Rapport exhaustif sur les engagements du G7 sous la présidence du Canada en 2025
Résumé
Le Groupe des sept (G7) a été créé en 1975 dans un contexte de bouleversements économiques et de tensions géopolitiques croissantes. Mis en place par des pays aux vues similaires comme plateforme de coopération afin de favoriser la prospérité et la stabilité économiques communes, il a depuis élargi son programme pour s’attaquer à des questions cruciales telles que l’égalité des genres, la sécurité alimentaire, la santé, l’éducation de qualité, les changements climatiques, la biodiversité et la paix et la sécurité. En outre, il a mis l’accent sur la promotion de la collaboration avec les pays partenaires à travers le monde. Le présent rapport donne un aperçu des résultats obtenus par le G7 dans la réalisation de ses engagements en matière de développement et de son rôle dans la résolution des défis mondiaux communs.
Le 1er janvier 2025, le Canada a assumé la présidence du G7 pour la septième fois. Le Canada a axé sa présidence sur trois priorités :
- assurer la sécurité des communautés et du monde;
- améliorer la sécurité énergétique et accélérer la transition numérique;
- établir les partenariats de demain.
En juin 2025, le Canada a accueilli le sommet des dirigeants du G7 à Kananaskis, en Alberta, où les dirigeants ont discuté des défis les plus urgents, notamment la nécessité d’une plus grande stabilité économique et financière, la sécurité mondiale, l’innovation technologique et un régime commercial ouvert et prévisible. Les dirigeants ont reconnu l’importance de la coopération avec des partenaires fiables, tant existants que nouveaux, afin de stimuler une croissance économique inclusive et d’obtenir des résultats concrets qui profitent à tous.
En octobre 2025, le Canada a convoqué les ministres du Développement du G7 afin de faire progresser la coopération sur les priorités en matière de développement et de renforcer les partenariats mutuellement avantageux et prospères. Les discussions ont permis de cerner des possibilités de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement, de développer des infrastructures de qualité, de mobiliser du financement provenant de toutes les sources pour soutenir le développement durable et de réformer le système de développement international afin d’améliorer son efficacité et ses retombées.
Processus de responsabilisation du G7
La responsabilité et la transparence sont des principes fondamentaux du G7. En 2009, le Groupe de travail sur la responsabilisation du G7 (GTR) a été créé afin de suivre les progrès réalisés dans le cadre de tous les engagements du G7 en matière de développement. Depuis lors, le GTR publie tous les trois ans un rapport d’étape complet afin d’évaluer la mise en œuvre de ces engagements. Ce rapport a un double objectif : informer le public des progrès réalisés par le G7 dans la mise en œuvre de ses engagements en matière de développement international et mettre en évidence l’incidence tangible de ces engagements. Ce sixième rapport d’étape complet présente les efforts déployés par le G7 pour respecter 43 engagements dans 11 domaines thématiques. Le suivi porte sur les engagements liés au développement pris au cours des trois dernières années et sur les engagements antérieurs pertinents.
Ces engagements sont étroitement liés aux objectifs de développement durable des Nations Unies, un plan mondial visant à bâtir un avenir plus inclusif, plus équitable et plus durable.
Bilan des progrès accomplis
S’appuyant sur des données accessibles au public et sur les contributions volontaires des gouvernements membres du G7, le rapport offre un aperçu des résultats obtenus au cours des trois dernières années. Il met également en lumière des défis persistants.
- Financement du développement : Afin de promouvoir une croissance inclusive et durable pour les plus démunis, le G7 a continué à jouer un rôle de premier plan dans la promotion du développement durable en favorisant les partenariats et en mobilisant des ressources. Les membres ont proposé des solutions de financement innovantes, notamment du financement mixte et l’engagement du secteur privé, afin de combler le déficit mondial d’investissements. Grâce à des initiatives telles que le service de mobilisation de capitaux pour le développement durable, les membres participants du G7 mobilisent des capitaux publics et privés afin d’accélérer les progrès vers la réalisation du Programme 2030.
- Infrastructures et investissements : Le G7 a continué à soutenir l’accès aux infrastructures comme moyen d’assurer un avenir plus prospère pour tous. Grâce aux Principes d’Ise-Shima du G7 pour des investissements de qualité dans l’infrastructure et à des initiatives phares telles que le Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement, le G7 s’efforce de combler le déficit mondial en matière d’investissements dans les infrastructures. Les membres du G7 ont continué à investir dans des projets d’infrastructures durables et de qualité à travers le monde, comme le corridor de Lobito, le corridor économique de Luzon et le corridor transcaspien, ainsi que le Fonds de préparation des projets d’infrastructure du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique. En outre, certains membres ont soutenu des projets d’infrastructures vertes transformateurs en Afrique et ont collaboré avec l’Union africaine pour mettre en place la plus grande zone de libre-échange au monde.
- Santé : Grâce au soutien apporté par divers membres du G7 à l’Organisation mondiale de la Santé et à leurs investissements dans des initiatives telles que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que Gavi, l’Alliance du Vaccin, le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents et le Fonds de lutte contre les pandémies, le G7 a réalisé des progrès significatifs dans le renforcement des systèmes de santé et la préparation aux pandémies à travers le monde. Ce soutien a permis aux pays de faire face aux crises actuelles en matière de santé et de sécurité sanitaire, et contribue à faire en sorte que tous soient mieux préparés à celles à venir.
- Sécurité alimentaire et systèmes alimentaires : Afin de renforcer les systèmes alimentaires dans les pays en développement, le G7 a augmenté sa contribution globale aux interventions propres à la nutrition et tenant compte de la nutrition d’environ 3 milliards de dollars américains entre 2018 et 2023. Il a également mobilisé des investissements dans le secteur agroalimentaire et soutenu des solutions innovantes visant à accroître les financements publics et privés afin de renforcer la sécurité alimentaire. Ces efforts ont contribué à remédier aux pénuries alimentaires et à lutter contre la faim et l’insécurité alimentaire.
- Éducation : Les membres du G7 ont collaboré avec des partenaires mondiaux pour améliorer l’accès à une éducation de qualité, réduire les disparités entre les genres dans l’éducation et s’attaquer au problème persistant des enfants non scolarisés. Par exemple, leur investissement dans Éducation sans délai et le Partenariat mondial pour l’éducation ont permis à 12 millions d’enfants de la région du Sahel, dont 48 % étaient des filles, d’accéder à une meilleure éducation entre 2021 et 2024.
- Égalité des genres : Afin de faire progresser l’égalité des genres, les membres du G7 ont soutenu des initiatives visant à renforcer le pouvoir économique des femmes en éliminant les obstacles liés au genre et en ouvrant la voie à de nouvelles possibilités économiques. Dans le domaine des services de santé sexuelle et reproductive et de la violence fondée sur le genre, plusieurs membres ont contribué à des programmes clés tels que le Programme mondial UNFPA-UNICEF visant à mettre fin au mariage d’enfants, le Programme conjoint sur l’élimination des mutilations génitales féminines et l’initiative Spotlight. Grâce en partie à ce soutien, la prévalence mondiale des mutilations génitales féminines chez les filles est aujourd’hui trois fois moins élevée qu’il y a 30 ans.
- Gouvernance : Le G7 a continué à promouvoir une gouvernance inclusive et démocratique par le biais d’organisations internationales et régionales, d’activités de renforcement des capacités et de cadres juridiques solides. Par exemple, grâce au soutien du G7 à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, les citoyens et les membres de la société civile ont pu demander des comptes aux gouvernements et aux entreprises et veiller à ce que l’extraction des ressources naturelles profite à tous, et non à quelques-uns seulement. Pour lutter contre la corruption, les membres ont également encouragé la mise en place de mécanismes visant à lutter contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices et à faciliter le recouvrement des avoirs ainsi qu’à améliorer la transparence en matière de propriété.
- Paix et sécurité : Pour faire face à la menace permanente de violence liée aux conflits armés et à la criminalité, le G7 a continué à œuvrer pour un monde plus pacifique. Il s’est également attaché à faire en sorte que les femmes jouent un rôle essentiel dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la résolution des nouveaux défis mondiaux en matière de sécurité. Les membres ont soutenu l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité, tant dans leurs pays respectifs qu’à l’international. Ils ont également travaillé en partenariat avec les pays africains afin de prévenir les conflits violents et de renforcer les capacités en matière de sécurité maritime, en particulier dans les États côtiers.
- Environnement, climat et énergie : Pour relever les défis liés à la crise environnementale, les membres du G7 ont aidé les pays en développement à accéder au financement nécessaire pour mettre en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation visant à réduire les effets des changements climatiques. Les membres du G7 ont soutenu les mesures d’adaptation aux changements climatiques dans les pays à faible et moyen revenu qui sont en transition vers des économies durables, à faibles émissions de carbone et à zéro émission nette. Dans le cadre du Pacte 2030 pour la nature du G7, les membres participants se sont engagés à faire cesser et à inverser la perte de biodiversité d’ici 2030, dans le cadre du mouvement mondial visant à lutter contre la pollution plastique et à élaborer un instrument juridiquement contraignant pour mettre fin à la pollution plastique.
- Migration et déplacement forcé : Le G7 a continué à s’attaquer aux risques et aux vulnérabilités qui sont à l’origine des migrations irrégulières et des déplacements forcés, notamment dans les cas de déplacements internes causés par des conflits et des violences. Entre 2019 et 2023, le montant de l’aide fournie par le G7 aux pays en développement pour les interventions d’urgence a augmenté de plus de 8 milliards de dollars américains. Les membres du G7 ont également répondu à des situations humanitaires de grande ampleur et en détérioration partout dans le monde, notamment en Haïti, en Palestine, au Soudan et en Ukraine, et ont œuvré à veiller à ce que les pays respectent le droit international humanitaire.
- Aide humanitaire : Face à des besoins mondiaux sans précédent, le G7 a continué à faire preuve d’un leadership fort dans le domaine de l’aide humanitaire, en mobilisant des ressources et des partenariats importants pour protéger des vies et faire respecter le droit international humanitaire. En 2024, les membres ont fourni collectivement plus de 24,2 milliards de dollars américains d’aide. Ces contributions ont permis de financer des interventions vitales, de renforcer la résilience et de soutenir des solutions locales. Grâce à sa collaboration avec des organisations telles que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge, le G7 a fait progresser les efforts visant à assurer la fourniture rapide et efficace de l’aide et à renforcer les systèmes qui protègent les plus vulnérables. Ces actions reflètent un engagement commun en faveur d’une action humanitaire fondée sur des principes, aidant les communautés à se relever et à se reconstruire face à des crises complexes.
Travailler ensemble pour construire un monde meilleur et plus résilient
Au cours des trois dernières années, les membres du G7 ont travaillé collectivement pour faire progresser des priorités communes et relever des enjeux cruciaux auxquels le monde est confronté. Actuellement, alors que le G7 célèbre le 50e anniversaire de son premier sommet, l’urgence d’une action coordonnée s’intensifie. Les progrès réalisés au cours de la période considérée montrent que le G7 reste un forum précieux permettant aux économies avancées de travailler ensemble pour relever ces défis et obtenir des résultats concrets.
Table des matières
- La coopération au développement et les objectifs de développement durable
- Développement économique
- Commerce, infrastructures et investissements en Afrique
- Investissement dans des infrastructures de qualité
- Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement
- Chaînes d’approvisionnement mondiales responsables
- La transformation numérique en Afrique
- Emplois verts et protection sociale pour une transition juste
- Santé
- Parvenir à une couverture sanitaire universelle grâce à des systèmes de santé solides et à une meilleure préparation aux urgences de santé publique
- Prévenir les futures épidémies à l’échelle mondiale, s’y préparer et intervenir
- Réformer et renforcer les capacités de l’OMS
- Mobiliser le soutien en faveur des initiatives de santé mondiale
- Résistance aux antimicrobiens
- Maladies tropicales négligées
- Mettre fin aux décès évitables d’enfants et améliorer la santé maternelle
- VIH et sida : Prévention, traitement et lutte contre la discrimination
- Poliomyélite
- Sécurité alimentaire et systèmes alimentaires
- Éducation
- Égalité
- Santé et droits sexuels et reproductifs
- Enseignement et formation techniques et professionnels pour les femmes et les filles
- Renforcement du pouvoir économique des femmes
- Promouvoir l’égalité des genres en comblant le fossé en matière de disponibilité des services de garde d’enfants
- Promouvoir l’égalité des genres grâce à une législation non discriminatoire
- Gouvernance
- Paix et sécurité
- Environnement, climat et énergie
- Mobilité humaine
- Aide humanitaire
Remarque sur la méthodologie
Depuis 2009, le Groupe de travail sur la responsabilisation (GTR) du G7 surveille la mise en œuvre des engagements du G7 en matière de développement et dans les domaines connexes. Le GTR publie tous les trois ans un rapport exhaustif sur les engagements (REE), qui passe en revue tous les engagements actifs.
Les engagements faisant l’objet d’un suivi sont tirés chaque année du communiqué des dirigeants du G7. Au cours des années où un REE est publié, le GTR détermine également quels engagements seront abandonnés. La présidence du G7 dirige le GTR, guide le processus, regroupe les données et rédige les rapports.
Le GTR surveille actuellement 43 engagements actifs répartis dans 11 chapitres sur le développement durable. Chaque engagement dispose d’un cadre d’évaluation précisant la base de référence, le contexte, les indicateurs et les sources de données.
Bases de référence et indicateurs
Chaque engagement comprend une base de référence qui sert de point de repère pour évaluer les progrès accomplis. Les indicateurs sont conçus soit pour donner des renseignements contextuels, soit pour évaluer les contributions particulières du G7 à la réalisation des objectifs fixés. Les indicateurs contextuels, comme les tendances en matière de résultats scolaires dans une région donnée, donnent un aperçu des développements généraux et situent les mesures prises par le G7 dans un contexte plus vaste. Les indicateurs de résultats, en revanche, mesurent les interventions concrètes du G7, qui peuvent comprendre des projets de coopération au développement, des contributions financières à des initiatives de tiers ou des mesures réglementaires.
Sources de données
Afin d’assurer la cohérence des rapports, le GTR désigne des sources de données particulières pour chaque engagement actif, notamment des bases de données externes et des rapports d’organisations multilatérales. Outre les sources accessibles au public, le GTR recueille des renseignements auprès des ministères et entités concernés des gouvernements des sept pays membres du G7 et de l’administration de l’Union européenne (UE).
Pour de nombreux engagements, le G7 suit l’aide publique au développement (APD) – le principal outil financier pour le développement – par pays, par secteur ou par objectif. Les chiffres reflètent les décaissements réels en prix courants et aux taux de change actuels, en utilisant les dernières données disponibles – généralement préliminaires pour 2024 – issues du tableau du Système de notification des pays créanciers, qui détaille les allocations sectorielles, les canaux de distribution et les indicateurs politiques tels que l’égalité des genres.
Avertissements
* Les États-Unis n’ont pas approuvé le présent rapport exhaustif sur les engagements et n’ont pas participé à son élaboration. Les données relatives aux États-Unis figurant dans ce rapport proviennent exclusivement de sources accessibles au public.
** Les montants totaux du G7 comprennent les institutions de l’UE, le cas échéant.
*** Pour que le Canada puisse comptabiliser un projet particulier dans le cadre du Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement (PIMI), celui-ci doit inclure au moins un des domaines suivants : les établissements d’enseignement, la santé, l’approvisionnement en eau et l’assainissement, le transport et le stockage, les communications, la politique énergétique, la production d’énergie, les centrales hybrides, les centrales nucléaires, la distribution d’énergie, l’agriculture, le développement urbain, la politique foncière et la gestion des terres, ainsi que l’aide à la reconstruction et à la réhabilitation. Le Canada veille également à ce que chaque projet identifié apporte une contribution significative à l’aspect lié aux infrastructures du projet.
La coopération au développement et les objectifs de développement durable
Le G7 joue depuis longtemps un rôle central dans la mobilisation de l’aide publique au développement (APD) qui soutient les pays en développement et contribue à la réalisation des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies (l’ONU). Ces 17 objectifs guident les efforts visant à créer un monde plus durable, plus équitable et plus prospère d’ici 2030. Que ce soit pour éliminer la pauvreté et la faim ou pour assurer des modes de consommation durables et l’accès à une énergie propre et fiable pour tous, ces objectifs inspirent de nombreuses initiatives internationales en faveur du développement.
Les membres du G7 restent déterminés à faire en sorte que les ressources financières limitées puissent contribuer et avoir la plus grande incidence possible sur la réalisation des ODD. Ces dernières années, le G7 s’est également efforcé de collaborer avec de nouveaux partenaires afin de soutenir ses efforts en matière de développement international et d’attirer et de mobiliser de nouvelles sources de capitaux publics et privés pour le développement durable. En mettant l’accent sur des formes de financement nouvelles et novatrices, les pays du G7 démontrent que l’investissement dans le développement durable peut favoriser à la fois le développement et les gains financiers.
1. Financement du développement
« Nous réaffirmons nos engagements respectifs en termes d’APD, notamment l’objectif de consacrer 0,7 % du RNB [revenu national brut] à l’APD, ainsi que notre engagement d’inverser la trajectoire à la baisse de l’APD consentie aux pays les moins avancés, et de mieux cibler l’APD sur les pays où les besoins sont les plus importants. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 20
« Nous sommes résolus à jouer un rôle moteur pour infléchir le ralentissement de la mise en œuvre des ODD. Reconnaissant que l’année 2023 se situe à mi-parcours du calendrier fixé pour atteindre les ODD, nous soulignons l’importance du sommet sur les ODD qui se tiendra en septembre et nous contribuerons activement à son succès. Nous réaffirmons notre volonté de revigorer la coopération internationale et de renforcer le multilatéralisme. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 11
« Nous encouragerons l’application d’une approche multisectorielle et porteuse de changements pour les femmes à notre politique étrangère, à notre aide humanitaire et à notre coopération au développement, notamment en ce qui concerne la résilience climatique, la sécurité alimentaire, l’éducation et la migration. […] Nous réitérons notre engagement à accroître collectivement l’aide publique au développement (APD) du G7 en faveur de l’égalité des sexes et nous étudierons les moyens de le faire en tenant compte des liens entre les changements climatiques et l’égalité des sexes, particulièrement en Afrique. » — Communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 33
Le monde est confronté à des problèmes complexes et croissants, notamment la pauvreté, les inégalités et les changements climatiques, auxquels s’ajoutent des crises humanitaires simultanées. Pour des millions de personnes, l’APD constitue une bouée de sauvetage en période de crise. Parallèlement, elle apporte un soutien essentiel aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire afin de les aider à renforcer leurs capacités dans des domaines clés tels que la santé, l’éducation et les infrastructures.
En 2024, le G7 a collectivement apporté la plus grande contribution en matière d’APD parmi les pays membres du Comité d’aide au développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (le CAD de l’OCDE). Ce financement favorise le développement économique des pays en développement et améliore les conditions de vie des populations les plus pauvres et les plus vulnérables dans le monde.
Entre 2019 et 2023, l’APD totale du G7 a augmenté régulièrement chaque année, passant de 113,99 milliards de dollars américains à près de 170,29 milliards de dollars américains en 2023, soit une hausse de 49 %. De 2018 à 2023, l’APD totale en équivalent-subvention, en pourcentage du revenu national brut (RNB), des membres du G7 a augmenté régulièrement, passant de 0,29 % en 2018 à 0,36 % en 2023, avant de baisser à 0,32 % en 2024. L’Allemagne a été le seul pays membre du G7 à atteindre l’objectif de 0,7 % d’APD et de RNB en 2023, le dépassant même avec 0,82 %. En 2024, aucun pays membre du G7 n’a atteint cet objectif.
Figure 1: APD combinée du G7, du CAD de l’OCDE et de l’UE, en pourcentage du RNB, de 2015 à 2023

Version texte
Flux d’APD | Équivalent de subvention de l’APD | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Période | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
Donateur | ||||||||||
G7 | 0,27 % | 0,30 % | 0,30 % | 0,29 % | 0,28 % | 0,31 % | 0,33 % | 0,36 % | 0,36 % | 0,32 % |
Membres du CAD | 0,33 % | 0,36 % | 0,35 % | 0,34 % | 0,33 % | 0,36 % | 0,37 % | 0,41 % | 0,42 % | 0,38 % |
Pays de l’UE membres du CAD | 0,42 % | 0,48 % | 0,46 % | 0,44 % | 0,43 % | 0,50 % | 0,50 % | 0,58 % | 0,53 % | 0,47 % |
Canada | 0,28 % | 0,26 % | 0,26 % | 0,28 % | 0,27 % | 0,31 % | 0,32 % | 0,37 % | 0,38 % | 0,34 % |
France | 0,37 % | 0,38 % | 0,43 % | 0,43 % | 0,44 % | 0,53 % | 0,51 % | 0,56 % | 0,48 % | 0,48 % |
Allemagne | 0,52 % | 0,70 % | 0,67 % | 0,61 % | 0,61 % | 0,73 % | 0,76 % | 0,85 % | 0,82 % | 0,67 % |
Italie | 0,22 % | 0,27 % | 0,30 % | 0,25 % | 0,22 % | 0,22 % | 0,29 % | 0,33 % | 0,27 % | 0,28 % |
Japon | 0,20 % | 0,20 % | 0,23 % | 0,28 % | 0,29 % | 0,31 % | 0,34 % | 0,39 % | 0,44 % | 0,39 % |
Royaume-Uni | 0,70 % | 0,70 % | 0,70 % | 0,70 % | 0,70 % | 0,70 % | 0,50 % | 0,51 % | 0,58 % | 0,50 % |
États-Unis | 0,17 % | 0,19 % | 0,18 % | 0,16 % | 0,15 % | 0,17 % | 0,20 % | 0,23 % | 0,24 % | 0,22 % |
Source : CAD de l’OCDE1
Tableau 1. Montant total de l'APD des membres du G7, de 2019 à 2023
Montants en milliards de dollars américains
Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Donateur | |||||
Canada | 4,73 $ | 5,05 $ | 6,30 $ | 7,84 $ | 7,97 $ |
France | 12,21 $ | 14,12 $ | 15,51 $ | 16,01 $ | 15,05 $ |
Allemagne | 24,20 $ | 28,71 $ | 33,27 $ | 35,64 $ | 37,90 $ |
Italie | 4,41 $ | 4,25 $ | 6,09 $ | 6,65 $ | 6,12 $ |
Japon | 15,59 $ | 16,26 $ | 17,64 $ | 17,50 $ | 19,60 $ |
Royaume-Uni | 19,37 $ | 18,57 $ | 15,71 $ | 15,76 $ | 19,07 $ |
États-Unis | 33,49 $ | 35,58 $ | 47,80 $ | 60,52 $ | 64,57 $ |
Total du G7 | 113,99 $ | 122,54 $ | 142,32 $ | 159,92 $ | 170,29 $ |
Institutions de l’UE | 14,94 $ | 19,57 $ | 19,05 $ | 22,53 $ | 26,87 $ |
Source : CAD de l’OCDE1
De 2019 à 2023, l’APD des pays du G7 aux pays les moins avancés (PMA) a augmenté de près de 10 milliards de dollars américains, passant de près de 32,5 milliards à 42,2 milliards de dollars. Bien que le montant total de l’APD allouée aux PMA ait augmenté au cours de cette période, la part de l’APD globale allouée à ces pays a diminué de cinq points de pourcentage. De 2019 à 2023, l’APD globale apportée par le G7 aux États fragiles et aux pays touchés par des conflits a augmenté de plus de 8 milliards de dollars américains, bien que leur part en pourcentage de l’APD globale ait diminué de 41 % à 30 %.
Figure 2: APD des pays du G7 en faveur des PMA, des pays à faible revenu, des pays en développement sans littoral, des PEID et des États fragiles et pays touchés par des conflits, de 2019 à 2023

Version texte
| En milliars de dollars américains | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
États fragiles et pays touchés par des conflits | 43,40 $ | 48,20 $ | 53,70 $ | 45,30 $ | 51,70 $ |
Pays en développement sans littoral | 18,10 $ | 19,20 $ | 21,10 $ | 18,80 $ | 20,90 $ |
Pays les moins avancés | 32,50 $ | 36,40 $ | 40,80 $ | 34,80 $ | 42,30 $ |
Autres pays à faible revenu | 2,20 $ | 2,30 $ | 2,20 $ | 1,80 $ | 2,20 $ |
Petits États insulaires en développement | 1,90 $ | 2,90 $ | 3,40 $ | 2,50 $ | 5,00 $ |
Pourcentage de l’APD totale | |||||
États fragiles et pays touchés par des conflits | 41 % | 40 % | 39 % | 28 % | 30 % |
Pays en développement sans littoral | 37 % | 16 % | 15 % | 12 % | 12 % |
Pays les moins avancés | 30 % | 30 % | 30 % | 22 % | 25 % |
Autres pays à faible revenu | 2 % | 2 % | 2 % | 1 % | 1 % |
Petits États insulaires en développement | 2 % | 2 % | 2 % | 2 % | 3 % |
Source : CAD de l’OCDE1
Depuis 2019, l’APD de l’Italie affiche une tendance à la hausse constante, malgré quelques fluctuations au fil des ans. Elle est passée de 3,9 milliards d’euros en 2019 à 6,2 milliards d’euros en 2024, soit de 0,22 % du RNB à 0,28 %, selon les données préliminaires. Entre 2019 et 2023, l’Italie a versé 2,066 milliards d’euros d’aide bilatérale aux PMA et 3,5 milliards d’euros de coûts multilatéraux imputés. Grâce à l’utilisation d’une nouvelle méthodologie pour l’octroi de fonds provenant du Fonds renouvelable pour la coopération au développement, les décaissements de l’Italie augmentent progressivement. Parallèlement, le niveau élevé de concessionnalité des prêts à taux préférentiels accordés par le fonds signifie qu’ils comportent une part importante de subvention et génèrent donc davantage d’APD.
La loi budgétaire de l’Italie pour 2022 a également créé le Fonds italien pour le climat (FIC) (en anglais) doté d’une enveloppe annuelle de 840 millions d’euros pour la période 2022-2026 et de 40 millions d’euros à partir de 2027. Ce fonds soutiendra les actions en faveur du climat dans les pays en développement admissibles à l’APD afin de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris.
À l’instar de l’Italie, l’APD du Canada a affiché une tendance à la hausse au cours des dernières années, passant de près de 6,8 milliards de dollars canadiens en 2020 à plus de 10,1 milliards en 2024. Cette augmentation est en grande partie attribuable aux nouvelles ressources à court terme allouées en réponse à la pandémie de COVID-19 et à l’invasion illégale de l’Ukraine par la Russie.
L’APD du Japon a également affiché une tendance à la hausse au cours des dernières années, atteignant environ 19,6 milliards de dollars américains en 2023. Cette augmentation est principalement due à la hausse de l’aide bilatérale et des contributions multilatérales, notamment le soutien à l’Ukraine, ainsi qu’à la réponse à la pandémie de COVID-19. Parallèlement, en raison de la situation budgétaire difficile du Japon, le gouvernement a redoublé d’efforts pour améliorer l’efficacité de son APD et mobiliser les financements du secteur privé, notamment en modifiant les lois pertinentes et en prenant d’autres mesures.
En 2021, le Royaume-Uni a réduit son budget d’APD de 0,7 % du RNB à environ 0,5 % en raison de l’incidence de la pandémie de COVID-19 sur les finances publiques. En 2023, il l’a légèrement augmenté pour le porter à 0,58 %. Cependant, le gouvernement britannique a décidé de réduire son budget d’APD à 0,3 % du RNB d’ici 2027. Il reste déterminé à revenir à un niveau de dépenses de 0,7 % du RNB pour l’APD lorsque la situation budgétaire le permettra.
Bien que l’APD de la France soit passée de 10 milliards d’euros à 15 milliards d’euros entre 2017 et 2022, elle a diminué pour atteindre 13,9 milliards d’euros en 2023. Cependant, les chiffres préliminaires montrent une légère hausse en 2024, à 14,3 milliards d’euros, soit 0,48 % de son PIB. En 2025, le Conseil présidentiel pour les partenariats internationaux a réaffirmé son engagement en faveur de sa politique de partenariat, qui repose sur les trois piliers suivants :
- la solidarité, en particulier avec les pays les moins avancés et les plus vulnérables;
- l’investissement dans les biens publics mondiaux;
- l’établissement d’alliances avec les pays partenaires sur un pied d’égalité.
Figure 3: APD bilatérale du G7 en faveur des pays en développement ayant des objectifs en matière d'égalité des genres, de 2019 à 2023

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| Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
En milliards de dollars américains | 35,39 $ | 40,21 $ | 42,52 $ | 45,61 $ | 41,97 $ |
Pourcentage du total | 39 % | 39 % | 38 % | 36 % | 35 % |
Source : Indicateurs de genre du CAD de l’OCDE
Le soutien public total au développement durable (TOSSD) (en anglais) est une norme internationale permettant de mesurer un vaste éventail de ressources à l’appui du Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’ONU (le Programme 2030). S’appuyant sur la norme de référence de l’APD, le TOSSD mesure toutes les ressources officielles qui affluent vers les pays en développement pour leur développement durable, ainsi que les ressources privées mobilisées par des moyens officiels. Les ressources mesurées comprennent les flux non concessionnels, la coopération Sud-Sud, les activités visant à relever les défis mondiaux et les financements privés mobilisés par des interventions officielles. Grâce à son cadre à deux piliers, le TOSSD suit non seulement les flux transfrontaliers officiellement soutenus vers les pays en développement, mais aussi la recherche, l’innovation et le renforcement des capacités, ainsi que les dépenses destinées à relever les défis mondiaux aux niveaux régional et mondial.
Entre 2021 et 2023, le TOSSD moyen déclaré par l’UE s’élevait à 30 milliards de dollars américains pour le pilier 1 et à 16,5 milliards de dollars américains pour le pilier 2, soit un total de 46,5 milliards de dollars américains. Pour la seule année 2023, le TOSSD de l’UE s’est élevé à 56 milliards de dollars américains. Ce montant comprenait les flux transfrontaliers et les contributions aux biens publics mondiaux, tant concessionnels que non concessionnels.
En 2023, le TOSSD de la France s’élevait à environ 32,9 milliards de dollars américains, comprenant les piliers 1 et 2 — les fonds privés mobilisés sont comptabilisés séparément.
En 2023, le TOSSD du Canada s’élevait à 11,55 milliards de dollars américains. Ce montant comprend plus de 6,8 milliards de dollars américains au titre du pilier 1 et plus de 4,6 milliards de dollars américains au titre du pilier 2.
Figure 4: TOSSD du G7, 2023

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2023 | ||
|---|---|---|
Pilier | Pilier 1 | Pilier 2 |
En milliards de dollars américains | 105,41 $ | 120,03 $ |
Source: Secrétariat du TOSSD
2. Financement novateur
« Nous avons établi l’Engagement de Charlevoix pour un financement novateur du développement afin de promouvoir la croissance économique dans les économies en développement et de favoriser une plus grande égalité des chances au sein des pays et entre les pays. […] Nous attachons de l’importance à l’aide au développement et à l’aide humanitaire qui favorisent une plus grande égalité des chances et l’égalité des genres et qui ciblent d’abord les personnes les plus vulnérables, et nous allons continuer à travailler sur de nouveaux modèles de financement innovateurs pour veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte. » — Communiqué du Sommet du G7, Charlevoix, Canada, 2018, paragraphe 7
Il apparaît de plus en plus clairement que des investissements plus importants sont nécessaires pour atteindre les ODD et orienter les efforts mondiaux vers la création d’un monde plus durable, plus équitable et plus prospère d’ici 2030. Le déficit de financement actuel a rendu nécessaire un afflux rapide et important de sources non traditionnelles de financement international du développement, provenant tant du secteur privé que du secteur public.
Pour remédier à la pénurie de fonds publics disponibles pour le développement durable, le G7 a adopté en 2018 l’Engagement de Charlevoix pour un financement novateur du développement. Il s’est engagé à développer des modèles de financement novateur qui utilisent des ressources privées afin de favoriser le développement inclusif et l’égalité. Le suivi de cet engagement s’effectue à l’aide de trois indicateurs :
- la part et le nombre d’instruments du secteur privé (ISP) dans l’APD bilatérale des membres du G7;
- la part et le montant des capitaux privés mobilisés et le total des ISP par rapport au TOSSD;
- des exemples narratifs de financements accordés par les membres du G7 dans le cadre d’initiatives novatrices et de partenariats avec le secteur privé.
Entre 2019 et 2023, le volume des financements accordés par les membres du G7 dans le cadre d’initiatives et de partenariats novateurs est resté relativement stable, avec une moyenne annuelle d’environ 8,5 milliards de dollars américains. Le volume des financements accordés dans le cadre de ces initiatives financières novatrices a atteint son point culminant en 2021, avec près de 9,5 milliards de dollars américains. Les États-Unis ont été le principal contributeur à ces financements, avec quelque 31,5 milliards de dollars américains entre 2019 et 2023. Le Royaume-Uni a été le deuxième contributeur du G7, avec environ 5 milliards de dollars américains versés par l’intermédiaire de partenariats public-privé (PPP) et d’institutions du secteur privé.
Les ISP sont des instruments financiers utilisés pour mobiliser le secteur privé dans la coopération au développement, tels que les prêts, les garanties, les instruments financiers mezzanine et les capitaux propres accordés à des entités du secteur privé. En 2023 et 2024, cinq pays du G7 ont utilisé la mesure équivalente aux subventions ISP : le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni. Au cours de ces deux années, le montant total combiné de leurs ISP s’est élevé à près de 4,4 milliards de dollars américains. En 2022, l’UE a contribué à hauteur de 147 millions de dollars américains au moyen d’ISP.
Tableau 2. Volume des fonds consacrés à l’APD fournis par les membres du G7 dans le cadre d’initiatives innovantes via des PPP et des institutions du secteur privé
Montants en millions de dollars américains
Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Donateur | |||||
Canada | 59,67 $ | 85,75 $ | 102,47 $ | 66,97 $ | 133,64 $ |
France | 34,52 $ | 23,05 $ | 345,54 $ | 257,15 $ | 264,78 $ |
Allemagne | 149,33 $ | 414,81 $ | 551,90 $ | 499,35 $ | 565,24 $ |
Italie | 2,37 $ | 5,53 $ | 8,88 $ | 18,59 $ | 6,59 $ |
Japon | 35,14 $ | 81,32 $ | 37,40 $ | 16,35 $ | 102,72 $ |
Royaume-Uni | 1 357,48 $ | 1 394,33 $ | 987,76 $ | 587,20 $ | 660,45 $ |
États-Unis | 5 470,19 $ | 5 487,01 $ | 6 896,74 $ | 6 004,24 $ | 7 652,23 $ |
Total du G7 | 7 108,70 $ | 7 491,80 $ | 8 930,68 $ | 7 449,86 $ | 9 385,65 $ |
Institutions de l’UE | 356,81 $ | 273,28 $ | 548,67 $ | 381,26 $ | 474,37 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD de l’OCDE – équivalent-subvention
Renforcer le soutien public total au développement durable (TOSSD)
En 2022 et 2023, les contributions des institutions de l’UE au TOSSD ont connu une hausse notable. Au total, les contributions totales des institutions de l’UE au TOSSD ont atteint 46,9 milliards de dollars américains en 2022, pour passer à plus de 53,2 milliards de dollars américains en 2023. Dans le cadre du pilier 1, qui couvre généralement les ressources transfrontalières, les institutions de l’UE ont contribué à hauteur d’environ 16,7 milliards de dollars américains en 2022. En 2023, ce montant est passé à près de 18,4 milliards de dollars américains. Dans le cadre du pilier 2, qui comprend le soutien aux biens publics mondiaux et régionaux, l’augmentation a été encore plus importante. Les contributions se sont élevées à 30,3 milliards de dollars américains en 2022 et ont atteint 34,8 milliards de dollars américains en 2023. Cela reflète l’engagement fort et croissant de l’UE en faveur du développement durable mondial.
Au cours de cette période, les institutions de l’UE ont également mobilisé des fonds privés en forte augmentation. En 2022, elles ont mobilisé 42,36 milliards de dollars américains de fonds privés. Ce montant a bondi en 2023, atteignant plus de 140,7 milliards de dollars américains. Cette forte hausse reflète les efforts déployés par l’UE pour tirer parti des investissements du secteur privé au service des objectifs de développement.
Entre 2020 et 2023, la France a mobilisé en moyenne 2 milliards de dollars américains de capitaux privés chaque année. Cela représentait 6 % du montant de son TOSSD, comprenant à la fois les piliers 1 et 2. Ce chiffre est en baisse par rapport aux 3,4 milliards de dollars américains mobilisés en 2019.
L’aide internationale du Canada a permis de mobiliser 2 milliards de dollars canadiens de capitaux privés entre 2012 et 2023. Ce résultat a été obtenu grâce à des investissements de 1,7 milliard de dollars canadiens, ce qui correspond à un ratio de mobilisation de 1,17. Au cours de l’exercice financier 2022-2023, les investissements publics de 498,6 millions de dollars canadiens ont permis de mobiliser 532,2 millions de dollars canadiens de capitaux privés.
Soutenir le développement grâce à des mécanismes de financement novateur
En 2018, le Canada a lancé le Programme d’innovation en aide internationale. Ce programme finance des initiatives du secteur privé qui contribuent à la croissance économique et à d’autres objectifs de développement visant à réduire la pauvreté. À la fin de 2024, à l’issue du programme pilote initial, le programme avait versé 810,8 millions de dollars canadiens sous forme d’investissements. Cela comprenait 16 nouveaux projets utilisant des instruments remboursables, ainsi que des projets complémentaires d’assistance technique et de création d’écosystèmes, qui devraient :
- toucher environ 4,8 millions de personnes;
- réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’environ 27 millions de tonnes, soit l’équivalent de 8,2 millions de véhicules particuliers retirés de la circulation en un an;
- mobiliser environ 3,5 dollars canadiens de capitaux privés pour chaque dollar canadien investi par le gouvernement fédéral.
Au cours de cette période, le Canada a également mis à l’essai son Programme de prêts souverains, qui a accordé 600 millions de dollars canadiens en prêts souverains à faible taux d’intérêt à cinq pays : l’Équateur, le Guyana, la Jordanie, la Moldavie et l’Afrique du Sud.
En 2024, un groupe de gouvernements, dont le Canada, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que des investisseurs institutionnels privés, ont annoncé le lancement de l’initiative de service de mobilisation de capitaux pour le développement durable (en anglais). Cette initiative rassemble des acteurs publics et privés afin d’accélérer la mobilisation de capitaux privés dans les économies émergentes et en développement grâce à des instruments financiers mixtes normalisés.
L’Institution de financement du développement (IFD) du Canada, l’Institut de financement du développement du Canada (FinDev Canada), propose également des solutions de financement novateur pour mobiliser les capitaux du secteur privé. Le Canada a accordé 700 millions de dollars canadiens en 2024 à FinDev afin de mettre en place un nouveau mécanisme de financement concessionnel. FinDev Canada lance également le Réseau de leadership des investisseurs et, en collaboration avec d’autres IFD du G7, le Conseil consultatif du G7 sur l’investissement dans les infrastructures. Ce conseil déterminera les outils de co-investissement et partagera ses connaissances afin d’accroître la participation du secteur privé et des investisseurs institutionnels dans les investissements dans l’infrastructure.
Le Royaume-Uni favorise des solutions de financement novateur afin de mobiliser des capitaux privés pour le développement durable. L’institution britannique de financement du développement British International Investment (BII) achemine des capitaux vers les marchés mal desservis grâce à des structures de financement mixte et de partage des risques. Grâce au programme Renforcement du secteur financier en Afrique (Financial Sector Deepening Africa), le BII soutient le développement d’obligations vertes et liées au genre et renforce les marchés financiers africains. Le programme MOBILIST (en anglais) permet des investissements institutionnels via les marchés publics, notamment le premier fonds commercial d’adaptation climatique en Afrique et la première obligation verte cotée au Pakistan. Le Royaume-Uni contribue également au Groupe de développement des infrastructures privées. Il mobilise des investissements privés dans des projets d’infrastructures durables en Afrique et en Asie, en recourant au développement de projets à un stade précoce, à des dettes à long terme, à des garanties et à une assistance technique.
En 2022, l’Allemagne a lancé le fonds Power-to-X Development (en anglais) afin de mobiliser des investissements privés pour des projets à grande échelle dans le domaine de l’hydrogène. À la fin de la période visée par le rapport, ce fonds avait accumulé 270 millions d’euros de financement et mobilisé jusqu’à 880 millions d’euros d’engagements. L’Allemagne a également soutenu la Fondation pour l’énergie propre et l’inclusion énergétique en Afrique (CEI Africa Foundation) (en anglais). Elle co-investit dans l’énergie solaire hors réseau avec des bailleurs de fonds participatifs afin de développer le financement axé sur les résultats et mettre en œuvre une approche de mesure des résultats.
En 2023, l’Allemagne a lancé la plateforme de syndication climatique (Climate Syndication Platform) (en anglais). Elle devrait permettre de mobiliser jusqu’à 225 millions d’euros de cofinancement climatique auprès d’investisseurs institutionnels. L’Allemagne contribue également à renforcer le secteur financier en Afrique du Sud, en Égypte, au Mexique et aux Philippines grâce à son programme 30 by 30 Zero (en anglais). Grâce à des mesures incitatives fondées sur le rendement, ce programme vise à mobiliser jusqu’à 600 millions de dollars américains de capitaux privés supplémentaires. En outre, l’Allemagne a co-dirigé le soutien à l’initiative de service de mobilisation de capitaux pour le développement durable depuis son lancement en 2024.
La France s’efforce de développer le financement mixte, notamment au moyen d’obligations vertes, sociales et liées au développement durable, afin de mobiliser des capitaux privés pour des projets axés sur le climat. En 2024, la France, aux côtés de Proparco et de la Société financière internationale (SFI), a soutenu une obligation verte, sociale et durable de 300 millions de dollars américains émise par la VPBank du Vietnam, la première obligation de ce type. La France a également soutenu l’émission d’une obligation de la Banco de América Central au Guatemala afin de stimuler les initiatives en faveur du climat et de l’égalité des genres tout en favorisant le développement des marchés de capitaux du pays. C’était la deuxième fois que le Guatemala émettait une obligation thématique.
La France est le deuxième contributeur à la Facilité internationale de financement pour la vaccination (IFFIm) (en anglais), avec une contribution de 1,39 milliard d’euros entre 2006 et 2026 pour soutenir les programmes de vaccination de Gavi, l’Alliance du vaccin. En 2020, la France a lancé le Fonds d’innovation pour le développement (FID), s’engageant à verser plus de 50 millions d’euros pour favoriser les innovations dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’éducation et de l’égalité des genres, depuis les premières étapes de développement jusqu’à la mise en œuvre à grande échelle de solutions à fort impact.
En 2023, le Japon a lancé l’initiative Co-création d’un agenda commun (en anglais). Elle vise à atteindre les objectifs de développement grâce au dialogue et à la collaboration avec les pays partenaires, ainsi qu’à la mobilisation d’autres flux officiels et de financements privés en combinaison avec l’APD. En 2024, le Japon a lancé un programme pilote intitulé Clause de dette résiliente au climat (en anglais). Il permet aux pays qui reçoivent des prêts par l’intermédiaire de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA) de reporter temporairement le remboursement de leur dette dans certains cas de catastrophes naturelles. En avril 2025, le Japon a également modifié la loi sur la JICA afin d’élargir ses instruments financiers dans le but de mobiliser des financements privés.
En 2024, le groupe d’experts de haut niveau de la Commission européenne a publié ses recommandations (en anglais) sur le renforcement de la finance durable dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Dans le cadre de son centre consultatif sur la finance durable, l’UE a apporté son soutien à 25 pays d’Afrique (13), d’Asie (4) et d’Amérique latine et des Caraïbes (8) grâce à une assistance technique coordonnée. L’UE a également poursuivi sa collaboration avec ses partenaires dans le cadre de l’Initiative mondiale pour les obligations vertes (en anglais). Il s’agit d’une initiative soutenue par l’UE qui vise à développer et à renforcer les marchés des obligations vertes des pays partenaires en réunissant les institutions financières de développement européennes et multilatérales avec d’autres acteurs du développement. Cette initiative devrait permettre de mobiliser jusqu’à 20 milliards d’euros de capitaux privés dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Au cours des dernières années, l’Italie a mis en place des instruments directs pour soutenir la mobilisation du secteur privé dans les pays partenaires. En 2024, elle a lancé Sviluppo+, un programme qui investit 70 millions d’euros dans le capital-risque des entreprises et propose des prêts de 250 000 à 10 millions d’euros sur une durée de trois à 15 ans. En 2025, l’Agence italienne de coopération au développement (AICS), en collaboration avec l’Agence pour l’Italie numérique, a lancé Misura Imprese Impatto (Mesure des entreprises à impact), un programme de cofinancement de 50 millions d’euros destiné à des projets commerciaux novateurs, dont 70 % sont réservés à l’Afrique.
L’Italie a également renforcé ses partenariats avec les institutions financières internationales. En 2024, elle a signé un accord-cadre avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), prévoyant notamment une contribution de 100 millions d’euros à la société publique ukrainienne Ukrhydroenergo. En 2025, l’Italie s’est engagée à verser 140 millions d’euros au Mécanisme de financement du processus de Rome / plan Mattei dans le cadre du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), afin de soutenir des secteurs stratégiques tels que le climat, l’énergie, l’eau et les transports. La même année, un accord de cofinancement avec la Banque mondiale a été officialisé afin de mettre en œuvre conjointement des projets de développement.
En outre, l’Italie est le quatrième plus grand donateur de la IFFIm, avec un engagement de 654 millions d’euros entre 2006 et 2030. La Facilité anticipe les contributions des donateurs souverains à Gavi, l’Alliance du vaccin, en émettant des obligations vaccinales (en anglais). En juin 2025, l’Italie s’est engagée à verser 75 millions d’euros supplémentaires à la Facilité entre 2026 et 2030.
II. Développement économique
Le monde connaît actuellement une recrudescence des tensions géopolitiques et géoéconomiques. Le nombre de conflits augmente et la violence s’intensifie dans de nombreuses régions. Cela entraîne toute une série de défis, allant des migrations forcées à l’insécurité alimentaire, en passant par le manque d’accès aux services de santé. La montée de l’autoritarisme, la crise climatique et l’émergence de l’intelligence artificielle (IA) créent également de nouveaux défis.
Un développement économique inclusif et durable peut constituer un moyen de résoudre ces enjeux et contribuer à assurer le bien-être de tous. Investir dans le développement économique est essentiel pour éradiquer la pauvreté dans le monde et créer une répartition équitable des richesses. C’est pourquoi la majorité des membres du G7 s’engagent à faire en sorte que les pays en développement aient une voix forte sur la scène commerciale internationale, en leur apportant une assistance technique et en veillant à ce qu’ils disposent des infrastructures nécessaires.
3. Commerce, infrastructures et investissements en Afrique
« Le G8 s’engage à accroître son soutien aux mécanismes de préparation de projets qui appuient les programmes d’infrastructure régionaux en Afrique. » — Communiqué des chefs d’État du G8, Lough Erne, Royaume-Uni, 2013, paragraphes 19-20
« Nous soutiendrons également l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui sera primordiale pour la croissance africaine au cours de la prochaine décennie. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 8
« Nous soutenons l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA) en tant que mécanisme financier innovant créé par la Banque africaine de développement en partenariat avec l’Union africaine, Africa50 et d’autres partenaires de développement visant à mobiliser des capitaux mixtes pour concevoir et développer un portefeuille bancable de 10 milliards de dollars américains de projets d’infrastructures vertes transformatrices en Afrique afin d’accélérer la transition énergétique, de combler le manque d’infrastructures de longue date et de promouvoir la résilience climatique. En tant que pays du G7, nous contribuerons collectivement jusqu’à 150 millions de dollars américains en dons, en capitaux concessionnels et commerciaux à l’AGIA et nous avons l’intention de contribuer à mobiliser jusqu’à 3 milliards de dollars américains d’investissements du secteur privé dans les infrastructures vertes en Afrique. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 28
Afin de créer un monde plus inclusif et plus équitable, les pays du G7 continuent d’investir dans des projets d’infrastructures durables et de qualité à travers l’Afrique. Le Fonds de préparation des projets d’infrastructure du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (FPPI-NEPAD) a été lancé en juin 2002 afin de remédier au manque de projets d’infrastructures durables et viables à travers le continent.
L’Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni restent les principaux contributeurs à ce fonds spécial multi-donateurs, géré par la BAD. En 2019, l’Allemagne a versé plus de 28 millions de dollars américains au FPPI-NEPAD; le Canada a contribué à hauteur de plus de 23 millions de dollars américains; le Royaume-Uni a versé environ 14 millions de dollars américains; et les États-Unis ont contribué à hauteur d’un million de dollars américains dans le cadre d’un cofinancement de l’Agence américaine pour le développement international (USAID).
Le Canada a conclu un nouvel accord avec le FPPI-NEPAD en 2024. En apportant une assistance technique et financière aux pays africains, le FPPI-NEPAD renforce l’intégration régionale et le commerce en mettant l’accent sur :
- les transports;
- l’énergie, y compris les énergies renouvelables;
- la technologie de l’information et des communications;
- la gestion transfrontalière des ressources en eau.
L’UE et l’IFD de la France, l’Agence française de développement (AFD), ont investi 145 millions d’euros pour améliorer les infrastructures ferroviaires au Mozambique, notamment en doublant la voie ferrée Maputo-Ressano Garcia, afin de renforcer la logistique régionale. Au Kenya, la France s’est engagée à investir 82 millions d’euros pour développer le réseau national de transport d’électricité grâce à des prêts concessionnels et au financement de l’AFD.
D’autres membres du G7 ont contribué à des projets d’infrastructure clés dans la région. Par exemple, le Japon a soutenu le développement du corridor nord en Afrique orientale, du corridor de Nacala, ainsi que de l’Anneau de croissance en Afrique occidentale et dans les zones environnantes. Le Royaume-Uni a contribué aux efforts déployés par les mécanismes consultatifs pour le renforcement des infrastructures par des partenariats public-privé de la Banque mondiale (en anglais) afin d’améliorer la qualité des données relatives aux projets, grâce à une évaluation des lacunes en matière de données sur le marché. Le Royaume-Uni apporte également une assistance technique à des gouvernements partenaires, tels que l’Afrique du Sud, l’Angola et le Mozambique, afin de les aider à élaborer des plans de projets bancables.
Mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) est la plus grande zone de libre-échange au monde. Lancée en 2019, elle rassemble les 55 États membres de l’Union africaine (UA), ainsi que huit communautés économiques régionales, afin de créer un marché unique pour le continent. L’UE et plusieurs États membres du G7, dont la France et l’Allemagne, restent de fervents partisans de la ZLECA. Dans le cadre de l’initiative de l’Équipe Europe à grande échelle visant à soutenir la ZLECA, ces derniers ont contribué à hauteur de 1,2 milliard d’euros pour soutenir :
- le commerce des marchandises;
- le commerce des services;
- les règles de concurrence;
- les droits de propriété intellectuelle;
- les investissements;
- le commerce numérique;
- les femmes et les jeunes dans le commerce.
En 2020, la France s’est engagée à verser 4 millions d’euros pour soutenir le premier programme d’assistance technique de la ZLECA financé par l’UE. En 2025, la France s’est engagée à verser 1,3 million d’euros supplémentaires pour la deuxième phase, dans le cadre d’un programme mis en œuvre par Expertise France. Cette initiative apporte une assistance technique pour rendre opérationnelle la zone de libre-échange, afin de promouvoir une croissance inclusive, un développement durable et une intégration économique et politique plus profonde à travers l’Afrique. Depuis 2016, l’Allemagne s’est également engagée à verser 227 millions d’euros pour soutenir les négociations et la mise en œuvre de la ZLECA.
Grâce à un protocole de coopération entre la JICA et le secrétariat de la ZLECA, le Japon a encouragé la mise en œuvre de la ZLECA dans les domaines clés suivants :
- la facilitation des échanges et corridors commerciaux
- l’industrialisation et la chaîne de valeur régionale;
- les enseignements clés tirés de l’expérience de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) (en anglais);
- le renforcement des capacités et la défense des intérêts.
La JICA a également discuté du renouvellement du protocole avec le secrétariat de la ZLECA et entend continuer à se pencher sur les principaux domaines de coopération actuels.
En collaboration avec l’Organisation mondiale des douanes, le Japon a également dispensé une formation sur les règles d’origine à des agents des douanes de 21 pays. À la suite de cette formation, 41 « formateurs principaux » ont été officiellement reconnus par la JICA et l’organisation en 2024. Ce programme, ainsi que les séances de formation qui ont suivi, permettent aux pays africains et aux secteurs commerciaux d’acquérir une meilleure compréhension des règles du commerce international dans le cadre de la ZLECA.
Par l’intermédiaire du Centre africain pour la politique commerciale (en anglais), le Canada apporte une assistance technique aux États membres de l’UA, afin de faciliter les réformes nécessaires à la mise en œuvre de la ZLECA. Il encourage notamment les 54 pays signataires de la ZLECA à intégrer les questions d’égalité des genres et de climat dans leurs réformes des politiques commerciales.
Le Canada finance également toute une série de projets qui contribuent à réaliser le potentiel de la ZLECA. Par exemple, depuis 2024, il s’est engagé à verser 9,7 millions de dollars canadiens pour créer des conditions plus sûres et plus équitables pour 300 000 petites commerçantes transfrontalières travaillant le long de la frontière entre la Zambie et la RDC. Il s’est également engagé à verser 20 millions de dollars canadiens pour éliminer les obstacles liés au genre auxquels sont confrontées les femmes commerçantes le long des corridors Tema-Ouagadougou et Abidjan-Lagos. En 2024-2025, le Canada a également mené à bien un projet de 15 millions de dollars canadiens visant à promouvoir le renforcement du pouvoir économique des femmes commerçantes transfrontalières en Afrique orientale tout en réduisant les obstacles, tels que la violence fondée sur le genre.
Le financement canadien soutient également la création d’un réseau financier novateur dans huit pays d’Afrique orientale. Ce réseau aidera les petites et moyennes entreprises (PME) à commercer à l’échelle régionale et à tenir davantage compte des questions de genre et du climat.
Le Royaume-Uni soutient la ZLECA à hauteur de 35 millions de livres sterling sur cinq ans dans le cadre de son programme de soutien à la ZLECA (en anglais). Le programme se penche à la fois sur les phases de négociation et de mise en œuvre de l’accord. Le soutien est apporté par deux partenaires clés chargés de la mise en œuvre : ODI Global se consacre à la politique commerciale, tandis que Trademark Africa se consacre à la facilitation du commerce, notamment en apportant un soutien ciblé pour améliorer les flux de fret le long du corridor Abidjan-Lagos. Parmi les autres initiatives, citons SheTrades Commonwealth+, les partenariats commerciaux du Royaume-Uni, les accords de partenariat économique et le programme commercial pour les pays en développement (Developing Countries Trading Scheme).
Soutenir l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique
L’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique (AGIA) vise à mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars américains de capitaux privés pour des projets d’infrastructures verts et transformateurs en Afrique. Dirigée par la BAD, l’UA et Africa50, l’alliance œuvre à accélérer la transition énergétique, à combler le déficit en infrastructures et à promouvoir la résilience climatique à travers le continent.
Lors de la 28e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28), des institutions africaines et mondiales, ainsi que les gouvernements allemand, français et japonais et des organisations philanthropiques, se sont engagés à verser plus de 75 millions de dollars américains à l’AGIA. Cet engagement initial historique contribuera grandement à financer des projets d’infrastructures respectueux du climat à travers le continent et à accélérer la transition juste et équitable de l’Afrique vers la neutralité carbone.
L’Allemagne a investi 26 millions d’euros dans la partie à haut risque du Fonds de développement des projets de l’AGIA (FDP-AGIA), afin d’aider à attirer davantage de financements pour des infrastructures durables en Afrique. L’Italie verse jusqu’à 40 millions de dollars américains au fonds par l’intermédiaire du FIC. Elle contribue également à hauteur de 5 millions de dollars américains sous forme de subventions, afin d’apporter une assistance technique pour soutenir le développement de projets prêts à être investis. Ces engagements visent à accélérer la préparation de projets d’infrastructures vertes à travers l’Afrique et à mobiliser d’importants investissements du secteur privé, afin de combler le déficit infrastructurel du continent et de soutenir la transition énergétique.
Le Japon a approuvé son premier projet en faveur de la préparation du projet de l’AGIA en avril 2025 et prévoit d’en lancer jusqu’à trois autres. Ce projet initial est axé sur la durabilité environnementale et l’intégration des systèmes d’énergie renouvelable. Il offre des services de conseil et une assistance technique aux pays membres régionaux de la BAD, afin de promouvoir les PPP et de renforcer leurs capacités en matière de développement d’infrastructures énergétiques durables.
Le Royaume-Uni soutient le plan de l’AGIA visant à lever un total de 500 millions de dollars américains pour développer des projets d’infrastructure et à utiliser cet investissement pour mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars américains de financements privés. Ce soutien vise trois domaines clés :
- la préparation des projets;
- le développement des projets;
- le financement et l’investissement.
En Éthiopie, l’UE et la France se sont engagées à verser 120 millions d’euros à l’initiative Énergie renouvelable intégrée durable et numérisation (en anglais), afin de moderniser le réseau électrique national et d’élargir l’accès aux infrastructures numériques.
4. Investissement dans des infrastructures de qualité
« Nous entendons faire en sorte que nos propres investissements dans l’infrastructure respectent les Principes d’Ise-Shima du G7 pour des investissements de qualité dans l’infrastructure, tels qu’ils sont énoncés en annexe. Nous encourageons aussi les parties concernées, à savoir les gouvernements, les organisations internationales, y compris les banques multilatérales de développement, et le secteur privé notamment dans le cadre de projets réalisés en partenariat public-privé (PPP), à faire en sorte que leurs investissements dans l’infrastructure et l’aide qu’ils procurent à cet égard adhèrent à ces principes, y compris par l’adoption et la promotion d’un processus d’approvisionnement transparent et concurrentiel, où l’optimisation des ressources et la qualité de l’infrastructure sont pleinement prises en compte. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 9
Le déficit mondial en matière d’investissements dans les infrastructures, c’est-à-dire la différence entre les investissements prévus pour répondre à la demande et les investissements actuels, devraient atteindre environ 15 000 milliards de dollars d’ici 2040 si les tendances actuelles se maintiennent.
Afin de combler ce déficit et de promouvoir une croissance forte, durable et équilibrée, le G7 a élaboré en 2016 les Principes d’Ise-Shima du G7 pour des investissements de qualité dans l’infrastructure (en anglais), qui définissent les cinq principes suivants pour le développement d’infrastructures de qualité :
- une gouvernance efficace, un fonctionnement fiable et une efficacité économique tenant compte du coût du cycle de vie, ainsi que de la sécurité et de la résilience face aux risques de catastrophes naturelles, de terrorisme et de cyberattaques;
- la création d’emplois, le renforcement des capacités et le transfert d’expertise et de savoir-faire aux communautés locales;
- les répercussions sociales et environnementales;
- la conformité avec les stratégies de développement économique;
- la mobilisation efficace des ressources.
L’Équipe Europe, qui regroupe les institutions européennes, les États membres de l’UE, la BEI et la BERD, fait progresser les principes d’Ise-Shima grâce à sa stratégie Global Gateway (en anglais). Cette stratégie offre un cadre complet, fondé sur des valeurs, pour des investissements durables, transparents et inclusifs dans les infrastructures. Lancée en décembre 2021, la stratégie Global Gateway apporte une réponse structurée aux besoins mondiaux en matière d’infrastructures, en mettant particulièrement l’accent sur l’appropriation par les pays partenaires, la durabilité à long terme et des normes environnementales et sociales élevées. Dans le cadre de cette stratégie, l’UE a commencé à soutenir les projets du corridor de Lobito (en Afrique australe) et du corridor de transport transcaspien (en Europe orientale et en Asie centrale). Ces deux initiatives sont conçues pour répondre aux critères d’Ise-Shima, notamment la viabilité économique à long terme, la durabilité, l’intégration régionale et l’accès ouvert aux infrastructures.
Pour soutenir l’investissement dans des infrastructures de qualité, l’Allemagne se penche à la fois sur les projets d’infrastructures physiques et sur la mise en place d’environnements favorables et de pipelines de projets qui garantiront un afflux durable d’investissements privés dans les infrastructures des pays partenaires. Elle applique cette approche dans de nombreux projets phares. L’approche double de l’Allemagne en matière d’investissements dans les infrastructures est illustrée par le parc éolien Jbel Lahdid (en anglais) au Maroc, un PPP cofinancé par le Maroc, l’UE, la BEI et l’Allemagne. Alimentant en électricité un million de personnes, ce projet permet de réduire les émissions de CO₂ de près de 600 000 tonnes par an, soutient les objectifs du Maroc en matière d’énergies renouvelables et a créé 1 000 emplois. Il a également permis la construction de 70 kilomètres de nouvelles routes, améliorant ainsi la connectivité de 14 communautés rurales.
L’Allemagne soutient le projet électrique stratégique ELMED entre la Tunisie et l’Italie grâce à des prêts accordés par la banque de développement KfW (en anglais), l’institution financière allemande de développement. Cette initiative, qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’UE et est conforme au plan Mattei pour l’Afrique (en anglais) de l’Italie, comprend un câble sous-marin à haute tension reliant la Tunisie au réseau européen. Elle vise à favoriser le commerce en électricité, la sécurité énergétique et l’intégration des énergies renouvelables, tout en réduisant la dépendance de la Tunisie vis-à-vis des importations coûteuses de combustibles fossiles et en renforçant la coopération régionale.
En juillet 2022, l’Italie a adopté le Compendium des indicateurs d’investissement dans des infrastructures de qualité et la note d’orientation, élaborés pour le G20. L’Italie soutient l’application potentielle de ces indicateurs dans certains projets d’infrastructure. Entre 2022 et 2024, la banque publique italienne de développement, la CDP, a réaffirmé son engagement à renforcer ses partenariats stratégiques avec les principales IFD, afin de mobiliser les ressources financières nécessaires aux investissements dans des infrastructures de qualité. Cette collaboration a été soutenue par la participation de la CDP à des plateformes telles que le mécanisme de coordination des banques publiques de développement (BPD) et des IFD du G7 mis en place en 2024, le Sommet Finance en commun (en anglais) et le Sommet du Club des investisseurs à long terme D20 (en anglais). Elle a également adopté un modèle risque-rendement-impact visant à améliorer les résultats économiques, sociaux et environnementaux.
L’IFD de la France, l’AFD, investit entre 6 et 8 milliards d’euros par an dans des infrastructures durables. L’AFD finance des infrastructures qui contribuent à la réalisation des ODD dans des secteurs tels que l’énergie, les transports, l’eau et l’assainissement, le développement urbain, la santé, l’éducation et le sport. La qualité et la durabilité des infrastructures financées par l’AFD reposent sur le soutien apporté aux capacités des acteurs locaux en matière de planification, de conception, de mise en œuvre et de gestion des projets. Ces projets sont techniquement bien conçus, financièrement viables, dimensionnés pour répondre à des besoins à long terme et fondés sur un endettement maîtrisé, et ils tiennent compte des risques sociaux et environnementaux. L’AFD s’appuie également sur des politiques publiques claires et des institutions solides pour garantir que ces projets donnent lieu à des infrastructures de qualité.
La France a contribué à la plateforme SOURCE (en anglais), gérée par l’ONU, qui aide les pays partenaires à préparer et à gérer des projets d’infrastructure conformes aux normes internationales. À hauteur d’environ 250 000 euros par pays, la France a soutenu son déploiement dans plusieurs pays africains, notamment en Afrique du Sud, en Angola, en Égypte, à Madagascar et en Tanzanie, ainsi qu’au Brésil et aux Philippines.
L’Autorité nationale pour la transformation des infrastructures et des services (National Infrastructure and Service Transformation Authority) (en anglais) du Royaume-Uni, est responsable de l’application des normes mondiales en matière d’infrastructures dans le cadre de grands projets d’infrastructure nationaux, ainsi que de la mobilisation de l’expertise et des pratiques exemplaires du secteur au Royaume-Uni et à l’échelle internationale. Le Royaume-Uni s’efforce de promouvoir ces principes en soutenant des programmes de certification des infrastructures, tels que le réseau Blue Dot (en anglais), dont il est membre du comité directeur.
Conformément aux principes d’Ise-Shima et aux principes du G20 pour l’investissement dans des infrastructures de qualité, que le Japon a pris l’initiative de promouvoir, le Japon soutient non seulement les infrastructures physiques, mais aussi le renforcement des capacités et le développement des ressources humaines afin de favoriser l’autonomie et le développement durable. Le Japon met en œuvre des projets de connectivité terrestre, maritime et aérienne d’un montant d’environ 2 800 milliards de yens et forme 5 000 personnes dans toute l’ANASE entre 2023 et 2026, afin de soutenir le transfert de connaissances spécialisées et le développement régional. En tant que membre fondateur du réseau Blue Dot, le Japon a également contribué à la promotion d’une certification internationalement reconnue pour les projets d’infrastructures de qualité.
5. Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement
« Suite aux engagements pris à Carbis Bay [Déclaration du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 67], nous avons avancé dans la définition et la mise en œuvre de notre Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement (PIMI) en tant que proposition commune pour compenser le manque d’investissements, sur les marchés émergents et dans les pays en développement, dans les infrastructures durables, solidaires, de qualité et résilientes aux changements climatiques, en nous appuyant sur une coopération renforcée, les valeurs démocratiques et des normes exigeantes. Nous mobiliserons le secteur privé pour accélérer le rythme des mesures prises à cet effet. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2022, paragraphe 46; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 14
« En nous appuyant sur nos initiatives et notre ferme engagement, et en utilisant tous les instruments financiers à notre disposition, nous cherchons à mobiliser collectivement des investissements publics et privés à hauteur de 600 milliards de dollars, l’accent étant mis plus particulièrement sur les infrastructures de qualité au cours des cinq prochaines années. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2022, paragraphe 49; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 14
« Nous prenons les mesures suivantes pour renforcer le Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement : i) rehausser le profil du Partenariat dans l’ensemble de la plateforme du G7, grâce à une coordination solide de tous les volets du Partenariat et à un recours accru à ces derniers et grâce à la création d’un secrétariat chargé d’assurer une mise en œuvre efficace et la coordination des investissements avec les partenaires; ii) soutenir le lancement de la plateforme virtuelle d’investissement pour l’Afrique, en collaboration avec l’Union africaine et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), afin d’améliorer l’échange de renseignements, la transparence et les politiques publiques en matière d’investissement en Afrique; iii) travailler en collaboration avec nos institutions de financement du développement, les banques multilatérales de développement et le secteur privé pour améliorer les investissements verts en Afrique dans le cadre de notre engagement à l’égard du Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement. À ce chapitre, nous améliorerons de manière progressive la coordination des investissements par pays, notamment par l’intermédiaire de plateformes telles que l’Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 10
Le Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement (PIMI) (en anglais) a été lancé en 2022 afin de mobiliser des investissements publics et privés pour des projets d’infrastructure dans les pays en développement. Grâce à ce partenariat, le G7 vise à réduire le déficit mondial d’investissement dans les infrastructures en mobilisant 600 milliards de dollars américains d’ici 2027. En octobre 2025, le G7 a salué sa réussite dans la mobilisation de plus de 410 milliards de dollars américains à ce jour pour le PIMI.
Depuis son lancement, le PIMI a contribué aux ODD et à la stabilité économique en offrant une solution de rechange transparente, durable, à fort impact et axée sur les valeurs par rapport aux autres modèles mondiaux de financement des infrastructures. Il réalise des investissements qui contribuent à résoudre des problèmes tels que :
- les changements climatiques et la crise énergétique;
- la résilience de la chaîne d’approvisionnement;
- la connectivité grâce aux infrastructures numériques et aux réseaux de transport;
- les systèmes de santé durables;
- l’égalité des genres.
La stratégie Global Gateway est la contribution de l’UE au PIMI. Entre 2021 et 2024, plus de 331 milliards de dollars américains d’investissements ont été mobilisés dans les pays partenaires du G7 grâce à la stratégie Global Gateway. Cette stratégie est mise en œuvre dans le cadre d’une approche de l’Équipe Europe, qui rassemble l’UE et les États membres de l’UE, ainsi que leurs institutions financières et de développement. Elle vise également à mobiliser le secteur privé afin de tirer parti des investissements pour obtenir une incidence transformationnelle.
Depuis 2022, le Royaume-Uni a mobilisé 21,3 milliards de dollars américains, dont 8,8 milliards ont été investis par le gouvernement britannique, le reste ayant été mobilisé auprès du secteur privé. Cet investissement est mobilisé au moyen des dépenses de l’IFD et de l’APD du Royaume-Uni, notamment le Groupe de développement des infrastructures privées (PIDG) (en anglais), MOBILIST (en anglais), BII (en anglais) et United Kingdom Export Finance (en anglais).
La contribution de l’UE au PIMI comprend les investissements mobilisés par les institutions financières et les IFD dans le cadre du mécanisme de garantie de l’UE, le Fonds européen pour le développement durable plus (FEDD+) (en anglais), ainsi que d’autres fonds provenant principalement de l’Instrument de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI) - Global Europe et l’Instrument d’aide de préadhésion (IAP) III. Compte tenu de la structure actuelle de la coopération extérieure de l’UE, les investissements sont essentiellement mobilisés au moyen de garanties et d’opérations de financement mixte du FEDD+ et, dans une moindre mesure, d’autres programmes de l’UE. Les contributions des États membres de l’UE comprennent les investissements mobilisés par les institutions financières et de financement du développement européennes en dehors du FEDD+ et d’autres programmes de l’UE. Par exemple, l’Allemagne utilise divers instruments pour ses projets dans le cadre du PIMI, notamment :
- les prêts promotionnels;
- les prêts concessionnels;
- les garanties fédérales d’investissement et de crédit à l’exportation;
- les subventions mixtes;
- le financement.
Ces investissements sont réalisés en coopération avec des partenaires tels que l’UE, la BEI, la BERD et la Banque mondiale.
En tant que gestionnaire du FIC, la CDP utilise divers instruments financiers, notamment des prêts concessionnels, des quasi-capitaux propres, des quasi-capitaux propres et des garanties, pour soutenir des projets d’infrastructure axés sur le climat. Ces outils contribuent à financer des initiatives publiques et privées, à renforcer les intermédiaires financiers et à attirer les investissements privés en atténuant les principaux risques. La CDP collabore également étroitement avec les banques multilatérales de développement (BMD), les IFD, et des partenaires tels qu’Africa50 et le Fonds d’allocation pour le couplage des marchés européens au moyen de plateformes telles que l’AGIA, ce qui permet une plus grande mobilisation des ressources, une réduction des risques et une meilleure évolutivité des investissements sensibles au climat.
Depuis 2021, le Canada a versé plus de 6,6 milliards de dollars américains dans le cadre du PIMI. Cela comprend des programmes qui soutiennent :
- les établissements d’enseignement;
- la santé;
- l’approvisionnement en eau et l’assainissement;
- le transport et l’entreposage;
- les communications;
- la politique énergétique;
- la production d’énergie;
- les centrales hybrides;
- les centrales nucléaires;
- la distribution d’énergie;
- l’agriculture;
- le développement urbain;
- la politique foncière et la gestion des terres;
- l’aide à la reconstruction et à la réhabilitation.
Soutenir les partenariats nationaux en matière d’infrastructures et d’investissements
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway, la France participe activement à plusieurs partenariats menés par des pays de l’Équipe Europe. En Mongolie, par exemple, elle contribue à la mise en œuvre du partenariat pour les forêts (en anglais), qui vise à protéger et à restaurer les forêts, et à veiller à ce qu’elles soient utilisées, administrées et gérées de manière durable, en tenant compte des besoins des collectivités locales. Il renforce également les chaînes de valeur forestières, favorise la stabilité de l’environnement commercial et assure le commerce durable des produits forestiers. En novembre 2022, lors de la 27e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27), la présidente de la Commission européenne et le président de la Mongolie ont signé un protocole d’accord, et une feuille de route a été adoptée en juillet 2023.
Dans le cadre des partenariats pour une transition énergétique juste (JETP) en Afrique du Sud, en Indonésie, au Sénégal et au Vietnam, le G7 collabore avec plusieurs économies émergentes et pays en développement à croissance rapide afin de s’éloigner des combustibles fossiles et de se tourner vers les énergies renouvelables. Le Canada contribue activement au financement des JETP du G7, qui sont considérés comme des initiatives phares du PIMI. En octobre 2025, l’UE a annoncé un programme complet de 430 millions d’euros pour faire avancer le projet de stockage hydroélectrique par pompage de Bac Ai, un investissement phare dans le cadre du JETP avec le Vietnam.
L’Italie participe au JETP avec le Vietnam, avec un engagement pouvant atteindre 500 millions d’euros sur cinq ans, dont 250 millions proviennent de ressources publiques et 250 millions de ressources de la CDP. En Indonésie, l’Italie s’est engagée à verser 250 millions d’euros sur cinq ans pour soutenir le JETP, provenant exclusivement de ressources publiques.
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’UE, l’Allemagne contribue également à plusieurs partenariats menés par des pays, notamment les JETP, où elle joue un rôle de co-responsable au Sénégal et en Indonésie, le corridor de Lobito, la mise en place d’une économie de l’hydrogène vert en Namibie et le corridor électrique transbalkanique.
Le corridor électrique transbalkanique relie les réseaux de transport d’électricité de la Bosnie-Herzégovine, du Monténégro et de la Serbie à ceux de la Croatie, de la Hongrie, de l’Italie et de la Roumanie. Dans l’ouest de la Serbie, une ligne de transport à double circuit de 400 kilovolts, longue de 109 kilomètres, est actuellement en cours de construction entre Obrenovac et Bajina Bašta. Des préparatifs sont en cours pour construire également une ligne de 84 kilomètres entre la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro.
Grâce au soutien de la France et de l’Allemagne, la Namibie fait progresser son programme d’industrialisation verte dans le cadre du partenariat stratégique entre l’UE et la Namibie sur l’hydrogène vert. En avril 2025, le projet HyIron, un consortium d’entreprises namibiennes et allemandes, a lancé la première usine de production de fer à zéro émission en Afrique. Soutenu par des fonds allemands, le projet produit actuellement 15 000 tonnes de fer de réduction directe, avec des plans d’augmentation de la production à 200 000 tonnes par an et un objectif à long terme d’un million de tonnes.
Le projet du corridor de Lobito est un axe économique majeur reliant le port de Lobito, en Angola, à la province du Katanga en RDC et à la province du Copperbelt en Zambie. Le projet comprend la construction de la ligne ferroviaire Zambie-Angola, la réhabilitation du tronçon ferroviaire en RDC, ainsi que la modernisation et la mise en service de la ligne ferroviaire angolaise. Il comprend également :
- des mesures non contraignantes visant à faciliter le transit et le commerce;
- des chaînes de valeur agricoles durables;
- l’accès aux énergies renouvelables et l’adaptation aux changements climatiques;
- l’éducation et l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP)
- la création d’emplois;
- les chaînes de valeur des matières premières essentielles.
En tant que première liaison ferroviaire transcontinentale à accès libre en Afrique, ce projet pourrait libérer l’énorme potentiel économique de la région, accroître les possibilités d’exportation et promouvoir l’intégration régionale.
Lors du Sommet des dirigeants du G7 de 2024 à Borgo Egnazia, en Italie, l’Italie a annoncé sa décision de soutenir les efforts déployés par les États-Unis et l’UE, visant à promouvoir le développement durable le long du corridor de Lobito. Elle s’est engagée à mobiliser jusqu’à 320 millions de dollars américains d’investissements supplémentaires pour soutenir les infrastructures ferroviaires essentielles et les projets connexes, dans le but de créer des synergies avec l’AGIA.
Le corridor de Lobito a également été au centre du plan Mattei pour l’Afrique et la stratégie Global Gateway : un effort commun avec le continent africain (en anglais), un événement de haut niveau qui s’est tenu à Rome en juin 2025. Cet événement a réuni des représentants des pays concernés, ainsi que des institutions financières et des acteurs internationaux, et a réaffirmé le rôle central du corridor dans la promotion de la connectivité, du commerce et du développement d’infrastructures durables dans toute la région.
La France a mobilisé plus de 550 millions d’euros dans les provinces traversées par le corridor de Lobito afin d’améliorer la productivité agricole, l’électrification rurale, l’accès à l’eau et la résilience climatique, conformément au Programme 2030. Cela comprend des investissements du secteur privé pour moderniser le port de Lobito.
L’Allemagne a octroyé une aide bilatérale de 54 millions d’euros pour soutenir le secteur des matières premières en RDC, dans le but de favoriser le développement économique local, d’améliorer le climat des affaires et de renforcer la gouvernance dans les provinces du corridor de Lobito. Les initiatives comprennent la promotion des investissements du secteur privé local, en particulier au moyen d’associations professionnelles et de chambres de commerce, et l’amélioration de la transparence dans la perception des impôts auprès du secteur des matières premières.
L’Équipe Europe, par l’intermédiaire de l’UE, de sept de ses États membres et de la BEI, a investi plus de 1,9 milliard d’euros dans le projet phare de la stratégie Global Gateway « fabrication et accès aux vaccins, aux médicaments et aux technologies de santé » (MAV+). Il s’agit d’un effort global visant à renforcer la souveraineté de l’Afrique dans la fabrication de vaccins et de produits de santé, avec des ressources importantes mobilisées pour des pays africains clés tels que l’Afrique du Sud, le Ghana, le Nigéria, le Sénégal et le Rwanda. Cet investissement important positionne ces pays comme des pôles régionaux d’innovation pharmaceutique. Conformément à l’approche à 360 degrés de la stratégie Global Gateway et à la double approche du PIMI, MAV+ aborde les questions suivantes :
- le développement industriel;
- les chaînes d’approvisionnement;
- la structuration du marché, la demande et la facilitation du commerce;
- le renforcement de la réglementation;
- le transfert de technologie et la gestion de la propriété intellectuelle;
- l’accès au financement, y compris pour les PME;
- la recherche et le développement, l’enseignement supérieur et les compétences.
MAV+ vise également à créer un environnement réglementaire et politique favorable tout en renforçant l’architecture institutionnelle africaine dans le domaine de la santé. En outre, il rassemble les principaux acteurs publics et privés européens et africains du secteur de la santé et contribue au développement des capacités de recherche et à l’amélioration des compétences à travers le continent.
Dans le cadre du projet du corridor économique de Luzon (en anglais) aux Philippines, le Japon poursuit la construction de la ligne ferroviaire nord-sud. Cela comprend les préparatifs pour un prolongement à partir de l’aéroport international Clark, près de Manille, jusqu’à New Clark City, ainsi que la construction d’une ligne entre l’aéroport et Calamba, dans la province de Laguna.
En 2024, le Royaume-Uni s’est engagé à verser plus de 500 000 livres sterling pour lancer la plateforme nationale du Kenya. Ce financement soutient le G7 et le secrétariat du gouvernement kényan dans le secteur des transports, conformément à l’Initiative pour une industrialisation verte en Afrique (AGII) (en anglais), en renforçant la coordination entre le G7, la Banque mondiale, la BAD et l’ONU pour quatre grands projets de transport au centre de Nairobi.
Apporter une assistance technique pour les infrastructures et les investissements
L’AFD verse des fonds pour la préparation de projets par intermédiaire de l’Initiative sur les villes et les changements climatiques en Afrique (CICLIA) et de la Convention des maires pour l’Afrique subsaharienne. Ces deux programmes financent des études en amont et renforcent les capacités locales afin de contribuer à la préparation de projets compatibles avec les ODD. Disposant d’une enveloppe totale de 27 millions d’euros, ils ont mobilisé plus de 1,9 milliard d’euros d’investissements dans 55 villes africaines, dont 1,4 milliard déjà engagés par l’AFD, l’UE et la Banque mondiale. Ces fonds contribuent également à mobiliser le secteur privé, notamment pour soutenir des services tels que l’éclairage public, la gestion des déchets et la mobilité urbaine. À Abidjan, en Côte d’Ivoire, par exemple, CICLIA a permis de lancer un projet de création de pôles d’échange multimodaux. À Djibouti et à Conakry, en Guinée, il a donné lieu à des études de faisabilité pour la création de centres de traitement des déchets résilients aux changements climatiques, dans le cadre de PPPs.
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway, l’Allemagne a versé 7 millions d’euros entre 2021 et 2024 au programme Développement des infrastructures du programme pour l’Afrique (en anglais) de l’UA dans le cadre de son programme d’assistance technique Corridors d’infrastructures vertes pour le commerce intra-africain (en anglais). Ce programme soutient le développement d’infrastructures vertes en facilitant la conclusion financière des projets et en promouvant les technologies vertes intelligentes afin de garantir les investissements du secteur privé. L’Allemagne soutient également le programme C40 Cities Finance Facility (en anglais). Ce programme aide les villes à préparer et à mettre en œuvre des projets d’infrastructures durables dans des domaines clés de l’action climatique et dote les administrations municipales des compétences nécessaires pour reproduire et développer des projets couronnés de succès.
L’Allemagne soutient également plusieurs mécanismes mondiaux, tels que le Mécanisme mondial de financement des infrastructures (GIF) et le Mécanisme consultatif pour le renforcement des infrastructures par des partenariats public-privé (PPIAF) (en anglais). Le GIF est une plateforme de collaboration mondiale qui stimule les investissements privés dans des projets d’infrastructures durables et de qualité. Il contribue à mobiliser les investissements privés dans les infrastructures en soutenant le développement d’un pipeline de projets bancables, durables et inclusifs grâce à une assistance technique, à la collaboration et à l’atténuation des risques. Le mécanisme PPIAF aide les gouvernements à renforcer leurs politiques et leurs institutions afin d’accroître la mise en place d’infrastructures et de catalyser la participation du secteur privé dans ce domaine.
En tant que gestionnaire du FIC, la CDP supervise les subventions destinées à soutenir les activités d’assistance technique liées à la préparation de projets d’investissements financés par le fonds ou qui y contribuent, à condition que ces investissements présentent des avantages en matière d’atténuation ou d’adaptation aux changements climatiques, ou les deux. La CDP peut allouer jusqu’à environ 30 millions d’euros par an pour soutenir des initiatives d’assistance technique.
Afin de faciliter le dédouanement et réduire les délais de transport le long du corridor de transport transcaspien, le Japon met en œuvre des programmes de formation en collaboration avec l’Organisation mondiale des douanes par l’intermédiaire de la JICA. Il soutient également l’écologisation du corridor de transport transcaspien afin de contribuer à la neutralité carbone.
L’UE apporte une assistance technique au projet d’interconnexion Zambie-Tanzanie-Kenya. En ajoutant 600 kilomètres de lignes de transport à double circuit de 400 kilovolts, ce projet vise à permettre le commerce régional de l’électricité et à augmenter la capacité de transport dans le nord de la Zambie en reliant les réseaux électriques d’Afrique australe et d’Afrique orientale. Le projet comprend deux volets : la construction du segment restant du projet et une assistance technique, ainsi qu’un soutien de gestion à la compagnie nationale d’électricité de Zambie ZESCO et à son ministère de l’Énergie. Le projet devrait augmenter la capacité de transport d’électricité entre la Zambie et la Tanzanie, réduire les émissions de gaz à effet de serre et renforcer la capacité de transfert d’électricité à Nakonde et dans les environs.
Le projet phare de la stratégie Global Gateway 2024 bénéficie d’une aide de 25 millions d’euros pour les lignes de transport d’électricité et les sous-stations connexes, et de 5 millions d’euros pour l’assistance technique et la gestion du projet. Il est cofinancé par la Banque mondiale, qui a accordé une aide de 245 millions de dollars américains au titre de l’Association internationale de développement, et par le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, qui a accordé une aide de 15 millions de livres sterling. Depuis 2022, le Royaume-Uni a également versé plus de 637 millions de dollars américains en assistance technique liée aux infrastructures et aux investissements, principalement par l’intermédiaire de ses centres d’expertise.
Soutenir le travail du secrétariat du Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement et ses initiatives
Au cours de la présidence de l’Italie du G7 en 2024, le G7 et ses partenaires ont réalisé des progrès concrets dans la mise en œuvre de leur programme du PIMI, en accordant une attention particulière à l’Afrique et à ses besoins et possibilités en matière d’investissement durable. En outre, le Communiqué des dirigeants du G7 a souligné l’importance d’une coordination et d’une implication solides de tous les volets du G7 en établissant un secrétariat du PIMI pour une mise en œuvre efficace et une coordination des investissements avec les partenaires.
Le G7 a également encouragé des partenariats équitables avec les pays africains, conformément aux ODD, à l’Agenda 2063 de l’Union africaine et aux plans continentaux africains intégrés. Parmi ses autres réalisations, le G7 a soutenu la mise en œuvre de la Plateforme virtuelle d’investissement pour l’Afrique (en anglais) afin d’améliorer le partage des données et des renseignements, la transparence et les politiques publiques en matière d’investissement en Afrique. La plateforme est une initiative conjointe sans précédent de la Commission de l’UA et de l’OCDE. L’UE et l’Italie en sont les principaux partenaires politiques et financiers, aux côtés de la Corée, de l’Espagne, du Portugal et de la Turquie. Elle bénéficie également du soutien du Royaume-Uni et a été approuvée par l’Allemagne, au sein du groupe de travail du PIMI.
La plateforme vise à recueillir des données et des renseignements de qualité et opportuns afin d’améliorer la transparence du paysage de l’investissement dans les pays africains et d’améliorer les politiques liées à l’investissement. En soutenant la plateforme, les membres du G7 unissent leurs efforts pour améliorer la qualité des notations et des évaluations des risques, renforcer la confiance des investisseurs et catalyser les investissements durables en Afrique. La plateforme a été lancée avec succès en février 2025 lors du sommet de l’UA à Addis-Abeba, en Éthiopie, et la collecte de données, le renforcement des capacités et le dialogue politique avec 10 pays pilotes devraient débuter en 2025.
Le G7 a également apporté son soutien afin de renforcer la collaboration avec les IFDs, les BMDs et le secteur privé, dans le but de favoriser les investissements verts en Afrique, dans le cadre de son engagement envers le PIMI. Cela comprend notamment la promotion de la coordination des investissements nationaux au moyen de plateformes telles que l’AGIA.
Le Canada a joué un rôle de premier plan dans la mise en place du secrétariat du PIMI et a renforcé davantage les travaux du Groupe d’experts du G7 sur le financement du développement du PIMI. En tant que membre actif du secrétariat du PIMI et président à la fois du secrétariat du PIMI et du Groupe de travail du PIMI, le Canada a tenu des réunions régulières, a maintenu la visibilité du PIMI en organisant la réunion des ministres du Développement du G7 et s’est efforcé de faire progresser les résultats convenus. Le Canada a également apporté d’autres mesures de soutien, notamment en annonçant un financement au mécanisme GIF lors du Sommet des dirigeants du G7 de 2025.
Le Royaume-Uni a soutenu les efforts du G7 visant à promouvoir les partenariats en matière d’infrastructures avec les pays, notamment par l’intermédiaire du secrétariat du PIMI. Il s’est en particulier fait le champion du modèle de plateforme nationale à plus grande échelle. La plateforme nationale du Kenya, qui harmonise les priorités locales avec les normes d’investissement mondiales afin de favoriser un développement inclusif et durable grâce à un soutien international coordonné, en est un exemple marquant.
La France a activement contribué au secrétariat du PIMI tout au long de la présidence du Canada du G7. Elle reste déterminée à poursuivre ce travail, en particulier dans le domaine de la préparation des projets. La France a mobilisé plus de 320 millions d’euros sous forme de dons, de prêts et de garanties pour les projets phares du PIMI dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation, des compétences et de la création d’emplois, ainsi que de l’énergie et du climat. Elle soutient le développement des compétences dans le domaine des minéraux critiques en RDC.
Dans le cadre du PIMI, l’Allemagne a fait progresser l’application d’une double approche en matière d’investissements dans les infrastructures. Cette approche soutient le développement de projets d’investissements dans les infrastructures matérielles, ainsi que la création d’environnements favorables et de pipelines de projets pour un impact à long terme et un afflux durable d’investissements privés dans les infrastructures. En Afrique occidentale (Sénégal) et en Afrique orientale (corridor nord), l’Allemagne soutient des activités techniques en collaboration avec les unités nationales chargées des PPPs et les autorités régionales du corridor.
L’UE a activement soutenu le secrétariat du PIMI du G7, en co-organisant sa réunion inaugurale à Bruxelles, en Belgique, afin de faire avancer le programme du partenariat. Lors du Forum de la stratégie Global Gateway en octobre 2025, l’UE a lancé un partenariat stratégique avec le Groupe de la Banque mondiale, combinant investissements dans les infrastructures avec un soutien réglementaire, le développement des compétences et la croissance des entreprises. Grâce à 18 projets à fort impact en Afrique, en Asie-Pacifique et en Amérique latine, cette collaboration accélère la mise en œuvre des projets et mobilise des capitaux privés. L’UE a également lancé le Centre d’investissement de la stratégie Global Gateway (en anglais) afin d’accélérer l’évaluation et la mise en œuvre des projets stratégiques.
Le Japon est également un membre actif du secrétariat du PIMI depuis sa création et tout au long de la présidence du Canada du G7. Il reste fermement déterminé à poursuivre son engagement et à contribuer aux efforts collectifs du G7 visant à mobiliser les investissements publics et privés en faveur d’infrastructures de qualité.
Coordination avec les institutions de financement de développement, les banques multilatérales de développement et le secteur privé afin de réduire les risques liés aux investissements dans les infrastructures
La BEI joue un rôle clé dans le soutien aux stratégies d’infrastructure menées par les pays, en particulier en Afrique, grâce à des financements concessionnels et à une assistance technique. Grâce au lancement de la BEI Monde, la banque renforce la mobilisation du secteur privé en élargissant sa présence locale, en améliorant ses prestations et en harmonisant ses activités avec les priorités de l’UE.
Lors du Forum de la stratégie Global Gateway 2023, l’UE a annoncé un programme de 266 millions de dollars américains destiné à favoriser la transition écologique, la connectivité numérique et les transports durables au Cabo Verde. Ce programme comprend une subvention de 31 millions de dollars américains de l’UE et un prêt de 130 millions de dollars américains de la BEI pour des projets d’énergie renouvelable, notamment le stockage par pompage. Un prêt distinct de 24 millions de dollars américains destiné aux entreprises soutient l’extension du parc éolien Cabeólica (en anglais), qui permettra d’ajouter 13 mégawatts d’énergie propre au réseau électrique.
Lors du Forum de la stratégie Global Gateway 2025, la Commission européenne et les Institutions européennes de financement du développement (IEFD) ont lancé trois garanties FEDD+ d’un montant total de 742 millions d’euros afin de mobiliser des financements privés dans les chaînes de valeur, les énergies renouvelables et le capital-investissement. Cela porte l’enveloppe de garantie des IEFD de l’UE à 1,6 milliard d’euros.
Lors de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement, la Commission européenne et la BEI ont annoncé une garantie de 5 milliards d’euros visant à réduire les risques liés aux investissements et à étendre les opérations de la BEI au-delà de l’UE, ce qui pourrait débloquer 10 milliards d’euros pour le financement des énergies propres, des infrastructures vertes et des PME. Contrairement aux programmes précédents, cette garantie couvre également les entités publiques et les emprunteurs non souverains, ce qui permet un soutien plus flexible.
En outre, la BEI a signé des accords de financement d’une valeur de 30 millions d’euros avec Vista Group afin de soutenir les PME en Guinée et en Sierra Leone dans le cadre de l’initiative « Women for Stronger Communities and Growth » (Les femmes pour des communautés et une croissance plus fortes), qui vise à mobiliser 1 milliard d’euros d’ici 2027.
En 2024, la CDP, la BPD de l’Italie, a coordonné un mécanisme structuré impliquant les IFD et les BPD des pays du G7 et de l’UE. Les travaux se sont penchés sur plusieurs domaines thématiques clés, en mettant un accent particulier sur les infrastructures et les priorités du PIMI. Dans ce cadre, la CDP a dirigé le groupe d’experts du PIMI du G7 sur le financement du développement des infrastructures et des investissements, qui a réuni les BPD, les IFD et la Banque mondiale afin de soutenir le secrétariat du PIMI. Le groupe a élaboré une série de recommandations opérationnelles visant à renforcer le PIMI, qui ont ensuite été intégrées dans la Proposition d’action conjointe 2024 pour des investissements durables dans les infrastructures en Afrique (en anglais). À la suite de la présidence de l’Italie du G7 en 2024, FinDev, l’IFD du Canada, a assumé un rôle de premier plan dans cette plateforme de coordination en 2025. Elle continue d’institutionnaliser le mécanisme lancé par la CDP et d’améliorer les répercussions conjointes, la cohérence des politiques et la visibilité des institutions du G7 dans les pays partenaires.
Dans le cadre de ces efforts, la CDP a coorganisé un événement parallèle de haut niveau lors des réunions de printemps 2025 de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), intitulé « Le rôle des banques publiques de développement et des institutions de financement du développement dans la mobilisation de capitaux publics et privés pour les infrastructures dans le cadre du PIMI du G7 ». Cet événement a favorisé les échanges entre les parties prenantes du G7 et celles hors G7, et a exploré des stratégies visant à réduire les risques liés aux investissements dans les infrastructures des pays partenaires. La CDP soutient également FinDev dans la promotion du Conseil consultatif sur l’investissement dans les infrastructures du G7, qui élabore des solutions pratiques pour mobiliser des capitaux privés en faveur des infrastructures dans les marchés émergents.
Dans le cadre de ses efforts en tant que président du PIMI 2025, le Canada communique régulièrement avec FinDev Canada. Il invite également FinDev Canada à participer aux réunions du PIMI. Toute la coordination avec les BMD s’est faite au moyen du financement existant pour les initiatives qui contribuent à l’objectif de mobilisation du PIMI.
La contribution de l’Allemagne à la réduction des risques liés aux investissements dans les infrastructures s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway. L’IFD de l’Allemagne, la banque de développement KfW, participe également au groupe d’experts des BMD et des IFD du G7 et a contribué à la proposition d’action conjointe 2024 pour des infrastructures durables en Afrique. La banque de développement KfW a également bénéficié de garanties FEDD+ de l’UE et cofinance occasionnellement avec des partenaires du Partenariat européen des financiers pour la coopération internationale (Jefic) afin de réduire les risques liés aux investissements.
Par l’intermédiaire du BII, le Royaume-Uni soutient activement les efforts du G7 visant à coordonner avec d’autres IFD, BMD et partenaires du secteur privé afin de réduire les risques liés aux investissements dans les infrastructures des pays partenaires. En tirant parti de la capacité du BII à prendre des risques plus élevés au cours des premières phases du développement des infrastructures, l’initiative permet de financer des projets tout au long de la construction, une phase d’investissement généralement évitée par les investisseurs commerciaux. Par exemple, en 2024, le BII a collaboré avec l’IFD de la Norvège Norfund et IndiGrid, un investisseur indien de premier plan dans le secteur privé des infrastructures, afin de soutenir le plan national du gouvernement indien en matière de réseau de transport d’électricité. Ensemble, ils ont structuré un investissement de 100 millions de dollars américains pour développer des projets de transport d’électricité et de stockage par batterie dans toute l’Inde.
La France s’engage à réduire les risques liés aux investissements dans les infrastructures des pays partenaires. Par exemple, la France dirige le projet phare du Global Gateway de la centrale solaire photovoltaïque de Jigawa au Nigéria, en proposant un mécanisme alternatif de financement public-privé. Actuellement en phase pilote, le projet vise à construire une centrale solaire publique d’une capacité de 50 à 100 mégawatts à Gwiwa, dans l’État de Jigawa. L’objectif final est de réduire les risques liés à ce secteur pour les investissements privés dans des domaines tels que la construction de lignes d’évacuation, le stockage et l’assistance technique institutionnelle.
Le Japon finance à hauteur de 1,6 milliard de dollars américains des garanties de portefeuille à la Banque mondiale et à la BAD, contribuant ainsi à l’expansion de leur capacité de prêt.
Royaume-Uni : Soutien à des projets de transport au Kenya
L’Initiative pour l’industrialisation verte en Afrique est un programme multipartite qui soutient l’industrialisation verte et les investissements à travers le continent. Elle rassemble le G7, la Banque mondiale, la BAD, et l’ONU afin de coordonner le soutien apporté aux grands projets de transport dans le centre de Nairobi, au Kenya. Dans le cadre de cette initiative, le Royaume-Uni s’est engagé à investir 500 000 livres sterling, soit plus de 638 000 dollars américains, dans le secteur des transports au Kenya par l’intermédiaire de la plateforme nationale du Kenya.
À ce jour, la plateforme a fait avancer quatre projets visant à transformer le centre-ville de Nairobi en un pôle urbain axé sur le rail et résilient aux changements climatiques. Les travaux ont également commencé pour lancer un cinquième projet qui étendrait les avantages à l’ensemble de la banlieue. L’objectif est de développer un système de transport intégré qui pourrait servir de preuve de concept pour la plateforme nationale du PIMI plus étendue.
6. Chaînes d’approvisionnement mondiales responsables
« Nous nous efforcerons de mieux appliquer les normes, principes et engagements internationalement reconnus dans le domaine social, environnemental et du travail […] d’augmenter notre soutien aux PME pour les aider à développer une conception commune de la diligence raisonnable et de la gestion responsable des chaînes d’approvisionnement […] de renforcer les initiatives multipartites dans nos pays et dans les pays partenaires […] d’aider nos pays partenaires à tirer parti des chaînes d’approvisionnement mondiales responsables. Nous nous engageons également à renforcer les mécanismes de recours, notamment les Points de contact nationaux (PCN) prévus dans les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 6
« Nous sommes déterminés à améliorer l’application et la promotion des normes internationalement reconnues en matière de protection sociale, de travail, de sécurité, de coopération fiscale et d’environnement dans l’ensemble de l’économie mondiale et de ses chaînes d’approvisionnement. » — Communiqué des dirigeants du G7, Taormine, Italie, 2017, paragraphe 22; Déclaration du Sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021 G7, paragraphe 29
Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, les produits que les consommateurs utilisent quotidiennement proviennent des quatre coins du globe. Il est essentiel que ces produits soient fabriqués de manière éthique et sécuritaire, et que les conditions de travail respectent les droits internationaux de la personne. C’est pourquoi, au cours des dernières années, le G7 s’est consacré à l’éradication de toutes les formes de travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et à la promotion du travail décent et des droits des travailleurs.
Le Royaume-Uni renforce l’efficacité et la mise en œuvre des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales sur la conduite responsable des entreprises au moyen de contributions financières. Le Royaume-Uni est également membre fondateur et ardent défenseur des Principes volontaires sur la sécurité et les droits de la personne (en anglais). Afin de relever les défis liés à la mise en œuvre locale, le Royaume-Uni soutient des groupes de travail nationaux au Chili, en Colombie, au Mozambique, au Nigéria, au Pérou et en RDC.
Entre 2022 et 2024, la France a renforcé son soutien aux pays partenaires, les aidant à bénéficier de chaînes d’approvisionnement mondiales responsables. Par exemple, le projet Équité 3 de la France soutient le commerce équitable et les transitions agroécologiques dans six pays d’Afrique occidentale, couvrant des secteurs clés tels que le cacao, la noix de cajou, le beurre de karité, les fruits et l’artisanat. Le projet favorise la traçabilité environnementale afin de lutter contre la déforestation et de soutenir la défense des intérêts des parties prenantes. Grâce à cette initiative, la France harmonise les chaînes de valeur axées sur l’exportation avec les normes de durabilité, tout en renforçant leur résilience à long terme.
Le Japon a mis en place une plateforme visant à favoriser la co-création et la collaboration afin de résoudre les enjeux auxquels est confrontée l’industrie du cacao. Le Japon collabore avec divers acteurs, notamment des ONG, le milieu universitaire et le secteur privé, afin de mettre en place une industrie du cacao durable sur le plan social, économique et environnemental dans les pays en développement.
L’UE soutient plusieurs initiatives multipartites visant à promouvoir des chaînes d’approvisionnement mondiales responsables, notamment :
- l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives;
- le Partenariat européen pour des minéraux responsables;
- le Programme d’appui mondial aux industries extractives, dirigé par la Banque mondiale.
Dans le cadre du programme Partenariats 2030 (en anglais), l’Allemagne facilite et renforce la coopération efficace entre les acteurs publics, privés et de la société civile en offrant des conseils, un soutien et des formations aux initiatives multipartites. En outre, l’Allemagne soutient les dialogues sectoriels avec les industries automobile et énergétique, ainsi que de nombreuses autres initiatives multipartites, notamment :
- le Partenariat pour des textiles durables;
- l’Initiative allemande sur le cacao durable;
- le Partenariat européen pour des minéraux responsables;
- l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives;
- l’Alliance mondiale pour les batteries (Global Battery Alliance);
- Ie Forum intergouvernemental sur les mines, les minéraux, les métaux et le développement durable.
Au cours de sa présidence du G7 en 2024, l’Italie a joué un rôle actif dans l’adoption de l’Agenda sur la circularité du secteur de la mode et du textile du G7 (en anglais), qui vise à :
- promouvoir la conception durable des produits textiles et de mode;
- encourager la réutilisation et le recyclage;
- étendre les systèmes de responsabilité, la transparence et la traçabilité tout au long de la chaîne de valeur;
- traiter les enjeux relatifs à l’information des consommateurs.
Depuis 2024, la CDP de l’Italie encourage la diversification des chaînes d’approvisionnement en énergie propre dans les pays partenaires, conformément à son plan stratégique et au Plan national de relance et de résilience. Grâce au FIC et au cofinancement avec les IFD et les BMD, la CDP a donné la priorité aux investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’économie circulaire, en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie centrale. En soutenant les chaînes de valeur locales et le transfert de technologies, la CDP favorise la résilience et l’inclusivité des chaînes d’approvisionnement et les possibilités économiques pour les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables.
Aider les pays partenaires à tirer parti de chaînes d’approvisionnement mondiales responsables
À ce jour, l’UE a signé 14 partenariats stratégiques sur les chaînes de valeur des matières premières durables, chacun axé sur la création de chaînes d’approvisionnement mondiales responsables. L’UE fait également progresser une série de programmes visant à soutenir cet objectif, notamment :
- l’initiative régionale contre l’exploitation illégale des ressources naturelles de la Conférence internationale de la région des Grands Lacs;
- l’initiative « Renforcer l’assistance à la négociation de contrats complexes » (CONNEX);
- le programme de développement minier de l’UE et des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique visant à soutenir la formalisation de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle;
- le projet AfricaMaVal visant à mettre en place des chaînes de valeur durables pour les matières premières entre l’Afrique et l’UE.
Dans le cadre du Programme de conduite responsable des entreprises en Amérique latine et dans les Caraïbes, l’UE a soutenu des initiatives visant à renforcer les capacités et la sensibilisation à la conduite responsable des entreprises, des gouvernements et des parties prenantes dans les pays en développement. Elle s’est notamment penchée sur les textiles et les minerais de conflit tels que le tantale, l’étain, le tungstène et l’or dans des régions clés telles que l’Asie et l’Amérique latine. Ces programmes ont été menés en partenariat avec des organisations telles que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Organisation internationale du Travail (OIT) et l’OCDE, en raison de leur expertise en matière de droits de la personne et du travail et de conduite responsable des entreprises en général. Une part importante de la contribution de l’UE est consacrée au financement d’outils visant à faciliter la transparence tout au long des chaînes d’approvisionnement et à établir des normes de cartographie.
La France collabore avec les PME africaines afin de les aider à s’adapter au resserrement des réglementations internationales en matière de chaînes d’approvisionnement responsables. Par exemple, dans le cadre du projet de partenariat commercial à impact en Afrique récemment lancé, la France apportera une assistance technique et financière aux petites entreprises confrontées à de nouvelles exigences de conformité dans le cadre des dispositifs de diligence raisonnable de l’UE. Ce projet facilitera la mise en place de solutions communes de traçabilité, améliorera la gouvernance sociale et environnementale et réduira le coût de l’adoption de normes durables. Il permettra également aux producteurs africains de répondre aux attentes évolutives du marché tout en protégeant les droits de la personne et l’environnement.
Dans le cadre de l’Initiative pour la solidarité mondiale (en anglais), l’Allemagne aide les pays partenaires à mettre en place des services d’assistance chargés de conseiller les entreprises locales en matière de diligence raisonnable en matière de droits de la personne. Elle met également en place un centre de compétences destiné à former des syndicalistes du monde entier. Dans le cadre de l’initiative de l’Équipe Europe sur la durabilité dans les chaînes de valeur mondiales (en anglais), l’Allemagne développe actuellement un navigateur de diligence raisonnable de l’UE, qui sera lancé début 2026. Cet outil aidera les parties prenantes des pays partenaires à mettre en œuvre efficacement des chaînes d’approvisionnement mondiales responsables.
En 2024, le Japon a lancé le projet de développement de la chaîne de valeur alimentaire ANASE-JICA (en anglais). Ce projet de coopération technique d’une durée de trois ans vise à améliorer l’environnement propice à la promotion de la chaîne de valeur alimentaire au sein de l’ANASE.
Le soutien apporté par le Royaume-Uni au programme Manufacturing Africa (en anglais) favorise la fabrication durable et la création d’emplois en développant les chaînes d’approvisionnement locales. Grâce au programme Growth Gateway (en anglais), le Royaume-Uni renforce également ses échanges commerciaux et ses investissements dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Le Royaume-Uni autorise l’entrée en franchise de droits des produits provenant de 44 pays africains et offre un accès préférentiel au marché à plus de 90 pays en développement dans le cadre du Système d’échanges pour les pays en développement (en anglais) et huit accords de partenariat économique. UK Export Finance, l’agence britannique de crédit à l’exportation, soutient les projets d’infrastructure et d’énergie qui sont conformes aux principes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Le Royaume-Uni favorise également le renforcement du pouvoir économique des femmes grâce au programme Work and Opportunities for Women (en anglais) et a mis en œuvre des projets ciblés pour lutter contre le travail forcé et le travail des enfants dans des pays tels que l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie et la République démocratique du Congo.
Aider les PME à comprendre la diligence raisonnable et la gestion responsable de la chaîne d’approvisionnement
Le Royaume-Uni lance une étude sur la manière dont il encourage la conduite responsable des entreprises, en mettant l’accent sur l’amélioration du soutien aux PME. Grâce à son soutien au Pacte mondial des Nations Unies, tant au niveau mondial que par l’intermédiaire du réseau britannique (en anglais), et en tant que président du Groupe gouvernemental (en anglais) en 2024, le Royaume-Uni aide les PME à se conformer aux normes commerciales responsables. Le Programme sur la gouvernance forestière, les marchés et le climat (en anglais) du Royaume-Uni soutient les efforts visant à lutter contre l’exploitation forestière illégale et à promouvoir le commerce légal et durable des produits forestiers. Cela profite aux PME des pays producteurs en renforçant la gouvernance, l’accès au marché et les pratiques responsables de la chaîne d’approvisionnement.
L’Allemagne soutient les entreprises, y compris les PME, par l’intermédiaire du Service d’assistance allemand sur les entreprises et les droits de la personne. Ce service offre au secteur privé en Allemagne et en Europe des conseils sur la diligence raisonnable en matière de droits de la personne, ainsi que des formations, des ateliers et une boîte à outils pour les PME. Il apporte également un certain soutien aux PME des pays producteurs, par exemple en proposant des formations aux fournisseurs. Grâce à sa contribution de 50 millions d’euros au Premier fonds d’environnement, de société et de gouvernance (ESG) (en anglais), l’Allemagne renforce également les pratiques ESG des entreprises en Afrique et en Asie.
En collaboration avec neuf directions locales de son ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, l’Organisme pour les petites et moyennes entreprises (en anglais) du Japon a organisé depuis 2004 des séminaires destinés aux PME afin de les sensibiliser à la diligence raisonnable en matière de droits de la personne. Le Japon contribue également aux projets de l’Organisation internationale des bois tropicaux, qui visent à renforcer la capacité des parties prenantes à promouvoir l’utilisation de produits du bois durables et légaux et à améliorer la traçabilité de leurs chaînes d’approvisionnement dans des pays tels que le Vietnam et le Guatemala.
L’UE apporte également son soutien aux PME en matière de diligence raisonnable. Par exemple, les conseils en matière de diligence raisonnable de l’UE constituent un outil pratique qui aide les PME à identifier, évaluer et traiter les risques potentiels dans leurs chaînes d’approvisionnement. Son portail « Due diligence ready! » offre aux PME un outil leur permettant d’évaluer leurs pratiques en matière de diligence raisonnable et d’identifier les domaines à améliorer.
Par l’intermédiaire de l’AFD, la France soutient la structuration de filières de production intégrées. Celles-ci favorisent l’utilisation des ressources locales et visent à avoir des répercussions sociales et environnementales aussi positives que possible. L’approche de la chaîne de valeur durable est également un thème central du Programme de renforcement des capacités commerciales de la France. Doté d’un budget de 28 millions d’euros pour la période 2023-2025, le programme repose sur trois piliers :
- proposer une approche holistique et qualitative;
- soutenir les écosystèmes entrepreneuriaux et les industries durables;
- soutenir l’intégration économique régionale et la facilitation du commerce en Afrique.
En 2024, la France a approuvé cinq projets, dont trois axés sur les chaînes de valeur durables.
Organiser ou participer à des activités des points de contact nationaux bénévoles
Les points de contact nationaux (PCN) sont des organismes désignés par les gouvernements qui aident les gouvernements, les entreprises et les autres parties prenantes à mettre en œuvre une conduite responsable des entreprises. Ils sont chargés de promouvoir les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales. Ils mettent également en place un processus visant à aider à résoudre les différends concernant le non-respect présumé des principes directeurs par les entreprises multinationales.
En 2022, le PCN britannique a procédé à l’examen par les pairs de la Nouvelle-Zélande et du Brésil. Entre 2022 et 2024, le PCN britannique a participé à environ 15 à 20 activités d’apprentissage par les pairs. Le PCN du Royaume-Uni a participé à trois événements d’apprentissage par les pairs organisés par l’OCDE par an, soit un total de neuf événements au cours de la période considérée, en plus d’assister à des événements parallèles organisés par d’autres points de contact nationaux du G7. En 2024, le PCN du Royaume-Uni a également assisté et animé des séances lors d’événements d’apprentissage par les pairs organisés par les points de contact nationaux autrichiens et luxembourgeois, auxquels ont également participé l’Allemagne et l’Italie.
Le PCN français a accueilli son examen par les pairs en 2018 et a participé à quatre reprises à des examens par les pairs de PCN : pour l’Italie en 2016, la Suède en 2021, le Maroc en 2022 et le Kazakhstan en 2023. Depuis 2015, le PCN français a pris part à toutes les réunions des PCN organisées par l’OCDE, auxquelles il assiste généralement deux fois par an. Le PCN français a également participé à au moins 14 autres activités d’apprentissage entre pairs des PCN, notamment :
- la participation à un atelier organisé par les PCN de l’OCDE pour l’Europe centrale et orientale à Budapest, en Hongrie, et à un autre atelier organisé par le secrétariat de l’OCDE en 2020 ;
- la création de modules d’apprentissage en ligne en 2021;
- la participation à deux séances de formation organisées par le secrétariat de l’OCDE en 2021;
- le renforcement des capacités du PCN tunisien en 2023.
Mettre en œuvre des obligations découlant des accords multilatéraux sur l’environnement
Le Japon participe à plusieurs accords multilatéraux sur l’environnement (AME) concernant les mesures de lutte contre les changements climatiques. Dans sa contribution déterminée au niveau national (CDN) soumise à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en octobre 2021, le Japon a déclaré que, d’ici 2030, il vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 46 % par rapport à leurs niveaux de 2013. En février 2025, le Japon a soumis sa CDN actualisée, qui vise à réduire ses émissions de GES de 60 % par rapport à leurs niveaux de 2013 d’ici 2035 et de 73 % d’ici 2040. Cet engagement ambitieux correspond à l’objectif mondial de 1,5 °C et à l’objectif à long terme du Japon d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.
L’UE demeure engagée en faveur des principaux AME, tels que l’Accord de Paris, la Convention sur la diversité biologique (en anglais) et la Convention de Bâle (en anglais). Elle a poursuivi ses efforts pour mettre en œuvre ces accords en adoptant différents dossiers législatifs et initiatives de l’UE. Par exemple, afin de faire progresser l’Accord de Paris, l’UE a mis en œuvre l’Ajustement à l’objectif 55, une série de mesures visant à réduire les émissions de GES de l’UE de 55 % d’ici 2030.
L’Italie participe activement à la mise en œuvre des AME visant à protéger la santé humaine et l’environnement contre les risques posés par les produits chimiques et les déchets dangereux, notamment les conventions de Bâle, de Rotterdam (en anglais) et de Stockholm (en anglais). Le pays s’est également engagé à mettre en œuvre la Convention de Minamata sur le mercure, en encourageant le renforcement des synergies et de la coordination entre les différents accords multilatéraux sur l’environnement dans ce domaine.
La France participe activement aux principaux AME, notamment l’Accord de Paris et la Convention sur la diversité biologique. Elle contribue aux objectifs climatiques de l’UE et a adopté une Stratégie nationale bas-carbone visant à atteindre la carboneutralité d’ici 2050, ainsi qu’une Stratégie nationale biodiversité visant à enrayer la perte de biodiversité d’ici 2030 grâce à la protection et à la restauration des écosystèmes.
Promouvoir le respect et l’application des droits du travail internationalement reconnus
Le G7 maintient son engagement ferme en faveur du respect des droits du travail internationalement reconnus, tels qu’ils sont consacrés dans la Déclaration de l’OIT de 1998 et la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail de 1998. Les deux déclarations engagent les États membres à respecter et à promouvoir cinq catégories de principes et droits universels :
- la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective;
- l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire;
- l’abolition du travail des enfants;
- l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession;
- un milieu de travail sûr et salubre.
Ces engagements sont étayés par des rapports d’évaluation annuels, des rapports mondiaux et des projets de coopération technique.
La France a ratifié neuf des 10 conventions fondamentales de l’OIT et est actuellement en train de ratifier la convention n° 155 sur la sécurité et la santé au travail. Le pays a également adopté plusieurs plans d’action nationaux (PAN) qui soutiennent la mise en œuvre des 10 conventions fondamentales, tels que le Plan national de santé au travail. La France a également élaboré une Stratégie nationale d’accélération (en anglais) visant à lutter contre le travail forcé, le travail des enfants, les formes contemporaines d’esclavages et la traite des êtres humains. En outre, en tant que membre actif de l’OIT, la France continue de promouvoir le système multilatéral et joue un rôle proactif dans l’avancement du cadre normatif de l’OIT et des principes et droits fondamentaux au travail, tant au niveau national qu’international.
Les accords commerciaux et d’investissement de l’UE comprennent des engagements visant à promouvoir et à mettre en œuvre les principes fondamentaux de l’OIT. L’UE s’efforce également de ratifier les conventions fondamentales de l’OIT en attente de ratification et de mettre en œuvre efficacement les conventions déjà ratifiées. Elle a actuellement conclu 14 accords commerciaux, couvrant 21 pays, qui comprennent des engagements contraignants en matière de travail.
Depuis 2019, le projet Commerce au service du travail décent de l’UE et de l’Organisation internationale du travail (en anglais) soutient l’application des normes internationales du travail et dispense des formations sur les aspects liés au travail d’une conduite responsable des entreprises. Il aide les pays à promouvoir le travail décent tout en respectant les exigences des accords commerciaux de l’UE. Cette initiative mise en œuvre par l’OIT a facilité la ratification de 12 conventions dans six pays. Elle a également renforcé les systèmes nationaux de surveillance et de notification des droits du travail, huit pays ayant rempli leurs obligations de notification à l’OIT entre 2021 et 2023.
En juillet 2022, le Japon a ratifié la Convention de 1957 sur l’abolition du travail forcé (no 105), qui est entrée en vigueur en juillet 2023. Cette ratification a nécessité des modifications des lois nationales pertinentes, notamment de la législation relative aux fonctionnaires. Cela démontre l’engagement ferme et continu du Japon à se conformer aux normes internationales du travail en matière d’abolition du travail forcé.
L’Allemagne soutient la mise en œuvre des conventions de l’OIT en Asie à travers des initiatives telles que le programme « Better Work » de l’OIT, qui vise à améliorer le respect des normes sociales et du travail dans le secteur du textile et des vêtements dans les pays partenaires.
De 2022 à 2024, le Royaume-Uni a démontré sa conformité avec les rapports sur les principes et droits fondamentaux au travail pour les conventions suivantes : C87, C29, C100, C105 et C111. Pour toutes ces conventions, il a consulté ses partenaires sociaux et a répondu à leurs commentaires ou observations ainsi qu’aux commentaires du Comité d’experts de l’OIT. Les obligations du Royaume-Uni en matière de rapports ont augmenté chaque année depuis 2022, et il a répondu aux demandes de l’OIT en présentant des rapports complets conformément à l’article 22 de la Constitution de l’OIT. Ces efforts démontrent l’engagement du Royaume-Uni envers la Déclaration de l’OIT sur les principes et droits fondamentaux au travail.
Soutenir le partenariat pour le renforcement de chaînes d’approvisionnement résilientes et inclusives
Alors que le monde s’oriente vers les énergies propres, il devra augmenter sa production de minéraux et de métaux. Le partenariat pour le renforcement de chaînes d’approvisionnement résilientes et inclusives (RISE) (en anglais) identifie les possibilités dans les pays en développement, à commencer par l’Afrique, afin de fournir les minéraux et les métaux nécessaires à cette transition énergétique mondiale. Lancé par les pays du G7 et le Groupe de la Banque mondiale en octobre 2023, il est entré en vigueur en 2024. Le partenariat RISE aide les pays à revenu faible et intermédiaire à passer de la simple exportation de minerais bruts au développement de pratiques minières responsables et à l’amélioration de leurs capacités de transformation et de fabrication.
RISE est actif au Burundi, au Malawi et en Zambie, où il est axé sur l’analyse, le renforcement des capacités et l’élaboration de feuilles de route en matière de réforme et d’investissement afin de renforcer la production et les chaînes de valeur des minéraux critiques. Des activités sont en cours de planification en Argentine, au Chili et au Pérou, ainsi qu’en Inde et dans les pays de l’ANASE.
Dans le cadre des initiatives de sa présidence du G7, l’Italie a accueilli le groupe de travail technique du partenariat RISE à Rome en 2024 et a alloué 10 millions d’euros pour soutenir sa mise en œuvre, principalement en Afrique. En 2025, l’Italie a fait avancer les plans pour une plateforme d’investissement en Zambie en facilitant l’engagement du secteur privé et en organisant des réunions de haut niveau. Parmi les événements marquants, citons une table ronde organisée en septembre avec la Banque mondiale et des entreprises de premier plan, ainsi qu’une séance consacrée au partenariat RISE lors de la conférence « Croissance et possibilités en Afrique : la recherche à l’œuvre » (Africa Growth and Opportunity: Research in Action) qui s’est tenue en novembre à Palerme, en Italie, et qui a établi un lien entre l’initiative et le plan Mattei de l’Italie et d’autres grands projets continentaux tels que le corridor de Lobito.
Le Canada est un membre actif du partenariat RISE. En mai 2025, lors de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G7, le Canada a annoncé une contribution de 20 millions de dollars canadiens pour soutenir l’expansion du partenariat. Le Canada s’efforce de mieux intégrer les pays en développement et les économies émergentes, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes, dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minéraux critiques. Le G7 a approuvé cette expansion et continue de s’engager activement dans la promotion du partenariat RISE.
Le Royaume-Uni s’est engagé à verser 2 millions de livres sterling entre 2024 et 2027 pour soutenir le Fonds d’affectation spéciale du Programme d’appui mondial aux industries extractives (EGPS) de la Banque mondiale. Le partenariat RISE est une initiative clé de la troisième phase du fonds : le programme EGPS-3. Depuis sa création en 2015, l’Allemagne s’est engagée à y verser plus de 5 millions de dollars américains.
En juillet 2025, le Japon a organisé une séance de mise en relation d’entreprises et une table ronde dans le cadre de la plateforme d’information locale du partenariat RISE. Avec plus de 70 entreprises et organisations gouvernementales participantes, l’événement s’est penché sur les chaînes d’approvisionnement en batteries et en minéraux critiques.
Encourager la diversification des chaînes d’approvisionnement pour les produits liés aux énergies propres
Le Royaume-Uni a créé la mission axée sur les chaînes d’approvisionnement de l’Alliance mondiale pour l’énergie propre (en anglais) afin de relever les défis liés à la chaîne d’approvisionnement mondiale en énergie propre. L’alliance mobilise des partenaires internationaux autour de propositions approfondies dans quatre domaines :
- une plus grande transparence des données;
- les défis liés au transport de l’électricité;
- la circularité;
- l’optimisation des avantages économiques pour les pays du Sud.
Lors du Sommet sur l’avenir de la sécurité énergétique (en anglais) organisé par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en avril 2025, le Royaume-Uni a tenu une table ronde réunissant 17 partenaires internationaux afin de présenter ses propositions.
Le Royaume-Uni prévoit également de publier un rapport novateur avec l’AIE sur les défis liés aux données internationales et envisage de s’associer avec l’industrie pour surmonter les défis liés à la chaîne d’approvisionnement du réseau de transport d’électricité. En outre, le Royaume-Uni cherche à conclure un accord international sur de nouvelles normes et définitions en matière de circularité dans les chaînes d’approvisionnement en énergie propre, et explore les moyens d’optimiser les avantages économiques de la transition vers l’éolien, les batteries pour véhicules électriques et les chaînes d’approvisionnement du réseau pour les économies émergentes et en développement.
Par l’intermédiaire de la CDP, l’Italie s’efforce depuis 2024 de mettre en œuvre des initiatives dans les pays partenaires afin de diversifier les chaînes d’approvisionnement en produits énergétiques propres. Elle favorise la croissance durable en fournissant des capitaux à long terme et son expertise dans le cadre de partenariats multipartites. L’un de ses principaux objectifs a été de soutenir les chaînes de valeur locales dans le domaine de l’énergie propre et de la fabrication afin de réduire la dépendance à l’égard de fournisseurs uniques. Par l’intermédiaire du FIC et d’un cofinancement ciblé avec des IFD et des BMD, la CDP a donné la priorité aux investissements dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’économie circulaire dans des régions telles que l’Afrique subsaharienne et l’Asie centrale.
Dans le cadre du Sapporo 5, la France encourage les investissements publics et privés dans la production d’uranium enrichi afin de renforcer la résilience du marché, de réduire la pression politique exercée par d’autres pays et de créer des conditions favorables à l’investissement, soutenant ainsi son engagement pris lors de la COP28 de tripler sa capacité nucléaire d’ici 2050.
En 2023, l’Allemagne a tenu le Forum de haut niveau sur les chaînes d’approvisionnement minières - Une exploitation minière responsable pour une transition juste (en anglais) avec l’UE, le Royaume-Uni et le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD). En outre, l’Allemagne cofinance l’initiative « Renforcer l’assistance à la négociation de contrats complexes » du G7 (CONNEX), qui apporte aux pays en développement et aux économies émergentes un soutien direct dans la négociation et la conclusion de contrats d’investissement à grande échelle dans les domaines de l’exploitation minière, des infrastructures et des énergies renouvelables. En mai 2024, l’Allemagne a également publié un document de synthèse sur les chaînes d’approvisionnement responsables en minerais et a soutenu d’autres publications sur ce sujet.
En plus des accords commerciaux traditionnels, l’UE entame des négociations en vue de conclure des partenariats pour un commerce et des investissements propres avec plusieurs partenaires.
7. La transformation numérique en Afrique
« Nous nous efforçons collectivement d’apporter un soutien fort pour réduire la fracture numérique et promouvoir la transformation numérique en Afrique, conformément à nos engagements nationaux. […] Notre stratégie commune pour l’Afrique s’appuiera sur les objectifs suivants :
- Donner aux infrastructures numériques nécessaires les capacités pour réduire la fracture numérique et les inégalités dans ce domaine, notamment dans les pays et régions isolés qui sont exclus ou défavorisés, et encourager les activités de transport et logistiques qui contribuent au commerce électronique et à l’administration en ligne au niveau régional […].
- Renforcer la maîtrise des outils numériques et les compétences numériques, en particulier dans le domaine des sciences, des O
- technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), afin de doter les jeunes, en particulier les jeunes femmes et les jeunes filles, des compétences nécessaires pour tirer parti de la croissance et de la prospérité promise par l’économie numérique, tout en les protégeant des risques et des dangers sur l’Internet, et en favorisant l’inclusion, notamment des femmes.
- Encourager la transformation numérique pour la croissance, l’entrepreneuriat, la création d’emplois et pour donner des moyens d’action au secteur privé, en particulier aux jeunes pousses du numérique, aux petites et moyennes entreprises et aux initiatives innovantes dans les communautés locales, en nous appuyant sur les technologies numériques pour les accompagner.
- Étendre les nouvelles solutions qu’offre la transformation numérique à d’autres secteurs, tels que la santé, l’agriculture, l’énergie, le commerce électronique ou la gouvernance.
- Créer des cadres permettant aux acteurs nationaux de gérer les risques numériques en coordination avec les travaux réalisés actuellement par les organisations internationales et africaines.
- Partager les bonnes pratiques entre le G7 et les pays partenaires, en particulier les expériences en matière de mise en place de cadres législatifs et réglementaires, concernant notamment la protection des données.
Nous nous engageons également à assurer la sécurité des télécommunications, notamment la sécurité des réseaux 5G, ainsi qu’à faire en sorte que la transformation numérique profite à tous et favorise une bonne gouvernance, une viabilité environnementale, une transformation économique équitable et la création d’emplois. » — Déclaration de Biarritz pour un partenariat entre le G7 et l’Afrique, Biarritz, France, 2019, paragraphe 8, et l’annexe « La transformation numérique en Afrique », paragraphes 4 et 6
« Nous chargeons nos ministres de lancer la charte de Solfagnano, dans laquelle ils définiront des actions concernant l’accès universel et l’accessibilité, la vie autonome, l’emploi inclusif, la disponibilité des services, la prévention et la gestion des situations d’urgence, entre autres. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 34
Trouver des moyens novateurs pour mener à bien la transformation numérique de l’Afrique demeure essentiel pour assurer la croissance économique future de la région. Cela favorisera l’innovation, créera des emplois, réduira la pauvreté et améliorera les conditions de vie des populations. Cependant, de nombreux pays, en particulier en Afrique subsaharienne, sont encore confrontés à des défis importants en matière de développement numérique. Le G7 reste déterminé à surmonter ces défis. En effet, les dépenses totales du G7 en matière de communications en Afrique ont presque doublé ces dernières années, passant d’un peu plus de 37 millions de dollars américains en 2019 à près de 72 millions de dollars en 2023.
En 2023, le Japon a lancé un programme de développement des talents numériques dans le cadre d’une collaboration plus large avec le gouvernement éthiopien et Safaricom Ethiopia. Ce programme vise à accélérer la transformation numérique de l’Éthiopie en faisant la promotion de la Stratégie numérique de l’Éthiopie pour 2025 (en anglais). Il encourage notamment l’innovation et la lutte contre le chômage des jeunes en développant les compétences en ingénierie des étudiants universitaires et des jeunes spécialisés en informatique ou dans des domaines connexes tels que les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM) à Addis-Abeba, en Éthiopie.
Le Japon collabore également avec le Sénégal pour développer une plateforme interministérielle d’échange de données afin d’améliorer l’interopérabilité entre ses organismes gouvernementaux. L’objectif est d’améliorer la prestation de services, en particulier pour les populations marginalisées. Le Japon organise également des formations sur l’utilisation des données et les politiques connexes à l’intention des fonctionnaires de 18 pays africains.
Figure 5: APD bilatérale du G7 versée pour les communications dédiées à l'Afrique, de 2019 à 2023

