).
  • 30 juin au 3 juillet : Quatrième conférence internationale sur le financement du développement (FFD4), Séville, Espagne
    • Une réunion de haut niveau des Nations Unies pour discuter des moyens de mobiliser des financements à l’appui des Objectifs de développement durable. La participation d’un certain nombre de chefs d’État/de gouvernement et de ministres est prévue.
  • 10 et 11 juillet : Conférence sur le redressement de l’Ukraine et réunion ministérielle de la plateforme de coordination multi-donateurs de l’Ukraine, Rome, Italie
    • L’URC2025 est un événement politique annuel de haut niveau consacré au redressement et à la reconstruction de l’Ukraine, ainsi qu’aux progrès des réformes en vue de l’adhésion de ce pays à l’Union européenne. Cette conférence rassemble les parties prenantes du gouvernement, de la société civile et du secteur privé. Une réunion ministérielle de la plateforme des donateurs pour l’Ukraine se tiendra en marge de l’événement.
  • 14 au 24 juillet : Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable de 2025 et segment de haut niveau du Conseil économique et social des Nations Unies, New York, New York, États-Unis
  • 24 et 25 juillet : G20 Réunion ministérielle du groupe de travail sur le développement, Parc national Kruger, Mpumalanga, Afrique du Sud
    • Réunion des ministres du Développement des pays du G20 qui se concentrera sur les thèmes du groupe de travail du G20 sur le développement : mobiliser les financements pour le développement et les moyens de mise en œuvre; renforcer la résilience, réduire les inégalités et éliminer la pauvreté grâce à des socles de protection sociale; et contribuer au débat sur les biens publics mondiaux et promouvoir l’accès universel à ces biens; avec pour objectif global de favoriser la réalisation des Objectifs de développement durable.
  • 4 au 8 août : Troisième conférence internationale des Nations Unies sur les pays en développement sans littoral, Turkménistan 
    • Réunion de haut niveau rassemblant un large éventail de partenaires internationaux autour du Programme d’action pour les pays en développement sans littoral (2024-2034), qui présente un plan ambitieux de développement transformateur dans les pays en développement sans littoral.
  • 23 au 30 septembre : Semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), New York, États-Unis
    • L’AGNU se tient chaque année de septembre à décembre. La Semaine de haut niveau réunit les chefs d’État ou de gouvernement et les hauts fonctionnaires de tous les États membres des Nations Unies et de l’ONU pour discuter de questions internationales cruciales. Cette année, des événements de haut niveau devraient marquer le 80e anniversaire de l’ONU.

B. Le ministère  

1. Vue d’ensemble du Ministère

Enjeux

Contexte

Ce que fait le ministère 

Le travail du ministère est essentiellement axé sur la sécurité et la prospérité du Canada et des Canadiens par la gestion des relations du gouvernement avec les gouvernements étrangers, les organisations internationales et d'autres parties prenantes. Le ministère fait partie d'un écosystème plus large d'autres acteurs qui défendent les intérêts canadiens à l'étranger, y compris d'autres ministères fédéraux, des provinces et des territoires, ainsi que des particuliers et des entreprises.

Personnel et compétences

Les employés d’AMC possèdent un large éventail de compétences et de fonctions. Ils comprennent des agents du service extérieur, dont la carrière est axée sur la représentation du Canada dans les domaines de la diplomatie, de la promotion du commerce, de l'aide au développement international et des services consulaires. Ils comprennent également des cadres supérieurs et des chefs de mission, qui assurent le leadership à l'administration centrale, dans les bureaux régionaux et dans les ambassades, les hauts-commissariats, les consulats et les bureaux commerciaux du Canada à l'étranger. Environ 1 350 agents et cadres du service extérieur travaillent à l'étranger et dans nos bureaux régionaux. Le travail de représentation du Canada dans le monde est soutenu par environ 5 500 employés recrutés localement (il s'agit d'employés embauchés en vertu de la législation du travail locale). Au siège, il y a également environ 6 500 employés, dont des chargés de politiques, des spécialistes de la programmation, des spécialistes des communications et le personnel de soutien administratif, financier et informatique nécessaire au fonctionnement d'une organisation complexe.

Le ministère dispose de six bureaux régionaux au Canada, notamment pour s'engager auprès des entreprises canadiennes. Ils sont situés à Vancouver, Calgary, Winnipeg, Toronto, Montréal et Halifax.

La plateforme internationale

La responsabilité de la présence du gouvernement à l'étranger, qui comprend un portefeuille de propriétés et d'actifs dans le monde entier, constitue un aspect unique du travail du ministère. Travaillant dans 181 missions réparties dans 112 pays, la plateforme internationale du ministère soutient le travail à l'étranger d'autres ministères, agences, sociétés d'État, provinces et gouvernements étrangers partenaires situés au sein des mêmes bâtiments des missions du Gouvernement du Canada. Si certaines missions sont davantage axées sur le suivi de l'évolution de la situation politique, et d'autres sur la promotion du commerce ou l'aide au développement international, toutes ont besoin de locaux, de ressources humaines et d'un soutien matériel, souvent dans des environnements opérationnels complexes.

Travail principal

Une partie intégrante du travail des fonctionnaires du ministère à l'étranger consiste à défendre et à promouvoir les intérêts du Canada (tels qu'ils sont définis par le gouvernement). Pour ce faire, ils établissent et entretiennent des relations bilatérales et multilatérales, jouent un rôle de premier plan dans les questions et les négociations mondiales et encouragent le respect du droit international, y compris par l'application de sanctions.

Le ministère promeut l'expansion du commerce et de l'investissement au profit de tous les Canadiens, notamment en favorisant la réussite des exportateurs et des innovateurs canadiens. Grâce au Service des délégués commerciaux, il s'efforce également de préserver un système commercial mondial ouvert et fondé sur des règles, de négocier des accords commerciaux et de gérer les différends commerciaux internationaux.

Afin d'assurer la sécurité des Canadiens à l'étranger, le ministère fournit des informations sur les voyages et des services consulaires. Ces services comprennent des visites dans les lieux de détention, le déploiement de personnel pour évacuer les Canadiens en cas de crise (plus de 3,4 fois au cours des cinq dernières années) et la fourniture de documents d'urgence.

Le ministère a également des responsabilités juridiques et est la principale source de conseils en matière de droit international public, de commerce international, de droit de l'investissement et de négociation de traités pour le gouvernement.

Diverses enveloppes de financement soutiennent l'action internationale du gouvernement, avec un budget total de 9,2 milliards $ en 2024-25. La plus importante est l'enveloppe de l'aide internationale, dont 80% est administré par AMC. En 2024-2025, cette enveloppe visait à : soutenir la réduction de la pauvreté; atténuer les souffrances dans les crises humanitaires; atténuer l’impact des changements climatiques; renforcer les possibilités de croissance économique; promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes; et améliorer les résultats en matière de santé et d'éducation. L'enveloppe a également soutenu des activités qui renforcent la paix et la sécurité, par exemple en luttant contre l'extrémisme violent et le terrorisme, en soutenant le renforcement des capacités de lutte contre la criminalité et en soutenant les opérations de paix et la gestion des conflits.

Considérations

AMC a trois sous-ministres et une sous-ministre déléguée qui travaillent en appui aux mandats ministériels. Le ministère a récemment effectué un effort de transformation qui comprend une nouvelle structure organisationnelle et un nouveau modèle de gouvernance, faisant partie d’un grand plan de transformation sur 3 ans, centré sur 5 piliers : sa culture organisationnelle, ses gens, sa présence mondiale, sa politique et ses processus et outils. Présentement à mi-chemin, cet effort de transformation pluriannuel vise à positionner AMC comme un ministère d’excellence en politiques étrangères, en développement international, en services commerciaux et consulaires où les employés sont fiers d’y travailler et sont équipés pour le faire. Il s'agit de reconnaître que le ministère doit évoluer pour mieux servir les Canadiens, à la fois dans leur pays et à l'étranger, et pour faire face à l'évolution du contexte mondial.

Douze secteurs sont dirigés par des sous-ministres adjoints, qui rendent compte aux sousministres. Ces sous-ministres adjoints travaillent avec les ministres, leur propre personnel et les partenaires extérieurs pour réaliser les priorités du gouvernement, leurs responsabilités allant des régions géographiques aux questions fonctionnelles et corporatives.

Un plan ministériel fournit une vue d'ensemble des priorités politiques, des responsabilités principales, des résultats prévus et des besoins en ressources associés pour l'exercice financier à venir. Il est approuvé par les ministres et normalement présenté au Parlement en février/mars. Le plan présente également les objectifs de performance par rapport auxquels le ministère rendra compte de ses résultats. Un rapport sur les résultats du ministère est ensuite présenté au Parlement à l'automne pour l’année fiscale précédente.

Le budget total du ministère pour 2024-25 s'élève à ce jour à 9,2 milliards de dollars. Ce montant comprend : 

Version texte

Répartition du budget par responsabilité principale du ministère en 2024-25 :

Diplomatie et défense des intérêts à l'échelle internationale : $1 039 million

Commerce et investissements : $421 million

Programmation en matière de développement, de paix et de sécurité : $5 885 million

Aide aux Canadiens à l'étranger : $74 million.

Soutien à la présence du Canada à l'étranger : $1 335 million

Services internes : $478 million

2. Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement

Loi sur le ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement

3. Centre de recherches pour le développement international

Enjeux

Contexte

Mandat

Le CRDI, une société d’État créée en 1970 par la Loi sur le Centre de recherches pour le développement international (Loi sur le CRDI), fait progresser les objectifs du gouvernement du Canada en matière de politique étrangère et d’aide au développement international. Le CRDI finance la recherche et l’innovation à l’appui du progrès économique et social dans les pays en développement, en phase avec les intérêts stratégiques du gouvernement.

Pour atteindre ses objectifs, le CRDI finance des recherches qui renforcent les capacités, favorisent l’innovation et mènent à des solutions fondées sur des données probantes pour relever les défis mondiaux. Le mandat principal du CRDI est défini au paragraphe 4(1) de la Loi sur le CRDI et consiste en ce qui suit :

  1. faire appel à des spécialistes et techniciens en sciences naturelles et sociales, tant du Canada que de l’étranger;
  2. aider [les régions en développement] à se doter du potentiel – en personnel et institutions – de recherche scientifique et d’innovation technique nécessaire à la solution de leurs problèmes;
  3. de manière générale, encourager la coordination de la recherche pour le développement international;
  4. promouvoir, en matière de recherche sur les problèmes de développement, la coopération – à leur avantage mutuel – entre les régions développées et celles en voie de développement.

Le CRDI est présent à l’étranger, noue des alliances qu’il mobilise pour surmonter des obstacles au développement social et économique et appuie la recherche et l’innovation afin de favoriser la prospérité dans les marchés émergents.

Le CRDI est régi par un Conseil des gouverneurs, qui comprend la présidente du CRDI, la présidente du Conseil et jusqu’à 12 autres gouverneurs. Le Conseil établit la stratégie, approuve les budgets et veille au respect de la Loi sur le CRDI. Le ministre du Développement international soumet les recommandations de nominations au Conseil des gouverneurs.

Aperçu des ressources 

Pour 2025-2026, le budget principal des dépenses du CRDI s’élève à 159,4 millions de dollars, provenant de l’enveloppe de l’aide au développement international, qui finance les programmes fédéraux d’aide au développement international. Ce montant représente un peu plus de 2 % de l’enveloppe de l’aide au développement international du gouvernement du Canada. De 2020 à 2024, le CRDI s’est positionné comme un centre de recherche appliquée clé en tirant parti de son crédit parlementaire pour établir des partenariats de financement avec des donateurs bilatéraux, dont Affaires mondiales Canada, et des fondations, recueillant ainsi 426,6 millions de dollars supplémentaires pour soutenir son travail et faire progresser les objectifs de la politique étrangère du gouvernement du Canada.

En février 2025, le CRDI employait 374 personnes réparties entre son siège à Ottawa, en Ontario, et ses cinq bureaux régionaux à Amman (Jordanie), à Dakar (Sénégal), à Montevideo (Uruguay), à Nairobi (Kenya) et à New Delhi (Inde). Cette structure décentralisée stimule les partenariats locaux, favorise l’expertise et renforce l’engagement international du gouvernement du Canada.

Orientation stratégique

La Stratégie 2030 du CRDI s’articule autour de trois objectifs fondamentaux :

Ses cinq principaux domaines de programmes concordent avec les priorités actuelles du gouvernement du Canada en matière de développement :

Parmi les thèmes transversaux figurent l’égalité des genres, l’action climatique et l’intelligence artificielle (IA) responsable.

Partenariats 

Le CRDI met l’accent sur des partenariats stratégiques avec des chercheurs, des décideurs et des établissements publics et privés afin de faire progresser la recherche et les connaissances fondées sur des données probantes.

Parmi ses initiatives phares, mentionnons le programme de l’IA au service du développement, dans le cadre duquel le CRDI s’associe au Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, à des fondations philanthropiques, à des entités du secteur privé comme Google et à des institutions comme le Centre africain d’études technologiques.

Le CRDI travaille en étroite collaboration avec Affaires mondiales Canada dans des domaines d’intérêt stratégiques et de programmation, comme l’initiative du savoir au service de la démocratie au Myanmar, qui mobilise les membres de la diaspora et favorise le développement et la diffusion de la recherche et du savoir.

4. Sous-ministres et sous-ministres adjoints

Sous-ministres

USS – David Morrison, Sous-ministre adjoint des Affaires étrangères

Le 12 octobre 2022, David Morrison a été nommé sous-ministre des Affaires étrangères. Avant cela, M. Morrison a été sousministre du Commerce international. Il a également été conseiller en politique étrangère et de défense auprès du Premier ministre (2019-2022), représentant personnel du Premier ministre pour le Sommet du G7 (2018-2023) et a occupé des postes tels que sous-ministre délégué des Affaires étrangères (2017-2019) et sous-ministre adjoint de la Direction des Amériques à Affaires mondiales Canada (2013-2017).

Auparavant, M. Morrison était vice-président principal de l'ancienne Agence canadienne de développement international (2012-2013). Il a également été secrétaire exécutif du Fonds d'équipement des Nations Unies (2008-2012) et directeur des communications du Programme des Nations Unies pour le développement (2004-2008). Il a commencé sa carrière avec le Programme des Nations Unies pour le développement en Corée du Nord et a occupé divers rôles diplomatiques et de leadership.

M. Morrison est titulaire d'une maîtrise en philosophie d'Oxford et d'un baccalauréat de Yale.

DMT – Rob Stewart, Sous-ministre du Commerce international 

Rob Stewart a été nommé sous-ministre du Commerce international en octobre 2022. Avant cela, il a été sous-ministre de la Sécurité publique pendant trois ans, fournissant un leadership en matière de sécurité nationale, de sécurité communautaire et de gestion des urgences.

M. Stewart a passé la majeure partie de sa carrière au ministère des Finances Canada, à partir de 1993. Il a été le sous-ministre des Finances du gouvernement du Canada pour le G7, le G20 et le Conseil de stabilité financière (2016-2019) et a occupé des postes tels que sous-ministre adjoint du Commerce international et des Finances (2010-2014) et sous-ministre adjoint de la Politique du secteur financier (2008-2010). Avant de rejoindre le ministère des Finances Canada, M. Stewart a travaillé à Exportation et développement Canada et dans le système sportif canadien.

Il est titulaire d'un baccalauréat de l'Université Carleton et d'un MBA de l'Université d'Ottawa.

DME – Christopher MacLennan, Sous-ministre du Développement international

Christopher MacLennan a été nommé sous-ministre du Développement international en janvier 2022. Avant d'occuper son poste actuel, il a été le représentant personnel du Premier ministre pour le Sommet du G20 (2020-2024) et le sous-ministre délégué des Affaires étrangères (2020-2022). En tant que sousministre adjoint à Affaires mondiales Canada, il a dirigé les efforts d'aide au développement international du Canada et a été le sous-sherpa des affaires étrangères du G7 pour le Canada (2017-2020).

M. MacLennan a occupé divers rôles au Bureau du Conseil privé, y compris celui de secrétaire adjoint par intérim pour les priorités et la planification et celui de sous-ministre adjoint de l'innovation politique (2015-2017). Il a également occupé des postes de direction au sein de l'ancienne Agence canadienne de développement international, tels que directeur général, Santé et Nutrition (2013-2015) et directeur général, Direction de la politique thématique et sectorielle (2009-2013).

M. MacLennan est titulaire d'un doctorat de l'Université Western, spécialisé dans le développement constitutionnel et les droits humains internationaux.

DMA – Sandra McCardell, Sous-ministre déléguée des Affaires étrangères

Sandra McCardell a été nommée sous-ministre déléguée des Affaires étrangères en juillet 2024. Avant cela, elle était sous-ministre adjointe de la Direction générale des affaires internationales à Environnement et Changement climatique Canada (ECCC). Elle a occupé plusieurs postes de haute direction, tels que sous-ministre adjointe de la Direction générale de l'Europe, de l'Arctique, du Moyen-Orient et du Maghreb à Affaires mondiales Canada (2020-2023) et directrice générale du Bureau du Moyen-Orient (2019-2020).

Mme McCardell a été haut-commissaire du Canada en Afrique du Sud, en Namibie, au Lesotho, à Maurice et à Madagascar (2015-2019), ambassadrice du Canada au Maroc et en Mauritanie (2012-2015) et ambassadrice du Canada en Libye (2009-2011).  Fidèle à son engagement envers un lieu de travail sain, Sandra a été co-championne des valeurs et de l'éthique à l'ECCC et championne des femmes à AMC (2020-2023).

Mme McCardell est titulaire d'un baccalauréat en arts de l'Université de l'Alberta.

Sous-ministres adjointe

Secteurs fonctionnels

CFM – Tara Denham, SMA, Secteur de la gestion des urgences et des affaires juridiques et consulaires et Haute représentante pour les affaires d’otages 

Tara Denham est la sous-ministre adjointe de la Gestion des urgences, des Affaires juridiques et consulaires et haute représentante pour les affaires d'otages. Auparavant, Mme Denham était directrice générale des droits de la personne, des libertés et de l'inclusion à Affaires mondiales Canada et responsable principale des questions de politique en matière de cyber-technologies, technologies numériques et technologies émergentes.

IFM – Richard Arbeiter, SMA, Secteur de la sécurité internationale et des affaires politiques et directeur politique

Richard Arbeiter est actuellement directeur politique et sous-ministre adjoint de la Sécurité internationale et des affaires politiques. De 2018 à 2024, M. Arbeiter a été ambassadeur et représentant permanent adjoint du Canada auprès des Nations Unies à New York.

RFM – Catherine Jobin, SMA, Secteur de la stratégie, des politiques et des affaires publiques 

Catherine Jobin est la sous-ministre adjointe de la Stratégie, des Politiques et des Affaires publiques. Au début de sa carrière, Catherine a travaillé au Secrétariat des priorités et de la planification du Bureau du Conseil privé, avec l'Agence canadienne de développement international, et a été affectée à l'ambassade du Canada en Afghanistan.

TFM – Sara Wilshaw, SMA principale, Commerce international et Déléguée commerciale en chef  

Sara Wilshaw est la sous-ministre adjointe principale du Commerce international et la Déléguée commerciale en chef. Avant cela, Mme. Wilshaw a servi comme Directrice des Opérations du bureau du conseiller aux politiques étrangères et à la défense auprès du Premier ministre, au Bureau du Conseil privé.

YFM – Leslie Norton, SMA, Secteur des partenariats et des programmes d'aide internationale  

Leslie E. Norton est la sous-ministre adjointe des partenariats et des programmes d'aide internationale. Avant cela, elle a été nommée ambassadrice et représentante permanente du Canada auprès des Nations Unies et de la Conférence du désarmement à Genève.