Montants en millions de dollars américains
Version texte
| Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Canada | 1,46 $ | 0,88 $ | 1,59 $ | 1,62 $ | 0,65 $ |
France | 1,02 $ | 2,02 $ | 1,62 $ | 1,37 $ | 9,96 $ |
Allemagne | 0,44 $ | 1,14 $ | 6,50 $ | 7,49 $ | 7,95 $ |
Italie | 1,25 $ | 2,16 $ | 2,34 $ | 0,77 $ | 1,20 $ |
Japon | 3,98 $ | 6,34 $ | 4,15 $ | 7,22 $ | 4,48 $ |
Royaume-Uni | 1,57 $ | 5,93 $ | 3,48 $ | 6,95 $ | 6,08 $ |
États-Uni | 2,65 $ | 3,11 $ | 4,63 $ | 3,96 $ | 6,52 $ |
Institutions de l’UE | 25,02 $ | 38,08 $ | 27,70 $ | 25,59 $ | 35,05 $ |
Total | 37,38 $ | 59,67 $ | 52,02 $ | 54,97 $ | 71,89 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD de l’OCDE – équivalent-subvention
Réduire le fossé numérique
Plusieurs initiatives clés de l’UE contribuent à réduire le fossé numérique et à mettre en place un écosystème numérique inclusif, sécuritaire et novateur en Afrique. Par exemple, des projets tels que Blue Raman ou Medusa visent à créer une infrastructure numérique équitable et à étendre l’accès à l’internet haute vitesse. Le programme Africa Connected (en anglais), qui combine des investissements publics et privés pour développer les plateformes numériques et réduire les coûts de connectivité à travers le continent, est un autre exemple de coopération fructueuse entre l’UE et l’Afrique.
En 2024, l’Italie a lancé l’initiative phare numérique pour l’Afrique dans le cadre du plan Mattei. Dirigé par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, en partenariat avec le PNUD pour l’assistance technique, ce programme vise à renforcer les écosystèmes numériques nationaux en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Mozambique et au Sénégal. Avec un portefeuille total de subventions de 80 millions d’euros répartis entre quatre pays, auquel s’ajouteront des crédits supplémentaires, des composantes de cofinancement et des PPP, le programme se penche sur la mise en place d’infrastructures publiques numériques grâce à des interventions axées sur l’identité numérique et fiscale, l’IA, les plateformes de fiscalité et d’approvisionnement en ligne ainsi que l’agriculture numérique.
Une autre initiative italienne importante est le hub de l’IA pour le développement durable. Lancé en 2024, il représente un pilier essentiel du plan Mattei pour l’Afrique de l’Italie et constitue un modèle de co-création avec les gouvernements africains. Conçu conjointement par le ministère des Entreprises et du Made in Italy et le PNUD, le hub fait la promotion d’une IA éthique et inclusive à travers l’Afrique grâce à quatre piliers : les données, l’informatique verte, un environnement favorable et les talents.
En partenariat avec Smart Africa (en anglais), l’Allemagne a lancé plusieurs projets dans des domaines tels que l’IA, la gouvernance des données et les infrastructures publiques numériques. Par exemple, elle a créé des Centres de transformation numérique (en anglais), une initiative de l’Équipe Europe, en Afrique du Sud, en Égypte, au Ghana, au Kenya, en Mauritanie, au Sénégal, en Tanzanie et au Togo, renforçant ainsi leurs capacités numériques, leur expertise commune et leurs écosystèmes locaux. En décembre 2024, la Direction générale des partenariats internationaux et la Direction générale des réseaux de communication ont signé un accord administratif avec Smart Africa afin d’intensifier la collaboration avec l’Europe dans des domaines d’intérêt commun, tels que la connectivité fiable, les infrastructures numériques résilientes et les technologies émergentes, y compris l’IA.
L’initiative allemande FAIR Forward – AI for All (en anglais) soutient l’élaboration de la stratégie nationale du Kenya en matière d’IA. Lancée en 2025, elle fait la promotion d’une IA éthique, inclusive et axée sur les besoins locaux. En Somalie, l’Allemagne a mis en place un portail d’administration en ligne normalisé et à source ouverte. Celui-ci facilite l’accès à des services tels que l’enregistrement des entreprises et les certificats scolaires, améliorant ainsi l’efficacité, la transparence et l’accessibilité.
Dans le cadre de son Initiative sur l’économie des données (en anglais), l’Allemagne a également collaboré avec des partenaires pour lancer des lignes directrices relatives aux centres de données écologiques et identifier 20 projets d’infrastructure numérique prometteurs en Afrique subsaharienne. Dans le cadre du Programme international de dialogue numérique (en anglais), l’Allemagne a encouragé l’échange de politiques à long terme, l’harmonisation réglementaire et la transformation numérique durable au Ghana et au Kenya. Cet objectif a été atteint grâce à la coopération avec des partenaires régionaux visant à améliorer la connectivité, les infrastructures publiques numériques, l’administration en ligne, l’interopérabilité, la protection des données et la gouvernance de l’IA.
Entre 2021 et 2023, les IFD de la France ont investi 493,5 millions d’euros dans la transition numérique de l’Afrique, tant au niveau bilatéral que dans le cadre des initiatives de l’Équipe Europe. La grande majorité de ces financements a été consacrée aux infrastructures matérielles, en particulier à l’IA et aux données satellitaires, sous la forme d’outils et de catalyseurs de développement pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques. Parmi les autres projets phares français, citons un prêt souverain accordé par l’AFD à l’Agence spatiale rwandaise. Associé à l’assistance technique d’Expertise France, ce prêt contribue à :
- créer un centre de données satellitaires;
- mettre en œuvre des applications pour lutter contre la déforestation;
- améliorer et protéger les zones agricoles;
- surveiller les ressources en eau;
- prévenir les risques d’inondation.
Au-delà de l’APD, la France donne la priorité à la création d’incitations pour les investissements du secteur privé dans les écosystèmes technologiques des pays en développement. Un élément clé consiste à améliorer l’accès à des données claires et fiables sur les conditions du marché local, car le risque perçu tend à dépasser le risque réel lorsque ces renseignements font défaut. Pour remédier à cela, l’AFD publie chaque année l’Indice du potentiel d’investissement en IA (en anglais). En cernant les disparités régionales et les possibilités stratégiques, cet indice représente une avancée majeure vers l’évaluation systématique de l’état de préparation et de l’attractivité au niveau mondial pour les investissements liés à l’IA.
Figure 6: Pourcentage d'étudiants en Afrique qui sont diplômés d'un programme scientifique, technologique, de génie ou de mathématique, ventilé par sexe, conformément à la méthodologie de l'indicateur 4.4.2 d’ODD, 2024

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| 2024 | Hommes | Femmes |
|---|---|---|
Moyenne en Afrique | 63,5 % | 36,5 % |
Source : Rapport sur l’écart entre les sexes dans le monde, Forum économique mondial
Partager les meilleures pratiques avec les partenaires africains
L’UE partage ses pratiques réglementaires avec les pays africains dans le cadre de projets régionaux tels que la Gouvernance des données en Afrique, qui facilite la circulation transfrontalière des données et harmonise les réglementations, et l’initiative Safe Digital Boost for Africa (en anglais), qui renforce la cybersécurité, la gouvernance électronique et les paiements électroniques. Le partenariat Afrique-Europe entre régulateurs numériques aide également 43 pays à élaborer des politiques visant à promouvoir l’ouverture des marchés et à sécuriser les réseaux de communication.
Le projet Datafid, financé par une subvention de 2,5 millions d’euros du gouvernement français, permet aux administrations fiscales et douanières de mieux détecter la fraude en exploitant les technologies numériques et la science des données. Cela se traduit par une amélioration du recouvrement des impôts au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal et au Togo.
En 2024, le Royaume-Uni a publié la stratégie de développement numérique 2024-2030 (en anglais). Elle décrit l’approche du Royaume-Uni en matière de collaboration avec les pays en développement, notamment ceux d’Afrique, afin de soutenir une transformation numérique inclusive, responsable et durable. Un exemple clé de cet engagement est le Programme d’accès numérique (DAP) (en anglais), qui vise à :
- promouvoir une connectivité numérique abordable et durable pour les communautés mal desservies;
- promouvoir la culture et les compétences numériques;
- favoriser la création de contenus numériques adaptés au contexte local;
- soutenir la cybersécurité, la sécurité en ligne et la protection des données;
- encourager l’entrepreneuriat technologique et l’innovation numérique;
- créer des emplois qualifiés dans les économies numériques locales.
Le Royaume-Uni s’associe notamment à des organisations locales et mondiales afin de renforcer les capacités des régulateurs des télécommunications, de promouvoir l’utilisation des normes numériques, de renforcer les stratégies et les capacités liées à l’IA et de soutenir les approches novatrices en matière de durabilité numérique. Le Royaume-Uni a également collaboré avec des partenaires en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigéria pour concevoir, financer et mettre en œuvre le volet du DAP axé sur l’Afrique. À la fin de 2024, le programme avait apporté des solutions de transformation numérique durables et inclusives à plus de 15 millions de personnes dans environ 5 000 communautés. Cela a contribué à réduire le fossé numérique dans les cinq pays partenaires de plus de 25 % en moyenne.
Le Royaume-Uni partage avec les pays africains son expertise, ses données et ses modèles en matière de politique et de réglementation des télécommunications, notamment en ce qui concerne la gestion du spectre et la sécurité en ligne. Il partage également ses normes en matière de transformation numérique inclusive et s’est associé à l’Union internationale des télécommunications et à l’Organisation des télécommunications du Commonwealth pour :
- apporter une assistance technique et un renforcement des capacités sur mesure aux régulateurs africains des télécommunications et aux autorités chargées des technologies de l’information et de la communication;
- améliorer la conception et le déploiement du Fonds de service universel;
- rendre les connaissances en matière de politique des télécommunications librement accessibles aux parties prenantes africaines grâce à la plateforme en ligne de l’Académie de l’Union internationale des télécommunications.
UE : Renforcer la connectivité, l’innovation et la coopération numérique au Nigéria
Le développement numérique de l’Afrique est un élément clé de la stratégie Global Gateway de l’UE. Dans le cadre de cette stratégie, l’UE s’est engagée à verser 820 millions d’euros pour soutenir la transformation numérique du Nigéria entre 2021 et 2024. Grâce à 160 millions d’euros de subventions et 660 millions d’euros de prêts, la Trousse sur l’économie numérique UE-Nigéria (en anglais) donne lieu à des investissements et des partenariats ciblés qui renforcent la connectivité, l’innovation et la coopération numérique au Nigéria.
Cet investissement de l’UE soutient notamment l’expansion des réseaux de fibre optique et des centres de données. Cela améliore la connectivité haute vitesse dans le pays, tout en favorisant la numérisation des services publiques. Il encourage également l’entrepreneuriat numérique en soutenant les entreprises en démarrage et l’innovation technologique, ainsi que les investissements dans le développement des compétences numériques, en particulier pour les jeunes et les femmes. En outre, la Trousse sur l’économie numérique UE-Nigéria fait progresser la gouvernance numérique en promouvant des cadres réglementaires solides qui garantissent la confidentialité, la cybersécurité et un environnement numérique ouvert et fondé sur les droits.

Source de la photo : Samuel Ochai/Media Insight/Landell Mills
Autorisation de l’auteur (droits d’auteur) : Délégation de l’UE au Nigéria et Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
8. Emplois verts et protection sociale pour une transition juste
« D’ici à 2025, nous augmenterons notre part d’aide publique au développement consacrée aux programmes de promotion de l’emploi et des compétences ciblant directement les secteurs verts et le verdissement des secteurs traditionnels, conformément aux stratégies nationales de nos partenaires émergents et en développement et dans le respect de nos procédures budgétaires. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 12
« Nous soulignons combien la protection sociale est précieuse, particulièrement en temps de crise et dans le contexte des changements climatiques et de la dégradation de l’environnement, et nous réaffirmons le droit de tout un chacun à la sécurité sociale. Les effets des changements climatiques touchent de façon disproportionnée les populations les plus marginalisées et les plus vulnérables, en aggravant la pauvreté, les inégalités économiques, les inégalités entre les sexes et bien d’autres inégalités sociales. Pour remédier à ces effets, nous accélérerons les progrès visant une protection sociale pour tous dans le monde entier d’ici à 2030, qui soit appropriée, solidaire, flexible et adaptable face aux chocs, conformément à l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies d’un “ accélérateur mondial de l’emploi et de la protection sociale pour une transition juste ”, qui vise à créer 400 millions d’emplois et à étendre la protection sociale. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2022, pages 8 et 12
« Nous chargeons nos ministres de lancer la charte de Solfagnano, dans laquelle ils définiront des actions concernant l’accès universel et l’accessibilité, la vie autonome, l’emploi inclusif, la disponibilité des services, la prévention et la gestion des situations d’urgence, entre autres. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 34
Une transition juste permettra de veiller à ce que le passage à une économie durable se fasse de manière plus équitable et que l’avenir soit plus vert, plus sain et plus prospère pour tous. Elle permettra également de créer de nouveaux emplois dans des processus de production et des activités respectueux de l’environnement, tout en veillant à ce que les systèmes de protection sociale soient en mesure de protéger les personnes et les collectivités contre les effets négatifs.
En 2022, le G7 a dépensé collectivement plus d’un milliard de dollars américains pour la protection sociale dans les pays en développement, et a augmenté ses dépenses à plus de 1,3 milliard de dollars américains en 2023. L’UE et l’Allemagne ont été les principaux contributeurs à l’APD dans ce domaine. L’UE a versé plus de 624 millions de dollars américains, tandis que l’Allemagne a contribué à hauteur de 226 millions de dollars américains. Le Canada et l’Italie ont dépensé le moins, avec respectivement 13,4 millions et 22,3 millions de dollars américains. En termes de part, l’UE arrive en tête avec 2,3 % de son APD bilatérale consacrée à la protection sociale dans les pays en développement, le Canada et les États-Unis ayant les parts les plus faibles (respectivement 0,21 % et 0,28 %).
Entre 2019 et 2023, l’aide publique au développement (APD) allemande destinée à promouvoir l’emploi et les compétences dans les secteurs verts a considérablement augmenté, passant de 1,4 milliard de dollars américains entre 2019 et 2021 à 1,7 milliard entre 2020 et 2022, puis à 1,8 milliard entre 2021 et 2023.
En 2022, la France a consacré 270,4 millions de dollars, soit 2,9 % de son APD bilatérale totale, à la promotion de l’emploi et des compétences dans les secteurs verts ou dans les secteurs traditionnels de l’économie en voie d’écologisation. En 2023, ce montant est passé à 271,4 millions de dollars, soit 3,2 % de l’APD bilatérale totale.
L’Italie met en œuvre plusieurs projets visant à promouvoir un modèle durable et novateur de mobilité circulaire de la main-d’œuvre entre l’Italie et les pays tiers, notamment des programmes de développement des compétences. Par exemple, en favorisant les partenariats public-privé et en renforçant la collaboration transfrontalière, le programme NET-Work YOU (en anglais) crée un parcours structuré permettant aux jeunes Égyptiens d’acquérir des compétences certifiées dans le domaine de l’économie verte et d’obtenir les outils nécessaires pour se réinsérer sur le marché du travail égyptien.
Apporter une APD bilatérale en faveur de la protection sociale
En 2023, le G7 a versé collectivement 1,3 milliard de dollars américains d’APD bilatérale en faveur de la protection sociale. Cela représente une augmentation de 23 % par rapport aux niveaux de 2022.
En 2022, l’UE a consacré plus de 398 millions d’euros d’APD à la protection sociale, soit 2,3 % de son APD totale pour l’année. Sur ce montant, plus de 79 millions d’euros ont été alloués à des projets de protection sociale menés par des organisations internationales ou des BMD. En 2024, le montant de l’APD alloué à la protection sociale par l’UE est passé à plus de 457 millions d’euros, dont plus de 83 millions d’euros ont été consacrés à des projets pertinents menés par des organisations internationales ou des BMD.
Depuis 2020, l’Allemagne est le plus grand donateur bilatéral en matière de protection sociale parmi les pays du CAD, avec une contribution de 296 millions d’euros en 2022 et de 192 millions d’euros en 2024. Elle encourage un soutien coordonné avec des partenaires clés tels que la Banque mondiale et l’ONU. Au Sahel, l’Allemagne a versé 254 millions d’euros au programme conjoint du Programme alimentaire mondial et de l’UNICEF Soutenir les systèmes de protection sociale au Sahel (en anglais) et 130 millions d’euros au Programme de protection sociale adaptative au Sahel de la Banque mondiale afin de renforcer les systèmes de réponse aux chocs. Elle soutient également le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Mauritanie pour intégrer les réfugiés dans les cadres nationaux de protection sociale.
En 2022, l’Italie a versé 50 millions d’euros pour soutenir les efforts de protection sociale, dont plus de 13,1 millions d’euros ont été alloués à des organisations internationales ou à des BMD. En 2024, l’APD officielle de l’Italie en faveur de la protection sociale a diminué pour atteindre 32,7 millions d’euros, dont plus des deux tiers ont été consacrés au financement de projets de protection sociale pertinents menés par des organisations internationales ou des BMD.
En 2023, le Japon a contribué environ 149 millions de dollars à l’APD en faveur de la protection sociale, en partenariat avec des organisations internationales telles que le PNUD, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement et l’UNICEF.
Le Royaume-Uni travaille en partenariat avec les BMD et d’autres organisations multilatérales pour faire progresser la protection sociale, ainsi qu’avec les gouvernements pour renforcer les objectifs en matière de protection sociale. Par exemple, entre 2018 et 2024, le Royaume-Uni a versé 8,5 millions de livres sterling au Fonds d’affectation spéciale multibailleurs pour une intervention sociale rapide et une protection sociale adaptative et dynamique de la Banque mondiale, volet « Genre ». Cette initiative soutient les politiques, les systèmes et les programmes de protection sociale favorisant la transformation des relations entre les genres, dans le but de réduire les écarts de couverture et d’améliorer les résultats socio-économiques pour les femmes et les filles. Depuis 2024, le Royaume-Uni a versé 8 millions de livres sterling au Fonds d’affectation spéciale multibailleurs pour une intervention de protection sociale (en anglais) de la Banque mondiale, qui vise à promouvoir la protection sociale à l’échelle mondiale et nationale. Par exemple, le Fonds d’affectation spéciale pour une intervention de protection sociale a financé le lancement du volet Fragilité, conflits et violence (en anglais). Au Népal, le programme Résilience, adaptation et inclusion au Népal soutient le Fonds d’affectation spéciale pour une intervention de protection sociale de la Banque mondiale en apportant une assistance technique afin de rendre les systèmes de protection sociale du pays plus adaptables et plus réactifs aux chocs.
Promouvoir et créer des emplois verts et une protection sociale pour une transition juste
L’UE apporte également un soutien substantiel aux objectifs environnementaux et climatiques, notamment par des actions en faveur de l’emploi et des compétences. Elle contribue par exemple à la création d’emplois verts et décents en Ouganda grâce à sa contribution de plus de 3,2 millions d’euros à WeWork-EU (en anglais) en 2023. Cette initiative vise à accroître l’offre de travailleurs qualifiés et l’employabilité des jeunes, des femmes et des hommes, en particulier dans les secteurs de l’économie verte en Ouganda.
En 2024, l’UE a octroyé plus de 1,9 million d’euros au projet de l’Initiative pour des pratiques commercialisables dans l’agroalimentaire, l’économie circulaire et la technologie (IMPACT) (en anglais) en Somalie. L’initiative vise à renforcer compétences vertes en Somalie en mettant l’accent sur les énergies renouvelables, l’économie circulaire et l’agroalimentaire durable, et en remédiant à la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans ces secteurs, ce qui est essentiel pour la transition de la Somalie vers une économie durable. L’initiative donne la priorité aux groupes marginalisés, notamment les femmes, les jeunes et les communautés rurales, tout en élargissant l’accès aux énergies renouvelables, en faisant progresser l’économie circulaire et en développant des chaînes de valeur agroalimentaires durables.
En 2024, l’UE a également versé plus de 4,2 millions d’euros à l’initiative Compétences pour l’emploi (en anglais), qui vise à permettre aux jeunes du Mozambique de mener la transformation verte et socio-économique du pays. Elle vise également à améliorer les possibilités pour les jeunes Mozambicains, en particulier les femmes et les jeunes en situation de handicap, d’obtenir un emploi décent.
L’UE met également en œuvre un cadre politique ambitieux et complet en faveur d’une transition juste. En 2022, les États membres de l’UE ont adopté la recommandation du Conseil de l’Union européenne visant à assurer une transition juste vers la neutralité climatique. Celle-ci offre aux États membres des orientations pour l’élaboration de trains de mesures dans les domaines des emplois verts de qualité, des compétences, de la protection sociale et de l’accès aux services essentiels. L’UE contrôle régulièrement sa mise en œuvre par les États membres, notamment au moyen de dialogues avec les partenaires sociaux et les organisations de la société civile (OSC), afin de garantir une approche globale de la société dans la conception et la mise en œuvre des politiques de transition juste.
L’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles constituent un élément clé de l’investissement de l’UE dans le cadre de la stratégie Global Gateway. L’UE travaille également en étroite collaboration avec les institutions financières internationales afin d’accroître les investissements sensibles au genre pour une transition verte inclusive. Elle soutient par exemple le Fonds néerlandais pour le climat et le développement (en anglais) de la banque néerlandaise pour le développement de l’entrepreneuriat (FMO), qui investit dans le climat, la biodiversité et l’égalité des genres. Elle collabore également avec AccelerET (en anglais) de l’AFD afin de respecter son engagement à déployer au moins 30 % de la garantie de l’UE pour promouvoir une transition verte sensible au genre.
Le Mécanisme pour une transition juste (en anglais) de l’UE mobilise jusqu’à 55 milliards d’euros entre 2021 et 2027 pour soutenir les régions à forte intensité de carbone de l’UE qui sont les plus touchées par la transition écologique. Il comprend des plans sur mesure pour soutenir les travailleurs et les communautés, notamment de nouvelles possibilités d’emploi vert. Le Fonds pour le climat social (en anglais) accorde 86 milliards d’euros entre 2026 et 2032 aux États membres de l’UE. Il aidera les ménages vulnérables, les micro-entreprises et les utilisateurs des transports qui sont particulièrement touchés par les conséquences sociales et économiques de la tarification du carbone. En outre, l’UE a récemment adopté Un pacte pour une industrie propre (en anglais). Il vise à soutenir les entreprises dans la transition écologique, à renforcer la base industrielle de l’UE tout en créant des emplois de qualité dans les secteurs verts.
Grâce à son Centre d’expertise sur l’emploi et la croissance inclusive (en anglais), le Royaume-Uni transforme la durabilité des industries tout en stimulant la croissance économique et en créant de nouveaux emplois verts de meilleure qualité. Il travaille en collaboration avec les gouvernements partenaires pour élaborer des politiques et des stratégies liées à la croissance verte et soutient des initiatives régionales telles que l’Initiative pour l’industrialisation verte en Afrique (en anglais). Grâce à des programmes qui collaborent directement avec les entreprises, les investisseurs et le secteur privé au sens large pour développer de nouvelles industries, le Royaume-Uni exploite de nouvelles possibilités commerciales et stimule les investissements dans les emplois verts, en particulier dans les secteurs de la fabrication, de l’agriculture et des services.
Le Royaume-Uni s’est également activement engagé en faveur de l’intégration de la protection sociale dans les principaux processus politiques menant à la 30e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), afin d’assurer que les personnes restent au cœur des discussions sur la transition écologique. Par exemple, lors des négociations menées dans le cadre du Programme de travail sur la transition juste (en anglais) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et au sein du Groupe de travail du G20 sur le développement, le Royaume-Uni a plaidé en faveur de l’utilisation des systèmes de protection sociale pour soutenir les communautés dont les moyens de subsistance sont sensibles au climat. Il a également encouragé l’adoption d’un langage sur les politiques actives du marché du travail afin d’aider à la reconversion des travailleurs des secteurs à fortes émissions ou vulnérables au climat. En outre, le Royaume-Uni a investi dans la recherche et les données probantes sur la manière dont les systèmes de protection sociale peuvent contribuer à la résilience climatique. Cela comprend la conduite de recherches sur le financement climatique pour la protection sociale et l’examen de la manière dont la protection sociale dans les contextes de crise peut soutenir l’adaptation aux changements climatiques et favoriser des moyens de subsistance plus durables et résilients au climat.
La France participe à de nombreuses initiatives de coopération internationale et d’assistance technique visant à développer des systèmes de protection sociale résilients et durables, en particulier au niveau européen. Il s’agit notamment de l’initiative de l’Équipe Europe pour l’Afrique subsaharienne en matière de protection sociale (en anglais), du Partenariat mondial pour une protection sociale universelle en vue d’atteindre les objectifs de développement durable (USP2030) (en anglais), du Conseil de coopération interinstitutions pour la protection sociale (en anglais) et du Groupe sur l’environnement, la société et les politiques.
La France participe également à l’Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale et des transitions justes des Nations Unies et au réseau P4H, dont elle est cofondatrice et membre actif. La France partage également son expertise technique par l’intermédiaire de ses agences de développement, l’AFD et Expertise France, et elle dispense des formations internationales par son école de sécurité sociale, l’École nationale supérieure de Sécurité sociale (EN3S). Expertise France et l’EN3S cartographient actuellement les ressources et les besoins en formation en matière de protection sociale en Afrique.
En 2024, l’Allemagne a lancé le Groupe de travail international sur le lien entre la protection sociale adaptative et le financement climatique afin de promouvoir l’intégration de la protection sociale dans les stratégies, les engagements et le financement climatiques. En collaboration avec ses membres, le groupe de travail illustre la manière dont la protection sociale peut être mise à profit comme outil pour une action climatique inclusive et équitable. Le groupe de travail soutiendra également la déclaration de la présidence brésilienne de la COP30 sur la faim, la pauvreté et l’action climatique.
En Afrique du Sud, le projet de développement de parcours professionnels pour l’emploi (en anglais), financé par l’Allemagne, soutient l’emploi vert dans deux régions engagées dans une transition juste. Grâce à une approche intégrée combinant politiques du marché du travail, enseignement et formation techniques et professionnels, et développement du secteur privé, le projet met l’accent sur la reconversion et le perfectionnement des compétences des groupes vulnérables tels que les jeunes et les travailleurs informels.
Un nouveau projet financé par l’Allemagne, l’initiative Transition énergétique juste dans les régions charbonnières en Inde (en anglais), soutient la fermeture durable et la reconversion des mines de charbon. Le projet met l’accent sur le développement des compétences, la protection sociale, la diversification économique, l’égalité des genres et la planification participative dans les régions concernées.
L’Allemagne soutient également la durabilité environnementale grâce au Fonds eco.business (en anglais). Ce dernier offre un financement et une assistance technique aux institutions financières et aux entreprises d’Afrique subsaharienne, d’Amérique latine et des Caraïbes. En mobilisant des capitaux et en renforçant les capacités pour une économie verte, le fonds cherche à promouvoir des pratiques durables dans les domaines de l’agriculture, de la pêche, de la sylviculture et du tourisme.
L’Italie accorde près de 2,5 millions d’euros pour soutenir l’intégration sociale et le réemploi des citoyens ukrainiens vivant en Italie. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’efforts internationaux plus vastes visant à soutenir la reprise économique et sociale de l’Ukraine en investissant dans le capital humain, notamment grâce à des partenariats entre des acteurs de l’enseignement et de la formation professionnels en Italie et du district de Lviv en Ukraine. Ce programme vise notamment à :
- sélectionner, placer, orienter et former 160 bénéficiaires;
- trouver des emplois et des stages en Italie pour 110 personnes;
- trouver des stages en Ukraine pour 50 bénéficiaires;
- créer des possibilités d’emploi autonome ou d’entreprise pour 50 bénéficiaires.
Le projet s’inscrit également dans le cadre de la plateforme Skills Alliance for Ukraine (en anglais), lancée en 2024, à laquelle participe activement le ministère italien du Travail et des Politiques sociales.
En accordant un financement à l’OIT, le Japon a contribué à un projet de coopération au développement qui cible les membres vulnérables des communautés agricoles touchées par la sécheresse dans le sud de Madagascar. De 2022 à 2023, le projet a contribué à créer des emplois verts et a soutenu les possibilités de développement des compétences pour les travaux verts. Il a également renforcé la résilience des communautés face aux catastrophes naturelles et soutenu l’adaptation aux changements climatiques grâce à des travaux verts à forte intensité de main-d’œuvre.
Grâce à sa contribution au PNUD, le Japon aide le gouvernement indien à mettre en œuvre sa CDN au moyen d’interventions d’atténuation et d’adaptation tenant compte des questions de genre. Ces mesures comprennent l’adoption de solutions énergétiques efficaces et propres et la promotion de moyens de subsistance écologiques et résilients au changement climatique pour une transition juste. Le projet vise à améliorer les moyens de subsistance grâce à des solutions décentralisées en matière d’énergies renouvelables, en mettant l’accent sur les femmes.
Contribuer à la mise en place d’une protection sociale pour tous d’ici 2030
En 2023 et 2024, l’Allemagne a versé 27 millions d’euros à l’Engagement multipartite pour la mise en œuvre de l’Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale pour des transitions justes et du Compas pour la protection sociale et l’emploi de la Banque mondiale (M-GA) (en anglais), et a versé 20 millions d’euros supplémentaires en 2025. L’Allemagne a veillé à ce que ce partenariat soit mis en avant lors des négociations internationales sur la protection sociale, telles que les réunions du G20 et de la COP30 ainsi que le Sommet mondial pour le développement social, en tant qu’élément clé pour accélérer les progrès vers la réalisation de la protection sociale pour tous d’ici 2030. L’Allemagne a apporté une assistance technique à plusieurs pays, dont l’Ouzbékistan, afin de soutenir la mise en œuvre du M-GA. Elle a également participé activement à l’élaboration du M-GA et veillé à ce qu’il s’adapte aux enseignements tirés.
La France a versé 300 000 euros à l’Accélérateur mondial (AM) et en a fait la promotion lors de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement. Le pays a également apporté son soutien au partenariat en mettant à disposition des experts français spécialisés et des ressources techniques bilatérales par l’intermédiaire de l’AFD et d’Expertise France.
Le soutien direct apporté à l’AM pour l’emploi et la protection sociale pour des transitions justes s’inscrit dans le cadre de la contribution financière de l’UE à l’Initiative de convergence numérique (en anglais) du USP2030. L’UE y contribue à hauteur de 18 millions d’euros, dont 3 millions d’euros pour l’OIT et 3 millions d’euros pour le Fonds d’affectation spéciale pour l’intervention sociale rapide de la Banque mondiale (en anglais). L’UE participe également en tant qu’observateur au groupe directeur de l’AM. Les pays qui traitent certains aspects de la transformation numérique dans le cadre de l’AM peuvent bénéficier du soutien de l’initiative en coordination avec le dispositif d’appui technique du dispositif d’appui technique de l’AM. Une évaluation récente des programmes de protection sociale de l’UE de 2014 à 2023 a montré que son soutien est conforme aux objectifs de l’AM visant à étendre la couverture de la protection sociale et à créer des emplois décents, en particulier dans les économies vertes, numériques et des soins.
L’UE réalise des progrès significatifs vers une protection sociale universelle en aidant les États membres à combler les lacunes en matière de couverture, en particulier pour les travailleurs atypiques et les indépendants. La recommandation du Conseil de 2019 (en anglais) sur l’accès à la protection sociale a joué un rôle essentiel dans la mise en œuvre de réformes au moyen de plans nationaux, en encourageant l’apprentissage mutuel et en établissant un cadre de suivi complet. À l’avenir, l’UE prévoit d’intensifier ses actions en organisant une nouvelle série d’événements d’apprentissage mutuel, en affinant les outils de suivi et en apportant un soutien ciblé aux groupes vulnérables.
La Stratégie européenne de lutte contre la pauvreté et le Plan européen pour des logements abordables soulignent l’engagement de l’UE en faveur de systèmes sociaux inclusifs. Ces initiatives sont conformes au Pilier européen des droits sociaux (en anglais) et sont essentielles pour faire face aux changements démographiques, s’adapter aux transformations du marché du travail et garantir une protection équitable pour toutes les formes d’emploi. En outre, le nouveau cadre de gouvernance économique (en anglais) de l’UE vise à assurer des finances publiques saines et une croissance durable, tandis que le Cadre de convergence sociale (en anglais) renforce la visibilité des défis sociaux. Le maintien de régimes de retraite convenables dans une société vieillissante, la promotion de l’épargne complémentaire et la lutte contre les inégalités entre les genres sont également des éléments clés de cette approche globale.
Le Royaume-Uni copréside, aux côtés de la Somalie, le Groupe de haut niveau sur la protection sociale dans les situations de fragilité et de conflit (en anglais). Il vise à apporter des changements significatifs dans ces contextes où la protection sociale est souvent négligée malgré son potentiel avéré. Le Royaume-Uni travaille également avec des gouvernements partenaires et des organisations multilatérales pour mettre en place des systèmes nationaux de protection sociale solides. Grâce à l’accès à l’expertise technique, à la recherche, au soutien au renforcement des systèmes et au financement catalytique, les partenaires sont mieux à même d’œuvrer à la mise en place de systèmes universels.
Le Royaume-Uni s’efforce de promouvoir des approches plus inclusives afin d’atteindre et d’aider les régions et les groupes les plus marginalisés, en particulier dans les contextes fragiles et conflictuels, ainsi que les femmes et les enfants. Le pays soutient les transferts monétaires dans diverses situations d’urgence humanitaire, tout en développant des systèmes de protection sociale capables de réagir rapidement aux catastrophes climatiques et aux crises économiques. Grâce à son engagement dans des fonds multilatéraux pour le climat, le Royaume-Uni vise également à aider ses partenaires à débloquer davantage de financements climatiques pour la protection sociale et à veiller à ce que la protection sociale fasse partie intégrante des plans climatiques nationaux.
Travailler pour améliorer l’accès à la protection sociale pour un milliard de personnes supplémentaires d’ici 2025
Dans le cadre du programme mondial visant à Améliorer les synergies entre la protection sociale et la gestion des finances publiques (en anglais), l’UE a contribué à la mise en place de politiques et de programmes qui ont élargi la couverture de la protection sociale. Mis en œuvre par l’OIT, l’UNICEF et la Coalition mondiale pour les socles de protection sociale, entre 2019 et 2023, ce programme a permis d’améliorer les systèmes de protection sociale pour environ 13 millions de personnes dans 24 pays. Il a également contribué à améliorer la conception et le financement des systèmes nationaux de protection sociale.
Entre 2022 et 2025, l’UE a mis en œuvre 50 programmes bilatéraux de protection sociale dans les pays partenaires. Elle a par exemple apporté un soutien budgétaire au Bangladesh, au Cambodge, à la Gambie, au Maroc et au Paraguay. Par l’intermédiaire d’organisations internationales, l’UE a également contribué à élargir la couverture sociale à des groupes auparavant exclus en Éthiopie, en Iraq, au Lesotho et au Malawi. D’autres programmes, comme celui mis en œuvre au Kirghizistan, n’ont pas eu le même impact sur l’augmentation de la couverture sociale, en raison de leur manque de durabilité.
Depuis l’adoption de la recommandation du Conseil de 2019 (en anglais) sur l’accès à la protection sociale, plusieurs États membres de l’UE ont entrepris des réformes visant à améliorer la couverture formelle, en particulier pour les travailleurs atypiques et les indépendants. Ces efforts ont été soutenus par des investissements substantiels grâce à des instruments tels que les Plans de reprise et de résilience (en anglais). Toutefois, certaines lacunes subsistent en matière d’accès effectif et d’adéquation, de nombreux États membres ne relevant pas pleinement les défis existants. Par exemple, les travailleurs temporaires, les travailleurs à temps partiel et les travailleurs indépendants, en particulier ceux qui exercent des formes d’emploi émergentes, telles que le travail sur des plateformes, continuent d’être vulnérables.
Si les mesures d’urgence prises pendant la pandémie de COVID-19 ont temporairement étendu la protection sociale à certains groupes non couverts, elles n’ont pas systématiquement débouché sur des changements systémiques à long terme. Bien que l’UE ait encouragé l’apprentissage mutuel et l’élaboration de cadres de suivi pour mesurer les progrès accomplis, des disparités persistent entre les États membres en matière d’ambition et de mise en œuvre. Un soutien plus ciblé en faveur de groupes vulnérables particuliers et des outils numériques améliorés sont nécessaires pour parvenir à une protection sociale plus équitable dans toute l’UE.