Secteurs géographiques

GM – Alexandre Lévêque, SMA, Secteur de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Arctique  

Alexandre Lévêque est le sous-ministre adjoint responsable de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Arctique. Auparavant, il était sous-ministre adjoint pour la politique stratégique à Affaires mondiales Canada et secrétaire adjoint du Cabinet au Secrétariat de la politique étrangère et de la défense du Bureau du Conseil privé. Il a également servi en tant que haut-commissaire du Canada en Tanzanie, avec accréditation concurrente dans la République des Seychelles, et ambassadeur auprès de l'Union des Comores.

NGM –Shalini Anand, SMA, Secteur des Amériques  

Shalini Anand est la sous-ministre adjointe des Amériques. Auparavant, elle a été directrice générale du Bureau de la politique commerciale et des contrôles à l'exportation, Direction générale de la politique commerciale et des négociations. Elle a servi à l'étranger lors de trois affectations en Asie, couvrant des portefeuilles de politique étrangère et de promotion du commerce, y compris en tant que consule et chef du secteur politique au consulat général du Canada à Hong Kong.

OGM – Weldon Epp, SMA, Secteur de l'Indo-Pacifique  

Weldon Epp est le sous-ministre adjoint de l'Indo-Pacifique. Avant cela, il était directeur général du Bureau de l'Asie du Nord-Est. À l'étranger, il a servi en tant que consul général à Guangzhou et à Shanghai, et a eu des affectations à Jakarta, Taipei et Pékin.

WGM/GFM – Cheryl Urban SMA, Secteur de l'Afrique et SMA, Affaires pan-géographique  

Cheryl Urban est la sous-ministre adjointe pour les branches Afrique et Affaires pan-géographiques. Avant cela, elle était directrice générale du développement économique, dirigeant l'engagement du département avec les institutions financières internationales. Mme Urban a également été directrice générale de la planification stratégique, de la performance et de la gestion des risques; directrice de programme pour l'Asie du Sud-Est; et directrice de la politique avec la Force opérationnelle pour l'Afghanistan, ce qui comprenait des missions sur le terrain à Kaboul et à Kandahar.

Secteur corporatif

ACM – Stéphane Cousineau, SMA principal, Secteur de la Plateforme internationale  

Stéphane Cousineau dirige les Directions générales de la plateforme internationale en tant que sous-ministre adjoint principal depuis janvier 2022. Avant cela, il a été sous-ministre adjoint principal des Services corporatifs à Services partagés Canada pendant près de quatre ans. Ses rôles précédents incluent sous-ministre adjoint des Services de gestion corporative et chef des finances au Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada.

SCM – Shirley Carruthers, SMA, Secteur de la planification ministérielle, de la finance et de la technologie de l'information  

Shirley Carruthers est la sous-ministre adjointe principale de la Direction générale des ressources humaines et de la gestion corporative, et la directrice financière (CFO).

Entre 2021 et 2023, Shirley a occupé le poste de SMA, Secteur de la gestion corporative et des services, et CFO à Ressources naturelles Canada (RNCan), où elle était responsable des finances, des ressources humaines, de la gestion de l'information, de la technologie de l'information, des biens immobiliers et de la sécurité.

Bureau spéciaux

DFMT – Antoine Chevrier, Dirigeant principal de la transformation  

Antoine Chevrier est le directeur principal de la transformation à Affaires mondiales Canada. Avant cela, il a été directeur général des affaires panafricaines, puis sous-ministre adjoint des affaires intergouvernementales au Bureau du Conseil privé, avant d'assumer le poste de sous-ministre adjoint pour l'Afrique subsaharienne.

DSMX – Daniel Desfossés, SMA, Bureau de gestion des sommets  

Daniel Desfossés a été nommé sous-ministre adjoint du Bureau de gestion des sommets. Avant cela, M. Desfossés a été directeur général régional pour le Québec et l'Atlantique à Environnement et Changement climatique Canada. Il a également été directeur général de la planification, Bureau de gestion des sommets, pour le Sommet du G7 de 2018, à Affaires mondiales Canada (2017-2019).

5. Structure organisationnelle

Version texte

Niveau 1 – Sous-ministres

Sous-ministre des Affaires étrangères – David Morrison (USS)

Sous-ministre du Commerce International – Rob Stewart (DMT)

Sous-ministre du Développement international – Christopher MacLennan (DME)

Sous-ministre déléguée des Affaires étrangères – Sandra McCardell (DMA)

Niveau 2 – Sous-ministre adjoints et rapports directs spéciaux

Branches fonctionnelles:

SMA, Secteur de la gestion des urgences et affaires juridiques et consulaires – Tara Denham (CFM)

SMA, Secteur de la sécurité internationale et des affaires politiques – Richard Arbeiter (IFM)

SMAA, Secteur de la sécurité internationale et des affaires politiques – Larisa Galadza (IFMA)

SMA, Secteur de la stratégie, des politiques et des affaires publiques – Catherine Jobin (RFM)

SMAA, Secteur de la stratégie, des politiques et des affaires publiques – Marie-Elise Rancourt (RFMA)

SMA principale, Déléguée commerciale en chef du secteur du commerce international – Sara Wilshaw (TFM)

SMAA, négociateur commercial en chef du secteur du commerce international – Aaron Fowler (TFMA)

SMAA, Secteur du commerce international – Michelle Cooper (TFMB)

SMA, Secteur des partenariats et des programmes d’aide internationale – Leslie Norton (YFM)

SMAA, Secteur des partenariats et des programmes d’aide internationale – Patricia Peña (YFMA)

Branches géographiques:

SMA, Secteur de l’Europe, du Moyen-Orient et de l’Arctique – Alexandre Lévêque (EGM)

SMA, Secteur des Amériques – Shalini Anand (NGM)

SMA, Secteur de l’Indo-Pacifique – Weldon Epp (OGM)

SMA, Secteur de l’Afrique et SMA, Secteur des affaires pangéographiques – Cheryl Urban (WGM/GFM)

Branches corporatives:

SMA, Secteur de la plateforme internationale – Stéphane Cousineau (ACM)

SMAA, Secteur de la plateforme internationale – Robin Dubeau (ACMA)

SMA, Secteur de la planification ministérielle, de la finance et de la technologie de l'information – Shirley Carruthers (SCM)

SMAA, Gestion des personnes et des talents – Vera Alexander (HCM)

Bureaux juridiques:

Jurisconsulte et Directeur général, Droit international – Louis-Martin Aumais (JLD)

DG, Direction générale du droit commercial – Shane Spelliscy (JLT)

Rapports directs spéciaux:

Dirigeant principal de la transformation, Direction générale de l’équipe de la transformation – Antoine Chevrier (DMFT)

SMA, Bureau de la gestion des sommets – Daniel Desfossés (DSMX)

Directrice executive et Avocate principale Générale, Direction Générale des affaires juridiques – Jolene Harvey (JUS)

Dirigeante principale de l'audit interne, Bureau du dirigeant principal de l'audit et des enquêtes spéciales – Natalie Lalonde (VBD)

Chef du Protocole du Canada, Bureau du Protocole – Sébastien Carrière (XDD)

Ombud du mieux-être & Inspectrice générale, Bureau de l’ombud, du mieux-être en milieu de travail et de l’inspectrice générale ou de l’inspecteur général – Ayesha Rekhi (ZID)

Annexe : Structure organisationnelle exécutive d'Affaires mondiales Canada (Administration centrale)

Légende

SMA : Sous-ministre adjoint(e)

SMAD : Sous-ministre adjoint(e) délégué(e)

DG : Directeur(trice) général(e)

Symboles départementaux : Conventions et désignations

À Affaires mondiales Canada, les désignations des symboles sont composées de trois lettres, avec quatre lettres pour les sous-groupes et les groupes spéciaux.

Il y a des exceptions aux règles générales pour les bureaux spéciaux (par ex. DMFT, JUS, VBD, etc.).

6. Carte du réseau

Version texte

La carte du monde sert de représentation visuelle du réseau mondial des missions diplomatiques au 31 mars 2025 et montre la répartition de 181 missions dans 112 pays, ainsi que de 6 bureaux régionaux au Canada. La carte indique le nombre de postes à l'étranger au 31 mars, soit 2 400 employés canadiens et 5 928 employés recrutés sur place. Elle présente également les missions par désignation : 84 ambassades, 23 hauts-commissariats, 19 bureaux, 2 bureaux de représentation, 12 missions multilatérales, 26 consulats généraux, 9 consulats et 6 agences consulaires.

Liste complète des missions du Canada à l'étranger et bureaux régionaux canadiens, au 31 mars 2025

BureauPaysDésignation du bureau
CalgaryCanadaBureau régional canadien
HalifaxCanadaBureau régional canadien
MontréalCanadaBureau régional canadien
TorontoCanadaBureau régional canadien
VancouverCanadaBureau régional canadien
WinnipegCanadaBureau régional canadien
AcapulcoMexiqueAgence consulaire
CancunMexiqueAgence consulaire
MazatlanMexiqueAgence consulaire
Playa del CarmenMexiqueAgence consulaire
Puerto VallartaMexiqueAgence consulaire
San José del CaboMexiqueAgence consulaire
AbidjanCôte d'IvoireAmbassade
Abou DhabiÉmirats arabes unisAmbassade
Addis-AbebaÉthiopieAmbassade
AlgerAlgérieAmbassade
AmmanJordanieAmbassade
AnkaraTürkiyeAmbassade
AstanaKazakhstanAmbassade
AthènesGrèceAmbassade
BagdadIraqAmbassade
BamakoMaliAmbassade
BangkokThaïlandeAmbassade
BeijingChineAmbassade
BelgradeSerbieAmbassade
BerlinAllemagneAmbassade
BerneSuisseAmbassade
BeyrouthLibanAmbassade
BogotaColombieAmbassade
BrasiliaBrésilAmbassade
BratislavaSlovaquieAmbassade
BruxellesBelgiqueAmbassade
BucarestRoumanieAmbassade
BudapestHongrieAmbassade
Buenos AiresArgentineAmbassade
CaracasVenezuelaAmbassade
CopenhagueDanemarkAmbassade
DakarSénégalAmbassade
DamasSyrieAmbassade
DjoubaSoudan du SudAmbassade
DohaQatarAmbassade
DublinIrlandeAmbassade
ErevanArménieAmbassade
Guatemala CityGuatemalaAmbassade
HanoïVietnamAmbassade
HarareZimbabweAmbassade
HelsinkiFinlandeAmbassade
JakartaIndonésieAmbassade
KaboulAfghanistanAmbassade
KhartoumSoudanAmbassade
KievUkraineAmbassade
KinshasaRépublique démocratique du CongoAmbassade
KoweïtKoweïtAmbassade
La HavaneCubaAmbassade
La HayePays-BasAmbassade
Le CaireÉgypteAmbassade
LimaPérouAmbassade
LisbonnePortugalAmbassade
MadridEspagneAmbassade
ManillePhilippinesAmbassade
MexicoMexiqueAmbassade
MontevideoUruguayAmbassade
MoscouRussieAmbassade
OsloNorvègeAmbassade
OuagadougouBurkina FasoAmbassade
Oulan-BatorMongolieAmbassade
PanamaPanamaAmbassade
ParisFranceAmbassade
Phnom PenhCambodgeAmbassade
Port-au-PrinceHaïtiAmbassade
PragueTchéquieAmbassade
QuitoÉquateurAmbassade
RabatMarocAmbassade
ReykjavikIslandeAmbassade
RigaLettonieAmbassade
RiyadhArabie saouditeAmbassade
RomeItalieAmbassade
Saint-DomingueRépublique dominicaineAmbassade
San JoséCosta RicaAmbassade
San SalvadorSalvadorAmbassade
SantiagoChiliAmbassade
SéoulRépublique de CoréeAmbassade
StockholmSuèdeAmbassade
TallinnEstonieAmbassade
Tel-AvivIsraëlAmbassade
TokyoJaponAmbassade
TripoliLibyeAmbassade
TunisTunisieAmbassade
VarsoviePologneAmbassade
VaticanÉtat de la Cité du VaticanAmbassade
VienneAutricheAmbassade
VientianeLaosAmbassade
VilniusLituanieAmbassade
Washington, DCÉtats-UnisAmbassade
YangonMyanmarAmbassade
ZagrebCroatieAmbassade
BarceloneEspagneBureau de l'Ambassade
Belo HorizonteBrésilBureau de l'Ambassade
FukuokaJaponBureau de l'Ambassade
OsakaJaponBureau de l'Ambassade
Palo AltoÉtats-UnisBureau de l'Ambassade
Porto AlegreBrésilBureau de l'Ambassade
RecifeBrésilBureau de l'Ambassade
SapporoJaponBureau de l'Ambassade
CotonouBéninBureau de programme de l'Ambassade
La PazBolivieBureau de programme de l'Ambassade
ManaguaNicaraguaBureau de programme de l'Ambassade
TegucigalpaHondurasBureau de programme de l'Ambassade
LusakaZambieBureau de programme du Haut-commissariat
RamallahCisjordanie et GazaBureau de représentation
TaipeiTaïwanBureau de représentation
AhmedabadIndeBureau du Haut-commissariat
ChennaiIndeBureau du Haut-commissariat
HyderabadIndeBureau du Haut-commissariat
JohannesburgAfrique du SudBureau du Haut-commissariat
KarachiPakistanBureau du Haut-commissariat
KolkataIndeBureau du Haut-commissariat
AucklandNouvelle-ZélandeConsulat
DüsseldorfAllemagneConsulat
GuadalajaraMexiqueConsulat
HoustonÉtats-UnisConsulat
MilanItalieConsulat
MunichAllemagneConsulat
NagoyaJaponConsulat
Punta CanaRépublique dominicaineConsulat
AtlantaÉtats-UnisConsulat Général
BengaluruIndeConsulat Général
BostonÉtats-UnisConsulat Général
ChandigarhIndeConsulat Général
ChicagoÉtats-UnisConsulat Général
ChongqingChineConsulat Général
DallasÉtats-UnisConsulat Général
DenverÉtats-UnisConsulat Général
DétroitÉtats-UnisConsulat Général
DubaïÉmirats arabes unisConsulat Général
GuangzhouChineConsulat Général
Hô Chi Minh-VilleVietnamConsulat Général
Hong KongChineConsulat Général
IstanbulTürkiyeConsulat Général
Los AngelesÉtats-UnisConsulat Général
MiamiÉtats-UnisConsulat Général
MinneapolisÉtats-UnisConsulat Général
MonterreyMexiqueConsulat Général
MumbaiIndeConsulat Général
New YorkÉtats-UnisConsulat Général
Rio de JaneiroBrésilConsulat Général
San FranciscoÉtats-UnisConsulat Général
Sao PauloBrésilConsulat Général
SeattleÉtats-UnisConsulat Général
ShanghaiChineConsulat Général
SydneyAustralieConsulat Général
AbujaNigériaHaut-commissariat
AccraGhanaHaut-commissariat
Bandar Seri BegawanBrunéiHaut-commissariat
BridgetownBarbadeHaut-commissariat
CanberraAustralieHaut-commissariat
ColomboSri LankaHaut-commissariat
DaccaBangladeshHaut-commissariat
Dar es SalaamTanzanieHaut-commissariat
GeorgetownGuyanaHaut-commissariat
IslamabadPakistanHaut-commissariat
KigaliRwandaHaut-commissariat
KingstonJamaïqueHaut-commissariat
Kuala LumpurMalaisieHaut-commissariat
LondresRoyaume-UniHaut-commissariat
MaputoMozambiqueHaut-commissariat
NairobiKenyaHaut-commissariat
New DelhiIndeHaut-commissariat
Port d'EspagneTrinité-et-TobagoHaut-commissariat
PretoriaAfrique du SudHaut-commissariat
SingapourSingapourHaut-commissariat
SuvaFidjiHaut-commissariat
WellingtonNouvelle-ZélandeHaut-commissariat
YaoundéCamerounHaut-commissariat
LagosNigériaHaut-commissariat auxiliaire
Addis AUÉthiopieMission Permanente
Bruxelles EUBelgiqueMission Permanente
Bruxelles OTANBelgiqueMission Permanente
Genève OMCSuisseMission Permanente
Genève PERMSuisseMission Permanente
Jakarta ANASEIndonésieMission Permanente
New York PERMÉtats-UnisMission Permanente
Paris OCDEFranceMission Permanente
Paris UNESCOFranceMission Permanente
Vienne OSCEAutricheMission Permanente
Vienne PERMAutricheMission Permanente
Washington OEAÉtats-UnisMission Permanente

C. Tendances principales

1. Contexte du développement international

Enjeux

Contexte

La pauvreté extrême a à peine diminué depuis 2015. Selon la Banque mondiale, la projection de la croissance mondiale au cours des 5 prochaines années est la plus faible depuis des décennies. 1

Version texte

Part de la population vivant dans l’extrême pauvreté, de 2000 à 2024.

L’extrême pauvreté est définie comme le fait de vivre avec moins de 2,15 $US par jour, selon le seuil international de pauvreté. Ces données sont ajustées en fonction de l’inflation et des différences de coût de la vie entre les pays.

Le graphique montre une baisse générale de l’extrême pauvreté entre 2000 et 2024 dans plusieurs régions, classées selon le niveau d’extrême pauvreté le plus élevé au plus faible en 2024 : Afrique orientale et australe, Afrique subsaharienne, Afrique de l’Ouest et centrale, Monde, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Asie de l’Est et Pacifique, Europe et Asie centrale. Aucune donnée chiffrée n’est indiquée sur le graphique, seulement les courbes de tendance.

Le nombre de conflits est en hausse; on dénombrait plus de 100 conflits actifs en 2023, lesquels ont mené au déplacement forcé de plus de 100 millions de personnes. Cette situation a mené à une augmentation correspondante des besoins humanitaires. Les répercussions des changements climatiques sont de plus en plus importantes et extrêmes, entraînant des tensions et des désaccords mondiaux pour déterminer « qui paie ». De nos jours, les besoins en matière de financement de l’action climatique représentent une grande portion de l’aide publique au développement (APD).

Les pays en développement doivent composer avec une hausse de leurs niveaux d’endettement et un rétrécissement de leur marge de manœuvre budgétaire, qui limitent leur capacité à investir dans le développement durable. Il y a 3,3 milliards de personnes qui vivent dans des pays où le gouvernement dépense plus en paiement d’intérêts qu’en santé ou en éducation.2 Par conséquent, les pays en développement plaident en faveur d’un meilleur accès au financement assorti de conditions de faveur, d’une plus grande coopération internationale en matière de fiscalité et d’une amélioration des cadres globaux relatifs à la dette.

Le secteur privé joue un rôle fondamental pour favoriser la création d’emploi, l’innovation et la croissance économique dans les pays en développement. Les donateurs, comme le Canada, utilisent de faibles taux d’intérêts, ou d’autres concessions, pour attirer les investissements privés dans les pays en développement afin de soutenir le développement durable. Cette approche est connue sous le nom de financement mixte, et elle aide à réduire les risques pour les investisseurs privés, pour que ce soit plus attrayant pour eux d’investir dans des domaines qui auraient autrement pu être trop risqués ou ne pas être rentables. Les institutions bilatérales de financement du développement, telles que FinDev Canada, peuvent également jouer un rôle important dans la création d’un climat d’investissement plus attrayant.

Bien que l'aide publique au développement (APD) continue de jouer un rôle clé dans l'équation du financement du développement, y compris en ce qui concerne l’allocation de financements climatiques, elle n'a jamais été conçue pour répondre seule aux besoins mondiaux croissants. Les pays en développement doivent mobiliser des flux supplémentaires, y compris les recettes nationales et les investissements directs étrangers, pour combler le fossé financier croissant afin d'atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Pour leur part, le Canada et d'autres donateurs cherchent de plus en plus à travailler avec de nouveaux partenaires, y compris le secteur privé, pour débloquer de nouvelles sources de financement.