Source de la photo : © GIZ/Siyabonga Sibanyoni
Afin de mieux répondre aux risques sanitaires, la France a fait de la couverture sanitaire universelle (CSU) une priorité de sa stratégie mondiale en matière de santé pour la période 2023-2027, dans le cadre d’une approche plus vaste de la protection sociale. En 2023, la France a également aidé 18 pays et territoires à mettre en place une CSU et des systèmes nationaux de protection sociale.
Allemagne : Soutenir les emplois verts grâce à la formation en alternance en Afrique du Sud
Selon un rapport de l’OIT de 2018, la mise en place d’une économie mondiale plus respectueuse du climat pourrait créer jusqu’à 25 millions d’emplois nouveaux et de qualité. Consciente de cette possibilité, l’Allemagne a fait de la promotion de ces emplois verts une priorité ces dernières années, tant dans les secteurs traditionnels tels que l’industrie manufacturière et la construction que dans les domaines émergents tels que les énergies renouvelables.
L’une des nombreuses mesures prises par l’Allemagne pour promouvoir une économie plus efficace, socialement juste et verte consiste à soutenir le développement des compétences en vue d’une transition juste. Le projet Développement des parcours professionnels pour l’emploi (en anglais) en Afrique du Sud fait la promotion des compétences vertes grâce à un modèle de formation en alternance : il combine un apprentissage en classe dans des établissements d’EFTP avec une expérience pratique en entreprise. Le projet soutient également les Partenariats pour une transition énergétique juste (en anglais) de l’Afrique du Sud, qui harmonisent les objectifs environnementaux avec les résultats en matière d’emploi durable.
III. Santé
Pour réaliser le Programme 2030, il est essentiel de garantir que les populations du monde entier puissent vivre en bonne santé. Cependant, la pandémie de COVID-19 a entraîné des conséquences durables sur la santé à l’échelle mondiale. Selon le rapport sur les statistiques sanitaires mondiales de 2025 (en anglais) de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’espérance de vie a diminué de 1,8 an entre 2019 et 2021, ce qui représente la plus forte baisse de l’histoire moderne. Les progrès récemment accomplis dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile sont en perte de vitesse, tandis que les décès prématurés dus à des maladies non transmissibles telles que les maladies cardiaques, les accidents vasculaires cérébraux, le diabète et le cancer sont en augmentation.
Ces enjeux de santé sont attribuables, en partie, au sous-investissement de nombreux pays dans les soins de santé primaires. Ils sont également alimentés par la pénurie de personnel de la santé qualifié et le manque de services de santé essentiels tels que la vaccination des enfants et l’accouchement dans de bonnes conditions d’hygiène. Selon l’OMS, il devrait manquer 11 millions de professionnels de la santé dans le monde d’ici 2030, en particulier dans les régions de l’Afrique et de la Méditerranée orientale. Le G7 reconnaît l’importance des politiques en matière de santé pour le bien-être des populations partout dans le monde et a pris plusieurs engagements dans ce domaine au cours des dernières années.
9. Parvenir à une couverture sanitaire universelle grâce à des systèmes de santé solides et à une meilleure préparation aux urgences de santé publique
« C’est pourquoi nous sommes fermement attachés à continuer d’agir dans ce domaine, en mettant un accent particulier sur le renforcement des systèmes de santé par des programmes bilatéraux et des structures multilatérales. Nous nous engageons également à soutenir les mesures de couverture sanitaire universelle menées par les pays en collaboration avec les partenaires compétents, y compris l’OMS. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement, Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 12
« Nous nous engageons à promouvoir la couverture sanitaire universelle… À cette fin, nous insistons sur la nécessité d’affermir le cadre international pour coordonner les efforts et l’expertise de tous les intervenants pertinents et les différentes initiatives et tribunes à l’échelle internationale, y compris les efforts visant une maladie en particulier. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 2
« Nous […] nous engageons à […] renforcer les capacités d’élaboration des politiques et de gestion pour la prévention des maladies et la promotion de la santé. Nous […] nous engageons à […] développer une capacité suffisante de professionnels de santé motivés et correctement formés. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, annexe 2, page 3
« Nous insistons tout particulièrement sur les mesures ci-après : [...] [v]eiller à la justice, à l’inclusion et à l’équité, notamment en favorisant l’autonomisation économique et le leadership des femmes et des minorités dans les secteurs de la santé et des soins [...] [et] [a]ccroître la résilience des systèmes de santé mondiale afin d’être en mesure de contrer les éclosions d’agents pathogènes émergents et persistants, notamment en investissant dans le personnel de soins et de santé à l’échelle internationale afin de rehausser les ressources et d’assurer la sécurité des travailleurs de la santé. » — Communiqué du sommet des dirigeants du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, page 16
« Nous nous engageons de nouveau à travailler avec les partenaires du monde entier pour aider les pays à parvenir à la CSU [...]. À cette fin, nous approuvons le Plan mondial du G7 pour le programme d’action sur la CSU […]. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 34
« Nous nous engageons à soutenir la couverture sanitaire universelle et à investir dans des systèmes de santé résilients, la prestation de services de soins de santé primaires et un effectif de santé qualifiée, y compris par l’intermédiaire de l’Académie de l’Organisation mondiale de la santé, du grand laboratoire sur la main-d’œuvre en santé publique du G20 et du pôle de connaissances sur la couverture santé universelle. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
La couverture sanitaire universelle (CSU) garantit à tous l’accès aux services de santé de qualité dont ils ont besoin, quand et où ils en ont besoin, qu’il s’agisse de promotion et de prévention, de traitement, de réadaptation ou de soins palliatifs. Elle permet également d’éviter les difficultés financières liées aux frais médicaux et constitue un élément clé des efforts mondiaux visant à réduire la pauvreté et à atteindre les objectifs de développement durable dans leur ensemble.
Le financement des pays du G7 pour faire progresser la CSU, la résilience des systèmes de santé, la prestation de services de soins de santé primaires et la formation d’un personnel de la santé qualifié a atteint un sommet en 2021 et en 2022, atteignant plus de 2,14 milliards de dollars américains, probablement en raison de la pandémie de COVID-19. Toutefois, malgré une baisse en 2023, le soutien au renforcement des systèmes de santé (RSS) n’a pas chuté en deçà du niveau de 2019, qui était de 1,5 milliard de dollars américains.
Entre 2019 et 2023, le soutien du Japon au RSS a augmenté de 71 %, celui de la France de 176 % et celui des États-Unis de 213 %. Au cours de cette même période, le soutien de l’Italie au RSS a diminué de moitié, celui de l’UE a diminué de 45 % et celui du Royaume-Uni de 33 %. Le financement du Canada et de l’Allemagne est resté relativement stable.
Intégrer le renforcement des systèmes de santé dans les initiatives clés, les partenariats et les organisations multilatérales
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est un partenariat international de financement qui vise à mobiliser et à investir des ressources pour mettre fin à ces trois épidémies dévastatrices. Créé en 2002, il rassemble les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les collectivités touchées afin de renforcer les systèmes de santé dans plus de 100 pays, contribuant ainsi à bâtir un monde plus sain, plus sûr et plus équitable. Il investit dans le renforcement des chaînes de valeur des produits de santé, l’augmentation des capacités d’approvisionnement et la baisse des prix des produits de santé grâce à la structuration des marchés.
En 2024, le Fonds mondial a investi 2,7 milliards de dollars américains dans le renforcement des systèmes de santé et communautaires. Par exemple, il a investi plus de 294 millions de dollars américains dans l’expansion et le renforcement des capacités des laboratoires et des diagnostics. Il a également investi plus de 200 millions de dollars américains dans des systèmes de surveillance afin de renforcer les capacités de détection précoce et de signalement de tous les dangers. Le Fonds mondial a également octroyé environ 233 millions de dollars en 2024 pour élargir l’accès à l’oxygène médical vital dans 51 pays. Depuis 2002, le Fonds mondial a déboursé 69,9 milliards de dollars américains pour soutenir des programmes gérés par des experts locaux et renforcer les systèmes de santé et communautaires.
La France est le deuxième donateur public du Fonds mondial, ayant contribué à hauteur d’environ 1,6 milliard d’euros au partenariat entre 2023 et 2025. La France soutient activement le renforcement des capacités des systèmes de santé dans les pays fragiles, conformément à la stratégie du Fonds mondial pour la période de 2023 à 2028.
Le Canada a également soutenu l’adoption de la dernière stratégie du Fonds mondial. Cette stratégie comprend quatre objectifs qui se renforcent mutuellement, notamment la maximisation des systèmes de santé intégrés centrés sur les personnes afin d’assurer leur efficacité, leur résilience et leur durabilité. En étroite collaboration avec d’autres membres du conseil d’administration du Fonds mondial, le Canada a joué un rôle actif dans la promotion de l’intégration des considérations relatives à l’égalité des genres dans la stratégie. Entre 2023 et 2025, le Canada a versé environ 1,2 milliard de dollars canadiens au Fonds mondial.
Entre 2023 et 2025, l’Italie a versé 185 millions d’euros au Fonds mondial, tandis que l’Allemagne a fourni 1,3 milliard d’euros, dont 100 millions d’euros sous forme d’échanges de dettes dans le cadre du mécanisme Debt2Health du Fonds mondial. L’Allemagne est également le quatrième donateur public du partenariat. Dans le cadre de l’initiative mondiale BACKUP Health (en anglais), l’Allemagne a offert un soutien technique bilatéral aux pays partenaires afin de les aider à planifier et à mettre en œuvre leurs subventions du Fonds mondial.
En tant que membre du conseil d’administration du Fonds mondial, la Commission européenne a plaidé pour qu’il évolue d’un fonds vertical vers un fonds plus horizontal, fortement axé sur le RSS. Le Japon, également membre du conseil d’administration, a contribué à l’élaboration de son cadre stratégique actuel, qui a été mis en œuvre à partir des recommandations et des perspectives recueillies lors de l’élaboration de sa stratégie actuelle. Afin de maximiser l’impact de la lutte contre ces trois maladies, l’importance du RSS a été intégrée et articulée avec succès dans cette stratégie sous la forme de « systèmes de santé résilients et durables ».
Le conseil d’administration du Fonds mondial a également approuvé une série d’investissements catalytiques qui seront poursuivis dans le cadre du cycle de subventions 8, le Royaume-Uni ayant mené avec succès une initiative visant à obtenir des financements supplémentaires pour des domaines prioritaires tels que le RSS. Le Royaume-Uni soutient également les champs de travail collaboratifs entre le Fonds mondial, Gavi et le Mécanisme de financement mondial, notamment ceux qui portent sur le RSS et la mise en œuvre commune de la lutte contre le paludisme.
Gavi, l’Alliance du Vaccin est un partenariat mondial entre les secteurs public et privé dans le domaine de la santé qui a été créé en 2000 afin d’améliorer l’accès aux vaccins nouveaux et sous-utilisés pour les enfants vivant dans les pays les plus pauvres du monde. En 2023, grâce au soutien de Gavi, les pays ont vacciné plus de 69 millions d’enfants dans le cadre des programmes de vaccination systématique, et environ 300 millions d’enfants seront vaccinés entre 2021 et 2025.
Dans le cadre de la représentation de l’Équipe Europe, la Commission européenne a insisté pour que Gavi continue à mettre l’accent sur le RSS afin de garantir une approche intégrée en matière de prestation des soins de santé primaires, y compris les programmes de vaccination. La Commission européenne vise également à garantir que le RSS reste une priorité après la reconstitution des ressources, lorsque celles-ci seront limitées.
L’UE a coorganisé, en collaboration avec la Fondation Gates, le sommet de haut niveau de Gavi en juin 2025, au cours duquel un nombre record de donateurs se sont engagés à verser plus de 9 milliards de dollars américains sur un budget cible de 11,9 milliards de dollars américains. Ce financement soutiendra la stratégie ambitieuse de Gavi visant à protéger 500 millions d’enfants et à sauver au moins 8 millions de vies entre 2026 et 2030.
Le Royaume-Uni a joué un rôle influent dans l’élaboration de la nouvelle stratégie de cinq ans de l’organisation, Gavi 6.0. Celle-ci comprend la première stratégie de Gavi en matière de systèmes de santé, qui met l’accent sur l’équité et la durabilité grâce à une approche intégrée ancrée dans les soins de santé primaires. Gavi s’est également engagée à aligner sa stratégie sur l’Agenda de Lusaka, notamment en veillant à ce que son soutien futur soit conforme aux stratégies nationales en matière de santé et de vaccination.
Le Canada s’est engagé à verser 600 millions de dollars canadiens à Gavi entre 2021 et 2025. En 2025, le Canada a approuvé l’adoption de la nouvelle approche de Gavi visant à renforcer les systèmes de santé afin d’atteindre les collectivités négligées et d’aider les systèmes à satisfaire aux besoins d’urgence. En 2024, le Canada a également annoncé une contribution de 85 millions de dollars canadiens à l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique, dirigé par Gavi, afin de soutenir la croissance durable de l’assise manufacturière de l’Afrique.
L’Allemagne a accordé un financement de base de 600 millions d’euros à Gavi pour la période de 2021 à 2025 et a contribué à l’élaboration de sa nouvelle stratégie pour la période de 2026 à 2030. Cette nouvelle stratégie adopte une approche en matière de systèmes de santé axée sur l’équité et la durabilité, grâce à une intégration complète des soins primaires. L’Allemagne est également le plus grand donateur de l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique de Gavi, ayant versé 300 millions de dollars américains pour soutenir la production régionale de vaccins et l’accès équitable en Afrique. Le Japon a également contribué à cette initiative en tant que membre du conseil d’administration et du comité de Gavi, et soutient la mission de Gavi visant à garantir un accès équitable à des vaccins abordables et sûrs. Par ailleurs, entre 2021 et 2025, l’Italie a alloué un total de 250 millions d’euros à Gavi. En outre, l’Italie a soutenu la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (en anglais), en s’engageant à verser 16 millions d’euros au partenariat entre 2022 et 2025. La France s’est engagée à verser 500 millions d’euros à Gavi pour le cycle de financement 2021 à 2025, en plus des 500 millions d’euros destinés à soutenir la nouvelle stratégie Gavi 6.0.
Le Fonds de lutte contre les pandémies est un mécanisme de financement multilatéral qui octroie un financement consacré pour renforcer les capacités de prévention, de préparation et d’intervention relativement aux pandémies dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Les États membres de l’UE sont collectivement le plus grand donateur du Fonds de lutte contre les pandémies, et la Commission européenne en est le deuxième donateur individuel en importance.
Si le Fonds de lutte contre les pandémies concentre ses ressources sur les éléments de surveillance, les systèmes de laboratoire et les effectifs les plus essentiels à la prévention des maladies susceptibles de provoquer une pandémie, il reconnaît également les avantages connexes du renforcement des systèmes de santé. En tant que membre du conseil d’administration dirigeant un groupe avec l’Espagne et les Pays-Bas, la France soutient le rôle du Fonds de lutte contre les pandémies dans le renforcement des systèmes de santé. Entre 2022 et 2025, la France s’est engagée à verser 50 millions d’euros au fonds.
En 2024, le Canada a soutenu l’adoption du plan stratégique à moyen terme du Fonds de lutte contre les pandémies de 2024 à 2029 (en anglais).
L’OMS joue un rôle essentiel dans la CSU. Elle établit des normes mondiales et fournit des orientations politiques pour aider les pays à renforcer leurs systèmes de santé. Entre 2023 et 2024, la France a accordé à l’OMS un financement de 138 millions d’euros afin de consolider le rôle central de l’organisation dans l’aide apportée aux pays pour mettre en place des systèmes de santé plus durables et plus résilients et les aider à prévenir les urgences sanitaires, à s’y préparer et à y répondre.
Depuis 2011, la Commission européenne contribue au Partenariat pour la CSU (PCSU) de l’OMS dans le but de soutenir les efforts visant à mettre en place des systèmes de santé résilients et à parvenir à la CSU. En 2022, l’UE s’est engagée à verser 125 millions d’euros au programme du PCSU, dont 61 millions ont été versés au partenariat en 2022, afin d’apporter une aide aux bureaux nationaux de l’OMS et aux gouvernements par l’intermédiaire de conseillers en matière de politique de santé dans 120 pays. Une autre contribution de 40 millions d’euros a été versée en 2025, et une contribution supplémentaire est prévue en 2027.
Entre 2020 et 2024, le Royaume-Uni s’est engagé à verser un financement de base de 340 millions de livres sterling à l’OMS. Cela a permis à l’organisation de disposer de la flexibilité requise pour allouer les fonds là où ils étaient le plus nécessaires, notamment pour soutenir le renforcement des systèmes de santé. Le Royaume-Uni a également soutenu activement le programme du PCSU de l’OMS.
L’Italie a continué de donner la priorité au RSS en contribuant activement à l’OMS, à Gavi et au Fonds mondial au moyen d’un soutien financier et d’une expertise technique. L’Italie a fait la promotion du RSS dans le cadre de discussions multilatérales et a appuyé des stratégies intégrées axées sur la CSU et la préparation aux situations d’urgence.
Le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents (MFM) est un partenariat dirigé par les pays et un fonds fiduciaire multidonateurs dirigé par la Banque mondiale. Le MFM travaille avec les pays pour améliorer la santé maternelle et infantile, les systèmes de santé et l’accès aux soins grâce à des plans prioritaires, à un financement harmonisé entre les secteurs public et privé et à une réforme des politiques. Le Canada s’est engagé à verser 150 millions de dollars canadiens entre 2021 et 2026 pour soutenir l’approche du MFM en matière de systèmes de santé. Cette approche vise à cerner les faiblesses systémiques essentielles à l’amélioration de la santé des femmes, des enfants et des adolescents, et à mettre en œuvre des réformes et des mesures visant à renforcer les capacités du personnel de la santé, la prestation des services, les chaînes d’approvisionnement et les systèmes de données et de reddition de compte.
L’Allemagne accorde la priorité au RSS. Elle utilise activement ses sièges au conseil d’administration et aux comités du Fonds mondial, de Gavi et du MFM pour maintenir cette question en tête de ses priorités et veiller à ce que les investissements dans le RSS continuent d’avoir une incidence durable dans les pays partenaires. Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a versé au MFM un total de 75 millions d’euros. Elle a également joué un rôle clé dans l’intégration du RSS dans la nouvelle stratégie du Fonds mondial. En 2023, l’Allemagne a contribué à l’élaboration réussie de la déclaration politique issue de la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la couverture sanitaire universelle (en anglais), en insistant sur des systèmes de santé robustes et résilients et en fournissant 100 000 euros à la plateforme multipartite CSU2030 pour appuyer ce processus.
Figure 7 : Soutien bilatéral du G7 au RSS, de 2019 à 2023

Montants en millions de dollars américains
Version texte
Période | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Donateur | |||||
Institutions de l’UE | 184,01 $ | 274,72 $ | 233,13 $ | 109,61 $ | 101,79 $ |
Canada | 50,41 $ | 34,77 $ | 71,11 $ | 60,97 $ | 46,89 $ |
France | 87,43 $ | 63,22 $ | 109,70 $ | 163,70 $ | 241,03 $ |
Allemagne | 216,11 $ | 278,22 $ | 399,79 $ | 312,51 $ | 268,68 $ |
Italie | 48,27 $ | 39,67 $ | 46,23 $ | 39,62 $ | 24,14 $ |
Japon | 165,46 $ | 112,11 $ | 382,50 $ | 548,34 $ | 282,21 $ |
Royaume-Uni | 621,51 $ | 655,29 $ | 522,52 $ | 422,87 $ | 414,57 $ |
États-Unis | 144,29 $ | 93,13 $ | 378,26 $ | 485,79 $ | 451,24 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – équivalent don
Former un personnel de la santé qualifié, notamment des sages-femmes, du personnel infirmier et des médecins
L’Académie de l’OMS, située à Lyon, en France, a été créée pour répondre aux lacunes importantes dans la formation du personnel de la santé partout dans le monde et s’efforce d’améliorer les capacités de formation continue du personnel de la santé. Lancée en décembre 2024, l’académie a bénéficié d’un investissement financier de 120 millions d’euros de la part de la France. L’académie joue un rôle central pour que les normes techniques et d’application, ainsi que les recommandations politiques de l’OMS soient plus rapidement accessibles, favorisant ainsi la formation d’un personnel de la santé mondial bien informé, qualifié et adaptable. L’Italie collabore également étroitement avec l’Académie de l’OMS et les programmes régionaux de renforcement des capacités afin de consolider les services de soins de santé primaires et les systèmes d’information sur la santé publique dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Le renforcement des capacités du personnel de la santé est un élément clé de tous les programmes bilatéraux et régionaux allemands dans le domaine de la santé financés par le ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (BMZ) (en anglais) de l’Allemagne. L’Allemagne travaille avec les pays partenaires pour améliorer les établissements de formation et élaborer des programmes d’études. Elle propose également des formations et du mentorat au personnel infirmier, aux sages-femmes et aux médecins dans le domaine des soins de santé maternelle et néonatale. D’autres projets financés par l’Allemagne ont permis de renforcer les capacités des biotechniciens et des bio-ingénieurs dans le domaine des processus pharmaceutiques et de laboratoire.
Le programme Partenariats hospitaliers rassemble des établissements de santé allemands et des professionnels de la santé de pays à revenu faible et intermédiaire afin d’améliorer la qualité des soins et de favoriser les échanges et l’apprentissage mutuel. Depuis 2017, le BMZ a consacré plus de 119 millions d’euros à ce programme, qui a permis de mettre en œuvre environ 650 projets dans plus de 70 pays. Le programme a permis de former plus de 40 000 professionnels de la santé, notamment des médecins, du personnel infirmier, des techniciens de laboratoire et des psychologues. En organisant régulièrement des activités de réseautage entre les projets et en fournissant des formations et du matériel pédagogique, il favorise également l’échange global de connaissances.
L’Italie soutient le renforcement du personnel de la santé qualifié grâce à des programmes nationaux et internationaux ciblés. L’Italie codirige notamment, par l’intermédiaire de l’Institut national de la santé de l’Italie, des initiatives telles que le laboratoire IIS-G20 (en italien), qui soutient le perfectionnement d’un personnel compétent et durable dans le domaine de la santé publique et des urgences. Cette initiative a permis de mettre en œuvre des programmes de formation accrédités axés sur les interventions d’urgence, la santé numérique et la formation interprofessionnelle. Parmi ces programmes figure un cours pilote d’apprentissage en ligne sur le renseignement épidémiologique, mis en œuvre en collaboration avec le Renseignement épidémiologique à partir de sources ouvertes [Epidemic Intelligence from Open Sources] de l’OMS, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies. Ce cours bénéficié à des centaines de professionnels de la santé publique dans les pays du G20 et les pays à revenu faible et intermédiaire. Il a également été proposé sur la plateforme OpenWHO.org (en anglais) pendant six mois et est désormais accessible sur la plateforme de l’Académie de l’OMS. En outre, l’Italie collabore activement aux initiatives de l’OMS visant à former le personnel de la santé et à renforcer ses compétences.
La JICA a amélioré les systèmes de santé grâce à de nombreuses collaborations dans des pays asiatiques tels que le Bangladesh, le Bhoutan, la Mongolie, les Philippines et la République démocratique populaire lao et dans des pays d’Afrique tels que l’Égypte, le Ghana, le Kenya, l’Ouganda, le Sénégal, la Tanzanie et la Zambie. Le travail de la JICA s’est concentré sur la gestion des hôpitaux afin d’améliorer la qualité et la sécurité des services hospitaliers et de renforcer les capacités du personnel de la santé, y compris le système éducatif pour les médecins et le personnel infirmier.
En outre, la JICA a mis en œuvre des projets visant à améliorer la santé maternelle et infantile grâce à une approche globale de continuité des soins et à renforcer la prévention et le contrôle des maladies non transmissibles. Cette approche comprend le perfectionnement des capacités des agents de santé communautaires et du personnel de la santé, la promotion de l’utilisation du Manuel de santé maternelle et infantile (en anglais) et l’amélioration de la nutrition dans des pays tels que l’Angola, le Cambodge, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Ghana, l’Indonésie, le Mozambique, le Pakistan, le Sénégal et le Tadjikistan.
La Stratégie de l’Union européenne en matière de santé mondiale (en anglais) reconnaît l’importance de remédier aux déséquilibres en matière de main-d’œuvre et de favoriser le perfectionnement des compétences. Le premier rapport d’étape de la stratégie donne un aperçu des mesures prises par l’UE à cet égard. Les principales initiatives de l’UE dans ce domaine comprennent des partenariats en matière de talents, une initiative de l’Équipe Europe sur une formation professionnelle axée sur les possibilités, ainsi que le perfectionnement des capacités et des compétences par l’enseignement supérieur et la recherche.
Afin de renforcer les effectifs mondiaux dans le domaine de la santé, le Royaume-Uni investit massivement dans des organisations multilatérales et des institutions de santé mondiale, ainsi que dans ses programmes nationaux, afin d’encourager des méthodes de travail plus efficaces et plus harmonisées en matière de ressources humaines pour la santé (RHS). Le Royaume-Uni fournit un soutien technique en matière de RHS, utilise ses efforts diplomatiques et les forums intergouvernementaux, et investit dans des programmes de recherche afin de combler les lacunes en matière de données sur les RHS. Ce travail technique est effectué en collaboration avec le Service national de santé du Royaume-Uni, qui travaille avec des homologues dans des pays tels que le Malawi, le Népal et le Zimbabwe.
Japon : Œuvrer en vue d’étendre la couverture sanitaire universelle à tous
En tant que président du sommet du G7 de 2023 tenu à Hiroshima, le Japon a mené les discussions sur la santé mondiale. L’objectif était de perfectionner et de renforcer les capacités des institutions de santé mondiale à faire face aux urgences de santé publique, de parvenir à une CSU plus résiliente, plus équitable et plus durable, et de promouvoir l’innovation en matière de santé.
Dans le cadre de ses efforts visant à promouvoir la CSU, le Japon s’est engagé à créer un centre de connaissances sur la CSU en 2025, en partenariat avec l’OMS et la Banque mondiale. Grâce à ce centre, le Japon soutiendra la collecte et l’échange de connaissances sur la CSU et favorisera le renforcement des capacités des autorités financières et sanitaires des pays en développement. Le Japon, en collaboration avec l’OMS et la Banque mondiale, organisera également régulièrement des forums de haut niveau sur la CSU afin de renforcer davantage la dynamique mondiale en faveur de sa concrétisation.

Mention de source : ©Site Web officiel du cabinet du premier ministre du Japon
10. Prévenir les futures épidémies à l’échelle mondiale, s’y préparer et intervenir
« Pour prévenir les conséquences catastrophiques de futures pandémies [...], nous réaffirmons notre détermination à travailler main dans la main pour renforcer les systèmes de santé partout dans le monde et améliorer nos actions en matière de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies dans le cadre de l’approche “Une seule santé” [...]. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2022, paragraphe 40
« Nous renforcerons la préparation mondiale face aux pandémies en développant la collaboration en matière de surveillance et les capacités de riposte rapide et prévisible, en nous appuyant sur des personnels de santé hautement qualifiés et formés à tous les niveaux, et nous entérinons à cet effet le Pacte du G7 pour la préparation opérationnelle face aux pandémies. Dans le cadre de ce Pacte, nous apporterons une aide à au moins cent pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire pour leur permettre de mettre en œuvre les capacités essentielles prévues par le Règlement sanitaire international (RSI), pour les cinq années à venir jusqu’en 2027. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 43
« À cette fin, nous annonçons la Vision du G7 de Hiroshima pour un accès équitable aux contre-mesures médicales et nous lançons le Partenariat pour un accès équitable aux contre-mesures médicales afin de promouvoir un accès plus équitable aux contre-mesures médicales et la mise en œuvre de ces contre-mesures, selon des principes d’équité, de solidarité, d’efficacité, de coût abordable, de qualité, de responsabilité, de flexibilité et de rapidité. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 34
« Nous nous engageons à renforcer la coordination entre les volets Finances et Santé des efforts de prévention, de préparation et d’intervention en cas de pandémie et à continuer à explorer des mécanismes novateurs de financement des interventions, y compris par l’entremise des travaux du Groupe de travail conjoint du G20 sur les finances et la santé. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 31
« Nous demandons un soutien continu : i) au Fonds de lutte contre les pandémies, y compris en augmentant le nombre de donateurs et en demandant au moins 2 milliards de dollars américains en nouveaux engagements et un cofinancement égal ou supérieur à ce montant; ii) au resserrement de la collaboration au sein du G7 à l’appui de la diversification régionale du développement et de la fabrication de contre-mesures médicales, y compris les initiatives régionales de fabrication de vaccins, ainsi que de la livraison finale, laquelle est essentielle pour améliorer l’équité […]. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
La pandémie de COVID-19 a causé la mort de plus de 7 millions de personnes dans le monde et a entraîné des conséquences économiques et sociales dramatiques et durables. La COVID-19 a également démontré à quel point il est essentiel de disposer de systèmes capables de détecter et de suivre rapidement les nouveaux virus à mesure qu’ils se propagent. Cependant, de nombreux experts avertissent que, malgré les leçons tirées de la COVID-19, le monde reste mal préparé à la prochaine pandémie.
Le Règlement sanitaire international (RSI) de 2005 (en anglais) est juridiquement contraignant et oblige les États membres de l’OMS à détecter, à évaluer et à signaler les événements de santé publique, et à y répondre, afin de prévenir la propagation des maladies à l’échelle mondiale. Il est important, car il fournit un cadre permettant de renforcer la surveillance des événements susceptibles de menacer la santé et les économies mondiales, comme les pandémies, et l’intervention devant ce genre d’événements.
Entre 2022 et 2024, les capacités moyennes mondiales liées au RSI ont diminué de 3 %, ce qui représente toutefois un retour au taux de 2021. C’est dans le Pacifique occidental que le changement a été le plus important, ayant connu une baisse de 8 %. Les capacités liées au RSI ont diminué de 4 % dans les Amériques et en Afrique, et de 1 à 3 % dans toutes les autres régions.
En 2023, la France a apporté son soutien à 39 pays et territoires pour renforcer leurs capacités dans le domaine de la sécurité sanitaire internationale. De ce nombre, 24 pays ont bénéficié d’un soutien pour la première fois. Cet appui comprenait une aide technique ou financière. Entre 2022 et 2025, grâce à la coopération au développement, l’Allemagne a aidé 44 pays à renforcer leurs capacités en matière de prévention, de préparation et d’intervention relativement aux pandémies.
Dans le cadre du projet de renforcement du Règlement sanitaire international (en anglais), le Royaume-Uni travaille de manière bilatérale dans trois régions (Afrique, Méditerranée orientale et Indo-Pacifique) avec quatre pays partenaires prioritaires : l’Éthiopie, le Nigéria, le Pakistan et la Zambie. Grâce à ce projet, le Royaume-Uni soutient ces pays dans le cadre du processus d’Évaluation externe conjointe (EEC) de l’OMS, notamment quant aux mesures prises à la suite du processus. En outre, le financement de base du Royaume-Uni, d’un montant de 340 millions de livres sterling entre 2020 et 2024, a donné à l’OMS la flexibilité nécessaire pour octroyer des fonds là où ils étaient nécessaires, notamment pour soutenir ce processus d’évaluation. L’équipe d’intervention rapide en santé publique du Royaume-Uni déploie des experts techniques dans les pays à revenu faible et intermédiaire afin de soutenir les interventions en cas d’épidémie. Elle renforce également les données probantes, le leadership, les systèmes et les capacités techniques pour améliorer les interventions. Depuis sa création en 2016, l’équipe est intervenue à 52 reprises, dont 31 fois depuis 2022 pour soutenir la lutte contre la maladie à virus de Marburg, la variole du singe, le choléra et le virus Ebola Soudan.
Depuis la création du Groupe de travail conjoint du G20 sur les finances et la santé en 2021, l’Italie soutient ce forum en tant que coprésidente, aux côtés de l’Indonésie. L’Italie a contribué à favoriser le dialogue entre les secteurs des finances et de la santé en matière de prévention, de préparation et d’intervention relativement aux pandémies. Elle continue de promouvoir le financement des mesures d’intervention novatrices et le multilatéralisme au moyen d’initiatives de santé mondiale clés telles que le Fonds mondial, Gavi, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (en anglais) et le Fonds de lutte contre les pandémies, conformément au programme du G7 en matière de santé et au plan stratégique de 2024 à 2029 du Fonds de lutte contre les pandémies.
Le Japon échange avec d’autres pays des informations sur les lois nationales, notamment sur l’emplacement et le cadre organisationnel des pouvoirs nationaux relativement au RSI, ce qui constitue une nouvelle obligation en vertu du RSI révisé.
Renforcer les capacités de l’OMS quant au RSI et autres collaborations en matière de surveillance
Le BMZ a renforcé de diverses manières les capacités de l’OMS quant au RSI dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Par exemple, grâce à son soutien à la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) (en anglais), l’Allemagne renforce la préparation en cas de pandémie dans les pays partenaires. Elle renforce en particulier leurs capacités à prévenir et à contrôler les maladies infectieuses à potentiel épidémique par l’intermédiaire du secrétariat de la CAE. Ce soutien comprend la création d’un système de communication et d’alerte et l’utilisation de l’approche « Une seule santé » pour promouvoir une coopération structurelle entre différentes disciplines.
Grâce à son soutien au programme mondial pour la résilience en cas de pandémie selon l’approche « Une seule santé » (en anglais), le BMZ a fait la promotion de l’approche « Une seule santé » afin de renforcer les capacités de prévention et de contrôle des pandémies aux niveaux national, régional et mondial. Entre 2022 et 2025, l’équipe allemande de préparation aux épidémies (en anglais) a été déployée 25 fois dans plus de 13 pays.
Le Royaume-Uni soutient le renforcement des capacités fondamentales relativement au RSI dans les pays à revenu faible et intermédiaire au moyen de son projet de renforcement du RSI. Ce projet porte sur des domaines clés, notamment :
- les capacités des instituts nationaux de santé publique et des organismes régionaux;
- la coordination multisectorielle;
- les réseaux de laboratoires de santé publique;
- les capacités de la main-d’œuvre.
De 2024 à 2029, le partenariat ANASE–Royaume-Uni sur la sécurité sanitaire aidera également les pays de l’Asie du Sud-Est à renforcer leurs capacités de prévention, de détection et d’intervention relativement aux menaces sanitaires.
Par l’intermédiaire de l’Académie de l’OMS, la France renforce les effectifs dans les pays à revenu faible et intermédiaire en offrant à l’ensemble de l’écosystème mondial des soins de santé (personnel soignant, fonctionnaires, chefs d’entreprise et représentants de la société civile) l’accès à des cours fondés sur les orientations actuelles de l’OMS. L’Académie de l’OMS favorise la formation d’un personnel mondial de la santé compétent, motivé et bien accompagné en contribuant à rendre les normes techniques et d’application, ainsi que les recommandations politiques de l’OMS plus rapidement accessibles.
Le soutien du G7 au Fonds mondial repose sur son modèle de partenariat pour faire progresser son objectif d’éradication du sida, de la tuberculose et du paludisme, et chaque partenaire est chargé de faire avancer les différents aspects de cette stratégie. Par exemple, les pays chargés de la mise en œuvre sont responsables de l’élaboration et de la mise en œuvre des plans d’action nationaux pour la sécurité sanitaire (en anglais), conformément au RSI. Le secrétariat du Fonds mondial a pour responsabilité de promouvoir l’élaboration de ces plans d’action, et les partenaires techniques contribuent à transformer les lignes directrices techniques du RSI en une mise en œuvre concrète à l’échelle nationale.
Lors de la consultation mondiale du réseau des centres antipoison de l’OMS en février 2023, le Canada a fait une présentation sur les avantages des réseaux nationaux et mondiaux de toxicovigilance. La présentation portait sur Toxicovigilance Canada, un réseau pancanadien qui œuvre à la prévention, au traitement et à la réduction des dommages causés par l’exposition aux médicaments, aux poisons et aux produits chimiques. Cette consultation stratégique a aidé à mettre en place des composants de réseau de la Feuille de route pour les produits chimiques de l’OMS et de l’objectif A6 du Cadre mondial sur les produits chimiques. Cet objectif vise à ce que tous les pays aient accès à des centres antipoison d’ici 2030, renforçant ainsi leur capacité à prévenir et à traiter les cas d’empoisonnement et à dispenser des formations à la prévention des risques chimiques et à la toxicologie clinique.
En février 2025, dans le cadre du Symposium sur l’initiative de sécurité sanitaire mondiale Améliorer la gestion en santé publique des incidents chimiques grâce à la collaboration avec les centres antipoison, le Canada a réuni des représentants de centres antipoison et d’organismes de santé publique afin d’échanger des études de cas et des expériences en matière de gestion des incidents chimiques. Ces discussions ont insisté sur la manière dont l’expertise des centres antipoison soutient les efforts de santé publique en matière de surveillance, de préparation, d’intervention et de rétablissement. Elles ont également permis de cerner les principales lacunes et les possibilités de renforcer les mesures prises conjointement.
En tant que centre national de la grippe de l’OMS, le Laboratoire national de microbiologie du Canada contribue au Système mondial de surveillance de la grippe et de riposte (en anglais). Il s’agit d’un mécanisme mondial de surveillance, de préparation et d’intervention pour la grippe saisonnière, pandémique et zoonotique. Il sert également de plateforme mondiale pour le suivi de l’épidémiologie de la grippe et des affections grippales.
En 2024, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont lancé un cadre à jour de coopération régionale pour faire face aux menaces à la sécurité sanitaire. L’Initiative nord-américaine de préparation aux pandémies animales et humaines favorise la collaboration dans 12 domaines thématiques et adopte l’approche « Une seule santé ». Elle demande la collaboration de plusieurs secteurs tels que la santé humaine, la santé animale, les affaires étrangères et la sécurité. En tant que dirigeant du Secrétariat général trilatéral de l’initiative depuis février 2024, le Canada joue un rôle central dans la promotion de ses activités, notamment :
- la facilitation de l’échange d’informations relatives aux épidémies et la contribution à cet échange;
- la participation à des exercices de préparation;
- l’orientation stratégique générale de l’initiative.
Par l’intermédiaire du Centre pour la recherche sur la préparation en cas de pandémie et d’urgence sanitaire (CRPPHE), hébergé par les Instituts de recherche en santé du Canada, le Canada soutient des interventions fondées sur des données probantes en cas de pandémies et d’autres urgences sanitaires. Entre 2021 et 2025, le CRPPHE a investi plus de 90 millions de dollars canadiens dans la riposte rapide et la recherche à plus long terme sur les pandémies et les urgences sanitaires. Cela comprenait :
- des infrastructures de recherche essentielles pour maintenir la préparation et la capacité d’intervention du Canada en cas de pandémie;
- la recherche fondée sur l’approche « Une seule santé » visant à réduire les risques d’épidémies de grippe aviaire chez les humains et les animaux et dans l’environnement;
- l’amélioration des stratégies de diagnostic et de traitement des affections post-COVID-19;
- des innovations en matière de recherche sur les pandémies grâce à la science des données, à la modélisation, à l’IA, à la surveillance et à la modernisation de la recherche sur les essais cliniques.
L’Italie soutient depuis longtemps la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (en anglais), qui joue un rôle essentiel dans la recherche et la mise au point de vaccins et de mesures de lutte contre les pandémies. La coalition a réussi à mettre au point sept vaccins qui ont reçu une autorisation d’utilisation d’urgence pendant la pandémie de COVID-19. En tant que membre du conseil des investisseurs de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, l’Italie a contribué à hauteur de 15 millions d’euros durant l’exercice 2020 à 2021 et s’est engagée à verser 20 millions d’euros supplémentaires pour la période de 2022 à 2026, afin de favoriser la collaboration entre les industries biomédicales et les centres de recherche italiens.
Tableau 3 : Évolution mondiale des scores attribués aux capacités du RSI de l’OMS : comparaison entre 2022 et 2024
| Capacité moyenne au titre du RSI en 2022 | Capacité moyenne au titre du RSI en 2024 | Variation en pourcentage | |
|---|---|---|---|
Capacité moyenne mondiale | 66 | 64 | -3 |
Afrique | 52 | 50 | -4 |
Amériques | 67 | 64 | -4 |
Méditerranée orientale | 67 | 66 | -1 |
Europe | 75 | 74 | -1 |
Asie du Sud-Est | 68 | 66 | -3 |
Pacifique occidental | 72 | 66 | -8 |
Source : Outil d’auto-évaluation des rapports annuels des États parties à l’OMS
Contribuer à la surveillance collaborative aux niveaux national, régional et mondial
L’Allemagne a contribué de diverses manières au renforcement de la surveillance collaborative aux niveaux national, régional et mondial, ainsi qu’à une meilleure coordination multisectorielle globale. De 2018 à 2025, l’Allemagne a contribué à renforcer les services épidémiologiques et la surveillance, à améliorer la prévention des pandémies et à mettre en œuvre une approche « Une seule santé » dans la région de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) (en anglais) grâce à son soutien à plusieurs programmes clés.
Dans le cadre de l’initiative pour la prévention des pandémies et la lutte contre celles-ci selon l’approche « Une seule santé », l’Allemagne a également contribué au renforcement de la coordination multisectorielle en soutenant la Quadripartite – Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (ONUAA), Programme des Nations Unies pour l’environnement, OMS et Organisation mondiale de la santé animale – dans l’élaboration de ressources telles que :
- le Plan d’action conjoint « Une seule santé » et son guide de mise en œuvre;
- l’ASEAN One Health Joint Plan of Action (en anglais);
- l’Africa Centres for Disease Control and Prevention’s Zoonotic Disease: Prevention and Control Strategy 2025 to 2029 (en anglais).
Elle a également aidé plusieurs pays partenaires à mettre en place des systèmes de surveillance, notamment le système de surveillance, de gestion de la réponse aux épidémies et d’analyse (Surveillance, Outbreak Response Management and Analysis System), ainsi que l’outil opérationnel de surveillance et de partage d’informations (Surveillance and Information Sharing Operational Tool).
Sous la présidence du Japon, le G7 a tenu sa première réunion d’experts de haut niveau sur l’approche « Une seule santé », à laquelle ont participé les ministères concernés de la santé, de l’agriculture et de l’environnement. Au cours de cette réunion, chaque pays a présenté des initiatives précises liées à l’approche « Une seule santé » et a discuté de l’état d’avancement des efforts internationaux.
La prévention des menaces sanitaires, y compris les pandémies, et la lutte contre celles-ci en adoptant l’approche « Une seule santé » sont l’une des trois priorités de la stratégie de l’Union européenne en matière de santé mondiale. Le premier rapport d’étape sur la mise en œuvre de la stratégie donne un aperçu des actions menées par l’UE dans ces domaines. Il comprend notamment :
- un résumé du soutien apporté par l’UE au Fonds de lutte contre les pandémies;
- un examen de l’initiative de l’Équipe Europe sur la sécurité sanitaire selon l’approche « Une seule santé » en Afrique;
- un examen des efforts déployés pour renforcer les capacités mondiales des laboratoires et de surveillance en matière de préparation.
En 2023, la France a fourni près de 101 millions d’euros, dont plus de 23 millions d’euros provenant de fonds de l’UE, pour financer des projets intégrant l’approche « Une seule santé », notamment des projets de prévention de l’émergence des zoonoses (en anglais) en Afrique et en Asie.
Lors de l’Assemblée mondiale de la Santé en mai 2025, les États membres de l’OMS ont adopté l’Accord sur les pandémies de l’OMS, qui entrera en vigueur une fois que les négociations sur l’annexe sur l’accès aux agents pathogènes et le partage des avantages auront été finalisées et que 60 États l’auront ratifié. Cet accord international sur la prévention, la préparation et l’intervention relativement aux pandémies devrait garantir que les États membres prennent des mesures globales pour mieux prévenir les pandémies et améliorer la surveillance des maladies, afin que le monde puisse détecter les menaces pandémiques émergentes et y répondre rapidement. L’intégration de l’approche « Une seule santé » dans l’accord renforce la collaboration multisectorielle, contribuant ainsi à mieux faire face à l’émergence des risques pandémiques.
Dans le cadre de la présidence italienne du G7, la CDP a contribué au lancement de l’initiative pour le financement d’urgence et les contre-mesures médicales (en anglais), en collaboration avec l’Agence américaine pour le développement international, la Société américaine de financement du développement international (l’IFD des États-Unis), la BEI et la Société financière internationale. Cette initiative vise à améliorer la capacité d’intervention des IFD grâce à des outils financiers innovants qui permettent un soutien rapide et flexible pour l’achat, la production et la distribution des contre-mesures médicales, notamment les vaccins, les traitements et les diagnostics, pendant les premières phases des urgences sanitaires. En comblant les lacunes de financement dans les interventions d’urgence et en améliorant les conditions favorables au RSS, cette initiative s’aligne sur le programme plus large du G7 en matière de préparation et de réponse aux pandémies. L’initiative aide les pays partenaires à renforcer leurs infrastructures sanitaires, leurs chaînes d’approvisionnement et leurs capacités de production locales de manière résiliente et inclusive, priorités clés qui se reflètent également dans les stratégies de Gavi, du Fonds mondial et de l’OMS. Elle favorise également la coordination et la cohérence au sein de l’architecture de la santé mondiale.
Le Laboratoire national de microbiologie du Canada offre un soutien aux laboratoires de diagnostic mobiles en cas d’épidémies causées par des agents pathogènes à haut risque, à la demande du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (en anglais) de l’OMS. Le Laboratoire national de microbiologie participe également aux efforts de coordination nationaux et internationaux visant à surveiller les épidémies causées par des agents hautement pathogènes et à y répondre. Parmi les organisations et les réseaux, mentionnons :
- le Réseau de laboratoires travaillant sur les agents pathogènes émergents et dangereux (en anglais) de l’OMS;
- Médecins Sans Frontières;
- le Réseau de laboratoires du Groupe de travail sur la protection de la santé mondiale;
- le Réseau des laboratoires de santé publique du Canada;
- le réseau de laboratoires fédéraux en cas d’urgence de l’Agence de la santé publique du Canada.
Le Laboratoire national de microbiologie collabore avec l’Institut Pasteur du Laos (République démocratique populaire lao) depuis 2022 afin de renforcer les capacités nationales de diagnostic et de surveillance, de manière à pouvoir détecter les menaces liées aux agents pathogènes émergents et y répondre rapidement. Le Laboratoire national de microbiologie collabore avec le ministère de la Santé de la Sierra Leone depuis 2016 afin de mettre en place une biobanque pour le stockage sécurisé des échantillons d’Ebola provenant de l’épidémie qui a sévi en Afrique occidentale entre 2014 et 2016. Il collabore également avec le l’Institut de recherche sur les virus de l’Ouganda, le Collège des sciences de la santé de l’Université Makerere et le ministère de la Santé de l’Ouganda afin d’aider à isoler et à caractériser le virus Soudan à partir de matériel clinique obtenu lors des épidémies de 2022 et de 2025.
Dans le cadre du protocole d’entente entre le Canada et l’Afrique du Sud sur le renforcement de la coopération en matière de santé, signé en mai 2024, le Canada collabore également avec l’Afrique du Sud, entre autres dans les domaines de la surveillance génomique, de la prévention des maladies infectieuses et de la recherche en santé.
Entre 2022 et 2024, le Canada a versé plus de 8,2 millions de dollars américains à l’initiative SURGE de l’OMS, qui vise à renforcer et à utiliser les groupes d’intervention d’urgence dans le cadre de son initiative mondiale pour l’équité vaccinale. L’initiative SURGE vise à améliorer la préparation et les capacités d’intervention en cas d’urgence en renforçant les capacités de la main-d’œuvre, en améliorant la coordination et en assurant une communication efficace pendant les crises de santé publique. Parmi ses priorités figurent le déploiement rapide d’experts formés dans les 24 à 48 heures, l’amélioration de la planification et de la collaboration entre les ministères et les partenaires, ainsi que la communication efficace des risques et l’engagement communautaire dans les pays d’Afrique.
Le Canada investit également dans le Fonds mondial afin de renforcer les capacités de détection précoce et de signalement de tous les dangers. En 2024, grâce au soutien du Canada et d’autres donateurs, le Fonds mondial a investi 2,7 milliards de dollars américains dans le renforcement des systèmes communautaires et de santé. De ce montant, 294 millions de dollars américains ont été octroyés à l’élargissement et au renforcement des capacités des laboratoires et de diagnostic, et 200 millions de dollars américains au soutien des systèmes de surveillance.
Contribuer aux partenariats et aux initiatives à l’échelle mondiale
En mai 2022, le président de l’UE a annoncé une contribution de 427 millions d’euros au Fonds mondial de préparation aux pandémies, désormais appelé le Fonds de lutte contre les pandémies. Le fonds a pour objectif d’améliorer les capacités de prévention, de préparation et d’intervention relativement aux pandémies, afin d’éviter que les effets sanitaires et socioéconomiques dévastateurs de la COVID-19 ne se reproduisent à l’avenir. Cette annonce a confirmé l’engagement pris en septembre 2021 dans le cadre du programme États-Unis–Union européenne pour vaincre la pandémie mondiale : vacciner le monde, sauver des vies maintenant et rétablir une meilleure sécurité sanitaire.
Le Fonds de lutte contre les pandémies a été initialement lancé en novembre 2022 par le G20. En tant que fonds d’intermédiation financière géré par la Banque mondiale, il fournit un flux dédié de subventions supplémentaires à long terme aux pays à revenu faible et intermédiaire, afin de renforcer leurs capacités de prévention, de préparation et d’intervention relativement aux pandémies. Le fonds a été conçu pour encourager l’apport de ressources supplémentaires, notamment des ressources nationales, et pour en mobiliser afin de prévenir les pandémies, de s’y préparer et d’y répondre.
Ayant contribué à hauteur de 427 millions d’euros, l’UE est le deuxième donateur du Fonds de lutte contre les pandémies, tandis que l’Allemagne en est le troisième, ayant versé plus de 169 millions d’euros au fonds depuis 2022. L’Italie a contribué à hauteur de 100 millions d’euros en 2022 pour soutenir les activités du fonds. L’engagement de l’Italie a été renouvelé en 2025 par l’octroi d’une contribution supplémentaire de 50 millions d’euros, qui sera versée en 2026 et en 2027. Le Royaume-Uni s’est engagé à verser 25 millions de livres sterling au Fonds de lutte contre les pandémies, et la France a promis 50 millions d’euros. Le Canada est un donateur fondateur et membre du conseil d’administration du fonds et a octroyé un financement d’amorçage de 50 millions de dollars américains durant l’exercice 2022 à 2023.
Entre 2022 et 2024, le Fonds de lutte contre les pandémies a octroyé un total de 885 millions de dollars américains sous forme de subventions pour soutenir 47 projets dans 75 pays qui étaient axés sur les trois domaines d’action du fonds : le renforcement de la surveillance des maladies et des alertes précoces, les systèmes de laboratoire et le personnel de la santé.
En 2024, en réponse à l’épidémie de variole du singe en Afrique, le conseil d’administration du Fonds de lutte contre les pandémies a autorisé sans délai une contribution de 128,9 millions de dollars américains pour financer cinq projets dans 10 pays touchés par l’épidémie.
Le Fonds de lutte contre les pandémies fait la promotion de l’approche « Une seule santé » et l’intègre aux quatre thèmes sous-jacents de son plan stratégique (2024 à 2029) (en anglais). Sur les 19 projets financés dans le cadre de son premier appel à propositions, 18 s’inscrivaient dans l’approche « Une seule santé ». En Mongolie, par exemple, une subvention de 15,5 millions de dollars américains a permis la création d’un comité directeur national « Une seule santé ». Au Bhoutan, un financement de 5 millions de dollars américains devrait soutenir la mise en œuvre du secrétariat « Une seule santé » du Bhoutan. Cela permettra de renforcer la surveillance des maladies et d’offrir une formation pratique commune afin d’accroître les capacités de la main-d’œuvre et de créer un registre national de la main-d’œuvre.
Pour répondre à l’épidémie de variole du singe en Afrique en 2024, le ministère de la Santé de l’Allemagne a versé plus de 1,5 million de dollars américains à l’appel de l’OMS : urgence de santé publique liée à la variole du singe en 2024 (en anglais). Son ministère des Affaires étrangères a versé 2,1 millions de dollars américains supplémentaires à l’appel, tandis que le BMZ a contribué à hauteur de 22,75 millions d’euros à la surveillance et à la gestion des données relatives à la variole du singe. L’Allemagne a également versé plus de 547 000 dollars américains pour un projet mené par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies et l’Institut Robert-Koch afin de soutenir les diagnostics en laboratoire en RDC et au Burundi.
Durant l’exercice 2024 à 2025, le Canada a versé 1 million de dollars canadiens au plan stratégique mondial de préparation et de riposte en vue d’endiguer la flambée épidémique de variole simienne de l’OMS (en anglais) et a fait don de 200 000 vaccins contre la variole du singe par l’intermédiaire du Mécanisme d’accès et d’allocation de l’OMS.
Entre 2015 et 2024, le Royaume-Uni a versé 27 millions de dollars américains au Fonds de réserve pour les situations d’urgence de l’OMS (en anglais). Depuis 2022, le Japon a versé environ 22 millions de dollars américains à l’OMS pour soutenir ses interventions d’urgence sanitaire, y compris les activités liées à la variole du singe. Bien qu’elles ne transitent pas directement par le Fonds de réserve pour les situations d’urgence, les contributions du Japon reflètent son engagement en faveur d’interventions sanitaires d’urgence rapides et flexibles. Le Japon a également versé 1 million de dollars américains au Fonds d’intermédiation financière afin de renforcer le rôle de coordination de l’OMS. Par l’intermédiaire du Bureau régional du Pacifique occidental de l’OMS, le Japon a également soutenu les efforts de formation et de coordination dans les pays de la région du Pacifique occidental.
En 2023, la France a versé 9 millions d’euros au programme de gestion des situations d’urgence de l’OMS et à d’autres programmes spéciaux. En décembre 2023, la France a signé plusieurs accords de financement, d’une valeur totale de 25,5 millions d’euros, afin de soutenir les priorités clés en matière de santé. Une grande partie de cette contribution, soit 6 millions d’euros, est destinée à l’aide humanitaire. Cela comprend 650 000 euros au Fonds de réserve pour les situations d’urgence. En 2024, la France a également versé 2 millions d’euros à l’appel d’urgence de l’OMS pour lutter contre l’épidémie de choléra.
La France participe activement au renforcement de la production régionale de produits de santé, en particulier en Afrique. En juin 2024, elle a organisé le lancement du dossier d’investissement de Gavi pour le cycle stratégique de 2026 à 2030. L’événement a également été l’occasion de célébrer le lancement de l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique, une initiative coordonnée par Gavi pour soutenir la fabrication pharmaceutique et la souveraineté vaccinale en Afrique, afin de renforcer la résilience de la région aux épidémies et aux pandémies.
La France a réaffecté 100 millions d’euros à l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique, et l’Équipe Europe en est le plus grand donateur, s’étant déjà engagée à verser plus de 800 millions de dollars américains. La Commission européenne a contribué à hauteur de 233 millions de dollars américains au total. En 2024, l’Italie a versé 150 millions de dollars américains à l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique, et l’Allemagne a octroyé 300 millions d’euros.
L’Italie a également versé 59 millions de dollars américains au Fonds de première réponse. Celui-ci fait partie du mécanisme de financement « Jour zéro » créé par Gavi et conçu pour réagir rapidement aux urgences sanitaires en finançant immédiatement l’achat de vaccins.
Par l’intermédiaire du Fonds de lutte contre les pandémies, l’Italie finance des projets visant à renforcer les capacités de prévention, de préparation et d’intervention relativement aux pandémies dans les pays à revenu faible et intermédiaire. À ce jour, elle a approuvé des subventions à hauteur de 338 millions de dollars américains pour 19 projets dans 37 pays. Cet investissement permet d’améliorer la surveillance des maladies, les systèmes d’alerte précoce, les réseaux de laboratoires et la formation du personnel de la santé.
Depuis 2023, le Laboratoire national de microbiologie du Canada soutient les travaux de l’initiative de laboratoires mobiles d’intervention rapide (en anglais) ainsi que du groupe stratégique pour les capacités de diagnostic en cas d’urgence du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN) (en anglais). Le soutien du Canada au groupe stratégique du GOARN vise à :
- apporter des capacités de laboratoire adaptables et accessibles dans les milieux aux ressources limitées;
- renforcer la réponse aux épidémies et la surveillance des maladies;
- contribuer au perfectionnement et au maintien des capacités de base requises conformément au RSI de 2005.
Le Canada a investi dans des partenariats de recherche mondiaux afin de soutenir la préparation et la réponse aux pandémies. Par exemple, une contribution de 5,5 millions de dollars canadiens du Centre pour la recherche sur la préparation en cas de pandémie et d’urgence sanitaire des Instituts de recherche en santé du Canada et du Centre de recherches pour le développement international a permis à des chercheurs du Canada, du Nigéria et de la RDC de collaborer pour étudier la transmission du virus de la variole du singe et évaluer la sécurité et l’efficacité réelle des vaccins et des traitements contre cette maladie.
En 2023, le Centre pour la recherche sur la préparation en cas de pandémie et d’urgence sanitaire s’est associé au Centre de recherches pour le développement international et à l’Agence de la santé publique du Canada pour accorder plus de 4,8 millions de dollars canadiens, afin de soutenir les essais cliniques sur la sécurité et l’efficacité de trois vaccins expérimentaux contre Ebola. En 2015, l’infrastructure, l’expertise et les capacités techniques acquises grâce à ce financement ont permis la distribution rapide d’un essai de vaccin en réponse à l’épidémie de maladie à virus Soudan en Ouganda.
Les Instituts de recherche en santé du Canada sont également membres fondateurs de la Collaboration mondiale pour la recherche sur la préparation aux maladies infectieuses (en anglais). Ce réseau soutient la coordination et l’échange d’informations entre les principaux organismes de financement mondiaux grâce à ses groupes de travail, ses conseils, ses outils et ses nombreuses ressources. L’objectif est d’améliorer la préparation et d’accélérer la réponse de la recherche aux épidémies susceptibles de se transformer en pandémie dans le monde entier.
11. Réformer et renforcer les capacités de l’OMS
« Nous soutenons le processus en cours de réforme et de renforcement de la capacité de l’OMS à se préparer et à répondre aux crises sanitaires complexes et nous réaffirmons le rôle central que joue l’OMS en matière de sécurité sanitaire internationale. Nous nous engageons à faire preuve de leadership pour renforcer l’architecture sanitaire mondiale, en nous appuyant sur le renforcement des organisations existantes. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement, Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, pages 14 et 15
« Nous […] invitons l’OMS à mettre en œuvre ses réformes sur les capacités d’urgence et ses réformes plus larges et la soutenons en ce sens, notamment l’approche “une seule OMS” aux trois niveaux de l’Organisation (siège social, bureaux régionaux, bureaux nationaux), tout en reconnaissant ses besoins de ressources. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 10
« Nous renouvelons notre ferme détermination à mettre en place et à renforcer une architecture mondiale de la santé articulée autour de l’Organisation mondiale de la santé, capable de réagir en cas de situations d’urgence sanitaire publique, afin de rompre le cycle de la panique et de la négligence, reconnaissant que la pandémie de COVID-19 a eu un impact sans précédent sur la communauté internationale. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 33
L’ampleur et la complexité des crises sanitaires du XXIe siècle exigent une réponse rapide et la capacité de mobiliser efficacement les personnes, les ressources et les fournitures là où elles sont le plus nécessaires. L’expertise technique, la portée mondiale et l’éventail de partenariats de l’OMS permettent de relever ces défis. En 2023, l’OMS a répondu à 72 urgences sanitaires, touchant des millions de personnes.
Le G7 joue depuis longtemps un rôle essentiel dans le renforcement des capacités de l’OMS à répondre aux crises sanitaires. Ces contributions ont considérablement amélioré la capacité de l’OMS à faire face aux urgences sanitaires mondiales de manière rapide et coordonnée.
L’UE et ses États membres sont les principaux contributeurs financiers de l’OMS et continueront à plaider en faveur d’une organisation forte et résiliente. En 2024, l’UE a versé 250 millions d’euros au cycle d’investissement de l’OMS (en anglais), une étape décisive vers la mobilisation d’un financement plus ciblé et plus efficace pour la santé mondiale. L’UE soutient également un large éventail de programmes de l’OMS, axés sur le renforcement de domaines tels que :
- la CSU;
- les systèmes de santé dans les six régions de l’OMS;
- la sécurité sanitaire;
- la résistance aux antimicrobiens;
- les capacités des laboratoires en Afrique;
- la surveillance des eaux usées;
- les systèmes d’information sanitaire en Europe et dans le monde entier.
L’Allemagne est le plus grand contributeur individuel au Fonds de réserve pour les situations d’urgence (en anglais) de l’OMS. Depuis 2016, elle a versé près de 137 millions d’euros au fonds, permettant à l’OMS de réagir rapidement aux épidémies. Depuis 2014, le Royaume-Uni a versé plus de 27 millions de dollars américains au fonds. De 2022 à 2024, le Canada a versé 5 millions de dollars canadiens à ce fonds. La France a contribué à hauteur de 650 000 euros en 2023.
Depuis 2014, l’Allemagne a également versé environ 1,9 milliard d’euros pour soutenir les opérations d’urgence et les interventions en cas de crise de l’OMS, dont plus de 200 millions d’euros au Programme d’urgence sanitaire de l’OMS (en anglais). En 2023, la France a versé 9 millions d’euros à ce programme et à d’autres programmes spéciaux. En décembre 2023, la France a également signé des accords de financement d’une valeur totale de 25,5 millions d’euros pour soutenir les priorités essentielles en matière de santé, et près du quart de ce financement a été consacré aux capacités d’intervention humanitaire de l’OMS.
Depuis 2014, le Royaume-Uni a versé plus de 27 millions de dollars américains au Fonds de réserve pour les situations d’urgence et plus de 323 millions de dollars américains au Programme d’urgence sanitaire de l’OMS. Cela s’ajoute aux contributions volontaires de base entièrement flexibles de 733 millions de dollars américains versées au cours de la même période, qui ont donné à l’OMS la latitude nécessaire pour allouer des fonds au renforcement de sa capacité de réponse aux crises et à d’autres priorités.
Durant l’exercice 2024 à 2025, le Canada a versé 1 million de dollars canadiens au Programme d’urgence sanitaire de l’OMS pour soutenir le plan stratégique mondial de préparation et de riposte en vue d’endiguer la flambée épidémique de variole simienne (mpox) de l’OMS (en anglais) et environ 250 000 dollars canadiens pour élaborer une approche permettant de mesurer la prestation des services de santé publique essentiels par l’OMS dans les situations d’urgence. En outre, le Programme de réduction de la menace liée aux armes du Canada a versé plus de 15 millions de dollars canadiens entre 2022 et 2024 pour accroître les activités de sécurité sanitaire et de biosécurité du Programme d’urgence sanitaire.
Entre 2022 et 2024, l’Italie a continué de verser des contributions volontaires à l’OMS, notamment sous forme de financement de base et thématique destiné à soutenir la réponse aux crises, en particulier par l’intermédiaire du Programme d’urgence sanitaire et du Fonds de réserve pour les situations d’urgence de l’OMS. L’Italie a apporté une contribution financière visant à renforcer les capacités de préparation opérationnelle et d’intervention d’urgence de l’OMS, et a octroyé des fonds supplémentaires réservés à des crises précises telles que les pandémies et les urgences humanitaires. Pour l’exercice 2023 à 2024, l’Italie a alloué environ 33 millions de dollars américains à l’OMS sous forme de contributions volontaires.
Entre 2022 et 2024, le Japon a versé environ 22 millions de dollars américains à l’OMS, notamment pour soutenir les urgences sanitaires et la réponse à la variole du singe. Cette contribution témoigne de l’engagement du Japon en faveur de la sécurité sanitaire mondiale. Pour donner suite à une demande de l’OMS et de la RDC, le Japon a également fait don de vaccins contre la variole du singe à la RDC, afin de renforcer ses efforts de lutte contre l’épidémie.
Soutenir les processus de réforme de l’OMS
Depuis 2014, l’Allemagne soutient activement les processus de réforme de l’OMS par l’intermédiaire de contributions financières et d’un engagement politique. En allouant des fonds substantiels à l’OMS et en lui accordant un financement flexible par l’intermédiaire de ses contributions obligatoires et volontaires de base, l’Allemagne aide l’organisation à mettre en œuvre des réformes en matière de gouvernance et de gestion. En tant que cohôte du cycle d’investissement de 2024 de l’OMS, l’Allemagne a fait la promotion d’un financement durable à l’OMS. Elle a également plaidé en faveur d’une augmentation des contributions obligatoires dans le cadre des négociations du G7, de l’UE et de l’Assemblée mondiale de la Santé. En outre, l’Allemagne fournit un soutien technique par l’intermédiaire de détachements en participant aux structures de gouvernance de l’OMS et en façonnant les nouveaux cadres de gestion et de responsabilité axés sur les résultats de l’OMS.
Le Canada a soutenu les processus de réforme de l’OMS pendant son mandat au Conseil exécutif pour la période de 2022 à 2025 et en tant que vice-président de la Commission permanente de prévention, de préparation et de riposte en cas d’urgence sanitaire pour la période de 2024 à 2025. En particulier, le Canada a travaillé à donner au comité les moyens d’assurer une orientation et une surveillance plus efficaces du Programme d’urgence sanitaire de l’OMS. Le Canada a également participé activement à l’élaboration du 14e programme général de travail de l’OMS, notamment en veillant à la mise en place d’un cadre des résultats solide. En outre, le Canada a fait office de pionnier institutionnel dans l’évaluation de l’OMS par le Réseau d’évaluation du rendement des organisations multilatérales pour la période de 2019 à 2023 (en anglais), apportant des contributions techniques essentielles qui ont permis d’améliorer l’efficacité institutionnelle de l’organisation.
L’Italie soutient activement les réformes de l’OMS par l’intermédiaire d’un soutien financier et d’un engagement au sein des organes directeurs et des groupes techniques. Par exemple, des experts italiens ont contribué à des consultations liées au renforcement de l’approche « Une seule santé » et aux réformes budgétaires de l’OMS. Ils participent également à des groupes de travail liés au renforcement de la gouvernance, de la transparence et de la responsabilité au sein de l’organisation.
Afin de soutenir la capacité de l’OMS à faire face aux urgences sanitaires mondiales de manière rapide et coordonnée, les membres du G7 ont également participé au Groupe de travail sur les amendements au Règlement sanitaire international (en anglais) afin d’élaborer un accord sur les pandémies. Le Japon, par exemple, a dressé la liste des mesures susceptibles de contribuer à la réforme en cours de l’OMS et a versé un total de 90 millions de dollars américains en contributions volontaires pour soutenir les efforts de réforme de l’OMS et renforcer les capacités mondiales de préparation et de riposte.
Entre 2020 et 2024, l’investissement volontaire de base de 340 millions de livres sterling du Royaume-Uni a permis de soutenir le programme de réforme de l’OMS. Il a permis à l’organisation de mettre en œuvre les changements et les améliorations nécessaires pour atteindre ses cibles en matière de réforme. La contribution du Royaume-Uni a également favorisé une utilisation plus efficace des ressources et une meilleure coordination des initiatives mondiales en matière de santé, en plus d’avoir amélioré les résultats sanitaires dans le monde entier. La contribution volontaire de base du Royaume-Uni à l’OMS reflète sa reconnaissance du fait que l’OMS a besoin d’un soutien pluriannuel flexible et prévisible pour pouvoir être l’organisation la plus forte, la plus agile et la plus efficace possible, afin de relever les défis actuels et futurs en matière de crises sanitaires. Afin d’encourager le rendement et la réforme de l’OMS, 30 % du financement volontaire annuel de base du Royaume-Uni était conditionnel à l’atteinte des objectifs annuels convenus. En outre, le Royaume-Uni a soutenu la réforme de l’OMS en tant que membre de son conseil exécutif, vice-président du Comité permanent du Comité régional (CPCR) de l’OMS pour l’Europe et président du sous-groupe de gouvernance du CPCR.
La France, en collaboration avec d’autres États membres du G7, a joué un rôle clé dans la gouvernance de l’OMS, par sa participation active au Conseil exécutif de l’OMS et à l’Assemblée mondiale de la Santé. Elle a œuvré en faveur d’une OMS plus forte, plus flexible, plus responsable et plus efficace.
Dans les limites de son rôle d’observatrice et dans le cadre de sa coordination, l’UE a pris part aux échanges techniques afin de soutenir la réorganisation et l’établissement des priorités de l’OMS. Par exemple, par l’intermédiaire des opérations européennes de protection civile et d'aide humanitaire, elle a facilité la coordination entre l’OMS et ses partenaires grâce à des actions intégrées telles que des programmes nutritionnels en Afrique orientale et la lutte contre le choléra dans la région de l’Afrique australe et de l’océan Indien. L’UE collabore également avec des structures de coordination mondiales telles que le Groupe spécial mondial de lutte contre le choléra. En ce qui concerne les groupes de responsabilité sectorielle, les discussions portent notamment sur des stratégies d’intervention humanitaire intégrées, comme le plan stratégique de 2026 à 2030 du groupe de responsabilité sectorielle pour la nutrition à l’échelle mondiale (Global Nutrition Cluster), qui aligne les activités liées à l’émaciation sur les orientations de l’OMS.
Améliorer la coordination pour faire face aux crises sanitaires
La collaboration entre l’OMS et le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires (BCAH) des Nations Unies (en anglais) est essentielle pour offrir rapidement une aide humanitaire vitale lors d’épidémies, de catastrophes naturelles et d’autres situations d’urgence complexes. L’Italie a mis en place différents canaux de communication avec le BCAH. Par exemple, elle coopère avec le BCAH dans le cadre d’urgences mondiales en fournissant du personnel qualifié, une aide logistique et un soutien technique. Elle fait également la promotion du rôle du BCAH au moyen de campagnes de sensibilisation, de conférences et de partenariats ciblés visant à renforcer le système humanitaire international.
L’Italie soutient également la coordination des interventions en cas de crise grâce à son fonds pour les mesures d’urgence et à ses opérations de secours humanitaires et contribue régulièrement au Fonds central d’intervention d’urgence (en anglais) des Nations Unies. En outre, l’Italie met à disposition un entrepôt dédié à Brindisi où le BCAH peut stocker des biens et des fournitures humanitaires, ce qui permet de réagir rapidement aux urgences humanitaires à l’échelle mondiale. De plus, l’Italie participe au groupe de soutien des donateurs du BCAH, qui rassemble tous les principaux donateurs du système des Nations Unies et établit les lignes directrices et les politiques dans ce domaine.
Depuis 2014, l’Allemagne soutient le rôle de l’OMS au sein du système humanitaire par l’octroi d’un financement substantiel aux appels d’urgence et au Fonds de réserve pour les situations d’urgence (en anglais). Ces contributions ont permis à l’organisation sanitaire d’agir rapidement en cas de crise et de remplir son rôle d’organisation chef de file du groupe de responsabilité sectorielle pour la santé à l’échelle mondiale (Global Health Cluster) (en anglais). Lors des discussions du G7, de l’Assemblée mondiale de la Santé et de l’ONU, l’Allemagne a également plaidé en faveur d’une coordination plus étroite entre l’OMS et le BCAH, soulignant la nécessité d’une gouvernance cohérente des urgences sanitaires mondiales.
Le financement de base du Royaume-Uni à l’OMS et au BCAH soutient la coordination générale et le leadership des groupes de responsabilité sectorielle. Le Royaume-Uni appuie également la Politique concernant la participation de l’OMS à des partenariats mondiaux pour la santé et les modalités d’hébergement (en anglais), qui aide à orienter la collaboration avec des organisations telles que le BCAH. En outre, le Royaume-Uni participe activement au Segment des affaires humanitaires du Conseil économique et social des Nations Unies, une plateforme clé pour discuter de la coordination entre les acteurs humanitaires.
Par le processus d’amendement du Règlement sanitaire international et l’adoption d’un traité sur les pandémies, la France soutient le renforcement de l’architecture sanitaire mondiale et du multilatéralisme. Le Japon a soutenu les efforts visant à améliorer l’harmonisation et la coordination entre les acteurs mondiaux de la santé tant à l’échelle mondiale que nationale, en particulier par l’intermédiaire du Bureau régional du Pacifique occidental de l’OMS.
France : Formation du personnel de la santé partout dans le monde

Mention de source : © Présidence de la République française
En partie grâce à un investissement financier de 120 millions d’euros octroyé par la France, l’Académie de l’OMS comble les lacunes importantes en matière de formation du personnel de la santé. Elle vise à améliorer la qualité des soins dans les pays à revenu faible et intermédiaire et à garantir l’accès aux produits de santé. Inaugurée par le président de la France, Emmanuel Macron, et le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesusthe, en décembre 2024, l’académie entend devenir le centre de référence mondial pour la formation continue du personnel de la santé.
Entre autres, le centre de simulation de l’académie utilise des technologies et des méthodes pédagogiques de pointe pour offrir des expériences interactives et immersives qui reproduisent des situations réelles de santé publique, y compris des contextes d’urgence et de crise. L’académie joue également un rôle central dans l’amélioration de l’accès aux normes techniques et d’application et aux recommandations politiques de l’OMS. Cela favorise la formation d’un personnel mondial de la santé compétent, motivé et bien accompagné, en plus d’aider à améliorer la qualité des services de santé et à préparer les systèmes de santé à de futures pandémies.
12. Mobiliser le soutien en faveur des initiatives de santé mondiale
« [...] nous réitérons notre engagement à mettre fin, d’ici 2030, au VIH, à la tuberculose et au paludisme, en particulier en soutenant le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme [...]. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 31
« Nous attendons avec impatience le réapprovisionnement durable de GAVI ainsi que de l’Organisation mondiale de la santé et du Fonds mondial. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 31 et 32
« Nous notons l’importance de renforcer l’harmonisation et la collaboration dans l’ensemble de l’écosystème mondial du financement de la santé à l’appui des priorités nationales en matière de couverture sanitaire universelle, en nous basant sur les conclusions du rapport sur l’avenir des initiatives mondiales pour la santé. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
« Nous demandons un soutien continu : i) au Fonds de lutte contre les pandémies, y compris en augmentant le nombre de donateurs et en demandant au moins 2 milliards de dollars américains en nouveaux engagements et un cofinancement égal ou supérieur à ce montant [...]. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
Chaque année, des millions de personnes dans le monde entier sont infectées par des maladies évitables telles que le VIH, le paludisme et la tuberculose. En 2023, 39,9 millions de personnes (en anglais) vivaient avec le VIH à l’échelle mondiale et on estimait à 10,8 millions le nombre de personnes atteintes de tuberculose, dont 1,3 million d’enfants. On comptait également 263 millions de cas de paludisme : environ 597 000 personnes sont décédées de cette maladie en 2023, dont 76 % étaient des enfants de moins de cinq ans.
Le Fonds mondial est un partenariat conçu pour accélérer l’élimination de ces trois épidémies en soutenant les programmes nationaux de lutte contre ces maladies et en renforçant les systèmes de santé. Au cours des deux dernières décennies, le Fonds mondial a réduit de 63 % le taux de mortalité combiné lié au sida, à la tuberculose et au paludisme, et sauvé 70 millions de vies. Les membres du G7 ont joué un rôle clé dans cette réussite.
Ces dernières années, le soutien financier du G7 au Fonds mondial a considérablement augmenté, les contributions de chaque pays ayant augmenté de 220 à 650 %. Par exemple, l’Allemagne a versé plus de 1,2 milliard d’euros au Fonds mondial entre 2023 et 2025, contre seulement 159 millions d’euros durant l’exercice 2006 à 2007. La contribution du Royaume-Uni au Fonds mondial est passée de 200 millions de livres sterling durant l’exercice 2006 à 2007 à 1 milliard de livres sterling entre 2023 et 2025. La France reste le deuxième donateur du Fonds mondial, ayant versé plus de 7,4 milliards d’euros depuis sa création.
Lors de la septième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial en septembre 2022, les membres du G7 se sont engagés à verser plus de 12,2 milliards de dollars américains.
Ce financement a permis d’accomplir des progrès considérables ces dernières années. Selon le rapport de 2025 sur les résultats du Fonds mondial, l’organisation a déboursé, en 2024, 4,8 milliards de dollars américains. Ce financement a permis :
- de distribuer 162 millions de moustiquaires pour prévenir le paludisme;
- de traiter 7,4 millions de personnes atteintes de tuberculose;
- d’augmenter le nombre de personnes sous traitement antirétroviral à plus de 25 millions.
Ces mesures ont une incidence concrète. Bien que la tuberculose ait tué environ 1,3 million de personnes en 2023, les taux ont diminué de 40 % dans les pays où le Fonds mondial a investi entre 2002 et 2023. La couverture du traitement de la tuberculose a également atteint 75 % en 2023, contre 45 % en 2010.
Le Fonds a notamment accompli des progrès considérables dans la réduction des taux de tuberculose au Bangladesh, où les décès dus à cette maladie ont diminué de 55 % depuis 2002. Néanmoins, on estime que 42 000 personnes sont décédées de cette maladie dans le pays en 2022, sans compter les patients séropositifs atteints de tuberculose. La tuberculose reste l’une des causes de décès les plus courantes chez les personnes vivant avec le VIH.
Dans les pays où le Fonds mondial investit, 79 % des personnes vivant avec le VIH suivaient un traitement antirétroviral en 2024, contre seulement 22 % en 2010. En 2024, environ 12,3 millions de personnes ont bénéficié de services de prévention du VIH et 648 000 mères séropositives ont reçu des médicaments qui leur ont permis de rester en vie et d’éviter la transmission du virus à leurs bébés.
Le Fonds mondial accorde 59 % de l’ensemble du financement international destiné aux programmes de lutte contre le paludisme. En juin 2025, il avait investi plus de 20,3 milliards de dollars américains dans des programmes de lutte contre cette maladie. En conséquence, le pourcentage de la population ayant accès à des moustiquaires imprégnées d’insecticide longue durée a atteint 61 % en 2023, contre 29 % en 2010. En Afrique subsaharienne, les programmes de lutte contre le paludisme soutenus par le Fonds mondial ont permis d’augmenter le pourcentage de la population disposant de moustiquaires imprégnées d’insecticide, qui est passé de 4 % en 2002 à 61 % en 2023. Cela a contribué à une réduction de 51 % du taux de mortalité lié au paludisme depuis 2002.
Soutenir le travail de Gavi
Gavi est un partenariat entre les secteurs public et privé dans le domaine de la santé qui œuvre à améliorer l’accès à la vaccination dans 57 pays à revenu faible et intermédiaire. Il contribue à l’achat et à la distribution des vaccins qui immunisent les enfants contre 19 maladies infectieuses, notamment :
- le choléra;
- la diphtérie;
- la fièvre jaune;
- la méningite;
- la poliomyélite;
- la rougeole;
- le tétanos.
Selon le rapport d’étape de 2024 de Gavi (en anglais), depuis sa création en 2000, l’alliance a contribué à vacciner plus de 1,2 milliard d’enfants dans 78 pays (en date de janvier 2024). Gavi a également administré 2,1 milliards de vaccins dans le cadre de campagnes de prévention, contribuant ainsi à éviter environ 18,8 millions de décès. Néanmoins, environ 1,5 million d’enfants meurent encore chaque année de maladies évitables par la vaccination, et environ 14 millions de nourrissons n’ont toujours pas accès à des vaccins vitaux.
Au fil des ans, les engagements du G7 envers Gavi ont augmenté afin de soutenir son portefeuille croissant de vaccins, y compris les nouveaux vaccins contre le paludisme. Pendant la pandémie de COVID-19, les pays du G7 ont intensifié leurs contributions à l’initiative COVAX, codirigée par Gavi. Ils ont notamment octroyé plus de 9 milliards de dollars américains pour la vaccination contre la COVID-19 et la distribution de vaccins dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Ce soutien a aidé Gavi à prévenir des millions de décès dans le monde entier. Selon le rapport d’étape de 2023 de Gavi, en 2023, l’alliance a contribué à vacciner 69 millions d’enfants dans 57 pays, ce qui a permis d’éviter environ 1,3 million de décès. Entre 2021 et 2022, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans dans les pays où Gavi intervient est passé de 55,3 à 53,6 décès pour 1 000 nouveau-nés vivants, ce qui place Gavi en bonne voie pour atteindre une réduction de 10 % d’ici 2025.
Malgré ces progrès, le nombre d’enfants dans les pays soutenus par Gavi qui n’ont reçu aucun vaccin dans le cadre de leur programme de vaccination systématique s’élevait à 11 millions en 2023, soit une augmentation importante par rapport aux 9,3 millions enregistrés en 2019.
L’initiative a également intensifié son programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) en 2023, plus de 14 millions de filles ayant été entièrement vaccinées contre le VPH grâce au soutien de Gavi.
Tableau 4 : Engagements pris par le G7 lors de la septième reconstitution des ressources du Fonds mondial
Montants en millions de dollars américains
| Pays | 2023 à 2025 |
|---|---|
Canada | 904,20 $ |
Italie | 183,81 $ |
France | 1 585,69 $ |
Allemagne | 1 291,60 $ |
Japon | 1 080,00 $ |
Royaume-Uni | 1 176,12 $ |
États-Unis | 6 000,00 $ |
Total | 12 221,42 $ |
Source : Fonds mondial
Tableau 5 : Engagements pris par le G7 envers Gavi, l’Alliance du vaccin
Montants en millions de dollars américains
| Pays | 2021 à 2025 |
|---|---|
Canada | 1 030 |
Commission européenne | 1 397 |
France | 797 |
Allemagne | 2 184 |
Italie | 817 |
Japon | 1 600 |
Royaume-Uni | 2 642 |
États-Unis | 5 190 |
Total | 15 597 |
Source : Gavi, l’Alliance du vaccin
13. Résistance aux antimicrobiens
« Reconnaissant l’augmentation rapide au plan mondial de la résistance aux antimicrobiens, nous rappelons que nous ne ménagerons pas nos efforts pour continuer de lutter contre cette pandémie silencieuse. Nous continuerons de promouvoir une utilisation prudente et responsable des antibiotiques dans la médecine humaine comme vétérinaire, à sensibiliser aux risques du sepsis, à conduire la mise en place de systèmes de surveillance intégrés fondés sur l’approche “Une seule santé”, à faire progresser dans le même temps l’accès aux antimicrobiens, à renforcer la recherche et l’innovation concernant les nouveaux antibiotiques dans le cadre de partenariats internationaux et à encourager la mise au point de nouveaux traitements antimicrobiens grâce à des mesures d’incitation. » — Communiqué des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2022, paragraphe 41
« Conscients de l’augmentation rapide de la résistance aux antimicrobiens au niveau mondial, nous demeurons déterminés à étudier et à mettre en œuvre des mesures incitatives et attractives pour accélérer la recherche et développement sur les antimicrobiens et à promouvoir l’accès aux antimicrobiens et leur utilisation prudente et responsable dans la perspective de la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la résistance aux antimicrobiens en 2024. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 35
« Nous demeurons profondément préoccupés par la résistance aux antimicrobiens et d’autres problèmes de santé exacerbés par la triple crise planétaire, c’est-à-dire les changements climatiques, la perte de biodiversité et la pollution, y compris dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
« Nous continuerons d’agir en faveur d’un accès équitable aux antibiotiques essentiels et de la prise de mesures intégrées contre la résistance aux antimicrobiens à l’intérieur du cadre “Une seule santé”, en examinant et en mettant en œuvre des mesures de prévention et de contrôle des infections ainsi qu’en adoptant une gestion prudente et adéquate des antimicrobiens, y compris la surveillance de leur utilisation et de leur consommation. Nous allons également mettre en œuvre des mesures incitatives en aval et en amont, soutenir des partenariats public-privé et explorer des instruments novateurs pour accélérer la recherche et le développement sur les nouveaux antimicrobiens, leurs solutions de rechange et les diagnostics. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, pages 32 et 33
La résistance aux antimicrobiens (RAM) est un enjeu de santé publique mondial urgent. On estime qu’elle a été associée à près de 5 millions de décès (en anglais) dans le monde entier uniquement en 2019. Elle exige une action collective urgente pour protéger la santé humaine, animale et végétale, ainsi que pour garantir la salubrité et la sécurité alimentaire.
Tous les pays du G7 ont élaboré des PAN contre la RAM. Cinq plans se situent au niveau supérieur « constant », ce qui signifie qu’ils disposent d’un financement dédié dans leur budget national. Le plan de l’Allemagne reste au niveau « développé », après avoir été approuvé et mis en œuvre. Entre 2022 et 2024, le Canada est passé du niveau « limité » au niveau « développé ». Tous les plans d’action du G7 contre la RAM adoptent l’approche « Une seule santé ».
Depuis 2015, l’Organisation mondiale de la santé animale recueille des données sur l’utilisation d’antimicrobiens chez les animaux. ANIMUSE, la base de données mondiale sur l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux, facilite l’accès à cette collection d’informations cruciales et en pleine expansion. Le Canada a soumis pour la première fois des données à ANIMUSE en 2025 et est en train de rendre ses données publiques dans la base de données. La France a fait rapport à ANIMUSE depuis son premier cycle de collecte et a accepté de rendre ses données publiques.
La France s’efforce d’améliorer l’intégration de la surveillance de la RAM et de l’utilisation des antimicrobiens. Elle a financé plusieurs projets et programmes à l’échelle nationale et dans toute l’Europe par l’intermédiaire de l’initiative de l’Équipe Europe pour une sécurité sanitaire durable selon l’approche « Une seule santé », de l’action conjointe européenne dédiée à la lutte contre la résistance aux antimicrobiens et les infections associées aux soins et du Partenariat européen sur l’approche « Une seule santé » pour la résistance aux antimicrobiens (en anglais), entre autres. Elle soutient également des programmes mondiaux par l’intermédiaire du Fonds de lutte contre les pandémies, du Fonds mondial et d’Unitaid. En outre, la France collabore étroitement avec des entités internationales telles que le Partenariat mondial pour la recherche et le développement des antibiotiques et le Centre international pour les solutions contre la résistance aux antimicrobiens [International Centre for Antimicrobial Resistance Solutions].
Le Canada continue de soutenir la surveillance intégrée de la RAM selon l’approche « Une seule santé » à l’échelle nationale dans le cadre du Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA). Le PICRA a récemment mis à jour son tableau de bord avec les données existantes du système de rapport sur les ventes de médicaments vétérinaires antimicrobiens afin d’afficher les informations jusqu’en 2023. En outre, des mises à jour ont été apportées à ce système afin de renforcer la déclaration des antimicrobiens importants sur le plan médical qui sont accessibles à des fins vétérinaires au Canada. Depuis 2022, le PICRA surveille la RAM en évaluant :
- les bactéries provenant d’échantillons d’eau de surface prélevés sur les sites sentinelles de FoodNet Canada;
- les variétés de Salmonella provenant de l’environnement des animaux d’élevage;
- certains agents pathogènes animaux.
Dans le cadre du PICRA, le Canada tient des réunions mensuelles avec le Système national de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (National Antimicrobial Resistance Monitoring System) des États-Unis et participe régulièrement aux mesures de surveillance pertinentes du Groupe de travail transatlantique sur la RAM.
En 2023, le Système canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens a lancé des tableaux de bord en ligne sur la RAM et l’utilisation des antimicrobiens chez les humains et les animaux. Les tableaux de bord présentent des informations provenant de plusieurs systèmes de surveillance et mettent en évidence les agents pathogènes préoccupants en matière de RAM.
Le Canada fournit chaque année des données de surveillance par l’intermédiaire du Système mondial de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de leur utilisation (en anglais) de l’OMS et apporte son expertise technique à l’ONUAA pour la mise au point de son système InFARM. Le Canada rend également compte chaque année des progrès accomplis dans la mise en œuvre de son PAN dans le cadre de l’enquête d’auto-évaluation nationale sur le suivi de la RAM.
L’Agence de la santé publique du Canada, en collaboration avec Santé Canada, travaille à l’élaboration d’un projet pilote d’incitatifs économiques visant à améliorer l’accès aux antimicrobiens qui répondent aux besoins prioritaires non satisfaits en matière de santé de la population canadienne. Le Canada a également versé 300 000 dollars canadiens à SECURE, une initiative mise en place par le Partenariat mondial pour la recherche et le développement des antibiotiques et l’OMS qui vise à élargir l’accès aux antibiotiques vitaux aux pays et aux populations qui en ont besoin et à garantir leur utilisation adéquate.
Les systèmes de surveillance de la RAM et de la consommation d’antimicrobiens en Allemagne sont en constante expansion. Ces données serviront de base au système de surveillance intégré selon l’approche « Une seule santé » en cours d’élaboration. Elles sont également utilisées pour répondre aux exigences de déclaration du Réseau européen de surveillance de la RAM et du Réseau européen de surveillance de la consommation d’antimicrobiens, ainsi que du Système mondial de surveillance de la RAM et de leur utilisation.
Depuis 2022, l’Allemagne soutient le Fonds fiduciaire multipartenaires contre la résistance aux antimicrobiens en accordant une contribution de plus de 3,7 millions de dollars américains. Cela a permis d’aider 14 pays et de contribuer à la mise en place de systèmes de surveillance mondiaux. Le fonds soutient les efforts déployés par chaque pays en transmettant des outils et des normes et en garantissant la cohérence entre les différents secteurs. Par exemple, en 2024, il a contribué à l’élaboration et au lancement du Système mondial intégré de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (en anglais).
L’Allemagne a également versé plus de 126 millions d’euros à l’initiative régionale de l’Équipe Europe avec l’Afrique sur la sécurité sanitaire durable selon l’approche « Une seule santé ». Cette initiative vise à renforcer la prévention, la préparation et la réponse intersectorielles relativement aux épidémies de maladies infectieuses et à la résistance aux antibiotiques. Grâce au cofinancement de l’UE, de la France et des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies, les axes de travail actuels se concentrent sur la coordination quant à l’approche « Une seule santé », les zoonoses, la sécurité alimentaire, les changements climatiques et la RAM.
Le Centre de recherche sur la résistance aux antimicrobiens (en japonais) de l’Institut national des maladies infectieuses du Japon mène une surveillance intégrée annuelle fondée sur l’approche « Une seule santé ». Celle-ci comprend la surveillance tricycle, conformément au protocole recommandé par l’OMS, qui surveille les bactéries E. coli productrices de bêta-lactamases à spectre étendu dans trois secteurs : l’homme, l’alimentation et l’environnement. En outre, le Centre de recherche sur la RAM surveille les bactéries pathogènes d’origine alimentaire provenant des produits d’élevage et les cas de maladies d’origine alimentaire, en se concentrant sur :
- les variétés de Salmonella;
- les variétés de Campylobacter;
- les variétés d’entérocoques (provenant uniquement des aliments);
- la bactérie coli;
- le staphylocoque doré.
Le Centre de recherche sur la RAM fournit également des données sur la RAM au Système mondial de surveillance de la RAM et de leur utilisation, notamment des données agrégées provenant du Système de surveillance des infections nosocomiales du Japon, des données de surveillance des gonocoques provenant de l’Institut national des maladies infectieuses et des données de surveillance annuelles sur les agents pathogènes d’origine alimentaire recueillies par un consortium d’instituts de santé locaux.
Depuis 2022, l’UE a fait progresser les systèmes de surveillance intégrés dans le cadre de l’approche « Une seule santé » en renforçant son cadre réglementaire. Cela comprend l’élaboration de nouvelles mesures législatives imposant la collecte harmonisée de données sur la RAM et l’utilisation des antimicrobiens chez les animaux dans tous les États membres. L’UE a soutenu des initiatives mondiales de surveillance et y a contribué, notamment le Système mondial de surveillance de la RAM et de leur utilisation, ANIMUSE, InFARM et le Système mondial intégré de surveillance de la RAM, en harmonisant ses systèmes et ses mécanismes de notification afin de faciliter la communication et la comparabilité des données à l’échelle mondiale. Elle a également renforcé sa coopération avec ses partenaires régionaux afin de soutenir le renforcement des capacités et l’interopérabilité des systèmes de surveillance de la RAM. Ces efforts visent à améliorer les capacités de détection, d’analyse et de réponse dans tous les secteurs, contribuant ainsi à une approche internationale coordonnée en matière de RAM.
Afin d’améliorer l’accès aux traitements antimicrobiens pour les populations mal desservies des pays à revenu faible et intermédiaire, la Commission européenne s’est concentrée sur l’établissement de l’ordre des priorités en soutenant les publications de l’OMS dans les domaines suivants :
- L’identification d’agents pathogènes bactériens et fongiques prioritaires;
- L’analyse de la filière d’agents antibactériens et antifongiques, de diagnostics et de vaccins;
- L’élaboration de profils de produits cibles.
Afin d’améliorer l’accès aux antibiotiques nouvellement approuvés et de soutenir les achats groupés pour élargir l’accès et réduire les pénuries d’anciens antibiotiques et de médicaments antituberculeux, la Commission européenne explore des mesures incitatives en amont telles que les garanties de revenus. Durant l’exercice 2023 à 2024, elle a collaboré avec l’Agence européenne des médicaments pour surveiller l’offre et la demande d’antibiotiques en hiver en raison des épidémies communautaires. Elle a également publié des études pertinentes afin de fournir des preuves et de planifier les prochaines mesures en matière de préparation et d’accès au marché. Les thèmes abordés comprennent :
- les obstacles à la lutte contre la RAM;
- la faisabilité de la constitution de réserves;
- la manière de commercialiser les contre-mesures médicales liées à la RAM.
La Commission européenne travaille également sur le financement incitatif par l’intermédiaire d’appels à propositions, d’appels d’offres ciblant des produits précis et d’un soutien aux organisations internationales qui font progresser le développement préclinique et les essais cliniques.
En outre, l’UE soutient entre autres l’Action commune sur la RAM et les infections associées aux soins de santé, la création du Comité indépendant sur les données probantes pour lutter contre la RAM et la Plateforme pour l’accès aux nouveaux médicaments de l’OMS.
En tant que membre de l’UE, l’Italie participe au projet Action commune de l’UE sur la RAM et les infections associées aux soins de santé 2 et contribue au Partenariat européen sur l’approche « Une seule santé » pour la RAM, qui vise à investir 250 millions d’euros dans la recherche sur la RAM. Par l’intermédiaire de l’Istituto Superiore di Sanità (en anglais), l’Italie renforce la surveillance nationale selon l’approche « Une seule santé » et intègre des données intersectorielles pour étayer son rapport annuel sur la RAM.
Le PAN du Royaume-Uni contre la RAM pour la période de 2024 à 2029 comprend des engagements visant à renforcer les capacités de surveillance nationales et mondiales. Le Royaume-Uni a entrepris plusieurs activités pour promouvoir des systèmes de surveillance intégrés, notamment pour la RAM.
Le Fonds Fleming (en anglais) du Royaume-Uni est le plus important investissement à l’échelle mondiale en matière d’APD liée à la surveillance de la RAM. Il s’est associé à plus de 30 pays à revenu faible et intermédiaire pour mettre en place des systèmes de surveillance durables en matière de RAM selon l’approche « Une seule santé ». Le Royaume-Uni plaide également en faveur de la transparence des données et soutient la soumission des données à des bases de données mondiales telles que le Système mondial de surveillance de la RAM et de leur utilisation, ANIMUSE, le Système mondial intégré de surveillance de la RAM et InFARM.
Le Royaume-Uni est également un bailleur de fonds clé du Fonds fiduciaire multipartenaires contre la RAM, renforçant les capacités des pays à revenu faible et intermédiaire et la mise en œuvre des PAN. Aux côtés d’autres pays du G7, le Royaume-Uni participe activement au Comité du Codex Alimentarius et a contribué à l’élaboration des Lignes directrices sur la surveillance et le contrôle intégrés (en anglais) en 2021.
Renforcer les partenariats en matière de recherche et d’innovation
Par l’intermédiaire du Fonds mondial pour l'innovation en matière de RAM (GAMRIF), le Royaume-Uni soutient la recherche et l’innovation dans les domaines des diagnostics, des traitements, de la prévention et des solutions de rechange au bénéfice des pays à revenu faible et intermédiaire. Ce travail demande la collaboration avec sept partenaires de mise en œuvre et le financement de plus de 115 projets de recherche dans plus de 30 pays. Grâce à son portefeuille, le GAMRIF finance l’Accélérateur biopharmaceutique de lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques (CARB-X), un partenariat mondial à but non lucratif qui accélère le développement de produits antibactériens pour lutter contre les bactéries résistantes aux médicaments. Le CARB-X a fait progresser au moins cinq produits jusqu’à la première phase des essais cliniques. Le fonds a également contribué à l’élaboration du tout premier Stewardship and Access Plan Development Guide (en anglais) destiné aux développeurs de produits.
Le GAMRIF investit également dans le Partenariat mondial pour la recherche et le développement des antibiotiques, un partenariat à but non lucratif dédié au développement de produits. Ce financement soutient la mise au point du zoliflodacin, un antibiotique oral de nouvelle classe contre la gonorrhée résistante aux médicaments, qui est actuellement examiné par le Secrétariat américain aux produits alimentaires et pharmaceutiques. S’il est approuvé, l’antibiotique zoliflodacin pourrait devenir le premier nouveau traitement depuis plus de 30 ans. Le partenariat cible également les infections bactériennes graves dans les hôpitaux, notamment la septicémie chez les enfants et les adultes. Il soutient actuellement un essai clinique qui évalue des combinaisons d’antibiotiques vitaux pour la septicémie néonatale dans neuf hôpitaux en Afrique et en Asie.
Grâce au Partenariat mondial pour la recherche et le développement des antibiotiques, le GAMRIF soutient, en collaboration avec le CARB-X et l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé (en anglais), un projet visant à garantir un accès mondial à l’antibiotique céfidérocol et à transformer l’accès aux antibiotiques. Le GAMRIF s’est également associé à l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé du Royaume-Uni afin de renforcer les capacités réglementaires mondiales dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Par l’intermédiaire de la KfW, l’Allemagne s’est engagée à verser 11 millions d’euros au Partenariat mondial pour la recherche et le développement des antibiotiques d’ici 2029, afin de garantir un accès plus durable, plus équitable et plus abordable aux nouveaux antibiotiques qui luttent contre les bactéries multirésistantes. Le Japon a également versé 6,4 millions de dollars américains au Partenariat mondial pour la recherche et le développement des antibiotiques et au CARB-X pour soutenir la recherche et l’innovation en matière de nouveaux traitements.
Grâce au financement du Royaume-Uni, la TB Alliance a mis au point le BPaL/M, un traitement radicalement plus efficace et plus court pour soigner la tuberculose résistante aux médicaments. Ce traitement innovant coûte moins d’un dollar par jour et devrait sauver entre 15 000 et 43 000 vies dans le monde entier d’ici 2025.
Le Royaume-Uni a accompli des progrès considérables dans la mise en œuvre d’une mesure incitative en amont pour les nouveaux antibiotiques. En août 2024, son service national de santé a passé des contrats d’une valeur estimée à près de 1,9 milliard de livres sterling sur 16 ans pour de nouveaux médicaments antimicrobiens. Tout au long de l’année 2025, le Royaume-Uni a activement communiqué les enseignements tirés de son expérience afin d’accélérer la mise en œuvre de mesures incitatives en amont au sein du G7.
En 2025, l’Italie a contribué à promouvoir les mesures incitatives en aval en versant 21 millions de dollars américains au CARB-X (en anglais). Afin de promouvoir le développement d’antibiotiques et l’accès à ceux-ci pour les germes multirésistants, l’Italie a mis en place des mesures incitatives en amont en allouant 100 millions d’euros par an au Fonds national pour les médicaments innovants. Cette somme servira à rembourser les antibiotiques de « réserve », conformément à la classification AWaRe (en anglais) de l’OMS.
En partenariat avec l’industrie pharmaceutique, l’UE a cofinancé le projet COMBACTE-CARE (en anglais) de l’Initiative pour une santé innovante. Ce projet a joué un rôle clé dans le développement du nouvel antibiotique Emblaveo, qui a été autorisé dans l’UE en 2024. Deux des études cliniques sur l’antibiotique Emblaveo ont été soutenues par COMBACTE-CARE. Compte tenu des avantages majeurs de ce nouvel antibiotique pour la santé publique, il a été évalué dans le cadre du mécanisme d’évaluation accélérée de l’Agence européenne des médicaments.
En 2025, le nouveau Partenariat européen sur l’approche « Une seule santé » pour la RAM (en anglais) a été lancé. Il rassemble 53 organisations de 30 pays autour d’un cadre ambitieux de programmes visant le financement de projets de recherche et d’innovation, le renforcement des capacités, l’application des connaissances, ainsi que l’incidence et l’exploitation des données. Le partenariat dispose d’un financement commun d’environ 250 millions d’euros pour des projets de recherche et d’innovation, dont une contribution de l’UE pouvant atteindre 75 millions d’euros pour les 10 prochaines années.
Le Global Health-European and Developing Countries Clinical Trials Partnership 3 (EDCTP3) (en anglais), une initiative commune de la Commission européenne et de l’association EDCTP (en anglais), investit dans la recherche clinique collaborative en Afrique afin d’élaborer des solutions locales susceptibles d’être appliquées à plus grande échelle pour relever le défi mondial que représente la RAM. En 2024, un appel précis a été lancé pour se concentrer sur la lutte contre la RAM par la recherche et le développement dans les antimicrobiens nouveaux et existants.
L’Agence de la santé publique du Canada a également investi 6,3 millions de dollars canadiens dans le CARB-X. Ce financement vise à renforcer l’écosystème canadien de recherche et de développement sur la RAM en augmentant le nombre de développeurs de produits canadiens qui présentent une demande pour faire partie du portefeuille du CARB-X. Il contribuera également aux efforts mondiaux communs visant à stimuler la recherche et le développement pour la filière d’antimicrobiens.
En outre, l’Agence de la santé publique du Canada s’est engagée à verser 3,2 millions de dollars canadiens sur cinq ans au programme de contre-mesures médicales afin de mettre à l’essai un service centralisé qui offre de la phagothérapie au Canada. Le programme Phage Science, Therapeutics, and Research (PhageSTAR) collabore actuellement avec l’Association pour la microbiologie médicale et l’infectiologie du Canada et Santé Canada afin d’élaborer des lignes directrices cliniques et réglementaires pour la prestation de la phagothérapie dans tout le pays.
Les Instituts de recherche en santé du Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada collaborent avec l’Agence de la santé publique du Canada et Environnement et Changement climatique Canada à l’élaboration d’une stratégie nationale de recherche sur la RAM selon l’approche « Une seule santé ». Cette stratégie établira un ensemble de priorités de recherche sur la RAM afin de renforcer les connaissances scientifiques et de permettre aux partenaires d’accroître la coordination et la collaboration en matière de RAM dans le cadre de l’approche « Une seule santé ».
Améliorer les capacités nationales de lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans les pays partenaires soutenus par le G7
En 2016, l’Allemagne a lancé le Global Health Protection Programme, qui met à disposition à l’échelle internationale l’expertise et les compétences clés d’institutions allemandes spécialisées. Ce programme soutient les pays partenaires et vise à renforcer les systèmes de santé aux niveaux national, régional et international, en particulier en ce qui concerne la prévention et la gestion des épidémies et des pandémies. L’un des axes prioritaires du programme est la lutte contre la RAM.
L’Allemagne soutient également le One Health Research, Education and Outreach Centre in Africa (en anglais), qui propose des formations interdisciplinaires sur la RAM, en mettant l’accent sur l’interface homme-animal-environnement. Le centre renforce également les capacités institutionnelles et encourage une utilisation responsable des antimicrobiens dans tous les secteurs.
Depuis 2022, l’UEaction a versé 500 000 euros au Fonds fiduciaire multipartenaires contre la RAM grâce à une collaboration stratégique et à un soutien aux PAN de l’approche « Une seule santé ». Ce fonds permet aux pays d’accéder à un soutien de la Quadripartite, à des ressources et outils mondiaux en matière de surveillance, à l’élaboration de politiques et à un suivi. Le Fonds fiduciaire multipartenaires finance actuellement des projets dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, notamment au Bangladesh, au Cambodge, en Éthiopie, au Ghana, en Mongolie, au Pérou, au Tadjikistan et au Zimbabwe.
Lors de la réunion de 2018 sur l’aperçu des risques d’exploitation et d’abus sexuels, il a été recommandé que le système national japonais de surveillance de la RAM fondé sur les technologies de l’information, le Asian Antimicrobial Resistance Surveillance Network (ASIARS-Net) (en anglais), soit utilisé en combinaison avec le programme informatique de gestion et d’analyse des données de laboratoire de microbiologie WHONET (en anglais). En 2022, ASIARS-Net a été mis à l’essai dans trois grands hôpitaux thaïlandais (traitant chacun plus de 20 000 isolats par an) et une formation sur son utilisation a été dispensée au Vietnam.
Le Centre de référence clinique sur la RAM du Japon a également prodigué des conseils sur l’élaboration du système de surveillance de la consommation d’antimicrobiens dans la région du Pacifique occidental (en anglais), lancé par le Bureau régional du Pacifique occidental de l’OMS. Le centre a également examiné le PAN du Bhoutan à la demande du ministère de la Santé de ce pays.
Grâce au Fonds Fleming, le Royaume-Uni a établi des partenariats avec plus de 30 pays, ce qui a permis d’améliorer les mécanismes de surveillance et d’intervention, de renforcer la production de données, de mettre à jour et d’évaluer le coût des PAN et d’améliorer les rapports mondiaux. La contribution de 6,8 millions de livres sterling du Royaume-Uni au Fonds fiduciaire multipartenaires contre la RAM complète ce soutien, permettant un engagement plus large, une mise en œuvre dans tous les secteurs à l’échelle nationale et la création de l’Independent Panel on Evidence for Action against Antimicrobial Resistance (en anglais).
Par l’intermédiaire du GAMRIF, le Royaume-Uni a accordé un financement qui soutient directement les chercheurs des pays à revenu faible et intermédiaire et favorise des partenariats équitables avec les institutions de contrôle des infections hospitalières afin de renforcer les capacités en matière de résistance aux antimicrobiens. En outre, le GAMRIF assure un renforcement ciblé des capacités, notamment en matière de commercialisation et de soutien réglementaire, par exemple grâce à son partenariat avec l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé du Royaume-Uni.
Le Canada a investi dans l’Initiative de programmation conjointe sur la RAM (en anglais), une organisation mondiale soutenue par 29 pays, afin de lutter contre la RAM selon l’approche « Une seule santé ». Cette initiative finance la recherche qui comble les lacunes en matière de RAM et offre aux pays des conseils sur la manière d’harmoniser leurs recherches sur la RAM tant à l’échelle nationale qu’internationale.
Grâce au financement de projets régionaux et bilatéraux, la France contribue à renforcer les capacités nationales de lutte contre la RAM dans des pays tels que l’Arménie, le Cambodge, le Djibouti, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie.
14. Maladies tropicales négligées
« Nous nous engageons à soutenir la recherche sur les maladies tropicales négligées en mettant l’accent plus particulièrement sur les domaines où les besoins sont les plus urgents. […] Nous soutiendrons des mécanismes mis en place au sein des communautés locales pour distribuer des traitements et prévenir, contrôler et enfin éliminer ces maladies. Nous investirons dans la prévention et le contrôle des maladies tropicales négligées afin d’atteindre les cibles relatives à l’élimination de ces maladies d’ici 2020. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement, Elmau, Allemagne, 2015, page 14
« Nous reconnaissons aussi l’importance et la contribution de la R-D et de l’innovation pour préserver et déployer les remèdes existants et pour découvrir de nouveaux remèdes dans ce domaine et d’autres domaines de la santé, comme la lutte contre les maladies tropicales négligées et les maladies infectieuses liées à la pauvreté. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 10
« En outre, nous réitérons notre engagement à mettre fin, d’ici 2030, au VIH, à la tuberculose et au paludisme, en particulier en soutenant le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et aux maladies tropicales négligées et à la poliomyélite en tant que menaces pour la santé publique, et à lutter contre les effets des changements climatiques sur les maladies infectieuses, qui sont déjà observés à l’échelle mondiale, y compris au cours des récentes éclosions de choléra et de dengue. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 31
On estime que les maladies tropicales négligées (MTN) touchent plus d’un milliard de personnes partout dans le monde. Ces virus, bactéries, parasites, champignons et toxines entraînent des conséquences dévastatrices sur la santé, la société et l’économie. Le Laboratoire national de microbiologie du Canada contribue de manière continue à la recherche sur les MTN en :
- mettant au point des tests diagnostiques pour détecter les agents pathogènes à haut risque;
- mettant au point des tests à flux latéral pour détecter les filovirus;
- collaborant avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies;
- collaborant avec Diosynvax;
- collaborant avec Public Health Vaccine.
Le Canada s’est engagé à verser 15 millions de dollars canadiens 2023 et 2027 à la nouvelle initiative Improved Health of Communities, Women, and Children Through the Elimination of Trachoma in the Americas (en anglais). Ce partenariat avec l’Organisation panaméricaine de la santé soutient les efforts de 10 pays de l’Amérique latine et des Caraïbes pour éliminer le trachome, une infection bactérienne contagieuse de l’œil. L’initiative vise à accroître l’accès aux interventions SAFE et la demande de telles interventions, en tenant compte des spécificités culturelles et de genre. Elle soutiendra également les mesures de surveillance et renforcera les capacités de prévention afin d’éviter la réintroduction de la maladie au Mexique, premier pays de la région à avoir éliminé le trachome.
Les Instituts de recherche en santé du Canada financent également la recherche sur les MTN. Ils ont investi environ 19 millions de dollars canadiens entre janvier 2022 et août 2025 pour soutenir la recherche sur des maladies telles que la leishmaniose, la dengue et la chlamydiose.
La lutte contre les MTN est également un élément clé de la stratégie mondiale de la France en matière de santé. La France s’est engagée à contribuer à la lutte contre ces maladies. Elle a par exemple participé à plusieurs projets de contrôle des maladies par l’intermédiaire d’Unitaid, notamment le financement d’un programme de lutte contre la maladie de Chagas en Bolivie, au Brésil, en Colombie et au Paraguay, et la contribution à des programmes de la Fondation pour l’innovation en matière de nouveaux diagnostics, de Coalition PLUS et du Medicines Patent Pool pour lutter contre les co-infections par l’hépatite C et le VIH.
Jusqu’en 2023, la France a apporté un soutien important à l’initiative Drugs for Neglected Diseases (en anglais), un partenariat mondial à but non lucratif pour le développement de produits. Depuis 2022, le Royaume-Uni a versé 23,7 millions de livres sterling à cette initiative afin de soutenir la recherche et le développement de nouveaux traitements. L’initiative a pour objectif de découvrir, d’élaborer et de fournir des traitements abordables et adaptés aux patients souffrant de maladies négligées, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire. La France soutient également les instituts de recherche qui luttent contre les MTN, plus particulièrement dans les domaines des méthodes de diagnostic, de la formation et de la recherche, notamment l’Institut Pasteur et l’Institut de recherche pour le développement.
La France soutient l’élaboration de stratégies de vaccination efficaces dans le cadre d’initiatives telles que Gavi. Elle se penche expressément sur le renforcement de la production régionale, notamment par l’intermédiaire de l’Accélérateur de la production des vaccins en Afrique, afin de mettre au point des vaccins contre les MTN. La France soutient également la Coalition mondiale pour la production locale et régionale, l’innovation et l’accès équitable (en anglais) du G20 et s’efforce de mobiliser le soutien du secteur privé nécessaire pour accélérer le déploiement des diagnostics, des traitements et des vaccins contre les MTN.
L’Allemagne s’est engagée à fournir 18 millions d’euros entre 2022 et 2027 pour soutenir la lutte contre les MTN et la recherche dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Entre 2021 et 2024, l’Allemagne a également versé 5 millions d’euros au Projet spécial élargi de l’OMS pour l’élimination des MTN. En outre, elle s’est engagée à verser 10 millions d’euros entre 2022 et 2026 à l’Organisation mondiale de la santé animale pour l’élimination de la rage et la lutte contre les maladies animales transfrontalières en Namibie et au Cameroun.
Depuis 2022, l’Allemagne soutient plusieurs mesures de lutte contre les MTN dans le cadre du Global Health Protection Programme (en anglais). Cela comprend des formations sur le diagnostic des MTN à Madagascar et la lutte contre la rage en Namibie. En outre, l’Allemagne fournit un financement institutionnel au Bernhard Nocht Institute for Tropical Medicine (en anglais), ayant versé 12,5 millions d’euros en 2024 uniquement. Entre 2023 et 2027, l’Allemagne s’est également engagée à verser 30 millions d’euros pour soutenir le partenariat de développement de produits Drugs for Neglected Diseases Initiative (en anglais) dans le but d’améliorer l’accès aux produits de santé pour le traitement des MTN.
L’Allemagne est également un donateur de longue date du Special Programme for Research and Training in Tropical Diseases (TDR) (en anglais) de l’OMS depuis 1974, ayant contribué à hauteur de 1,6 million d’euros depuis 2022. Le Royaume-Uni a également versé 9,8 millions de livres sterling au programme pour soutenir la recherche sur les maladies liées à la pauvreté. Le TDR soutient et encourage la recherche menée par de jeunes scientifiques dans des domaines tels que la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies tropicales et la lutte contre celles-ci qui touchent de manière disproportionnée les populations des pays à revenu faible et intermédiaire.
Le Japon contribue au Partenariat pour l’accès et la livraison, qui réunit le PNUD, l’OMS, le TDR et le Programme de technologie appropriée en santé. Ce partenariat permet aux pays de renforcer leurs politiques, leurs capacités humaines, leurs systèmes et leurs réglementations afin de fournir des médicaments, des vaccins et des diagnostics aux personnes qui en ont besoin.
De 2022 à 2024, le Japon a versé environ 13,8 milliards de yens au Global Health Innovative Technology Fund (en anglais), un partenariat public-privé international entre le gouvernement japonais, des entreprises pharmaceutiques, la Fondation Gates, le Wellcome Trust et le PNUD qui soutient la recherche et le développement dans le domaine des MTN, du paludisme et de la tuberculose. Il collabore avec les secteurs japonais de pointe en matière de technologie et d’innovation afin de créer de nouveaux médicaments, vaccins et diagnostics. Le Japon a également fourni 882 millions de yens pour la coopération technique et la recherche internationale conjointe sur des maladies telles que la filariose lymphatique, la maladie de Chagas, la rage, la schistosomiase et la leishmaniose.
En 2024, le Japon a accueilli une réunion mondiale visant à élaborer une feuille de route complète pour le déploiement du médicament praziquantel dans le traitement des infections parasitaires chez les enfants d’âge préscolaire. Le Japon a également organisé un événement intitulé « L’engagement de Tokyo : garantir l’accès des enfants au nouveau traitement pédiatrique contre la schistosomiase » afin d’assurer un accès équitable et durable aux traitements contre la schistosomiase, une maladie causée par des vers plats parasites.
En 2024, le Royaume-Uni s’est engagé à verser 15 millions de livres sterling à son programme Eliminating Lymphatic Filariasis in Africa (en anglais) dans le cadre de l’initiative Reaching the Last Mile Fund. Dans le cadre de la feuille de route plus large de l’OMS pour la période de 2021 à 2030 en matière de MTN, le programme vise à soutenir l’élimination de la filariose lymphatique dans 11 pays africains d’ici 2030. À ce jour, il a accordé un financement de 6,1 millions de livres sterling.
La lutte contre les MTN est également au cœur du volet recherche et développement de l’initiative Fabrication et accès aux vaccins, médicaments et produits de technologies de la santé en Afrique de la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, ainsi que de l’entreprise commune EDCTP3 pour la santé mondiale de l’UE. En 2024, EDCTP3 a appelé à l’accélération de la mise au point et de l’intégration de traitements contre les MTN et se concentre, en 2025, sur l’accélération de l’élaboration de vaccins prophylactiques contre les MTN en Afrique subsaharienne.
15. Mettre fin aux décès évitables d’enfants et améliorer la santé maternelle
« Nous sommes déterminés à mettre fin aux décès évitables d’enfants et à améliorer la santé maternelle partout dans le monde. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement, Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 15
« Nous continuons à faire preuve de leadership pour promouvoir la santé des femmes et des filles, des adolescents et des enfants, y compris au moyen d’initiatives visant à assurer l’accès aux droits et services en matière de santé sexuelle et génésique, à la vaccination, à une meilleure nutrition et à des interventions fondées sur les besoins en cas de situations d’urgence et de catastrophes. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement, Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 15; Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 12; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphes 34 et 43
« […] nous nous engageons à agir davantage en faveur de la santé et des droits sexuels et reproductifs complets pour tous et à faire avancer la santé des mères, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents, en particulier ceux qui sont dans une situation de vulnérabilité. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
« Les retards de croissance et l’émaciation des enfants dus à la malnutrition peuvent avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales tout au long de la vie qui menacent le développement durable. Nous sommes déterminés à soutenir les efforts de traitement et de prévention afin de relever ce défi. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 9
Au cours des dernières décennies, le monde a connu des progrès remarquables en matière de réduction des taux de mortalité infantile. En effet, le taux mondial de mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de 52 % depuis 2000. Cependant, les progrès ont ralenti et trop d’enfants meurent encore inutilement de causes évitables. En 2023, on estime que 4,8 millions d’enfants sont morts avant l’âge de cinq ans, dont 2,3 millions de nouveau-nés (en anglais). Parmi ces enfants, les principales causes de décès étaient le paludisme, les infections des voies respiratoires inférieures, la diarrhée, les maladies non transmissibles et les blessures, toutes des affections généralement traitables.
Bien que des progrès considérables aient également été accomplis en matière de santé maternelle au cours des deux dernières décennies, les taux de mortalité maternelle restent encore trop élevés. En 2023, environ 260 000 femmes sont décédées de causes évitables liées à la grossesse et à l’accouchement, dont environ 92 % dans des pays à faible revenu et dont le revenu se situe dans la moyenne inférieure. Environ 70 % de ces décès sont survenus en Afrique subsaharienne. Malheureusement, la plupart de ces décès auraient pu être évités par du personnel de la santé qualifié avant, pendant ou après l’accouchement.
La bonne nouvelle est qu’entre 2000 et 2023, le nombre de décès maternels pour 100 000 nouveau-nés vivants a diminué d’environ 40 % dans le monde. Depuis 2000, les décès d’enfants ont diminué de plus de moitié et les mortinaissances de plus d’un tiers. En 2022, le nombre de décès d’enfants est tombé pour la première fois légèrement en dessous de 5 millions, en partie grâce aux investissements des membres du G7 et d’autres pays du monde entier.
Œuvrer pour empêcher les décès infantiles et maternels
Lorsque les pays déclarent leurs versements d’APD à l’OCDE, ils indiquent leur contribution à la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile (SRMNI). Les projets se voient alors attribuer un marqueur SRMNI s’ils :
- contribuent directement à l’amélioration de la santé des mères et des enfants;
- améliorent l’accès des femmes et des enfants aux mesures de santé de base;
- renforcent les systèmes de santé dans le but d’améliorer l’accès aux services de SRMNI;
- ont pour objectif de former du personnel de la santé en matière de SRMNI.
Les projets peuvent se voir attribuer l’une des quatre notes établies, en fonction de la part de leur financement consacrée à la SRMNI.
Entre 2015 et 2023, l’APD du G7 consacrée à ce type d’initiatives est passée de plus de 5,5 milliards de dollars américains à plus de 9,2 milliards de dollars américains, et sa part dans le total des dépenses d’APD est passée de 6 à 7 %. Ce financement contribue à faire des progrès considérables dans la prévention des décès des femmes et de leurs enfants.
De 2015 à 2020, le taux mondial de mortalité maternelle — évalué en fonction du nombre de décès pour 100 000 nouveau-nés vivants — est passé de 159 à 143. Cette baisse a été particulièrement marquée en Afrique, où le taux est passé de 433 à 386, ainsi qu’en Asie du Sud-Est, où il est passé de 147 à 112. Les baisses les plus importantes ont été enregistrées dans les pays à faible revenu, où le taux de mortalité maternelle était de 456 en 2020, contre 512 en 2015. Parallèlement, tant dans les Amériques qu’en Europe, le taux de mortalité maternelle a légèrement augmenté au cours de cette période.
Au cours de la même période, le nombre d’adolescentes donnant naissance a également diminué, ce qui indique que les efforts visant à faire progresser les droits en matière de santé sexuelle et reproductive pourraient porter leurs fruits. Entre 2015 et 2024, le taux de fécondité des adolescentes (pour 1 000 femmes âgées de 15 à 19 ans) a diminué à l’échelle mondiale, passant de 46 à près de 38. Parallèlement, le nombre de filles âgées de 10 à 14 ans qui ont accouché pour 1 000 femmes est passé de près de 3,7 en 2015 à 0,47 en 2023 en Afrique. En Asie du Sud-Est, il est passé de 0,94 à zéro en 2023.
Les taux de mortalité néonatale ont également diminué de manière considérable entre 2015 et 2022. À l’échelle mondiale, le nombre de nourrissons décédés pour 1 000 nouveau-nés vivants est passé de plus de 19 à un peu plus de 17. Le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans a également diminué au cours de cette période, passant de 43 à un peu plus de 37 pour 1 000 nouveau-nés vivants. En Asie du Sud-Est, ce nombre est passé de près de 32 à un peu moins de 24, tandis qu’en Afrique, le taux est passé de plus de 71 à un peu moins de 58 décès pour 1 000 nouveau-nés vivants.
La vaccination est essentielle pour réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans. En particulier, le fait de veiller à ce que les enfants reçoivent trois doses du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (DTC3) peut les protéger contre des maladies infectieuses pouvant entraîner des affections graves, voire mortelles. Bien que la couverture vaccinale DTC3 chez les enfants âgés d’un an ait augmenté en Afrique entre 2015 et 2023, elle a diminué dans le reste du monde. En fait, le pourcentage d’enfants recevant ce vaccin essentiel est passé de 85 à 84 % à l’échelle mondiale au cours de cette période. Le changement le plus important a été observé en Asie du Sud-Est, où le taux de vaccination est passé d’un peu plus de 92 % en 2015 à 85 % en 2023.
Depuis 2011, la France soutient la santé des mères, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents au moyen du Fonds Muskoka dans six pays d’Afrique occidentale et centrale, contribuant ainsi à des améliorations sanitaires majeures, notamment une baisse de 24 % de la mortalité maternelle et une réduction de 30 % de la mortalité infantile. En tant que principal donateur du Fonds mondial et d’Unitaid, la France a contribué à élargir l’accès aux traitements contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, sauvant ainsi 100 000 enfants chaque année. Par l’intermédiaire de Gavi, la France a soutenu la vaccination de plus d’un milliard d’enfants, empêchant ainsi 18 millions de décès. L’AFD finance également des initiatives en faveur de la santé maternelle et infantile en Haïti, au Liban et dans toute l’Afrique en renforçant les systèmes de santé et l’accès aux soins.
En novembre 2025, le gouvernement du Royaume-Uni a publié un rapport détaillé (en anglais) sur son approche multisectorielle visant à soutenir, depuis 2021, les efforts mondiaux pour mettre fin aux décès évitables de mères, d’enfants et de nouveau-nés, conformément aux objectifs de développement durable.
Figure 8 : Contribution du G7 à l'élimination des décès infantiles évitables et à l'amélioration de la santé maternelle, mesurée par le CAD de l’OCDE à l'aide de l'indicateur de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile, de 2015 à 2023

Montants en millions de dollars américains
Version texte
| Pays | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
Canada | 655,06 $ | 794,15 $ | 442,44 $ | 294,87 $ | 492,17 $ | 723,56 $ | 1 748,27 $ | 627,84 $ | 335,43 $ |
France | 15,88 $ | 2,14 $ | 29,67 $ | 46,95 $ | 52,51 $ | 51,68 $ | 44,31 $ | 134,59 $ | 203,30 $ |
Allemagne | 1 337,46 $ | 2 092,22 $ | 1 782,90 $ | 2 396,06 $ | 2 249,88 $ | 2 928,67 $ | 3 052,19 $ | 4 080,71 $ | 1 979,17 $ |
Italie | 103,69 $ | 48,91 $ | 130,02 $ | 175,69 $ | 172,99 $ | 127,80 $ | 184,95 $ | 203,19 $ | 146,75 $ |
Japon | 1 027,99 $ | 652,41 $ | 295,86 $ | 329,38 $ | 252,47 $ | 338,38 $ | 910,70 $ | 1 728,57 $ | 384,02 $ |
Royaume-Uni | 0,00 $ | 0,00 $ | 0,00 $ | 0,00 $ | 941,61 $ | 794,47 $ | 162,19 $ | 258,49 $ | 477,65 $ |
États-Unis | 1 395,66 $ | 1 382,22 $ | 1 182,41 $ | 1 515,62 $ | 1 282,56 $ | 1 819,83 $ | 2 463,45 $ | 1 640,18 $ | 3 311,26 $ |
Institutions européennes | 992,31 $ | 2 646,17 $ | 1 663,36 $ | 1 655,76 $ | 2 833,12 $ | 1 732,41 $ | 4 869,15 $ | 1 299,65 $ | 2 436,03 $ |
Total | 5 528,06 $ | 7 618,23 $ | 5 526,65 $ | 6 414,33 $ | 8 277,30 $ | 8 516,79 $ | 13 435,21 $ | 9 973,22 $ | 9 273,61 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – autres indicateurs
Italie : Améliorer la gestion des données sanitaires en Afrique orientale
Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie sont confrontés à des défis en matière de collecte et d’utilisation des données sanitaires. Pour y remédier, l’Italie collabore avec ces trois pays d’Afrique orientale afin de mettre en place un programme régional de santé qui améliorera la gestion des données pour évaluer le rendement des soins de santé. Trois ministères de la santé et un total de 33 établissements de santé bénéficient de ce programme.
Le programme vise à améliorer la santé maternelle et infantile au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie. Il apporte également un soutien aux systèmes de santé locaux afin de les aider à atteindre la couverture sanitaire universelle. Pour ce faire, l’Italie contribue à :
- fournir des formations, de l’équipement et des dispositifs médicaux;
- mettre en place des interventions structurelles;
- améliorer l’accès aux services d’échographie mobiles.
Le programme vise également à améliorer la qualité de la collecte des données et l’échange des renseignements.
Figure 9 : Mesure dans laquelle les pays disposent de lois et de règlements garantissant aux femmes âgées de 15 à 49 ans l'accès aux soins de santé sexuelle et reproductive, à l'information et à l'éducation (ODD 5.6.2), 2022

Version texte
| Année | 2022 |
|---|---|
Afrique | 73 |
Amériques | 78 |
Méditerranée orientale | 66 |
Europe | 87 |
Monde | 76 |
Asie du Sud-Est | 84 |
Pacifique occidental | 55 |
Source : Portail de données de l’OMS sur la santé et le vieillissement de la mère, du nouveau-né, de l’enfant et de l’adolescent
16. VIH et sida : Prévention, traitement et lutte contre la discrimination
« Nous réaffirmons notre volonté de nous approcher le plus près possible de l’accès universel aux services de prévention, de traitement, de soins et de soutien concernant le VIH/sida. » — Déclaration du G8 à Muskoka : Reprise et renaissance, Muskoka, Canada, 2010, paragraphe 15
Recovery and New Beginnings, Muskoka, Canada, 2010, paragraph 15« Nous nous engageons à combattre toute forme de stigmatisation, de discrimination et de violation des droits humains et à promouvoir les droits des personnes handicapées ainsi que l’élimination des restrictions de voyage imposées aux personnes vivant avec le VIH/sida. » — Sommet du G8 : Des dirigeants responsables pour un avenir durable, L’Aquila, Italie, 2009, paragraphe 123
« En outre, nous réitérons notre engagement à mettre fin, d’ici 2030, au VIH, à la tuberculose et au paludisme, en particulier en soutenant le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme […] » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
Depuis le début de l’épidémie de VIH en 1990, plus de 44 millions de personnes dans le monde entier sont décédées de maladies liées au sida. Bien que les infections par le VIH aient diminué de 61 % depuis leur sommet en 1996, la maladie reste un enjeu important de santé mondiale. Plus de quatre décennies après le premier cas détecté, il n’existe toujours pas de remède contre cette maladie.
En 2024, 40,8 millions de personnes vivaient avec le VIH à l’échelle mondiale, dont 1,4 million d’enfants. De plus, 1,3 million de personnes supplémentaires ont été nouvellement infectées et 630 000 personnes sont décédées des suites de maladies liées au sida. L’Afrique reste disproportionnellement touchée par la maladie. Les deux tiers des personnes vivant avec le VIH se trouvent en Afrique.
En 2021, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le VIH, les États membres se sont engagés à atteindre des objectifs qui permettraient de réaliser l’ODD visant à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030. Malheureusement, le monde n’est pas en voie d’atteindre cet objectif. L’amélioration de l’accès à des moyens efficaces de prévention, de diagnostic, de traitement et de soins relativement au VIH a fait de cette maladie une affection chronique gérable pour beaucoup, mais les traitements et autres mesures préventives ne sont toujours pas accessibles à toutes les populations du monde.
Les membres du G7 s’engagent depuis longtemps à changer cette situation. Ils œuvrent en faveur de l’accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et au soutien en matière de VIH. En 2022, les membres du G7 ont promis plus de 12,2 milliards de dollars américains lors de la septième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial à New York. Cette somme fait partie des 14,25 milliards de dollars américains que le Fonds mondial a réussi à recueillir pour lutter contre le VIH, le sida et la tuberculose et renforcer les systèmes de santé en vue de futures pandémies. Aujourd’hui, le Fonds mondial fournit 26 % de l’ensemble du financement international destiné aux programmes de lutte contre le VIH.
Les membres du G7 sont tous des donateurs du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida et soutiennent sa gouvernance par l’intermédiaire du Conseil de coordination du programme et des résolutions biennales du Conseil économique et social.
Entre 2007 et 2023, le soutien global du G7 à la lutte contre le VIH et le sida a presque doublé, passant de 3,9 milliards de dollars américains à près de 7,4 milliards de dollars américains par an. Alors que les contributions de la plupart des membres sont restées relativement stables entre 2021 et 2023, les versements de la France sont passés de 230 millions à 320 millions de dollars américains, ceux du Japon de 100 millions à 170 millions de dollars américains et ceux du Royaume-Uni de 385 millions à 714 millions de dollars américains.
Ces contributions permettent de garantir que les personnes du monde entier puissent bénéficier en temps opportun de traitements contre le VIH et le sida qui changent leur vie — et leur sauvent la vie. En 2024, 46,6 millions de tests de dépistage du VIH ont été effectués dans les pays où le Fonds mondial investit, dont 11,7 millions auprès des populations prioritaires et clés.
Environ 77 % de toutes les personnes vivant avec le VIH ont également pu accéder à un traitement en 2024. Environ 84 % des femmes enceintes vivant avec la maladie ont eu accès à des médicaments antirétroviraux pour prévenir la transmission du VIH à leur enfant. À la fin du mois de décembre 2024, environ 31 millions de personnes à l’échelle mondiale avaient accès à un traitement antirétroviral. Ce chiffre est en hausse par rapport aux 7,7 millions enregistrés en 2010, mais reste inférieur à l’objectif de 34 millions que les États membres des Nations Unies s’étaient engagés à atteindre d’ici 2025.
Néanmoins, les infections par le VIH ont diminué de 40 % à l’échelle mondiale, passant de 2,1 millions en 2010 à 1,3 million en 2024, ce qui démontre l’incidence positive d’un meilleur accès aux traitements contre le VIH. Cependant, ces progrès durement acquis sont menacés par une multitude de facteurs interdépendants, notamment les conflits et une crise du financement historique.
Figure 10 : Soutien du G7 à la prévention du VIH et du sida, mesuré selon la méthodologie de l’ONUSIDA et de la Fondation de la famille Kaiser (basé sur les rapports du CAD de l’OCDE)
Montants en millions de dollars américains

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| Année | Total du G7 |
|---|---|
2007 | 3 895,50 $ |
2008 | 6 368,00 $ |
2009 | 6 308,00 $ |
2010 | 5 802,90 $ |
2011 | 6 555,00 $ |
2012 | 6 963,00 $ |
2013 | 7 504,00 $ |
2014 | 7 685,00 $ |
2015 | 6 708,00 $ |
2016 | 6 254,00 $ |
2017 | 7 481,00 $ |
2018 | 7 316,00 $ |
2019 | 7 199,00 $ |
2020 | 7 669,00 $ |
2021 | 6 893,00 $ |
2022 | 7 643,00 $ |
2023 | 7 366,00 $ |
Source : Fondation de la famille Kaiser
17. Poliomyélite
« Nous restons fermement attachés à l’éradication de la poliomyélite, cet objectif est à notre portée […]. À cette fin, nous continuerons de soutenir l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Nous […] réaffirmons notre volonté soutenue d’atteindre les cibles d’éradication de la poliomyélite. » — Déclaration des chefs d’État du G8, Deauville, France, 2011, paragraphe 60 (d); Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 12
« En outre, nous réitérons notre engagement à mettre fin, d’ici 2030, […] aux maladies tropicales négligées et à la poliomyélite en tant que menaces pour la santé publique, et à lutter contre les effets des changements climatiques sur les maladies infectieuses, qui sont déjà observés à l’échelle mondiale, y compris au cours des récentes éclosions de choléra et de dengue. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 31
La poliomyélite est une maladie hautement contagieuse qui peut être prévenue par la vaccination. Elle peut infecter le système nerveux central et endommager les cellules nerveuses qui activent les muscles. Elle touche principalement les enfants de moins de cinq ans. L’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) (en anglais) a été créée en 1988 après l’adoption par l’Assemblée mondiale de la Santé d’une résolution visant à éradiquer la poliomyélite. Dirigée par l’OMS, elle travaille avec ses partenaires, notamment les membres du G7, pour garantir que chaque enfant reçoive plusieurs doses du vaccin contre la poliomyélite, dans le but de réduire à zéro le nombre de cas de poliomyélite.
Les cas de poliomyélite ont diminué de plus de 99 % depuis 1988 (en anglais), passant d’environ 350 000 cas à seulement 98 cas de virus sauvage de la poliomyélite en 2024. Aujourd’hui, la IMEP concentre ses efforts sur les deux pays encore endémiques, l’Afghanistan et le Pakistan, et sur près de 40 autres pays touchés par la poliomyélite partout dans le monde.
Depuis 2011, les pays du G7, en collaboration avec l’UE, ont versé près de 4,2 milliards de dollars américains à l’initiative. De 2022 à 2024, ils ont versé 944 millions de dollars américains, dont 195 millions provenant de l’UE. Entre 2022 et 2025, l’Allemagne a versé 139 millions d’euros à l’initiative. Le Royaume-Uni a alloué 125 millions de livres sterling de financement entièrement flexible à la IMEP entre 2021 et 2025.
Figure 11 : Contributions du G7 à l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite, 2011 à 2023
Montants en millions de dollars américains

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| Année | Total |
|---|---|
2011 | 315,68 $ |
2012 | 321,81 $ |
2013 | 477,05 $ |
2014 | 387,28 $ |
2015 | 386,11 $ |
2016 | 357,63 $ |
2017 | 483,83 $ |
2018 | 409,19 $ |
2019 | 352,89 $ |
2020 | 384,34 $ |
2021 | 322,69 $ |
2022 | 407,25 $ |
2023 | 398,78 $ |
Moyenne | 384,96 $ |
Total | 5 004,53 $ |
Source : Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite
Figure 12 : Nombre total de cas de poliovirus dérivés du vaccin et de cas de poliovirus sauvage par type, de 2011 à 2023

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| Année | Cas de poliovirus dérivés du vaccin | Cas de poliovirus sauvage |
|---|---|---|
2011 | 66 | 650 |
2012 | 71 | 223 |
2013 | 65 | 416 |
2014 | 56 | 359 |
2015 | 32 | 74 |
2016 | 5 | 37 |
2017 | 96 | 22 |
2018 | 104 | 33 |
2019 | 378 | 176 |
2020 | 1 113 | 140 |
2021 | 691 | 6 |
2022 | 877 | 30 |
2023 | 528 | 12 |
2024 | 293 | 99 |
2025 | 11 | 7 |
Source : Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite
En octobre 2022, la France a annoncé qu’elle allait contribuer à hauteur de 50 millions d’euros pour soutenir la mise en œuvre de la Stratégie d’éradication de la poliomyélite 2022 à 2026 de l’IMEP. La France soutient depuis longtemps la lutte contre la poliomyélite par l’intermédiaire de Gavi.
Outre sa contribution directe à l’IMEP, à Gavi et à l’OMS, la France finance les efforts d’éradication de la poliomyélite par l’intermédiaire de son agence de développement, l’AFD. En partenariat avec la Fondation Gates, elle accorde 55 millions d’euros de prêts concessionnels aux institutions de santé pakistanaises et au Programme d’éradication de la poliomyélite au Pakistan. Sur ce montant, 35 millions d’euros sont financés par l’AFD et le reste provient de la Fondation Gates. Ce prêt, accordé au début du mois d’octobre 2024, s’inscrit dans le cadre d’un accord signé par l’AFD et la fondation en 2023 pour soutenir l’éradication de la poliomyélite au Pakistan et mettre en place des systèmes de santé plus résilients aux changements climatiques.
Le Japon a versé des contributions volontaires continues à l’OMS pour l’éradication de la poliomyélite, dont une partie est versée à l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite. Il continue également à collaborer avec l’UNICEF pour soutenir les efforts d’éradication de la poliomyélite au Pakistan et en Afghanistan. Entre 2022 et 2024, le Japon a fourni 45 millions de dollars américains pour lutter contre la poliomyélite dans ces pays par l’intermédiaire de l’UNICEF. Depuis 2011, le Japon a complété son financement traditionnel sous forme de subventions par un financement innovant, en partenariat avec la Fondation Gates. Dans le cadre de ce modèle de conversion des prêts, le Japon a accordé environ 103 millions de dollars américains de prêts d’aide au développement au Pakistan et environ 75,3 millions de dollars américains au Nigéria pour financer des vaccins et des coûts opérationnels.
Depuis 2011, le Canada a versé plus de 658 millions de dollars canadiens à l’IMEP. Entre 2022 et 2024, la contribution du Canada s’est élevée à 217 millions de dollars canadiens. En septembre 2024, le Canada a annoncé un renouvellement de son financement de 151 millions de dollars canadiens pour cette initiative jusqu’en 2027.
L’Italie contribue à l’éradication de la poliomyélite par l’intermédiaire de sa contribution à Gavi. Gavi aide les pays à intégrer le vaccin antipoliomyélitique inactivé, soit en tant que vaccin autonome, soit dans le cadre du nouveau vaccin hexavalent, dans le cadre des programmes de vaccination essentiels afin de renforcer l’immunité de la population et de contribuer à prévenir de nouvelles épidémies.
Soutenir l’élaboration de plans nationaux de transition contre la poliomyélite
L’IMEP avait pour objectif de mettre un terme à la transmission du poliovirus sauvage en Afghanistan et au Pakistan d’ici 2023 et de certifier l’éradication de la poliomyélite circulante dérivée d’une souche vaccinale d’ici 2026. Grâce en partie au soutien du G7, le nombre de cas a diminué en 2023. Cependant, des difficultés demeurent pour garantir l’accès à la vaccination, en particulier en Afghanistan. L’objectif d’interrompre la transmission de la poliomyélite dérivée d’une souche vaccinale n’a pas non plus été atteint en raison de récents enjeux politiques et de sécurité. En particulier, le Nigéria, la RDC, la Somalie et le Yémen continuent de faire face à des obstacles importants aux efforts de vaccination. L’IMEP a donc prolongé sa stratégie dans le but d’éliminer à la fois les virus sauvages et les virus circulants dérivés d’une souche vaccinale d’ici 2029.
Seize pays identifiés comme prioritaires pour la planification de la transition reçoivent plus de 90 % du financement de l’IMEP. Quatre autres pays — l’Iraq, la Libye, la Syrie et le Yémen — ont des systèmes de santé fragiles et ont été ajoutés à la liste des pays prioritaires de l’initiative. L’OMS et l’UNICEF travaillent avec ces pays pour élaborer et mettre en œuvre des plans nationaux de transition contre la poliomyélite.
En 2023, 12 des 20 pays prioritaires avaient élaboré et approuvé leurs plans. Quatre pays, dont l’Indonésie, le Myanmar, le Népal et le Yémen, avaient élaboré des plans provisoires, mais ne les avaient pas encore approuvés. Quatre pays de la région de la Méditerranée orientale, ainsi que l’Afghanistan, l’Iraq, la Libye et le Pakistan, n’avaient pas encore élaboré leurs plans.
IV. Sécurité alimentaire et systèmes alimentaires
L’insécurité alimentaire et la malnutrition se propagent plus rapidement que la capacité du monde à y répondre. Sous l’effet des conflits, des chocs socio-économiques, des changements climatiques, des catastrophes naturelles et d’autres facteurs, la faim dans le monde a atteint des niveaux records ces dernières années. En fait, une personne sur trois dans le monde n’a pas les moyens de s’alimenter sainement, ce qui souligne l’urgence d’investir dans la nutrition.
18. Développement global de la sécurité alimentaire et de la nutrition
« Dans le cadre d’un vaste effort impliquant nos pays partenaires et des acteurs internationaux et dans une volonté de contribuer de manière significative au programme de développement pour l’après-2015, nous nous donnons pour objectif de faire en sorte que, d’ici 2030, 500 millions d’habitants des pays en développement ne connaissent plus la faim ni la malnutrition. L’Approche plus globale du G7 de la sécurité alimentaire et du développement de la nutrition, telle qu’énoncée en annexe, contribuera de manière significative à ces objectifs. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement, Sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 20
« Nous avons donc décidé d’apporter notre appui collectif à la sécurité alimentaire, la nutrition et l’agriculture durable en Afrique subsaharienne grâce à une série de mesures. Celles-ci comprennent l’augmentation de l’aide au développement officielle, un meilleur ciblage et une meilleure mesure de nos interventions respectives conformément aux recommandations en matière de sécurité alimentaire et de nutrition formulées à Elmau et à Ise-Shima ainsi que la garantie que ces mesures atteindront les femmes et les filles, tout en soutenant les efforts déployés pour attirer des investissements privés responsables et des ressources supplémentaires provenant d’autres acteurs du développement. Nous encouragerons en outre le financement mixte et les partenariats public-privé (PPP). Nous agirons conformément aux priorités des pays africains et conformément au Programme 2063 de l’Union africaine, lequel vise à atteindre les régions les plus négligées et les personnes les plus vulnérables. » — Communiqué des dirigeants du G7, Taormine, Italie, 2017, paragraphe 30
« Nous appuierons des politiques et des investissements synergiques et cohérents qui tiennent compte du lien entre les changements climatiques et les systèmes alimentaires, en particulier dans les pays à faible revenu. Nous contribuerons à ces efforts à l’échelle mondiale, en accordant une attention particulière à la mise en œuvre harmonieuse des plans continentaux de l’Afrique, notamment en soutenant les programmes multipartites suivants, qui ont été élaborés conjointement avec l’Union africaine et d’autres partenaires mondiaux. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 9
« Nous allons également promouvoir des solutions innovatrices pour augmenter la quantité et améliorer la qualité des financements publics et privés destinés à la sécurité alimentaire et aux systèmes alimentaires dans les pays à faible revenu. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 9
« Les retards de croissance et l’émaciation des enfants dus à la malnutrition peuvent avoir des conséquences physiques, psychologiques et sociales tout au long de la vie qui menacent le développement durable. Nous sommes déterminés à soutenir les efforts de traitement et de prévention afin de relever ce défi. Nous encouragerons l’engagement et l’innovation multipartites, y compris auprès d’organisations multilatérales, du secteur privé et d’organismes philanthropiques, et nous attendons avec intérêt la tenue du Sommet sur la Nutrition pour la croissance, qui aura lieu à Paris en 2025. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 9
On estime que 2,8 milliards de personnes dans le monde n’ont pas les moyens de s’alimenter sainement, soit de respecter les recommandations nutritionnelles et de consommer une variété suffisante pour répondre à tous leurs besoins alimentaires. Selon l’UNICEF, la malnutrition touche 45 millions d’enfants de moins de 5 ans et coûte la vie à un million de jeunes chaque année. Les interventions propres à la nutrition sont essentielles pour remédier à ces problèmes.
Les contributions annuelles du G7 aux interventions en nutrition ou tenant compte de la nutrition (marquées comme principales ou significatives) sont passées de 7,4 milliards de dollars américains en 2018 à 10,4 milliards de dollars américains en 2023, atteignant un pic de 13,8 milliards de dollars américains en 2022. En 2023, le Royaume-Uni a dépensé 239,2 millions de livres sterling pour ce type d’interventions, avec une majorité consacrée à des initiatives tenant compte de la nutrition. En collaboration avec l’UNICEF, le Royaume-Uni a cofondé le Child Nutrition Fund (en anglais) afin de fournir des services nutritionnels à 350 millions de femmes et d’enfants. Par l’intermédiaire du Child Nutrition Fund, le Royaume-Uni a contribué à un accord de contrepartie de 7,5 millions de livres sterling avec le Nigéria pour la fourniture de suppléments nutritionnels à base de lipides offerts en petites quantités et d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE), qui sont des pâtes riches en énergie et en nutriments utilisées pour traiter la malnutrition aiguë sévère chez les enfants.
Figure 13: Pourcentage de l'APD du G7 consacrée à des interventions spécifiques à la nutrition et sensibles à la nutrition