Considérations

Réductions budgétaires généralisées 

Par le passé, les États-Unis ont été de loin le plus grand fournisseur d’APD, ayant fourni 64,7 milliards $ US en 2023 (30 % du total de l’APD du Comité d’aide au développement) comparativement à l’Allemagne, au 2e rang, qui a fourni 37,9 milliards, et le Canada, au 6e rang avec 7,97 milliards. Les États-Unis ont fourni près de 42 % de l’aide humanitaire à l’échelle mondiale en 2024. Les choix faits par l’administration actuelle des États-Unis visant à réduire considérablement le financement de l’aide internationale et à réaffecter les fonds restants pour mieux respecter les nouvelles priorités en matière de politique étrangère ont des répercussions profondes sur les pays et les régions qui ont longtemps compté sur l’aide des États-Unis. Ces décisions affecteront également la façon dont le Canada et les autres donateurs fourniront leur aide au développement international et participeront aux principaux forums internationaux au cours des prochaines années. D’autres donateurs (c.-à-d. le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas) ont également récemment annoncé des réductions dans leur budget d’aide au développement international, entraînant des écarts importants et des incertitudes pour les pays en développement.

Les intérêts nationaux, y compris les intérêts en matière de sécurité économique (chaînes d’approvisionnement, garantir l’accès aux minéraux critiques, modalités de commerce international) occupent une place de plus en plus importante dans les considérations relatives à la façon dont les donateurs dépensent leurs fonds consacrés à l’aide au développement international. Cela est motivé par les citoyens qui exigent de leurs gouvernements une plus grande attention sur les principaux enjeux affectant leur sécurité et leur prospérité – tels que la migration, la criminalité transnationale et la facilitation du commerce – et qui souhaitent que l'aide au développement y contribue.

Pression en faveur d’une réforme 

De nombreux pays du Sud demandent une réforme des systèmes et des institutions de développement international, soulignant les inégalités structurelles qui existent depuis longtemps. Il y a une augmentation des demandes visant à s’éloigner concrètement des modèles donateurs-récipiendaires désuets au profit de partenariats plus équitables axés sur le respect des priorités propres au contexte, des intérêts mutuels et du développement mené localement. L’architecture financière internationale continue d’être critiquée pour son incapacité à répondre de manière adéquate aux besoins financiers des pays en développement.

Nouveaux donateurs

Les nouveaux donateurs qui ne se conforment pas aux normes établies relativement à l’efficacité de l’aide sont de plus en plus influents et nombreux. Des donateurs tels que [CAVIARDÉ] offrent aux pays en développement plus d’options en ce qui concerne les créanciers et les partenaires donateurs. [CAVIARDÉ].

Les pays donateurs traditionnels continuent de s’interroger sur la façon dont ils vont compétitionner avec les autres modèles de développement tout en faisant progresser les valeurs démocratiques et les normes d’aide au développement fondées sur la transparence, le respect des droits de la personne et les priorités locales.

D. Outils

1. Cadre stratégique du développement international et aperçu de l'aide au développement international

Enjeux

Contexte

L’aide au développement international du gouvernement est conçue pour obtenir des résultats concrets en soutien aux priorités canadiennes et aux besoins des pays partenaires, conformément au Programme 2030, aux Objectifs de développement durable (ODD) et aux accords mondiaux sur l’efficacité du développement. Depuis 2017, la prestation de l’aide au développement international a également été guidée par la Politique d’aide au développement international féministe (PAIF) du gouvernement du Canada dans 6 champs d’action : l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles; la dignité humaine (y compris l’action humanitaire); la croissance au service de tous; l’environnement et l’action pour le climat; la gouvernance inclusive; la paix et la sécurité.

L’aide internationale désigne toute ressource financière fournie par les gouvernements canadiens à tous les paliers dans le but d’appuyer le développement dans d’autres pays (principalement en développement). Au cours de l’exercice 2023-2024, l’aide publique au développement (APD) représentait la majeure partie de l’aide au développement international du Canada (83 %). L’aide international du Canada comprenait cependant aussi d’autres financements hors APD pour la paix, la sécurité et la gouvernance dans le monde.

Le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (le CAD de l’OCDE) est un forum international composé d’un grand nombre des plus importants fournisseurs d’aide au développement. Le Canada fait rapport du financement de l’APD au CAD de l’OCDE. Pour être considéré comme de l’APD, le financement doit être administré dans le but principal de promouvoir le développement économique et le mieux-être des pays en développement.

Le gouvernement fait rapport de ses activités d’aide au développement officielle au Parlement chaque année, conformément à la Loi sur la responsabilité en matière d’aide au développement officielle (2008). Selon la Loi, l’aide au développement officielle qui fait l’objet d’un rapport au Parlement doit satisfaire à trois critères qui correspondent à la définition fournie par le CAD de l’OCDE : 1) contribuer à la réduction de la pauvreté; 2) tenir compte des points de vue des pauvres; et 3) être compatible avec les normes internationales en matière de droits de la personne. Elle peut également être fournie en vue d’atténuer les effets des catastrophes naturelles ou d’origine humaine ou d’autres situations d’urgence survenant à l’extérieur du Canada.

En 2023, le Canada était au 6e rang des donateurs du CAD de l’OCDE sur le plan du volume. Les ÉtatsUnis étaient de loin le plus important fournisseur d’APD dans le monde, ayant fourni 64,7 millions de dollars américains en 2023 (bien que ce montant diminuera radicalement en 2025), comparativement à l’Allemagne – qui était au 2e rang avec 37,9 milliards de dollars.

Source : Le CAD de l’OCDE

Version texte

Ce graphique à barres présente les volumes de l’Aide publique au développement (APD) des 10 principaux membres du CAD de l’OCDE en 2023. Les montants sont en milliards de dollars américains (USD) et les données proviennent de l’OCDE.

Top 10 comme suit :

  1. États-Unis (64,7 G$)
  2. Allemagne (37,9 G$)
  3. Japon (19,6 G$)
  4. Royaume-Uni (19,1 G$)
  5. France (15,1 G$)
  6. Canada (8,0 G$)
  7. Pays-Bas (7,4 G$)
  8. Italie (6,1 G$)
  9. Suède (5,6 G$)
  10. Norvège (5,6 G$)

Considérations

Selon des données préliminaires, l’enveloppe de l’aide au développement international, le principal outil de planification pour soutenir les objectifs d’aide au développement international du gouvernement, totalise 7,89 milliards de dollars pour l’exercice 2024-2025, desquels 6,24 milliards sont alloués à Affaires mondiales Canada. Le restant est alloué à d’autres ministères (Finance, Environnement et Changement climatique Canada, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Ressource naturelle Canada et les sociétés d’État, y compris le Centre de recherches pour le développement international et FinDev Canada).

Où les fonds sont actuellement ciblés

Actuellement, les programmes d’aide au développement international du gouvernement sont axés sur certains pays et certaines régions, ce qui met en évidence des décisions du passé et des relations bilatérales, ainsi que la capacité à répondre aux besoins locaux, l’harmonisation entre les priorités canadiennes et des pays partenaires, et la disponibilité et la capacité des organisations partenaires à mettre en œuvre les programmes. Habituellement, le Canada travaille dans les pays à faible revenu pour réduire la pauvreté et promouvoir la dignité humaine, dans les pays à revenu intermédiaire pour favoriser une croissance économique durable et dans les États fragiles et touchés par un conflit pour favoriser une paix et une prospérité durables.

Cumulativement, au cours des cinq dernières années, les dix principaux bénéficiaires de l’aide au développement international du Canada ont été l’Ukraine (majoritairement par l’entremise de prêts accordés par le ministère des Finances), l’Éthiopie, le Bangladesh, l’Afghanistan, le Nigéria et la Tanzanie.

Modes de prestation, partenaires et mécanisme de financement

Le gouvernement utilise une variété d’instruments financiers pour transférer les fonds aux partenaires, lesquels mettent en place des projets de développement. Ces instruments comprennent des subventions, des contributions, des contrats, des contributions remboursables qui peuvent soutenir des structures financières novatrices telles que des prêts et des garanties sur prêts. Actuellement, les bénéficiaires des transferts de financement du gouvernement pour l’aide au développement international sont des organisations multilatérales (telles que des banques multilatérales de développement et des organismes des Nations Unies), des gouvernements de pays partenaires, des organisations locales et internationales dans un pays partenaire et des organisations canadiennes qui mènent des activités à l’étranger.

Le gouvernement participe également à la mobilisation de financement privé supplémentaire dans les pays en développement pour aider à atteindre les ODD, y compris les petits investissements de démarrage pour soutenir les entrepreneurs et faire croître les entreprises locales dans les secteurs ou les régions à risque élevé.

Le gouvernement utilise une variété de modes de prestation et de mécanismes de financement pour fournir son aide au développement international. Les modes de prestation sont les différentes voies par lesquelles l’aide au développement international est allouée. Les 3 principaux modes sont les programmes bilatéraux, qui fournissent un soutien direct aux gouvernements ou une prestation par l’entremise d’organisations internationales ou locales dans des pays en particulier; les programmes multilatéraux, qui financent les institutions internationales ou les banques multilatérales de développement qui regroupent les ressources de multiples donateurs; et les partenariats, qui mobilisent des organisations de la société civile canadienne, des établissements universitaires ou le secteur privé pour fournir de l’aide.

Le choix de partenaire est fondé sur des facteurs tels que la capacité du partenaire à gérer des fonds, à atteindre des résultats et à intervenir dans les régions ciblées ainsi que son calendrier d’exécution et ses domaines d’expertise. Les organisations multilatérales peuvent mettre en œuvre des programmes à grande échelle rapidement en raison de leur capacité à regrouper les ressources, de leur expertise et de leur importante présence sur le terrain. Elles sont également particulièrement utiles pour appuyer les populations difficiles à joindre dans les régions fragiles et en situation de conflit.

Les partenariats bilatéraux avec des gouvernements d’autres pays permettent au gouvernement du Canada de cibler des régions et des pays précis pour fournir son aide, renforcer ses relations avec les gouvernements hôtes des pays partenaires et accroître sa visibilité.

Travailler avec des organisations canadiennes peut aider le gouvernement à tirer parti de l’expertise, des ressources, des innovations et des relations du Canada dans d’autres pays. Cela peut également aider à donner une visibilité au Canada, y compris dans des pays où la présence bilatérale du Canada est limitée, et aider à favoriser un soutien public pour l’aide au développement international. Dans tous les cas, faire participer les acteurs locaux aide à garantir que les programmes répondent aux besoins et tiennent compte des possibilités sur le terrain.

Au cours de l’exercice 2023-2024, 65 % du total de l’aide au développement international d’Affaires mondiales Canada a été fourni par l’entremise d’organisations multilatérales; les organisations canadiennes en ont fourni 20 %; et le reste a été fourni par l’entremise d’entreprises étrangères (autres gouvernements, intervenants du secteur privé international, organisations non gouvernementales internationales).

Un aperçu du portefeuille de l’aide au développement international

Des cibles et des engagements précis ont prescrit la façon dont les fonds d’aide au développement international ont été dirigés. À l’heure actuelle, cela comprend : les cibles définies dans le cadre de la PAIF visant à orienter 15 % de l’aide bilatérale au développement international vers des initiatives qui ciblent l’égalité des genres, 95 % vers des initiatives qui intègrent l’égalité des genres et 50 % vers l’Afrique subsaharienne; et les grands engagements tels que le financement de l’action climatique (5,3 milliards de dollars de 2021 à 2026) et de la santé mondiale (1,4 milliards de dollars annuellement dont 700 millions de dollars consacrés à la santé et les droits sexuels et reproductifs).

Par conséquent, de l’exercice 2019-2020 à l’exercice 2023-2024, la grande majorité des ressources d’aide au développement international du Canada ont été consacrées à la santé (avec un accent sur la santé et les droits reproductifs et sexuels) (27 %), aux initiatives sur les changements climatiques et la biodiversité (17 %), à l’aide humanitaire (17 %), à la croissance économique (11 %), à l’éducation (7 %), à la gouvernance inclusive (5 %), à la paix et à la sécurité (5 %), et au soutien pour les mouvements et les organisations féministes qui font progresser les droits des femmes et des filles (4 %). Le gouvernement a également fourni plus de 12 milliards de dollars en soutien économique pour appuyer l’Ukraine, par l’entremise du ministère des Finances.

2. L'enveloppe de l'aide internationale et le budget de base pour le développement

Enjeux

Contexte

Les programmes et des initiatives mises en œuvre par les ministères et organismes fédéraux font partie de l’enveloppe de l’aide internationale. Elle est divisée en six fonds thématiques distincts. Le ministre du Développement international, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Finances ont l’autorité nécessaire pour utiliser ces fonds pour mettre en œuvre des initiatives et des programmes, tel qu’il est indiqué plus bas.

Version texte

L’Enveloppe de l’aide internationale regroupe les programmes et initiatives mis en œuvre par les ministères et organismes fédéraux. Elle regroupe ces programmes selon six volets thématiques distincts. Le ministre du Développement international, le ministre des Affaires étrangères et le ministre des Finances ont l’autorité de mettre en œuvre des initiatives et des programmes dans le cadre de ces volets, tel qu’illustré par le graphique.

Ministre du Développement international: 

Ministre des Affaires étrangères: 

Ministre des Finances: 

L’objectif et la valeur de chaque fonds sont présentés ci-après :

  1. Développement de base (4,691milliards de dollars alloués au cours de lexercice20242025): est axé sur les programmes qui soutiennent les efforts de développement durable et de réduction de la pauvreté à plus long terme, et la plupart du financement est dirigé vers les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire où le gouvernement du Canada est présent;
  2. Aide humanitaire internationale(759millions de dollars alloués au cours de lexercice20242025): fournit un soutien fondé sur les besoins urgents conformes aux principes humanitaires d’humanité, d’impartialité et d’indépendance;
  3. Paix, sécurité et gouvernance (573millions de dollars alloués au cours de lexercice20242025): soutien les interventions en matière de paix, de sécurité et de résilience du Canada et du monde entier pour répondre à toute une série de menaces potentielles. Le financement à partir de ce fonds ne se limite pas aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire;
  4. Institutions financières internationales (1,464milliard de dollars alloués au cours de lexercice2024-2025): contribue au financement de base de plusieurs institutions financières internationales (IFI), lesquelles fournissent un soutien financier, des conseils stratégiques et une aide au développement des capacités aux pays en développement pour tirer parti des nouvelles sources de financement pour les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, et pour conserver l’influence du Canada sur la gouvernance des IFI. Le Canada est actionnaire de ces institutions;
  5. Fonds pour les crises (200millions de dollars alloués annuellement): conçu pour intervenir rapidement et à court terme dans les situations de crises internationales imprévues sans perturber les investissements dans les programmes à long terme existants;
  6. Fonds pour les priorités stratégiques (200millions de dollars alloués annuellement): une réserve gérée à la discrétion du premier ministre pour promouvoir le leadership du gouvernement fédéral sur des sujets de préoccupation pour les Canadiens et à l’échelle mondiale au moyen d’initiatives de développement, d’initiatives humanitaires et d’initiatives en matière de sécurité et de stabilisation, de politique étrangère et de prospérité économique.

Le ministre du Développement international dirige les fonds pour le développement de base et pour l’aide humanitaire internationale, tandis que le ministre des Affaires étrangères dirige le Fonds pour la paix, la sécurité et la gouvernance. Le ministre Développement international et le ministre des Finances sont tous deux responsables du Fonds pour les institutions financières internationales. Il est possible pour le ministre du Développement international et le ministre des Affaires étrangères d’avoir accès au Fonds pour les crises en faisant une demande conjointe qui doit être approuvée par le ministre des Finances et le premier ministre. Tous les ministres peuvent avoir accès au Fonds pour les priorités stratégiques pourvu que les propositions pour utiliser les ressources répondent aux critères d’admissibilité du Fonds. L’accès au Fonds requiert l’approbation du ministre des Finances et du premier ministre.

Pour l’exercice 2024-2025, le total de l’enveloppe de l’aide internationale devrait atteindre 7,89 milliards de dollars, desquels 6,25 milliards de dollars sont alloués à Affaires mondiales Canada. Les affectations provenant de chacun de ces fonds pour l’exercice 2024-2025 sont présentées plus bas.

Version texte

Pour l’année 2024-2025, l’Enveloppe de l’aide internationale devrait s’élever à 7,89 milliards de dollars, dont 6,24 milliards sont alloués à Affaires mondiales Canada. Les allocations pour chacun des volets en 2024-2025 sont présentées dans le graphique.

Fonds pour les priorités stratégiques : 200 millions de dollars

Volet des crises : 200 millions de dollars

Institutions financières internationales : 1 464 millions de dollars

Paix et sécurité : 573 millions de dollars

Aide humanitaire : 759 millions de dollars

Développement de base : 4 691 millions de dollars

Bien qu’Affaires mondiales Canada se fait attribuer une part majoritaire de l’enveloppe de l’aide internationale, d’autres ministères fédéraux, comme Finance Canada, Environnement et Changement climatique Canada, Sécurité publique et Gendarmerie royale du Canada, Ressources naturelles Canada et les sociétés d’État, notamment le Centre de recherches pour le développement international et FinDev Canada, reçoivent des fonds provenant de l’enveloppe de l’aide internationale.

Les investissements de l’enveloppe de l’aide internationale soutiennent à la fois l’aide publique au développement et l’aide hors APD. Les activités d’aide au développement non officielles financées au moyen de l’enveloppe de l’aide internationale comprennent des activités liées à la paix et à la sécurité, telles que la consolidation de la paix et la prévention des conflits et la lutte contre le terrorisme et la criminalité. L’enveloppe de l’aide internationale n’appuie pas l’aide militaire ou létale.

Considérations

Au cours des dernières années, des ressources ont été affectés à partir de l’enveloppe de l’aide internationale pour répondre à la pandémie mondiale de COVID-19 et à la situation en Ukraine. Mis à part ces affectations de ressources, l’enveloppe de l’aide internationale affiche toujours une hausse depuis l’exercice 2015-2016, passant de 4,63 milliards de dollars à environ 7,89 milliards de dollars à l’exercice 2024-2025, [CAVIARDÉ].

[CAVIARDÉ]

E. Enjeux prioritaire

1. Aide humanitaire

Enjeux

Contexte

Qu’est-ce que l’aide humanitaire?

L’aide humanitaire vise à sauver des vies, atténuer les souffrances et préserver la dignité en réaction aux conflits et aux catastrophes naturelles. Sa mise en œuvre repose sur quatre principes fondamentaux : humanité, neutralité, impartialité et indépendance. Ces principes garantissent que l’aide est fournie en fonction des besoins et permettent aux acteurs humanitaires d’accéder aux personnes les plus vulnérables dans des situations de conflit très complexes.

Contexte humanitaire de plus en plus complexe

Au cours de la dernière décennie, les crises humanitaires ont gagné en importance, en ampleur et en complexité, sous l’effet notamment d’une multiplication des conflits et de la persistance des catastrophes naturelles, qui ont contribué à porter à 123 millions le nombre record de personnes déplacées de force dans le monde. De plus, le non-respect du droit humanitaire international dans les zones de conflit aggrave les conséquences pour les civils, et les acteurs humanitaires sont de plus en plus souvent victimes d’attaques, ce qui complique les efforts visant à acheminer l’aide à ceux qui en ont besoin.

Les Nations Unies ont lancé un appel afin de recueillir près de 45 milliards de dollars pour répondre aux besoins humanitaires urgents en 2025. Cependant, le système international peine à suivre le rythme et les déficits de financement persistent et s’aggravent. En tant que premier donateur humanitaire en importance, les États-Unis représentaient 42 % de la part mondiale du financement humanitaire en 2024. À la suite du gel de l’aide étrangère en janvier 2025, les programmes humanitaires ont été gravement touchés, avec notamment la suspension de contrats, des licenciements et, dans certains cas, la fermeture de bureaux, ce qui a réduit la portée et l’accès aux populations touchées. Plusieurs autres donateurs partageant les mêmes préoccupations ont également annoncé des réductions de leurs budgets d’aide humanitaire, notamment le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suisse, ce qui ajoute encore à l’incertitude qui pèse sur un système humanitaire déjà mis à rude épreuve.

Système humanitaire international 

Le Ministère verse des fonds destinés à l’aide humanitaire dans le cadre d’un système mondial bien établi, par l’intermédiaire de partenaires d’expérience issus des Nations Unies, d’organisations non gouvernementales et du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Ce système permet d’améliorer l’efficacité et d’éviter le double emploi, d’apporter une intervention proportionnelle, opportune, coordonnée et fondée sur les besoins, d’après des appels de fonds consolidés et classés par ordre de priorité, de bénéficier des rôles complémentaires des différents organismes d’aide humanitaire et d’acheminer des fonds à des partenaires d’expérience, et non aux gouvernements nationaux.

L’aide humanitaire du gouvernement du Canada 

Bien que le budget de base consacré à l’aide humanitaire par Affaires mondiales Canada s’élève actuellement à 609 millions de dollars par exercice, les dépenses humanitaires annuelles du ministère dépassent régulièrement ce montant, grâce à des fonds provenant de diverses sources, notamment le Compte de crise, le cadre budgétaire (p. ex. le budget de 2024) et des transferts internes. Au cours de l’exercice 2023-2024, le Ministère a versé 803 millions de dollars en aide humanitaire, se classant ainsi au 13e rang des principaux donateurs en 2024. Avec des décaissements annuels moyens de plus de 900 millions de dollars au cours des cinq derniers exercices financiers, l’aide humanitaire représente une part importante et très visible de l’aide au développement officiel du Canada, soutient la stabilité mondiale et réduit les déplacements forcés.

Le gouvernement dispose d’une boîte à outils solide pour réagir aux crises humanitaires. Les mesures prennent principalement la forme de contributions financières à des partenaires expérimentés afin de soutenir leurs interventions de programmes. Cela comprend la fourniture d’une aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence, de services de santé d’urgence, d’eau, d’installations sanitaires et d’hygiène, d’abris et d’articles non alimentaires, entre autres formes d’aide aux populations vulnérables et touchées par des crises. Au cours de l’exercice 2023-2024, les principaux partenaires humanitaires du Canada en matière de financement étaient les suivants : 

En réponse à des situations d’urgence qui surviennent rapidement, comme des tremblements de terre ou des inondations, le gouvernement du Canada peut également fournir une aide en nature, comme des fournitures de secours et du matériel médical provenant de ses stocks, le déploiement d’experts civils et l’utilisation de fonds de contrepartie comme outil de mobilisation publique. À la suite de catastrophes naturelles de grande ampleur, cela peut également inclure le recours aux capacités uniques des Forces armées canadiennes en dernier recours, lorsque la capacité d’intervention dépasse les capacités civiles. 

Façonner la politique humanitaire mondiale

Le gouvernement participe à l’échelle mondiale aux efforts visant à renforcer l’efficacité et l’efficience du système humanitaire international en tirant parti de son influence sur les mécanismes de gouvernance des principaux partenaires humanitaires des Nations Unies. Elle œuvre également de manière constructive dans divers forums multilatéraux, notamment en tant que signataire de la Grande entente, un accord multipartite visant à améliorer la portée de l’action humanitaire. Enfin, elle plaide également en faveur du respect du droit international humanitaire dans les conflits et de la protection des civils.

Considérations

Le gouvernement continue de répondre aux situations humanitaires graves et qui se détériorent. Par exemple, jusqu’à présent en 2025, il s’est engagé à verser les montants suivants pour l’aide humanitaire : 

2. Santé mondiale

Enjeux

Contexte

Au cours des trois dernières décennies, des progrès significatifs ont été réalisés dans le domaine de la santé mondiale, notamment une réduction de 59 % de la mortalité des enfants de moins de cinq ans, une réduction de 99 % des cas de polio et une réduction de 70 % des décès liés au sida. En même temps, près de 300 000 femmes meurent encore chaque année à la suite d’un accouchement, 14,5 millions d’enfants ne sont pas vaccinés contre les maladies infantiles, 260 millions de femmes dans les pays en développement n’ont pas accès à des moyens de contraception, et le monde demeure vulnérable au risque croissant de pandémies. Les conflits, les changements climatiques et la dégradation de l’environnement, les inégalités et le manque de financement restent des défis majeurs pour la réalisation de progrès durables.

Le gouvernement du Canada est le 6e donateur en importance en matière de santé et de nutrition mondiales, allouant en moyenne 19 % (de 2019 à 2023) de son aide publique au développement (APD) à des programmes liés à la santé. Depuis 2010, le gouvernement s’est imposé comme un champion en ce qui concerne la santé et la nutrition des femmes enceintes, des mères, des nouveau-nés, des nourrissons, des enfants et des adolescents. L’Engagement de 10 ans du Canada en matière de santé et de droits dans le monde (2020-2030) repose sur l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants (2010-2020) et prévoit un soutien pour la santé et les droits sexuels et reproductifs (SDSR), y compris dans les domaines sous-financés en matière de SDSR. Cela comprend la planification familiale, la défense des droits, l’éducation sexuelle complète, l’accès à l’avortement sécuritaire et aux soins post-avortement, ainsi que la prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre et l’intervention en la matière. Le gouvernement a investi dans des efforts internationaux coordonnés pour prévenir et contrôler les maladies infectieuses comme le sida, la tuberculose, le paludisme et la poliomyélite.

Les programmes de santé mondiale passent généralement par des partenariats multilatéraux et mondiaux en matière de santé (66 % au cours de l’exercice financier 2023-2024) qui misent sur des interventions rentables, notamment par le façonnement du marché ainsi que des partenariats entre les secteurs public et privé fondés sur des demandes regroupées, qui favorisent et stimulent les innovations et qui obtiennent des résultats à grande échelle. Au cours de cet exercice financier, environ 21 % du portefeuille du gouvernement en matière de santé mondiale visait la COVID-19, ce qui montrait l’importance de renforcer les systèmes de santé équitables et résilients et les capacités de base en matière de santé publique afin d’arrêter les épidémies avant le début d’une pandémie. L’Engagement de 10 ans du Canada en matière de santé et de droits dans le monde a été acheminé vers des organisations de la société civile.

En plus du financement dans le cadre de l’Engagement de 10 ans du Canada en matière de santé et de droits dans le monde, le gouvernement a mobilisé plus de 3,5 milliards de dollars pour l’aide au développement international octroyée en réponse à la pandémie de COVID-19 et a joué un rôle clé dans le Dispositif pour accélérer l’accès aux outils de lutte contre la COVID-19, un partenariat multilatéral visant à accroître l’accès équitable aux vaccins, tests et traitements pour la COVID-19. Le gouvernement a contribué à renforcer les capacités mondiales en matière de prévention, de préparation et d’intervention en cas de pandémie par des investissements dans le cadre du Fonds de lutte contre les pandémies, de l’Initiative africaine pour la fabrication de vaccins de Gavi, l’Alliance du Vaccin, et de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies. Il a également contribué activement aux négociations internationales visant à renforcer les cadres juridiques internationaux en matière de prévention, de préparation et d’intervention en cas de pandémie.

Considérations

Les récentes réductions de l’aide au développement international par les donateurs traditionnels, y compris les changements aux politiques des États-Unis en matière de santé mondiale, auront des répercussions importantes. L’intention des États-Unis de se retirer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) aura une incidence sur le travail de l’organisation, en particulier sur les opérations d’urgence et les programmes de lutte contre les maladies infectieuses, ce qui nuira à la sécurité sanitaire mondiale. Le rétablissement de la Politique de Mexico, qui interdit aux organismes de recevoir des fonds du gouvernement américain s’ils fournissent, préconisent ou recommandent des services d’avortement sécuritaires, mettra davantage en péril les besoins des femmes et des jeunes filles en matière de santé reproductive.

L’ampleur de la réduction du financement par les États-Unis et son incidence sur les services de santé au niveau national ne sont pas encore claires. Toutefois, étant donné que tous les principaux partenaires en matière de santé mondiale devraient être touchés par les réductions, ils réfléchissent à la manière d’établir les priorités dans leur travail, d’obtenir des gains d’efficacité avec d’autres partenaires et de favoriser une plus grande prise en charge nationale. La crise actuelle ravive l’intérêt d’exiger une évolution de l’écosystème mondial actuel de la santé, comme tout récemment dans le cadre de l’Agenda de Lusaka, un processus dans lequel le gouvernement du Canada a joué un rôle de premier plan. Les pays africains, qui sont les premiers bénéficiaires de l’aide au développement dans le domaine de la santé, ont un rôle important à jouer dans ces discussions et dans l’accélération des réformes de leurs propres systèmes de santé, y compris par l’augmentation du financement national de la santé.

La réduction prévue du financement en matière de santé mondiale se produira à un moment où les principaux partenaires de la santé mondiale procèdent au renflouement des fonds. Il s’agit notamment du Fonds de lutte contre les pandémies (avril 2025), de Gavi, l’Alliance du Vaccin (juin 2025, pour laquelle le gouvernement du Canada a déjà promis un don de 675 millions de dollars), du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (septembre 2025) et du Mécanisme de financement mondial pour la santé des femmes, des enfants et des adolescents (2026).

Les diverses discussions du G7 et du G20 ont porté sur le financement de la santé, y compris le financement de la santé nationale, la prévention, la préparation et l’intervention en cas de pandémie, l’équité vaccinale, l’élargissement de l’accès à une assurance maladie universelle, la santé et la nutrition des femmes enceintes, des mères, des nouveau-nés, des nourrissons, des enfants et des adolescents, ainsi que la lutte contre les maladies infectieuses.

Les 20 principaux bénéficiaires de l’aide internationale canadienne en matière de santé mondiale pour l’exercice financier 2023-2024.

Version texte

Les 20 principaux bénéficiaires de l’aide internationale canadienne en santé mondiale pour l’exercice financier 2023-2024

PaysMontant 2023-24

Éthiopie

$65 504 286

Mozambique

$61 591 235

Tanzanie

$53 620 312

Soudan du Sud

$48 170 414

Mali

$47 102 824

Bangladesh

$45 053 604

République démocratique du Congo

$44 672 699

Nigéria

$44 294 251

Ouganda

$40 196 928

Pakistan

$39 296 359

Ghana

$38 954 770

Burkina Faso

$26 206 831

Kenya

$23 520 007

Myanmar

$22 298 967

Malawi

$21 450 904

Côte d'Ivoire

$20 847 853

Zambie

$19 517 883

Indonésie

$19 041 337

Haïti

$16 964 476

Inde

$16 330 329

3. Climat, environnement et biodiversité

Enjeux

Contexte

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre et les températures augmentent, entraînant des incendies de forêt, des ouragans, des inondations et des sécheresses plus intenses et fréquents, ce qui accroît les déplacements et pousse des millions de personnes dans une pauvreté extrême, rendant la vie plus difficile pour ceux qui sont déjà pauvres. 1 À mesure que les terres deviennent inhabitables, les moyens de subsistance disparaissent (par exemple, le pâturage traditionnel dans le nord du Kenya). En 2024, les catastrophes naturelles et les événements météorologiques extrêmes ont entraîné des pertes économiques mondiales de 417 milliards de dollars.2 Entre 2010 et 2020, la perte nette mondiale de forêts était d'environ 4,7 millions d'hectares par an, y compris des pertes substantielles dans les forêts tropicales.3 La valeur annuelle de la production agricole mondiale à risque en raison de la perte de pollinisateurs est estimée entre 235 et 577 milliards de dollars américains.4 L'accès réduit aux ressources naturelles et le stress accru des conditions météorologiques extrêmes exacerbent les conflits dans le monde, les rendant plus difficiles à résoudre.

Considérations

Ce que fait le Canada

Depuis plus de quatre décennies, le Canada soutient les pays en développement pour construire des économies plus durables, résilientes aux chocs climatiques et naturels, alimentées par une énergie propre et fiable et minimisant les impacts sur la biodiversité. Cela a inclus, par exemple, aider les agriculteurs en Afrique subsaharienne et en Asie à adopter des pratiques agricoles améliorées en matière d'irrigation et de résistance à la sécheresse, soutenir les pays en développement en Amérique latine et dans les Caraïbes pour améliorer les infrastructures d'énergie propre et travailler avec les communautés locales en Afrique côtière pour préserver et restaurer les mangroves afin de se protéger contre l'élévation du niveau de la mer et de soutenir les moyens de subsistance locaux, y compris dans la pêche.

Nous fournissons des financements pour le climat et la biodiversité de manière intégrée et autonome. Depuis 2010, le Canada a fourni plus de 9,15 milliards de dollars de financement dédié à l’action climatique internationale. En 2023, le Canada a annoncé 350 millions de dollars pour son Programme international pour la biodiversité (2023 à 2026), qui finance le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité à donateurs multiples (dont le Canada est le principal donateur) et des projets individuels pour arrêter et inverser la perte de biodiversité.

Le Canada travaille avec une gamme de partenaires pour faire progresser les initiatives en matière de climat, d'environnement et de biodiversité, allant des organisations de la société civile canadienne et des organisations autochtones, qui soutiennent les efforts communautaires et nationaux, aux institutions multilatérales, telles que les agences des Nations Unies ou les banques de développement multilatérales et les fonds mondiaux, qui mettent en œuvre des programmes à plus grande échelle et en partenariat avec le secteur privé.

G7

Cette année, l’ordre du jour proposé pour la présidence du G7 comprend la prévention des incendies de forêt et le rétablissement, soutenus en partie par le financement du climat et de la biodiversité. En outre, il est proposé que la présidence du G7 se penche sur la question de la résilience des chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, en s’appuyant sur l’Alliance pour des minéraux critiques durables, dirigée par le Canada, afin de promouvoir des pratiques minières durables. La dépendance de la transition vers l’énergie propre à l’égard des minéraux critiques et la concentration prévue de la production de minéraux dans les pays en développement constituent une occasion pour le Canada de faire preuve de leadership, une nation minière présente dans le monde.

Dynamiques mondiales changeantes

Lors d'une réunion de la CCNUCC en novembre 2024 (COP29), les pays ont convenu d'un nouvel objectif d'au moins 300 milliards de dollars américains par an en financement climatique pour les pays en développement, et de 1,3 trillion de dollars américains de tous les acteurs (y compris le secteur privé) d'ici 2035. Le changement de position des États-Unis sur le climat, qui ont fourni 4,3 milliards de dollars américains en financement climatique en 2022, a créé un important déficit de financement. La Chine, qui s'est autoproclamée leader des pays en développement, signale déjà son ambition de prendre la tête mondiale de la réponse au changement climatique.

Technologies propres canadiennes

Les entreprises canadiennes ont des capacités d’exportation dans les domaines des technologies propres, des solutions climatiques et de la conservation et restauration de la nature. Les principales technologies propres du Canada comprennent, notamment : l’énergie renouvelable; la gestion de l’eau et des eaux usées; le stockage de l’énergie; l’efficacité énergétique; les réseaux intelligents; les technologies de l’hydrogène; le captage, l’utilisation et le stockage du carbone; la valorisation énergétique des déchets. Affaires mondiales Canada aide les entreprises canadiennes à trouver des possibilités de marchés avec des institutions financières internationales, y compris les fonds qui utilisent le financement climatique du gouvernement.

4. Ressources naturelles

Enjeux

Contexte

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) prévoit que la consommation mondiale de ressources naturelles augmentera de 60 % d’ici 2060, par rapport aux niveaux de 2020. Pour les minerais critiques − comme le cobalt, le lithium, le nickel et le cuivre − la demande devrait tripler d’ici à 2030 et quadrupler d’ici à 2040, selon l’Agence internationale de l’énergie. Ces minéraux sont essentiels pour les technologies d’énergie propre comme les panneaux solaires, les semi-conducteurs et les véhicules électriques, tout en jouant un rôle stratégique dans la transformation numérique, la défense et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Bien que le Canada possède une richesse en ressources naturelles, notamment en minéraux critiques, la production nationale ne suffit pas à répondre à la demande. Il existe d’importantes réserves inexploitées dans les pays en développement riches en ressources (graphique 1), en particulier en Afrique et en Amérique latine. Un récent rapport des Nations unies a mis en évidence une forte augmentation des investissements directs étrangers dans les minéraux critiques, qui passeront de 13,1 milliards de dollars en 2021 à 57,9 milliards de dollars en 2023, les trois quarts de ces investissements étant destinés aux économies en développement.

Graphique 1 : Principaux gisements de minéraux dans le monde

Source : U.S. Geological Survey

Version texte

Carte du monde indiquant les principaux gisements minéraux.

La plupart des pays en développement font face à des obstacles majeurs en matière de gestion des ressources naturelles. La mauvaise gouvernance, des infrastructures et une logistique médiocres, une faible valeur ajoutée et une expertise limitée nuisent aux investissements, tandis que des puissances étrangères comme la Chine obtiennent souvent des concessions de ressources lucratives par la voie d’accords non transparents. L’exploitation des ressources naturelles souffre d’une réglementation laxiste, de dommages environnementaux et de retombées locales minimes. La plupart des pays exportent des minéraux bruts sans y ajouter de valeur, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des prix et limite les rendements économiques. On estime que 45 millions de personnes dépendent de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) pour leur subsistance, contribuant à l’approvisionnement en minéraux critiques (25 % du tantale et 25 % de l’étain qui entrent dans la fabrication des produits électroniques modernes), et à 20 % de l’or à l’échelle mondiale. L’EMAPE contribue souvent à la dégradation de l’environnement, à l’insécurité, au financement des conflits et aux violations des droits de l’homme. Cela démontre l’importance croissante de l’aide au développement international comme outil important pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement et soutenir les objectifs de développement, notamment en stimulant la croissance économique locale, en soutenant une gestion efficace des finances publiques et en réduisant la pauvreté.

Au cours des 15 dernières années, Affaires mondiales Canada a fourni environ 765 millions de dollars d’aide publique au développement (APD) dans le secteur des ressources naturelles, bien qu’il y ait eu une forte diminution du financement au cours des dix dernières années. Une évaluation formative du développement international du Canada lié au développement du secteur de l’extraction et au développement durable (2011 à 2017) a révélé que les programmes relatifs aux ressources naturelles ont permis d’améliorer la transparence et la responsabilisation et de renforcer les capacités aux niveaux national et infranational.

Ces programmes ont aidé les gouvernements à récupérer des millions de dollars de recettes extractives, à mettre en œuvre des mesures de transparence et de responsabilisation et à accroître la participation des communautés locales à la prise de décision. Dans l’ensemble, ces investissements ont contribué à la gestion durable des ressources naturelles et à la réalisation de progrès en vue d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. En outre, le gouvernement contribue et participe aux travaux d’organisations multilatérales clés, notamment le Forum intergouvernemental sur les mines, les minéraux, les métaux et le développement durable (FIEMMMDD), l’Initiative relative à la transparence des industries extractives (ITIE) et les Principes volontaires sur la sécurité et les droits de l’homme (PVSDH).

Considérations

Le Canada a une présence minière importante à l’étranger, avec plus de 750 actifs miniers canadiens d’une valeur de 220 milliards de dollars dans le secteur de l’extraction. En 2023, les entreprises canadiennes exerçaient leurs activités dans plus de 95 pays étrangers, la plupart dans des économies émergentes et des pays en développement.