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| Période | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|---|
Canada | 5 % | 31 % | 52 % | 10 % | 4 % | 6 % |
France | 1 % | 1 % | 3 % | 1 % | 1 % | 6 % |
Allemagne | 0 % | 0 % | 1 % | 0 % | 0 % | 0 % |
Italie | 7 % | 10 % | 9 % | 17 % | 19 % | 18 % |
Japon | 12 % | 7 % | 13 % | 13 % | 8 % | 4 % |
Royaume-Uni | 0 % | 28 % | 13 % | 15 % | 14 % | 12 % |
États-Uni | 17 % | 19 % | 9 % | 20 % | 23 % | 15 % |
Institutions de l’UE | 1 % | 6 % | 7 % | 3 % | 5 % | 6 % |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – autres indicateurs
En plus de faciliter le financement de contrepartie du Royaume-Uni par le biais du Child Nutrition Fund, le Child Wasting Innovation Programme (en anglais) a contribué à diversifier la base de fournisseurs locaux pour les produits essentiels. L’investissement du Royaume-Uni a également aidé plusieurs gouvernements nationaux à intégrer les ATPE dans leurs systèmes de chaînes d’approvisionnement et a soutenu le développement de formulations d’ATPE rentables utilisant des ingrédients disponibles localement.
Le Japon contribue également à améliorer la nutrition dans les pays en développement de nombreuses façons, notamment en apportant sa contribution aux BMD. Par exemple, le Japon mobilise des fonds pour la santé et la nutrition maternelles et infantiles par le biais du Mécanisme de financement mondial de la Banque mondiale. Grâce à des fonds fiduciaires, le Japon aide également à élaborer des politiques liées à l’amélioration de la nutrition dans les pays en développement.
En décembre 2021, le Japon a accueilli le Sommet Nutrition for Growth, au cours duquel son premier ministre a annoncé que le Japon fournirait plus de 300 milliards de yens sur trois ans pour de l’aide liée à la nutrition. Plus de la moitié de ce financement avait été fourni à la fin de 2023.
Lors du Sommet Nutrition for Growth, l’UE s’est engagée à verser 3,4 milliards d’euros pour la nutrition pour 2024 à 2027, s’appuyant sur ses engagements précédents de 2013 et 2021. L’UE a dépassé son engagement pour 2021 à 2024 et est en bonne voie pour contribuer à réduire de 7 millions le nombre d’enfants souffrant d’un retard de croissance; 71 % des fonds liés à la nutrition ont été alloués à l’Afrique, avec un soutien supplémentaire aux pays présentant des taux élevés de retard de croissance en Asie, dans le Pacifique, en Amérique latine et dans les Caraïbes.
En mars dernier, la France a organisé le Sommet Nutrition for Growth 2025, qui visait à lutter contre toutes les formes de malnutrition. Cet événement a permis de mobiliser 30,5 milliards de dollars américains en faveur des objectifs mondiaux en matière de nutrition, dont plus d’un quart – un engagement total de 6,5 milliards d’euros – provenait de l’UE et de ses États membres. La France s’est elle-même engagée à verser 800 millions de dollars américains, dont 520 millions seront mis en œuvre par l’intermédiaire de son agence de développement, l’AFD. Dans la perspective du sommet de 2025, le Royaume-Uni a également co-lancé le Global Compact on Nutrition Integration (en anglais) afin d’accélérer les mesures visant à mettre fin à la malnutrition. À ce jour, 84 pays et organisations se sont engagés à participer à cet effort collectif visant à mobiliser, à soutenir et à mettre en œuvre les engagements en matière d’intégration de la nutrition.
En plus de son engagement en faveur de la nutrition, l’UE a consacré plus de 10 milliards d’euros entre 2014 et 2020 à l’amélioration de la sécurité alimentaire dans les pays partenaires, dont plus de 6 milliards d’euros en Afrique. Entre 2022 et 2024, l’UE a versé plus de 8,4 milliards d’euros sous forme de subventions pour l’aide alimentaire à court terme et les investissements dans des systèmes alimentaires durables.
En 2023, le Canada a alloué 99 millions de dollars canadiens à des projets propres à la nutrition visant à aider plus de 754 000 femmes et adolescentes à accéder à des services nutritionnels essentiels. Il a également engagé 1,6 milliard de dollars canadiens supplémentaires dans des projets tenant compte de la nutrition. Grâce au soutien du Canada, Nutrition International a pu obtenir des résultats substantiels, notamment les suivants :
- éviter 511 000 cas de retard de croissance;
- sauver la vie de 150 000 enfants;
- prévenir 304 anomalies du tube neural grâce à des efforts d’enrichissement d’aliments.
En 2021, l’Italie a versé plus de 182 millions de dollars américains pour promouvoir la nutrition et la sécurité alimentaire dans les pays partenaires. En 2022, cette contribution est passée à plus de 312 millions de dollars américains. L’Italie s’est par exemple associée au Programme alimentaire mondial de l’ONU dans le cadre d’un projet visant à soutenir des activités de renforcement des capacités qui amélioreront la situation nutritionnelle au Soudan. La contribution de 2,5 millions d’euros de l’Italie à cette initiative a permis de renforcer le secrétariat de l’initiative Scaling Up Nutrition (en anglais), d’améliorer les systèmes de suivi et de promouvoir des programmes nutritionnels fondés sur des données probantes au Soudan. En outre, l’Italie a soutenu un projet visant à lutter contre la malnutrition dans l’État de Kassala (en anglais), améliorant la nutrition maternelle et infantile au Soudan en :
- renforçant les services préventifs et thérapeutiques dans les centres de santé;
- formant plus de 400 professionnels de la santé et 300 agents de santé communautaires;
- faisant la promotion de meilleures pratiques nutritionnelles et hygiéniques au sein des ménages.
En 2023, l’Allemagne a consacré plus de 359 millions de dollars américains à des initiatives en matière de nutrition, touchant 2,2 millions de personnes, dont la moitié sont des femmes et 6,5 % ont moins de deux ans. Son programme Sécurité alimentaire et nutritionnelle, résilience renforcée a amélioré la nutrition de 5,4 millions de personnes depuis 2014, dont plus d’un million en 2023. La banque allemande de développement KfW a également lancé de nouveaux projets dans 20 pays, dont devraient bénéficier 5,4 millions de personnes.
Lors du Sommet Nutrition for Growth 2025, l’Allemagne s’est engagée à consacrer 870 millions d’euros (de 2022 à 2027) à des initiatives nutritionnelles, et le pays reste activement engagé dans le mouvement pour le renforcement de la nutrition.
Soutenir les systèmes agroalimentaires
En combinant un soutien institutionnel et une aide directe aux petits producteurs, l’Italie s’efforce de promouvoir des systèmes agroalimentaires durables et diversifiés dans plusieurs pays africains, notamment en Égypte, en Éthiopie, au Kenya, en Libye, au Mozambique, au Sénégal, au Soudan et en Tunisie. Au Mozambique, par exemple, l’Italie soutient le Programme de développement agricole intégré pour le corridor de Beira. Mise en œuvre par l’ONUAA, cette initiative investit dans des entreprises régénératrices en mettant en œuvre les mesures suivantes :
- les principes de neutralité en matière de dégradation des terres;
- de bonnes pratiques agricoles pour soutenir la restauration des écosystèmes dans les champs agricoles;
- les technologies de l’information et des communications pour accroître l’efficacité des services, réduire les émissions et améliorer l’utilisation des ressources.
Dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique, l’Italie a également lancé l’initiative Strengthening Agri-food Ecosystems in Ghana, the Republic of the Congo and Senegal, in Partnership with the Italian Private Sector (en anglais). Dirigée par le Mediterranean Agronomic Institute of Bari (en anglais et italien), cette initiative promeut un PPP innovant visant à renforcer la souveraineté alimentaire et le développement rural en créant des fermes modèles au Congo, au Ghana et au Sénégal, avec des projets d’extension en Angola, en Côte d’Ivoire, en Égypte et au Kenya. L’initiative combine des technologies de pointe, des pratiques adaptées au climat et des approches communautaires, tout en investissant dans le développement des compétences locales et la création d’emplois, en particulier pour les jeunes et les femmes. Le projet renforce également les chaînes de valeur agroalimentaires afin de réduire la dépendance aux importations et d’améliorer la résilience à long terme des systèmes agroalimentaires.
Afin de contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et à promouvoir des systèmes agroalimentaires durables et diversifiés, l’Italie a coorganisé le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires +2 en 2023. En 2025, elle a coorganisé avec l’Éthiopie le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires +4, plaçant l’Afrique au centre du programme mondial en matière de sécurité alimentaire.
En 2023, le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire du Royaume-Uni a réuni des experts et des décideurs politiques du monde entier afin de mettre en lumière les besoins immédiats en matière d’insécurité alimentaire et de galvaniser l’action en faveur de solutions à long terme. Le Royaume-Uni s’efforce de mobiliser des investissements privés ciblés dans le secteur agroalimentaire et d’améliorer l’accès au financement pour des approches plus durables, en particulier pour les petits exploitants et les petites entreprises agroalimentaires. Par exemple, il contribue au nouveau fonds Financing for Agri-SMEs in Africa (en anglais) et soutient un nouveau projet pilote en monnaie locale pour l’agroalimentaire par le biais de la Global Agriculture and Food Security Program Private Sector Window (en anglais) de la Société financière internationale.
D’ici 2026, le financement du Royaume-Uni au Commercial Agriculture for Smallholders and Agribusiness (en anglais) permettra de fournir un soutien agro-industriel à près de 600 000 petits exploitants agricoles dans 23 pays d’Afrique et d’Asie. Il façonne également la manière dont les institutions financières de développement, les établissements de crédit locaux et d’autres entités réduisent les risques liés aux investissements, augmentent les avantages pour les chaînes d’approvisionnement des petits exploitants et renforcent la durabilité environnementale.
Grâce à l’initiative Just Rural Transition (en anglais) le Royaume-Uni encourage une gestion des terres plus durable sur le plan environnemental et des dépenses efficaces dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture. En outre, le soutien du Royaume-Uni au programme Global Land Governance (en anglais) favorise une gouvernance foncière rurale et urbaine plus efficace, plus efficiente et plus équitable. Le Royaume-Uni se concentre également sur le développement de systèmes alimentaires résilients dans les régions vulnérables aux changements climatiques, fragiles et touchées par des conflits. Par exemple, grâce à son soutien au programme Building Local Resilience in Syria (en anglais), le Royaume-Uni a aidé un demi-million de personnes à bénéficier de services de santé animale, d’un accès à l’irrigation et d’intrants agricoles.
En 2023, le Canada a distribué 501 millions de dollars canadiens pour les systèmes agroalimentaires, dont plus de la moitié est allée à l’Afrique subsaharienne. En 2023, le Canada a également versé 15 millions de dollars canadiens au CGIAR (en anglais) afin de renforcer les capacités institutionnelles au sein de son réseau mondial. Ce soutien favorise les progrès en matière d’innovation agricole et de résilience. Avec l’aide du Canada, le CGIAR a dispensé une formation sur des techniques améliorées de transformation du riz à des femmes au Bénin, ce qui a permis d’obtenir 140 kg supplémentaires de riz décortiqué et de générer 73 dollars canadiens supplémentaires par tonne de riz paddy. En Inde et au Bangladesh, les agriculteurs ont vu leurs profits augmenter de 40 % grâce à un meilleur accès aux intrants et aux services. En Amérique latine, plus de 2 000 ménages en Colombie, au Guatemala et au Honduras ont bénéficié de la validation de variétés de maïs, de riz et de haricots adaptées aux conditions locales.
Le Canada est également membre fondateur du Fonds international de développement agricole (FIDA) et l’un de ses principaux donateurs. Entre 2022 et 2024, il a versé 112,5 millions de dollars canadiens au FIDA12, le nouveau modèle opérationnel de l’organisation. Le FIDA s’est notamment concentré sur :
- le soutien au développement agricole rural et à la nutrition dans les contextes fragiles;
- le renforcement de la résilience climatique et de la biodiversité;
- la promotion de l’engagement du secteur privé.
En outre, le Canada a accordé des prêts d’un montant total de 340 millions de dollars canadiens pour soutenir des programmes agricoles adaptés au climat destinés aux populations rurales de pays à faible revenu et en développement. En 2024, il a également accordé un prêt de 100 millions de dollars canadiens au Programme de financement du secteur privé du FIDA afin d’attirer les investissements privés dans l’agriculture à petite échelle.
Depuis 2006, l’UE a versé plus de 850 millions d’euros au FIDA, avec un portefeuille actif dépassant 350 millions d’euros. Elle a aussi cofinancé plus de 500 millions de dollars américains de subventions du CGIAR pour faire progresser la recherche agricole. Ces efforts ont permis de mettre au point des cultures résistantes à la sécheresse et des technologies adaptées au climat, dont ont bénéficié plus de 300 000 petits exploitants dans plus de 25 pays.
La France est également membre fondateur du FIDA et en est actuellement le deuxième contributeur, avec 150 millions de dollars américains en 2023. Sa contribution rend les systèmes alimentaires plus résilients, durables et inclusifs. Elle soutient également les populations rurales les plus pauvres du monde ainsi que les petits agriculteurs, qui jouent un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté et la garantie d’une sécurité alimentaire mondiale durable.
Depuis 2015, la France a également versé plus de 900 millions d’euros à l’Initiative française pour la sécurité alimentaire et la nutrition, qui a fourni une aide d’urgence et soutenu la résilience à long terme dans 58 pays. Cela comprend des transferts en espèces, des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et des bons d’achat de produits frais, en plus du financement de programmes alimentaires scolaires, d’activités génératrices de revenus et de séances de formation à l’agriculture durable. Par exemple, en 2024, la France a versé un total de 10,5 millions d’euros à trois projets au Soudan pour lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle résultant du conflit en cours.
Dans le cadre du programme Fonds Équipe France, la France a distribué près de 26 millions d’euros à 59 projets qui soutiennent l’innovation, la formation et le renforcement des capacités dans les domaines de la sécurité alimentaire, de l’agriculture durable et de la nutrition.
Entre 2019 et 2025, la France a également contribué à hauteur de 38 millions d’euros à l’initiative européenne DeSIRA : Development Smart Innovation Through Research in Agriculture (en anglais). L’initiative soutient l’adaptation des pratiques agricoles aux changements climatiques, l’intensification agroécologique et l’agriculture familiale. Cocoa4future, l’un des projets phares de DeSIRA, a réuni des organismes nationaux et européens de recherche et d’innovation, des organisations d’agriculteurs, des services de commercialisation et des entreprises du secteur du cacao afin de promouvoir les systèmes agroforestiers en Côte d’Ivoire et au Ghana.
Dans le cadre de la stratégie Global Gateway, l’UE mobilise jusqu’à 300 milliards d’euros entre 2021 et 2027 pour soutenir les investissements à long terme dans des systèmes alimentaires résilients et durables. Cela comprend la mobilisation du secteur privé, la promotion de cultures résistantes au climat et de pratiques agroécologiques, l’amélioration de la transformation locale et l’investissement dans la recherche et l’innovation. L’UE soutient la recherche et l’innovation dans la transformation des systèmes agricoles et alimentaires par le biais de plusieurs mécanismes. Le programme DeSIRA, avec plus de 340 millions d’euros investis par l’UE dans plus de 70 projets en Afrique, en Amérique latine et en Asie, a promu des innovations responsables pour des systèmes alimentaires durables, en mettant l’accent sur la transition agroécologique. En 2023, les projets DeSIRA ont fait état de 952 innovations au niveau des exploitations agricoles. Les principales priorités étaient l’agriculture adaptée au climat, l’agroécologie, la gestion des ressources naturelles, la numérisation et les chaînes de valeur résilientes.
Par l’intermédiaire de la Coalition pour le développement du riz africain (CARD) (en anglais), le Japon s’efforce d’améliorer la quantité et la qualité de la production de riz dans 32 pays africains en :
- développant des installations d’irrigation et des variétés de riz supérieures, notamment un riz hybride asiatique et africain;
- promouvant la multiplication et la distribution des semences;
- apportant son soutien à la diffusion des technologies de production.
Lors de la huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD8) en 2022, le Japon a annoncé qu’il formerait 150 000 personnes par l’intermédiaire de la CARD afin d’atteindre l’objectif de doubler la production de riz en Afrique d’ici 2030.
Grâce à l’approche Autonomisation et promotion des petits exploitants horticoles (SHEP) (en anglais), le Japon encourage le passage d’une agriculture de subsistance à une agriculture génératrice de revenus dans toute l’Afrique. L’objectif est d’améliorer les revenus des agriculteurs en changeant leur état d’esprit et en améliorant leurs compétences en matière d’agriculture et de culture. Depuis son lancement, le projet s’est étendu à une soixantaine de pays à travers le monde, soutenant la transition vers une agriculture orientée vers le marché grâce à des programmes de formation et à l’envoi d’experts. Lors de la TICAD8, le Japon a affirmé que l’introduction de l’approche SHEP profiterait à un million d’agriculteurs.
Lors de la TICAD8, le Japon s’est également engagé à renforcer la production alimentaire en cofinançant le dispositif d’urgence pour la production alimentaire de la BAD, en fournissant 320 millions de dollars américains à la Côte d’Ivoire, au Nigéria et à la Tanzanie en 2024.
Lors de la neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD9) en août 2025, le Japon a examiné les progrès réalisés dans le cadre de l’Initiative pour la sécurité alimentaire en Afrique, qui comprend la CARD et l’approche SHEP, et la Déclaration de Yokohama qui en a résulté a réaffirmé l’engagement à transformer les systèmes agroalimentaires africains.
En outre, le Japon a soutenu le Agricultural Market Information System (en anglais), lancé sous la présidence du G20 par la France en 2011, en partageant des données et en octroyant des fonds. L’objectif est d’améliorer la sécurité alimentaire en renforçant la transparence des marchés agricoles internationaux. Lors du sommet du G7 à Hiroshima en 2023, le Japon a réaffirmé son engagement à renforcer sa participation au système.
En 2023, l’Allemagne a lancé l’initiative Transformation of Agricultural and Food Systems (en anglais) afin de promouvoir des systèmes alimentaires résilients, durables et équitables, en investissant 2 milliards d’euros par an dans l’agriculture et la sécurité alimentaire, dont 25 % soutiennent 300 projets destinés aux petites exploitations agricoles en Afrique. Ces projets intègrent la protection du climat, réduisent la dépendance aux importations et améliorent la nutrition.
L’Allemagne a également augmenté son soutien à la Global Alliance for Food Security (en anglais), cofondée avec la Banque mondiale, et dirige l’initiative CompensACTION (en anglais) du G7 visant à garantir une compensation équitable aux petits exploitants agricoles qui contribuent à la biodiversité et à l’adaptation aux changements climatiques.
France : Promotion des aliments traditionnels en Afrique du Sud et au Sénégal
Lancé en juillet 2024, le projet Alimentation et microbiote en Afrique vise à réduire le fardeau de la malnutrition et à prévenir les maladies non transmissibles en Afrique du Sud et au Sénégal. Pour ce faire, des chercheurs africains et européens travaillent ensemble afin de déterminer si la promotion des aliments traditionnels africains pourrait améliorer le microbiote intestinal.
Le projet se concentre principalement sur l’Afrique du Sud, qui connaît un taux plus élevé de femmes et d’enfants en surpoids ou obèses. Cela pourrait être lié à des modifications du microbiote intestinal dues à une consommation insuffisante d’aliments traditionnels africains. Les chercheurs étudient les effets de la consommation d’aliments fermentés à base de plantes, de farines complètes, de légumes à feuilles et d’aliments riches en amidon résistant sur le microbiote intestinal.
En parallèle, le projet s’intéresse également au Sénégal, où l’obésité est moins un enjeu et de nombreux plats traditionnels comprennent des aliments d’origine végétale. À la fin du projet, l’objectif est de faire en sorte que les acteurs des systèmes alimentaires sud-africain et sénégalais comprennent mieux les avantages sanitaires, environnementaux et socio-économiques de la consommation d’aliments traditionnels africains.

Figure 14: APD bilatérale du G7 pour l'agriculture, la pêche, la sécurité alimentaire et la nutrition, 2019 à 2023

Montants en millions de dollars américains
Version texte
| Secteur | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Nutrition de base | 601,40 $ | 564,74 $ | 617,89 $ | 622,57 $ | 750,97 $ |
Agriculture, foresterie et pêche | 4 074,60 $ | 4 357,54 $ | 4 206,98 $ | 4 216,49 $ | 4 671,69 $ |
Assistance alimentaire | 1 129,79 $ | 1 228,32 $ | 1 669,62 $ | 1 380,19 $ | 854,09 $ |
Assistance alimentaire d’urgence | 4 880,01 $ | 4 315,83 $ | 5 221,36 $ | 6 063,30 $ | 4 479,38 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – équivalent-don
19. Initiative des Pouilles sur les systèmes alimentaires du G7
« Nous lançons l’Initiative des Pouilles sur les systèmes alimentaires afin d’intensifier les efforts que nous déployons pour surmonter les obstacles structurels à la sécurité alimentaire et à la nutrition et mettre en place des systèmes agricoles et alimentaires résilients, durables et productifs, ainsi que de veiller à ce que tous les peuples puissent progressivement exercer leur droit à une alimentation adéquate. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 9
L’initiative des Pouilles sur les systèmes alimentaires du G7 est au cœur des efforts déployés par le G7 pour lutter contre la malnutrition dans le monde. Lancée en 2024, elle reconnaît la nécessité de trouver des solutions innovantes pour augmenter les financements publics et privés afin de renforcer la sécurité alimentaire.
L’Italie a activement soutenu les objectifs de l’initiative en collaborant avec les pays partenaires africains et les voisins méditerranéens afin de développer des programmes axés sur l’agriculture durable, la nutrition et la sécurité alimentaire. Par exemple, l’AICS a élargi ses initiatives en Afrique subsaharienne et en Afrique du Nord afin de soutenir les petits exploitants agricoles, de renforcer les chaînes de valeur et d’améliorer l’accès à une alimentation nutritive, en particulier dans les contextes fragiles.
L’Italie contribue également au renforcement des capacités et au partage des connaissances sur les systèmes alimentaires durables, l’agroécologie et la gestion de l’eau. Elle cofinance également des projets multilatéraux avec le FIDA et l’ONUAA afin de favoriser des pratiques agricoles résilientes et de renforcer le pouvoir des femmes et des jeunes dans les zones rurales.
Le projet Bridging sectors and levels of intervention for higher impact in Africa (en anglais), financé par l’Italie avec une contribution de 2 millions d’euros à l’Agence de développement de l’UA, soutient également les efforts menés par l’Afrique pour coordonner les plans régionaux qui traitent d’enjeux tels que :
- les systèmes alimentaires;
- la lutte contre les changements climatiques;
- les infrastructures;
- le commerce;
- l’insécurité alimentaire et la vulnérabilité climatique.
Ce projet vise également à traduire ces plans en canaux d’investissement bancables, en créant des synergies avec le développement des infrastructures et la zone de libre-échange continentale africaine.
La collaboration du G7 sur les systèmes alimentaires durables, promue par l’Italie par l’intermédiaire de la CDP en partenariat avec toutes les BPD et les IFD du G7, a été officiellement approuvée en 2024. Cette initiative favorise les systèmes agroalimentaires résilients aux changements climatiques grâce au partage des meilleures pratiques, au renforcement des capacités et à la mobilisation des investissements privés.
En 2025, la CDP, en collaboration avec FinDev Canada et la BII, contribue à l’élaboration d’un cadre d’impact commun et au renforcement de l’engagement stratégique avec les parties prenantes mondiales, notamment les agences des Nations Unies basées à Rome.
Pour soutenir les objectifs sous-jacents de l’Initiative des Pouilles sur les systèmes alimentaires, la France se concentre sur l’intensification agroécologique, la gestion intégrée de la santé des sols et la diversification alimentaire. Par exemple, grâce à une contribution de 10 millions d’euros au programme DeSIRA+, la France apporte un soutien de longue date aux projets de la CEDEAO, en particulier ceux axés sur l’intensification agroécologique. Promouvoir l’agroécologie pour une agriculture productive et durable adaptée au contexte local et qui restaure ou préserve les sols est un défi majeur en Afrique. C’est également un élément central de l’initiative de l’Accélérateur de la Grande Muraille Verte, qui vise à :
- restaurer 100 millions d’hectares de terres dégradées;
- séquestrer 250 millions de tonnes de carbone dans le sol;
- créer 10 millions d’emplois verts dans 11 États sahéliens.
La France soutient également l’initiative internationale « 4 pour 1000 », qui rassemble plus de 700 partenaires et 41 États dans le but d’augmenter la séquestration du carbone dans les sols agricoles, de renforcer la résilience des sols aux changements climatiques et de contribuer positivement à l’atténuation des changements climatiques. En outre, par l’intermédiaire du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement international, la France partage activement avec les pays en développement son expérience en matière d’agroforesterie et d’utilisation d’indications géographiques et d’approches agroécologiques. L’Initiative des Pouilles sur les systèmes alimentaires soutient également l’utilisation de l’initiative Advancing Climate Resilience and Transformation in African Coffee comme plateforme de coordination pour le partage d’expériences entre les membres du G7, les pays producteurs et le secteur privé.
En 2025, le Canada a versé 9,5 millions de dollars canadiens au projet Biodiversité pour des écosystèmes résilients dans les paysages agricoles du CGIAR. Ce financement soutient son programme Multifunctional Landscapes (en anglais), qui vise à conserver et à restaurer la biodiversité dans les zones agricoles intensivement exploitées et soumises à un stress climatique important de la Colombie, du Kenya et du Pérou. En collaborant avec les gestionnaires fonciers et les agriculteurs, le projet vise à conserver ou à gérer de manière durable 40 000 hectares de terres, à planter 100 000 arbres indigènes et à conserver jusqu’à 30 espèces indigènes menacées grâce à des banques de semences communautaires et à des pépinières.
En décembre 2023, le Royaume-Uni a co-animé, avec la Banque mondiale, le Dialogue politique mondiale pour une agriculture durable. L’objectif était de mettre en place des réformes politiques visant à orienter les investissements publics et privés vers des pratiques agricoles durables. En tant que coprésidente aux côtés de FinDev Canada et de la CDP, la BII a réuni les banques publiques de développement et les institutions financières de développement du G7 afin de renforcer les co-investissements en faveur d’une agriculture durable et de transformer les systèmes alimentaires.
Le Royaume-Uni encourage également davantage d’investissements du secteur privé dans les petits exploitants agricoles et les entreprises agroalimentaires. Cela génère des emplois et des revenus, notamment grâce au programme Partenariat pour les forêts, qui promeut la durabilité et la résilience dans le secteur du café.
Lors de la 16e conférence des Parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP16) en 2024, l’Allemagne a annoncé une contribution de 30 millions d’euros pour protéger la diversité végétale, qui sera allouée à l’initiative Vision pour des cultures et sols adaptés (VACS) et au Crop Diversity Endowment Fund. Le programme VACS vise à promouvoir la conservation et l’utilisation de cultures résistantes au climat et négligées en Afrique, en Asie, dans le Pacifique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, tandis que le fonds de dotation du Crop Trust soutient la diversification des cultures grâce à des banques de gènes.
Grâce à son partenariat avec le CGIAR, le Royaume-Uni soutient également activement le programme VACS, favorisant des systèmes alimentaires plus résilients grâce à des cultures nutritives adaptées au climat et à des sols sains. En 2024, le Japon a versé 6 millions de dollars américains pour soutenir l’initiative Soil Mapping for Resilient Agrifood Systems du programme VACS, qui renforce la gestion intégrée des sols et des cultures afin de garantir des systèmes alimentaires durables en Afrique.
En collaboration avec le BMZ, l’ONUAA a mis en œuvre deux projets dans le cadre du Sharm el Sheik joint program (en anglais) annoncé lors de la COP28. Par exemple, le projet Renforcement des négociations agroalimentaires travaille avec des experts agricoles pour promouvoir les négociations sur l’agriculture et la sécurité alimentaire en soutenant la recherche et le développement des connaissances, le renforcement des capacités et les échanges entre pays.
L’Allemagne apporte également une contribution importante à l’initiative de l’Équipe Europe sur les chaînes de valeur sans déforestation, qui aide ses partenaires à mettre en œuvre le Règlement sur les produits sans déforestation de l’UE (en anglais) dans des secteurs tels que la production de café.
Italie : Promouvoir la production durable de café en Afrique
Dans le cadre de son plan Mattei, l’Italie s’efforce de promouvoir la production durable de café en Afrique. L’initiative Sustainable Coffee Value Chains in Africa a été développée en partenariat avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), ainsi qu’avec la Banque mondiale et l’Institut forestier européen. S’appuyant sur l’expérience de l’Italie dans le secteur du café, cette initiative vise à améliorer la résilience climatique, à renforcer les chaînes de valeur des petits exploitants et à garantir le respect des normes de durabilité de l’UE.

Source : © ONUDI
Le programme encourage notamment les PPP et les possibilités de cofinancement avec des bailleurs de fonds internationaux, dont la Commission européenne. Il comprend également une structure de coordination internationale qui sera lancée dans le cadre de l’initiative de l’Équipe Europe sur le café durable, menée par l’Italie. Bien qu’elle ne concerne pour l’instant que cinq pays, cette initiative est conçue pour s’étendre à l’avenir à l’ensemble des 25 pays africains producteurs de café.
En collaboration avec la CDP, l’UE a mis en place TERRA, un mécanisme de garantie d’un montant de 109,5 millions d’euros qui vise à accélérer le développement de systèmes agroalimentaires durables grâce à un renforcement des capacités intégré et à un meilleur accès à un financement innovant au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Égypte, au Maroc, en Ouganda, au Sénégal, en Tanzanie, en Türkiye et, plus largement, en Afrique orientale.
V. Éducation
Une éducation inclusive et équitable de qualité est essentielle au développement durable et à la réalisation du Programme 2030. Cependant, on a observé une forte baisse de l’aide à l’éducation en 2024, la plus forte baisse depuis les années 1990. En 2024, seulement 29 % des demandes de financement pour l’éducation présentées dans les appels humanitaires ont été satisfaites, ce qui montre que l’éducation est l’un des secteurs les plus sous-financés des interventions humanitaires.
On estime que le nombre d’enfants non scolarisés dans le monde a atteint le chiffre stupéfiant de 272 millions, soit une augmentation de 21 millions par rapport à l’estimation d’octobre 2024. Selon le Rapport mondial de suivi sur l’éducation 2025 (en anglais), les disparités entre les genres persistent à tous les niveaux d’enseignement dans le monde, malgré les progrès récents réalisés en matière d’égalité d’accès à l’école pour les filles et les garçons. Dans les pays en situation de fragilité, de conflits et de violence, les filles sont 2,5 fois plus susceptibles que les garçons de ne pas être scolarisées. Au niveau secondaire, les filles vivant dans des régions en conflit sont 90 % plus susceptibles de ne pas être scolarisées.
Les membres du G7 sont depuis longtemps des donateurs importants dans le domaine de l’éducation, en particulier en ce qui concerne les initiatives qui contribuent à garantir l’accès des filles à l’apprentissage.
20. Une éducation de qualité pour les femmes et les filles
« Par la Déclaration de Charlevoix sur l’éducation de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes dans les pays en développement, nous démontrons notre engagement à accroître les possibilités offertes à toutes d’accéder à un parcours scolaire sécuritaire et de qualité d’une durée minimale de 12 ans et à supprimer les obstacles à une éducation de qualité auxquels les filles et les femmes font face, en particulier dans les situations d’urgence et dans les États fragiles et touchés par des conflits. » — Communiqué du Sommet du G7 de Charlevoix, 2018, paragraphe 11
Aujourd’hui, 122 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées dans le monde. Les filles vivant en Afrique subsaharienne ont toujours beaucoup moins de chances d’aller à l’école, quel que soit le niveau d’enseignement. En Afghanistan, 60 % des filles n’ont pas accès à l’enseignement primaire et 74 % des filles ne fréquentent pas le premier cycle du secondaire.
Garantir à toutes les filles l’accès à une éducation de qualité réduit les inégalités et contribue à bâtir des sociétés et des économies plus stables, plus résilientes et plus prospères. Lorsque les filles reçoivent une éducation, elles sont moins susceptibles de se marier et d’avoir des enfants jeunes, et ont plus de chances de gagner des revenus plus élevés.
Lors du sommet du G7 de 2018 à Charlevoix, au Québec, au Canada, les dirigeants du G7 se sont engagés à soutenir une éducation et une formation professionnelle de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes vivant dans des situations de fragilité, de crise et de conflit, et à éliminer les obstacles systémiques qui les empêchent d’accéder à une éducation sûre et de qualité.
Bien que le G7 reste déterminé à atteindre cet objectif, son montant total d’APD consacrée à la réalisation de l’égalité des genres à tous les niveaux d’éducation est passé de près de 1,15 milliard de dollars américains en 2018 à environ 1,12 milliard de dollars américains en 2023. En 2022, la contribution du G7 a atteint son niveau le plus bas, avec 865 millions de dollars américains. En 2023, 50 % du financement du G7 pour l’éducation a été consacrée à l’éducation de base; 36 % ont été consacrés à l’enseignement secondaire, et le reste est allé à l’enseignement postsecondaire.
Malgré une légère diminution du financement du G7 pour l’éducation ces dernières années, l’écart qui existait entre l’accès des garçons et des filles à une éducation de qualité commence à se réduire. En 2023, on a constaté une augmentation marquée du taux net de scolarisation des filles. Seulement cinq ans auparavant, les garçons étaient plus nombreux que les filles dans l’enseignement primaire, le premier cycle du secondaire et le deuxième cycle du secondaire dans les pays les moins avancés, fragiles et touchés par des conflits. Mais en 2023, les filles étaient plus nombreuses que les garçons à tous les niveaux. Au niveau primaire, 79,12 % des filles étaient scolarisées, contre 79,11 % des garçons. Au premier cycle du secondaire, 72,2 % des filles étaient scolarisées, contre 69,5 % des garçons, et au deuxième cycle du secondaire, 50,5 % des filles étaient scolarisées, contre 47,7 % des garçons.
Les filles comblent également leur retard en matière de taux d’achèvement scolaire. En 2022, 82 % des garçons et des filles ont terminé l’enseignement primaire et 69 % des filles ont terminé le premier cycle de l’enseignement secondaire, contre 70 % des garçons. À l’échelle mondiale, en 2022, 44 % des filles ont terminé le deuxième cycle du secondaire, contre 46 % des garçons. Cependant, entre 2018 et 2023, les taux d’achèvement des études supérieures chez les femmes ont chuté de 77 % à 59 %, et ceux des hommes ont également diminué de manière significative.
Canada : Aider les femmes à acquérir les compétences nécessaires pour assurer leur subsistance de façon durable
Le soutien apporté par le Canada à l’initiative Learning Through Education and Access to Employment Pathways aide les femmes du Kenya à acquérir les compétences nécessaires pour se construire des moyens de subsistance durables. Mis en œuvre par l’Entraide universitaire mondiale du Canada, le programme offre des formations sur mesure et des possibilités de mentorat entre pairs aux adolescentes et aux jeunes femmes de la colonie Kalobeyei, du camp de réfugiés de Kakuma et des communautés d’accueil environnantes au Kenya. Il propose également un encadrement en matière de développement commercial, d’éducation financière et d’élimination des préjugés fondés sur le genre.
Depuis mars 2022, plus de 833 jeunes femmes ont suivi une formation professionnelle dans le cadre de ce programme. Cette initiative prouve que les femmes et les filles peuvent être de puissantes agentes de changement et améliorer leur propre vie ainsi que celle de leur famille, des membres de leur communauté et de gens des quatre coins de leur pays, à condition de bénéficier d’un soutien et de services adaptés.
Figure 15: APD bilatérale des membres du G7 en faveur de l'éducation dans les États fragiles (en millions de dollars américains et en pourcentage de l'APD totale en faveur de l'éducation), y compris les contributions avec des marqueurs de genre 0 à 2, de 2018 à 2023

Version texte
Dollars américains (en millions) | Année | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
Marqueur de genre | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
2 - Principal | 174,98 $ | 233,74 $ | 210,40 $ | 208,28 $ | 212,83 $ | 267,20 $ |
1 – Important | 1 432,40 $ | 1 459,78 $ | 1 553,67 $ | 1 305,42 $ | 1 115,33 $ | 1 313,24 $ |
0 – Sélectionné, non ciblé | 784,05 $ | 636,86 $ | 617,36 $ | 671,42 $ | 536,84 $ | 669,31 $ |
Non sélectionné | 79,44 $ | 58,44 $ | 60,44 $ | 58,33 $ | 162,67 $ | 143,62 $ |
Montant total consacré aux États fragiles | 2 470,87 $ | 2 388,82 $ | 2 441,88 $ | 2 243,44 $ | 2 027,67 $ | 2 393,38 $ |
Pourcentage de l’APD totale en faveur de l’éducation | 39 % | 37 % | 36 % | 36 % | 32 % | 36 % |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – indicateurs de genre
21. L’éducation de base au Sahel
« Nous rappelons que trois millions d’enfants n’ont toujours pas accès à l’école primaire dans la région du Sahel, en raison notamment de la fermeture des écoles dans les zones touchées par des conflits, et que la qualité de l’enseignement demeure un enjeu important. Nous poursuivrons notre engagement de favoriser l’éducation et nous encouragerons les gouvernements de pays partenaires et d’autres donateurs à s’associer à un effort collectif de renforcement des systèmes éducatifs en accroissant notre coordination et notre soutien politique et financier à l’éducation, notamment l’éducation de base. Nous encourageons les pays du G5 Sahel à agir pour améliorer les systèmes et les politiques d’éducation, en mettant l’accent sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui demeure une nécessité impérieuse. » — Sommet du G7, Plan d’action du Partenariat pour le Sahel, Biarritz, France, 2019, paragraphe 15
Le Sahel compte près de 100 millions d’habitants et s’étend sur cinq pays : le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Pour faire face aux crises éducatives qui touchent cette région, le G7 continue de se concentrer sur le soutien aux partenariats et aux initiatives qui garantissent aux enfants de la région, en particulier aux filles, l’accès à une éducation inclusive.
Tableau 6. Taux net de scolarisation (%), ventilé par niveau d'enseignement, dans les pays du Sahel, de 2019 à 2023
Remarques: Les champs vides ne sont pas applicables.
Année | |||||
|---|---|---|---|---|---|
2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | |
Burkina Faso | |||||
Taux net de scolarisation total, primaire, les deux sexes (%) | 74 | 71 | 71 | 68 | 58 |
Taux net de scolarisation total, premier cycle du secondaire, les deux sexes confondus (%) | 52 | 51 | 50 | 46 | 44 |
Taux net de scolarisation total, enseignement secondaire supérieur, les deux sexes (%) | 33 | 32 | 31 | 27 | 24 |
Tchad | |||||
Taux net de scolarisation total, primaire, les deux sexes (%) | 69 | 71 | 72 | 73 | |
Taux net de scolarisation total, premier cycle du secondaire, les deux sexes confondus (%) | 37 | 40 | 41 | ||
Taux net de scolarisation total, enseignement secondaire supérieur, les deux sexes (%) | 22 | 24 | 26 | ||
Mali | |||||
Taux net de scolarisation total, primaire, les deux sexes (%) | 66 | ||||
Mauritanie | |||||
Taux net de scolarisation total, primaire, les deux sexes (%) | 69 | ||||
Taux net de scolarisation total, premier cycle du secondaire, les deux sexes confondus (%) | 67 | ||||
Taux net de scolarisation total, enseignement secondaire supérieur, les deux sexes (%) | 38 | ||||
Niger | |||||
Taux net de scolarisation total, primaire, les deux sexes (%) | 59 | 59 | 59 | 61 | |
Taux net de scolarisation total, premier cycle du secondaire, les deux sexes confondus (%) | 32 | 30 | 29 | 26 | |
Taux net de scolarisation total, enseignement secondaire supérieur, les deux sexes (%) | 14 | 13 | 12 | 12 | |
Source: Base de données de l'Institut de statistique de l'UNESCO
De 2019 à 2023, l’APD bilatérale du G7 consacrée à l’éducation dans la région du Sahel est passée de 196,9 millions de dollars américains à plus de 229 millions de dollars américains. Au cours de cette même période, les dépenses publiques consacrées à l’éducation, en pourcentage du PIB, et les dépenses publiques dans la région du Sahel ont toutes deux augmenté. Néanmoins, la région a connu une baisse des taux nets de scolarisation dans l’enseignement primaire, le premier cycle du secondaire et le deuxième cycle du secondaire.
Figure 16: APD bilatérale du G7 pour l'éducation au Sahel, de 2019 à 2023

Montants en millions de dollars américains
Version texte
Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Secteur | |||||
Éducation (niveau non précisé) | 31,4 $ | 22,0 $ | 32,2 $ | 31,2 $ | 44,6 $ |
Éducation de base | 97,6 $ | 85,7 $ | 100,9 $ | 110,8 $ | 94,6 $ |
Enseignement secondaire | 31,6 $ | 38,9 $ | 28,7 $ | 21,5 $ | 36,4 $ |
Enseignement supérieur | 36,2 $ | 42,8 $ | 45,7 $ | 45,7 $ | 53,7 $ |
Total | 196,9 $ | 189,3 $ | 207,6 $ | 209,1 $ | 229,3 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – équivalent-don
Les membres du G7 apportent un soutien essentiel à la région grâce à des programmes tels que Éducation sans délai (ECW) (en anglais) et le Partenariat mondial pour l’éducation (GPE). Ces initiatives favorisent l’intégration des enfants réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux ainsi que l’intégration des langues locales dans les programmes scolaires.
Entre 2021 et 2024, le GPE a aidé 12 millions d’enfants du Sahel, dont 48 % étaient des filles, à accéder à une meilleure éducation. Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a versé 164 millions d’euros au GPE. De 2021 à 2025, la France a été le troisième donateur du GPE et a joué le rôle de partenaire de mise en œuvre par le biais du travail de l’AFD dans la région. Le Japon a fourni 31 millions de dollars américains au cours de cette période. Le Canada se classe au sixième rang des donateurs, avec une contribution de 300 millions de dollars canadiens entre 2021 et 2025. Pour la période de 2021 à 2026, le Royaume-Uni a été le plus grand donateur bilatéral du GPE, avec une promesse de contribution de 430 millions de livres sterling. L’UE continue également de financer le GPE grâce à son engagement de 700 millions d’euros pour la période de 2021 à 2027. L’Italie s’est aussi engagée à verser 25 millions d’euros au GPE et a alloué la moitié de cette somme au soutien de projets d’éducation de qualité pour les filles en Afrique. En outre, avec le Nigéria, l’Italie a pris le rôle de co-hôte de la campagne de reconstitution des ressources du GPE pour le cycle de 2026 à 2030. La campagne a été officiellement lancée à l’échelle internationale lors d’un événement parallèle de haut niveau dans le cadre de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies.
En 2022 et 2023, ECW a fourni une aide humanitaire afin de relancer les services éducatifs essentiels. Elle a permis d’aider plus de 1,2 million d’enfants et d’adolescents au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Tchad, dont plus de 47 % étaient des filles. Depuis le lancement d’Éducation sans délai en 2016, l’UE lui a versé 27,5 millions d’euros. Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a versé 160 millions d’euros à ECW, tandis que la France a fourni 2 millions d’euros en 2022, destinés au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Entre 2019 et 2023, le Royaume-Uni a versé 90 millions de livres sterling, dont 30 millions réservés au Sahel. Pour le plan stratégique actuel d’Éducation sans délai (de 2023 à 2026), le Royaume-Uni s’est engagé à lui verser 80 millions de livres sterling. En 2024, le Japon a versé 3,05 millions de dollars américains à Éducation sans délai, dont une partie destinée au Burkina Faso afin d’assurer la continuité de l’apprentissage des filles et des garçons déplacés et touchés par les changements climatiques.
Lancée en 2019 sous la présidence du G7 par la France, l’initiative Le Genre au centre (GCI) promeut l’égalité des genres dans l’éducation dans 11 pays d’Afrique, y compris dans tout le Sahel. Coordonné par l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles et l’Institut international de planification de l’éducation de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), la GCI rassemble les ministères de l’éducation, la société civile, les donateurs du G7 et le GPE. La France est le principal contributeur de la GCI depuis sa création. L’Allemagne a fourni 2,6 millions d’euros à l’initiative entre 2019 et 2024, dont plus de la moitié a été consacrée à des activités au Sahel. Entre 2020 et 2023, la contribution de 800 000 livres sterling du Royaume-Uni à la GCI a aidé les gouvernements du Sahel à renforcer leurs capacités techniques en matière d’égalité des genres afin de rendre les systèmes éducatifs plus adaptés aux besoins des filles. Avec une contribution globale d’un million d’euros à la GCI entre 2021 et 2024, l’UE promeut également l’égalité des genres et l’inclusion dans le secteur de l’éducation dans les pays du Sahel.
Par l’intermédiaire de l’AFD, la France a consacré plus de 90 millions d’euros à l’éducation dans les pays du Sahel entre 2022 et 2024. Ces dernières années, la France a de plus en plus aligné ses engagements en matière d’éducation et d’employabilité sur les principes de l’approche territoriale intégrée de l’Alliance Sahel. Cette approche vise à renforcer la pertinence, l’efficacité et l’impact de l’aide apportée à la région. En 2022, au sein du groupe sectoriel Éducation et employabilité de l’Alliance Sahel, la France a favorisé les possibilités d’emploi en mettant l’accent sur l’apprentissage informel et la création d’emplois. En 2021, la France a également facilité l’organisation d’un atelier international sur l’éducation dans les situations d’urgence et, depuis 2023, elle concentre son aide financière sur la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad.
La France a également soutenu des initiatives européennes et multilatérales sur le développement professionnel et la gouvernance des enseignants, ainsi que d’autres réformes éducatives. Avec le soutien financier de l’UE, Expertise France a mené des projets tels que la Facilité régionale pour les enseignants en Afrique et le Partenariat Afrique-Europe pour échanger sur les réformes de l’éducation.
Le Royaume-Uni a également contribué à hauteur de 3,6 millions de livres sterling au programme de soutien à l’inclusion des réfugiés dans l’éducation de la Banque mondiale, qui soutient l’intégration des réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux de 15 pays, dont le Tchad.
La contribution de 50 millions de dollars canadiens du Canada au projet Appui au Programme national en éducation du Sénégal contribue à faire en sorte que les garçons et les filles du Sénégal, y compris les plus vulnérables, puissent exercer leur droit à une éducation de qualité. En étroite collaboration avec le gouvernement sénégalais et d’autres bailleurs de fonds, le programme vise à améliorer les résultats scolaires et à renforcer l’équité et la transparence dans le système éducatif du pays. Le Canada a également aidé le ministère sénégalais de l’Éducation nationale à mettre en œuvre des réformes clés visant à améliorer les résultats scolaires, l’équité entre les genres et le rendement des établissements dans le secteur de l’éducation.
Au Mali, la contribution de 10 millions de dollars canadiens du Canada au projet Promouvoir la scolarisation des filles au Mali améliore l’accès et la rétention des adolescentes à l’école. Le projet a touché plus de 878 000 personnes grâce à des campagnes de sensibilisation, a formé 975 enseignants à la réduction des obstacles liés au genre et a équipé 90 écoles d’installations d’eau et d’assainissement adaptées aux filles. La double approche du projet souligne l’engagement du Canada en faveur d’une éducation de qualité et tenant compte du genre dans la région.
Pendant la présidence allemande de l’Alliance Sahel, un réseau multi-donateurs visant à améliorer la mise en œuvre conjointe, la coordination et les communications entre donateurs au Sahel, de 2023 à 2025, l’Allemagne a fait de l’éducation, de l’EFTP et de l’emploi une priorité. En 2025, l’Allemagne s’est également associée à la Banque mondiale pour lancer le Projet d’intervention régionale du Sahel pour l’apprentissage et la collaboration dans l’éducation (RELANCE). Ce projet soutient une éducation de qualité au Sahel, en mettant l’accent sur les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur du pays, ainsi que sur les communautés d’accueil. Dans le cadre de ce projet, l’Allemagne accordera au Tchad et à la Mauritanie des subventions d’un montant total d’environ 56 millions de dollars américains, et la Banque mondiale fournira un financement à long terme d’environ 80 millions de dollars américains. RELANCE vise à permettre aux pays participants d’harmoniser et de mieux gérer leurs systèmes éducatifs. Il offrira également un accès à l’éducation et des mesures de rattrapage à un grand nombre de jeunes non scolarisés dans la région.
En 2022, l’Allemagne a également co-initié le Réseau féministe pour une éducation transformatrice en matière de genre, en accordant 1,35 million d’euros au programme. Ce programme rassemble des pays du Sud, y compris ceux de la région du Sahel.
En 2024, l’UE a lancé son Initiative régionale des enseignants pour l’Afrique, dotée de 100 millions d’euros, en partenariat avec l’UNESCO et la Commission de l’Union africaine. Ce programme est conçu pour remédier à la pénurie critique d’enseignants qualifiés en Afrique subsaharienne. Le mécanisme du programme est mis en œuvre par la France, la Belgique et la Finlande.
Entre 2020 et 2024, l’UE a fourni 9,9 millions d’euros au programme Améliorer l’enseignement dans la région du Sahel (en anglais) mis en œuvre par l’UNESCO. Ce programme vise à améliorer la gouvernance et la formation des enseignants dans les pays du Sahel, ainsi que l’équilibre entre les genres dans la profession. Afin de garantir un impact maximal, la Commission européenne et les États membres de l’UE se sont associés pour créer des initiatives de l’Équipe Europe multisectorielles dans tous les pays du Sahel, qui incluent un soutien au secteur de l’éducation. L’UE a également contribué à hauteur d’un million d’euros à la GCI, qui promeut l’égalité des genres et l’inclusion dans le secteur de l’éducation, notamment dans plusieurs pays du Sahel.
En 2023 et 2024, l’Italie a fourni plus de 1,9 million d’euros au projet de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, qui promeut la sécurité, le bien-être et l’accès à l’éducation et à la formation des enfants au Burkina Faso en sensibilisant les membres de la communauté et en renforçant les capacités des autorités locales et traditionnelles.
Le Japon a versé 8,2 millions de dollars américains au projet École pour tous au Burkina Faso, au Mali et au Niger entre 2021 et 2025. Ce projet vise à améliorer la qualité de l’éducation des enfants et leur accès à celle-ci grâce à la participation active des parents, des enseignants et des membres de la communauté. Il s’est étendu à environ 75 000 écoles primaires et secondaires dans 11 pays africains, dont le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
En 2024, le Japon a fourni 3,3 millions de dollars américains à un projet de renforcement des capacités visant à aider les enseignants à promouvoir un accès continu et inclusif à une éducation sûre et de qualité pour les filles en Afrique occidentale. En 2022, le Japon a également fourni près de 780 000 dollars américains pour un projet visant à améliorer les écoles secondaires à Niamey, au Niger (en japonais).
22. Objectifs en matière d’éducation des filles
« La COVID-19 a exacerbé les inégalités sous-jacentes et ainsi entraîné l’une des pires crises de l’éducation de l’histoire pour les enfants du monde entier, mais surtout pour les filles les plus marginalisées et les plus à risque. Environ 11 millions de filles du préscolaire au secondaire risquent de ne pas retourner à l’école. Nous nous engageons donc à atteindre deux nouveaux objectifs mondiaux relatifs à l’éducation des filles dans le cadre de l’ODD4 [objectif de développement durable 4] : 40 millions de filles de plus dans le système d’éducation des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure d’ici 2026; 20 millions de filles de plus sachant lire à l’âge de 10 ans ou à la fin de l’école primaire dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure d’ici 2026. » — Communiqué du sommet des dirigeants du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 47
« Reconnaissant qu’une éducation de qualité pour toutes les filles est le meilleur indicateur des niveaux futurs d’égalité, [...] nous renforcerons notre partenariat avec les pays africains en matière d’éducation des filles, notamment en redoublant d’efforts pour atteindre les objectifs du G7 en matière d’éducation des filles d’ici à 2026. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 33
Les taux de scolarisation au primaire et au secondaire à l’échelle mondiale se rapprochent de l’égalité entre les filles et les garçons, avec 90 % des filles scolarisées contre 92 % des garçons. Cependant, 133 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées (en anglais).
Les filles des pays à faible revenu ont également moins de chances de terminer leur scolarité que leurs homologues masculins. Seules 63 % des élèves de sexe féminin terminent l’école primaire, contre 67 % des élèves de sexe masculin. En 2023, le Soudan du Sud, l’Angola et le Tchad affichaient les taux de scolarisation au primaire les plus bas au monde pour les filles. En particulier, les filles vivant dans des zones touchées par des conflits et des crises sont 2,5 fois plus susceptibles d’être non scolarisées que celles qui ne vivent pas dans ces conditions.
En 2023, les membres du G7 ont consacré plus de 3,9 milliards de dollars américains au financement d’initiatives visant principalement ou de manière significative l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. En 2021, le G7 a également approuvé deux objectifs mondiaux concernant l’éducation des filles dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. L’objectif était de garantir que, d’ici 2026, il y aurait :
- 40 millions de filles supplémentaires scolarisées;
- 20 millions de filles supplémentaires sachant lire à l’âge de 10 ans ou à la fin de l’école primaire.
Ces objectifs visaient à faire progresser l’ODD 4, qui vise à promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie et à garantir une éducation inclusive et de qualité pour tous.
Entre 2021 et 2024, le pourcentage de filles issues de pays à revenu faible ou intermédiaire inscrites au primaire et au premier cycle du secondaire qui ont poursuivi leurs études au deuxième cycle du secondaire est passé de 46,6 % à 48,1 %. Au cours de la même période, le pourcentage de filles issues de ces pays inscrites au primaire a légèrement diminué, passant de 48,3 % à 47,8 %.
Tableau 7. Nombre de filles et d'adolescentes d’âge scolaire inscrites au primaire et au secondaire inférieur et supérieur, de 2021 à 2022
| 2022 | 2024 | |||
| Pays à faible revenu | Pays à revenu intermédiaire inférieur | Pays à faible revenu | Pays à revenu intermédiaire inférieur | |
| Inscription dans l'enseignement primaire (nombre) | 109 846 388 | 330 361 360 | 112 437 952 | 343 481 072 |
| Filles | 52 491 400 | 159 470 672 | 53 823 496 | 166 521 408 |
| Garçons | 57 354 988 | 170 890 688 | 58 614 456 | 176 959 664 |
| Part des inscriptions de filles | 47,79 % | 48,27 % | 47,87 % | 48,48 % |
| Inscription dans l'enseignement secondaire inférieur (nombre) | 26 593 287 | 146 354 264 | 146 922 600 | |
| Filles | 12 319 209 | 71 514 216 | 72 011 544 | |
| Garçons | 14 274 078 | 74 840 048 | 74 911 056 | |
| Part des inscriptions de filles | 46,32 % | 48,86 % | 49,01 % | |
| Inscription dans l'enseignement secondaire supérieur (nombre) | 14 836 557 | 120 339 568 | 119 022 052 | |
| Filles | 6 363 610 | 56 875 528 | 57 446 280 | |
| Garçons | 8 472 947 | 63 464 040 | 61 575 772 | |
| Part des inscriptions de filles | 42,89 % | 47,26 % | 48,27 % | |
Source: Base de données de l'Institut de statistique de l'UNESCO
VI. Égalité
Le renforcement du pouvoir des femmes et des filles dans toute leur diversité, ainsi que la promotion de l’égalité des genres, figurent parmi les moyens les plus efficaces pour éliminer la pauvreté et bâtir un monde plus pacifique, inclusif et prospère. Les inégalités et la discrimination fondées sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle limitent l’accès aux services de santé, à l’éducation, aux opportunités économiques, aux services financiers et à la prise de décision. Elles accroissent également les risques de violences.
Selon l’ONU, près d’une femme sur trois dans le monde — soit plus d’un milliard de femmes — a subi au moins une fois dans sa vie des violences physiques, émotionnelles, psychologiques ou sexuelles. Une étude des Nations Unies réalisée en 2025 (en anglais) a révèle également que les changements climatiques intensifient les tensions sociales et économiques, alimentant ainsi la hausse des niveaux de violence à l’égard des femmes et des filles. Chaque augmentation de 1 °C de la température mondiale est associée à une hausse de 4,7 % des cas de violence conjugale.
Pour atteindre les objectifs du Programme 2030, les pays du G7 ont fixé des cibles ambitieuses visant à soutenir le renforcement du pouvoir de toutes les femmes et filles. L’objectif ultime est d’améliorer leur accès à l’éducation et de réduire la violence fondée sur le genre.
23. Santé et droits sexuels et reproductifs
« Nous sommes résolus à assurer la santé sexuelle et génésique ainsi que les droits liés à la reproduction, et à mettre un terme aux mariages des enfants, précoces et forcés, à la mutilation génitale des femmes ainsi qu’à d’autres pratiques néfastes. » — Déclaration du sommet du G7, Bruxelles, Belgique, 2014, paragraphe 21; Déclaration des dirigeants, Ise-Shima, Japon, 2016, page 9; Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 46; Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, page 24; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 43
« Nous réitérons notre engagement total à promouvoir et à protéger la santé sexuelle et reproductive et les droits connexes de toutes les personnes. » — Communiqué du sommet des dirigeants du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 46; Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 24; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphes 34 et 43; Communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
« Dans ce contexte, nous nous engageons à agir davantage en faveur de la santé et des droits sexuels et reproductifs complets pour tous et à faire avancer la santé des mères, des nouveau-nés, des enfants et des adolescents, en particulier ceux qui sont dans une situation de vulnérabilité. » — Communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
« Nous réitérons les engagements formulés dans le Communiqué des dirigeants du G7 d’Hiroshima en faveur de l’accès universel à des services de santé adéquats, abordables et de qualité pour les femmes, y compris des soins de santé et des droits sexuels et reproductifs complets pour tous. » — Communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 32
Il est essentiel de fournir des services de santé maternelle et infantile, de nutrition, de santé et de droits sexuels et reproductifs (SDSR) ainsi que de lutter contre la violence fondée sur le genre pour promouvoir l’égalité des genres. Entre 2019 et 2023, les engagements des membres du G7 en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile sont passés d’un peu plus de 965 millions de dollars américains en 2019 à plus de 1,2 milliards de dollars américains en 2023.
Il est essentiel de fournir des services de santé maternelle et infantile, de nutrition, ainsi que des SDSR, tout en luttant contre la violence fondée sur le genre pour promouvoir l’égalité. Entre 2019 et 2023, les engagements des membres du G7 en matière de santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile sont passés de 965 millions de dollars américains à plus de 1,2 milliard.
Figure 17: APD évaluée selon le marqueur « santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile » par les membres du G7 pour les soins de santé reproductive, de 2022 à 2023
Notes: Includes principal and significant policy markers

Version texte
En millions de dollars américains | Année | ||||
|---|---|---|---|---|---|
Donateur | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
Canada | 123,3 $ | 64,4 $ | 150,5 $ | 52,4 $ | 19,9 $ |
EU institutions | 41,2 $ | 23,6 $ | 9,8 $ | 39,5 $ | 112,1 $ |
France | 11,7 $ | 11,5 $ | 11,2 $ | 10,5 $ | 12,7 $ |
Allemagne | 133,5 $ | 93,6 $ | 147,6 $ | 152,7 $ | 52,1 $ |
Italie | 5,2 $ | 5,2 $ | 2,0 $ | 7,1 $ | 0,9 $ |
Japon | 26,8 $ | 21,1 $ | 28,6 $ | 24,4 $ | 32,2 $ |
Royaume-Uni | 186,4 $ | 40,3 $ | 17,8 $ | 70,5 $ | 98,4 $ |
États-Unis | 437,1 $ | 534,8 $ | 480,6 $ | 445,1 $ | 886,2 $ |
Part de l’APD totale examinée dans le cadre de la SRMNI | 12 % | 9 % | 6 % | 8 % | 13 % |
Source CAD-OCDE 1 : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – autres indicateurs
Ce financement soutient la SDSR des femmes et des filles, leur permettant de prendre des décisions éclairées concernant leur sexualité et leur reproduction. Par exemple, le pourcentage de femmes en âge de procréer dont les besoins en planification familiale ont été satisfaits est passé de 76,4 % à 77,6 % entre 2014 et 2023. Parallèlement, le taux de fécondité des jeunes femmes a régulièrement diminué : pour 1 000 femmes âgées de 20 à 24 ans, il est passé de 138 à un peu plus de 113 au cours de la même période. En revanche, il a augmenté chez les femmes âgées de 35 à 39 ans et de 40 à 44 ans.
L’Italie mène des interventions ciblées pour améliorer la santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile en Afrique et au Moyen-Orient, notamment au Liban et en Jordanie. Par exemple, une initiative de coopération italienne de plus de 2,1 millions d’euros vise à améliorer la disponibilité et l’accès à des services de santé maternelle et reproductive de qualité dans la région d’Iringa, en Tanzanie, afin de réduire la mortalité maternelle. Ce projet de trois ans (2024 à 2027) se concentre particulièrement sur la réduction des cas de fistules vésico-vaginales pour diminuer la morbidité obstétricale. Pour ce faire, il met l’accent sur :
- l’amélioration des soins cliniques, des services obstétriques et des capacités de diagnostic;
- le renforcement de l’information et de l’éducation communautaires;
- la promotion de la coordination institutionnelle pour sensibiliser à ces enjeux de santé cruciaux.
En 2021, le Royaume-Uni a lancé son document d’orientation Ending preventable deaths of mothers, babies and children by 2030 (en anglais), aujourd’hui appelé Healthy Women, Children and Newborns initiative. En 2025, il prévoit de publier un rapport narratif présentant les progrès réalisés entre 2021 et 2025 pour mettre fin aux décès évitables de mères, de bébés et d’enfants. Cet objectif sera atteint en collaboration avec les gouvernements partenaires grâce aux mesures suivantes :
- renforcement des systèmes de santé;
- amélioration de la santé et des droits sexuels et reproductifs;
- promotion de l’égalité des genres;
- amélioration de la nutrition, de l’accès à l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène;
- appui à la résilience climatique dans le domaine de la santé.
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a alloué plus de 248 millions d’euros à des projets soutenant la SDSR et la lutte contre les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et forcés et d’autres pratiques néfastes. Elle a également versé 168 millions de dollars américains au Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) pour appuyer la SDSR, l’égalité des genres et les efforts visant à mettre fin à la violence fondée sur le genre. En outre, l’Allemagne est le principal bailleur de fonds de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), à laquelle elle a versé 15,5 millions d’euros par an en 2023 et 2024. L’IPPF œuvre à l’amélioration de la SDSR et de l’autonomie corporelle par la défense des droits, l’éducation communautaire, le renforcement du pouvoir des jeunes, la prestation de services de santé et des partenariats avec des organisations mondiales et locales.
En 2023, la France a lancé sa Stratégie internationale pour les droits et la santé sexuels et reproductifs pour 2023 à 2027, articulée autour de six domaines prioritaires, notamment l’accès aux services, l’éducation complète à la sexualité, l’avortement sécurisé, la lutte contre les violences sexuelles et fondées sur le genre, les droits des femmes, groupes de lesbiennes, bisexuelles, transgenres, queer et intersexuées+ (LGBTQI+) et la promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs dans les contextes humanitaires et de crise. Le Fonds de soutien aux organisations féministes (FSOF) de la France, crée en 2020, a mobilisé 134 millions d’euros lors de son premier cycle et est renouvelé jusqu’en 2027. Entre 2020 et 2024, il a soutenu 1 400 organisations féministes locales dans 75 pays, investissant 250 millions d’euros pour renforcer le pouvoir économique des femmes et d’autres domaines connexes. Parmi les initiatives actuelles figurent le programme Feminist Opportunities Now (en anglais) de 14 millions d’euros (2022 à 2026), et le projet Movements for Reproductive Autonomy, Equality and Solidarity (en anglais) de 5,88 millions d’euros (2025 à 2028). Rien qu’en 2025, la France a contribué plus de 60 millions d’euros à des projets liés à la SDSR, dont 17 millions d’euros via le FSOF et 1 million d’euros à l’Organisation pour le dialogue sur l’avortement sécurisé. Dans le cadre des initiatives de l’Équipe Europe, elle a également alloué 8 millions d’euros à un programme régional sur la SDSR en Afrique orientale pour aider les pays de la CEDEAO à harmoniser leurs politiques, passer des marchés et impliquer la société civile.
L’UE reste engagée dans le dialogue politique et la programmation pour garantir un accès équitable aux services et informations en matière de santé, en mettant particulièrement l’accent sur les femmes et les jeunes. Par exemple, la Commission européenne et les États membres ont fourni 60 millions d’euros à l’initiative de l’Équipe Europe sur la SDRS en Afrique subsaharienne depuis son lancement en décembre 2022. L’UE s’est également engagée à verser de 45 millions d’euros au Partenariat pour l’approvisionnement du FNUAP (2023-2026), tandis que la France y contribué à hauteur de 72 millions d’euros (2021 à 2024).
Depuis 2022, l’UE a alloué 32 millions d’euros à quatre projets multinationaux consacrés à la SDSR des adolescents et des personnes en situation de vulnérabilité dans 16 pays africains. Elle s’est aussi engagée à prévenir et à éliminer la violence fondée sur le genre dans le cadre de l’Initiative Spotlight avec l’ONU. Enfin, l’UE consacre en moyenne 37 millions d’euros par an à la santé sexuelle, reproductive, maternelle et néonatale dans les situations de crise.
Avec la Zambie, le Canada copréside la résolution biennale de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les mariages d’enfants, précoces et forcés. Ce coparrainage interrégional est passé de 106 coparrainages en 2016 à 123 en 2024, témoignant d’un soutien politique accru. Le Canada finance également plusieurs programmes clés pour lutter contre la violence fondée sur le genre et à soutenir la santé maternelle et infantile, notamment :
- 5,5 millions de dollars canadiens à Filles, pas épouses;
- 6,9 millions de dollars canadiens à Plan International Canada;
- 1 million de dollars canadiens à Vision Mondiale Canada;
- 13 millions de dollars canadiens à CARE Canada;
- 1 million de dollars canadiens à Aide à l’enfance Canada;
- 1 million de dollars canadiens à Carrefour international Canada pour prévenir les mariages d’enfants, précoces et forcés au Bangladesh, en Somalie, au Sénégal et au Zimbabwe
Soutien aux mécanismes mondiaux visant à prévenir les mariages d’enfants, précoces et forcés et les mutilations génitales féminines, à y mettre fin et à en assurer le suivi
Le Programme mondial UNFPA-UNICEF visant à mettre fin au mariage d’enfants est mis en œuvre dans les 12 pays où cette pratique est la plus répandue : Bangladesh, Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Inde, Mozambique, Népal, Niger, Ouganda, Sierra Leone, Yémen et Zambie. Il s’appuie sur plusieurs actions clés :
- renforcement des lois et des politiques;
- mobilisation d’investissements dans l’éducation, la santé sexuelle et reproductive, la prévention de la violence fondée sur le genre et la protection sociale;
- accompagnement des filles et des jeunes mères à risque;
- changement des normes sociales.
Le programme met également l’accent sur la production et l’utilisation de données probantes, la diffusion des connaissances et le partage des meilleures pratiques pour éclairer les politiques et les interventions. Il finance notamment le Child Marriage Monitoring Mechanism (en anglais) qui favorise l’adoption des recherches par les décideurs et praticiens via le Réseau de recherche et d’action sur le mariage des enfants (en partenariat avec Filles, pas épouses).
Depuis 2020, l’Italie a contribué au programme en allouant 2 millions d’euro entre 2022 et 2024, puis 1 million d’euro supplémentaire en 2025. L’UE est également un bailleur majeur. Le Royaume-Uni s’est engagé à verser 18 millions d’euro entre 2021 et mars 2026. Depuis 2014, le Canada a fourni 47 millions de dollars canadiens, permettant à 34 millions d’adolescentes d’accéder à une éducation sexuelle complète pour faire des choix éclairés et retarder le mariage. Plus de 11 millions d’adolescentes ont pu s’inscrire ou rester à l’école, et environ 37 millions de garçons et d’hommes ont été sensibilisés aux normes sexistes néfastes.
Le Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des mutilations génitales féminines vise à accélérer les efforts pour mettre fin à cette pratique d’ici 2030 en mobilisant des acteurs à tous les niveaux : communautaire, national, régional et mondial. Il collabore avec les gouvernements de 18 pays – Burkina Faso, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Indonésie, Kenya, Mali, Mauritanie, Nigéria, Sénégal, Soudan, Somalie, Ouganda et Yémen – afin de mettre en place des lois, des politiques et des plans d’action interdisant les mutilations génitales féminines (MGF). Le programme travaille également avec des leaders communautaires, des avocats, des écoles et des clubs pour adolescents afin de promouvoir des changements dans les normes sociales et de genre, ainsi que des stratégies de prévention et de suivi.
Entre 2022 et 2025, le Canada a versé 7,5 millions de dollars canadiens au programme, tandis que le Royaume-Uni a contribué à hauteur de plus de 4,5 millions de livres sterling entre 2019 et 2024. Depuis 2019, la France apporte un soutien régulier, avec une contribution d’environ 328 000 euros au programme entre 2020 et 2024. L’Italie a alloué plus de 8 millions d’euros entre 2022 et 2024, puis 4 millions d’euros supplémentaires en 2025. L’Allemagne a fourni 2,1 millions d’euros au programme depuis 2022, et l’UE a contribué jusqu’en 2023.
Ce soutien a permis de mettre en place des systèmes de suivi des progrès réalisés, notamment sur l’évolution des normes sociales, des cadres législatifs et des mécanismes d’application. En 2024, le Royaume-Uni a soutenu les efforts du gouvernement gambien et des organisations locales pour faire échouer un projet de loi visant à lever l’interdiction des MGF. Le programme a protégé 1,1 million de filles (jusqu’à 14 ans) contre les MGF, engagé 2 millions de femmes et de filles dans un dialogue sur leur élimination, touché 250 millions de personnes par des campagnes médiatiques, fourni des services de prévention et de protection à près de 7 millions de filles et de femmes, et soutenu l’application de la loi, entraînant 1 953 arrestations en vertu de la législation contre les MGF.
En mars 2025, la Commission de l’Union africaine, l’ONU et l’UE ont signé un accord régional pour la mise en œuvre du programme africain 2.0 de l’initiative Spotlight. S’appuyant sur le succès de la première phase (2020 à 2023), ce programme vise à renforcer les actions aux niveaux régional et national contre la violence à l’égard des femmes et des filles, à éliminer les pratiques néfastes et à promouvoir la SDSR dans toute l’Afrique. Le financement de l’UE a permis des avancées majeures dans la collecte de données sur la violence fondée sur le genre et le développement de plateformes et tableaux de bord nationaux, comme au Nigéria et au Mozambique, afin d’améliorer la capacité des gouvernements à surveiller et combattre ces pratiques.
De 2022 à 2024, l’Italie a consacré près de 24 millions d’euro, principalement par l’intermédiaire du FNUAP et du HCR, pour soutenir des initiatives en matière de SDSR destinées aux femmes et aux filles en situation de crise en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Ces efforts, axés sur les réfugiés, les personnes déplacées et les communautés d’accueil, incluent des services de santé et psychosociaux, avec une attention particulière pour les personnes en situation de handicap et les réponses aux urgences complexes.
Soutien aux principales résolutions internationales
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a soutenu toutes les résolutions adoptées par les Nations Unies et l’UE visant à mettre fin aux mariages d’enfants, précoces et forcés, ainsi qu’aux mutilations génitales féminines. Durant cette période, l’Italie a exprimé son appui à l’adoption des résolutions suivantes :
- A/HRC/RES/50/16 sur l’élimination des mutilations génitales féminines (8 juillet 2022);
- A/77/312 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines (25 juillet 2022);
- A/RES/77/202 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés (15 décembre 2022);
- A/HRC/RES/53/23 sur l’élimination et la prévention des mariages d’enfants, précoces et forcés (13 juillet 2023);
- A/79/153 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines (17 décembre 2024).
Le Royaume-Uni soutient les principales résolutions internationales, telles que la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la résolution 69/156 des Nations Unies sur les mariages d’enfants, précoces et forcés, adoptée le 18 décembre 2014. Entre 2022 et 2024, il a également soutenu les résolutions suivantes:
- A/RES/77/202 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés;
- A/RES/77/193 sur l’intensification de l’action menée pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles (15 décembre 2022);
- A/HRC/RES/53/23 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés;
- A/RES/78/188 sur les filles (22 décembre 2023);
- A/RES/78/187 sur les droits de l’enfant (22 décembre 2023)
Le Japon a coparrainé les résolutions suivantes :
- A/HRC/RES/50/16 sur l’élimination des mutilations génitales féminines;
- A/HRC/RES/53/23 sur l’élimination et la prévention des mariages d’enfants, précoces et forcés;
- A/RES/79/153 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines;
- A/RES/79/158 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés (7 décembre 2024)
Le Royaume-Uni n’a pas coparrainé les résolutions A/HRC/RES/50/16 et A/RES/79/153 en raison de ses objections à la suppression du libellé reconnaissant les mutilations génitales féminines comme une forme de violence fondée sur le genre et à l’omission de références à la SDSR et au Programme d’action de Beijing.
La France soutient également les principales résolutions internationales, telles que la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la résolution 69/156 des Nations Unies sur les mariages d’enfants, précoces et forcés. Entre 2022 et 2024, la France a appuyé les résolutions suivantes :
- A/RES/77/202 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés;
- A/RES/77/193 sur l’intensification de l’action menée pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles (15 décembre 2022);
- A/HRC/RES/53/23 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés;
- A/RES/78/188 sur les filles (22 décembre 2023);
- A/RES/78/187 sur les droits de l’enfant (22 décembre 2023);
- A/HRC/RES/50/16 sur l’élimination des mutilations génitales féminines;
- A/RES/79/153 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines;
- A/RES/79/158 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés (17 décembre 2024)
Les Conclusions du Conseil sur les priorités de l’UE dans les enceintes des Nations Unies compétentes en matière de droits de l’homme (2024) réaffirment l’engagement à mettre fin aux mariages d’enfants, précoces et forcés ainsi qu’aux mutilations génitales féminines. L’UE a également soutenu ou coparrainé plusieurs résolutions, notamment :
- A/HRC/RES/50/16 sur l’élimination des mutilations génitales féminines;
- A/RES/77/195 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines (coparrainée);
- A/RES/77/202 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés (coparrainée);
- A/RES/77/193 sur l’intensification de l’action menée pour prévenir et éliminer toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles (coparrainée, conformément à la Stratégie de l’UE en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes 2020-2025);
- A/HRC/RES/53/23 sur l’élimination et la prévention des mariages d’enfants, précoces et forcés ;
- A/RES/78/187 sur les droits de l’enfant (coparrainée);
- A/RES/78/188 sur les filles;
- A/RES/79/153 sur l’intensification de l’action mondiale visant à éliminer les mutilations génitales féminines;
- A/RES/79/158 sur les mariages d’enfants, précoces et forcés (coparrainée)
Mise en œuvre de programmes de développement visant à mettre fin aux mariages d’enfants, précoces et forcés ainsi qu’aux mutilations génitales féminines
Outre leur contribution à des programmes mondiaux visant à mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles et aux pratiques néfastes telles que les MGF et les mariages d’enfants, précoces et forcés, les membres du G7 soutiennent d’autres programmes de développement dans ces domaines. Par exemple, en décembre 2022, 10 États membres de l’UE, la Commission européenne et des partenaires africains ont lancé l’Initiative de l’Équipe Europe sur la santé et les droits sexuels et reproductifs en Afrique. En débloquant 60 millions d’euros de nouveaux fonds entre 2023 et 2027, l’UE contribue à soutenir des programmes axés sur les MGF, les mariages d’enfants et les services de santé sexuelle et reproductive.
Grâce à une contribution de 11,3 millions d’euros au projet Overcoming female genital mutilation in the Horn of Africa (en anglais), l’Allemagne a aidé les pays partenaires d’Afrique orientale à prévenir les MGF. Le projet aide les organisations communautaires et les institutions étatiques et non étatiques à sensibiliser la population à cet enjeu et à développer les compétences nécessaires pour changer efficacement les normes sociales relatives aux MGF et à la violence fondée sur le genre.
En novembre 2024, le Royaume-Uni a augmenté ses investissements dans les programmes de prévention des mariages d’enfants en consacrant jusqu’à 5 millions de livres sterling à des initiatives menées par des filles, notamment dans le cadre de partenariats avec Filles, pas épouses et le Girls First Fund. Il s’est également engagé à verser jusqu’à 35,5 millions de livres sterling entre 2019 et 2026 à la deuxième phase du Africa-led Movement to End Female Genital Mutilation (en anglais). Fort du succès de ses cinq premières années, ce programme vise à construire un monde sans MGF d’ici 2030. Depuis 2013, le soutien du Royaume-Uni a aidé plus de 10 000 communautés, représentant plus de 27 millions de personnes, à s’engager à abandonner cette pratique. Le Royaume-Uni concentre ses efforts dans quatre pays où les taux de prévalence sont élevés : le Kenya, l’Éthiopie, le Sénégal et la Somalie (plus précisément le Somaliland). Le programme a également été le premier à intégrer la prévention et la prise en charge des MGF dans les systèmes de santé grâce à l’Établissement de santé modèle (Model Health Facility, MHF) à Narok, au Kenya. L’établissement a offert des services à plus de 2 000 femmes et filles et formé plus de 1 300 étudiants en santé. Il fonctionne désormais comme un centre régional d’apprentissage qui accueille des échanges entre pairs, forme des professionnels de la santé et présente les meilleures pratiques.
Les efforts du Japon pour mettre fin aux mariages d’enfants, précoces et forcés et aux MGF s’inscrivent dans le cadre de l’aide bilatérale au développement de projets, notamment :
- la formation des policières afghanes à la lutte contre la violence fondée sur le genre;
- la mise à disposition d’un conseiller pour promouvoir une approche centrée sur les survivantes en matière de protection, de réadaptation et de renforcement du pouvoir économique des survivantes de violence fondée sur le genre au Pakistan;
- la mise à disposition d’un conseiller pour favoriser le renforcement du pouvoir économique et la réintégration sociale des survivantes de violence sexuelle et fondée sur le genre au Soudan du Sud;
- le Programme de co-création des connaissances de la Japan International Cooperation Agency;
- l’éradication de la violence sexuelle et fondée sur le genre.
Lors de l’année financière de 2023-2024, le Japon a versé 5,7 million de dollars américains au projet Integrated Services and Livelihood for Displaced Peeople from Myanmar and Host Communities Improvement (en anglais) dans les districts de Bhasan Char et Cox’s Bazar au Bangladesh. Ce programme de l’UNICEF vise à protéger 15 900 enfants déplacés originaires du Myanmar.
La France continue de promouvoir l’universalisation de la Convention d’Istanbul de soutenir les programmes de lutte contre les violences sexuelles et fondées sur le genre. En République centrafricaine, par exemple, elle appuie, par l’intermédiaire de l’AFD, le projet phare Nengo, qui vient en aide aux victimes de violences sexuelles et fondées sur le genre. L’AFD cofinance ce projet depuis sa création en 2020, en allouant trois enveloppes successives pour un montant total de 4,2 millions d’euros.
L’AFD mobilise également sa Facilité d’innovation sectorielle pour les organisations non gouvernementales afin de financer des mesures innovantes contre les violences gynécologiques et obstétricales en Afrique occidentale. À travers des appels à projets pour un financement total de 2,5 millions d’euros sur trois ans, cette initiative soutient des interventions innovantes proposées par des ONG. Deux projets ont été retenus : l’un en Guinée, porté par Amref Health Africa, et l’autre au Sénégal, mené par Equipop.
L’Italie s’attaque aux MGF par le biais de programmes multilatéraux de prévention de la violence fondée sur le genre et de promotion de la santé dans des pays tels que le Mali (10 millions d’euros au Fonds central d’intervention d’urgence) et les zones transfrontalières entre le Sénégal et la Gambie (2,7 millions d’euros au FNUAP).
Réduire la prévalence mondiale des mariages d’enfants, précoces et forcés ainsi que des mutilations génitales féminines
Le soutien apporté par le Royaume-Uni aux efforts internationaux visant à mettre fin aux mariages d’enfants a contribué à réduire leur prévalence de 15 % au cours de la dernière décennie. Les efforts visant à mettre fin à cette pratique néfaste sont menés au sein même des communautés et des pays concernés, et des milliers de communautés à travers l’Afrique se sont engagées à abandonner cette pratique.
En 2022, dans le cadre projet d’ONU Femmes Prevention of COVID-19 infections among women and girls displaced into internally displaced person and refugee camps under Leadership, Empowerment, Access and Protection II in Uganda (en anglais), le Japon a financé des discussions communautaires sur ces enjeux. Au total, 787 hommes en Ouganda ont participé à ces réunions, contribuant ainsi à lutter contre les normes négatives fondées sur le genre qui favorisent l’augmentation des grossesses chez les adolescentes, les mariages d’enfants et les violences sexuelles et fondées sur le genre. Le projet a également formé 57 agents de santé aux services de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre la violence fondée sur le genre, en tenant compte des questions de genre et des droits de la personne. Il était axé spécifiquement sur les adolescentes et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans, les plus exposées au risque de grossesse chez les adolescentes, de mariage d’enfant et de violence fondée sur le genre pendant les mesures de confinement liées à la COVID-19 en Ouganda.
De 2020 à 2023, un projet financé par l’Allemagne sur la prévention des MGF en Afrique orientale a touché 500 participants issus d’institutions étatiques et non étatiques. Ces participants ont confirmé que le projet avait amélioré la mise en œuvre des mesures de prévention. Les dirigeants communautaires de 15 districts du Soudan, d’Éthiopie et de Somalie ont également indiqué que les activités de sensibilisation menées dans le cadre du projet avaient influencé leur opinion sur cette pratique.
De 2021 à 2024, le projet Nengo, financé par la France, a touché plus de 3 200 victimes de violences fondées sur le genre, y compris de MGF. Le personnel médical du service de gynécologie-obstétrique de l’Hôpital de l’Amitié en République centrafricaine a bénéficié d’une formation dispensée dans le cadre du projet. Celui-ci vise à améliorer les dispositifs institutionnels pour la prise en charge à long terme des victimes et à soutenir le dialogue entre les associations de victimes et les autorités centrafricaines.
Allemagne : Assurer la planification familiale et la santé reproductive pour tous
Par l’intermédiaire du BMZ, l’Allemagne promeut la SDSR ainsi que la planification familiale. L’Initiative sur la planification familiale fondée sur les droits et la santé reproductive pour tous en est un exemple. De 2011 à 2023, le programme a contribué à :