Le gouvernement du Canada attend des entreprises canadiennes exerçant leurs activités à l’étranger qu’elles respectent les droits de l’homme, qu’elles s’engagent de manière transparente avec les gouvernements hôtes et les communautés locales, et qu’elles adhèrent à des normes élevées. Les entreprises sont encouragées à adopter des lignes directrices reconnues sur la conduite responsable des entreprises.

Dans le contexte du G7 et du G20, la résilience et la sécurité de la chaîne d’approvisionnement demeurent une priorité, notamment dans le cadre du Partenariat pour des chaînes d’approvisionnement résilientes et inclusives (PCARI) et du Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement (PIMI) du G7.

[CAVIARDÉ]

5. Systèmes alimentaires et nutrition

Enjeux

Contexte

La filière alimentaire, qui va de la production à la consommation, est un moteur important de la croissance économique, du commerce, de l’emploi et de la santé dans les pays en développement. Cependant, elle peut avoir des répercussions négatives sur la santé des sols et causer la dégradation des terres, la perte de biodiversité et la déforestation. L’agriculture et les moyens de subsistance des collectivités rurales dans les pays en développement sont particulièrement vulnérables aux chocs climatiques et économiques. Les systèmes alimentaires, qui sont responsables de près d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, peuvent offrir des solutions climatiques grâce à une utilisation durable des terres.

La crise alimentaire mondiale s’aggrave, avec 757 millions de personnes ayant souffert de la faim en 2023, soit une augmentation de plus de 100 millions de personnes depuis 2020. À l’échelle mondiale, 3,1 milliards de personnes n’ont toujours pas les moyens d’avoir une alimentation saine. La malnutrition contribue à près de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans, dont 148 millions présentant un retard de croissance et 45 millions étant émaciés1. La vulnérabilité des femmes et des filles est disproportionnée, car elles mangent souvent le moins et en dernier dans leur foyer.

Tendances liées à la faim dans le monde (2005-2023)2

Source: FAO, IFAD, UNICEF, WFP and WHO. 2024. The State of Food Security and Nutrition in the World 2024 – Financing to end hunger, food insecurity and malnutrition in all its forms. Rome. Données dans l’Annex A de https://openknowledge.fao.org/handle/20.500.14283/cd1254en

Version texte

Les tendances de la prévalence de la sous-alimentation ont diminué, passant de 12,2 % en 2005 à un minimum de 7,3 % en 2014, puis ont augmenté à 9,1 % en 2023. Le nombre absolu de personnes sous-alimentées a diminué, passant de 798,3 millions en 2005 à un minimum de 538,7 millions en 2014, puis a augmenté de manière significative pour atteindre 733,4 millions en 2023.

Considérations

Aide financière

Le gouvernement du Canada dispose de différentes enveloppes de financement, notamment pour ses engagements financiers à l’égard du climat et de la santé, avec lesquelles il peut financer les initiatives de ses partenaires en matière d’alimentation et de nutrition. Une grande importance est accordée à l’amélioration de la nutrition et au renforcement de la résilience des systèmes agroalimentaires afin d’accroître la sécurité alimentaire.

Affaires mondiales Canada effectue des investissements considérables dans les systèmes alimentaires, ayant déboursé 678 millions de dollars en 2023-2024 pour l’agriculture, la sylviculture, la nutrition, le développement de la chaîne de valeur et le commerce agroalimentaire. Le Programme d’innovation en aide internationale, lancé en 2018, est responsable de la majeure partie de la croissance dans ce domaine; près de 40 % de ses décaissements dans le secteur agricole en 20232024 étaient sous forme de prêts. Chaque année, Affaires mondiales Canada débourse environ 100 millions de dollars pour des interventions axées sur la nutrition et un milliard de dollars pour des initiatives tenant compte de la nutrition.

Le financement des systèmes alimentaires par Affaires mondiales Canada est versé par l’intermédiaire de partenaires multilatéraux (66 %) et de partenaires de la société civile canadienne (27 %), le reste étant alloué aux gouvernements partenaires, aux collectivités locales et au secteur privé.

Partenariats 

Affaires mondiales Canada soutient les principales institutions multilatérales œuvrant dans ce secteur : l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI). Par son engagement au sein des organes directeurs de ces institutions, le Ministère favorise la bonne gouvernance, les partenariats et la croissance inclusive pour garantir des systèmes alimentaires résilients et durables et une bonne nutrition.

Nutrition International, une ONG internationale dont le siège est situé au Canada, a obtenu un nouvel engagement financier de 360,6 millions de dollars sur six ans (2025-2031) afin de subvenir aux besoins essentiels en matière de nutrition. En 2023-2024, Nutrition International a reçu 59 millions de dollars, dont 44 millions de dollars spécifiquement pour des programmes touchant les systèmes alimentaires. De plus, 182 millions de dollars ont été versés à 56 organisations de la société civile (OSC) du Canada pour des programmes touchant les systèmes alimentaires. La Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), Mennonite Economic Development Associates (MEDA) et Vision mondiale Canada ont reçu collectivement 25 % supplémentaires. Le dialogue sur les politiques se déroule principalement avec le Groupe canadien de réflexion sur la sécurité alimentaire, une coalition de quarante OSC, qui continue de plaider en faveur de l’octroi d’une plus grande priorité à la sécurité alimentaire dans le cadre de l’aide au développement international fournie par le Canada.

L’aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence est un élément clé du portefeuille de l’aide humanitaire du Ministère et a bénéficié d’un financement accru ces dernières années en raison de l’augmentation des besoins. Chaque année, le Ministère respecte ou dépasse son engagement annuel de 250 millions de dollars au titre de la Convention relative à l’assistance alimentaire en apportant son soutien à ses principaux partenaires en matière d’aide alimentaire, notamment le Programme alimentaire mondial et la Banque canadienne de grains.

Dialogue sur les politiques 

La sécurité alimentaire reste une priorité mondiale dans le cadre du dialogue sur les politiques, ainsi que pour les pays de l’hémisphère Sud. Lors du sommet du G20 tenu en 2024 au Brésil, le gouvernement du Canada a rejoint l’Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté afin de travailler sur les causes profondes de la faim, les efforts se poursuivant sous la présidence sud-africaine du G20 en 2025. Le G7 a fait de la sécurité alimentaire une priorité depuis 2009 et poursuivra ce travail sous la présidence canadienne du G7 en 2025 par l’intermédiaire du groupe de travail du G7 sur les systèmes alimentaires. Le gouvernement du Canada a participé au sommet sur la nutrition pour la croissance (N4G) tenu à Paris en 2025, au cours duquel les partenaires mondiaux ont annoncé l’octroi de plus de 27 milliards de dollars pour la nutrition jusqu’en 2030. Le président Macron s’est engagé à donner la priorité à la nutrition lors de la présidence française du G7 en 2026. Le bilan du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, qui se tiendra en juillet 2025 à Addis-Abeba, sera axé sur l’accélération de la transformation des systèmes alimentaires durables, inclusifs et résilients.

Le gouvernement du Canada a également contribué à la coordination, au partage des connaissances et au dialogue sur les politiques dans les principaux forums régionaux, notamment les initiatives relatives aux systèmes agroalimentaires de l’Union africaine, de l’Organisation des États américains (OEA), de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC). 

Conséquences du changement stratégique des États-Unis

Les États-Unis étaient l’un des principaux donateurs pour les systèmes alimentaires et la nutrition au niveau mondial. La réorientation actuelle de leurs politiques devrait avoir des répercussions négatives importantes sur la sécurité alimentaire mondiale. Par ailleurs, leurs politiques commerciales, telles que les droits de douane sur les produits importés et les contre-mesures prises par d’autres pays, pourraient affecter le coût et la disponibilité des aliments nutritifs dans les pays en développement, exacerbant ainsi l’insécurité alimentaire et la malnutrition.

6. Éducation

Enjeux

Contexte

Aujourd’hui, plus de 251 millions d’enfants et d’adolescents ne sont pas scolarisés mondialement, la majorité vivant dans des pays en développement, dont 129 millions de filles et 7 millions d’enfants réfugiés. En raison de conflits de longue durée, de crises climatiques, de chocs sanitaires et, plus généralement, de la faiblesse des systèmes éducatifs dans de nombreux pays, l’Afrique subsaharienne présente le taux d’exclusion scolaire le plus élevé, avec 32,6 millions d’enfants non scolarisés en âge d’aller à l’école primaire. Environ 47% des enfants handicapés ont plus de chances d’être exclus de l’éducation comparés aux enfants non handicapés. Dans les pays touchés par un conflit, les filles sont deux fois plus susceptibles que les garçons de ne pas être scolarisées. Pour ceux qui sont scolarisés, les résultats d’apprentissage restent médiocres : 70 % des enfants de 10 ans dans les pays à revenu faible et intermédiaire ne peuvent pas lire et comprendre un texte simple; en Afrique subsaharienne, ce chiffre s’élève à 90 %. À cela s’ajoute le fait que les trois quarts des jeunes (15 à 24 ans) n’ont pas les compétences nécessaires à l’emploi.

Historiquement, le soutien à l’éducation a été considéré par les donneurs comme un moyen non controversé d’encourager la stabilité, de promouvoir la croissance économique et de servir de catalyseur de la réduction de la pauvreté. Au cours des trois dernières années (2022 à 2023 et 2024 à 2025) Affaires mondiales Canada a investi plus de 1,2 milliard de dollars dans l’éducation, allouant en moyenne 7.4 % de son aide au développement officielle (ADO) à ce secteur. Les 5 principaux pays partenaires en 2024 à 2025 étaient le Mozambique, la Jordanie, le Mali, la Tanzanie et le Bangladesh. Bien que l’éducation de base a été la cible principale, un regain d’intérêt a été constaté pour soutenir le développement de compétences et l’enseignement ainsi que les formations techniques et professionnelles.

Les partenaires de programmation incluent les gouvernements des pays, les organisations canadiennes et multilatérales, notamment le Partenariat mondial pour l'éducation, Education Cannot Wait, Generation Unlimited, Colleges and Institutes Canada, World University Services Canada et la Fondation Aga Khan Canada. Ces investissements améliorent l'alphabétisation et la numératie, stimulent la croissance socio-économique et étendent le soutien au développement des compétences et à l'enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP), augmentant les opportunités d'emploi, en particulier pour les jeunes marginalisés. De plus, le gouvernement soutient le Mécanisme de financement international pour l'éducation afin de mobiliser des fonds supplémentaires pour l'éducation par le biais de mécanismes innovants, y compris des garanties des donateurs et des mécanismes du secteur privé.

En tant que septième plus grand donateur à l'éducation, les investissements d'Affaires mondiales Canada ont considérablement amélioré l'accès à une éducation de qualité pour les enfants et les jeunes, dans le but d'éliminer les barrières pour les filles, notamment les mariages d’enfants précoces et forcés, la violence à l’intérieur et autour des écoles et les mutilations génitales féminines. Ces investissements ciblent également le renforcement de la formation des enseignants, la réforme des programmes scolaires et le développement des compétences, afin d’améliorer les résultats de l’apprentissage et les possibilités d’emploi. Les réalisations de ces investissements incluent l’inscription de 53 millions d’apprenants en éducation formelle et non formelle ainsi que la formation de 940 000 enseignants.

Parmi les initiatives notables du G7, citons l’Initiative de Charlevoix sur l’éducation, lancée par le gouvernement en 2018, qui a permis d’obtenir 4,3 milliards de dollars pour l’éducation des filles en situation de crises, le financement du Canada permettant à plus de 4 millions de filles d’avoir accès à un enseignement sûr et de qualité. De même, la présidence du G7 par le Royaume-Uni en 2021 a fixé des objectifs visant à scolariser 40 millions de filles supplémentaires et à faire en sorte que 20 millions de plus sachent lire à l’âge de 10 ans dans un délai de cinq ans.

Considérations

Les récentes réductions des financements pour l’aide au développement international par les donateurs traditionnels, y compris les États-Unis, devraient avoir des impacts significatifs. Les États-Unis, l'un des plus grands donateurs en matière d'éducation, ont contribué à hauteur de plus d'un milliard de dollars par an. Cependant, l'incertitude demeure quant à la poursuite de ce soutien, avec plus de 300 initiatives éducatives financées par les États-Unis déjà interrompues, perturbant les services éducatifs, en particulier pour les populations les plus difficiles à atteindre. Ces réductions suscitent des discussions critiques sur l'écosystème éducatif mondial actuel, soulignant le besoin urgent de réformes systémiques dans les pays partenaires et une augmentation significative du financement national pour l'éducation. Parallèlement, les réductions des financements mondiaux pour l'éducation surviennent alors que des partenaires clés comme le Partenariat mondial pour l'éducation (janvier 2026) et Education Cannot Wait (septembre 2026) entreprennent des reconstitutions de fonds.

7. Les objectifs de développement durable

Enjeux

Contexte

Le Programme à l’horizon 2030 a été adopté par les États membres des Nations Unies en septembre 2015. Il s’agit d’un cadre mondial ambitieux d’une durée de 15 ans, centré sur un ensemble de 17 objectifs de développement durable (ODD) interdépendants. Ce programme est universel, ce qui signifie qu’il s’applique à tous les pays, et pas seulement aux pays en développement. Des crises concomitantes et qui se chevauchent, telles que la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que la crise climatique, ont érodé les progrès en matière de développement durable.

Objectifs de développement durable

Version texte

Image illustrant les 17 Objectifs de développement durable (ODD) avec leurs icônes.

  1. Pas de pauvreté (icône rouge de personnes rassemblées)
  2. Faim "zéro" (icône jaune moutarde d’un bol de soupe)
  3. Bonne santé et bien-être (icône verte d’un battement de cœur)
  4. Éducation de qualité (icône rouge foncé d’un livre et d’un crayon)
  5. Égalité entre les sexes (icône rouge orangé du symbole de l’égalité des genres)
  6. Eau propre et assainissement (icône bleu vif d’un récipient contenant de l’eau, avec une flèche pointant vers le bas)
  7. Énergie propre et d’un coût abordable (icône jaune d’un soleil avec un symbole de mise en marche au centre)
  8. Travail décent et croissance économique (icône rouge bourgogne d’un graphique en barres montrant une croissance ascendante)
  9. Industrie, innovation et infrastructure (icône orange de cubes interconnectés)
  10. Inégalités réduites (icône magenta d’un signe égal et de flèches pointant vers l’extérieur)
  11. Villes et communautés durables (icône jaune doré représentant une ville)
  12. Consommation et production responsables (icône jaune moutarde foncé d’une flèche circulaire)
  13. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques (icône vert foncé d’un œil avec un globe terrestre en pupille)
  14. Vie aquatique (icône bleue d’un poisson sous l’eau)
  15. Vie terrestre (icône vert vif d’un arbre et d’oiseaux)
  16. Paix, justice et institutions efficaces (icône bleu foncé d’une colombe tenant une branche d’olivier et un marteau de juge)
  17. Partenariats pour la réalisation des objectifs
Cadre national 

La Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030 : Aller de l’avant ensemble oriente la mise en œuvre des ODD par le gouvernement du Canada. Sous la direction de la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, la stratégie vise à soutenir l’engagement et la participation de l’ensemble de la société aux ODD, en reconnaissant que chacun a un rôle à jouer dans la réalisation du développement durable. La stratégie s’appuie sur un cadre d’indicateurs canadiens permettant de suivre les progrès accomplis dans la réalisation des ODD, ainsi que sur un plan de mise en œuvre fédéral qui définit les principaux rôles et responsabilités des ministères et organismes du gouvernement du Canada. Le gouvernement publie un rapport annuel sur la mise en œuvre de la stratégie.

Mise en œuvre et engagement à l’échelle internationale 

La stratégie nationale du gouvernement du Canada oriente sa mise en œuvre internationale du Programme à l’horizon 2030. Les politiques et cadres de soutien comprennent la Politique d’aide internationale féministe et le Plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité. Toute l’aide au développement international du gouvernement du Canada est conçue pour aider à favoriser le développement durable à l’échelle mondiale et à faire progresser les ODD. Les contributions du gouvernement à la mise en œuvre des ODD dans les pays en développement sont diverses et couvrent un éventail de secteurs, y compris la santé, l’éducation, le climat, la sécurité alimentaire, le développement économique, la gouvernance et la paix. Un élément clé de l’engagement international sur le Programme à l’horizon 2030 est un mécanisme de suivi et d’examen appelé examens nationaux volontaires, qui permet aux pays d’échanger sur les meilleures pratiques et les enseignements tirés de la mise en œuvre des ODD. Le gouvernement du Canada a présenté son premier examen national volontaire en 2018 et son deuxième en 2023 lors du Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable. Le Canada devrait présenter son troisième examen national volontaire en 2027.

Considérations

En 2022, (l’ancien) premier ministre Justin Trudeau a été nommé par le Secrétaire général des Nations Unies pour coprésider le groupe des défenseurs des ODD avec la première ministre de la Barbade, Mme Mottley. Les défenseurs sont 17 personnes influentes qui sensibilisent le monde aux objectifs et à la nécessité d’une action accélérée. Ce rôle a donné l’occasion au gouvernement du Canada de faire valoir son leadership et d’accroître la sensibilisation et le soutien au Programme à l’horizon 2030.

Le gouvernement réalise des progrès sur tous les aspects des ODD grâce à des mesures nationales et internationales, y compris des initiatives visant à éradiquer la pauvreté, à faire progresser l’égalité des genres, à protéger la planète et à améliorer l’égalité, même si des défis subsistent. La réalisation de progrès par rapport aux ODD renforce également les objectifs généraux du gouvernement, à savoir : renforcer un système international fondé sur des règles, soutenir une paix et une sécurité durables, favoriser la prospérité et faire progresser les droits de la personne, y compris la diversité, l’inclusion et l’égalité des genres.

8. Présidence canadienne du G7

Enjeux

Contexte

Le G7

Le G7 est un groupe informel fondé sur le consensus, créé en 1975, qui comprend le Canada, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni, les États-Unis, ainsi que le Conseil et la Commission de l’Union européenne (la Russie l’a intégré en 1997, avant d’être suspendue en 2014 à la suite de son invasion de la Crimée). Il repose sur des valeurs communes et sert les intérêts communs en matière de politique économique et étrangère en sensibilisant la population, en coordonnant les positions et en catalysant l’action.

Parmi les récentes réalisations du G7, citons la réponse coordonnée à la guerre menée par la Russie en Ukraine, la livraison de vaccins contre la COVID-19 et les investissements dans les capacités de production de vaccins dans les pays en développement, ainsi que le Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement (PIMI) qui vise à mobiliser 600 milliards de dollars américains d’ici 2027 (2022). Les initiatives phares du G7 ont été des éléments importants des présidences canadiennes précédentes. Par exemple, en 2018, la Déclaration de Charlevoix sur l’éducation de qualité a permis de mobiliser plus de 4 milliards de dollars américains pour l’éducation des femmes et des filles, le Mécanisme de réponse rapide du G7 a été créé pour contrer les menaces étrangères à la démocratie, et le Conseil consultatif sur l’égalité des sexes a été mis en place pour promouvoir et intégrer l’égalité des genres dans l’ensemble du programme du G7. En 2010, dans le cadre de l’initiative de Muskoka, le Canada et ses partenaires mondiaux ont promis plus de 7,3 milliards de dollars américains pour soutenir la santé maternelle, néonatale et infantile, et se sont engagés à appuyer les initiatives visant à renforcer les systèmes de sécurité civile afin de réduire l’instabilité liée aux conflits, de protéger les civils et de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale.

Présidence canadienne du G7

Le Canada assurera la présidence du G7 en 2025, à l’occasion du 50e anniversaire du groupe. Cindy Termorshuizen sera la représentante personnelle (sherpa) du premier ministre pour les sommets du G7 et du G20.