- former plus de 51 000 professionnels de la santé;
- prévenir 49,9 millions de grossesses non désirées par an;
- faire en sorte que 7,12 millions de naissances soient assistées par des professionnels.
L’initiative investit dans la création de systèmes de santé résilients qui répondent mieux aux besoins des femmes et des adolescentes, et qui soutiennent leur capacité à prendre des décisions concernant leur corps et leur avenir. Elle améliore les résultats en matière de santé et contribue à la réduction de la pauvreté, à la prise de décisions éclairées, à l’éducation et au renforcement des partenariats locaux. En outre, le BMZ investit dans la SDSR grâce à des partenariats internationaux solides, notamment avec le FNUAP, la Fédération internationale pour la planification familiale et le Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents.
24. Enseignement et formation techniques et professionnels pour les femmes et les filles
« Nous nous engageons à augmenter d’un tiers d’ici 2030, par rapport à la trajectoire actuelle, le nombre de femmes et de filles des pays en développement ayant bénéficié d’un enseignement et d’une formation techniques et professionnels grâce aux mesures prises par le G7. » — Déclaration des chefs d’État et de gouvernement du G7, Elmau, Allemagne, 2015, paragraphe 20
L’EFTP permettent aux étudiants d’acquérir des compétences propres à un secteur d’activité, ce qui améliore leur employabilité et leurs perspectives d’emploi. En adaptant la formation aux besoins du marché, ils contribuent à transformer les économies, à réduire la pauvreté et à garantir aux pays une main-d’œuvre qualifiée capable de s’adapter aux changements technologiques. Cependant, les femmes et les filles sont souvent exclues des possibilités d’EFTP en raison des stéréotypes de genre, des traditions néfastes, des normes et d’autres pratiques.
Les membres du G7 s’engagent à rendre l’EFTP accessible à toutes les femmes et à toutes les filles. Par exemple, l’amélioration de l’accès des femmes et des filles à l’EFTP fait partie de la nouvelle Stratégie internationale de la France en matière d’éducation de base (2024-2028) et de sa Stratégie pour une diplomatie féministe (2025-2030). La France soutient en particulier les programmes qui :
- sensibilisent les jeunes femmes, les employeurs et les centres de formation aux normes et stéréotypes liés au genre;
- améliorent l’accès des femmes à l’EFTP grâce à des services de garde d’enfants ou de transport;
- apportent un soutien individuel aux femmes.
Afin de lutter contre les incidents de violence sexuelle et fondée sur le genre pendant les trajets vers et depuis les centres de formation ou les lieux d’apprentissage, ou pendant les cours, la France soutient des activités qui garantissent la sécurité des jeunes femmes dans leurs déplacements en Angola. Dans certains cas, elle contribue au financement d’une partie des frais de transport ou de leurs besoins alimentaires et de soins. La France a également encouragé la mise en place de lignes téléphoniques anonymes pour signaler les violences fondées sur le genre. Elle s’est en outre employée à déségréguer les domaines professionnels, permettant ainsi aux jeunes femmes d’accéder aux possibilités d’EFTP qui les intéressent et de briser les stéréotypes de genre en matière de parcours professionnels.
Par l’intermédiaire du FSOF, la France contribue au financement du projet Féminisme : actions et mobilisation pour une économie inclusive. Cette initiative renforce les capacités des organisations de la société civile féministes dans 10 pays – Bangladesh, Bénin, Bolivie, Équateur, Guinée, Maroc, Pakistan, République dominicaine, Sri Lanka et Togo – et améliore l’accès à l’EFTP. Un autre projet financé par la France, STRIVE, lutte contre la violence fondée sur le genre et promeut l’égalité des genres au sein des centres d’EFTP. Au Nigéria, la France a également dispensé à environ 14 000 jeunes, dont la moitié étaient des femmes et des filles, une formation professionnelle et technique dans le domaine de l’agriculture et une formation à la construction de centres d’enseignement et de formation professionnels dans le domaine agricole.
La France s’est également attachée à renforcer les capacités des établissements d’enseignement en matière de planification et de gestion de l’éducation, afin qu’elles soient sensibles au genre et contribuent à transformer les normes et pratiques pour promouvoir l’égalité. Elle a, par exemple, financé des initiatives dans des centres d’EFTPqui:
- luttent contre les violences sexuelles et fondées sur le genre et les préviennent;
- fournissent des installations sanitaires et d’hygiène adéquates;
- créent des programmes d’études exempts de préjugés fondés sur le genre;
- offrent une formation aux enseignants sur les enjeux de genre.
En tant que principal partenaire gouvernemental de l’initiative Generation Unlimited (en anglais) de l’UNICEF, le Canada joue un rôle clé dans la promotion de l’éducation, de la formation et du développement des compétences. Sa contribution de 60 millions de dollars canadiens (2024 à 2029) vise à accroître l’emploi, l’entrepreneuriat et l’impact social pour les jeunes des pays en développement.
Entre 2022 et 2024, l’aide du Canada a permis à plus de 45 000 personnes, dont près de 26 000 femmes, de bénéficier d’EFTP axés sur la demande. Par exemple, sa contribution de 6,5 millions de dollars canadiens au projet de l’UNESCO Transforming Technical Vocational Education and Training in Jordan (en anglais) modernise l’enseignement professionnel en Jordanie et améliore l’accès à une formation sûre, inclusive et de qualité pour les jeunes Jordaniens et réfugiés.
De 2019 à 2024, le Canada a investi plus de 13 millions de dollars canadiens au projet Apprendre par l’éducation et l’accès aux compétences pour l’emploi pour les réfugiés et leurs hôtes au Kenya. Cette initiative a permis :
- à plus de 800 jeunes femmes de suivre une formation en commerce et culture numérique;
- à plus de 800 femmes de suivre une formation technique;
- à plus de 700 filles d’être inscrites à des cours de rattrapage;
- de mobiliser près de 47 000 personnes par des activités de sensibilisation;
- d’aider plus de 2 100 ménages grâce à des transferts en espèces pour maintenir les filles à l’école.
Entre 2021 et 2024, l’Allemagne a fortement augmenté le nombre de femmes et de filles bénéficiant de ses mesures de formation professionnelle : 63 500 en 2021 contre au moins 89 400 en 2024. Elle finance aussi un projet au Liban qui a permis à 50 000 femmes et filles de suivre des cours d’EFTP proposés par l’UNICEF. Au Togo, un projet soutenu par l’Allemagne offre de meilleures qualifications via des écoles professionnelles et des centres de formation, avec plus de 3 000 femmes formées à ce jour. L’Allemagne appuie également le renforcement du pouvoir économique des femmes par l’initiative spéciale Decent Work for a Just Transition (en anglais).
L’Italie soutient diverses initiatives pour aux femmes et aux filles l’accès aux possibilités d’EFTP. En 2024, elle a contribuée à 2 millions d’euros à l’initiative Humanitarian aid, services and inclusion for migrants, refugees, and victims of the armed conflict in Colombia, particularly women, youth and children (en anglais),qui favorise l’intégration socio-économique des femmes migrantes vénézuéliennes, des rapatriés colombiens et des communautés d’accueil grâce à la formation professionnelle, aux stages, et à l’entrepreneuriat.
En 2023, l’Italie a financé plusieurs projets au Sénégal pour soutenir l’inclusion professionnelle et la création d’emplois, notamment le projet Support the Territorialisation of Vocational Inclusion Policies for Young People and Women de 4 millions d’euros, qui prévoit plus de 2 200 stages rémunérés dont la moitié pour des femmes et des filles.
En 2022, elle a investi plus de 1,6 million d’euros dans le projet AGREE (en anglais) au Soudan du Sud, en partenariat avec des organisations locales, pour promouvoir la sécurité alimentaire, le pouvoir des femmes et l’agriculture durable via la formation professionnelle, des activités génératrices de revenus et des pratiques écologiques.
En octobre 2024, l’Italie a accueilli un événement de haut niveau intitulé « Investir dans l’apprentissage tout au long de la vie pour la création d’emplois et la résilience : un dialogue avec l’Afrique », afin de renforcer les partenariats G7-Afrique dans l’éducation, le développement des compétences et l’apprentissage continu.
De 2022 à 2024, environ 6 000 étudiantes ont participé aux projets d’EFTP de la JICA. Par exemple, le Japon a contribué 8,8 millions de dollars américains via l’UNICEF pour construire trois écoles secondaires techniques et professionnelles au Burkina Faso, équipées d’installations d’hygiène menstruelle.
Le Royaume-Uni joue un rôle de premier plan dans l’amélioration de l’éducation des filles dans les pays en développement grâce à sa collaboration avec le Girls Education and Skills Partnership (GESP) (en anglais) de l’UNICEF. Cette initiative combine des PPP pour offrir des formations professionnelles adaptées au marché et des parcours d’emploi aux adolescentes et jeunes femmes au Bangladesh et au Nigéria. Grâce au fonds d’innovation, près de 5 500 adolescentes et jeunes femmes ont été inscrites à des programmes formels et informels de formation professionnelle, de préparation à l’emploi ou de leadership. Le partenariat a également permis de :
- former 585 instructeurs, dont 36 % de femmes, à des pédagogies inclusives;
- outiller plus de 1 100 membres du personnel éducatif pour créer des environnements d’apprentissage sensibles au genre;
- élaborer ou réviser 31 programmes d’études tenant compte du genre, utilisés par plus de 6 000 élèves;
- impliquer 225 acteurs publics et privés dans la conception des programmes;
- fournir à plus de 450 employeurs et établissements des services d’emploi et d’entrepreneuriat;
- sensibiliser plus de 2 300 membres de la communauté pour faire évoluer les normes de genre.
Le programme Skills for Prosperity (en anglais), financé par le Royaume-Uni, améliore la qualité, l’équité et la pertinence des systèmes d’EFTP et d’enseignement supérieur en Afrique du Sud, au Brésil, en Égypte, en Indonésie, au Kenya, en Malaisie, au Mexique, au Nigéria et aux Philippines. Il a profité directement ou indirectement à près de 2 millions de femmes en :
- éliminant des obstacles structurels;
- soutenant la mobilisation numérique;
- adaptant les programmes scolaires;
- développant des outils favorisant l’égalité des genres et l’inclusion sociale.
Le programme a formé des milliers d’enseignants et de formateurs, soutenu la mise en œuvre de normes de qualité alignées sur celles du Royaume-Uni, créé ou adapté plus de 139 cours et élaboré 56 stratégies, politiques et réglementations nationales et provinciales.
L’UE plaide pour des approches globales et inclusives en matière d’EFTP. Dans le cadre de la VET Toolbox , elle a financé 14 projets pilotes dans 11 pays subsahariens, intégrant systématiquement la dimension de genre par des analyses, des campagnes de sensibilisation et des modalités de formation flexibles.
L’UE s’est engagée à verser 75 millions d’euros (2024 à 2029) au projet Opportunity-driven Skills and VET in Africa (en anglais), qui favorise des compétences et des formations professionnelles ouvrant des emplois décents, en particulier pour les femmes, et encourage les échanges régionaux pour diffuser les meilleures pratiques.
25. Renforcement du pouvoir économique des femmes
« Nous soutiendrons nos partenaires dans les pays en développement [...] pour mettre fin aux discriminations, au harcèlement sexuel et aux violences faites aux femmes et aux filles, ainsi que pour surmonter d’autres obstacles économiques, sociaux, culturels et juridiques qui freignent leur participation à l’activité économique. » — Déclaration chefs d’État et de gouvernement du sommet du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 21; Communiqué des dirigeants du G7, Taormine, Italie, 2017, paragraphe 18
« Nous appelons de nos vœux des réformes visant à réduire les obstacles sociaux, juridiques et réglementaires qui empêchent les femmes de participer pleinement et librement à la vie économique et entravent leur autonomisation. Nous soutenons l’Initiative pour favoriser l’accès des femmes au financement en Afrique (AFAWA), notamment grâce à l’Initiative en faveur des femmes entrepreneurs (We-Fi). Nous continuons également d’encourager le Défi 2X et les programmes bilatéraux soutenus par les membres du G7 » — Sommet du G7, Déclaration pour un partenariat entre le G7 et l’Afrique, Biarritz, France, 2019, paragraphe 7; Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphes 28 et 68
Dans le monde, une femme sur dix vit dans l’extrême pauvreté. Elles sont surreprésentées dans les emplois informels et précaires et disposent d’un accès limité aux institutions financières ou à un compte bancaire. On estime que 73,5 % des femmes actives sur le marché du travail ne bénéficient pas de protections sociales telles que les pensions de retraite, les allocations de chômage ou la couverture maternité.
Garantir la participation pleine, égale et significative des femmes à l’économie est essentiel pour atteindre l’égalité des genres, éliminer la pauvreté et promouvoir une croissance inclusive. L’UE s’efforce de renforcer le pouvoir économique des femmes en :
- s’attaquant aux obstacles structurels qui limitent leur accès à l’économie;
- favorisant leur inclusion financière;
- soutenant l’emploi décent et l’entrepreneuriat féminin, notamment dans les secteurs vert et numérique.
De 2019 à 2023, l’APD bilatérale des membres du G7 consacrée à des initiatives liées à la croissance économique et à l’égalité des genres est passée de plus de 13 milliards à plus de 14,6 milliards de dollars américains. Par exemple, l’UE et l’Allemagne ont porté leur financement pour la facilité de réforme du climat d’investissement à 26 millions d’euros en 2023. Cette facilité collabore avec des partenaires publics et privés en Afrique, dans les Caraïbes et le Pacifique pour promouvoir des réformes favorisant la participation pleine et égale des femmes à l’économie.
L’UE, avec d’autres acteurs de l’Équipe Europe, soutient l’accès des femmes au financement et à l’entrepreneuriat par un large éventail d’actions intégrées dans la stratégie Global Gateway. Par exemple, l’initiative Investir dans les jeunes entreprises en Afrique lancée en 2021, appuie les entreprises en phase de démarrage et les jeunes entrepreneurs, en particulier les femmes, dans toute l’Afrique subsaharienne. Dans ce cadre, le programme Women Entrepreneurship for Africa aide les femmes entrepreneures à
- renforçant leurs capacités en matière d’entreprises vertes;
- améliorant leur accès au financement et aux marchés;
- les aidant à s’intégrer dans les chaînes de valeur locales, régionales et mondiales.
Grâce à ce programme, plus de 2 000 femmes ont été formées à la gestion d’entreprise et au commerce vert, et les 800 premières participantes ont chacune reçu 4 500 euros de financement de démarrage.
L’Initiative pour le financement en faveur des femmes en Afrique encourage l’entrepreneuriat féminin sur tout le continent. La France en est le principal contributeur, avec 95 millions de dollars américains, dont 60 millions en garanties et fonds pour absorber les pertes éventuelles liées aux appels de garanties. Elle apporte également une aide technique de 25 millions et une participation au capital de 10 millions par l’intermédiaire de Proparco (filiale de l’AFD). Le réseau diplomatique joue un rôle actif dans le suivi opérationnel de l’initiative sur le terrain.
En 2023, via le FSOF, la France a lancé le programme « Féminisme, renforcement du pouvoir économique et participation économique des femmes », doté de 10 millions d’euros et mis en œuvre par un consortium d’organisations de la société civile.
L’Allemagne promeut l’inclusion financière des femmes par des initiatives de financement mixte. En 2024, elle a restructuré un fonds majeur pour créer le Global Gender Smart Fund (en anglais), axé sur les micros, petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes et ciblant les institutions de microfinance disposant de plus de 500 millions de dollars américains d’actifs. Depuis 2020, elle investit également dans les fonds de la Banque mondiale dédiés aux femmes afin de renforcer leur pouvoir économique. Dans le cadre du Défi 2X, l’Allemagne a lancé en 2024 le fonds 2X Ignite (en anglais) avec une contribution de 14 millions d’euros pour accroitre la représentation des femmes dans les affaires et la finance et soutenir les gestionnaires de fonds féminins.
L’Italie, en 2022, a alloué plus de 42 millions d’euros à 22 nouvelles initiatives principalement axées sur l’égalité des genres. L’AICS a aussi consacré 380 millions d’euros à diverses interventions visant l’égalité des genres ou le renforcement du pouvoir des femmes et des filles. Près de la moitié des programmes financés par l’Italie en 2022 incluaient cet objectif. En 2023, la proportion de projets intégrant l’égalité des genres comme composante principale ou importante a atteint 75 %, avec plus de 56 millions d’euros investis dans 24 nouvelles initiatives. En 2024, l’Italie a porté ses contributions à environ 79 millions d’euros, soit plus de 5 % de son APD approuvée cette année-là.
Orienter l’APD vers l’élimination de la violence à l’égard des femmes
Ces dernières années, l’APD du G7 consacrée à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles dans les pays en développement a fortement progressé, passant de près de 240 millions de dollars américains en 2018 à environ 347 millions de dollars américains en 2023. Cette année-là, les institutions de l’UE, le Royaume-Uni et le Canada ont été les principaux contributeurs à cet enjeu crucial.
Figure 18 : APD du G7 axée sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes, de 2018 à 2023

Version texte
Dollars américains | Pays | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Année | Canada | Institutions de l’UE | France | Allemagne | Italie | Japon | Royaume-Uni | États-Unis |
2018 | 25,1 $ | 151,8 $ | 0,2 $ | 6,6 $ | 2,3 $ | 9,2 $ | 43,5 $ | 1,4 $ |
2019 | 45,3 $ | 103,5 $ | 0,4 $ | 16,2 $ | 6,3 $ | 9,5 $ | 60,1 $ | 6,5 $ |
2020 | 53,9 $ | 188,7 $ | 3,2 $ | 14,5 $ | 4,7 $ | 8,6 $ | 45,6 $ | 6,9 $ |
2021 | 74,5 $ | 170,2 $ | 9,8 $ | 30,9 $ | 11,1 $ | 14,6 $ | 37,9 $ | 6,9 $ |
2022 | 63,9 $ | 95,1 $ | 8,4 $ | 37,3 $ | 13,3 $ | 12,7 $ | 101,5 $ | 20,3 $ |
2023 | 73,7 $ | 91,4 $ | 7,3 $ | 38,5 $ | 13,3 $ | 24,9 $ | 78,0 $ | 19,7 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE
Entre 2015 et 2024, le Canada a investi 504 millions de dollars canadiens pour mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles, dont plus de la moitié entre 2022 et 2024, témoignant d’un engagement croissant. Ces investissements ont permis de:
- lutter contre les mariages d’enfants, précoces et forcés et les mutilations génitales féminines;
- soutenir les organisations de défense des droits des femmes;
- promouvoir les droits des adolescentes;
- améliorer l’accès à la justice, la responsabilisation et les réparations;
- prévenir la violence sexuelle et fondée sur le genre grâce à des programmes de santé et d’éducation.
Ces projets ont été réalisé en partenariat avec des agences des Nations Unies et des organisations canadiennes et internationales. Plus de la moitié ciblent l’Afrique, et près d’un quart l’Amérique latine et les Caraïbes.
La France, depuis 2019, soutient le Global Survivors Fund (en anglais), co-fondé par Nadia Murad et Denis Mukwege, lauréats du prix Nobel de la paix 2018. Ce fond apporte une aide psychologique, médicale, financière et juridique essentielle aux survivantes de violences sexuelles liées aux conflits. Entre 2019 et 2025, la France lui a consacré 16,2 millions d’euros, dont environ 6,2 millions d’euros pour la période de 2019 à 2022, 7 millions d’euros pour 2023-2025, et 4 millions d’euros supplémentaires via le Centre de crise et de soutien pour des projets en Ukraine.
Le FSOF français accorde une subvention de 14 millions d’euros au programme Feminist Opportunities Now pour la période 2022-2026. Cette aide soutient les activités des organisations de la société civile en matière de prévention et de lutte contre la violence fondée sur le genre grâce à un système de sous-subventions. En 2023 et 2024, la France a également versé 140 000 euros au Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale afin de soutenir les victimes de violences sexuelles et fondées sur le genre.
L’Italie, au cours des trois dernières années a contribué à plusieurs initiatives visant à éliminer la violence à l’égard des femmes dans des pays tels que l’Afghanistan, le Bangladesh, la Colombie, Djibouti, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iraq, le Kenya, la Libye, le Mali, la RDC, le Sénégal et la Syrie.
- En 2022, l’Italie a financé deux initiatives clés en Afghanistan : une contribution de 4,5 millions d’euros au Women’s Peace and Humanitarian Fund (en anglais) pour soutenir les organisations locales de femmes et les femmes afghanes déplacées, et 8 millions d’euros au FNUAP pour des services essentiels en matière de santé maternelle et de violence fondée sur le genre.
- En 2023, l’Italie a approuvé deux initiatives en Éthiopie pour renforcer la réponse aux violences sexuelles et à améliorer le soutien psychosocial : 4,7 millions d’euros pour le projet Strengthening of the SGBV and Mental Health and Psycho-Social Support Response Services in Ethiopia (en anglais) et 4,5 millions d’euros pour le projet Strengthening of the SGBV and mental health problems prevention and of the social reintegration services in Ethiopia (en anglais).
- En 2024, elle a financé un nouveau projet du FNUAP d’un million d’euros pour soutenir les communautés touchées par les conflits, les inondations et les épidémies dans les provinces d’Ituri et du Tanganyika en RDC, améliorant l’accès à la SDSR et aux services de prévention et de lutte contre la violence fondée sur le genre pour les populations déplacées, rapatriées et d’accueil.
L’initiative Spotlight, menée par l’UE et l’ONU, joue un rôle clé dans la prévention et l’élimination de toutes les formes de violence fondée sur le genre. L’UE s’est engagée à verser 500 millions d’euros entre 2017 et 2023 pour la première phase, couvrant cinq régions. Ce financement a permis de lancer 26 programmes nationaux, six programmes régionaux et deux programmes du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies. Lors du Sommet des ODD de 2023, Spotlight a été reconnu comme l’un des 12 programmes à fort impact contribuant à des progrès transformateurs et à l’accélération de la réalisation des ODD.
En août 2022, l’UE s’est également engagée à verser 40 millions d’euros dans le cadre du programme Défis mondiaux, donnant lieu à deux nouvelles initiatives : le High-Impact Programme for Violence Elimination (en anglais) de l’initiative Spotlight et le Programme ACT pour mettre fin aux violences à l’égard des femmes.
Entre 2015 et 2022, l’Allemagne a consacré plus de 360 millions d’euros à des programmes visant à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles en lien avec le renforcement de l’égalité des genres, la protection du climat et de l’environnement, ainsi que la gouvernance démocratique et inclusive.
Le Royaume-Uni a démontré que la violence peut être évitée en mettant en place des approches novatrices réduisant de 50 % la violence à l’égard des femmes à la maison, à l’école et dans les communautés. En 2025, son programme What Works to Prevent Violence Against Women and Girls (en anglais) soutient 14 organisations en Afrique et en Asie pour prévenir la violence à l’égard des femmes. Le Royaume-Uni est également un fervent soutien du Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence contre les femmes et les filles, qui a financé 180 organisations de la société civile dans 74 pays en 2024. Entre avril 2023 et mars 2024, le travail du ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement ont touché 3,2 millions de personnes dans le monde.
Canada : Renforcer le pouvoir des femmes dans le secteur agricole pour qu’elles soient plus indépendantes financièrement
Grâce à un investissement de 7,8 millions de dollars canadiens dans le projet À son tour de croître, le Canada améliore la vie des femmes rurales travaillant dans l’agriculture en Éthiopie, au Ghana et en Zambie. Depuis le lancement du projet en 2022, le projet a créé des opportunités génératrices de revenus pour au moins 25 000 femmes et devrait générer au moins 30 millions de dollars canadiens de nouveaux revenus.
Ce programme favorise la participation des femmes à l’économie locale en leur offrant des formations, en renforçant leurs compétences et en améliorant le partage des connaissances. Les entreprises créés par ces femmes leur assurent une plus grande indépendance financière et bénéficient également communautés locales en leur offrant des biens et services essentiels.
26. Promouvoir l’égalité des genres en comblant le fossé en matière de disponibilité des services de garde d’enfants
« Nous nous attaquerons à la répartition inégale du travail de soins entre les sexes, qui contribue aux inégalités entre les sexes. À cette fin, nous visons, d’ici 2035, à aider 200 millions de femmes supplémentaires à rejoindre le marché du travail en investissant dans les efforts visant à combler le fossé mondial en matière de disponibilité des services de garde d’enfants, notamment par le biais de l’initiative Investir dans la garde d’enfants de la Banque mondiale. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 33
Le manque d’accès aux services de garde d’enfants empêche les femmes de participer pleinement au marché du travail, d’atteindre l’autonomie financière et de poursuivre leurs objectifs de carrière. En 2023, on estimait à 708 millions le nombre de femmes dans le monde qui restaient en dehors du marché du travail en raison de responsabilités de soins non rémunérées.
La transformation de l’économie des soins, y compris la garde d’enfants, est essentielle pour garantir l’égalité entre les hommes et les femmes. Elle constitue également un élément clé de la politique de développement féministe de l’Allemagne. L’Allemagne soutient l’initiative Investir dans la garde d’enfants (en anglais) de la Banque mondiale depuis son lancement en 2022, s’engageant à verser 20 millions d’euros d’ici 2027. Cette initiative soutient les activités de garde d’enfants dans 65 pays grâce à 73 petites subventions catalytiques destinées à aider les pays à faire progresser leur programme de garde d’enfants et à 17 subventions plus importantes mises en œuvre par les gouvernements nationaux.
Dans le cadre du Troisième plan d’action sur l’égalité des sexes et de Global Gateway, l’UE investit dans les infrastructures sociales et de soins afin d’assurer le renforcement du pouvoir économique des femmes. En partenariat avec l’initiative Investir dans la garde d’enfants, elle soutient les systèmes de garde d’enfants en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes. Le financement est octroyé sous forme d’aide budgétaire, d’initiatives de l’Équipe Europe et du Fonds européen pour le développement durable Plus, afin de promouvoir le travail décent, la protection sociale et des emplois de qualité pour les femmes.
En tant que membre fondateur d’Investir dans la garde d’enfants, le Canada a contribué à hauteur de 10 millions de dollars canadiens à l’initiative de 2022 à 2024. Il a également contribué à attirer d’autres fonds des pays du G7, notamment du gouvernement italien, qui a versé 13 millions de dollars américains en 2025. Le Canada a également participé très activement au groupe de travail Investir dans la garde d’enfants, en aidant à orienter le programme de travail et à renforcer l’engagement.
Ce soutien encourage de nouveaux investissements dans des services de garde de qualité et abordables et devrait accroître l’offre de services de garde de qualité et abordables, en particulier pour les familles les plus vulnérables. L’initiative facilite la participation économique des femmes en fournissant des services de garde de qualité au niveau communautaire et national. Elle se traduit par une augmentation du nombre d’heures et de jours de garde en Côte d’Ivoire et en Moldavie. En outre, l’initiative fournit des services de garde d’enfants afin de faciliter la participation à des programmes de formation et d’emploi dans les centres d’EFTP, sur les lieux de travail et dans les travaux publics au Ghana et à Madagascar. Cela concerne notamment les survivantes de violences fondées sur le genre et les femmes vivant dans des zones touchées par des conflits, telles que l’Éthiopie et le Soudan du Sud. Dans des pays comme le Sénégal, le Kenya et la RDC, le programme propose également des services de garde d’enfants comme moyen de subsistance grâce à des programmes de formation et d’entrepreneuriat.
L’Allemagne soutient également la disponibilité des services de garde d’enfants par sa participation à l’Alliance mondiale pour les soins à la personne (en anglais). Elle considère le travail de soins comme l’un des principaux obstacles au renforcement du pouvoir économique des femmes et encourage l’augmentation des investissements dans les systèmes et les politiques de soins. En outre, l’Allemagne soutient le programme Approches transformatrices visant à reconnaître, réduire et redistribuer le travail de soins non rémunéré dans le cadre des programmes d’autonomisation économique des femmes de ONU Femmes au Rwanda et au Sénégal. Elle a engagé 2,9 millions d’euros dans ce programme, dont 1,3 million a été versé en 2024 et 400 000 euros devraient être versés en 2025.
En 2021, le Canada s’est engagé à verser 100 millions de dollars canadiens sur cinq ans pour traiter les enjeux liés au travail de soins rémunéré et non rémunéré dans les pays à faible et moyen revenu. Cet engagement reconnaît la valeur de l’économie des soins et la responsabilité disproportionnée qui incombe aux femmes et aux filles en matière de soins. Cette initiative contribue à transformer les normes sociales dans les pays à faible et moyen revenu d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2024, le premier ministre du Canada a annoncé un financement de plus de 57 millions de dollars canadiens pour des projets visant à résoudre les problèmes liés au travail de soins rémunéré et non rémunéré.
De 2020 à 2025, l’engagement de 3 millions de dollars canadiens du Canada pour le projet Ouvrir des portes : des opportunités plus nombreuses et meilleures pour les travailleurs domestiques au Pérou de l’Organisation internationale du travail, a contribué à améliorer les conditions socio-économiques des femmes effectuant du travail de soins, en particulier au Pérou. Il a facilité l’enregistrement de près de 3 500 travailleuses domestiques par leurs employeurs. Il a également financé des ateliers avec des travailleuses domestiques, des syndicats de travailleuses domestiques et d’autres organisations de femmes sur la protection des droits des travailleurs et l’amélioration des conditions de travail.
La France milite aux niveaux européen et international pour que toutes les familles aient accès à des services de garde d’enfants de qualité. À titre d’exemple, l’AFD a récemment financé un prêt d’appui aux politiques publiques de 50 millions d’euros à l’Albanie pour soutenir l’accès des femmes aux possibilités économiques et faciliter leur accès au marché du travail, en mettant particulièrement l’accent sur les services à la petite enfance.
En 2023, le Japon a fourni 1,3 million de dollars américains à l’UNICEF pour son projet Expanding multi-sectoral humanitarian support for conflict-affected children, woman and communities in Ukraine (en japonais). Grâce à ce financement, 69 000 personnes ont pu bénéficier de services d’aide aux familles tels que des garderies, des clubs parentaux et des centres de services sociaux intégrés.
Depuis 1968, la JICA a envoyé près de 900 volontaires dans le monde entier pour soutenir l’éducation de la petite enfance. En outre, le Japon a mis en œuvre des projets de coopération technique axés sur l’éducation de la petite enfance, comme le projet Quality Improvement of Early Childhood Development (en anglais) en Égypte depuis 2017.
En 2023, le Royaume-Uni a financé des recherches sur les effets de l’expansion des services de garde d’enfants sur la participation des femmes au marché du travail et sur les meilleurs moyens de combler l’écart mondial en matière de disponibilité des services de garde. Cela comprenait le financement d’évaluations d’impact sur les interventions en matière de garde d’enfants, par l’intermédiaire du Laboratoire d’innovation sur le genre en Afrique (en anglais) de la Banque mondiale, ainsi que des recherches supplémentaires dans le cadre du programme Advancing Gender Equality and Labour Markets in Low-Income Countries (en anglais).
En 2022, l’Italie a alloué 5 millions d’euros pour soutenir les services intégrés destinés à la petite enfance dans les zones touchées par des crises, en mettant l’accent sur les femmes et les filles. En Syrie, elle a soutenu l’Unité de protection familiale (en anglais) du FNUAP afin d’améliorer les services d’hébergement, de renforcement du pouvoir et de lutte contre la violence fondée sur le genre. En Colombie, l’Italie a soutenu des programmes menés par le HCR (en anglais) visant à améliorer la santé maternelle et infantile, le soutien psychosocial et les possibilités socio-économiques pour les réfugiés vénézuéliens et les communautés d’accueil. Le financement de l’Italie a aussi permis la création d’un centre sécurisé pour les enfants en Ukraine (en anglais) offrant une éducation non formelle, des loisirs et des soins psychosociaux aux enfants touchés par le conflit.
27. Promouvoir l’égalité des genres grâce à une législation non discriminatoire
« Nous entendons également plaider pour la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes, afin de créer une coalition mondiale déterminée à parvenir à la pleine autonomisation des filles et des femmes partout dans le monde. À cet égard, nous sommes vivement préoccupés par les législations discriminatoires subies par de trop nombreuses femmes et filles dans le monde et par l’absence de protection juridique. En plus de nos engagements nationaux, nous sommes prêts à aider les pays intéressés, par nos différents dispositifs d’expertise et de développement, à adopter, mettre en œuvre et assurer le suivi des lois contribuant à y remédier et à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes. Le Groupe de travail du G7 sur la redevabilité assurera le contrôle du soutien apporté par le G7 à ces pays. » — Sommet du G7, Déclaration sur l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation des femmes, Biarritz, France, 2019, paragraphe 3
« Conscients de l’augmentation de la violence à l’égard des femmes et des filles pendant la crise de la COVID-19, nous nous engageons à prévenir et à éliminer toutes les formes de violence sexuelle et fondée sur le sexe, et à intervenir en conséquence. Nous y parviendrons grâce à l’autonomisation des femmes et à une mise en œuvre à grande échelle de politiques et de programmes de prévention et de soutien accessibles et fondés sur des preuves, qui sont axés sur les survivantes et les victimes, y compris dans le cadre de notre réponse à la pandémie et de notre rétablissement au niveau national, dans les pays partenaires et dans les zones de conflit. — Communiqué du sommet des dirigeants du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 46; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 43
Les lois, les normes sociales et les pratiques discriminatoires alimentent les inégalités entre les genres, perpétuant les écarts entre les hommes et les femmes dans les domaines de l’éducation, de la santé et du travail. Mais une législation non discriminatoire favorise l’égalité des genres en créant, réformant et mettant en œuvre des lois et des politiques qui garantissent l’égalité des droits et la protection de tous.
L’Indice Institutions sociales et égalité des genres (SIGI) de l’OCDE mesure la discrimination à l’égard des femmes dans les institutions sociales de 179 pays. Le SIGI rend compte des facteurs sous-jacents de l’inégalité entre les genres en examinant les lois, les normes sociales et les pratiques discriminatoires qui restreignent les droits des femmes et des filles et leur accès aux ressources et à des possibilités d’autonomisation. Le système de notation du SIGI attribue des notes plus élevées aux pays où la discrimination à l’égard des femmes dans les institutions sociales est forte.
Il est encourageant de constater que les scores du SIGI ont diminué dans toutes les régions du monde entre 2019 et 2023. En 2023, l’UE affichait le score le plus bas, avec seulement 13,4, contre une moyenne mondiale de 29,2. À l’inverse, l’Asie et l’Afrique affichaient les scores les plus élevés, avec respectivement 37,2 et 39,8. La catégorie la plus élevée dans les scores du SIGI pour l’Afrique et l’Asie était celle de la discrimination au sein de la famille.
Pour lutter contre la discrimination à l’égard des femmes dans les institutions sociales, les membres du G7 continuent de fournir un financement essentiel aux institutions de défense des droits des femmes, aux institutions gouvernementales et à d’autres organisations afin de soutenir l’élaboration d’une législation non discriminatoire. Entre 2019 et 2023, le pourcentage de l’APD du G7 consacré à la réalisation de l’égalité des genres qui a été alloué aux organisations et mouvements de défense des droits des femmes, ainsi qu’aux institutions gouvernementales, est passé de 0,54 % à 0,95 %. Cependant, la part consacrée au développement juridique et judiciaire a diminué, passant de 1,55 % à 0,85 %.
Figure 19: Versements bilatéraux de l'APD du G7 consacrés à la réalisation de l'égalité des genres pour les codes d'affectation suivants: développement juridique et judiciaire, élimination de la violence envers les femmes et les filles, organisations et mouvements de défense des droits des femmes, et institutions gouvernementales, de 2019 à 2023

En millions de dollars américains
Version texte
| Secteur et marqueur de genre | Principal | Significatif |
|---|---|---|
2019 | 425,7 $ | 501,0 $ |
Élimination de la violence envers les femmes et les filles | 217,9 $ | 24,6 $ |
Développement juridique et judiciaire | 20,7 $ | 463,1 $ |
Organisations et mouvements de défense des droits des femmes, et institutions gouvernementales | 187,1 $ | 13,3 $ |
2020 | 862,0 $ | 578,1 $ |
Élimination de la violence envers les femmes et les filles | 312,3 $ | 12,7 $ |
Développement juridique et judiciaire | 63,5 $ | 561,4 $ |
Organisations et mouvements de défense des droits des femmes, et institutions gouvernementales | 486,2 $ | 4,1 $ |
2021 | 626,1 $ | 366,5 $ |
Élimination de la violence envers les femmes et les filles | 339,2 $ | 17,0 $ |
Développement juridique et judiciaire | 24,1 $ | 324,6 $ |
Organisations et mouvements de défense des droits des femmes, et institutions gouvernementales | 262,8 $ | 24,8 $ |
2022 | 640,8 $ | 292,1 $ |
Élimination de la violence envers les femmes et les filles | 332,4 $ | 19,8 $ |
Développement juridique et judiciaire | 9,4 $ | 245,3 $ |
Organisations et mouvements de défense des droits des femmes, et institutions gouvernementales | 299,0 $ | 27,0 $ |
2023 | 619,0 $ | 447,6 $ |
Élimination de la violence envers les femmes et les filles | 284,1 $ | 56,5 $ |
Développement juridique et judiciaire | 11,1 $ | 328,7 $ |
Organisations et mouvements de défense des droits des femmes, et institutions gouvernementales | 323,8 $ | 62,4 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE
Figure 20: Mesure de la discrimination envers les femmes dans les institutions sociales à l'aide de l'indice SIGI, de 2019 à 2023

Version texte
| 2019 | 2023 | |
|---|---|---|
Afrique | 40,3 | 39,8 |
Amériques | 24,7 | 20,9 |
Europe | 17,0 | 13,8 |
Asie | 35,9 | 37,2 |
Monde | 29,5 | 29,2 |
Source : Indice SIGI de l’OCDE
Soutenir les organisations multilatérales qui promeuvent l’égalité des genres
ONU Femmes est la championne mondiale de l’égalité des genres. Son objectif est de faire progresser les droits des femmes et d’assurer le renforcement du pouvoir de toutes les femmes et filles. Le soutien institutionnel des membres du G7 aide ONU Femmes à :
- faire progresser les cadres normatifs en faveur de l’égalité des genres;
- coordonner les efforts des Nations Unies sur les questions de genre;
- mettre en œuvre des programmes visant à promouvoir l’égalité des genres, notamment en encourageant les politiques tenant compte du genre.
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a versé 58 millions d’euros de financement de base à ONU Femmes, tandis que le Japon a versé 12 millions de dollars américains entre 2021 et 2023. Depuis 2022, le Royaume-Uni a versé chaque année 3,3 millions de livres sterling à ONU Femmes à titre de financement de base, en plus du financement bilatéral. Le Canada s’est également engagé à fournir 19,5 millions de dollars canadiens de financement de base à l’organisation entre 2024 et 2026.
À la fin de 2023, ONU Femmes avait mis en œuvre des contrats d’une valeur de 158 millions d’euros avec l’UE, dont 90 millions d’euros par l’intermédiaire de la Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne (INTPA) et plus de 190 millions d’euros dans le cadre de l’initiative Spotlight.
Les membres du G7 contribuent également à des projets précis d’ONU Femmes. Par exemple, en 2023, le Japon a fourni 2,3 millions de dollars américains à un projet visant à renforcer le pouvoir des femmes en Afghanistan et, en 2024, il a versé 2,2 millions de dollars américains à un projet humanitaire lié à la crise des réfugiés en Ukraine, visant à renforcer les interventions tenant compte du genre et la prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles. En 2023, l’Italie a versé près de 2,5 millions d’euros au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’élimination de la violence contre les femmes et les filles. L’Allemagne a versé plus de 7,9 millions d’euros à ce fonds entre 2020 et 2024, le Royaume-Uni y a versé 34 millions de livres sterling entre 2014 et 2023, et le Canada s’est engagé à verser 10 millions de dollars canadiens au fonds entre 2023 et 2027.
Le FNUAP, le Fonds des Nations Unies pour la population, travaille avec des partenaires dans plus de 150 pays pour promouvoir l’égalité des genres et donner accès à un large éventail de services de santé sexuelle et reproductive. Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a versé 168 millions d’euros à l’agence, tandis que le Japon a versé plus de 49 millions de dollars américains entre 2021 et 2023. En 2022, la Commission européenne s’est engagée à verser 72,5 millions d’euros au FNUAP, ce qui en fait le quatrième donateur en importance pour ses ressources hors programme. Par l’intermédiaire de l’INTPA, l’UE s’est également engagée à verser 45 millions d’euros au UNFPA Supplies Partnership (en anglais) de 2023 à 2026. En outre, le Canada s’est engagé à verser 4 millions de dollars canadiens entre 2024 et 2027 à l’initiative Rendre tous les espaces sûrs du FNUAP. Entre 2023 et 2024, le Japon a versé 2,7 millions de dollars américains aux projets du FNUAP en Somalie axés sur la SDSR et la violence fondée sur le genre dans les zones touchées par la sécheresse.
Dans le cadre du Forum Génération Égalité, la France s’est positionnée comme le leader de la Coalition d’action pour l’autonomie corporelle et les droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Grâce à sa contribution de 400 millions d’euros à cette initiative entre 2021 et 2025, la France a contribué à :
- promouvoir une éducation sexuelle complète;
- améliorer l’accès à la planification familiale;
- assurer des avortements légaux et sûrs dans le monde entier.
Ces engagements s’inscrivent dans le cadre du soutien apporté par la France au programme UNFPA Supplies Partnership, au programme Shaping Equitable Market Access for Reproductive Health, à l’Organisation pour le dialogue sur l’avortement sécurisé et au Fonds français Muskoka.
Le Fonds des femmes pour la paix et l’action humanitaire des Nations Unies (en anglais) est le plus grand fonds fiduciaire des Nations Unies, mobilisant des fonds d’urgence pour les organisations de la société civile dirigées par des femmes et les droits des femmes dans les situations de crise. L’Allemagne, en tant que principal donateur, a versé 90 millions de dollars américains au fonds depuis sa création en 2016. En 2024, la France a versé 4,5 millions d’euros au fonds et a renouvelé son engagement pour la période de 2025 à 2026. Cela fait de la France le troisième donateur du fonds.
Entre 2022 et 2024, l’Italie a versé 38,5 millions d’euros à des programmes multilatéraux axés principalement sur la promotion de l’égalité des genres. Elle a également versé plus de 356 millions d’euros à des organisations internationales qui ont fait de l’égalité des genres un objectif stratégique.
Depuis 2019, 63 % de l’APD bilatérale du Canada, soit près de 13 milliards de dollars canadiens, a été acheminée par l’intermédiaire d’organisations multilatérales qui soutiennent l’égalité des genres, soit comme objectif principal, soit comme objectif significatif.
De 2021 à 2023, le Japon a acheminé 75 milliards de dollars américains d’APD par l’intermédiaire d’organisations multilatérales. Un peu plus de 24 % de ce financement a été consacré à des programmes qui soutiennent l’égalité des genres comme objectif principal ou significatif. Par exemple, entre 2021 et 2023, le Japon a fourni :
- 6,8 millions de dollars américains au Fonds mondial pour les survivantes (en anglais);
- 480 000 dollars américains au Bureau de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit;
- Plus de 8 millions de dollars américains à l’IPPF, en plus des 280 000 dollars américains alloués au Fonds fiduciaire japonais de l’IPPF.
L’Italie, par l’intermédiaire de la CDP, a soutenu le lancement de la nouvelle phase du Défi 2X (en anglais), une initiative menée par les IFD du G7 visant à mobiliser des capitaux pour soutenir les femmes en tant qu’entrepreneures, dirigeantes, employées et consommatrices dans les pays en développement. Le Défi 2X fonctionne comme une plateforme collaborative alignée sur les efforts internationaux et complète le travail des institutions multilatérales dédiées à l’égalité des genres.
Lors du sommet des dirigeants du G7 en 2024, les États membres ont salué l’engagement pris par les IFD et les institutions de microfinance d’investir au moins 20 milliards de dollars américains entre 2024 et 2027 afin de promouvoir des changements mesurables et du financement destiné au renforcement du pouvoir des femmes. Ils ont également appelé d’autres acteurs publics et privés à se joindre au Défi 2X.
Conformément au troisième plan d’action de l’UE sur l’égalité des sexes (de 2021 à 2027) (en anglais), l’UE intègre l’égalité des genres dans toutes ses actions et tous ses programmes nationaux, régionaux et mondiaux. En effet, la part des actions extérieures de l’UE ayant pour objectif politique l’égalité des genres est passée de 68 % en 2020 à plus de 78 % en 2023. Par exemple, l’UE a fourni 500 millions d’euros à l’initiative Spotlight, dont la première phase s’est achevée en décembre 2023. Dans le cadre de l’initiative de l’Équipe Europe sur la SDSR en Afrique, l’INTPA a aussi alloué 20 millions d’euros à l’initiative Spotlight en 2023 et 40 millions d’euros en 2024.
Le Royaume-Uni, par le biais de la BII, a investi 499 millions de livres sterling dans des engagements financiers en faveur de l’égalité des genres en 2024, ce qui représente 29 % de ses nouveaux engagements en matière d’investissement. En outre, le Royaume-Uni a fourni plus de 12 millions de livres sterling au Umbrella Facility for Gender Equality (en anglais) de la Banque mondiale depuis 2019 et continuera à apporter son soutien à l’avenir. Le Royaume-Uni a également versé plus de 4,5 millions de livres sterling au Programme conjoint UNFPA-UNICEF sur l’élimination des mutilations génitales féminines et 18 millions de livres sterling au Programme mondial UNFPA-UNICEF visant à mettre fin au mariage d’enfants.
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a également apporté des contributions essentielles à des organisations multilatérales clés, notamment :
- 164 millions d’euros au Partenariat mondial pour l’éducation;
- 160 millions d’euros à l’initiative Éducation sans délai;
- 75 millions d’euros au Mécanisme de financement mondial;
- 25 millions d’euros à l’Initiative de financement des femmes entrepreneurs.
Promouvoir des cadres législatifs qui luttent contre la discrimination fondée sur le genre
Le Partenariat de Biarritz pour l’égalité entre les femmes et les hommes a été lancé par les dirigeants du G7 en 2019. Cette initiative s’appuie sur les travaux du Conseil consultatif du G7 sur l’égalité des genres et cernent 79 bonnes pratiques en matière de législation sur l’égalité des genres dans les domaines suivants :
- prévention de la violence;
- renforcement du pouvoir économique;
- éducation;
- santé.
Le conseil a appelé les pays du G7 à s’engager à adopter et à mettre en œuvre de nouvelles lois et mesures législatives en faveur de l’égalité des genres. Depuis son lancement, 14 pays, dont tous les membres du G7 ainsi que l’Australie, le Chili, l’Espagne, l’Inde, le Sénégal et l’Ukraine, se sont joints au partenariat.
Entre 2019 et 2024, dans le cadre du programme Voix et leadership des femmes, le Canada a soutenu 2 790 organisations de défense des droits des personnes LGBTQI+ et mouvements féministes dans 54 pays. Grâce à un financement de base flexible et de qualité, au renforcement des capacités et à la création d’alliances, le programme a amélioré la capacité de ces organisations à plaider en faveur de changements dans les politiques, la législation et les services qui s’attaquent aux obstacles à l’égalité des genres et aux droits des femmes et des filles. À ce jour, le programme a influencé 493 politiques, lois et cadres à travers le monde afin de faire progresser les droits et le renforcement du pouvoir des femmes. Au Nigéria, par exemple, des partenaires du programme dans l’État de Kwara contribuent à l’élaboration du plan d’action de l’État de Kwara sur la traite des enfants et à la mise en œuvre du protocole de Maputo. Il s’agit d’un traité régional prometteur qui promeut les droits des femmes et des filles et lutte contre toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes en Afrique. En conséquence, les droits et les protections énoncés dans le protocole sont juridiquement contraignants et applicables dans les cadres juridiques nationaux.
L’Allemagne encourage le dialogue politique afin de faire progresser la législation, la mise en œuvre et le contrôle des lois qui contribuent à l’égalité des genres ainsi que la prévention de la discrimination fondée sur le genre. En Équateur, par exemple, l’Allemagne a soutenu la mise en œuvre de la loi organique intégrale pour prévenir et éradiquer la violence à l’égard des femmes dans le cadre du projet Preventing Violence Against Women (en anglais). Ce projet vise à renforcer la contribution des acteurs étatiques, du secteur privé, de la société civile et des médias à la prévention de la violence à l’égard des femmes. Dans le cadre du projet, l’Allemagne fournit des conseils sur l’élaboration d’un plan d’action aux institutions étatiques et de la société civile chargées de prévenir la violence à l’égard des femmes.
La Coalition d’action pour la justice (en anglais) est une coalition internationale regroupant 20 États d’autour du monde lancée en 2021. L’Allemagne s’est engagée à verser 1,2 million d’euros entre 2024 et 2026 à son Fonds catalytique pour une justice centrée sur les personnes. Ce financement soutient des initiatives innovantes qui ancrent la justice centrée sur les personnes au niveau national. Entre 2023 et 2025, l’Allemagne a versé 1,7 million d’euros à la Plateforme pour la justice de genre du PNUD et d’ONU Femmes afin de soutenir l’égalité des genres et l’accès à la justice en promouvant la participation et le leadership complets, égaux et significatifs des femmes dans les secteurs de la justice et de la sécurité.
De 2022 à 2024, par l’intermédiaire du Fonds mondial pour les survivantes, le Japon a aidé l’Iraq, le Népal, la RDC et l’Ukraine à mettre en place une législation relative à l’indemnisation des survivantes de violences sexuelles liées aux conflits. En fournissant une défense des intérêts et une assistance technique au gouvernement et au parlement ukrainiens, le fonds a contribué à l’adoption en décembre 2024 de la loi 10132 sur l’indemnisation des survivantes de violences sexuelles liées aux conflits. En République démocratique du Congo et au Mali, le Japon a financé des projets de la Campagne de l’ONU contre la violence sexuelle en temps de conflit qui ont renforcé les capacités des systèmes judiciaires nationaux et amélioré le dialogue avec les survivantes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres communautés vulnérables.
La France a versé 16,2 millions d’euros au Fonds mondial pour les survivantes entre 2019 et 2025. Ce montant comprend environ 6,2 millions d’euros pour la période de 2019 à 2022, 7 millions d’euros pour la période de 2023 à 2025 et 4 millions d’euros supplémentaires par l’intermédiaire du Centre de crise et de soutien pour la mise en œuvre de projets en Ukraine. La France siège également au conseil d’administration du fonds.
Grâce à un soutien ciblé aux organisations de défense des droits des femmes par le biais de l’Affirmative action coalition et à son engagement diplomatique au Ghana, le Royaume-Uni a contribué à l’adoption en juillet 2024 de l’Affirmative Action (Gender Equity) Act. Le Royaume-Uni a également soutenu les réformes législatives et politiques aux Philippines afin de faire progresser l’égalité des genres, en particulier dans les zones touchées par des conflits telles que le Bangsamoro. Au Népal, le Royaume-Uni a fourni une assistance technique et financière au Provincial and Local Governance Strengthening Programme (en anglais). Cela comprenait l’intégration d’une approche transformatrice en matière d’égalité des genres et d’inclusion sociale. Au Zimbabwe, le Royaume-Uni a aidé les organisations de la société civile à rédiger la législation qui promeut l’égalité des genres, à en soutenir l’adoption et à en assurer le suivi, notamment :
- Medical Services Bill
- Health Services Insurance Bill
- Termination of Pregnancy Act
- 2013 Constitution (concerne l’égalité des genres, la conformité, le suivi et le travail de défense des intérêts)
- Domestic Violence Act
L’égalité des genres figure également régulièrement à l’ordre du jour des discussions politiques, sécuritaires et relatives aux droits de la personne que l’UE mène avec ses pays partenaires. En outre, l’UE contribue à la mise en œuvre des engagements internationaux, à l’élaboration et à l’application de stratégies et de plans nationaux en matière de genre, à l’intégration de la dimension de genre dans les lois et politiques sectorielles et à l’élaboration de budgets tenant compte du genre.
Canada : Aider les femmes mongoles à faire leur entrée en politique
Créé en 2019 grâce à une contribution de 300 millions de dollars canadiens du Canada, le Fonds Égalité a joué un rôle crucial dans la promotion de l’égalité des genres et des droits des femmes à l’échelle mondiale. En mars 2025, il avait versé 86 millions de dollars canadiens à plus de 1 600 organisations féministes et de défense des droits des femmes dans plus de 100 pays.
En Mongolie, son partenaire bénéficiaire est MONFEMNET (en anglais), un réseau de 21 organisations nationales de femmes. Avec le soutien du Fonds Égalité, le réseau a contribué à rassembler plus de 2 500 militants et organisations afin de promouvoir des réformes importantes du système électoral de la Mongolie. Grâce à leurs efforts, la Mongolie est désormais en tête des pays asiatiques en termes de nombre de femmes élues et se rapproche de la moyenne mondiale de 27 %, ce qui représente une amélioration significative par rapport aux 4 % enregistrés avant le projet. Cela est en grande partie dû aux efforts des organisations de femmes soutenues par le Fonds Égalité.
VII. Gouvernance
Dans notre monde interconnecté, il est essentiel que les pays coopèrent pour relever des enjeux mondiaux tels que les changements climatiques, les tensions géopolitiques, les crises de santé publique et les inégalités économiques. La gouvernance joue un rôle déterminant pour faire face à ces défis et garantir la paix, la stabilité, la sécurité et le progrès. Elle est également indispensable à la réalisation des objectifs de développement durable.
Depuis longtemps, le G7 joue un rôle clé dans la promotion d’une gouvernance inclusive et démocratique. Il y parvient en soutenant les organisations internationales et régionales, en menant des activités de renforcement des capacités et en consolidant les cadres juridiques de lutte contre la corruption. Les membres du G7 collaborent également avec d’autres pays partenaires afin de mettre à profit leurs ressources naturelles dans l’intérêt de tous les citoyens et de la société dans son ensemble.
28. Initiative pour la transparence dans les industries extractives du G7
« Le G8 s’engage à prendre des mesures pour relever les normes mondiales en matière de transparence des industries extractives et progresser vers l’adoption de standards communs des normes communes de production de rapports à l’échelle internationale, tant pour les pays dotés d’importantes industries extractives nationales que pour ceux qui sont le siège de grandes multinationales du secteur.
« Les membres du G8 qui font partie de l’Union européenne (UE) s’engagent à mettre en œuvre rapidement les directives de l’UE sur la comptabilité et la transparence […]. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France solliciteront le statut de candidat à la nouvelle norme ITIE d’ici 2014. Le Canada lancera des consultations avec les parties prenantes à l’échelle nationale en vue d’élaborer un régime de déclaration obligatoire équivalent pour les entreprises extractives dans les deux prochaines années. L’Italie demandera le statut de candidat à la nouvelle norme ITIE dès que possible. L’Allemagne prévoit de tester la mise en œuvre de l’ITIE dans une région pilote en vue d’une future candidature en tant que pays de mise en œuvre. » — Communiqué des dirigeants du G8, Lough Erne, Royaume-Uni, 2013, paragraphes 36 et 38
L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) créée en juin 2003, l’ITIE constitue une norme et cadre mondial visant à renforcer la transparence et la responsabilité dans le secteur pétrolier, gazier et minier. Elle encourage les pays riches en ressources et les entreprises extractives à divulguer leurs paiements et leurs revenus, permettant ainsi aux citoyens et à la société civile de demander des comptes aux gouvernements quant à la gestion des ressources naturelles dans l’intérêt public. Plus de 50 pays ont adhéré à l’initiative et accepté la norme ITIE, qui établit un ensemble commun de règles régissant la divulgation.
L’Allemagne soutient l’ITIE sur les plans technique, politique et financier depuis sa création en 2003. Entre 2024 à 2025, elle a présidé l’un des groupes de vote du conseil d’administration de l’ITIE et a siégé en tant que membre du comité de validation. La Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit [Agence allemande de coopération internationale] accompagne 16 pays en Afrique, en Amérique latine et en Europe dans la mise en œuvre de la norme ITIE. L’Allemagne applique également cette norme sur son propre territoire.
Le Royaume-Uni est aussi un fervent partisan de l’ITIE depuis sa création. En 2014, le Royaume-Uni est devenu un pays mettant en œuvre l’ITIE, et a obtenu un résultat de validation « élevé » de 90 % en 2021. Le Royaume-Uni reste résolu à soutenir l’ITIE par son financement annuel. Il a également contribué au parrainage la Journée d’apprentissage entre pairs lors de la Conférence mondiale de l’ITIE à Dakar, au Sénégal, en juin 2023.
En tant que pays soutenant l’ITIE, le Japon mobilise un large éventail de parties prenantes afin de promouvoir la transparence et d’encourager leur engagement en tant que partisans de l’ITIE. Depuis 2018, le Japon appuie la mise en œuvre de l’ITIE en Papouasie–Nouvelle-Guinée pour renforcer la gestion et la déclaration des revenus issus des ressources naturelles, conformément aux normes internationales de l’ITIE.
La France apporte un soutien constant à l’ITIE sur les plans politique, financier et technique depuis qu’elle est devenue un pays soutenant l’initiative en 2005. Elle a siégé au conseil d’administration de l’ITIE de 2013 à 2019 et a représenté les États soutenant l’ITIE de 2021 à 2022. En juillet 2020, la France a signé un accord avec la Banque mondiale pour contribuer à hauteur de 5 millions d’euros au Fonds fiduciaire mondial de soutien programmatique aux activités extractives pour la période 2020-2025. L’UE soutient également la mise en œuvre de l’ITIE par l’entremise de ce fonds fiduciaire.
Depuis 2023, la France met un expert à la disposition du bureau de l’ITIE à Lubumbashi, en RDC. En outre, la France a financé un projet au Sénégal et en RDC, mené par Expertise France, afin de renforcer la mise en œuvre de la norme ITIE. Elle a également accueilli la 8e Conférence mondiale de l’ITIE en 2019, qui a abouti à l’adoption de la norme ITIE 2019.
En tant que pays soutenant l’ITIE, le Canada verse chaque année une contribution financière au Secrétariat international de l’ITIE. Bien qu’il ne soit pas un pays mis en œuvre, il applique la Loi sur les mesures de transparence dans le secteur extractif entrée en vigueur en 2015, qui désigne le ministre des Ressources naturelles comme autorité responsable de son administration. Cette loi oblige les entreprises canadiennes engagées dans l’exploitation commerciale du pétrole, du gaz naturel ou des minéraux à déclarer annuellement tout paiement de 100 000 dollars canadiens ou plus versé à tous les ordres de gouvernement et aux groupes autochtones, tant au Canada qu’à l’étranger. Au cours des cinq dernières années, le Canada a reçu plus de 2 880 rapports, divulguant environ 781 milliards de dollars canadiens de paiements effectués à plus de 2 000 bénéficiaires dans 120 pays partout dans le monde.
L’UE continue de soutenir le Secrétariat international de l’ITIE en lui accordant une aide de 3,5 millions d’euros pour la période de 2023-2027. Tous les pays de l’UE membres du G7, à l’exception de l’Italie, ont correctement transposé les dispositions des directives de l’UE sur la comptabilité la transparence (en anglais) relatives à la déclaration des paiements versés aux gouvernements.
29. Érosion de la base d’imposition et transfert de bénéfices
« Nous réaffirmons notre ferme volonté politique de mettre en œuvre rapidement le Cadre inclusif de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du G20 relatif à la solution reposant sur deux piliers, afin de répondre aux défis fiscaux posés par la numérisation de l’économie et par la mondialisation, et de permettre l’entrée en vigueur des nouvelles règles au niveau international. Nous continuerons également de soutenir les pays en développement dans la mise en œuvre de cet accord historique. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 9
L’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices désignent les stratégies fiscales par lesquelles les multinationales déplacent leurs bénéfices vers des pays à faible ou nulle fiscalité, où l’activité économique est limitée. Ces pratiques entraînent chaque année des pertes fiscales de plusieurs centaines de milliards de dollars pour les États et affectent particulièrement les pays en développement, qui dépendent fortement de l’impôt sur les sociétés. Pour remédier à cette situation, l’OCDE et le G20 ont créé, en 2016, le Cadre inclusif sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices.
Le Cadre inclusif de l’OCDE et du G20 sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices continue de soutenir les discussions sur la manière de relever les défis fiscaux liés à la numérisation de l’économie, notamment par la solution à deux piliers (en anglais). L’objectif est de créer un système fiscal international plus stable et équitable, en favorisant une répartition coordonnée des droits d’imposition entre les juridictions de marché pour une partie définie des bénéfices résiduels des entreprises multinationales les plus importantes et les plus rentables.
Les membres du G7 ont participé activement aux discussions de l’OCDE et du G20 afin de répondre aux préoccupations concernant la solution à deux piliers, avec pour objectif commun de parvenir rapidement à une solution équilibrée et pratique, acceptable pour tous. En 2025, le G7 a publié une déclaration en faveur de la mise en place d’un système parallèle pour soutenir les progrès visant à stabiliser le système fiscal international, y compris un dialogue constructif sur la fiscalité de l’économie numérique et la préservation de la souveraineté fiscale des pays.
Entre-temps, le processus de mise en œuvre s’est poursuivi. En juin 2024, le Canada a promulgué la règle principale du Pilier 2, connue sous le nom de Règle d’inclusion des revenus, dans sa législation. Avec effet rétroactif au 31 décembre 2023, la loi intègre la règle fiscale minimale mondiale et un complément minimal national. Le Canada a également publié, en août 2024, un projet de loi sur la règle relative aux bénéfices sous-imposés pour consultation publique. Si elle est adoptée, cette règle s’appliquerait aux exercices financiers des entreprises commençant le 31 décembre 2024 ou après cette date.
Le Japon a finalisé la mise en place de l’impôt minimum mondial en promulguant les lois suivantes :
- Règle d’inclusion des revenus (2023)
- Règle sur les bénéfices sous-imposés (2025)
- Impôt complémentaire minimum national admissible (2025)
Le Japon soutient la coopération fiscale internationale par l’intermédiaire de la Banque asiatique de développement, du Fonds monétaire international, de l’OCDE et de la Banque mondiale, en mettant l’accent sur la collaboration fiscale et le renforcement des capacités dans la région de l’Asie-Pacifique. Il encourage également la coordination entre ces organisations et soutient la Plateforme pour la collaboration fiscale (en anglais), une initiative conjointe des quatre institutions.
En décembre 2022, l’UE a approuvé la Directive (UE) 2022/2523 du Conseil. Elle garantit un niveau minimum mondial d’imposition pour les groupes d’entreprises multinationales et les grands groupes nationaux au sein de l’UE. En décembre 2023, l’Italie a mis en œuvre l’impôt minimum mondial des groupes multinationaux par l’entremise du décret législatif no 209, qui représente la transposition de la Directive (UE) 2022/2523. Par ailleurs, l’Italie a également approuvé des décrets ministériels visant à adapter le système national aux interprétations fournies par le Cadre inclusif de l’OCDE et du G20.
La France a transposé la directive de l’UE en décembre 2023 et a mis en œuvre le Pilier 2 pour les exercices financiers commençant après le 31 décembre 2023, conformément à l’accord régissant le Cadre inclusif. La France a depuis mis en œuvre les lignes directrices administratives convenues dans le cadre et participe activement à ses travaux en cours.
L’Allemagne a mis en place une imposition minimale mondiale effective pour les entreprises internationales avec l’introduction de la Loi sur l’impôt minimum (en anglais) en décembre 2023. La coopération allemande au développement soutient également les pays partenaires dans la mise en œuvre du Pilier 2, par exemple en appuyant les travaux de l’OCDE sur la fiscalité et le développement.
En 2023, le Royaume-Uni a légiféré sur deux règles du Pilier 2 (en anglais) : l’impôt complémentaire national du Pilier 2 et l’impôt complémentaire multinational (la règle d’inclusion des revenus du Pilier 2). Ces deux règles sont entrées en vigueur le 31 décembre 2023. En 2024, le Royaume-Uni a légiféré sur la Règle sur les bénéfices sous-imposés (en anglais), qui est entrée en vigueur le 31 décembre 2024.
Le Royaume-Uni continue de diriger le réseau de partage des connaissances sur les piliers (en anglais), une initiative du Forum de l’OCDE sur l’administration fiscale visant à aider les pays en développement à mettre en œuvre la solution à deux piliers. Le réseau rassemble plus de 600 fonctionnaires provenant de plus de 110 juridictions dans le cadre de séances virtuelles ciblées et animées par des pairs. Il s’avère essentiel pour renforcer les capacités de mise en œuvre en facilitant l’échange de connaissances pratiques entre pays sur les défis techniques et stratégiques.
Depuis 2018, le Royaume-Uni est l’un des principaux donateurs qui financent le volet fiscal international du Programme fiscal mondial de la Banque mondiale, le volet de la base d’imposition et du transfert de bénéfices et le volet fiscal international du Centre de politique et d’administration fiscales de l’OCDE, ainsi que les programmes approfondis sur la transparence fiscale et les prix de transfert du Forum intergouvernemental sur les mines, les minéraux, les métaux et le développement durable. Les partenaires ont tous joué un rôle déterminant en fournissant aux pays en développement, en particulier en Afrique, un soutien technique pour mettre en œuvre des mesures visant à lutter contre l’évasion fiscale internationale et à y remédier. Ils ont également instauré des pratiques exemplaires de partage des biens à l’échelle mondiale et sensibilisé le monde aux options de réforme dans ce domaine.
30. Transparence en matière de propriété effective
« Pour défendre l’intégrité et la transparence des régimes démocratiques, nous continuerons d’intensifier notre lutte contre la corruption dans toutes les enceintes compétentes et nous accélérerons les travaux sur la mise en œuvre et le renforcement de nos registres sur la transparence de la propriété effective, notamment en améliorant leur précision, leur exactitude et leur actualité. À cet égard, nous accueillons favorablement la consolidation récente, par le Groupe d’action financière, des normes sur la transparence de la propriété effective des personnes morales et nous attendons avec intérêt leur mise en œuvre rapide. Pour faire en sorte que les kleptocrates, les criminels et leurs complices rendent des comptes partout dans le monde, nous intensifierons notre lutte internationale contre la corruption transfrontalière, notamment en aidant nos partenaires africains à créer 15 nouveaux registres des bénéficiaires effectifs. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, pages 25 et 26
Un bénéficiaire effectif est une personne physique qui détient, contrôle ou bénéficie en dernier ressort d’une entité juridique. Renforcer la transparence en matière de propriété effective est essentiel pour lutter contre la corruption et préserver l’intégrité du système financier mondial.
En 2023, le Royaume-Uni a créé l’Africa Beneficial Ownership Transparency Network (AfBOT) (en anglais) [le Réseau AfBOT] en partenariat avec la BAD. Ce réseau rassemble des pays africains et d’autres partenaires internationaux et vise à accélérer la mise en place de registres des bénéficiaires effectifs dans les pays membres, garantissant ainsi l’utilisation efficace des données relatives aux registre des bénéficiaires effectifs à travers Afrique. Le réseau compte 15 pays membres, dont le Nigéria, le Kenya et l’Afrique du Sud. Il compte également 12 organisations internationales partenaires, parmi lesquelles l’Union africaine, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le Partenariat pour un gouvernement ouvert.
L’initiative de l’Équipe Europe pour aider l’Afrique à lutter contre les flux financiers illicites et la criminalité transnationale organisée (en anglais) résulte d’une collaboration entre la Commission européenne, la France, l’Allemagne, la Finlande et la Suède. Elle fournit un appui technique, matériel et spécialisé aux partenaires africains. L’objectif est de les accompagner dans l’adoption, à améliorer et à mettre en œuvre des politiques et des stratégies plus efficaces pour lutter contre les flux financiers illicites et la criminalité transnationale organisée qui y est associée. Elle couvre l’ensemble des flux financiers illicites et contribue à traiter des enjeux tels que :
- le blanchiment d’argent;
- le financement du terrorisme;
- les flux financiers illicites liés à la fiscalité et au commerce;
- la corruption.
En juin 2025, l’initiative avait rassemblé quelque 75 programmes et projets bilatéraux ou multinationaux à travers l’Afrique, pour un financement total de plus de 460 millions d’euros. Tous les États membres de l’Union africaine participent ou participeront à au moins un des programmes ou projets de l’initiative. Par exemple, le projet SecFin Africa (en anglais), lancé en 2024, est désormais le plus important projet consacré à la lutte contre les flux financiers illicites, grâce au soutien de l’UE, de l’Allemagne, de la France et de la Suède.
Depuis 2022, la Facilité mondiale de l’UE sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (en anglais) a apporté son soutien à 10 pays africains et 10 pays non africains sur des questions liées à la propriété effective. Elle favorise l’adoption et la mise en œuvre de mesures adéquates visant à prévenir le blanchiment de capitaux et à couper les sources de financement des terroristes, qu’il s’agisse d’individu ou d’organisations . L’UE a également organisé plusieurs événements régionaux réunissant des pays africains.
De 2022 à 2024, l’Allemagne a appuyé la Tanzanie et la Côte d’Ivoire dans la réalisation d’évaluations sectorielles des risques pour les entités et constructions juridiques. Ces évaluations ont été menées par la Banque mondiale à l’aide de son outil d’évaluation nationale des risques en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de financement du terrorisme (en anglais).Elles contribuent à la mise en œuvre efficace des registres de transparence des bénéficiaires effectifs.
L’Italie considère la transparence en matière de propriété effective comme un outil essentiel pour renforcer les efforts collectifs de lutte contre la criminalité transnationale organisée et la corruption. Bien qu'aucun projet concret n’ait encore été lancé dans ce domaine, l’Italie envisage des initiatives d’assistance technique ciblées avec des partenaires africains. Ces initiatives porteront sur des mesures préventives et répressives liées aux actifs, notamment le renforcement des cadres institutionnels. Un projet dédié, actuellement en phase de conception, comprendra un volet spécifique sur la transparence des bénéficiaires effectifs, afin de partager les meilleures pratiques et méthodes déjà éprouvées dans d’autres régions.
En tant que membre du Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (GAFI), le Canada a contribué à l’élaboration du document d’orientation publique. Ce document vise à aider les pays à définir, à concevoir et à mettre en œuvre des mesures appropriées conformes à la norme du GAFI sur la propriété effective, y compris la création d’un registre des bénéficiaires effectifs.
Mise en place de registres supplémentaires pour renforcer la transparence en matière de propriété effective dans les pays partenaires africains
En 2025, treize pays du Réseau AfBOT ont mis en place des registres en ligne. Depuis l’introduction des premiers registres en 2019, la mise en œuvre s’est accélérée, avec des pics notables en 2020 et 2023. Six pays gèrent plusieurs registres : le Ghana, le Malawi, le Nigéria et le Sénégal disposent chacun d’un registre des entreprises couvrant l’ensemble de l’économie ainsi que d’un registre spécifique au secteur extractif, tandis que la Namibie et l’Afrique du Sud gèrent à la fois des registres pour l’ensemble de l’économie et des registres des fiducies. Au total, cela représente 19 registres destinés à renforcer la transparence en matière de propriété effective dans les pays membres du Réseau AfBOT.
L’Italie mène également des travaux préparatoires pour identifier les pays partenaires africains susceptible de bénéficier d’une assistance technique ciblée et d’un renforcement des capacités dans ce domaine. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de programmes plus larges visant à lutter contre la criminalité transnationale organisée et à améliorer la transparence des actifs. L’Italie entend ainsi compléter les efforts de ses partenaires régionaux et internationaux.
De son côté, l’Allemagne aide les pays partenaires à mettre en place des registres des bénéficiaires effectifs en Afrique. Par exemple, en RDC, elle soutient l’élaboration du cadre juridique du registre des bénéficiaires effectifs. Au Liban, elle a finalisé une évaluation du régime des bénéficiaires effectifs afin d’améliorer les pratiques de collecte de données.
31. Recouvrement des avoirs
« Nous encouragerons la mise en œuvre effective de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), ainsi que d’autres instruments internationaux clés, tels que la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption, et nous favorisons la pleine participation à leurs mécanismes d’examen respectifs. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 16
« Réaffirmant que le renforcement de la coopération internationale entre les organismes d’application de la loi constitue un impératif mondial pour lutter efficacement contre la corruption transnationale et faciliter le recouvrement effectif des avoirs volés, leur restitution et leur réutilisation sociale, nous poursuivrons nos efforts :
- «en continuant à promouvoir des moyens efficaces et efficients pour fournir une entraide judiciaire et procéder à l’extradition des personnes coupables d’infractions de corruption, conformément aux instruments nationaux et internationaux applicables, tout en respectant le principe de l’état de droit et la protection des droits de la personne;
- «en encourageant le dialogue entre les praticiens, particulièrement utiles dans les enquêtes sur la corruption, ainsi que la coordination et la coopération en matière de recouvrement des avoirs par le biais de réseaux interinstitutionnels, y compris, le cas échéant, des réseaux régionaux, afin de faciliter les demandes d’entraide judiciaire et d’autres formes de coopération internationale;
- «en assurant le suivi des efforts de recouvrement des avoirs des pays arabes et tirant parti des enseignement de ces expériences pour répondre aux besoins mondiaux. À cet égard, nous nous concentrerons sur la promotion d’une coopération pratique et mobiliserons les centres financiers d’Asie et d’autres régions du monde. Dans ce contexte, nous saluons les propositions visant à organiser en 2017 un forum mondial sur le recouvrement des avoirs, coorganisé par les États-Unis et le Royaume-Uni, avec le soutien de l’Initiative pour le recouvrement des avoirs volés (StAR), une initiative conjointe de la Banque mondiale et de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, qui se concentrera sur l’aide au Nigéria, à l’Ukraine, à la Tunisie et au Sri Lanka. »
— Sommet du G7, Action du G7 pour lutter contre la corruption, Ise-Shima, Japon, 2016, section 2, « Renforcement de la coopération en matière d’application de la loi dans le domaine de la corruption », paragraphes 2 (a) à (c)
« Nous appuyons les principes de haut niveau du G7 sur la lutte contre la corruption et nous nous engageons à promouvoir l’assistance technique et le renforcement des capacités pour combler les lacunes existantes. Nous réaffirmons le rôle fondamental que joue la Convention des Nations Unies contre la corruption dans la lutte mondiale contre la corruption et nous nous engageons à renforcer l’efficacité de son mécanisme d’examen de la mise en œuvre. Nous soulignons l’importance de refuser aux acteurs corrompus l’accès à nos territoires et à nos systèmes financiers. » — Communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 36
Le recouvrement des avoirs est le processus qui consiste à récupérer des biens illégalement transférés hors d’un pays. La mise en place de mécanismes efficaces de recouvrement permet aux États de générer des fonds pour le développement et de renforcer leurs systèmes de justice pénale. Elle contribue également à dissuader la corruption en la rendant plus risquée et moins lucrative.
Au cours de la période considérée, l’Allemagne a soutenu 12 initiatives de recouvrement des avoirs dans le cadre des réseaux interinstitutionnels de recouvrement des avoirs (connus sous le nom d’ARIN Talks). Ces réseaux ont servi de plateforme pour partager des expériences réussies, relever les défis persistants et renforcer la collaboration entre institutions. Les discussions ont réuni des pays membres de réseaux régionaux d’Europe, d’Amérique latine et de cinq réseaux africains.
En partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Allemagne a contribué à la création de deux nouvelles plateformes régionales : le réseau interinstitutionnel de recouvrement des avoirs pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, et le réseau interinstitutionnel de recouvrement des avoirs pour l’Afrique centrale. Elle a également joué un rôle dans la mise en œuvre de la Position commune africaine sur le recouvrement d’actifs et dans le lancement du Forum africain des praticiens du recouvrement des avoirs en 2024. Ce forum a réuni des autorités anticorruptions, des procureurs et des agences de recouvrement des avoirs de toute l’Afrique, qui ont adopté une charte visant à promouvoir un engagement durable et une coordination régionale menée par les praticiens.
En 2025, l’Allemagne a également fait progresser des approches mondiales innovantes en matière de recouvrement des avoirs grâce à son partenariat avec INTERPOL, en développant et en mettant en œuvre l’outil Notice argent ou Diffusion (en anglais). Cet outil a été testé dans plusieurs pays, dont le Burundi, le Congo, le Gabon, la Guinée, le Kenya, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, le Nigéria, la Zambie et le Zimbabwe. Le Burundi, la Namibie, le Nigéria et le Zimbabwe ont déjà soumis des notices argent, marquant ainsi des progrès tangibles dans la phase pilote.
De son côté, l’Italie participe activement à toutes les réunions importantes liées au recouvrement des avoirs, notamment celle du groupe de travail de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), des initiatives de l’OCDE et des activités du Groupe de travail anti-corruption du G20. Les délégations italiennes assistent régulièrement aux réunions techniques à Vienne, en Autriche, et contribuent à de nombreux événements parallèles organisés dans le cadre de la Conférence des États parties (en anglais), à la CNUCC. En décembre 2023, l’Italie a pris part à la 10e session de la Conférence des États parties, tenue à Atlanta, aux États-Unis, avec une délégation de haut niveau conduite par le ministre italien de la Justice.
L’Italie met également en œuvre des initiatives de renforcement des capacités en Amérique latine et dans les Caraïbes par le biais de programmes tels que :
- Programme d’assistance Europe-Amérique latine contre la criminalité transnationale organisée (en anglais)
- Programme de coopération entre l’Amérique latine, les Caraïbes et l’Union européenne en matière de politique antidrogue (en anglais)
- Programme Falcone-Borsellino (en anglais)
Ces activités soutiennent les stratégies nationales de lutte contre la corruption, renforcent les capacités d’enquête et promeuvent les normes internationales, notamment les lignes directrices du G20 sur le recouvrement des avoirs.
En février 2023, la Guardia di Finanza, l’agence italienne militarisée chargée de l’application de la loi, a accueilli à Ostie (près de Rome) le premier forum du Groupe d’action financière (GAFI) consacré au ciblage et le recouvrement des avoirs. Plus de 300 experts judiciaires, policiers, financiers, fiscaux et autres, ainsi que des décideurs politiques du monde entier, se sont réunis pour partager leurs expériences et leurs outils afin de renforcer la lutte contre la criminalité financière.
En septembre 2023, la Guardia di Finanza a également participé à la table ronde dans le cadre du partenariat entre GAFI et INTERPOL, intitulé Igniting Global Change to Take the Profit Out of Crime (en anglais). Les discussions ont porté sur la manière dont les pays peuvent faire face aux risques émergents, tel que la cybercriminalité et l’impact des nouvelles technologies amplifient la rapidité et la portée des crimes. Les participants ont souligné la nécessité d’une coordination nationale et d’une coopération internationale efficaces pour retracer et recouvrer les produits du crime.
L’Italie a aussi soutenu l’utilisation des notices argent pour faciliter la coopération transfrontalière dans les affaires de recouvrement des avoirs. Ce cadre juridique prévoit que les avoirs confisqués peuvent être réaffectés à des fins sociales, au profit des communautés locales, des organisations non gouvernementales et des centres de réadaptation.
En 2025, l’Italie a codirigé l’élaboration des lignes directrices du GAFI en matière de recouvrement des avoirs, Asset Recovery Guidance and Best Practices (en anglais), qui visent à aider les juridictions à s’aligner sur les nouvelles normes du GAFI. Ce document reflète l’expertise de longue date de l’Italie dans ce domaine, reposant sur un système complet qui combine innovation juridique, spécialisation judiciaire et capacités spécialisées en matière d’application de la loi. Le modèle italien associe des outils de confiscation préventive et judiciaire et encourage la réutilisation sociale des avoirs recouvrés. L’Italie soutient également activement les efforts de renforcement des capacités dans d’autres juridictions.
Par ailleurs, la France a participé systématiquement aux réunions du groupe de travail sur le recouvrement des avoirs de la CNUCC entre 2022 et 2024. Elle a également pris part activement aux discussions avec les autres membres sur les bonnes pratiques et les défis liés à la mise en œuvre du chapitre V de la Convention. Depuis le lancement de la série d’actions du Forum mondial sur le recouvrement des avoirs (en anglais) en 2023, la France figure parmi les commanditaires de cette initiative et participe régulièrement aux réunions afin de faciliter les échanges entre experts et d’accélérer les procédures de recouvrement des avoirs dans les pays ciblés.
En 2023 et 2024, le Japon a pris part à la réunion annuelle du Réseau inter institutions de recouvrement des avoirs de l’Asie-Pacifique, où il a encouragé le partage d’informations et d’expériences entre agences d’application de la loi de la région. Le Japon a également contribué aux discussions sur le recouvrement des avoirs lors de la réunion plénière et de la réunion conjointe d’experts du GAFI. Il a aussi participé aux réunions annuelles du groupe de travail de la CNUCC sur le recouvrement des avoirs, partageant ses pratiques exemplaires et ses défis avec les autres États membres.
Le Royaume-Uni a poursuivi sa participation active au Forum mondial sur le recouvrement des avoirs, notamment aux réunions de la série d’actions consacrées à des initiatives spécifiques. Il participe aussi régulièrement au groupe de travail de la CNUCC sur le recouvrement des avoirs, dirigé par le ministère britannique de l’Intérieur. Dans le cadre, le Royaume-Uni s’efforce :
- de promouvoir la restitution transparente et responsable des avoirs;
- d’améliorer la collecte de données et la transparence;
- de favoriser le recouvrement sans condamnation;
- d’encourager la participation active de la société civile.
L’UE et ses États membres participent activement aux forums internationaux sur le recouvrement des avoirs, notamment au groupe de travail de la CNUCC et le Forum mondial sur le recouvrement des avoirs. L’UE encourage la mise en œuvre intégrale du chapitre V de la CNUCC et des principes de haut niveau du G20 en matière de recouvrement des avoirs. En 2024, elle a adopté la Directive (UE) 2024/1260 sur le recouvrement et la confiscation des avoirs, renforçant ainsi la coopération et les capacités des bureaux nationaux de recouvrement des avoirs.
Mise en œuvre des principes du G20 en matière de recouvrement des avoirs et du chapitre V de la CNUCC
Ces dernières années, le Japon a renforcé ses systèmes de recouvrement des avoirs en s’alignant sur diverses normes internationales, notamment le chapitre V de la CNUCC (en anglais) et les principes du G20 en matière de recouvrement des avoirs (en anglais). Le Japon finance intégralement l’Institut des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants en Asie et en Extrême-Orient (UNAFEI) et organise chaque année le programme de formation UNAFEI-CNUCC (en anglais) afin d’améliorer la mise en œuvre des stratégies de lutte contre la corruption, y compris les mécanismes de recouvrement des avoirs. En 2017 et 2022, ce programme s’est concentré sur l’identification, la recherche, le gel, la saisie, la confiscation et le recouvrement des produits de la corruption. Jusqu’en décembre 2023, l’UNAFEI a également organisé des séminaires régionaux annuels sur la bonne gouvernance afin de promouvoir l’ouverture, la transparence et l’état de droit en Asie du Sud-Est.
Le Royaume-Uni accorde une grande importance au recouvrement et à la restitution des produits de la corruption, en veillant à ce que ces avoirs doivent être restitués de manière transparente et responsable, conformément aux principes de la CNUCC. Entre 2019 et 2024, le Royaume-Uni a gelé ou refusé plus de 735 millions de livres sterling provenant de la grande corruption. Il a aussi recouvré près de 305 millions de livres sterling et restitué près de 180 millions de livres sterling. Ces résultats illustrent la capacité du gouvernement et des forces de l’ordre britanniques à lutter contre les criminels et les kleptocrates qui cherchent à utiliser le Royaume-Uni comme refuge pour leurs fonds illicites. L’objectif est clair. Ne laisser aucun espace sûr aux membres du crime organisé, en ciblant les produits de leurs crimes pour perturber et dissuader activités.
Le Royaume-Uni héberge et finance l’International Anti-Corruption Coordination Centre (en anglais), créé en 2016, pour renforcer la coopération internationale dans les enquêtes sur la grande corruption. Ce centre réunit une équipe internationale et multi agences composée d’enquêteurs et d’analystes du renseignement, offrant un soutien opérationnel dédié aux enquêtes complexes. Il s’agit de la seule organisation au monde disposant d’agents des forces de l’ordre actifs qui collectent des renseignements et des preuves pour soutenir directement les enquêtes, tout en fournissant un mentorat spécifique et une coordination des cas pour le recouvrement des avoirs. Depuis sa création en 2016 jusqu’en mai 2025, le centre a :
- identifié 1,8 milliard de livres sterling d’actifs soupçonnés d’avoir été illégalement retirés d’un pays;
- gelé 641 millions de livres sterling d’actifs;
- confisqué ou saisi 70 millions de livres sterling d’actifs;
- traité 380 cas renvoyés.
Le Royaume-Uni finance l’International Centre for Asset Recovery (en anglais), qui collabore avec des pays du monde entier afin de renforcer leurs capacités à recouvrer des avoirs illicites et à soutenir des cas spécifiques. Le centre favorise la coopération internationale et offre un encadrement pratique fondé sur des cas concrets, couvrant les méthodes d’enquête, les stratégies de confiscation et les poursuites judiciaires. Il dispense des formations sur mesure, soutient les réformes juridiques, politiques et institutionnelles, et contribue à l’innovation et le dialogue politique mondial sur le recouvrement des avoirs.
En outre, le Royaume-Uni participe à la Stolen Asset Recovery Initiative (en anglais), qui vise à restituer les avoirs recouvrés à leurs propriétaires légitimes, souvent des États ou des victimes de corruption, contribuant ainsi aux objectifs de développement et au renforcement des cadres mondiaux de lutte contre la corruption. Les cas sont coordonnés dans le cadre de la série d’actions du Forum mondial sur le recouvrement des avoirs, qui facilite la communication et les négociations entre pays sollicités et pays requérants, dans les affaires de corruption à grande échelle. Le Royaume-Uni contribue au financement de cette initiative et à ses travaux de collecte et de publication de données sur la restitution des avoirs.
La France a récemment renforcé son cadre juridique en matière de recouvrement des avoirs. Une loi adoptée en 2021 a créé un mécanisme permettant de restituer les avoirs issus de la corruption aux populations touchées. Cette mesure a été suivi, en 2022, par une directive établissant un cadre clair pour sa mise en œuvre et garantissant une traçabilité stricte. En 2024, la France a élargi le champ d’application de la saisie des avoirs, incluant désormais les outils utilisés pour commettre les actes de corruption. Ces efforts sont soutenus par des services d’enquête spécialisés et par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués. La France appuie également la mise en œuvre régionale de la CNUCC, y compris son chapitre V, par l’intermédiaire des Plateformes régionales pour accélérer la mise en œuvre de l’ONUDC. Elle a contribué au financement du lancement de la plateforme pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et au déploiement d’un expert pour la plateforme pour des Balkans occidentaux.
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a considérablement intensifié son soutien au recouvrement international des avoirs, couvrant 14 pays et 3 initiatives régionales en Afrique et dans les Balkans occidentaux. Ses efforts se sont concentrés sur le renforcement des capacités nationales et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle. Les initiatives propres à chaque pays ont permis de :
- de soutenir l’élaboration de cadres institutionnels;
- d’améliorer les mécanismes de coordination;
- de renforcer les compétences des autorités judiciaires et des forces de l’ordre.
Ce soutien comprenait des programmes de formation complets, de mentorat et des réseaux de praticiens, dotant les agences des outils nécessaires pour engager des procédures de recouvrement fondées sur des condamnations ou sur d’autre bases légales. L’Allemagne a également prioritisé l’assistance technique pour renforcer les capacités de traçage des avoirs numériques, afin de répondre aux défis liés à l’utilisation abusive des actifs virtuels. Ses ateliers régionaux ont favorisé la coopération en matière de gestion des avoirs, d’enquêtes financières et d’entraide judiciaire.
Ces mesures s’inscrivent dans les engagements pris par le G7 visant à lutter contre la corruption, perturber les flux financiers illicites et garantir que les avoirs soient recouvrés, gérés et restitués de manière transparente et responsable.
La législation italienne prévoit un large éventail de mesures de confiscation, notamment la confiscation sans condamnation, la confiscation élargie et la confiscation à l’égard de tiers. En vertu de l’article 48 du code antimafia italien, les avoirs confisqués à des organisations criminelles peuvent être réutilisés à des fins publiques, sociales ou économiques, y compris par attribution directe à des entités de la société civile.
Le soutien de l’Italie au recouvrement international des avoirs passe également par des projets d’assistance technique, notamment en Amérique latine et dans les Caraïbes. Ces projets incluent un appui sur mesure aux stratégies nationales de lutte contre la corruption, au renforcement des capacités d’enquête et à la promotion de la transparence des bénéficiaires effectifs et des cadres de dénonciation. Ces initiatives s’alignent explicitement sur les normes internationales, telles que les lignes directrices du G20 sur le recouvrement des avoirs, et sont régulièrement présentées lors d’événements du G20 et de l’OCDE.
L’Italie reconnaît le lien étroit entre le crime organisé et la corruption financière, comme en témoigne son soutien à la résolution adoptée en 2023 par la Conférence des États parties de la CNUCC sur ce sujet. Forte de son expérience nationale, l’Italie promeut une approche intégrée qui relie le recouvrement des avoirs à des efforts plus larges en matière de transparence des bénéficiaires effectifs et de lutte contre le blanchiment d’argent.
L’UE soutient la mise en œuvre intégrale des principes de haut niveau du G20 sur le recouvrement des avoirs ainsi que du chapitre V de la CNUCC relatif à la restitution des avoirs illicites. Par l’adoption de la Directive (UE) 2024/1260 sur le recouvrement et la confiscation des avoirs, l’UE renforce les règles relatives au traçage, au gel, à la gestion et à la confiscation des avoirs d’origine criminelle, en veillant à leur alignement sur les normes internationales.
VIII. Paix et sécurité
Ces dernières années, les conflits armés ont atteint une ampleur inédite depuis des décennies. Leur nombre a presque doublé, passant de plus de 100 000 événements conflictuels (en anglais) en 2020 à près de 200 000 en 2024. On compte actuellement plus de 110 conflits armés en cours (en anglais) dans le monde, dont 45 au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En 2025, les guerres en Ukraine, à Gaza et au Soudan sont entrées dans leur troisième ou quatrième année, tandis que les combats se sont intensifiés dans l’est de la RDC. En 2024, la violence politique a également augmenté de 25 % (en anglais) par rapport à 2023.
Cette recrudescence a causé la mort de centaines de milliers de personnes à travers le monde. Des millions d’autres ont été blessées ou déplacées, beaucoup ont perdu leur famille et font face à des souffrances inimaginables. Bien que les causes profondes des conflits et de la violence soient complexes, les pays du G7 continuent de prendre des mesures concrètes pour contrer les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la paix et la sécurité mondiales.
32. Sécurité maritime en Afrique
« Appuyer le renforcement des capacités en matière de sécurité maritime en Afrique et améliorer l’efficacité opérationnelle ainsi que la rapidité d’intervention des États côtiers et des organisations régionales, notamment en ce qui concerne la connaissance du domaine maritime et la protection de leur souveraineté... » — Sommet du G8 : Plan d’action pour l’Afrique, Kananaskis (Canada), 2002; Déclaration sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Sea Island (États-Unis), 2004, p. 9; Déclaration sur la croissance et la responsabilité en Afrique, Heiligendamm (Allemagne), 2007, par. 40 et 42; Leadership responsable pour un avenir durable, L’Aquila (Italie), 2009, par. 129; Déclaration de Muskoka : reprise et nouveau départ, Muskoka (Canada), 2010, par. 15, annexe II, section II
La sécurité maritime demeure un défi majeur pour les États côtiers. Selon la Direction générale maritime internationale, l’Afrique a enregistré 84 attaques contre des navires et 135 enlèvements de marins en 2020 (en anglais). Bien que les incidents de piraterie et de vols à main armée aient diminué d’environ 90 % en 2024 par rapport au pic de 2020, d’autres menaces persistent, notamment la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, ainsi que le trafic de marchandises illicites, compromettant les efforts de sécurité régionaux (en anglais).
Le G7 soutient le renforcement des capacités des États côtiers africains et des organisations régionales afin de cerner, prévenir et combattre efficacement les menaces en mer, telles que : la piraterie, la contrebande d’armes, la pêche illégale, et les vols à mains armée dans les eaux territoriales. Ce soutien renforcer la souveraineté maritime des États, améliore la stabilité régionale et réduit les risques sécuritaires transfrontaliers. Par ailleurs, l’accès sécurisé aux voies maritimes protège les chaînes d’approvisionnement essentielles (énergie, alimentation, matières premières), renforçant ainsi la résilience de l’ordre international.
Depuis 2017, l’UE a intensifié ses efforts pour améliorer la sécurité maritime en Afrique en soutenant les capacités régionales et nationales de lutte contre les infractions maritimes et de poursuite des contrevenants. Parmi les investissements clés figurent 28 millions d’euros pour le programme Soutien à la sécurité maritime intégrée en Afrique de l'Ouest (SWAIMS) (en anglais) et 10 millions d’euros pour le Programme d’appui à la stratégie de sûreté et de sécurité maritimes en Afrique centrale (en anglais). Ces initiatives renforcent la connaissance du domaine maritime, l’application de la loi et la sécurité portuaire en Afrique occidentale et en Afrique centrale.
L’UE a également lancé l’initiative de présence maritime coordonnée dans le golfe de Guinée et le nord-ouest de l’océan Indien, favorisant la coordination des activités et le partage d’informations entre les États africains. Les mesures d’aide disponible dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix soutiennent les capacités opérationnelles des marines africaines, tandis que la contribution de 45 millions d’euros au programme Safe Seas (en anglais) apporte un soutien supplémentaire à la sécurité maritime et à la coopération régionale.
En outre, l’UE collabore avec des organisations africaines telles que la CEDEAO, la Communauté économique des États de l'Afrique Centrale et la Commission du Golfe de Guinée pour mettre en œuvre l’Architecture de Yaoundé, une stratégie régionale visant à prévenir et à poursuivre les activités illicites dans les eaux du golfe de Guinée. L’UE apporte également son appui à la surveillance des pêches et à la formation juridique afin d’améliorer la poursuite des crimes maritimes. Selon des évaluations externes, notamment celles de l’ONUDC, le soutien de l’EU a permis des avancées significatives en matière de coordination régionale, de cadres juridiques et de capacités de réponse aux crises dans le domaine de la sécurité maritime.
La France soutient les capacités de ses partenaires à renforcer la sécurité maritime dans les zones sensibles concernées, notamment le golfe de Guinée, la Corne de l’Afrique, l’océan Indien, l’Asie du Sud-Est, l’Asie de l’Est et l’océan Pacifique. Elle concentre son soutien dans des domaines critiques, dont :
- le soutien aux architectures régionales de sécurité maritime;
- le renforcement des opérations de lutte contre la piraterie et autres restrictions à la liberté de navigation;
- la lutte contre la criminalité maritime, en particulier la pêche illicite, non déclarée et non réglementée;
- le soutien aux nouveaux défis émergents, comme les infrastructures sous-marines critiques.
La France soutient également les principaux programmes de sécurité maritime de l’UE, notamment le Safe Seas Africa, le Global Ports Safety et le CRIMARIO (en anglais), et maintient une présence navale permanente dans le golfe de Guinée depuis 1990 grâce à l’Opération CORYMBE. Elle renforce la sécurité dans l’océan Indien grâce à des opérations menées depuis Mayotte et La Réunion et à un accord de coopération conclu en 2024 avec Djibouti, qui prévoit le déploiement permanent de personnel militaire afin de coopérer avec les États de la région et de servir de point d’appui pour les opérations navales régionales dans la mer Rouge, le golfe de Guinée et l’océan Indien. La France soutient aussi directement l’Architecture de Yaoundé par le biais d’écoles de formation régionales en Afrique et dans l’océan Indien, de programmes pratiques comme SIREN et d’un exercice maritime annuel de sécurité, le Grand African NEMO, qui favorise la coordination des États membres de l’UE contre la piraterie dans le golfe de Guinée et avec les États côtiers. En outre, la France conclut des accords de navigation avec les pays du Pacifique afin de soutenir la police maritime là où les capacités navales sont limitées.
L’Allemagne contribue à l’engagement en faveur de la sécurité maritime des États côtiers d’Afrique occidentale. Elle aide notamment à mettre en œuvre le code de conduite de Yaoundé dans le cadre du G7++ Amis du golfe de Guinée. Dans le golfe de Guinée, elle soutient la coopération régionale des États côtiers d’Afrique occidentale et centrale. Elle a, par exemple, dispensé des formations au personnel portuaire des deux régions afin de garantir la sûreté et la sécurité des ports et des marchandises transportées.
Les activités de l’Italie dans le golfe de Guinée sont axées sur l’amélioration de la connaissance de la situation maritime, c’est-à-dire l’échange efficace d’informations entre les marines nationales, élément crucial dans la lutte contre la piraterie. L’Italie soutient également l’application de la législation maritime pour poursuivre les contrevenants, afin d’éviter le risque d’impunité lié à une législation nationale insuffisamment développée. À cette fin, elle a alloué 1 million d’euros aux opérations de visite, d’arraisonnement, de fouille et de saisie de l’ONUDC pour la période de 2022-2024. En outre, l’Italie renforce la collecte de preuves et l’application de la législation maritime afin de lutter contre le trafic illicite et la piraterie dans le golfe de Guinée. À ce jour, huit pays ont bénéficié de ce soutien.
En 2024, l’Italie a présidé le groupe G7++ Amis du golfe de Guinée et participé à la présence maritime coordonnée de l’UE dans le golfe de Guinée. La marine italienne patrouille également régulièrement dans cette zone afin de renforcer la sécurité maritime en collaboration avec les États côtiers. L’Italie a continué de participer à l’opération Gabinia dans le golfe de Guinée en 2023, 2024 et 2025. Cette opération vise à lutter contre la piraterie et à renforcer les capacités en matière de connaissance de la situation maritime. De plus, l’Italie a poursuivi sa participation à l’exercice naval annuel Obangame Express (en anglais), dirigé par les États-Unis, ainsi qu’à l’exercice maritime annuel Grand African NEMO, dirigé par la France, en collaboration avec les pays européens et ceux du golfe de Guinée.
Depuis 2009, le Japon mène des opérations de lutte contre la piraterie dans le golfe d’Aden et au large des côtes somaliennes, et il participe aux opérations des Forces maritimes combinées depuis 2013. Il a aussi mené des exercices conjoints au large des côtes somaliennes avec d’autres membres du G7, dont l’UE. Depuis près de 25 ans, le Japon dirige un programme de maintien de l’ordre maritime (en anglais), conçu pour aider les agents des forces de l’ordre à mettre en place un réseau international solide pour lutter contre la piraterie. En 2024, 21 stagiaires de 17 pays, dont Djibouti, l’Égypte, Madagascar et le Mozambique, ont participé au programme.
En Afrique orientale et dans l’océan Indien, le Royaume-Uni a renforcé les capacités de ses partenaires régionaux dans des domaines tels que :
- le droit maritime international;
- la lutte contre le terrorisme maritime;
- la pêche illégale, non réglementée et non déclarée;
- les routes transnationales de trafic illicite;
- les incidents de vol en mer dans le golfe d’Aden.
Le Royaume-Uni a notamment dispensé une formation aux marines ougandaises et kényanes afin de lutter contre le commerce illicite à destination et en provenance de l’Afrique orientale, qui soutient le groupe terroriste Al-Chabab et d’autres groupes terroristes.
En Afrique occidentale, le Royaume-Uni a fourni une aide bilatérale à plusieurs pays, dont le Cabo Verde, le Cameroun, Ghana, le Nigéria et le Sénégal, afin de soutenir leur sécurité maritime. Il a également fourni du matériel et des formations pour la surveillance du domaine maritime, et a collaboré avec les forces de sécurité maritime afin de renforcer leurs capacités en matière d’arraisonnement de navires et d’opérations de recherche et de saisie.
Depuis 2022, les programmes d’aide au renforcement des capacités de lutte contre la criminalité et des capacités antiterroristes du Canada ont fourni environ 2,2 millions de dollars canadiens pour renforcer la sécurité maritime en Afrique. Cela comprend des formations, des équipements et un soutien législatif, afin d’améliorer la coordination interinstitutionnelle et de renforcer les contrôles aux frontières dans les ports maritimes. Ces programmes ont contribué à la création de deux centres d’opérations maritimes conjoints au Kenya. Ces centres luttent contre le commerce illicite, soutiennent l’état de droit international et renforcent les mesures répressives contre les combattants terroristes étrangers et le trafic maritime de migrants en mer. Lancés en partenariat avec la Garde côtière canadienne, ces centres renforcent la capacité des pays africains à lutter contre la criminalité dans le domaine maritime.
En 2025, le Canada a assumé la présidence de l’initiative G7++ Amis du golfe de Guinée, qui vise à renforcer la sécurité maritime dans la région du golfe de Guinée et à s’attaquer à des enjeux tels que la pêche illégale, le trafic illicite et la piraterie. En 2025, en tant que président, le Canada a tenu des discussions avec les partenaires du G7 et des partenaires africains sur les questions de sécurité maritime et sur la manière dont l’initiative peut le mieux contribuer à soutenir la sécurité maritime dans la région à l’avenir.
33. Les femmes, la paix et la sécurité
« Nous [...] demeurons résolus à soutenir les efforts déployés par d’autres pays, tant sur le plan financier que technique, pour établir et mettre en œuvre des plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité ou des stratégies similaires liées à l’égalité des genres. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 14; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 43; Communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 33
Les femmes jouent un rôle essentiel dans tous les efforts visant à instaurer une paix et une sécurité mondiales durables. Les PAN définissent les mesures prises par les gouvernements pour respecter leurs obligations en vertu des dix résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que d’autres résolutions adoptées à l’échelle internationale. Ces PAN garantissent que les priorités des femmes sont intégrées au cœur des décisions en matière de paix et de sécurité à tous les niveaux. Tous les pays du G7 ont mis en place un PAN, le Royaume-Uni ayant été le premier à le faire en 2006. Les membres du G7 continuent également de travailler avec d’autres pays pour soutenir leurs efforts visant à élaborer leurs propres plans.
En 2015, le Japon a établi son propre PAN, devenant le dernier membre du G7 à le faire. Depuis 2018, il travaille en partenariat avec ONU Femmes pour aider le Sri Lanka d’élaborer son premier PAN, que celui-ci a adopté en février 2023.
En mars 2024, le Canada a lancé son troisième PAN, qui s’étend jusqu’en 2029. Cette initiative pangouvernementale qui mobilise 10 ministères fédéraux et aborde des enjeux émergents tel que l’insécurité climatique, la concurrence dans l’Arctique et dans l’espace, et l’IA. Le plan renforce également le leadership du Canada dans le cadre de l’Initiative Elsie pour la participation des femmes aux opérations de paix, en établissant des partenariats avec des pays fournisseurs des troupes et des forces de police aux opérations de soutien de la paix des Nations Unies. Le Canada s’engage à appuyer l’élaboration des PAN d’autres par le partage de pratiques exemplaires et au partage de leçons apprises, en collaboration avec des partenaires internationaux.
De 2022 à 2024, l’Allemagne a mis en œuvre son troisième PAN, fondé sur les quatre piliers de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies :
- la prévention des crises,
- la participation,
- la protection et le soutien,
- l’aide humanitaire, la gestion des crises et la reconstruction.
Ces piliers sont complétés par deux axes transversaux : le renforcement du Programme Femmes, paix et sécurité (FPS) et l’amélioration des capacités institutionnelles. L’Allemagne travaille actuellement son quatrième PAN, élaboré par un groupe de travail interministériel en étroite collaboration avec la société civile allemande et celle des pays du Sud.
De son côté, l’Italie s’apprête à d’adopter son cinquième PAN (2025 à 2029), qui consolidera son approche pangouvernementale pour la mise en œuvre du Programme FPS et la coopération internationale. L’Italie soutient activement ce programme en offrant une aide financière et technique aux pays en développement qui mettent en œuvre des PAN. En 2023 et 2024, elle a financé des projets liés aux femmes, à la paix et à la sécurité en Afghanistan, en Colombie, en Équateur, au Maroc, en Palestine et dans la Corne de l’Afrique. Par ses actions, l’Italie, contribue à renforcer le leadership et la participation des femmes dans les processus de paix.
En février 2023, le Royaume-Uni a lancé son cinquième PAN sur les femmes, la paix et la sécurité (2023 à 2027). Pour la première fois, ce plan inclut des engagements nationaux, prend en compte l’impact des menaces transnationales sur les femmes et ajoute l’Ukraine, l’Éthiopie et le Yémen à sa liste de pays prioritaires. Au cours de la dernière année, le Royaume-Uni a favorisé une participation accrue des femmes dans :
- les processus de paix au Soudan et aux Philippines,
- la consolidation de la paix au Myanmar et en Syrie,
- le secteur de la défense en Ukraine,
- les efforts de réconciliation en Bosnie-Herzégovine.
Depuis 2012, le Royaume-Uni dirige l’Initiative pour la prévention des violences sexuelles en période de conflit (en anglais) et continue de lutter contre la violence croissante à l’égard des femmes et des filles, notamment en Ukraine, au Soudan et en République démocratique du Congo. En tant que rédacteur de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies et signataire de la Déclaration sur les engagements communs sur les femmes, la paix et la sécurité (en anglais), il soutient la capacité des femmes issues de la société civile à dialoguer avec le Conseil de sécurité et veille à ce que les droits des femmes soient intégrés dans ses documents.
La France a fait de la promotion des droits des femmes une priorité stratégique dans ses interventions en zone de crise et s’est engagée à mettre en œuvre son troisième PAN. Entre 2022 et 2024, elle a apporté un soutien financier et technique au Niger, puis au Tchad, pour les aider à élaborer leurs propres PAN. En 2025, ce soutien a permis à la création de la Facilité 1325, dirigé par Expertise France. Par ailleurs, la France appuie les organisations locales et favorise l’engagement de la société civile dans la conception, le suivi et l’évaluation des PAN en Iraq, en RDC et au Cameroun.
L’UE et plusieurs de ses délégations soutiennent activement les processus d’élaboration et de mise en œuvre des PAN dans des pays tel que l’Afrique du Sud, l’Azerbaïdjan, la Bosnie-Herzégovine, la Colombie, la Guinée, le Kazakhstan, la Macédoine du Nord, les Philippines, le Tchad et le Vietnam. Au Tchad, la délégation de l’UE, les États membres de l’UE et la Suisse appuie le Programme FPS depuis 2021, en mettant l’accent sur la lutte contre la violence fondée sur le genre, les droits des femmes et le renforcement économique. En janvier 2023, le Tchad a adopté son PAN avec le soutien de l’Espagne, de la Suisse et du ministère de la Femme.
Pour en assurer la mise en œuvre, la délégation de l’UE a alloué 6 millions d’euros en 2024 à un programme impliquant les ministères locaux, des ONG et des associations dirigées par des femmes. Ce programme vise à répondre aux besoins des femmes et des filles touchées par les conflits, y compris les personnes déplacées, les réfugiées et les rapatriées, tout en renforçant les institutions locales pour garantir la durabilité à long terme.
En 2024, la Colombie a adopté son premier PAN sur les femmes, la paix et la sécurité. La délégation de l’UE et d’autres membres de la communauté internationale ont soutenu le gouvernement colombien lors de la phase de consultation et du lancement du plan. L’UE et les États membres ont également contribué activement à l’élaboration du deuxième PAN du Mozambique, mené par le ministère du Genre, de l’Enfance et de l’Action sociale et ONU Femmes, avec un financement de la Norvège.
Depuis 2017, l’UE a renforcé sa coopération avec l’Afrique en matière de femmes, de paix et de sécurité. Elle soutient des initiatives régionales et nationales visant à promouvoir l’égalité des genres et renforcer le pouvoir des femmes dans la prévention et la résolution des conflits. L’EU a également contribué au renforcement des capacités des organisations de femmes africaines et encouragé leur participation aux processus de paix dans la Corne de l’Afrique et la région du Sahel, favorisant ainsi la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies et des résolutions connexes.
En outre, l’UE appuie le déploiement de femmes soldats de la paix et la promotion de l’égalité des genres dans les opérations de paix en Afrique. Elle collabore avec des organisations régionales telles que l’Union africaine pour mettre en œuvre le Programme FPS et soutient la formation et le renforcement des capacités afin d’accroître la participation des femmes à la prise de décision en matière de paix et de sécurité. Par exemple, son soutien à l’Architecture africaine de gouvernance (en anglais) et à l’Architecture africaine de paix et de sécurité contribue à la mise en œuvre des engagements de l’UA en faveur du Programme FPS.
Aider les pays partenaires à mettre en œuvre leurs plans d’action nationaux
Le Canada soutient la mise en œuvre des PAN en Gambie, Iraq, Jordanie et Somalie grâce à son assistance technique. Il a également renouvelé son appui au Réseau mondial des femmes bâtisseuses de paix (en anglais) en s’engageant à verser 2,5 millions de dollars canadiens entre 2024 et 2026 pour renforcer la mise en œuvre des PAN au Tchad, en Colombie, en RDC, au Liban, au Nigéria et au Soudan du Sud. Par l’intermédiaire du Fonds canadien d’initiatives locales, le Canada a aussi contribué au renforcement des capacités locales pour l’élaboration et la mise en œuvre des plans en Colombie, Guatemala, Liban, Nigéria, RDC, Tanzanie, Turkménistan et Rwanda.
En 2024, la délégation de l’UE a lancé un appel de propositions (en anglais) dans le cadre du programme Citoyenneté active au Mozambique, doté d’un budget de 3 millions d’euros, afin de favoriser la participation de la société civile à la mise en œuvre du Programme FPS, conformément à la résolution 1325 et au PAN du Mozambique.
En Serbie, la délégation de l’UE finance le projet Women for Peace and Security: Towards Good Neighborly Relations between Serbia and Kosovo (en anglais), mis en œuvre par l’Association of Women Sandglass. Ce projet vise à renforcer la coopération entre les organisations de femmes de la région de Mitrovica au Kosovo et de la région de Rasina en Serbie, et à accroître leur participation aux efforts de consolidation de la paix. L’initiative s’efforce également d’intégrer la dimension de genre dans le processus de paix en :
- améliorant les connaissances disponibles;
- formulant des recommandations fondées sur des données probantes pour la mise en œuvre de la résolution 1325;
- sensibilisant les responsables publics locaux et le grand public à cet enjeu.
- La France soutient activement la mise en œuvre des PAN en Iraq, Jordanie, Liban, Palestine, République centrafricaine, RDC, Tchad, Ukraine, et ailleurs. En 2022, elle a lancé un appel de propositions de 11,5 millions d’euros destiné aux organisations locales engagées dans le Programme FPS au Moyen-Orient, en Afrique occidentale et centrale. Elle appuie plus de 100 organisations féministes locales dans 12 pays et soutient l’initiative Women Lead in Emergencies (en anglais), dirigée par CARE France, qui renforce les réseaux de femmes en Colombie, en Éthiopie et en Ukraine.
Depuis 2017, grâce au Fonds paix et résilience Minka de l’AFD, la France a investi près de 1,2 milliard d’euros pour financer plus de 140 projets favorisant la protection et la participation des femmes en Ukraine, au Moyen-Orient et en Afrique.
En collaboration avec ses partenaires locaux et régionaux, l’Allemagne a soutenu l’élaboration et la mise en œuvre de nombreux PAN sur les FPS. Son appui financier a notamment permis un processus transparent et inclusif en Éthiopie, comprenant des consultations publiques à l’échelle nationale.
L’Allemagne a également travaillé avec des institutions régionales, notamment en appuyant l’élaboration du deuxième plan d’action régional de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, en coordination avec ses 12 États membres, qui ont tous élaboré ou sont en train d’élaborer leurs plans nationaux.
Afin de promouvoir la mise en œuvre du PAN du Sri Lanka, le Japon, en partenariat avec le FNUAP, a financé la construction de refuges et infrastructures connexes pour protéger les victimes de violence fondée sur le genre. Avec ONU Femmes, le Japon a également mis en œuvre des programmes de formation professionnelle visant à améliorer les opportunités économiques des femmes et à renforcer les capacités des autorités et des communautés locales pour prévenir la violence.
Grâce à un financement de 270 000 livres sterling, le Royaume-Uni a permis à plus de 1 500 femmes de participer à l’élaboration du premier PAN colombien. Le Royaume-Uni a également soutenu le Plan d’action régional de l’ANASE sur les femmes, la paix et la sécurité (en anglais), un programme de trois ans assortis d’un budget de 3,2 millions de livres sterling lancé lors du Sommet de l’ANASE sur les FPS en juillet 2023. Ce programme a favorisé la rédaction et l’adoption de plans nationaux au Vietnam et au Timor-Leste, suscitant l’intérêt d’autres membres de l’ANASE, dont le Cambodge, la Malaisie et la Thaïlande.
Entre 2022 et 2024, l’Italie a alloué 3 millions d’euros pour soutenir la mise en œuvre de l’initiative FPS, notamment dans les pays en développement. Au Sénégal, l’Italie a engagé plus de 2,1 millions d’euros dans un programme d’appui à la stratégie nationale pour l’intégration de la dimension de genre et le renforcement du pouvoir des femmes (en anglais), en partenariat avec le gouvernement du Sénégal, ONU Femmes et des instituts de recherche. Le programme inclut des actions concrète pour lutter contre la violence fondée sur le genre, promouvoir les centres de défense des droits des femmes et l’appliquer la budgétisation sensible au genre.
Renforcement de la coordination et du mécanisme de mise en œuvre dans les pays partenaires
L’Allemagne a fourni un soutien technique et des séances de formation sur le Programme FPS et sur le PAN de l’Iraq aux quatre ministères responsables de sa mise en œuvre. Grâce à cet appui, ces ministères ont pu élaborer leurs propres plans d’action et concevoir la première feuille de route interministérielle pour la mise en œuvre du Programme FPS.
Dans de nombreux pays, le Canada aide les gouvernements, la société civile et les acteurs du secteur de la sécurité à élaborer et à mettre en œuvre des PAN solides. En Somalie, il fournit une assistance technique pour développer des outils de mise en œuvre, dont un cadre de référence et un cadre de mesure du rendement. Au Ghana, le Canada finance la Fondation pour la sécurité et le développement en Afrique (en anglais) afin de permettre un suivi indépendant du deuxième PAN et d’organiser des ateliers de validation pour renforcer la coordination entre les partenaires, y compris les Forces armées. En 2024, le Canada a également soutenu le Costa Rica dans la rédaction de son premier PAN, à la suite de consultations multipartites.
L’Italie appuie les mécanismes de coordination et de mise en œuvre par le biais d’un financement de réseaux régionaux, dont le Réseau des femmes médiatrices de la Méditerranée, qui favorise le dialogue entre femmes leaders de pays tels que le Liban, la Libye, le Kosovo et la Syrie et encourage la coopération transfrontalière.
En Colombie, l’Italie a investi 1 million d’euros dans le projet Humanitarian Aid and Peace Building in Colombia through the Protection and Promotion of the Role of Women and Young People (en anglais), visant à renforcer la capacité des organisations locales à soutenir les personnes déplacées et les femmes victimes de violence, tout en favorisant la participation des femmes au dialogue politique.
À la suite de l’adoption du PAN du Tchad, l’UE a contribué à la mise en place d’un mécanisme de coordination réunissant des partenaires techniques et financiers. Les comités techniques et d’orientation qui en résultent garantissent la bonne mise en œuvre du plan et renforcent la collaboration pour obtenir des résultats tangibles. La délégation de l’UE et plusieurs États membres de l’UE participent activement à ces comités.
Les efforts du Japon au Sri Lanka s’inscrivent dans le cadre de l’initiative de partenariat du G7 sur les femmes, la paix et la sécurité, qui soutient qu’une ambassade dans un pays partenaire assure la coordination avec les ambassades des autres pays du G7. C’est pourquoi l’ambassade du Japon organise des réunions de coordination avec le gouvernement sri-lankais, ONU Femmes, d’autres délégués du G7 et d’autres agences des Nations Unies afin d’échanger des informations sur l’état d’avancement du projet et de gérer la coopération au sein du groupe.
Japon : commémoration des 25 ans de progrès en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité
La participation et le leadership des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, la consolidation de la paix et la reconstruction sont essentiels pour garantir une paix durable. Cette année marque le 25e anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécurité.
En 2025, le Japon et la Norvège ont coprésidé le réseau des points focaux Femmes, paix et sécurité, et le Japon a accueilli la Septième réunion au niveau de la capitale à Tokyo, au Japon, sur le thème : « Approfondir les engagements en matière de femmes, de paix et de sécurité : innover et s’adapter pour garantir la paix et la sécurité ». Cet évènement a réuni 172 participants de 63 pays pour faire le point sur les progrès accomplis et définir les orientations futures. Un communiqué final a été publié, contenant des recommandations clés visant à renforcer le rôle des femmes dans la consolidation de la paix, promouvoir les droits de la personne, intégrer la réduction des risques de catastrophe dans les politiques FPS et soutenir l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’action nationaux et régionaux.