Le programme du Canada pour le G7 est actuellement axé sur trois priorités :

  1. Assurer la sécurité des communautés et du monde, notamment en favorisant la paix et la sécurité en Ukraine, en luttant contre l’ingérence étrangère, en combattant la criminalité transnationale et en luttant contre les incendies de forêt.
  2. Promouvoir la prospérité, notamment en favorisant la sécurité énergétique et la transition numérique, notamment grâce à des chaînes d’approvisionnement résilientes pour les minéraux critiques, en encourageant l’accès à l’IA et son adoption, et en accélérant le développement des technologies quantiques.
  3. Investir dans des partenariats d’avenir, notamment en aidant à mobiliser le secteur privé, les institutions financières de développement et les banques multilatérales de développement afin de soutenir des priorités comme le développement des infrastructures.

Pour mettre en œuvre ce programme, le Canada réunira les dirigeants du G7 à Kananaskis, en Alberta, du 15 au 17 juin. [CAVIARDÉ]. Il a accueilli la réunion des ministres des Affaires étrangères du 12 au 14 mars à Charlevoix et accueillera la réunion des ministres des Finances du 20 au 22 mai à Banff. [CAVIARDÉ]. La plupart des groupes de travail poursuivront leur collaboration sur le plan technique, même si aucune réunion ministérielle n’est prévue.

Priorités du Canada en matière de développement dans le cadre du G7

Des fonctionnaires de tous les membres du G7 collaborent de manière continue afin de soutenir leurs ministres responsables du Développement international par le truchement du groupe de travail des hauts fonctionnaires responsables du Développement du G7. Affaires mondiales Canada a convoqué les premières réunions du groupe de travail des hauts fonctionnaires responsables du développement international du G7 en février, mars et avril 2025, et continuera à le faire tous les mois. Les premières réunions du groupe de travail des hauts fonctionnaires responsables du développement international ont porté principalement sur les contributions possibles au Sommet des dirigeants, ainsi que sur des discussions thématiques stratégiques concernant la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement, l’avenir de l’architecture de l’aide internationale et les liens entre le G7 et le G20. Après le sommet des dirigeants du G7 en juin, les réunions du groupe de travail des hauts fonctionnaires responsables du développement international porteront principalement sur les préparatifs de la réunion des ministres du Développement, notamment l’élaboration des priorités clés et d’un programme détaillé. Le Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement, la sécurité alimentaire et les groupes de travail sur la responsabilité sont également actifs actuellement et contribueront à la planification du volet développement, notamment en rédigeant le rapport complet sur la responsabilité. Les ministres sont libres d’inviter des pays et des organisations à leurs réunions ministérielles. Aucune décision n’a encore été prise concernant les invitations. Les options (ordre du jour, invités, initiatives) pour une réunion des ministres du Développement international seront présentées pour examen en temps utile.

Considérations

Positions internationales

[CAVIARDÉ]

Sommet et invités des ministres

Le premier ministre peut inviter un nombre limité de partenaires de collaboration au sommet; à ce jour, des invitations ont été transmises au président de l’Ukraine [CAVIARDÉ]. Les ministres peuvent également inviter des partenaires de collaboration à leurs réunions ministérielles.

9. L'approche des États-Unis en matière d'aide internationale

Enjeux 

Contexte

En 2023, les États-Unis étaient le principal donateur d’aide publique au développement au sein du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Il avait fourni 64,7 milliards de dollars américains, soit 30 % de l’aide publique au développement totale de ce comité. En 2024, les États-Unis ont fourni environ 42 % de l’aide humanitaire mondiale totale. Le budget des programmes de l’USAID, estimé à plus de 43 milliards de dollars américains en 2023, représentait la majorité des dépenses américaines d’aide publique au développement.

En annonçant initialement l’annulation de 83 % des programmes de l’USAID, le secrétaire d’État Rubio a affirmé que ceux-ci ne servaient pas (et dans certains cas nuisaient même) aux intérêts nationaux fondamentaux des États-Unis. De même, environ 40 % des projets d’aide à l’étranger du Département d’État auraient été supprimés. Les listes fournies au Congrès et au Sénat concernant les suppressions de programmes et de projets de l’USAID, qui ont fait l’objet de fuites dans les médias au cours des dernières semaines, font état d’environ 5 300 programmes de l’USAID supprimés et de près de 900 programmes toujours actifs. Toutefois, des questions subsistent quant à l’exhaustivité des listes et à la fiabilité des données fournies. La légalité et la constitutionnalité d’une administration mettant fin aux activités de l’USAID, une agence fédérale créée par une loi du Congrès, ont été remises en question, et un certain nombre d’actions en justice ont été intentées ou sont en cours face au gel du financement, aux réductions de personnel et au non-paiement de sous-traitants.

Les exceptions au gel des fonds américains comprennent l’aide alimentaire d’urgence et l’aide humanitaire vitale. Toutefois, la confusion règne quant aux programmes exemptés et l’acheminement de fonds a été entravée dans certains cas par le système de paiement du gouvernement américain.

D’autres mesures américaines ont eu une incidence sur l’aide étrangère, entre autres :

Un examen plus approfondi est en cours pour toutes les organisations internationales intergouvernementales dont les États-Unis sont membres et fournissent un financement ou un autre type de soutien, ainsi que pour toutes les conventions et tous les traités auxquels les États-Unis sont parties. Les résultats pourraient avoir des répercussions sur d’autres organisations des Nations Unies et institutions financières internationales.

Une réorganisation complète du Département d’État visant à consolider et à réduire le nombre de bureaux et d’employés a récemment été annoncée. Des rapports officieux antérieurs suggéraient que la nouvelle architecture de l’aide au développement international des États-Unis pourrait être établie selon trois piliers sous le thème d’un « pays plus sûr, plus fort et plus prospère » : 1) l’ancienne USAID pourrait devenir l’Agence des États-Unis pour l’aide humanitaire internationale (U.S. Agency for International Humanitarian Assistance), intégrée au Département d’État; 2) le Département d’État pourrait étendre son mandat à la promotion de la démocratie, à la liberté de religion, à la prévention et à la stabilisation des conflits, au renforcement du pouvoir des femmes et à la société civile; et 3) la Société américaine de financement du développement (la « U.S. Development Finance Corporation ») pourrait étendre son mandat au commerce et à l’investissement, à l’énergie, aux infrastructures, à la technologie et à l’innovation, dans le but de créer des emplois aux États-Unis et d’élargir les marchés pour les entreprises américaines. D’autres détails sur l’architecture finale de l’aide demeurent incertains dans l’attente des résultats officiels de l’examen sur l’aide étrangère.

Une proposition de budget au Congrès pour l'année fiscale 2026 verrait une réduction significative des dépenses d'aide au développement international. De plus, la proposition indique que la Maison-Blanche tentera de retirer des milliards de dollars que le Congrès a déjà alloués. Si elle est approuvée, la réduction totale s'élèverait à 49 milliards de dollars, soit 84% du financement américain pour le développement international, portant le nouveau niveau de financement à seulement 9,6 milliards de dollars par an. Le budget propose également la création d'un "Fonds d'opportunité America First" de 2,9 milliards de dollars pour financer les priorités de sécurité nationale. La Corporation Financière de Développement des États-Unis devrait recevoir 2,8 milliards de dollars supplémentaires pour un fonds renouvelable qui lui permettrait de conserver et de réinvestir les revenus de ses investissements.

Considérations

L’augmentation du financement de l’aide au développement international par d’autres pays donateurs pour combler les lacunes créées par les réductions américaines serait insuffisante en raison de l’ampleur et de la portée de la programmation antérieure de l’aide étrangère des États-Unis. En outre, le paysage de l’aide au développement international est en pleine mutation, un nombre croissant de pays donateurs (tels que le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la France) procédant à d’importantes réductions de leurs propres budgets d’aide au développement international ou à des ajustements de leurs priorités stratégiques. Les efforts accrus de pays aux vues divergentes, comme la Chine, pour combler les déficits de financement ont des implications géopolitiques et pourraient compromettre les efforts déployés sur des questions telles que les droits de la personne et la démocratie.

Répercussions sur les programmes d’Affaires mondiales Canada (AMC) et les partenaires de mise en œuvre

Les réductions de l’aide étrangère américaine ont ciblé les domaines prioritaires de l’administration précédente, tels que l’action climatique, la santé et les droits sexuels et reproductifs, l’égalité des genres, et la diversité et l’inclusion, domaines qui ont également été au cœur de l’approche du gouvernement du Canada en matière d’aide au développement international. AMC a entrepris une évaluation préliminaire des répercussions financières possibles sur ses 30 principaux partenaires et organisations de mise en œuvre canadiens. La majorité d’entre eux ne sont pas touchés (pas de financement américain) ou ne subiront qu’un impact financier limité ou indirect en raison de la réduction des capacités locales (par exemple, la dépendance à l’égard des réseaux et de l’infrastructure de l’USAID pour la réalisation d’un projet financé par AMC). Toutefois, le risque subsiste que les résultats attendus des projets d’AMC ne soient pas entièrement atteints parce que des activités complémentaires ou habilitantes ne sont plus disponibles ou que leurs coûts augmentent. En outre, les organisations de mise en œuvre d’AMC qui reçoivent également un soutien de la part des États-Unis pourraient être contraintes de fermer leurs portes en raison des coupes budgétaires américaines ou le retrait des États-Unis d’un secteur entier pourrait rendre un projet d’AMC non viable.

L’impact sur les accords de financement d’AMC avec les États-Unis pour la programmation du développement international a été minime et peu de projets ont été touchés. Des fonds d’AMC doivent encore être remboursés pour deux programmes suspendus, pour un montant total d’environ 1,04 million de dollars.

F. Aperçus géographiques et partenaires clés    

1. L'Indo-Pacifique

Enjeux

Contexte

L’Indo-Pacifique est la région qui connaît la croissance économique la plus rapide du monde et est à l’origine de près des deux tiers de la croissance mondiale de ces dernières années.

Néanmoins, l’avenir de la région indopacifique reposera en grande partie sur la résolution des défis multidimensionnels auxquels elle se heurte. L’aide au développement international a permis au Canada de se positionner comme un partenaire essentiel pour soutenir la démocratie, la primauté du droit, le commerce fondé sur des règles, la paix et la sécurité, l’égalité des genres, la lutte contre le changement climatique et l’environnement, mais il subsiste d’importantes lacunes en matière d’infrastructures dans une grande partie de la région. Ces efforts contribuent à façonner un paysage géopolitique stable et inclusif.

La région indopacifique englobe 40 pays et économies, plus de 4 milliards de personnes et 47,19 billions de dollars d’activité économique, ce qui en fait la région économique à la croissance la plus rapide au monde. Elle génère plus d’un tiers de l’activité économique mondiale et compte trois des cinq plus grandes économies du monde : la Chine, l’Inde et le Japon. La région produira plus de la moitié du produit intérieur brut mondial d’ici 2040 et devrait accueillir les deux tiers des membres de la classe moyenne mondiale d’ici 2030. Près de 20 % des nouveaux Canadiens en sont originaires, près de 18 % des Canadiens y ont des liens familiaux et 60 % des étudiants étrangers au Canada viennent de la région indopacifique.

La région présente un paysage de gouvernance diversifié et contesté, marqué par des points chauds géopolitiques tels que le détroit de Taïwan, la Corée du Nord et les mers de Chine orientale et méridionale, de même que par d’importants différends transfrontaliers et des défis qui menacent l’ordre international fondé sur des règles. En outre, les deux tiers de la population défavorisée mondiale vivent dans la région indopacifique, où l’on estime à 1,7 milliard le nombre de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour. Les difficultés persistantes, notamment l’insécurité énergétique et alimentaire, les lacunes en matière d’infrastructures et de gouvernance démocratique, les inégalités, le changement climatique et la dégradation de l’environnement, sont exacerbées par les catastrophes naturelles, les migrations forcées et les répercussions à long terme de la COVID-19. Ces facteurs de risque révèlent la fragilité des progrès réalisés en matière de développement, en particulier pour les femmes, les enfants, les minorités ethniques et les groupes marginalisés, dans un contexte politique général fortement influencé par les événements géopolitiques.

Considérations

Le gouvernement du Canada a apporté une aide au développement international à la région par le biais de programmes de développement bilatéraux et régionaux, axés sur des défis tels que l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à celui-ci, les enjeux de santé mondiale, le développement des compétences, la biodiversité, l’égalité des genres et les droits de la personne. Par l’intermédiaire d’Affaires mondiales Canada, le gouvernement met en œuvre des programmes bilatéraux en Afghanistan, au Bangladesh, en Indonésie, au Myanmar, en Mongolie, au Pakistan, aux Philippines, au Sri Lanka et au Vietnam, ainsi que trois programmes régionaux visant l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), la région panasiatique et les îles du Pacifique. Le gouvernement du Canada a ancré son approche à l’égard de la région dans la Stratégie pour l’Indo-Pacifique, laquelle ne cesse d’évoluer pour répondre aux nouveaux débouchés commerciaux, aux préoccupations en matière de sécurité et aux réorientations géopolitiques, y compris les répercussions de l’évolution de la politique et de la concurrence stratégique des États-Unis.

Dans le cadre de la Stratégie pour l’Indo-Pacifique, le gouvernement a renforcé ses partenariats et étendu son aide, en accordant une attention particulière au Vietnam, à l’Indonésie, aux Philippines et aux îles du Pacifique.

Les nouvelles initiatives de développement dans le cadre de la Stratégie pour l’Indo-Pacifique s’articulent autour de trois objectifs principaux : rapprocher les gens, promouvoir la durabilité et renforcer les partenariats dans l’Indo-Pacifique. Ces initiatives comprennent l’élargissement des bourses d’études, l’augmentation de l’aide en Asie du Sud-Est et le soutien aux efforts de développement dans les îles du Pacifique.

Fait notable, Affaires mondiales Canada a élargi ses modestes programmes dans la région des îles du Pacifique en y établissant son premier programme dédié d’aide au développement international. Le premier haut-commissaire du Canada aux Fidji devrait arriver en 2025, et une nouvelle mission à Suva, installée dans les mêmes locaux que le Royaume-Uni, devrait ouvrir au début de 2026.

En outre, le gouvernement du Canada a financé un programme sur l’atténuation des risques de catastrophe et la résilience (50 millions de dollars), et l’institution de financement du développement bilatéral du Canada, FinDev, en vue d’étendre ses activités à la région (750 millions de dollars).

Faits nouveaux

Le récent décret du gouvernement des États-Unis intitulé « Reevaluating and Realigning United States Foreign Aid » (réévaluation et réorientation de l’aide étrangère des États-Unis) a des répercussions sur la durabilité des projets internationaux d’aide au développement dans les pays de l’Indo-Pacifique, financés au moyen d’accords multi donateurs avec l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Les projets menés dans des domaines tels que l’éradication de la poliomyélite, l’engagement civil et les services répondant aux besoins essentiels risquent de connaître des perturbations ou des déficits de financement du fait de la suspension de l’aide des États-Unis.

Le Canada soutient l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, financée conjointement avec d’autres donateurs, dont l’USAID, dans le cadre de projets bilatéraux d’éradication de la poliomyélite menés avec l’Organisation mondiale de la Santé et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Bien que le financement bilatéral demeure inchangé, les décisions des États-Unis pourraient avoir des répercussions négatives sur les efforts d’éradication de la poliomyélite déployés par le gouvernement du Canada au Pakistan et en Afghanistan. Il subsiste de nombreuses incertitudes quant à la stratégie prospective des États-Unis.

Annexe A : Présence régionale

Source : Carte du réseau des missions

Version texte

L’empreinte canadienne en Indo-Pacifique.

Ambassade :  

Haut-commissariat :

Mission multilatérale :

Bureau commercial :

Consulat général :

Consulat :

Bureau de représentation :

2. Amériques

Enjeux

Contexte

La région de l’ALC a réalisé des progrès considérables dans la réduction de la pauvreté au cours des dernières décennies et a enregistré son taux de pauvreté le plus bas jamais atteint en 2022, avec 25 % de la population vivant dans la pauvreté. Par rapport à d’autres régions en développement, ce taux de pauvreté est légèrement meilleur que celui de la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique (27 %), mais bien supérieur à celui de l’Europe et de l’Asie centrale (8,2 %). Malgré ces progrès, la région reste la deuxième plus inégalitaire au monde, et les pays de la région de l’ALC affichent des inégalités de revenus plus élevées que ceux d’autres régions ayant des niveaux de développement comparables. La sécurité alimentaire est également une préoccupation majeure. Selon les Nations Unies, près d’un tiers de la population de la région de l’ALC (187,6 millions de personnes) était en situation d’insécurité alimentaire en 2023.

Les catastrophes naturelles continuent de représenter une menace importante dans la région, l’ALC étant la deuxième région la plus exposée au monde aux phénomènes météorologiques extrêmes. Le couloir de la sécheresse en Amérique centrale est très vulnérable aux sécheresses prolongées et aux inondations. Les incendies de forêt dans la région amazonienne ont brûlé deux fois plus de forêts en 2024 qu’il y a 20 ans. Les États des Caraïbes sont confrontés à des vulnérabilités particulières telles que l’élévation du niveau de la mer, l’érosion côtière, les phénomènes climatiques extrêmes et la détérioration de la santé des océans.

Il y a plus de 23 millions de personnes déplacées de force, notamment des réfugiés et des demandeurs d’asile, en Amérique latine et dans les Caraïbes, sans compter les millions de migrants économiques et autres qui ont quitté leur foyer pour d’autres raisons. De nombreux pays de la région sont à la fois pays d’origine, pays d’accueil et pays de transit pour les migrants. Les pays d’accueil et de transit sont confrontés à des contraintes en matière de capacités et de ressources, notamment dans les domaines du logement, de l’éducation, de la santé et des services sociaux. La région de l’ALC demeure l’une des plus violentes au monde. Le crime organisé est la principale source de cette violence, et ses activités, notamment les flux transnationaux illicites de personnes, de drogues et d’armes, sont très préoccupantes. La violence fondée sur le genre et la violence politique visant des défenseurs des droits de la personne, des militants écologistes, des politiciens et des journalistes sont également fréquentes.

Engagement du Canada dans la région de l’ALC

L’aide internationale totale du gouvernement du Canada versée à l’Amérique latine et aux Caraïbes, y compris le Mexique, s’est élevée à 1,3 milliard de dollars en 2023-2024, soit 10 % de l’aide internationale globale du gouvernement. Cela comprenait l’aide publique au développement (APD), qui vise à réduire la pauvreté dans les pays en développement, et l’aide autre que l’APD, qui porte principalement sur la sécurité, le soutien financier et le soutien général. Parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Canada est le sixième donateur en importance de la région après l’Allemagne, les États-Unis, la France, le Japon et l’Espagne. L’aide bilatérale et régionale octroyée par Affaires mondiales Canada à la région de l’ALC (y compris le Mexique) s’est élevée à 955 millions de dollars en 2023-2024.

L’aide internationale offerte par Affaires mondiales Canada à la région est dispensée dans le cadre de trois programmes régionaux : le programme pour l’Amérique centrale, les Caraïbes et pour la région interaméricaine, ainsi que des programmes bilatéraux en Haïti, à Cuba, en Colombie, au Pérou, en Bolivie et au Vénézuéla. Les programmes visent principalement à répondre aux priorités de la politique étrangère du gouvernement dans la région, notamment la migration irrégulière, les changements climatiques, la croissance inclusive, la protection et la promotion de la démocratie et des droits de la personne, l’avancement de l’égalité entre les genres, ainsi que la promotion de la paix et de la sécurité. Les partenaires du gouvernement comprennent la société civile locale et canadienne, des banques de développement, des agences des Nations Unies et des organisations régionales comme l’Organisation panaméricaine de la santé et l’Organisation des États américains.