Source : ©Ministère des Affaires étrangères du Japon
Royaume-Uni : aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre leur plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité
Le Royaume-Uni a aidé plusieurs pays, dont le Mali, à élaborer leurs PAN sur les femmes, la paix et la sécurité. Au cours de l’exercice financier 2024-2025, il a versé 900 000 livres sterling à l’ONG malienne Femmes et Développement pour promouvoir le rôle des femmes et des jeunes dans la gouvernance locale et les processus de consolidation de la paix au Mali et au Burkina Faso. Le ministère britannique des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement a également déployé un expert FPS pour renforcer les capacités du gouvernement malien à intégrer cette approche dans ses opérations, en proposant des formations et des échanges entre pairs. Cet expert a aussi évalué l’impact du troisième PAN du Mali.
Par l’intermédiaire du Fonds de sécurité intégrée, le Royaume-Uni a consacré 13 millions livres sterling (2020 à 2025) pour soutenir le processus de paix à Mindanao, aux Philippines, en renforçant la stabilité et le règlement politique démocratique de la région autonome Bangsamoro en Mindanao musulmane. Ce soutien comprenait la promotion d’une participation pleine, égale, significative et sécurisée des femmes à la gouvernance et aux processus de paix.
34. Crises et conflits en Afrique
« Notre objectif consiste en effet à renforcer la coopération et le dialogue avec les pays africains et les organisations régionales pour renforcer leurs capacités afin de mieux prévenir les crises et les conflits, y répondre et les gérer conformément aux objectifs pertinents du Programme 2030 pour le développement durable.» — Communiqué des dirigeants du G7, Taormine, Italie, 2017, paragraphe 26; communiqué des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 8
Le monde connaît un nombre sans précédent de conflits, et le nombre de décès liés à des événements violents (en anglais) a augmenté de 37 % entre juillet 2023 et juin 2024. L’Afrique subsaharienne reste la région la plus touchée, avec 28 conflits internes enregistrés au cours de cette période- le chiffre le plus élevé depuis 1991.
En 2023, les dépenses du G7 consacrées à la résolution des conflits, à la paix et à la sécurité dans les pays en développement ont atteint 3,2 milliards de dollars américains, en légère hausse par rapport à 3 milliards de dollars américains en 2019.
Entre 2019 et 2023, 30 % de ces fonds ont été alloués à des initiatives en Afrique, confirmant la priorité stratégique accordée à cette région.
Figure 21 : APD du G7 en faveur de la prévention des conflits, de la paix et de la sécurité en Afrique, de 2019 à 2023

Montants en millions de dollars américains
Version texte
Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Donateur | |||||
Institutions de l’UE | 326,7 $ | 371,8 $ | 415,1 $ | 315,0 $ | 415,3 $ |
Canada | 21,0 $ | 21,8 $ | 23,3 $ | 35,8 $ | 27,0 $ |
France | 4,2 $ | 5,5 $ | 7,1 $ | 2,4 $ | 2,2 $ |
Allemagne | 225,0 $ | 261,4 $ | 352,9 $ | 268,9 $ | 211,5 $ |
Italie | 2,9 $ | 5,4 $ | 2,9 $ | 7,1 $ | 1,7 $ |
Japon | 23,2 $ | 19,0 $ | 27,1 $ | 13,7 $ | 25,7 $ |
Royaume-Uni | 126,3 $ | 115,8 $ | 92,9 $ | 58,6 $ | 64,2 $ |
États-Unis | 150,7 $ | 120,8 $ | 240,7 $ | 104,5 $ | 157,2 $ |
Total | 880,1 $ | 921,5 $ | 1 162,1 $ | 805,9 $ | 904,8 $ |
Source : Équivalent de subvention du Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE
Depuis 2022, les programmes canadiens de lutte contre la criminalité et des capacités antiterroristes ont fourni plus de 40 millions de dollars canadiens aux pays africains pour renforcer leurs capacités à prévenir et à lutter contre le terrorisme et le crime organisé. Cette aide comprend un financement destiné à :
- formation, équipements et assistance technique pour améliorer la sécurité aux frontières;
- renforcement de la résilience face à l’extrémisme violent à l’échelle communautaire;
- lutte contre les flux financiers illicites, le trafic de drogues et le trafic d’armes;
- amélioration des capacités des forces de l’ordre et des services de renseignement militaire.
Grâce à son Programme pour la stabilisation et les opérations de paix (PSOP), le Canada a intensifié la collaboration entre les États africains, les organisations régionales et les opérations de paix des Nations Unies afin de renforcer la protection des enfants et la prévention des conflits par le biais des Principes de Vancouver (une initiative canadienne). Parmi les actions clés, la mise à jour et à la diffusion d’outils comme le manuel Child Soldiers: A Handbook for Security Sector Actors (en anglais) et la note pratique sur les processus de paix sensibles à la protection de l’enfance. Ces outils sont désormais utilisés dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies en République centrafricaine, en République démocratique du Congo, au Mali et au Soudan du Sud.
Le Canada a également soutenu les efforts déployés par l’UNICEF pour améliorer la coordination entre les forces de maintien de la paix des Nations Unies et les organismes de protection de l’enfance dans ces quatre pays. Au Mali, en Somalie et au Soudan du Sud, le PSOP a aussi appuyé des campagnes de sensibilisation et de défense des droits, qui ont amplifié les voix locales et accru la prise de conscience des obstacles à la paix et à la protection des enfants.
Le Canada a également favorisé le partage des connaissances à l’échelle régionale et l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes grâce à son soutien à l’Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement. Cet institut comble des lacunes critiques en matière de connaissances dans les programmes de réintégration des enfants au Cameroun, au Niger, au Nigéria et au Tchad.
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a consacré plus de 1,5 milliard d’euros à environ 350 projets axés sur la promotion de la paix et de la sécurité sur le continent africain. L’Allemagne a notamment aidé l’Union africaine à mettre en œuvre l’Architecture africaine de paix et de sécurité au niveau des États membres, en mettant particulièrement l’accent sur :
- la justice transitionnelle,
- le renforcement du pouvoir des femmes et des jeunes en tant qu’agents de la paix,
- le lien entre climat, paix et sécurité,
- la santé mentale et le soutien psychosocial.
L’Allemagne a également soutenu le Programme Frontière de l’Union africaine, qui vise à prévenir et à gérer les conflits en renforçant les capacités et les institutions impliquées dans la gouvernance transfrontalière. Par ailleurs, elle continue de collaborer avec les pays côtiers d’Afrique occidentale confrontés aux répercussions de l’extrémisme violent provenant du Sahel afin de renforcer la résilience des régions frontalières du nord.
En outre, l’Allemagne demeure engagée dans la région du Sahel par le biais d’engagements bilatéraux et de mécanismes de réponse aux crises. L’un de ces mécanismes est la Facilité Sahel, un fonds fiduciaire qui soutient les efforts des communautés des pays sahéliens visant à créer des possibilités économiques et à promouvoir la paix et la cohésion sociale
Le Royaume-Uni travaille en partenariat avec divers pays africains et diverses organisations régionales afin d’améliorer la prévention et la gestion des conflits dans la région. Par exemple, dans le bassin du lac Tchad, le Royaume-Uni a soutenu la Force multinationale mixte (en anglais). Cet effort conjoint vise à lutter contre l’extrémisme violent, à améliorer la coordination entre les autorités civiles et militaires et à renforcer le respect des droits de la personne par les forces de sécurité. Le soutien du Royaume-Uni a également renforcé la capacité des gouvernements régionaux à établir un dialogue afin de promouvoir des règlements pacifiques.
Dans la Corne de l’Afrique, le Royaume-Uni a soutenu une initiative visant à promouvoir la paix et la stabilité dans les zones frontalières entre l’Éthiopie, le Kenya et la Somalie, une région confrontée aux attaques du groupe Al-Shabaab, à la violence intercommunautaire et aux conflits liés aux ressources. Le projet se concentre sur le renforcement des réponses nationales à l’insécurité le long de la frontière et sur le soutien aux approches des gouvernements locaux en matière de résolution et de gestion des conflits.
Le Royaume-Uni a également fourni une formation et un soutien aux pays qui déploient — ou envisagent de déployer — des troupes dans le cadre des opérations de paix de l’Union africaine et des Nations Unies. En outre, il a collaboré avec l’Union africaine pour renforcer son architecture de paix et de sécurité.
En 2024, grâce à des partenariats avec des organisations et des acteurs régionaux, l’Italie a soutenu les efforts de lutte contre le terrorisme djihadiste dans la Corne de l’Afrique, une région marquée par l’instabilité. L’Italie a par exemple contribué au développement institutionnel de la Somalie et soutenu le processus de réconciliation nationale en Éthiopie. Elle s’est également efforcée de résoudre la crise au Soudan en :
- soutenant les efforts de médiation;
- garantissant un accès humanitaire;
- favorisant l’inclusion de la société civile soudanaise dans les pourparlers de paix.
L’Italie a renforcé sa présence en Afrique occidentale et centrale, en particulier dans la région du Sahel, qui constitue une zone clé pour la migration et la sécurité européenne. Par exemple, en 2024, l’Italie a ouvert une ambassade en Mauritanie, et elle continue de participer à la mission de soutien bilatéral en République du Niger. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, l’Italie a contribué à la lutte contre le terrorisme, les migrations irrégulières et la traite des êtres humains, tout en encourageant les transitions constitutionnelles. L’Italie a également contribué à la sécurité énergétique par le biais de la mission d’assistance militaire de l’Union européenne (en anglais) dans des pays d’Afrique australe comme l’Angola et le Mozambique.
Depuis 2008, l’Italie soutient les efforts de stabilisation au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, en apportant une aide humanitaire accrue depuis 2022. En combinant les aspects humanitaires et ceux relatifs à la paix et au développement, l’Italie finance des projets qui relient les interventions d’urgence avec le rétablissement et la résilience, en partenariat avec des organisations de la société civile et des agences internationales. L’Italie encourage également les actions préventives par le biais du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, en soutenant les « salles de crise » locales afin de renforcer les capacités et l’appropriation de la paix à l’échelle communautaire.
En août 2025, le Japon a accueilli la TICAD9, en partenariat avec le PNUD, la Banque mondiale et la Commission de l’Union africaine, qui portait sur la paix et la stabilité. La conférence a réuni des parties prenantes de 49 pays africains, des organisations internationales, le secteur privé et la société civile. Le texte de la Déclaration de Yokohama (en anglais) qui en a résulté a réaffirmé la sécurité humaine comme enjeu important et appelé à des solutions africaines aux conflits.
Le Japon a fourni environ 68 millions de dollars américains par l’intermédiaire du PNUD en aide financière et en expertise aux centres de formation en maintien de la paix dans les pays africains. Depuis 2023, ce soutien comprend des activités de renforcement des capacités pour le personnel engagé dans des opérations de paix régionales au Cameroun, en Égypte, au Ghana, au Nigéria et en Tanzanie.
Le Japon a également organisé des ateliers et des formations sur le terrain au Togo, qui portaient sur les risques liés aux engins explosifs improvisés, aux mines terrestres et aux engins militaires non explosés.
Le Japon a aussi apporté un soutien financier aux Département de la paix et sécurité et des affaires politiques de l’Union africaine. En 2022, cette aide a notamment permis de financer des activités de consolidation de la paix en Éthiopie et au Soudan du Sud afin de maintenir la sécurité dans la Corne de l’Afrique. En 2024, le Japon a soutenu la création d’une unité conjointe de paix et de sécurité le long de la frontière entre la Sierra Leone et la Guinée, et a versé 3 millions de dollars américains à la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (en anglais).
Depuis 2017, l’UE a considérablement renforcé sa collaboration avec les États africains et les organisations régionales afin d’améliorer la prévention et la gestion des crises. Cela comprend :
- le déploiement de 12 missions en Afrique dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune de l’UE;
- la formation de plus de 30 000 militaires africains;
- l’octroi de 600 millions d’euros à la Facilité européenne pour la paix à l’appui des missions de maintien de la paix dirigées par l’Afrique entre 2022 et 2024.
L’UE a également versé 40,5 millions d’euros à l’Architecture africaine de paix et de sécurité, 25 millions d’euros à l’Architecture africaine de gouvernance (en anglais) et 25 millions d’euros au Système continental d’alerte précoce afin d’améliorer la gestion du cycle des conflits et les systèmes d’alerte rapide. L’UE a également approfondi sa coopération dans la région grâce à un protocole d’entente entre l’Union européenne et l’Union africaine en 2018 et à un dialogue sur la prévention des conflits, la lutte contre le terrorisme et la cybersécurité. En faisant progresser les initiatives conjointes en matière de sécurité maritime et le renforcement des capacités dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la gouvernance et de l’état de droit, l’UE vise à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité dans la région. À partir de juillet 2025, l’UE s’engage également à fournir un nouveau train de mesures de soutien à l’Architecture africaine de paix et de sécurité et à l’Architecture africaine de gouvernance.
En avril 2024, la France a accueilli une conférence humanitaire sur le Soudan, qui portait notamment sur l’incidence de la France dans cette région et sur les mesures envisagées. La France promeut la paix et la sécurité en Afrique par le biais de partenariats plutôt que d’interventions directes, en réduisant sa présence militaire permanente et en transférant ses bases, à l’exception de celle de Djibouti, aux autorités locales. Des détachements de liaison français restent en place en Côte d’Ivoire et au Gabon afin d’apporter un soutien rapide et adapté.
En 2024, la France a formé plus de 10 000 soldats africains grâce à son réseau d’écoles de formation. Parallèlement, la France investit dans la prévention des crises et le développement économique, y compris un montant de 3,5 milliards d’euros par l’intermédiaire de l’AFD pour soutenir les États fragiles. Grâce à la Direction de la coopération de sécurité et de défense, elle a alloué 100 millions d’euros depuis 2022 à la réforme du secteur de la sécurité, à la formation et à la prévention des crises, notamment au soutien de 22 écoles professionnelles régionales, à la formation de militaires et de policiers africains ainsi qu’à des projets locaux. Environ 200 experts français sont déployés partout en Afrique pour contribuer à la sécurité maritime dans le golfe de Guinée et l’océan Indien, à la gestion des migrations en renforçant les contrôles d’immigration et en améliorant les capacités de maintien de l’ordre, ainsi qu’à la réponse aux catastrophes en apportant un soutien aux forces armées locales dans leur intervention face aux catastrophes naturelles et technologiques. La France joue également un rôle clé dans la coopération régionale, comme en témoigne sa participation au symposium des forces terrestres africaines et à des initiatives telles que l’exercice Grand Africain NEMO.
IX. Environnement, climat et énergie
La température moyenne sur Terre a augmenté d’environ 1,2 °C depuis le début de la révolution industrielle, les 10 dernières années ayant été, en moyenne, les plus chaudes jamais enregistrées. Cela entraîne des conséquences dévastatrices pour les populations et les écosystèmes du monde entier. Les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les tempêtes, les inondations et les sécheresses sont de plus en plus fréquents. Le niveau des mers monte, provoquant des inondations et contraignant les populations vivant dans les communautés côtières à quitter leurs maisons.
Nous assistons également à une perte extrême de biodiversité. Cela entraîne la disparition de services écosystémiques essentiels, ce qui menace les moyens de subsistance et les droits fondamentaux de centaines de millions de personnes partout dans le monde. En 2024, plus de 46 000 espèces ont été classées comme vulnérables, en danger ou en danger critique d’extinction dans la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (en anglais), contre un peu plus de 40 000 en 2021.
Les répercussions des changements climatiques et de la perte de biodiversité ne s’arrêtent pas aux frontières nationales. Ces problèmes sont de nature transnationale, et ce sont souvent les pays qui ont le moins contribué à leurs causes qui en subissent le plus les effets. Étant donné que les membres du G7 assument une part importante de la responsabilité des crises environnementales et climatiques auxquelles notre monde est confronté aujourd’hui, il est important que l’organisation reste déterminée à s’attaquer à ces problèmes. Assurer la stabilité environnementale, mettre en place des infrastructures énergétiques propres et mener une action climatique efficace sont essentiels au développement durable, comme le prévoit le Programme à l’horizon 2030.
35. Biodiversité
« Nous adoptons le Pacte 2030 pour la nature du G7 afin de soutenir la mission mondiale visant à freiner et à inverser la perte de biodiversité d’ici 2030. »
« Nous nous engageons à promouvoir des objectifs mondiaux ambitieux et efficaces en matière de biodiversité, notamment la conservation ou la protection d’au moins 30 % des terres et d’au moins 30 % des océans de la planète d’ici 2030. » — Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 43
« Nous réaffirmons notre détermination à arrêter et inverser d’ici à 2030 les processus de recul des forêts et de dégradation des terres. »
« Nous sommes déterminés à renforcer les synergies entre les financements pour le climat et pour la biodiversité, notamment en accroissant le financement des solutions fondées sur la nature. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 24
« Les membres du G7 qui sont parties à la Convention sur la diversité biologique s’engagent également à réorienter ou à supprimer les incitations, y compris les subventions, qui nuisent à la biodiversité d’ici 2030 au plus tard, en prenant sans délai les premières mesures nécessaires. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 3
« Nous demeurons fermement déterminés à respecter l’Accord de Paris et à rester en mesure de contenir l’élévation de la température mondiale à 1,5 °C, et nous prenons note avec une vive préoccupation des conclusions du premier bilan mondial présenté à la 28e session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28), qui font état d’un écart important entre cet engagement et les trajectoires d’émissions actuelles au niveau mondial. Notre objectif demeure inchangé : nous entendons contribuer de manière importante aux efforts visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 43 % environ au niveau mondial au cours de cette décennie critique et de 60 % d’ici 2035, par rapport à 2019. Nous soulignons qu’il s’agit là d’un effort collectif et que tous les pays, en particulier les plus grandes économies, doivent continuer de prendre des mesures pour s’assurer que les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial atteindront leur niveau maximal d’ici 2025 au plus tard et pour parvenir à zéro émission nette d’ici 2050. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 16
« Nous sommes déterminés à mettre un terme à la perte de biodiversité et à en inverser la tendance d’ici 2030, ainsi qu’à mettre en œuvre rapidement l’ensemble du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et à atteindre tous ses objectifs et toutes ses cibles, notamment les cibles de protection de 30 % des terres et des océans d’ici 2030 (« 30 × 30 »). » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 19
« Nous rappelons que nous sommes profondément préoccupés par la santé des mers et des océans, et nous appelons d’une seule voix à une action porteuse de transformation en matière de gouvernance des océans pour faire face à la triple crise planétaire des changements climatiques, de l’appauvrissement de la biodiversité et de la pollution. À cet égard, nous travaillerons de concert pour que la troisième édition en 2025 de la Conférence des Nations Unies sur l’océan soit couronnée de succès. Nous nous engageons à œuvrer en faveur de la ratification, de l’acceptation et de l’approbation rapides de l’Accord se rapportant à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et portant sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, et de l’adhésion rapide à cet instrument, ainsi qu’à contribuer à ce qu’il puisse entrer en vigueur et être mis en œuvre rapidement. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 20
« Reconnaissant le rôle important que jouent l’eau et l’assainissement pour le développement durable, la prospérité et la paix, nous souscrivons à la création d’une coalition du G7 sur les enjeux hydriques pour coordonner notre action et renforcer notre coopération en la matière, et nous saluons l’organisation d’un sommet One Water à Riyad en marge de la 16e session de la Conférence des Parties à la Convention sur la lutte contre la désertification. »
— Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 20
La biodiversité décline plus rapidement que jamais dans l’histoire de l’humanité. Selon des estimations récentes, le taux d’extinction des espèces est actuellement 10 à 100 fois supérieur au taux naturel en raison de la déforestation, de la fragmentation des habitats et des changements climatiques. La perte de biodiversité met en péril une multitude d’éléments, notamment la sécurité alimentaire, la qualité de l’air et de l’eau, et la croissance économique. En fait, selon la Banque mondiale, plus de la moitié du PIB mondial dépend de la nature (en anglais).
Les marqueurs de Rio (en anglais) permettent de surveiller dans quelle mesure le financement du développement cible les thèmes des conventions de Rio, notamment la biodiversité et la désertification, et d’en rendre compte statistiquement. Ils indiquent si l’adaptation aux changements climatiques ou l’atténuation de ses effets est l’objectif principal (primaire) ou un objectif important (secondaire) des activités. En 2023, l’APD des marqueurs de Rio du G7 considérée comme principale ou importante pour la biodiversité, les changements climatiques et l’adaptation au climat dans les pays en développement s’élevait à 66 milliards de dollars américains. Cela représente une augmentation par rapport aux 47 milliards de dollars américains de 2021, mais une diminution par rapport aux 69,6 milliards de dollars américains de 2022.
Figure 22: Activités d'aide du G7 ciblant des objectifs environnementaux mondiaux, de 2021 à 2023
Note: Comprend les principaux marqueurs politiques et les marqueurs politiques significatifs

Dollars américains (en millions)
Version texte
| Année | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|
Biodiversité | 7 590,5 $ | 8 770,1 $ | 8 958,9 $ |
Atténuation des changements climatiques | 19 689,3 $ | 33 655,4 $ | 32 818,4 $ |
Adaptation aux changements climatiques | 19 926,2 $ | 27 222,0 $ | 23 845,8 $ |
Montant total du G7 | 47 206,0 $ | 69 647,5 $ | 65 623,1 $ |
Source : Données du CAD-OCDE sur les marqueurs de Rio
En date de 2024, l’Allemagne soutenait plus de 89 pays partenaires dans leurs efforts visant à combiner la conservation de la biodiversité avec des mesures visant à préserver les moyens de subsistance des populations locales. Elle a par exemple versé 222,5 millions d’euros au Legacy Landscapes Fund (en anglais), lequel conjugue des financements privés et publics afin d’assurer un financement de base à long terme pour la protection d’au moins 30 zones riches en biodiversité dans les pays en développement jusqu’en 2030. L’Allemagne soutient également plus de 900 zones protégées dans le monde, couvrant au total au moins 2,3 millions de kilomètres carrés.
En 2024, la contribution allemande au Blue Action Fund (en anglais) a atteint un total de 114,8 millions d’euros. Ce fonds soutient la création et la gestion de zones marines protégées qui préservent l’océan et améliorent les moyens de subsistance des communautés côtières dans les pays en développement.
L’Initiative internationale pour le climat (IKI) [en anglais] de l’Allemagne soutient également les efforts des pays partenaires visant à créer, à étendre, à consolider et à relier les zones protégées et d’autres mesures de conservation efficaces par zone. Grâce à un financement de plus de 80 millions d’euros, l’IKI a soutenu huit nouveaux projets axés sur les zones protégées terrestres, côtières et marines, y compris d’autres mesures de conservation efficaces par zone. Par exemple, un projet régional One Health en Asie centrale vise à créer 500 000 hectares d’autres mesures de conservation efficaces par zone afin de prévenir les zoonoses futures (une zoonose est une maladie infectieuse qui se transmet naturellement entre les animaux et les humains.) L’IKI soutient également le projet CoralCarib (en anglais), qui vise à améliorer la gestion des zones protégées dans les écosystèmes des récifs coralliens des Caraïbes à Cuba, en Haïti, en Jamaïque et en République dominicaine.
Les zones et territoires préservés par les peuples autochtones et les communautés locales jouent un rôle essentiel dans la protection de la biodiversité. Depuis 2014, l’Allemagne a versé 49 millions d’euros à l’Initiative mondiale de soutien aux peuples autochtones et aux communautés locales (en anglais), dont 22 millions d’euros depuis 2022. Cela permet de renforcer les peuples autochtones et les communautés locales dans 50 pays en les aidant à conserver la biodiversité et à préserver leurs environnements et modes de vie traditionnels.
En 2023, la France s’est engagée à verser 1,3 milliard d’euros pour soutenir la biodiversité dans les pays en développement dans le cadre de l’objectif 19a du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. L’AFD a atteint son objectif d’un milliard d’euros par an avec deux ans d’avance, en finançant des zones protégées et d’autres mesures efficaces de conservation par zone (en anglais). La France a également dépassé son objectif de 30 % de co-bénéfices pour la biodiversité dans le financement de la lutte contre les changements climatiques. En 2025, elle a co-organisé la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan avec le Costa Rica, lançant les Engagements de Nice pour l’Océan afin de promouvoir une économie bleue durable et d’accélérer la ratification de l’Accord sur la diversité biologique marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale, qui doit entrer en vigueur en janvier 2026.
L’Italie est fortement engagée dans la protection et la conservation de la biodiversité. Entre 2015 et 2022, l’Italie a consacré entre 10 % et 11 % de son APD à des programmes liés à la biodiversité. Cela en a fait le sixième pays donateur le plus engagé dans ce secteur. Elle a par exemple créé le FIC en 2022 pour soutenir ses engagements en matière de financement climatique dans le cadre de la CCNUCC. Doté d’une enveloppe de 4,4 milliards d’euros sur cinq ans, il s’agit du plus grand fonds national pour le climat et l’environnement en Europe. Ce fonds finance des projets de lutte contre les changements climatiques dans les pays bénéficiant d’une aide publique au développement. L’admissibilité d’un projet est évaluée par rapport aux quatre marqueurs de Rio (en anglais), dont celui de la biodiversité. L’AICS participe également au financement et à la mise en œuvre de plusieurs programmes liés à la biodiversité, tant de manière indépendante qu’en tant que participante ou chef de file d’initiatives de l’UE.
Presque tous les programmes de l’UE en matière de biodiversité ont des effets positifs directs ou indirects concrets sur la protection et la conservation des zones concernées. En 2021, les estimations préliminaires évaluent le financement externe de l’UE en faveur de la biodiversité à un peu plus de 526 millions d’euros. L’UE s’est engagée à doubler son APD en faveur de la biodiversité entre 2021 et 2027 par rapport à sa précédente période de financement pluriannuelle, et elle est en bonne voie pour y parvenir.
La nouvelle initiative phare de l’UE pour la biodiversité en Afrique, NaturAfrica, a été lancée dans six régions et plusieurs pays, dont le Bénin, le Burundi, le Cameroun, la RDC, la République du Congo et le Togo. NaturAfrica repose sur une approche de conservation pleinement intégrée qui vise à :
- améliorer les moyens de subsistance de 65 millions de personnes;
- séquestrer jusqu’à 21 milliards de tonnes de carbone;
- stabiliser 3 millions de kilomètres carrés de terres;
- assurer la sécurité de l’approvisionnement en eau.
En 2010, le Japon a créé le Fonds japonais pour la biodiversité (en anglais), qui aide les pays en développement à réviser ou à élaborer des stratégies et des plans d’action nationaux pour la biodiversité. En 2021, le pays s’est engagé à verser 17 millions de dollars américains pour la deuxième phase du fonds. Le Japon soutient également d’autres initiatives, notamment :
- le Partenariat international pour l’initiative Satoyama;
- le programme de développement communautaire et de gestion des connaissances pour l’initiative Satoyama;
- le Partenariat pour les zones protégées d’Asie.
En fait, le Japon compte 110 projets d’APD qui incluent des indicateurs de biodiversité, et il a versé environ 394 millions de dollars américains pour soutenir la biodiversité entre 2022 et 2024.
Le Royaume-Uni investit 11,6 milliards de livres sterling dans le financement international de la lutte contre les changements climatiques dans le cadre de son Plan for Change (en anglais), dont au moins 3 milliards de livres sterling pour la protection, la restauration et la gestion durable de la nature, et 1,5 milliard de livres sterling pour les forêts. Cela comprend des programmes maritimes de développement international qui ont permis d’assurer la gestion de plus de 420 000 hectares et de mobiliser plus de 500 millions de livres sterling de fonds publics et privés.
Le Biodiversity Challenge Funds (en anglais) du Royaume-Uni a également aidé des communautés et des pays à assurer la gestion durable d’environ 59 millions d’hectares de terres et de mers, et a permis à quelque 250 000 personnes d’améliorer leurs moyens de subsistance.
En collaboration avec la France, le Royaume-Uni développe également des marchés naturels hautement intégrés grâce à son soutien au Panel international consultatif sur les crédits biodiversité (en anglais), lequel est indépendant.
La contribution de 350 millions de dollars canadiens du Canada au Programme pour la biodiversité internationale aide à lutter contre la perte de biodiversité au moyen de 18 projets. Parmi ces 18 projets, Pêches et Océans Canada et WildAid mettent en œuvre le projet Soutien à la protection de la biodiversité marine dans l’océan Pacifique tropical oriental en Colombie, au Costa Rica, en Éthiopie, au Mexique, au Panama et au Pérou. Ce projet protège la biodiversité marine en luttant contre la pêche illégale. Il améliore également la surveillance grâce à la détection des navires furtifs et renforce l’application de la loi au niveau local afin de protéger les écosystèmes et les communautés côtières.
L’initiative canadienne Partenariats pour le climat est un programme de 300 millions de dollars canadiens qui comprend 16 projets contribuant à l’adaptation aux changements climatiques en Afrique subsaharienne grâce à des solutions fondées sur la nature. Par exemple, le projet Systèmes alimentaires positifs pour la nature pour l’adaptation aux changements climatiques soutient un développement à faible émission de carbone et résilient au climat dans les zones rurales d’Afrique subsaharienne. Il améliore également le bien-être des femmes et des groupes vulnérables en faisant la promotion de moyens de subsistance durables et basés sur la biodiversité et en renforçant la résilience socioécologique.
Contribution au Fonds-cadre mondial pour la biodiversité au sein du Fonds pour l’environnement mondial
Le Fonds-cadre mondial pour la biodiversité (GBFF) (en anglais) a été créé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) à la demande des parties à la COP15 de la Convention sur la diversité biologique, afin de soutenir la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal. En 2023, lors de la septième Assemblée du Fonds pour l’environnement mondial, le Canada a annoncé que 200 millions de dollars de son Programme pour la biodiversité internationale, lequel est doté de 350 millions de dollars, seraient versés au GBFF, faisant du Canada le premier et le plus important donateur du fonds. Depuis 2024, sept projets ont été financés – au Brésil, au Gabon et au Mexique – et des dizaines d’autres sont en cours d’élaboration.
En décembre 2023, le Japon a annoncé une contribution de 650 millions de yens au GBFF. Grâce à cette contribution, le Japon a rejoint l’Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni parmi les quatre premiers donateurs du fonds. Le Royaume-Uni a versé un total de 55 millions de livres sterling au GBFF depuis sa création en 2023, tandis que l’Allemagne a versé un total de 90 millions d’euros. En 2024, la France a versé 5 millions d’euros au GBFF, en plus de sa contribution plus large de 360 millions de dollars américains au Fonds pour l’environnement mondial entre 2022 et 2026. En juillet 2025, l’Italie n’avait pas encore versé de contribution financière au fonds.
Italie : Soutenir la restauration de l’environnement et le développement durable dans l’ouest de l’Éthiopie
Lancé lors du sommet Italie-Afrique en 2024, le plan Mattei est un plan de 5,5 milliards d’euros visant à renforcer les partenariats économiques et stratégiques de l’Italie avec plusieurs pays africains. L’un des projets clés du plan est une initiative visant à soutenir la restauration environnementale et le développement durable de la zone du lac Boye, située dans la ville de Jimma, dans l’ouest de l’Éthiopie. L’Italie a engagé 25 millions d’euros dans cette initiative, dont 13,5 millions sous forme de subventions et le reste sous forme de prêts à taux réduit.
En soutenant l’assainissement de l’eau et la restauration des espaces verts environnants, l’initiative favorise la réhabilitation environnementale du lac Boye, le transformant ainsi en un espace naturel, pittoresque et convivial. Le projet sensibilise la population à la conservation et à la gestion des milieux humides afin d’encourager une approche de préservation parmi les habitants et d’offrir à la région de Jimma des possibilités touristiques et récréatives. Le projet attire également des investissements publics et privés et génère des occasions d’emploi dans plusieurs secteurs.
Figure 23: Fonds engagés par le G7 par rapport aux fonds versés au Fonds mondial pour la biodiversité du Fonds pour l'environnement mondial, 21 mars 2025

Version texte
| Pays | Sommes des promesses de fonds (en dollars américains) | Sommes versées (en dollars américains) |
|---|---|---|
Canada | 145 534 556 $ | 110 710 764 $ |
France | 5 200 00 $ | 5 200 000 $ |
Allemagne | 96 219 500 $ | 96 219 500 $ |
Japon | 4 278 568 $ | 4 278 568 $ |
Royaume-Uni | 70 906 533 $ | 61 202 694 $ |
Montant total | 322 139 157 $ | 277 611 526 $ |
Source : Fonds propres des intermédiaires financiers du Groupe de la Banque mondiale – Rapport fiduciaire du Fonds-cadre mondial pour la biodiversité
Figure 24: APD du G7 dans le secteur de l'eau présentant des avantages connexes pour le climat et la biodiversité, de 2021 à 2023

Dollars américains (en millions)
Version texte
| Année | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|
Canada | 100,55 $ | 7,80 $ | 44,59 $ |
France | 1 389,08 $ | 1 674,95 $ | 2 155,02 $ |
Allemagne | 1 496,65 $ | 1 895,67 $ | 1 063,38 $ |
Italie | 67,27 $ | 47,60 $ | 117,03 $ |
Japon | 1 353,15 $ | 1 010,00 $ | 688,73 $ |
Royaume-Uni | 30,75 $ | 77,20 $ | 37,59 $ |
États-Unis | 48,48 $ | 120,49 $ | 185,70 $ |
Institutions de l’UE | 797,74 $ | 1 095,96 $ | 805,20 $ |
Total | 5 283,66 $ | 5 929,66 $ | 5 097,23 $ |
Source : Données du CAD-OCDE sur les marqueurs de Rio
36. Financement des risques climatiques, assurance et réduction des risques de catastrophe
« Nous intensifierons notre soutien en particulier aux efforts déployés par les pays vulnérables pour gérer le risque de catastrophe naturelle liée au changement climatique et pour consolider la résilience. Nous nous efforcerons d’augmenter à près de 400 millions d’ici 2020 le nombre de personnes vivant dans les pays en développement les plus vulnérables qui ont accès directement ou indirectement à une assurance contre les effets du changement climatique, et nous soutenons la mise en place de systèmes d’alerte précoce dans les pays les plus vulnérables. À cet effet, nous tirerons les leçons des systèmes d’assurances déjà existants tels que la Capacité africaine de gestion des risques et le Mécanisme d’assurance contre les risques de catastrophe dans les Caraïbes, et sur d’autres mesures destinées à élaborer des solutions et des marchés d’assurance dans les régions vulnérables, notamment les Petits États insulaires en développement, l’Afrique, l’Asie et le Pacifique, l’Amérique latine et les Caraïbes. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 13, paragraphe a; Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 41
Les phénomènes météorologiques extrêmes et autres risques climatiques menacent la vie et les moyens de subsistance des populations partout dans le monde. En 2024, les catastrophes environnementales et climatiques (en anglais), telles que les cyclones tropicaux et les inondations, ont causé des pertes de 320 milliards de dollars américains dans le monde et des pertes assurées d’environ 140 milliards de dollars américains. Cela en a fait l’une des années les plus coûteuses depuis 1980, soulignant le fait que la fréquence et l’intensité des risques liés au climat vont augmenter avec le temps.
Les systèmes d’alerte précoce multirisques (SAPM) fournissent des alertes précises sur les risques, comme les tempêtes, les inondations, les incendies de forêt et les tsunamis. Ils sauvent des vies, protègent les biens et réduisent les pertes économiques en transmettant des alertes aux personnes se trouvant dans les zones touchées, leur permettant ainsi de prendre des mesures pour atténuer les effets du risque. Selon le rapport de 2024 de l’Organisation météorologique mondiale sur l’état mondial des systèmes d’alerte précoce multirisques (en anglais), les pays dont les SAPM sont moins exhaustifs sont susceptibles de connaître six fois plus de décès et près de quatre fois plus de personnes touchées par des catastrophes que les pays dont la couverture est « substantielle » ou « complète ».
Depuis 1985, le G7 a pris 70 engagements politiquement contraignants (en anglais) en réponse aux catastrophes environnementales et climatiques. Ces dernières années, les membres du G7 ont considérablement augmenté leur APD destinée à renforcer les capacités des SAPM dans les pays en développement. Elle est passée de 530 millions de dollars américains en 2019 à 701 millions en 2023, atteignant un pic de 765 millions en 2021. Entre 2019 et 2023, les États-Unis ont fourni plus de financement aux SAPM que tout autre membre du G7, représentant 55 % du total du G7 en 2023. La France reste le plus petit contributeur avec seulement 0,3 %.
Figure 25: Aide publique au développement du G7 en faveur des systèmes d'alerte précoce multirisques dans les pays en développement, de 2019 à 2023

Montants en dollars américains (en millions)
Version texte
Année | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
|---|---|---|---|---|---|
Donateur | |||||
Institutions de l’UE | 100,8 $ | 144,8 $ | 142,8 $ | 50,4 $ | 87,0 $ |
Canada | 12,6 $ | 3,6 $ | 7,5 $ | 6,3 $ | 10,5 $ |
France | 3,8 $ | 2,6 $ | 0,7 $ | 3,7 $ | 2,3 $ |
Allemagne | 58,2 $ | 45,6 $ | 51,8 $ | 143,7 $ | 58,5 $ |
Italie | 2,5 $ | 7,3 $ | 4,8 $ | 24,0 $ | 9,0 $ |
Japon | 55,3 $ | 15,1 $ | 240,8 $ | 45,0 $ | 54,6 $ |
Royaume-Uni | 130,6 $ | 143,7 $ | 93,2 $ | 86,6 $ | 95,9 $ |
États-Unis | 166,7 $ | 184,7 $ | 222,8 $ | 257,5 $ | 383,4 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – équivalent-don
Les membres du G7 (en anglais), plus particulièrement l’Allemagne, le Canada, la France et le Royaume-Uni, contribuent de manière considérable à l’initiative sur les systèmes d’alerte précoce aux risques climatiques (CREWS) [en anglais]. Ce partenariat mondial a été lancé par la France lors de la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) en 2015 afin d’améliorer les systèmes d’alerte précoce pour les PMA et les petits États insulaires en développement (PEID). Il travaille directement avec les pays pour accroître la disponibilité des systèmes d’alerte précoce et l’accès à ceux-ci, 70 pays bénéficiant des programmes régionaux de l’initiative CREWS. Cette initiative soutient également directement l’accès de 10 pays aux systèmes d’alerte précoce par l’intermédiaire de programmes nationaux, et 10 autres pays bénéficient du soutien du CREWS Accelerated Support Window. Parmi les pays soutenus, 27 sont touchés par des conflits et la fragilité. En fait, 80 % de tous les PMA et PEID tirent parti de cette initiative. Grâce au soutien de l’initiative CREWS, plus de 397 millions de personnes vivant dans les PMA et les PEID ont accès aux services d’alerte précoce et reçoivent des prévisions. L’initiative a également contribué à l’élaboration de 78 stratégies, lois et plans nationaux sur les systèmes d’alerte précoce.
Lancé lors de la COP27 par le groupe des 20 pays vulnérables et le G7, le Bouclier global contre les risques climatiques (en anglais) soutient la protection financière et une réponse plus rapide aux catastrophes pour les pays vulnérables. Parmi les principaux contributeurs figurent l’Allemagne, le Canada, la France, le Japon et le Royaume-Uni, qui ont des programmes actifs dans 12 pays et dans la région du Pacifique. S’appuyant sur le Partenariat mondial InsuResilience pour le financement et l’assurance des risques climatiques et de catastrophe (en anglais), qui est venu en aide à plus de 310 millions de personnes grâce à 711 projets et une couverture de 9,9 milliards de dollars, le Bouclier global contre les risques climatiques renforce la résilience grâce à un financement inclusif des risques climatiques et de catastrophe.
Le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe, 2015 à 2030 (en anglais) a été adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies à la suite de la troisième Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe de 2015. Ce cadre définit sept objectifs clairs et quatre priorités d’action pour prévenir de nouvelles catastrophes et réduire les risques de catastrophe existants. Il s’inscrit dans le prolongement des ODD et d’autres accords du Programme à l’horizon 2030, notamment l’Accord de Paris sur les changements climatiques, le Programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement et le Nouvel agenda urbain. Tous les pays du G7 sont signataires de ce cadre.
Lancé lors du Sommet Action Climat des Nations Unies en septembre 2019, le Partenariat pour une action précoce tenant compte des risques (en anglais) rassemble un éventail sans précédent de parties prenantes issues des communautés climatiques, humanitaires et du développement. Ce partenariat entraîne un changement systémique vers une action plus précoce afin de réduire l’impact des catastrophes, de mobiliser les engagements et d’inciter à l’action. Le Royaume-Uni est coprésident avec Samoa, et le seul bailleur de fonds du partenariat, avec une contribution d’environ 6 millions de livres sterling entre 2019 et 2025. Les autres membres du G7 jouent un rôle actif au sein du partenariat au sens large, en défendant la nécessité d’une action préventive et en travaillant de manière transversale.
En mai 2024, les membres du G7 ont reconnu la nécessité d’une collaboration multipartite pour réduire le déficit de protection en matière d’assurance dans un contexte de multiplication des catastrophes naturelles. Ils ont approuvé le Cadre de haut niveau pour les programmes d’assurance public-privé contre les risques naturels (en anglais), élaboré par le volet financier du G7 avec l’OCDE et l’Association internationale des contrôleurs d’assurance, afin de promouvoir la réduction des risques, la sensibilisation, l’éducation financière et l’élargissement de la couverture.
Japon : Soutenir la réduction des risques de cyclones au Bangladesh