Le Programme de renforcement des capacités de lutte contre la criminalité d’Affaires mondiales Canada est un outil essentiel pour lutter contre le crime organisé dans la région. Depuis 2015, il a fourni environ 334 millions de dollars pour soutenir les efforts visant à renforcer la capacité des États d’Amérique latine et des Caraïbes à prévenir et à contrer les menaces posées par les activités criminelles transnationales. Le programme est actuellement actif dans 35 pays de la région.

Considérations

Possibilités de mobilisation

De nombreux pays de la région de l’ALC sont vulnérables aux effets négatifs des changements climatiques, mais ont souvent moins accès à l’ADP traditionnelle et au financement concessionnel que les pays à revenu plus élevé. Les pays des Caraïbes, en particulier, ont plaidé pour que les critères d’admissibilité à l’APD tiennent compte des considérations relatives à la vulnérabilité multidimensionnelle.

La Chine reste un investisseur important dans la région et fournit des financements aux pays qui ne bénéficient pas de l’APD. Les investissements chinois dans la région ne sont pas subordonnés au respect des principes démocratiques, des droits de la personne ou de la transparence. L’engagement économique croissant de la Chine dans la région de l’ALC, ainsi que l’influence politique potentielle qui en découle, constituent une préoccupation majeure pour les gouvernements canadien et américain. L’aide au développement internationale et les investissements économiques du Canada dans la région pourraient constituer des solutions de rechange aux investissements chinois.

Suspension des activités de l’Agence américaine pour le développement international (USAID)

En 2023, les États-Unis étaient le deuxième donateur mondial en importance en Amérique latine et dans les Caraïbes, derrière l’Allemagne. Le décret américain gelant l’aide internationale perturbe les projets financés par l’USAID dans plusieurs régions, avec 83 % des programmes de l’USAID annulés. En Amérique latine et dans les Caraïbes en particulier, les centres d’accueil pour migrants financés par l’USAID ferment leurs portes, mettant à rude épreuve les institutions locales chargées de gérer les personnes déplacées et les migrants en transit. En outre, les coupes budgétaires américaines ont entraîné une réduction du soutien aux initiatives en faveur de la démocratie, de l’État de droit et des droits de la personne, des programmes de lutte contre le VIH/sida et le paludisme, ainsi que des lacunes dans le financement des programmes destinés aux organisations LGBTQI+, aux peuples autochtones et à la liberté des médias. Compte tenu de l’importance de l’aide étrangère américaine accordée précédemment à la région, il ne sera pas possible pour d’autres donateurs de compenser la perte de financement.

Annexe A : Empreinte régionale

Source : Carte du réseau des missions

Version texte

L’empreinte canadienne en Amérique latine.

Ambassade :  

Consulat général :

Haut-commissariat :

Bureau de l’ambassade :

Bureau commercial :

Annexe B : Aide internationale

Source : Tableau de bord DevData de Stats DPF (pour 2023-2024, toutes sources confondues)

Version texte

Le visuel est une carte régionale montrant l'assistance internationale à l’Amérique latine.   

Annexe C

Pays bénéficiaires prioritaires sélectionnésFinancement de l’aide internationale, 2023-2024 – Toutes sources (en millions)

Amérique centrale

Honduras

26,1 $

Guatemala

22,6 $

Le Salvador

20,8 $

Nicaragua

9,3 $

Caraïbes 

Haïti

172,3 $

Guyane

Remarque : Une partie importante de l’aide internationale accordée à la Guyane comprend un prêt souverain de 120 millions de dollars que le Canada accorde sur 10 ans par l’intermédiaire de la Banque interaméricaine de développement. Le Programme de prêts souverains du Canada est un programme pilote qui vise à accorder des prêts souverains à faible taux d’intérêt (équivalant au coût d’emprunt du gouvernement du Canada), principalement à des pays à revenu intermédiaire, afin de soutenir leurs investissements dans la réduction de la pauvreté.

100,5 $

Jamaïque

15,1 $

Sainte-Lucie

12,0 $

Grenade

8,2 $

Cuba

6,9 $

Dominique

5,6 $

Bélize

5,3 $

Saint-Vincent

5,3 $

Suriname

2,9 $

Amérique du Sud

Colombie

43,4 $

Pérou

32,3 $

Vénézuela

27,5 $

Bolivie

18,5 $

Réponse régionale à la situation des réfugiés et des migrants au Vénézuéla

5,2 $

Région

Programme régional interaméricain

35,3 $

Source : Statistiques du DPF pour 2023-2024

3. Moyen-Orient

Enjeux

Contexte 

L’aide internationale au Moyen-Orient est rendue difficile par plusieurs défis interdépendants. Tout d’abord, les conflits en cours, notamment à Gaza et au Yémen (et jusqu’à récemment au Liban et en Syrie), créent des environnements instables où la distribution de l’aide est souvent entravée par la violence, l’insécurité, les menaces terroristes et les obstacles logistiques. Les organisations humanitaires ont du mal à accéder aux populations dans le besoin en raison des barrages, des combats et des restrictions imposés par des acteurs étatiques et non étatiques.

L’instabilité politique et la fragmentation constituent également des défis importants. La présence de multiples puissances étrangères aux intérêts divergents, ainsi que la complexité de la dynamique politique locale, entraînent souvent des conflits de priorités et compliquent les efforts de coordination. La corruption et la faiblesse de la gouvernance dans certains pays aggravent encore la situation, car les fonds destinés à l’aide au développement international peuvent être utilisés de manière inefficace s’ils sont versés directement aux gouvernements.

De plus, la diversité culturelle, religieuse et ethnique qui caractérise le Moyen-Orient implique que les programmes d’aide au développement international doivent être adaptés aux contextes locaux. Enfin, la pérennité des efforts d’aide demeure une préoccupation, car la lassitude des donateurs et l’évolution des priorités mondiales peuvent réduire le financement à long terme de projets essentiels.

Stratégie concernant le Moyen-Orient

Depuis 2016, dans le cadre de sa stratégie pour le Moyen-Orient, le Canada a investi plus de 4,7 milliards de dollars pour lutter contre Daech en Iraq et en Syrie et pour soutenir des pays comme la Jordanie et le Liban touchés par la crise des réfugiés syriens. Dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement soutient la sécurité régionale par l’intermédiaire de la Coalition mondiale contre Daech et de la mission de l’OTAN en Iraq, en allouant plus de 1,7 milliard de dollars à l’opération IMPACT depuis 2016.1 La stratégie prendra fin le 31 mars 2025.

En dehors de la portée de la stratégie, depuis le 7 octobre 2023, le Canada s’est engagé à verser 315 millions de dollars en aide humanitaire pour répondre aux besoins à Gaza et en Cisjordanie. Le Canada a également répondu aux besoins humanitaires accrus au Liban, en fournissant plus de 43,7 millions de dollars en 2025.

Aide internationale du Canada au Moyen-Orient
Aide au développement international 

Le gouvernement du Canada met en œuvre des programmes de développement en Jordanie, en Iraq, au Liban, en Cisjordanie/Gaza et en Égypte. L’aide canadienne cible les domaines suivants : éducation et développement des compétences; services de santé; développement économique par le soutien aux moyens de subsistance et la croissance des entreprises; droits et renforcement du pouvoir des femmes; bonne gouvernance; protection de l’environnement et gestion de l’eau; sécurité alimentaire et agriculture; et aide au rétablissement rapide.

Aide humanitaire

Le Canada a toujours été l’un des principaux contributeurs financiers de l’ONU, de la Croix-Rouge et des ONG partenaires afin de fournir une aide humanitaire vitale en Cisjordanie et à Gaza, en Syrie, au Liban, au Yémen, en Égypte, en Jordanie et en Iraq. Cela comprend une aide essentielle dans des domaines de première nécessité comme l’alimentation, la protection, les abris, l’eau, l’assainissement, l’hygiène et la santé. Le gouvernement du Canada a toujours été l’un des principaux contributeurs bilatéraux aux efforts d’intervention humanitaire au Moyen-Orient.

Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP) 

Le PSOP finance des programmes de stabilisation et de consolidation de la paix en Iraq, en Israël, en Cisjordanie, à Gaza, au Liban et en Syrie, en collaboration avec divers partenaires opérationnels, allant de la société civile locale à des organisations internationales et multilatérales. Les priorités des programmes sont adaptées à chaque contexte et évoluent en fonction du contexte. Des informations supplémentaires sur chaque dossier peuvent être fournies.

Programme de réduction de la menace des armes (PRMA)

La contribution du Canada au Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes, piloté par le G7, s’élève à plus de 36 millions de dollars depuis 2013. Ces fonds servent à détruire les stocks d’armes chimiques déclarés par la Syrie et à enquêter sur les attaques chimiques afin d’en déterminer les responsables. Grâce à ce programme, le Canada est l’un des plus importants contributeurs nationaux aux efforts déployés par l’Agence internationale de l’énergie atomique pour surveiller et vérifier la mise en œuvre par l’Iran du Plan d’action global conjoint.

Programme d’aide au renforcement des capacités antiterroristes (PARCA) 

Le PARCA apporte un soutien au renforcement des capacités afin de prévenir les flux de combattants terroristes étrangers, de perturber le financement du terrorisme, de lutter contre les discours extrémistes violents et d’améliorer les capacités des services chargés de l’application de la loi et de la sécurité grâce à la fourniture d’équipements non létaux, d’infrastructures et de formations. Les initiatives du programme soutiennent également l’intégration et la participation significatives des femmes à des postes opérationnels dans les secteurs de la sécurité en Jordanie et au Liban.

Considérations

Les événements récents, comme le cessez-le-feu au Liban et la chute du régime Assad en Syrie, donnent un peu d’espoir, mais l’instabilité persiste dans la région. Les conflits à Gaza et au Liban, ainsi que l’effondrement du régime Assad, ont exacerbé les crises dans ces régions, entraînant de graves crises humanitaires, dans lesquelles les besoins régionaux dépassent largement les ressources disponibles. [CAVIARDÉ].

Annexe A : Empreinte régionale

Source : Carte du réseau Mission.

Version texte

L’empreinte canadienne au Moyen-Orient.

Ambassade :

Consulat général :

Bureau de représentation :

Annexe B : Aide internationale

Source : Tableau de bord DevData de Stats DPF (pour 2023-2024, toutes sources confondues)

Version texte

Carte de l'aide internationale au Moyen-Orient pour 2023-2024, indiquant les chiffres pour l'Égypte, la Cisjordanie et Gaza, le Liban, la Syrie, la Jordanie et l'Irak.

Annexe C

Pays bénéficiaires prioritaires sélectionnésFinancement de l’aide internationale, 2023-2024 – Toutes sources confondues (en millions)

Moyen-Orient

Égypte

14,70 $

Iraq

42,39 $

Jordanie

81,45 $

Liban

83,84 $

Syrie

75,22 $

Cisjordanie et Gaza

151,09 $

Total de l’aide internationale

448,69$

Remarques : L’aide internationale du Canada au Moyen-Orient s’est élevée à 448,69 millions de dollars en 2023-2024.

Source : Statistiques du DPF pour 2023-2024

4. Ukraine

Enjeux

Contexte

Évaluation des dommages et des biens 

Le gouvernement ukrainien, le Groupe de la Banque mondiale, la Commission européenne et les Nations Unies ont publié le quatrième rapport d’évaluation rapide des dommages et des besoins le 25 février 2025. Ce rapport estime le coût total de la reconstruction et du redressement en Ukraine à 524 milliards de dollars américains pour la prochaine décennie, soit environ 2,8 fois le PIB nominal estimé de l’Ukraine pour 2024. L’Ukraine a subi 176 milliards de dollars américains en dommages directs, les secteurs du logement, des transports, de l’énergie, du commerce et de l’industrie, ainsi que de l’éducation étant les plus gravement touchés. Treize pour cent du parc immobilier total a été endommagé ou détruit, touchant plus de 2,5 millions de foyers. Dans le secteur de l’énergie, les régions les plus proches de la ligne de front ont subi environ 72 % des dommages totaux. Les attaques aériennes massives contre les infrastructures énergétiques en Ukraine ont considérablement augmenté au cours des six derniers mois.

L’aide apportée par le gouvernement à l’Ukraine 

Selon les données recueillies par l’Institut d’économie de Kiel, l’engagement bilatéral total du Canada (y compris le soutien financier, humanitaire et militaire) se classe au 11e rang. Depuis 2022, le gouvernement a engagé près de 20 milliards de dollars dans les domaines de l’aide financière, militaire, humanitaire, au développement, à la sécurité et à la stabilisation, ainsi qu’à l’immigration.

Le gouvernement a engagé plus de 12,4 milliards de dollars en aide financière internationale à l’Ukraine, y compris des prêts de 6,75 milliards de dollars par l’intermédiaire du compte administré par le Fonds monétaire international (FMI) pour l’Ukraine. Le Canada a également accordé une garantie de prêt par l’intermédiaire de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), une obligation souveraine ukrainienne et la remise des recettes tarifaires perçues sur les importations en provenance de la Russie et du Bélarus.

Le gouvernement a engagé près de 585 millions de dollars dans l’aide au développement du secteur énergétique en Ukraine, la reconstruction des infrastructures locales et l’aide technique pour des réformes de gouvernance inclusives visant à promouvoir de nouveaux modèles décentralisés. Ce financement a également été étendu aux petits exploitants agricoles, à la restauration des moyens de subsistance agricoles et à la santé mentale des anciens combattants. Le gouvernement a versé 70 millions de dollars au fonds de soutien à l’énergie de l’Ukraine.

Depuis janvier 2022, le gouvernement a affecté 372,2 millions de dollars en aide humanitaire pour faire face aux conséquences immédiates et persistantes de l’invasion russe. En 2024, 28,2 millions de dollars ont été affectés aux organisations des Nations Unies, au Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et à des organisations non gouvernementales afin de fournir des interventions sanitaires d’urgence, des services de protection et d’autres formes d’aide urgente telles que des abris, de l’eau, des installations sanitaires et de la nourriture.

Le gouvernement a engagé près de 225 millions de dollars dans l’aide à la sécurité et à la stabilisation.

Plateforme de coordination des donateurs pour l’Ukraine 

La Plateforme de coordination des donateurs pour l’Ukraine a été créée en décembre 2022 afin de coordonner l’aide des donateurs pour répondre aux besoins immédiats de financement de l’Ukraine et soutenir sa reprise économique et sa reconstruction futures, faire avancer les réformes en Ukraine et promouvoir l’engagement du secteur privé.

Elle s’est étendue au-delà du G7 et comprend désormais 23 membres et pays observateurs, ainsi que 7 participants, dont des institutions financières internationales et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Un conseil consultatif des gens d’affaires a été créé en juin 2024 avec pour mandat de fournir des conseils stratégiques à la Plateforme sur la participation du secteur privé au redressement et à la reconstruction de l’Ukraine. Roman Dubzcak, vice-président des marchés financiers à la CIBC, est le représentant du secteur privé du Canada au sein du Conseil. La Plateforme entretient également un dialogue avec la société civile ukrainienne et travaille en collaboration avec les mécanismes de coordination nationaux.

Considérations

Les conversations directes entre les États-Unis et la Russie ont donné lieu à des négociations plus approfondies en vue d’un accord de cessez-le-feu et d’un règlement de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. La reconstruction après le cessez-le-feu sera longue et coûteuse. [CAVIARDÉ].

5. Afrique

Enjeux

Contexte

L’Afrique est un continent dynamique, important sur le plan géostratégique, dont la population active et jeune croît rapidement. D’ici 2050, plus de 25 % de la population mondiale vivra en Afrique, ce qui représente une énorme main-d’œuvre potentielle. L’Afrique est dotée d’importantes ressources naturelles (soit 30 % des minéraux critiques dans le monde, 60 % du potentiel mondial d’énergie solaire et 25 % de la biodiversité mondiale), qui, si elles sont bien gérées, peuvent contribuer à une croissance économique plus résiliente et durable et à la diminution de la pauvreté. Les grandes et moyennes puissances, dont les États-Unis, la Chine et la Russie, s’impliquent activement en Afrique. Les États-Unis mettent l’accent sur la lutte antiterroriste, la gouvernance démocratique et la santé mondiale. La Chine investit dans les infrastructures, notamment dans le cadre de son initiative des nouvelles routes de la soie. La Russie s’efforce d’étendre son influence géopolitique et militaire.

Les niveaux de pauvreté en Afrique sont élevés : près de 60 % de la population vit dans la pauvreté, plus de 85 % de la population souffre d’insécurité alimentaire grave ou modérée, plus de 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’énergie et plus de 25 % des jeunes sont au chômage. L’Afrique est confrontée à des défis constants en matière de paix et de sécurité, avec des zones névralgiques de conflit en République démocratique du Congo, en Éthiopie, en Somalie, au Soudan, au Soudan du Sud et au Sahel. La fragilité des États associée à ces conflits contribue aux tensions géopolitiques et à la montée de l’autoritarisme, qui compromettent le respect des droits de la personne, et en est aussi le résultat. En raison de la nature prolongée, de l’ampleur et des répercussions des conflits en Afrique, une part importante (41 %) de l’aide humanitaire du Canada pour l’exercice financier 2023-2024 a été attribuée à l’Afrique.

L’engagement de longue date du Canada envers l’Afrique se caractérise par la volonté de favoriser la prospérité, la paix et le développement mutuels. Le Canada assure une présence diplomatique dans la région grâce à 27 missions (p. ex. ambassades ou hauts-commissariats) dans 24 pays. La mission d’observation permanente du Canada auprès de l’Union africaine est rattachée à l’ambassade du Canada en Éthiopie. Les ressources diplomatiques, commerciales et de développement de ces missions soutiennent les efforts visant à étendre la coopération entre le Canada et l’Afrique et à faire progresser les priorités mutuelles.

L’aide internationale du Canada en Afrique contribue à la réduction de la pauvreté grâce à des programmes menés avec des organisations bilatérales, multilatérales et canadiennes dans des secteurs comme les soins de santé, les changements climatiques, la sécurité alimentaire, la formation axée sur les compétences, le commerce et le développement. Le gouvernement du Canada a alloué 4,1 milliards de dollars à l’aide bilatérale au développement en Afrique au cours de l’exercice financier 2022-2023, et 3,2 milliards de dollars au cours de l’exercice financier 2023-2024, ce qui représente 44,7 % de l’aide bilatérale au développement attribuée par le Canada. Les cinq principaux bénéficiaires africains du financement alloué par le gouvernement du Canada lors de l’exercice financier 2023-2024 étaient l’Éthiopie, l’Afrique du Sud, la République démocratique du Congo, le Mozambique et la Tanzanie. De plus, le Canada est le quatrième actionnaire non régional en importance de la Banque africaine de développement et l’un des bailleurs de fonds du guichet de financement concessionnel de la Banque africaine de développement (le Fonds africain de développement).

L’Union africaine, dont le siège est en Éthiopie, est la principale organisation multilatérale africaine. L’Agenda 2063 de l’Union africaine présente une vision commune d’une Afrique intégrée, prospère et pacifique. Le gouvernement du Canada et la Commission de l’Union africaine ont organisé deux dialogues de haut niveau (en 2022 et en 2024) pour faire avancer les objectifs communs liés au commerce, au développement, à la paix et à la sécurité. Le gouvernement du Canada et la Commission de l’Union africaine ont également organisé un dialogue sur les politiques de développement en 2024 et ont signé un protocole d’entente pour institutionnaliser cette relation.

Considérations

Recentrage de l’engagement envers l’Afrique

En mars 2025, le gouvernement du Canada a annoncé son intention de réorienter son engagement envers l’Afrique vers une plus grande coopération économique, des partenariats renforcés pour protéger les intérêts communs en matière de sécurité, un meilleur engagement des communautés de la diaspora africaine au Canada et une aide au développement international au soutien du développement économique et de l’emploi des jeunes. La « Stratégie du Canada pour l’Afrique : un partenariat pour une prospérité et une sécurité partagées », qui appuie ces objectifs, a été dévoilée par le gouvernement le 6 mars 2025.

Présidence sud-africaine du G20 en 2025

L’Union africaine (UA) et l’Afrique du Sud sont membres du G20. L’Afrique du Sud, qui accueille le G20 cette année (en 2025) pour la première fois, met l’accent sur la résilience face aux catastrophes, la viabilité de la dette et une transition énergétique juste. L’UA mobilise le G20 sur les questions liées à la réforme des institutions financières internationales, au climat et au financement du développement, et le Canada, en tant que président du G7, assure une coordination étroite avec l’Afrique du Sud.

Suspension des activités de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID)

En 2023, les États-Unis étaient le plus important donateur dans le monde et consacraient à l’Afrique environ 40 % de leur aide au développement, en particulier dans le secteur de la santé, y compris pour le VIH/sida. [CAVIARDÉ]. La situation est encore plus difficile du fait qu’un certain nombre de pays donateurs (p. ex. le Royaume-Uni, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et la France) réduisent également leurs budgets d’aide ou modifient leurs priorités stratégiques, ce qui a des répercussions sur l’Afrique.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) 

La Zone de libre-échange continentale africaine fournit un cadre pour stimuler le commerce intra-africain, promouvoir l’industrialisation et favoriser un développement inclusif et durable. La Zone de libre-échange continentale africaine devrait créer une zone de libre-échange de 1,3 milliard de personnes, avec un produit intérieur brut (PIB) potentiel de 3,4 billions de dollars américains. Par conséquent, la Zone de libre-échange continentale africaine pourrait favoriser l’augmentation du commerce mondial avec l’Afrique, ce qui revêt une importance particulière dans le contexte des droits de douane imposés par les États-Unis.

La Francophonie

La moitié de la population mondiale francophone vit en Afrique et la plupart des États membres à part entière de l’Organisation internationale de la Francophonie sont africains. L’engagement du Canada envers l’OIF reflète sa volonté de promouvoir la langue et la culture françaises, de renforcer les relations diplomatiques et d’établir des liens avec l’Afrique.

Annexe A : Empreinte régionale

Source : Carte du réseau des missions

Version texte

L’empreinte canadienne en Afrique.

Ambassade :   

Bureau du programme :

Haut-commissariat :

Mission multilatérale :

Bureau commercial :  

Annexe B : Aide internationale

Source : Tableau de bord de DonnéesDev – statistiques du DPF (pour 2023-2024, de toutes les sources)

Version texte

Le visuel est une carte régionale montrant l'assistance internationale à l'Afrique.

Annexe C

Aide internationale en Afrique, par pays (plus de 20 millions $)Aide financière internationale, 2023-2024 – Toutes les sources (en millions)

Afrique septentrionale

Maroc

21,0 $

Soudan

54,3 $

Afrique occidentale 

Bénin

41,6 $

Burkina Faso

72,6 $

Côte d’Ivoire

59,5 $

Ghana

112,4 $

Guinée

22,7 $

Mali

115,1 $

Niger

31,7 $

Nigéria

106,2 $

Sénégal

102,2 $

Sierra Leone

23,2 $

Togo

21,1 $

Afrique centrale 

Cameroun

30,9 $

République centrafricaine

26,2 $

Tchad

37,5 $

République démocratique du Congo

148,9 $

Afrique orientale 

Éthiopie

195,3 $

Kenya

106,7 $

Madagascar

34,1 $

Rwanda

42,1 $

Somalie

56,2 $

Soudan du Sud

107,9 $

Tanzanie

141,1 $

Ouganda

85,3 $

Afrique australe 

Malawi

47,1 $

Mozambique

141,5 $

Afrique du Sud

165,2 $

Zambie

38,2 $

Zimbabwe

33,6 $

Total de l’aide internationale en Afrique

3230$

Source : DPF, statistiques pour 2023-2024

6. Participation multilatérale à l’aide au développement international

Enjeux

Contexte

La participation multilatérale à l’aide développement international, notamment dans le cadre des organismes des Nations Unies, des institutions financières internationales et des fonds mondiaux, permet au gouvernement du Canada de promouvoir ses intérêts et ses valeurs sur la scène internationale. Ces partenariats influencent les politiques mondiales et permettent d’obtenir des financements d’autres intervenants comme le secteur privé, tout en réduisant les coûts de transaction, les risques et la charge administrative pour le Canada, ainsi que le chevauchement des efforts entre donateurs.

Les partenariats multilatéraux permettent au gouvernement d’intervenir rapidement en cas de crise humanitaire et de relever les défis urgents du développement mondial en utilisant des mécanismes bien établis. Au cours des 50 dernières années, le gouvernement du Canada a obtenu des résultats concrets en réalisant des investissements multilatéraux dans des domaines comme la santé mondiale, la sécurité alimentaire, l’éducation, l’environnement, la paix et la sécurité, et l’égalité des genres. Les partenariats multilatéraux ont également permis au Canada de maintenir sa présence et sa notoriété dans des pays où il n’a aucune présence diplomatique, notamment dans des pays fragiles et touchés par un conflit.

Actuellement, le Canada joue un rôle de premier plan dans plusieurs instances multilatérales, notamment le G7. Le Canada est également membre du G20, dont la présidence est assurée par l’Afrique du Sud en 2025. En tant que membre du G7 et du G20, le Canada collabore avec d’autres pays pour résoudre des problèmes mondiaux urgents, notamment ceux liés au développement durable. Le G20, qui comprend des économies avancées et émergentes, offre une plateforme plus large pour faire avancer les priorités en matière de développement durable. Le Canada exerce également son influence en participant aux structures de gouvernance d’institutions mondiales et multilatérales, ce qui contribue à façonner leurs travaux, à définir leurs prochaines priorités et à garantir que leurs activités intègrent les dossiers importants pour le Canada.

Voici des exemples d’instances multilatérales où le Canada joue un rôle de chef de file :

Le Canada est également un membre fondateur de plusieurs partenariats mondiaux qui s'efforcent de garantir les meilleures pratiques et les pratiques communes entre les donateurs, y compris, le Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (CAD-OCDE) et le Réseau d’évaluation du rendement des organisations multilatérales. Le Canada est également un membre fondateur de plusieurs fonds mondiaux, dont la Facilité de financement mondiale, pour laquelle il reste le deuxième bailleur de fonds le plus important (exercice 2023 à 2024).

Financement d’Affaires mondiales du Canada en 2023-2024

En 2023-2024, Affaires mondiales Canada a versé 3,6 milliards de dollars à des organisations mondiales et multilatérales (65 % du financement total de l’aide internationale d’Affaires mondiales Canada). Au cours de la dernière décennie, le financement d’organisations multilatérales par le Canada a augmenté en réponse aux défis mondiaux dans les domaines de la santé (y compris la Covid-19), du financement relatif au climat et de l'aide humanitaire. santé Les banques multilatérales de développement constituent une part importante du financement des institutions multilatérales par le ministère, notamment en raison de leur rôle dans l’infrastructure, le développement du secteur privé et la croissance économique.

Sous-types de partenariats multilatéraux

Version texte
Type de partenariatProportion de financement (%)

Nations Unies

45,4 %

Fonds mondiaux

29,9 %

Institutions financières internationales

22,6 %

Organisations internationales

2,1 %

Considérations

Les donateurs sont confrontés à une demande croissante de financement multilatéral pour faire face à des défis mondiaux de plus en plus complexes et prolongés ne cesse de croître.

Cette tendance, conjuguée aux réductions financières imposées à certaines organisations multilatérales par la nouvelle administration des États-Unis, a entraîné une crise de liquidité sans précédent pour de nombreuses organisations..

Les États-Unis sont depuis longtemps le principal fournisseur d’aide publique au développement (APD). En 2023, la contribution des États-Unis a atteint environ 13 milliards de dollars américains (19 % des recettes du système des Nations Unies) et 64,7 milliards de dollars américains (28 % de l’APD totale des pays du CAD-OCDE). Face à ces réductions significatives du financement du système multilatéral dans son ensemble, il sera important pour le Canada de se concentrer sur les réformes clés nécessaires à l'architecture du système de développement international, en particulier dans les secteurs d'intérêt stratégique pour le Canada, tels que la santé mondiale.

Au cours des deux dernières années, l’ONU a donné la priorité aux réformes visant à améliorer son efficacité, sa transparence et sa réactivité, notamment à l’initiative ONU80 et au programme ONU 2.0, qui vise à moderniser ses structures et son fonctionnement. En outre, la « réinitialisation » du système d’aide humanitaire a mis l’accent sur le transfert du pouvoir aux dirigeants locaux, la simplification des structures de coordination et la priorité accordée aux interventions pour sauver des vies en période de réduction des financements.

Le ministère continue de suivre et d'évaluer les conséquences des changements récents et en cours en matière de financement et de politique qui affectent les Nations unies et d'autres organisations multilatérales.

7. Institutions financières internationales

Enjeux

Contexte

Version texte

Les banques multilatérales de développement, ou BMD, sont détenues par des gouvernements qui achètent des parts de capital. Elles offrent des prêts à taux zéro ou à faible taux d'intérêt aux pays pauvres, des prêts standard aux pays à revenu intermédiaire et des investissements du secteur privé dans les régions en développement. Les BMD fournissent également des conseils stratégiques, une assistance technique et un renforcement des capacités. Leurs objectifs comprennent la stimulation de la croissance économique, la création d'emplois, la construction d'infrastructures et la promotion des énergies propres. Leurs principaux atouts sont le financement à grande échelle, la mobilisation du secteur privé, leur présence dans des régions fragiles et leur capacité à proposer des solutions innovantes.

Les IFI sont des organisations internationales qui fournissent un financement aux pays à revenu faible ou intermédiaire pour soutenir leur développement économique et social. Les IFI comprennent : les institutions de Bretton Woods (Fonds monétaire international [FMI], Groupe de la Banque mondiale [GBM]); les banques régionales de développement; le Fonds international de développement agricole (FIDA). Le FMI favorise la stabilité macroéconomique et financière dans le monde et fournit des conseils stratégiques et un soutien au renforcement des capacités afin d’aider les pays à maintenir une économie vigoureuse. Le GBM et les banques régionales de développement (également appelées collectivement BMD) fournissent aux pays en développement une gamme de soutiens financiers et techniques, comme des prêts et des subventions aux pays à revenu faible ou intermédiaire. Il s’agit de la principale source de financement du développement économique et social de ces pays, notamment pour le développement du secteur privé, les infrastructures, les secteurs productifs (p. ex. agriculture) et les secteurs sociaux (p. ex. éducation). Outre la capitalisation générale des BMD, le gouvernement soutient leurs « fonds d’aide libérale » qui permettent aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables d’accéder à des financements à des conditions plus favorables, comme les subventions et les prêts à très faible taux d’intérêt. Grâce à leur modèle unique, les BMD peuvent investir les fonds de gouvernements donateurs pour générer des revenus qui sont ensuite utilisés pour d’autres prêts. Par exemple, chaque dollar versé par le Canada au guichet de financement concessionnel du GBM produit jusqu’à 4 dollars de prêts dans les pays en développement. Les BMD font également partie des rares institutions capables d’accepter des prêts remboursables (en plus des subventions) de la part des pays donateurs.

Le Canada est actionnaire de 8 IFI, et sa participation varie de 2 à 9 %, ce qui le place généralement parmi les 10 principaux actionnaires. Par conséquent, le Canada siège au conseil de gouvernance de chaque institution. Affaires mondiales Canada (AMC) et Finances Canada gèrent conjointement les relations du gouvernement avec les IFI. Le ministre du Développement international est le gouverneur de 4 banques régionales de développement : Banque africaine de développement (BAfD), Banque asiatique de développement, Banque de développement des Caraïbes (BDC) et Banque interaméricaine de développement (BID). De son côté, le ministre des Finances est responsable du GBM, du FMI, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (pour laquelle toutes les activités du gouvernement ont été interrompues en juin 2023). Au sein d’Affaires mondiales Canada, le sous-ministre adjoint, Partenariats et programmes d’aide internationale, est un gouverneur du FIDA (qui, en tant qu’agence spécialisée des Nations Unies, compte des États membres plutôt que des actionnaires).

En 2023-2024, AMC a fourni 888,4 millions de dollars en appui institutionnel (reconstitution des BRD) et en programmes liés à une initiative avec le GBM et les BRD. En outre, le ministère des Finances du Canada a versé plus de 2,5 milliards de dollars au GBM et au FMI, dont 486,9 millions de dollars pour la reconstitution du fonds d’aide libérale du GBM par le Canada et 2 milliards de dollars de prêt dans le cadre du compte pour l’Ukraine administré par le FMI.

Considérations

Ces dernières années, les critiques concernant la capacité des BMD à répondre de manière adéquate aux besoins des pays en développement ont donné lieu à des réformes visant à trouver d’autres ressources pour les prêts, à mieux relever les défis mondiaux et à élaborer de nouveaux instruments financiers. Ces réformes sont en cours. Notamment, Les BMD ont annoncé qu’elles seraient en mesure d’augmenter le financement disponible pour les pays d’un montant pouvant atteindre 400 milliards de dollars américains sur 10 ans, sans aucun nouveau financement de la part des États membres. Le gouvernement a soutenu ces réformes [CAVIARDÉ].

Les États-Unis sont le principal actionnaire de la plupart des BMD dont ils sont membres, souvent avec une marge considérable. Leur participation varie de 6,5 % (BAfD) à 30 % (BID), mais ils ne sont pas membres de la BDC. Le décret présidentiel des États-Unis pris par la nouvelle administration afin de réexaminer son soutien à toutes les organisations internationales pourrait concerner les IFI. [CAVIARDÉ].

En mai 2025, la Banque africaine de développement tiendra son assemblée annuelle au cours de laquelle son nouveau président sera élu et le Canada devra voter en tant qu’État membre.

Périodiquement, les États membres ont la possibilité d’acheter d’autres actions de ces banques afin d’y maintenir ou d’y augmenter leur participation relative. Par exemple, la Banque africaine de développement augmente actuellement son volume de capital, et le Canada a la possibilité de souscrire à de nouvelles actions.

8. Le secteur canadien du développement international

Enjeux

Contexte

Affaires mondiales Canada fourni un financement aux organisations canadiennes pour :

  1. exécuter des programmes d’aide au développement international;
  2. informer, inspirer et faire participer les personnes au Canada et à l’étranger en ce qui concerne les priorités stratégiques du gouvernement et ses activités d’aide au développement international.

Les partenaires canadiens aident le Canada à renforcer ses alliances et à se forger une bonne réputation dans le monde, ce qui peut lui permettre de faire progresser ses relations diplomatiques et économiques, notamment dans les pays où il ne bénéficie pas d’une forte présence bilatérale (relation de pays à pays).

Le secteur canadien de l’aide au développement international est composé d’organisations de différentes tailles et de divers types, notamment des organisations de la société civile et du secteur privé, le milieu universitaire, des centres de recherche, des fondations, des organisations autochtones, d’autres ministères fédéraux et des sociétés d’État comme le Centre de recherches pour le développement international. Le secteur participe à la mise en œuvre de projets, à la recherche, à la sensibilisation et au déploiement de spécialistes et de bénévoles dans une gamme de domaines thématiques comme la santé, la lutte contre les changements climatiques, la croissance économique, la démocratie, la sécurité alimentaire, ainsi que la sécurité et la stabilisation. Les organisations canadiennes sont actives dans le monde entier, y compris dans les régions qui subissent un fort taux de fragilité, de conflit et de violence.

Le secteur reflète la diversité de la population canadienne. De nombreuses organisations entretiennent des liens avec certaines régions géographiques ou certains pays, et font partie de réseaux mondiaux d’échange de connaissances culturelles et linguistiques, ce qui contribue à l’aide au développement international et aux partenariats commerciaux. De nombreux Canadiens soutiennent le secteur par des dons annuels à des œuvres de bienfaisance.

En 2023-2024, Affaires mondiales Canada a octroyé des fonds à environ 185 organisations canadiennes, dont 37 petites et moyennes organisations, dans le cadre de partenariats dont le budget total a atteint 1,15 milliard de dollars. Il convient de noter que les organisations non gouvernementales canadiennes sont moins présentes dans la mise en œuvre de programmes de paix et de sécurité que dans celle de programmes de développement. Les programmes de paix et de sécurité, qui remplissent un mandat spécialisé, sont principalement mis en œuvre par des organisations multilatérales internationales et d’autres ministères fédéraux comme la Gendarmerie royale du Canada et le ministère de la Défense nationale.

10principaux partenaires canadiens (données de 2023-2024)

Tendances du financement des partenariats canadiens (de 2005-2006 à 2023-2024)

Version texte
Année financièreBudget opérationel (M)

2004/2005

906,0

2005/2006

849,0

2006/2007

795,0

2007/2008

754,0

2008/2009

880,0

2009/2010

805,0

2010/2011

789,0

2011/2012

713,0

2012/2013

666,0

2013/2014

787,0

2014/2015

850,0

2015/2016

930,0

2016/2017

979,0

2017/2018

956,0

2018/2019

1 080,0

2019/2020

1 121,0

2020/2021

1 257,0

2021/2022

1 004,0

2022/2023

1 149,0

2023/2024

1 120,0

Les organisations canadiennes jouent un rôle important en démontrant que l’aide au développement international fait progresser de façon stratégique les priorités qui touchent la population canadienne et comptent pour elle, comme l’aide humanitaire, la lutte contre les changements climatiques, la paix et la sécurité, la santé et la stabilité économique. Une grande variété d’organisations canadiennes actives dans ce secteur sont représentées par plusieurs réseaux, notamment Coopération Canada, le Réseau de coordination des conseils, le Partenariat canadien pour la santé des femmes et des enfants et le Regroupement des professionnels canadiens en développement international. Ces organismes-cadres jouent un rôle de coordination et de promotion du secteur pour faire avancer les politiques et les programmes.

Affaires mondiales Canada maintient une collaboration constante avec le secteur dans le cadre de plateformes de dialogue officielles (p. ex. Groupe consultatif sur la politique sur les OSC), de groupes de travail et d’activités publiques (p. ex. Semaine du développement international). Dans le cadre de l’Initiative de transformation des subventions et des contributions, le Ministère sollicite également l’avis du secteur pour veiller à ce que, dans l’avenir, le mécanisme de subventions et contributions soit plus efficace et plus efficient, plus rapide, moins contraignant et moins coûteux à appliquer et à administrer pour les partenaires, plus réactif, plus transparent, plus prévisible et plus responsable.

Outre l’établissement de partenariats avec de grandes organisations, le Ministère fournit un financement et un renforcement des capacités à plusieurs petites et moyennes organisations canadiennes, notamment des partenaires autochtones. En général, les petites et moyennes organisations entretiennent des relations de longue date avec les organisations locales et s’enracinent profondément dans les collectivités locales, tant au Canada que dans les pays partenaires. En outre, Affaires mondiales Canada collabore avec des organisations philanthropiques et le secteur privé afin d’utiliser d’autres financements prévus pour des priorités communes en vue de réaliser les priorités du Canada en matière d’aide au développement international.

Considérations

En raison de la réduction de l’aide au développement international de nombreux donateurs (p. ex. Allemagne, Belgique, États-Unis, France, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède), les partenaires du secteur s’inquiètent des conséquences de cette réduction sur les organisations canadiennes, leurs partenaires locaux et leurs bénéficiaires dans le monde. Ces conséquences n’ont pas encore été pleinement mesurées.

Dans ce contexte, des organisations canadiennes ont publié des déclarations en faveur de la protection et du renforcement des efforts d’aide au développement international du Canada, notamment :

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