Photo : ©JICA
Depuis 1988, la JICA collabore avec le Bangladesh pour mettre en place un système d’alerte précoce robuste qui intègre à la fois des mesures structurelles et non structurelles. Cette combinaison a considérablement contribué à réduire le nombre de victimes. En effet, le nombre de décès liés aux cyclones dans le pays est passé de plus de 300 000 en 1970, à 4 275 en 2007.
Bien que la mise en place d’un système d’alerte précoce soit essentielle pour prévenir les blessures et les décès, son existence seule ne suffit pas à garantir son utilisation efficace. C’est pourquoi JICA a également fourni une assistance technique au Bangladesh afin de renforcer les capacités des utilisateurs du système, leur permettant ainsi de diffuser rapidement et avec exactitude les messages liés aux catastrophes.
L’aide du Japon a également permis la construction d’abris renforcés contre les cyclones afin de protéger les personnes évacuées en cas de catastrophe. Ces initiatives sont vitales pour améliorer l’efficacité globale du système d’alerte précoce du Bangladesh et pour sauver des vies.
37. Déchets marins
« Le G7 s’engage à mener des actions prioritaires et à trouver des solutions pour lutter contre les déchets marins, comme indiqué dans l’annexe, en soulignant la nécessité de traiter les sources d’origine terrestre et marine, de prendre des mesures permettant d’éliminer ces déchets, ainsi que de renforcer l’éducation, la recherche et la sensibilisation à ce problème. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2015, page 14 (voir aussi l’annexe, pages 8-9)
« Nous sommes déterminés à lutter contre la pollution par les matières plastiques dans le monde entier en nous engageant à faire progresser rapidement les négociations relatives à l’adoption d’un instrument international juridiquement contraignant se rapportant à la résolution 5/14 de la deuxième partie de la cinquième session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement. À cet effet, nous entérinons le Pacte du G7 pour les océans et nous chargeons nos ministres de l’Environnement de rendre compte des avancées sur cette question avant la fin de l’année. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 7
« Nous nous engageons à mettre fin à la pollution par le plastique avec l’ambition de réduire à zéro la pollution additionnelle par les plastiques d’ici 2040 et, au besoin, à réduire la production et la consommation mondiales de polymères sous formes primaires dans le cadre des mesures que nous prenons dans le cycle de vie complet du plastique. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 20
Les déchets marins constituent un énorme problème dans nos océans. On estime que plus de 11 millions de tonnes de plastique (en anglais) se retrouvent dans l’océan chaque année. Les membres du G7 soutiennent plusieurs initiatives visant à résoudre ce problème crucial, telles que l’initiative PROBLUE (en anglais) de la Banque mondiale. Il s’agit d’un fonds fiduciaire multi-donateurs géré par la Banque mondiale qui se consacre à la promotion de la santé des océans, notamment en réduisant les déchets marins et la pollution. Lors de la réunion ministérielle du G7 sur l’environnement, l’énergie propre et les océans en septembre 2018, le Canada et l’UE ont annoncé leur soutien à PROBLUE. Depuis son lancement en 2019, cette initiative a donné lieu à de nombreux projets dans les pays en développement en vue de lutter contre la pollution marine. Bien que le Canada soit son plus grand donateur, grâce à une contribution de 65 millions de dollars canadiens, l’Allemagne, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’UE ont également contribué à PROBLUE.
La France, par l’intermédiaire du groupe AFD, composé de l’AFD, de Proparco et d’Expertise France, met en œuvre des projets dans le monde entier pour lutter contre les déchets marins. Depuis 2015, le groupe AFD a contribué à hauteur de 4,3 milliards d’euros au financement de 156 projets liés à la gestion des déchets, dont 23 ont été lancés entre 2022 et 2024.
Le Fonds français pour l’environnement mondial est un instrument financier gouvernemental qui promeut l’innovation en matière de protection de l’environnement et de développement socio-économique durable dans les pays en développement. Il finance des projets pilotes visant à tester des solutions, à prouver leur impact et à les reproduire à grande échelle. Le programme contribue actuellement à hauteur de 8 millions d’euros au financement de cinq projets liés aux déchets marins et à la pollution plastique.
Lancée en 2018 et prolongée en 2022, l’Initiative Clean Oceans (ICO) est la plus grande initiative multilatérale visant à réduire la pollution marine par les plastiques. En mai 2025, l’initiative a atteint son objectif, soit 4 milliards d’euros, pour soutenir des projets visant à réduire les rejets de plastiques, de microplastiques et d’autres déchets dans les océans en Afrique, en Asie et en Amérique latine. La France, par l’intermédiaire du groupe AFD, a contribué à hauteur de 1,7 milliard d’euros, soit 41 % du financement total de l’initiative, pour atteindre l’objectif 2018 à 2025. L’Allemagne, par l’intermédiaire de la Banque allemande de développement KfW, a fourni plus d’un milliard d’euros à l’ICO. Lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan de 2025 à Nice, en France, la deuxième phase de l’ICO a été lancée, assortie d’un nouveau financement de 3 milliards d’euros d’ici 2030, auquel se sont joints la banque publique de développement italienne, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et le Groupe de la Banque africaine de développement.
Depuis 2015, l’Allemagne a lancé 66 projets visant à lutter contre les déchets marins dans les pays en développement, dont 30 sont entièrement axés sur la prévention des déchets marins. Entre 2016 et 2024, l’Allemagne s’est engagée à verser plus de 194 millions d’euros pour des activités liées aux déchets marins, dans le cadre de la coopération internationale et de l’aide au développement. Par exemple, le ministère allemand du Développement économique et de la Coopération a fourni 3 millions d’euros au projet Gestion intégrée des déchets et prévention des déchets marins dans les Balkans occidentaux (en anglais) et à Circular City Labs (en anglais) en Afrique du Sud, en Albanie, en Colombie et en Géorgie.
Le ministère fédéral allemand de l’Environnement, du Climat, de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire a notamment lancé le programme de financement Cadre pour les déchets marins – Centres régionaux partout dans le monde (en anglais). Il a fourni 102 millions d’euros pour financer un total de 22 projets dans 25 pays.
L’Allemagne a engagé plus de 90 millions d’euros dans divers fonds consacrés aux déchets marins, notamment le fonds PROBLUE. Dans le cadre de la coopération financière de l’Allemagne, la KfW s’est engagée à accorder un prêt à l’appui des politiques de développement de 400 millions d’euros à l’Indonésie en 2024 pour la prévention des déchets marins.
Depuis 2015, le Japon a lancé une série de projets axés sur la gestion des déchets solides dans les pays en développement. Il a fourni une assistance technique d’une valeur d’environ 15 milliards de yens à 44 pays et des subventions d’un montant de 13 milliards de yens à 12 pays. L’un des projets de coopération technique en Thaïlande vise à créer un centre d’excellence pour les études sur la pollution plastique marine dans les mers d’Asie du Sud-Est. Un autre projet, le projet japonais de coopération technique pour la promotion d’une initiative régionale sur la gestion des déchets solides (en anglais), renforce les capacités des gouvernements centraux et locaux à gérer les déchets solides dans neuf pays insulaires du Pacifique. Le Japon a également contribué à hauteur d’environ 16,2 millions de dollars américains depuis 2015 au financement de 11 projets mis en œuvre par des organisations internationales, dont le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), pour lutter contre les déchets plastiques marins en Asie et en Afrique.
Le ministère japonais de l’Environnement organise également des programmes de formation annuels à l’intention des pays asiatiques au sujet de la surveillance des déchets marins, en particulier les plastiques dans l’océan. En 2019, le ministère a publié des lignes directrices (en anglais) visant à harmoniser les méthodes de surveillance des microplastiques à la surface des océans à l’échelle internationale, qui ont été révisées en 2020, puis à nouveau en 2023. Afin de collecter des données conformément à ces lignes directrices, le ministère a également créé en 2024 l’Atlas des microplastiques océaniques (en anglais), une base de données cartographique mondiale. La même année, il a publié des lignes directrices (en anglais) visant à harmoniser les méthodes de surveillance des déchets marins à l’aide de technologies de télédétection, telles que les véhicules aériens sans pilote. En 2025, il a révisé ces lignes directrices afin de prendre en considération l’utilisation de caméras fixes pour la surveillance.
En 2019, le Centre régional de connaissances sur les débris plastiques marins (en anglais) a été créé, sous l’égide de l’Institut de recherche économique pour l’ANASE et l’Asie de l’Est (ERIA), avec le soutien financier du gouvernement japonais. Le Japon s’est engagé à verser 200 millions de yens pour les travaux menés au sein de l’ERIA en 2025.
Le Royaume-Uni a versé 24 millions de livres sterling d’APD au Partenariat mondial d’action contre le plastique (en anglais). En 2025, le Partenariat avait mis en place 25 partenariats nationaux multipartites pour lutter contre la pollution plastique et soutenu 18 projets locaux de gestion des déchets axés sur le secteur informel des déchets. Le programme britannique Championing Inclusivity in Plastic Pollution (en anglais) a soutenu le Tide Turners Plastic Challenge (en anglais) du PNUE afin d’offrir aux jeunes une formation sur les politiques et la défense des intérêts à l’égard de la pollution marine par les plastiques. Le Royaume-Uni a également financé des activités liées aux déchets marins, par exemple au moyen du Ocean Country Partnership Programme (en anglais), de l’initiative PROBLUE (en anglais) de la Banque mondiale, et du Sustainable Blue Economies Programme (en anglais) grâce à son soutien à Common Seas (en anglais), une ONG environnementale basée au Royaume-Uni.
Aux Fidji, le Royaume-Uni a financé le programme Circular Pacific Plastics dans le cadre de son rôle de co-champion de la Commonwealth Clean Ocean Alliance (en anglais).
L’UE finance divers projets qui contribuent directement ou indirectement à la lutte contre les déchets marins, en prenant des mesures dans des domaines tels que :
- la gestion des déchets et le traitement des eaux;
- la pollution des rivières;
- la pêche durable;
- la consommation et la production durables;
- l’économie circulaire;
- la conservation de la biodiversité côtière et marine.
Par exemple, dans le cadre de son instrument de partenariat (en anglais), l’UE a accordé une subvention de 9 millions d’euros au projet Réduire les déchets plastiques et les déchets marins en Asie de l’Est et du Sud-Est – Soutenir la transition vers une économie circulaire dans la région (en anglais) en Chine, en Indonésie, au Japon, aux Philippines, à Singapour, en Thaïlande et au Vietnam. Elle soutient les aspects internationaux de la stratégie de 2018 de l’UE sur les matières plastiques en Asie de l’Est et du Sud-Est. Tout cela renforce la coopération de l’UE avec les pays de la région en ce qui concerne l’économie circulaire, ce qui permet de réduire les déchets plastiques et les déchets marins.
Dans les Balkans occidentaux, l’UE soutient le renforcement des capacités dans cette région par le biais de son instrument d’aide de préadhésion (en anglais) qui s’aligne sur les priorités en matière de gestion des déchets et de l’eau, ainsi que sur un accord régional à venir sur les déchets marins. En outre, l’Initiative Clean Oceans, soutenue par plusieurs institutions financières de développement européennes clés, pourrait devenir un vecteur important pour renforcer les investissements européens dans la gestion des déchets plastiques et des déchets marins.
Lors du Sommet des dirigeants du G7 de Charlevoix, Québec, Canada, de juin 2018, le Canada a lancé la Charte sur les plastiques dans les océans. Afin d’atteindre les objectifs de la Charte, le Canada s’est engagé à verser 100 millions de dollars canadiens en 2018. Il a également contribué à hauteur de 20 millions de dollars canadiens pour soutenir le Défi du G7 pour l’innovation pour lutter contre les déchets de plastique marins. Le Défi appuie de nouvelles solutions et technologies à l’échelle mondiale qui aideront les pays en développement à traiter les déchets plastiques à toutes les étapes de leur cycle de vie. Le Canada a également versé 6 millions de dollars canadiens pour des partenariats public-privé innovants dans le cadre du Partenariat mondial d’action sur les plastiques (en anglais) du Forum économique mondial, afin de soutenir l’intégration des déchets marins et des déchets publics dans les PAN des pays en développement. En outre, le Canada a fourni 9 millions de dollars canadiens pour soutenir le développement de systèmes de gestion des déchets inclusifs et durables dans les pays en développement par l’intermédiaire de l’initiative The Incubation Network (en anglais).
Entre 2022 et 2025, l’AICS a consacré 5 millions d’euros à des activités liées aux déchets marins. Elle a financé deux projets en 2023, qui devraient s’achever d’ici la fin 2025. Par exemple, la contribution de 3 millions d’euros de l’AICS au projet Renforcement des capacités de gestion des déchets plastiques dans la région de Tripoli permet de réduire la production de déchets plastiques et de renforcer les systèmes de gestion des déchets existants à Tripoli, en Libye.
L’AICS a également contribué à hauteur de 2 millions d’euros à l’initiative Closing the Caribbean Plastic Tap (en anglais). Ce programme vise à réduire les déchets plastiques dans plusieurs petits États insulaires en développement, notamment Antigua-et-Barbuda, la Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Il est mis en œuvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature, avec la participation de partenaires institutionnels régionaux et nationaux, du secteur privé, de la société civile et de la communauté scientifique.
Soutien aux négociations en vue de la mise en place d’un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique
En vue de sa présidence du G7 en 2024, l’Italie a travaillé en étroite collaboration avec les autres membres du G7, l’industrie, le milieu universitaire et la communauté scientifique pour faire avancer les négociations en vue de la mise en place d’un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique. En avril 2024, les membres du G7 se sont engagés à intensifier l’action mondiale contre la pollution plastique. L’objectif est d’éliminer la pollution plastique, avec pour but de réduire à zéro la pollution plastique supplémentaire d’ici 2040, et de conclure un accord international juridiquement contraignant basé sur une approche globale couvrant l’ensemble du cycle de vie des plastiques.
Le traité international contre la pollution plastique (en anglais) est un accord mené par les Nations Unies qui vise à établir le premier instrument mondial juridiquement contraignant pour lutter contre la pollution plastique. Des désaccords sur des enjeux clés sont apparus entre les principaux pays producteurs de pétrole et la Coalition de haute ambition, qui comprend l’Allemagne, le Canada, la France, le Royaume-Uni et l’UE.
Bien qu’aucun accord n’ait encore été finalisé, les membres du G7 se sont engagés en 2024 à prendre des mesures ambitieuses tout au long du cycle de vie des plastiques, avec l’ambition de réduire la production et la consommation mondiales de polymères plastiques primaires, notamment par les moyens suivants :
- établir des exigences ou des critères minimaux de rendement pour la conception circulaire des produits;
- s’attaquer aux produits en plastique inutiles et évitables, y compris les plastiques à usage unique et les produits chimiques préoccupants, afin de favoriser des systèmes de gestion des déchets respectueux de l’environnement;
- promouvoir une surveillance harmonisée et fondée sur des données scientifiques de la pollution plastique;
- mobiliser des ressources financières pour soutenir ces efforts.
Les dirigeants du G7 ont réaffirmé ces engagements dans la Déclaration des dirigeants du G7 de Pouilles, en juin 2024.
L’UE a souligné que la trajectoire actuelle, où moins de 20 % des déchets plastiques sont recyclés et où les fuites de plastique dans l’environnement sont à risque de tripler, exige des mesures audacieuses et immédiates. Malgré l’absence d’accord, la première partie de la cinquième session du Comité intergouvernemental de négociation (CIN-5.1) a permis de réaliser certains progrès. Un texte fondamental a été rédigé en vue des négociations futures, et plus de 100 pays se sont alignés sur les ambitions de l’UE. L’UE s’est également engagée à montrer l’exemple en mettant en œuvre des mesures de lutte contre la pollution, telles que l’interdiction des plastiques à usage unique, l’écoconception de produits durables et l’imposition d’une responsabilité élargie pour les producteurs.
La France, à l’instar de l’UE et de ses États membres, soutient activement les négociations en vue d’un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique depuis l’adoption de la résolution 5/14 de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (en anglais). Depuis qu’elle a accueilli la deuxième session du Comité intergouvernemental de négociation du PNUE (en anglais) en 2023, la France continue de participer activement au processus de négociation.
Membre de la Coalition de haute ambition, la France faisait partie des plus de 100 pays qui ont signé une déclaration en faveur d’un traité ambitieux lors de la session CIN-5.1 à Busan, en République de Corée. En tant que co-organisatrice de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice, en France, en juin 2025, la France a joué un rôle actif dans la collecte des signatures de près de 100 pays à l’égard de l’Appel de Nice, qui réaffirmait les conditions essentielles à un traité efficace sur les plastiques. À la suite de l’échec du CIN‑5.2 à Genève, en Suisse, en août 2025, la France a appelé à l’adoption rapide d’un instrument international ambitieux et juridiquement contraignant sur la pollution plastique, y compris dans les milieux marins.
Le Royaume-Uni a contribué à hauteur de 2,2 millions de livres sterling au processus du CIN, notamment en aidant les pays en développement à participer aux négociations et aux consultations régionales. Par l’intermédiaire de la Commonwealth Clean Ocean Alliance, le Royaume-Uni a organisé des événements visant à établir une compréhension commune du processus du CIN et des enjeux en cours de négociation. Il a également financé des négociations et des séances de formation pour les membres du Commonwealth.
En tant que membre fondateur de la Coalition de haute ambition pour la nature et les peuples, le Royaume-Uni a joué un rôle central dans l’avancement des négociations. Il a notamment codirigé les travaux avec le Chili pour faire progresser les discussions sur la conception des produits, et avec le Panama sur les rejets et les fuites de plastique. En organisant conjointement un événement ministériel à la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, le Royaume-Uni a réuni des ministres représentant toutes les régions afin de discuter des enjeux les plus épineux. En outre, le Royaume-Uni a organisé une table ronde avec les acteurs industriels et publié une déclaration actualisée de l’industrie, envoyant ainsi un signal fort d’adhésion au traité.
Au cours des sessions du CIN, le Japon s’est efforcé de faire avancer les négociations afin de créer un instrument efficace et progressiste qui obtiendra le soutien du plus grand nombre possible de pays, y compris les grands consommateurs et émetteurs de plastiques. Afin de soutenir le processus de négociation et de veiller à la participation d’un large éventail de pays, le Japon a versé plus de 1,7 million de dollars américains au secrétariat du CIN entre 2022 et 2024.
Le Japon a également organisé des réunions régionales afin d’élaborer un instrument international juridiquement contraignant sur la pollution plastique au sein des États membres du groupe Asie-Pacifique des Nations Unies, qui regroupe des pays aux positions et aux situations très diverses.
Dans sa politique fondamentale en matière de gestion et de réforme économiques et budgétaires (en anglais), une politique prioritaire formulée chaque année par son cabinet, le Japon s’engage également à élaborer et à renforcer les règles relatives aux enjeux mondiaux, y compris la pollution plastique.
Le Canada a joué un rôle actif dans le processus du CIN, notamment :
- en tant que membre de la Coalition de haute ambition pour la nature et les peuples;
- en tant que fondateur de l’Alliance des pays hôtes, aux côtés de la France, du Kenya, de la République de Corée, de la Suisse et de l’Uruguay;
- en organisant des réunions au niveau ministériel;
- en accueillant la quatrième réunion du CIN en avril 2024.
L’Allemagne a joué un rôle de premier plan dans la lutte contre la pollution marine par les plastiques, en lançant le Plan d’action (en anglais) du G7 et l’Accord sur les océans (en anglais) lors de ses présidences du G7. Elle a accueilli deux conférences ministérielles (en anglais) en 2021 et 2024, contribuant ainsi à catalyser la résolution 5/14 de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement. Deuxième contributeur financier au processus du CIN, l’Allemagne a versé plus de 6,1 millions de dollars et copréside l’un de ses groupes de contact, tout en apportant un appui non financier par l’intermédiaire d’un administrateur auxiliaire. Membre fondateur de la Coalition de haute ambition, l’Allemagne fait activement progresser les négociations mondiales sur le traité relatif aux plastiques et organise des événements, souvent en collaboration avec ses ambassades et la PREVENT Waste Alliance, afin de promouvoir des outils pratiques pour la mise en œuvre du traité.
38. Combustibles fossiles
« Nous mettrons fin dès que possible à toute nouvelle mesure de soutien gouvernemental direct à l’énergie tirée de combustibles fossiles riches en carbone partout dans le monde, hormis quelques très rares exceptions, conformément à une trajectoire ambitieuse vers la neutralité climatique, à l’Accord de Paris, à l’objectif de 1,5 °C et aux meilleures données scientifiques disponibles [...] De plus, nous nous engageons à mettre un terme, d’ici la fin de 2021, à toute nouvelle mesure de soutien gouvernemental direct à la production non atténuée d’énergie thermique tirée du charbon partout dans le monde. Nous le ferons au moyen de l’aide publique au développement, du financement à l’exportation, d’investissements ainsi que d’instruments de promotion du commerce [...] Nous réaffirmons notre volonté d’éliminer d’ici 2025 les subventions inefficaces aux combustibles fossiles. » — Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 39; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphes 25 et 26
« Nous saluons les engagements pris lors de la COP28 de tripler la capacité mondiale de production d’énergie renouvelable et de doubler le taux annuel moyen mondial d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030. L’efficacité énergétique est le premier catalyseur de la transition vers une énergie propre et en constitue un élément essentiel. Nous nous engageons également à atteindre l’objectif mondial de déploiement de 1 500 GW de stockage d’énergie dans le secteur de l’électricité d’ici 2030, y compris par le biais d’objectifs et de politiques déjà en place. Nous abandonnerons les combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant les actions au cours de cette décennie cruciale afin d’atteindre l’objectif de carboneutralité d’ici 2050, conformément aux meilleures données scientifiques disponibles. Nous concrétiserons ces engagements en élaborant et en mettant en œuvre des plans, des politiques et des actions au niveau national qui orienteront nos CDN [contributions déterminées au niveau national] et nos stratégies à long terme et se refléteront dans leur contenu, et en déployant des efforts intenses pour réduire la demande et l’utilisation des combustibles fossiles. Nous réaffirmons notre engagement à supprimer les subventions liées aux combustibles fossiles inefficaces d’ici 2025 ou plus tôt, et nous ferons rapport en 2025 sur les progrès accomplis. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 16
« Afin d’atteindre nos objectifs en matière de climat et d’aider tous les pays à tirer profit de la transition vers l’énergie propre, nous travaillerons avec nos partenaires pour mettre fin au soutien à toute nouvelle production d’énergie au charbon, accélérer les investissements dans les sources d’énergie renouvelables et propres et mettre en place des chaînes d’approvisionnement en énergie propre sûres, diversifiées et responsables. Nous réaffirmons notre volonté de parvenir à un secteur de l’électricité entièrement ou principalement décarboné d’ici 2035 et d’éliminer progressivement la production d’énergie au charbon existante dans nos systèmes énergétiques au cours de la première moitié des années 2030 ou dans un délai compatible avec le maintien d’une limite de 1,5 °C d’augmentation de la température, conformément aux trajectoires carboneutres des différents pays. Nous réitérons notre appel à d’autres pays et partenaires à unir leur voix à la nôtre pour mettre fin le plus tôt possible à l’autorisation et à la construction de nouvelles centrales au charbon dont les émissions ne sont pas atténuées. Nous ferons la promotion de la coopération à cette fin avec des pays, des partenaires internationaux et des organisations pertinentes, y compris le secteur financier, et nous prenons acte du travail effectué par les membres de l’Alliance : Énergiser au-delà du charbon et de l’Accélérateur de la sortie du charbon à l’appui de ces objectifs. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 16
« Nous nous engageons à accélérer la transition vers la décarbonation dans le secteur industriel et particulièrement dans les industries où il est difficile de réduire les émissions. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 16
« Nous nous engageons à poursuivre un effort collectif en vue de réduire de 75 % les émissions mondiales de méthane provenant des combustibles fossiles, notamment en réduisant l’intensité des émissions de méthane issues des activités pétrolières et gazières d’ici à 2030. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 17
Les énergies fossiles jouent un rôle central dans les changements climatiques en raison des émissions de gaz à effet de serre (GES) qu’elles génèrent. Elles sont également à l’origine de la pollution de l’air et de l’eau due à des émissions, comme le dioxyde de soufre, les oxydes d’azote et les particules.
Le charbon reste également la principale source de production d’électricité, représentant 35 % de la production mondiale totale d’électricité (en anglais) en 2024.
En octobre 2021, le Japon a publié son 6e plan stratégique pour l’énergie (en anglais) afin de définir l’orientation de sa politique énergétique. Ce plan engage le Japon à mettre fin, d’ici la fin 2021, à tout nouveau soutien direct du gouvernement à la production internationale d’électricité à partir de charbon thermique, y compris au moyen de l’APD, du financement des exportations, des investissements et de l’appui à la promotion financière et commerciale.
Dans le communiqué des dirigeants du G7 d’Elmau, en Allemagne, en 2022, les membres ont reconnu l’importance de la sécurité nationale et des intérêts géostratégiques, et ils se sont engagés à mettre fin à toute nouvelle aide publique directe au secteur international des énergies fossiles non atténuées d’ici la fin de 2022 (sauf dans des circonstances limitées, clairement définies par chaque pays, conformément à la limite de réchauffement de 1,5 °C et aux objectifs de l’Accord de Paris). À la suite de cet engagement, le Japon a publié une mise à jour de son approche sur la mise en œuvre son plan énergétique.
Le Japon a révisé sa Charte de la coopération au développement en juin 2023. Elle inclut désormais la promotion de mesures d’atténuation et d’adaptation afin d’harmoniser la coopération au développement du Japon avec les objectifs de l’Accord de Paris et d’améliorer la capacité des pays en développement à répondre aux changements climatiques.
En signant la Déclaration de la 26e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26) sur le soutien public international à la transition vers une énergie propre (en anglais), communément appelée Déclaration de Glasgow, l’Allemagne s’est engagée à mettre fin à toute nouvelle aide publique directe au secteur international des énergies fossiles non atténuées d’ici la fin 2022. En soutenant la Déclaration mondiale sur la transition du charbon vers une énergie propre (en anglais), aussi signée lors de la COP26, l’Allemagne s’est également engagée à mettre fin à toute nouvelle aide publique directe à la production internationale d’électricité à partir du charbon.
L’Allemagne a également soutenu la déclaration finale de la COP28, qui appelait pour la première fois à la transition vers l’abandon du charbon, du pétrole et du gaz. Dans le document stratégique sur le climat et l’énergie (en anglais) publié par le BMZ, l’Allemagne a fait référence à son engagement à mettre fin au financement international des combustibles fossiles.
En 2023, le gouvernement allemand a fait concorder ses directives internes applicables au financement du développement avec les engagements de la COP28. Ces directives excluent le financement du développement des énergies fossiles à forte intensité de carbone ainsi que la modernisation et la construction de centrales électriques au charbon (avec quelques exceptions limitées conformes à l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C). En outre, le rapport de 2024 de l’Allemagne sur la politique de développement (en anglais) préconise un processus socialement équitable pour la transition des systèmes énergétiques fossiles vers les énergies renouvelables et fait référence à des projets soutenant une transition juste.
En novembre 2023, le gouvernement allemand a présenté une stratégie climatique pour les garanties de crédit à l’exportation et les garanties d’investissement direct, y compris des lignes directrices sectorielles. Celles-ci excluent les garanties de crédit à l’exportation et les garanties d’investissement direct pour le secteur des énergies fossiles, avec des exceptions limitées conformes à l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C. L’Allemagne suit également les règles de l’OCDE, qui limitent, depuis 2017, le soutien au crédit à l’exportation pour la production d’électricité à partir de charbon thermique inefficace, et excluent, depuis 2021, le soutien au crédit à l’exportation pour tous les types de production d’électricité à partir de charbon thermique.
Le Royaume-Uni a mis en œuvre sa politique d’alignement du soutien international à la transition vers les énergies propres en mars 2021, mettant ainsi fin à son appui international aux combustibles fossiles, sauf dans des circonstances limitées. La fin du soutien à la production d’électricité à partir de charbon thermique est également explicitement incluse dans cette politique. Cette politique s’applique à toutes les nouvelles mesures de soutien britanniques à l’étranger, et se reflète donc dans toutes les planifications et programmations pertinentes, y compris l’APD, les investissements et les activités de promotion financière et commerciale à l’étranger. Elle inclut également l’aide fournie par U.K. Export Finance et British International Investment. Cette politique détermine également la position de vote du Royaume-Uni au sein des conseils d’administration des banques multilatérales de développement, et elle sert à influencer les politiques d’investissement d’autres institutions financières de développement qui reçoivent des fonds du gouvernement britannique, telles que le Private Infrastructure Development Group.
L’AFD intègre dans sa liste de projets exclus les projets « d’exploration, de production ou de transformation, ou dédiés exclusivement au transport de charbon, gaz et pétrole (conventionnels et non conventionnels) ». En 2023, la France a adopté un cadre national qui limite le soutien aux combustibles fossiles à quelques cas clairement définis. Grâce à sa participation à la coalition Export Finance for Future, la France vise également à promouvoir et à soutenir une réorientation des modèles d’investissement vers des projets et des investissements neutres sur le plan climatique et résilients aux changements climatiques.
En 2013, les ministres des Finances du G20 ont mis en place un processus d’examen par les pairs dans le cadre duquel les pays peuvent communiquer volontairement des informations sur leurs propres subventions aux énergies fossiles. Parmi les pays du G20, seuls l’Allemagne et le Canada avaient signalé en 2023 qu’ils disposaient de subventions inefficaces aux énergies fossiles et les avaient supprimées. Les autres pays ont soit constaté qu’ils ne disposaient pas de telles subventions, soit n’ont pas procédé à un examen.
Lors de la COP26 en 2021, le Canada a également signé la Déclaration de Glasgow. En outre, le Canada a décrit sa mise en œuvre dans les Lignes directrices pour le soutien international du Canada à la transition vers l’énergie propre, qui sont entrées en vigueur au début de 2023. Tous les futurs investissements internationaux du gouvernement canadien sont soumis à ces lignes directrices. Grâce à ces lignes directrices, le Canada vise à éviter de créer de nouvelles mesures qui seraient considérées comme des subventions inefficaces aux combustibles fossiles, et à faire en sorte que les politiques et programmes existants ne soutiennent plus le secteur des combustibles fossiles, à moins qu’ils ne soient en adéquation avec les objectifs de l’Accord de Paris.
En août 2024, l’Institut international du développement durable (en anglais) a publié un rapport évaluant les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’engagement de Glasgow au cours de l’année suivant la date limite de mise en œuvre. Seuls l’Allemagne, la Belgique, le Canada, la France et le Royaume-Uni avaient publié des lignes directrices nationales et étaient considérés comme étant en bonne voie.
En 2023, Exportation et développement Canada (EDC), l’agence canadienne de crédit à l’exportation, a atteint son objectif de réduire son soutien financier aux six secteurs ayant la plus forte intensité de carbone de 40 % par rapport aux niveaux de 2018. En 2022, elle a fixé et rendu publics des objectifs sectoriels d’intensité des émissions fondés sur des données scientifiques, ainsi qu’un objectif de financement durable pour 2030.
EDC se concentre sur l’industrie pétrolière et gazière en raison de sa forte intensité de carbone. EDC soutient les entreprises canadiennes dans leurs efforts d’innovation et de réduction de leurs émissions, tout en supprimant progressivement les nouvelles aides publiques directes aux entreprises et aux projets internationaux à forte intensité de carbone dans le domaine des combustibles fossiles. Conformément à l’engagement du Canada envers la Déclaration de Glasgow, EDC ne finance plus les projets internationaux liés aux combustibles fossiles.
L’UE a intégré l’élimination progressive des combustibles fossiles dans toutes ses politiques et tous ses outils de financement. La politique des réseaux transeuropéens d’énergie exclut les nouveaux projets gaziers et pétroliers du soutien de l’UE, en mettant plutôt l’accent sur les infrastructures électriques, hydrogènes et de capture du carbone. Le Règlement UE 2021/947 du Parlement européen, qui a établi l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) – Europe dans le monde, interdit le financement par l’UE de projets liés aux combustibles fossiles à l’étranger, tandis que la politique de prêt de la BEI exclut tous les combustibles fossiles de son portefeuille.
L’UE appelle à la fin immédiate du financement de nouveaux projets liés au charbon et promeut l’utilisation de systèmes énergétiques qui sont majoritairement exempts de combustibles fossiles d’ici 2050. La dernière communication conjointe sur la vision mondiale de l’UE en matière de climat et d’énergie, publiée en 2025, ne mentionne pas le charbon, ce qui reflète la transition claire de l’UE vers une énergie propre, sûre et juste à l’échelle mondiale.
L’Italie a donné la priorité à l’élimination progressive de la production d’électricité à partir du charbon dans le cadre de ses politiques énergétiques et climatiques. Dans le cadre de son plan national pour l’énergie et le climat, le charbon sera progressivement éliminé d’ici 2025 sur le continent et d’ici 2028 en Sardaigne, après l’achèvement du projet d’interconnexion. Au niveau international, cet engagement a été renforcé lors de la présidence italienne du G7 en 2024 par le communiqué de la réunion des ministres du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement du G7 de Venaria, qui appelle à mettre fin à la production d’électricité à partir du charbon d’ici 2035.
Soutien aux énergies fossiles internationales à forte intensité de carbone
En 2024, la France a réalisé trois transactions dans le secteur des énergies fossiles, pour un montant total de 6 millions d’euros. Toutes ces transactions concernaient la production d’électricité à partir du pétrole et visaient à fournir des pièces de rechange à la centrale thermoélectrique Antonio Guiteras à Cuba. Ces projets sont considérés comme conformes aux conditions limitées et clairement définies dans l’approche française, selon laquelle un soutien peut être apporté aux transactions liées aux énergies fossiles. Ils sont notamment considérés comme admissibles au titre de l’exception applicable aux centrales électriques au gaz, lorsqu’une centrale est nécessaire à la stabilité du réseau électrique d’un pays et qu’il n’existe pas d’alternatives moins intensives en carbone et contrôlables, ou que celles-ci sont excessivement coûteuses.
L’APD allemande pour la production d’énergie à partir de sources non renouvelables est passée d’un niveau de référence de plus de 21,7 millions de dollars américains en 2021 à environ 6,9 millions d’euros (soit environ 8 millions de dollars américains) l’année suivante. En 2023, ce montant est passé à plus de 28 millions de dollars américains. Cependant, cette augmentation est presque exclusivement liée à l’aide d’urgence apportée à l’Ukraine dans le contexte de la guerre d’agression menée par la Russie, sans laquelle le montant aurait diminué pour s’établir à 495 000 $ US.
En 2022, le financement allemand des centrales électriques au charbon a diminué pour atteindre 815 000 dollars américains, contre plus de 1,4 million de dollars américains l’année précédente. Depuis 2023, l’Allemagne n’a plus versé d’APD pour les centrales électriques au charbon.
Le programme allemand de garantie des crédits à l’exportation n’a soutenu aucune exportation pour la production d’électricité à partir du charbon depuis 2019. Son soutien financier aux énergies fossiles à forte intensité de carbone a connu une réduction significative en 2022, passant de 583 millions d’euros en 2021 à 173 millions d’euros. Toutefois, en 2023, ce soutien est passé à plus de 296 millions d’euros, puis à 320 millions d’euros en 2024. Cette tendance s’explique par le nombre limité de projets résultant d’engagements pris avant l’entrée en vigueur, en novembre 2023, de la stratégie climatique pour le soutien au crédit à l’exportation de l’Allemagne. Depuis lors, tous les projets ont fait l’objet d’une évaluation rigoureuse afin de veiller à leur conformité avec les engagements pris par l’Allemagne visant à mettre fin au financement international des combustibles fossiles.
Le soutien international du Royaume-Uni fait suite à un engagement à mettre fin à tout nouveau financement international du secteur des énergies fossiles, sauf dans des circonstances limitées. En réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, un soutien au secteur des énergies fossiles ukrainien a été apporté afin d’appuyer directement la sécurité énergétique et la sécurité nationale de l’Ukraine grâce à une exemption d’urgence, limitée dans le temps et régulièrement réévaluée. L’approche du Royaume-Uni à l’égard de l’Ukraine est pragmatique, et tient compte des besoins actuels en matière de sécurité énergétique et d’aide humanitaire. Cette approche est contrebalancée par un soutien supplémentaire destiné à aider l’Ukraine à atteindre son objectif à long terme de décarbonation et de transition de son secteur énergétique et de son économie, dans le cadre de la reprise et de la reconstruction.
EDC a confirmé son soutien aux lignes directrices de mise en œuvre de la Déclaration de Glasgow du Canada en 2022. En juillet de cette année-là, elle avait réduit son nouveau financement direct aux entreprises internationales du secteur des combustibles fossiles à seulement 395 millions de dollars canadiens, contre 2,7 milliards de dollars canadiens en 2018.
En 2019, le Canada, par l’intermédiaire d’EDC, s’est engagé à ne plus accorder de nouveaux financements aux centrales électriques au charbon, aux mines de charbon thermique ou aux infrastructures dédiées au charbon thermique, quelle que soit leur situation géographique. Dans sa Politique sur les changements climatiques de 2022, EDC a réitéré sa position sur le charbon thermique, s’engageant à ne plus accorder de nouveaux financements aux centrales électriques au charbon à compter de la date d’entrée en vigueur de la politique. De plus, EDC s’est engagée à ne plus fournir de financement ni émettre de polices d’assurance, à partir de 2023, aux entreprises dont les activités liées au charbon thermique représentent plus de 20 % de leur chiffre d’affaires. Cette mesure s’applique sauf si les fonds sont destinés à la réaffectation, à la baisse de capacité, à la mise hors service, ou au retrait de centrales électriques au charbon existantes, ou à des activités non liées au charbon thermique.
Le Canada n’est pas exposé au charbon thermique international inaltéré, conformément à son engagement dans le cadre de l’Alliance : Énergiser au-delà du charbon (en anglais). Il n’a également fourni aucun nouveau soutien financier direct au secteur international de l’énergie fossile non atténuée depuis 2023. Cela dit, EDC détient dans son portefeuille un solde résiduel d’actifs pétroliers et gaziers internationaux existants qui entrent dans le champ d’application du Pacte climatique de Glasgow. Ce solde est passé de 1,6 milliard de dollars canadiens en 2023 à 764 millions de dollars canadiens en 2024.
L’UE a presque éliminé l’APD et le soutien au crédit à l’exportation pour les combustibles fossiles, avec un peu plus de 12,1 millions d’euros (0,02 % de l’APD totale) consacrés aux énergies à forte intensité de carbone entre 2021 et 2023, et aucun financement du charbon à partir de 2023. La BEI a entièrement décarboné son portefeuille énergétique, conformément à l’engagement du G7 et aux cadres juridiques de l’UE tels que les réseaux transeuropéens d’énergie, l’IVCDCI – Europe dans le monde, et la politique de prêt de la BEI dans le domaine de l’énergie.
Figure 26: APD du G7 en faveur des énergies fossiles à forte intensité carbone dans les pays en développement, de 2019 à 2023

Dollars américains (en millions)
Version texte
| Année | Total du G7 |
|---|---|
2019 | 855,1 $ |
2020 | 655,8 $ |
2021 | 546,2 $ |
2022 | 912,7 $ |
2023 | 646,0 $ |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – équivalent-don
39. Financement climatique
« Nous nous engageons à accroître les contributions de nos gouvernements et à améliorer notre financement international général de l’action climatique pour cette période [jusqu’en 2025] […] [Cela] inclut une augmentation du financement contribuant à l’adaptation et à la résilience, à l’atténuation des risques de catastrophes et à l’assurance. » — Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphe 40
« Nous, pays du G7, nous engageons à utiliser des mécanismes de financement mixte, notamment par l’intermédiaire de notre approche stratégique plus large en matière de financement du développement, d’une collaboration accrue entre nos institutions financières de développement et des engagements prévus de plusieurs milliards à l’appui des fonds d’investissement climatiques et du Fonds vert pour le climat, ce qui permettra de mobiliser des milliards supplémentaires en financement du secteur privé. De plus, nous nous engageons à mettre en place l’infrastructure de marché nécessaire pour que le financement privé puisse soutenir et favoriser la transition vers la carboneutralité […] Nous élaborerons des approches sexospécifiques en matière de financement, d’investissement et de politiques pour le climat et la nature, afin que les femmes et les filles puissent participer pleinement à la future économie verte. » — Communiqué du sommet du G7, Carbis Bay, Angleterre, 2021, paragraphes 40 et 41
« Nous réitérons notre ferme volonté de réunir 100 milliards de dollars américains dès que possible et jusqu’en 2025 pour lutter contre les changements climatiques […] Nous nous engageons à œuvrer aux côtés d’autres acteurs pour la mise en œuvre collective de l’appel lancé dans le Pacte de Glasgow pour le climat en faveur du doublement au moins des moyens de financement de l’action climatique d’ici à 2025 par rapport aux chiffres de 2019. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 3; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 20
« Nous travaillerons avec les banques multilatérales de développement, les institutions financières internationales et d’autres donateurs pour le climat afin de coordonner nos efforts pour financer l’action climatique, les solutions fondées sur la nature et des projets d’énergie durable dans les pays en développement, notamment en soutenant le financement privé et la mobilisation des ressources nationales. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 19
« Nous soulignons que les pays du G7 comptent apporter une contribution prépondérante à l’atteinte d’un objectif adapté, tout en faisant ressortir l’importance d’inclure les pays capables de contribuer à toute mobilisation internationale de fonds publics. Selon l’évaluation de l’OCDE, les pays avancés ont dépassé en 2022 l’objectif annuel de 100 milliards de dollars américains en financement climatique pour les pays en développement, une réalisation dont nous nous réjouissons. Nous notons que, malgré les progrès réalisés, il est nécessaire de continuer à intensifier l’action et le soutien, y compris le financement de l’adaptation aux changements climatiques, comme le demande le Pacte de Glasgow pour le climat. Nous continuerons d’aider les pays en développement les plus vulnérables à traduire leurs plans nationaux d’adaptation et autres instruments nationaux d’adaptation en plans d’investissement fondés sur leurs besoins et leurs priorités, notamment par l’intermédiaire du Centre d’accélération de l’adaptation du G7. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 19
Le financement de la lutte contre les changements climatiques (en anglais) est essentiel pour soutenir les mesures d’atténuation et d’adaptation qui permettront de lutter contre les changements climatiques. La CCNUCC, le protocole de Kyoto et l’Accord de Paris appellent tous les pays signataires disposant de ressources financières plus importantes à fournir une aide financière à ceux qui sont moins favorisés et plus vulnérables.
En 2021 et 2022, l’aide apportée par le Japon aux pays en développement dans le domaine des changements climatiques s’est élevée à environ 26,9 milliards de dollars américains, dont la majeure partie provenait de financements publics. Le Japon a également contribué à hauteur de 6,8 milliards de dollars américains à l’adaptation grâce à des aides publiques. Ces contributions renforcent la capacité des pays en développement à faire face aux catastrophes naturelles causées par les changements climatiques, aident à fournir le matériel et les installations nécessaires pour mettre en œuvre des mesures de prévention contre les catastrophes telles que les inondations et les sécheresses, et appuient les efforts de reconstruction.
Entre 2022 et 2023, l’UE et ses États membres ont versé plus de 56 milliards d’euros provenant de sources publiques au titre du financement climatique en faveur des pays en développement. Ce montant comprend les financements bilatéraux engagés et les financements multilatéraux versés. En 2023, environ la moitié du financement public de l’UE en faveur du climat destiné aux pays en développement a été consacrée soit à l’adaptation aux changements climatiques, soit à des actions transversales combinant des initiatives d’atténuation et d’adaptation. Par le truchement de Global Gateway et des Initiatives de l’Équipe Europe, l’UE met également en œuvre plusieurs initiatives d’adaptation aux niveaux national, régional et continental en Afrique, en Asie et dans le Pacifique, ainsi qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes.
La France s’est engagée à mobiliser 6 milliards d’euros par an pour le financement climatique entre 2021 et 2025, dont un tiers sera consacré à l’adaptation. Cet objectif a été continuellement atteint et dépassé, avec 6,1 milliards d’euros versés en 2021 pour le financement climatique, 7,6 milliards d’euros en 2022 et 7,2 milliards d’euros en 2023. La France a augmenté son soutien à l’adaptation aux changements climatiques et à la résilience, passant de 2,2 milliards d’euros en 2021 à 2,8 milliards d’euros en 2023, reflétant ainsi son engagement croissant à lutter contre les répercussions des changements climatiques.
La contribution de l’Allemagne au financement de la lutte contre les changements climatiques est passée de 8,1 milliards d’euros en 2021 à 9,9 milliards d’euros en 2023. En 2024, sa contribution est passée à 11,8 milliards d’euros, soit près de 2 milliards d’euros supplémentaires par rapport à 2023.
L’Italie a contribué à hauteur de 731 millions d’euros au financement climatique en 2021. Cette contribution est passée à 991 millions d’euros en 2022, puis a légèrement diminué pour atteindre un peu plus de 838 millions d’euros en 2023. En 2024, l’Italie a enregistré une augmentation significative de son financement climatique, qui a atteint 3,44 milliards d’euros, dont 1,67 milliard d’euros de financement public et 1,77 milliard d’euros de financement climatique mobilisé par les pouvoirs publics. L’Italie a également augmenté les fonds qu’elle consacre à l’adaptation. En 2021, elle a alloué 385,7 millions d’euros pour le financement de l’adaptation. En 2023, ce montant est passé à 496,4 millions d’euros. En 2024, le financement public de l’adaptation aux changements climatiques a encore augmenté pour atteindre 655 millions d’euros.
En décembre 2021, l’Italie a également fourni 150 millions d’euros de fonds d’investissement climatique au programme Nature, People and Climate. Le programme s’attaque aux multiples facteurs et répercussions des activités humaines et des changements climatiques sur les ressources terrestres et les services écosystémiques et encourage les partenariats stratégiques avec les parties prenantes. Le programme accorde également des financements concessionnels afin d’accroître les investissements dans des solutions fondées sur la nature qui favorisent l’utilisation durable des terres et d’autres écosystèmes, et d’entreprendre des interventions dans les secteurs public et privé.
En 2022, l’Italie a créé le FIC en vue de soutenir ses engagements au titre de la CCNUCC; il s’agit du plus grand fonds national pour le climat au monde, avec une dotation totale de 4,4 milliards d’euros sur une période de cinq ans. Ciblant plus de 140 pays bénéficiaires de l’APD, avec 70 % des ressources destinées aux pays africains vulnérables aux changements climatiques, le fonds finance des projets à grande échelle évalués selon les marqueurs de Rio. En 2024, le fonds a également versé 50 millions d’euros au Mécanisme de résilience et de durabilité du FMI (en anglais) pour soutenir le programme vert du Rwanda. En juin 2025, le fonds avait engagé 1,8 milliard d’euros en fonds concessionnels et 80 millions d’euros en subventions.
En outre, l’Italie a versé 300 millions de dollars américains au Fonds vert pour le climat des Nations Unies (en anglais) entre 2020 et 2023, et s’est engagée à verser 300 millions de dollars supplémentaires pour la deuxième période de refinancement (2024 à 2027).
En 2021, le Canada a annoncé qu’il doublerait son engagement en matière de financement public de la lutte contre les changements climatiques pour le porter à 5,3 milliards de dollars canadiens entre 2021 et 2026. Grâce à cet engagement et à d’autres efforts visant à intensifier les mesures en faveur d’un développement à faible intensité de carbone et résilient aux changements climatiques à partir de toutes les sources, le soutien financier du Canada à la lutte contre les changements climatiques s’est élevé à près de 3,4 milliards de dollars canadiens en 2021 et 2022. Le Canada a financé des projets qui répondent aux besoins d’adaptation et d’atténuation des populations et des communautés les plus vulnérables aux changements climatiques. Il utilise également une gamme d’instruments et de canaux financiers afin de refléter efficacement ces besoins complexes et de maximiser l’accès au financement.
Le Royaume-Uni maintient son ambition d’octroyer 11,6 milliards de livres sterling pour le financement de la lutte contre les changements climatiques d’ici la fin mars 2026. L’objectif du Royaume-Uni est de consacrer 1,5 million de livres sterling à l’adaptation en 2025, soit le triple de ses dépenses par rapport à 2019.
Allocation de fonds supplémentaires pour soutenir l’adaptation et la résilience, y compris les risques de catastrophe et l’assurance
Grâce à son financement destiné aux pays en développement pour la lutte aux changements climatiques, le Canada s’engage à renforcer la capacité d’adaptation des communautés et des pays vulnérables face aux effets des changements climatiques. À cette fin, le Canada a engagé 5,3 milliards de dollars canadiens pour lutter contre les changements climatiques, tout en s’efforçant de lutter contre la perte de biodiversité dans le monde grâce à d’autres initiatives. Par exemple, en 2023, le Canada a engagé 16,8 millions de dollars canadiens en faveur de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (en anglais). Ce financement vise à améliorer la résilience des populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants, face aux chocs climatiques en Afrique. En 2024, lors de la 29e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, le Canada a annoncé le lancement de GAIA, une plateforme innovante de financement mixte évaluée à 1,48 milliard de dollars américains, dont 70 % des fonds sont consacrés à des mesures d’adaptation. GAIA a été cofondée par FinDev Canada en partenariat avec le Mitsubishi Financial Group, ainsi que le Fonds vert pour le climat, qui a fourni un investissement de base.
De 2021 à 2022, le Japon a contribué à hauteur de 6,8 milliards de dollars américains à l’adaptation grâce au soutien public. Ce montant a permis de renforcer la capacité des pays en développement à faire face aux catastrophes naturelles causées par les changements climatiques. Ce financement a permis également de fournir le matériel et les installations nécessaires à la mise en œuvre de mesures de précaution visant à assurer la protection contre les catastrophes naturelles, notamment les inondations et les sécheresses, et à favoriser le rétablissement.
En 2021, l’Italie a contribué à hauteur de près de 386 millions d’euros pour soutenir l’adaptation. En 2023, ce soutien était passé à plus de 496 millions d’euros. En outre, sur les 300 millions de dollars américains que l’Italie s’est engagée à verser au Fonds vert pour le climat en 2024, 100 millions de dollars américains ont été affectés au Fonds pour les pertes et dommages (en anglais), créé en 2023 lors de la COP28 à Dubaï.
Depuis 2021, l’Allemagne a fourni un financement stable pour l’adaptation afin de maintenir un équilibre entre l’atténuation et l’adaptation, contribuant à hauteur de 3,35 milliards d’euros en 2021, de 3,34 milliards d’euros en 2022, de 3,1 milliards d’euros en 2023 et d’environ 4 milliards d’euros en 2024.
En 2021, la France a injecté 2,2 milliards d’euros pour contribuer à l’adaptation et à la résilience. Ce montant est passé à 2,6 milliards d’euros en 2022 et à 2,8 milliards d’euros en 2023.
Le Royaume-Uni prévoit de consacrer 1,5 milliard de livres sterling à l’adaptation en 2025, soit le triple de ses dépenses de 2019.
Mobiliser l’aide du secteur privé pour lutter contre les changements climatiques
Le Japon s’efforce de mobiliser les investissements privés grâce à une utilisation stratégique des financements publics. On peut citer comme exemples le cofinancement par la Banque japonaise pour la coopération internationale et l’assurance commerciale fournie par Nippon Export and Investment Insurance. Ces mécanismes ont permis de mobiliser 1,4 milliard de dollars américains de financements privés en 2021 et 3,1 milliards de dollars américains en 2022.
L’Italie a joué un rôle de premier plan en encourageant le secteur privé à s’impliquer davantage dans le financement de la lutte contre les changements climatiques. Elle s’est efforcée de créer et de renforcer les instruments nationaux et internationaux à sa disposition afin d’utiliser les ressources publiques pour mobiliser les investissements privés. En particulier, le FIC jouera un rôle central dans l’octroi de financements concessionnels et de garanties aux entités privées. Lors de la COP30, l’Italie s’est étroitement alignée sur le pays hôte, le Brésil, dans son intention de souligner la nécessité de promouvoir une participation accrue du secteur privé au financement climatique.
L’Allemagne se concentre de plus en plus sur la mobilisation des investissements privés pour le financement climatique. En 2021, l’Allemagne a mobilisé quelque 170 millions d’euros de financements climatiques privés. En 2022, ce montant s’est élevé à 479 millions d’euros, et en 2023, il s’est établi à 475 millions d’euros, avant de plus que doubler pour atteindre 1,1 milliard d’euros en 2024.
Selon la dernière publication des résultats du financement international pour la lutte contre les changements climatiques au Royaume-Uni (en anglais), en 2024, le Royaume-Uni avait mobilisé plus de 7,8 milliards de livres sterling de financements privés liés à la lutte contre les changements climatiques depuis 2011.
Au cours de l’exercice 2022 à 2023, l’UE et ses États membres ont mobilisé un montant supplémentaire de 14,9 milliards d’euros de financements privés pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions de GES et à s’adapter aux effets des changements climatiques.
La France est fortement motivée à maintenir la dynamique visant à débloquer des financements supplémentaires pour le climat, notamment par l’intermédiaire du Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète (en anglais), qui vise à mobiliser des investissements privés à l’aide de financements publics, ce qui est essentiel pour relever les défis climatiques mondiaux.
Apport d’un financement climatique ciblant l’égalité des genres
En 2021, le financement international bilatéral pour le climat fourni par la France et ciblant également l’égalité des genres s’élevait à plus de 415 millions d’euros. En 2022, ce montant est passé à plus de 3,3 milliards d’euros, avant de baisser légèrement pour s’établir à un peu plus de 3 milliards d’euros en 2023.
L’Allemagne a progressivement augmenté la part de son budget fédéral consacrée au financement de la lutte contre les changements climatiques qui cible également l’égalité des genres. Entre 2021 et 2024, le volume du financement climatique lié au genre a augmenté pour passer d’environ 2,1 milliards d’euros à 3,4 milliards d’euros. Ainsi, le financement climatique relatif au genre, qui correspondait à environ 39 % du budget allemand consacré au financement climatique, est passé à plus de 55 % de ce dernier.
L’Italie considère l’égalité des genres comme une priorité et en tient compte dans toutes ses initiatives de programmation et de financement. La coopération italienne au développement est particulièrement axée sur l’interdépendance entre le climat et le genre. Par exemple, l’Italie s’efforce d’accroître la résilience des femmes en situation de crise, de promouvoir leur rôle dans la lutte pour la sécurité alimentaire et contre les changements climatiques, et d’améliorer leur accès aux carrières liées à l’environnement dans le secteur des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.
Le financement public du Canada en matière de climat accorde la priorité à la prise en compte des questions de genre, conformément à sa Politique d’aide internationale féministe. Le Canada place l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles au cœur de ses efforts d’aide internationale. Dans cette optique, le Canada est en voie de dépasser son objectif consistant à faire en sorte qu’au moins 80 % des projets financés grâce à son engagement de 5,3 milliards de dollars canadiens intègrent des considérations liées à l’égalité des genres. En avril 2025, 89 % des projets prévus et financés par le Canada obtenaient une note de 1 ou 2 selon le marqueur de la politique d’aide à l’appui de l’égalité homme-femme établi par le CAD-OCDE (en anglais).
La coopération au développement du Japon, y compris le soutien aux actions climatiques, est assurée conformément au principe selon lequel le Japon favorisera l’égalité des genres et le renforcement du pouvoir des femmes grâce à l’intégration de la dimension de genre à toutes les étapes de la coopération au développement.
Bien que l’UE soutienne les mesures climatiques sensibles au genre, son engagement en matière de financement climatique ne comporte pas d’objectif ciblé en matière d’égalité des genres.
France : Renforcer la coopération fiscale internationale
Le monde est confronté à un déficit de financement croissant à l’égard du développement durable. Cette situation est aggravée par l’augmentation des inégalités et la crise climatique. Le Groupe de travail sur les contributions de solidarité mondiale : Pour les populations et la planète, explore des options réalisables, évolutives et raisonnables en matière de prélèvements afin d’accroître les ressources visant à soutenir le climat et le développement.
Lancé lors de la COP28 en novembre 2023 et coprésidé par la Barbade, la France et le Kenya, ce groupe de travail vise à cerner de nouvelles ressources nationales et à veiller à ce que les industries et les particuliers contribuent davantage au financement des transitions. Depuis son lancement, il a contribué à renforcer la volonté politique autour de ces options.
La France a pris la tête de cette initiative, dans le cadre du Pacte pour la prospérité, les peuples et la planète. De la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement en juin et juillet 2025, jusqu’à la COP30, en novembre 2025, le groupe de travail a servi de pôle pour rassembler les pays désireux de devenir des leaders dans la mise en œuvre d’options de prélèvements progressifs.
40. Partenariats pour une transition énergétique juste
« Nous aiderons nos partenaires des pays en développement et des marchés émergents pour qu’ils accomplissent eux aussi une transition juste vers une énergie propre grâce à de nouveaux partenariats ambitieux en matière de développement et à l’accélération de l’accès aux financements, notamment dans le cadre des Partenariats pour une transition énergétique juste soutenus par le Partenariat du G7 pour les infrastructures mondiales et l’investissement. » — Communiqué des dirigeants du G7, Elmau, Allemagne, 2022, page 5; Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 19
Les partenariats pour une transition énergétique juste (JETP) sont des plateformes multilatérales entre les pays développés et les économies émergentes fortement dépendantes du charbon. Ils sont conçus pour fournir un financement climatique qui soutient la transition vers une économie à faible intensité de carbone, équitable et socialement inclusive. Le premier JETP a été annoncé lors de la COP26 en 2021, lorsque l’Afrique du Sud (en anglais) s’est vu promettre 8,5 milliards de dollars américains par l’Allemagne, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’UE. Le Danemark et les Pays-Bas ont adhéré au partenariat en 2023, tandis que les États-Unis l’ont quitté en 2025. Deux autres JETP ont été annoncés plus tard en 2022 : 15,5 milliards de dollars pour le Vietnam et 20 milliards de dollars pour l’Indonésie, qui seront mobilisés entre 2025 et 2027. En 2023, 2,5 milliards d’euros ont également été promis pour un JETP avec le Sénégal.
Les JETP avec le Vietnam et l’Indonésie ont été lancés respectivement à l’occasion du sommet UE-ANASE et du sommet du G20 à Bali, en Indonésie, en 2020. Ces deux JETP sont soutenus par tous les membres du G7, ainsi que par le Danemark, la Norvège et l’Alliance financière de Glasgow pour la carboneutralité (GFANZ), un réseau de financement privé.
L’Italie participe au JETP avec le Vietnam grâce à un engagement indicatif pouvant atteindre 500 millions d’euros sur cinq ans, composé de 250 millions d’euros provenant de ressources publiques et de 250 millions d’euros provenant de la banque publique de développement italienne. L’Italie s’est engagée à verser 250 millions d’euros sur cinq ans au JETP avec l’Indonésie, provenant exclusivement de ressources publiques.
À ce jour, le Royaume-Uni s’est engagé à verser plus de 3,3 milliards de dollars américains dans quatre JETP. Parmi les exemples de projets, citons un investissement de 18,5 millions de dollars américains dans le plus grand projet de systèmes de stockage d’énergie par batterie d’Afrique du Sud, dans la province du Cap-Nord, par l’intermédiaire de Globeleq, l’un des principaux producteurs d’électricité indépendants en Afrique. Un autre investissement de 5 millions de dollars américains dans une entreprise indonésienne d’énergie renouvelable, Xurya Daya Indonesia, devrait contribuer à un avenir plus vert et plus résilient aux changements climatiques pour le pays. Le Royaume-Uni fournit également une aide technique de 1,5 million de livres sterling au Vietnam pour la mise en place d’un organe de soutien administratif pour le JETP, et une aide technique de 500 000 livres sterling a été allouée pour définir l’orientation stratégique du JETP, et élaborer un cadre de suivi et d’évaluation ainsi qu’un cadre réglementaire pour les véhicules électriques.
Le Canada est signataire des déclarations politiques établissant les JETP avec l’Indonésie, le Sénégal et le Vietnam. Le financement de la lutte contre les changements climatiques du Canada contribue officiellement aux JETP avec l’Indonésie et le Vietnam, dans le cadre de leurs plans d’investissements officiels. En Afrique du Sud, la contribution financière du Canada en matière de climat est reconnue, bien qu’elle ne fasse pas partie du programme officiel des JETP. En août 2025, le plan d’investissement du JETP du Sénégal n’avait pas encore été publié.
Appui aux pays partenaires à des fins de conformité aux principes énoncés
Pour les JETP qui ont été mis en place, les membres du G7 ont pris des mesures pour s’assurer qu’ils :
- sont dirigés par les pays;
- s’alignent sur les initiatives existantes et utilisent les mécanismes de coordination existants;
- répondent aux besoins et aux situations précises des pays partenaires;
- aident les pays partenaires à accélérer leur transition juste vers les énergies propres;
Les pays partenaires ont élaboré des plans d’investissement afin de définir l’orientation de leurs activités de transition énergétique avec le soutien des pays leaders du G7. Le JETP avec l’Indonésie est conforme à son plan national grâce à son plan global d’investissement et de politique 2023. Le Vietnam assure la concordance par le truchement de son plan de mobilisation des ressources, et l’Afrique du Sud a harmonisé son JETP à ses plans d’investissement et de mise en œuvre pour une transition énergétique juste.
Pour le Sénégal, les objectifs sont incorporés dans la version initiale du plan d’investissement du JETP. Cependant, le plan n’a pas été présenté publiquement, bien qu’un résumé oral ait été donné lors d’un événement public en octobre 2025.
Au Sénégal, le secrétariat du JETP a été intégré au sein du ministère de l’Énergie du pays, et les groupes de travail techniques sont codirigés par le gouvernement afin de favoriser l’appropriation du projet. Le Sénégal considère le JETP comme un moyen d’atteindre son objectif de transition énergétique, à savoir que les énergies renouvelables représentent 40 % de sa capacité totale de production d’électricité installée d’ici 2030. Il le considère également comme un instrument permettant d’atteindre ses objectifs généraux en matière de bien-être du pays, notamment en fournissant un accès à l’électricité à tous les résidents et acteurs économiques, et en atteignant le statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2035. Le Royaume-Uni soutient le processus relatif au JETP avec le Sénégal en fournissant des services de consultation et une assistance technique pour mener une première étude sur les besoins du Sénégal en matière de transition énergétique. Par l’intermédiaire du Centre d’expertise pour les initiatives en matière de villes vertes, d’infrastructures et d’énergie du Royaume-Uni (en anglais), le Royaume-Uni fournit également un cadre de suivi et d’évaluation comportant un volet important consacré à la transition juste.
En Indonésie, la création du secrétariat du JETP a été initialement guidée par le groupe de travail national sur la transition énergétique. Le plan d’investissement et de politique global du JETP a été élaboré dans le cadre d’une collaboration intensive entre le gouvernement indonésien et le Groupe des partenaires internationaux (GPI), ainsi que d’autres organisations multilatérales, internationales et nationales. Le GPI comprend les pays du G7, l’UE, le Danemark et la Norvège, ainsi que la GFANZ, qui représente les institutions financières privées engagées dans le financement climatique. Le plan comprend :
- une trajectoire consolidée de transition du secteur électrique;
- des besoins de financement;
- des recommandations en matière de réforme des politiques;
- un cadre de transition juste.
Depuis lors, le JETP avec l’Indonésie a poursuivi une collaboration technique intensive par l’intermédiaire de ses groupes de travail, impliquant des partenaires multilatéraux et nationaux. Ces groupes préparent des analyses techniques et des recommandations politiques pour le rapport d’étape de 2025. En janvier 2026, le secrétariat du JETP deviendra l’unité de mise en œuvre du JETP, qui servira d’interface principale entre le gouvernement indonésien et le GPI.
Un processus similaire a eu lieu au Vietnam, où le secrétariat du JETP a été créé au sein du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement. Le ministère a dirigé l’élaboration du plan de mobilisation des ressources, avec le soutien du PNUD. Ce plan a d’abord été financé par le Royaume-Uni, puis par l’UE, en tant que coprésidents du GPI. Le secrétariat du JETP a depuis été transféré au ministère de l’Industrie et du Commerce, qui dirige désormais la mise en œuvre du JETP.
En Afrique du Sud, l’unité de gestion de projet pour une transition énergétique juste a été créée en tant que secrétariat et est intégrée à la présidence sud-africaine, ce qui signifie qu’elle mène ses activités directement sous l’autorité du bureau du président. L’unité est financée par des donateurs et est chargée de piloter le plan de mise en œuvre de la transition énergétique juste du pays. Le GPI a répondu à la forte priorité accordée par l’Afrique du Sud à une transition juste au moyen de diverses interventions qui soutiendront la diversification économique dans les régions dépendantes du charbon. Par exemple, le Royaume-Uni fournit une assistance technique préalable à l’investissement à des exploitations fruitières et de noix à fort potentiel, en les mettant en relation avec des prêteurs agricoles et des investisseurs d’impact. Il combine également des financements britanniques et commerciaux afin de réduire les risques liés à l’élargissement de l’offre de produits financiers aux exploitations agricoles.
Le Royaume-Uni soutient également la mise en œuvre du cadre de transition juste de l’Indonésie par l’intermédiaire du Bureau des Nations Unies pour les services d’appui aux projets. Au moyen du PNUD, le Royaume-Uni soutient l’élaboration d’un cadre de transition juste au Vietnam. Le Royaume-Uni continue également de participer à des initiatives existantes, telles que le Conseil de transition énergétique (en anglais), et de collaborer avec les banques multilatérales de développement afin de soutenir les discussions au sein des plateformes nationales. Cela inclut des partenariats avec des plateformes alignées sur les JETP, telles que le Partenariat pour la transition énergétique en Asie du Sud-Est (en anglais) en Indonésie, sur des projets comme les suivants :
- la modernisation du centre de contrôle électrique de Java-Madura-Bali;
- la réalisation d’une étude sur les implications financières de la fermeture anticipée des centrales à charbon;
- l’élaboration d’un plan pour produire un gigawatt d’énergie solaire raccordée au réseau et pour attirer les investissements dans ce projet;
- la rationalisation des cadres politiques énergétiques de l’Indonésie avec des objectifs de zéro émission nette.
Lors du sommet UE-ANASE de 2022, l’Italie s’est jointe aux JETP avec le Vietnam et l’Indonésie. Au Vietnam, l’Italie s’est engagée à verser jusqu’à 80 millions d’euros, par l’intermédiaire du FIC, pour l’initiative hydroélectrique Bác Ái, qui est évaluée à 690,7 millions d’euros. L’Italie est également en pourparlers avec la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures concernant un éventuel cofinancement du métro électrique de Hanoï, au Vietnam, sous réserve de l’admissibilité au JETP.
L’Italie, par l’intermédiaire de la banque publique de développement italienne, consulte les parties prenantes et les partenaires potentiels en Indonésie pour la deuxième phase des prêts basés sur les politiques et résultats, conformément au plan d’investissement 2026 de Perusahaan Listrik Negara. D’autres projets d’énergie géothermique sont en cours d’évaluation par le Fonds italien pour le climat en vue d’une inclusion future.
Apport de différents types d’aide avec des résultats observables ou attendus
L’UE apporte son aide aux JETP au moyen d’une combinaison de prêts, d’assistance technique et de subventions. Elle a également soutenu le plan d’action et d’investissement global 2023 de l’Indonésie et le plan de mobilisation des ressources du Vietnam.
Au Sénégal, l’Allemagne soutient 10 projets axés sur le stockage par batterie, la production d’énergie renouvelable et le processus d’électrification des îles du Saloum, ainsi que divers projets d’assistance technique. Six projets ont déjà été reconnus comme admissibles au titre du JETP, et d’autres feront l’objet d’une procédure d’examen formelle. Le Royaume-Uni et l’UE ont également financé l’assistance technique pour ces projets. La France soutient la transition énergétique du Sénégal grâce à des projets qui contribuent à développer la capacité solaire, comme une centrale solaire de 100 mégawatts et l’électrification de 100 communautés rurales.
En Indonésie, le GPI accorde des fonds au moyen d’instruments tels que les prêts basés sur les résultats, les prêts basés sur les politiques, les investissements en fonds propres et l’assistance technique. Les programmes d’assistance technique fournis par le GPI sont axés sur l’expansion des énergies renouvelables, la fermeture anticipée des centrales à charbon, une transition juste et la réaffectation des infrastructures charbonnières. On prévoit une réduction des émissions de GES de 63 100 tonnes d’équivalent CO2 grâce au GPI et à des projets financés par des fonds privés tels que la centrale solaire flottante de Saguling (en anglais) et la centrale géothermique de Muara Laboh (en anglais). Le JETP indonésien a déjà donné lieu à des mesures importantes, telles que la feuille de route pour la fermeture des centrales à charbon (en anglais) et la réforme de la réglementation sur le contenu local.
Le Royaume-Uni a fourni une large gamme de mesures d’aide dans le cadre des JETP. Par exemple, il facilite l’octroi d’une garantie de 1 milliard de dollars américains de la Banque mondiale à l’Indonésie afin d’augmenter le volume de financement disponible pour les projets de transition énergétique. Il s’est également engagé à garantir 1,3 milliard de dollars américains de prêts du Groupe de la Banque africaine de développement pour soutenir les projets d’infrastructures résilientes aux changements climatiques du gouvernement sud-africain, notamment un projet visant à améliorer et à étendre les systèmes municipaux de distribution d’énergie et d’eau.
Au Vietnam, par l’intermédiaire de ses institutions financières de développement, le Royaume-Uni fournit toute une gamme d’instruments financiers tels que des prêts directs, des prises de participation, des garanties et des lignes de crédit vertes. Il utilise également l’assistance technique pour soutenir le développement des infrastructures dans le cadre des JETP et favoriser la création d’emplois grâce à la croissance des micro, petites et moyennes entreprises dans divers secteurs. L’objectif est de créer jusqu’à 5 200 emplois locaux qui pourront remplacer ceux qui seront perdus en raison de la fermeture des centrales à charbon dans la province de Mpumalanga.
Volume de financement des JETP alloué par les membres du G7
Les membres du GPI se sont engagés à financer le JETP du Sénégal à hauteur de 2,5 milliards d’euros, notamment par l’intermédiaire de canaux multilatéraux. Cet engagement porte sur une période de trois à cinq ans à compter de 2023. La France a fourni 530 millions d’euros au JETP, et la contribution de l’UE s’élève à 340 millions d’euros. Ce montant comprend 330 millions d’euros de prêts souverains de la BEI soutenus par une garantie de 30 millions d’euros au titre de l’IVCDCI – Europe dans le monde, en plus de 10 millions d’euros pour l’assistance technique. Le Royaume-Uni s’est engagé à verser 46 millions d’euros par l’intermédiaire du Private Infrastructure Development Group et 200 000 livres sterling supplémentaires à des fins d’assistance technique. Il a également obtenu une subvention supplémentaire de 300 000 livres sterling.
En Indonésie, les membres du GPI ont promis 11,6 milliards de dollars américains de financement public, à la fois par voie bilatérale et multilatérale. La GFANZ s’est engagée à fournir 10 milliards de dollars américains supplémentaires de financement privé. En juin 2025, des fonds de plus de 1,2 milliard de dollars américains relatifs aux JETP avaient été approuvés, dont plus de 1,18 milliard de dollars américains provenant des membres du GPI, et 60 millions de dollars américains du secteur privé. Les contributions comprennent également :
- 1 milliard de dollars américains de l’Allemagne sous forme de subventions et de prêts approuvés;
- 450 millions de dollars américains de la France;
- 150 millions de dollars américains du Japon;
- 59,3 millions de dollars américains du Canada;
- 21,2 millions de dollars américains du Royaume-Uni;
- 11 millions de dollars américains provenant du programme Accelerating Coal Transition investment (en anglais), grâce à du financement multilatéral.
L’UE s’est engagée à verser plus d’un milliard d’euros au JETP indonésien et l’Italie s’est engagée à verser jusqu’à 270 millions de dollars américains sur cinq ans, qui seront offerts par l’intermédiaire du Fonds italien pour le climat. Les instruments financiers admissibles peuvent inclure des prêts concessionnels et non concessionnels, des garanties aux institutions financières, des prises de participation indirectes (fonds) et des subventions ou une assistance technique.
L’UE a promis plus de 876 millions d’euros pour le JETP avec le Vietnam, tandis que le Royaume-Uni s’est engagé à verser plus de 304 millions de dollars américains : 300 millions de dollars américains par l’intermédiaire d’institutions financières de développement, et 4,3 millions de dollars américains sous forme d’assistance technique. L’Allemagne contribue à hauteur d’environ 670 millions de dollars américains au JETP au Vietnam sous forme de subventions et de prêts ainsi que d’assistance technique. L’Italie s’est engagée à verser jusqu’à 250 millions d’euros sur cinq ans par l’intermédiaire du Fonds italien pour le climat. Cette aide de l’Italie prendra la forme de prêts souverains et non souverains, de garanties accordées à des institutions financières, de prises de participation indirectes et de subventions destinées à l’assistance technique. En outre, l’Italie a proposé 250 millions d’euros supplémentaires par l’intermédiaire de la banque publique de développement italienne. Ces fonds proviendront de prêts commerciaux accordés par des institutions financières de développement, qui peuvent être utilisés conjointement avec les financements fournis par le Fonds italien pour le climat.
Au Vietnam, l’Allemagne travaille avec le gouvernement à l’élaboration d’une nouvelle réglementation pour le développement de l’énergie solaire et éolienne et l’extension des réseaux de transport d’énergie. Au nom du gouvernement allemand, la KfW accorde des prêts pour des projets de JETP prioritaires, tels que la centrale hydroélectrique de Tri An et la centrale électrique à accumulation par pompage de Bác Ái, un projet de 690 millions d’euros visant à construire la première centrale hydroélectrique à accumulation par pompage du Vietnam dans le district de Bác Ái.
En Afrique du Sud, en collaboration avec la Banque mondiale, la BAD et le Canada, l’Allemagne soutient les réformes du secteur énergétique du pays grâce à des prêts basés sur des politiques visant à améliorer les conditions d’investissement pour le secteur privé. En 2024, des réformes ont été adoptées, jetant les bases d’un marché de l’électricité équitable et concurrentiel. Cela a permis d’ajouter 6 gigawatts de capacité de production solaire privée entre 2023 et 2024. L’Allemagne fournit également un soutien technique direct aux principaux acteurs du secteur de l’énergie et appuie :
- les programmes de reconversion professionnelle pour les travailleurs du secteur minier;
- les programmes de formation professionnelle pour les jeunes;
- les mesures de perfectionnement professionnel pour les femmes;
- les initiatives de la société civile visant à assurer une participation juste, significative et équitable.
Au total, l’Allemagne contribue à hauteur d’environ 2,5 milliards d’euros à ces initiatives, dont 380 millions d’euros sous forme de subventions.
En 2024, l’Italie s’est engagée à verser jusqu’à 80 millions d’euros à Électricité du Vietnam, la compagnie d’électricité publique vietnamienne. Cette aide était destinée à soutenir la mise en œuvre du projet Bác Ái.
En Afrique du Sud, les membres du GPI ont promis plus de 9 milliards de dollars américains. Cette aide comprend :
- une subvention de 340 millions de dollars américains de l’Allemagne, ainsi que 1,67 milliard de dollars américains de prêts concessionnels;
- une subvention de 4 millions de dollars américains de la France, et près de 1,1 milliard de dollars américains de prêts concessionnels;
- une subvention de 125 millions de dollars américains de l’UE, ainsi que près de 1,1 milliard de dollars américains de prêts concessionnels et 216 millions de dollars américains de dette ou fonds propres commerciaux;
- une subvention de 34 millions de dollars américains du Royaume-Uni, ainsi que 1,3 milliard de dollars américains de garanties et 500 millions de dollars américains de dette ou fonds propres commerciaux.
À l’heure actuelle, le montant total des engagements envers le JETP avec l’Afrique du Sud s’élève à 12,8 milliards de dollars américains, si l’on inclut les autres donateurs bilatéraux et les banques multilatérales de développement.
UE et Allemagne : Soutenir les partenariats pour une transition énergétique juste

Photo : © GIZ/Dumisani Ncube
Les JETP visent à améliorer l’accès au financement en traduisant les ambitions énergétiques et climatiques d’un pays en politiques et projets concrets. Parallèlement, ils contribuent à coordonner les parties prenantes et à aligner les efforts sur les priorités des pays. Depuis l’annonce du premier JETP en 2021, plus de 3,5 milliards de dollars ont été investis dans des pays tels que l’Afrique du Sud, l’Indonésie, le Sénégal et le Vietnam.
Le JETP avec l’Afrique du Sud est une initiative internationale historique lancée lors de la COP26 pour soutenir la transition du pays du charbon vers les énergies propres. Soutenu par une enveloppe initiale de 8,5 milliards de dollars américains sous forme de subventions, de prêts et d’investissements du secteur privé, il vise à réduire les émissions de GES et à développer les énergies renouvelables en Afrique du Sud.
En tant que projet phare de Global Gateway, cette initiative se concentre également sur la création d’emplois et de secteurs industriels verts, tout en veillant à ce que les communautés et les travailleurs concernés ne soient pas laissés pour compte. En combinant ambition climatique et justice sociale, le JETP cherche à instaurer un avenir énergétique équitable, inclusif et durable pour l’Afrique du Sud.
X. Mobilité humaine
Au cours des cinquante dernières années, le nombre de migrants internationaux a considérablement augmenté. En 2020, 281 millions de personnes vivaient dans un pays autre que leur pays de naissance, soit plus de trois fois le nombre estimé en 1970. En 2024, le nombre de migrants internationaux a atteint le chiffre record de 304 millions, soit environ 3,7 % de la population mondiale.
Chaque année, les changements climatiques, les conflits, les catastrophes naturelles et d’autres crises humanitaires entraînent la migration et le déplacement forcé de millions de personnes partout dans le monde. En fait, les déplacements forcés ont presque doublé à l’échelle mondiale au cours de la dernière décennie. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), à la fin de 2024, on estimait à 123,2 millions le nombre de personnes déplacées de force dans le monde en raison de persécutions, de conflits, de violations des droits de la personne et d’autres événements. Cela représente une augmentation de 7 millions par rapport à l’année précédente.
Il est essentiel de s’attaquer aux risques et aux vulnérabilités qui sous-tendent la migration irrégulière et les déplacements forcés en vue d’atteindre les ODD. C’est pourquoi le G7 continue de rechercher des moyens de promouvoir une migration bien gérée et d’exploiter les possibilités qu’elle offre pour une croissance inclusive.
41. Migration et réfugiés
« Nous nous engageons à augmenter l’aide internationale pour répondre aux besoins immédiats et à plus long terme des réfugiés et des personnes déplacées ainsi que de leurs communautés d’accueil, par des secours humanitaires, un soutien financier, une aide au développement, la coopération [...] [Nous reconnaissons la] gestion efficace de la migration, et nous nous engageons à renforcer notre collaboration en matière de développement avec nos pays partenaires, en accordant une attention spéciale à l’Afrique, au Moyen-Orient et aux pays voisins d’origine et de transit. » — Déclaration des dirigeants du G7, Ise-Shima, Japon, 2016, page 18
« Nous réaffirmons notre engagement à assurer le respect intégral des droits de la personne et des libertés fondamentales de chaque personne, quel que soit son statut migratoire, et rappelons le droit de chaque personne de demander l’asile en cas de persécution, conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme, et de demander une protection internationale, comme l’établit la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 24
« Nous renforcerons la collaboration et les efforts régionaux pour soutenir la gouvernance et les conditions économiques, sociales et environnementales, permettant à toutes les personnes de vivre et de s’épanouir dans leur pays, en préservant leur sécurité, leurs droits et leur dignité. À cet égard, nous reconnaissons que les pays d’origine et les pays et communautés accueillant un grand nombre de migrants et de réfugiés peuvent avoir besoin d’une aide financière internationale pour soutenir le développement, l’aide humanitaire, la sécurité, la santé publique, l’éducation et l’emploi. Pour ce faire, nous mettrons à contribution nos politiques et nos actions afin de nous attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 25
Entre 2019 et 2023, le montant de l’APD d’urgence fournie par le G7 aux pays en développement est passé de 14,5 milliards de dollars à 22,7 milliards de dollars. En fait, tous les membres du G7, à l’exception du Royaume-Uni, ont augmenté le montant de l’aide d’urgence qu’ils ont fournie aux pays en développement au cours de cette période. Il convient de noter que le financement des États-Unis est passé de 8 milliards de dollars à 14,7 milliards de dollars. Ce financement permet de répondre aux besoins immédiats et à long terme des réfugiés et autres personnes déplacées dans le monde entier.
L’Organisation internationale de la Migration (OIM) joue un rôle de premier plan dans la coordination de la coopération multilatérale en matière de migration et dans la promotion de déplacements sécuritaires, ordonnés et réguliers. Le Canada reconnaît l’importance de l’expertise technique, de la capacité opérationnelle et de la forte présence mondiale de l’organisation dans la réponse aux défis complexes liés à la migration. Le Canada collabore avec l’OIM dans le cadre d’activités de réinstallation de réfugiés à l’étranger, telles que le transport, les évaluations médicales et l’orientation culturelle à l’étranger, ainsi que dans l’acheminement d’aide humanitaire. Le Canada reste également déterminé à soutenir les efforts plus larges déployés par l’OIM en vue de renforcer les systèmes migratoires, d’améliorer la protection et de promouvoir des réponses efficaces et coordonnées aux défis mondiaux en matière de migration.
Le Canada s’associe également à l’OIM, au HCR, à l’OIT et à d’autres organisations dans le cadre d’initiatives de renforcement des capacités, en particulier en Amérique latine et dans les Caraïbes. Par exemple, depuis 2024, le Canada finance une initiative multiagences menée par l’OIM visant à améliorer la capacité de répondre aux besoins immédiats des migrants dans les domaines du logement, de la sécurité alimentaire, de la santé, de la protection et de l’intégration.
Depuis 2021, par l’intermédiaire de l’IVCDCI, l’UE a pleinement intégré la migration et les déplacements forcés dans ses programmes de développement aux niveaux national, régional et mondial, surtout en Afrique et en Asie. Entre 2021 et 2023, l’UE a consacré 5,5 milliards d’euros à la lutte contre la migration et les déplacements forcés. L’UE s’est fixé pour objectif de consacrer 10 % de l’enveloppe financière globale, soit 79,5 milliards d’euros, à des mesures visant à lutter contre la migration et les déplacements forcés entre 2021 et 2027. Cet objectif a été dépassé au cours de la période considérée.
Le Japon est un donateur important des agences internationales qui fournissent une aide humanitaire multisectorielle. Il soutient des initiatives telles que le HCR, l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, l’OIM, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, l’UNICEF, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. En 2022 et 2023, le Japon a versé environ 1,5 milliard de dollars américains à ces agences, ainsi qu’environ 120 millions de dollars américains par l’intermédiaire de la plateforme du Japon (en anglais). Le Japon est également l’un des principaux donateurs au Mécanisme mondial de financement concessionnel (en anglais), lequel soutient les pays à revenu intermédiaire qui accueillent des réfugiés, et auquel il a versé plus de 83,3 millions de dollars américains en 2023.
Dans sa Charte de coopération pour le développement (en anglais), le Japon déclare qu’il apportera un soutien sans faille à la consolidation de la paix tout en accordant une attention particulière à l’approche favorisant l’interdépendance entre l’aide humanitaire, le développement et la paix. Lors du deuxième Forum mondial pour les réfugiés en décembre 2023, le Japon a également lancé un engagement multipartite (en anglais) sur le nexus entre l’aide humanitaire, le développement et la paix, une plateforme de collaboration entre les pays donateurs, les pays d’accueil, les organisations internationales et autres.
Le Japon s’efforce également de s’attaquer à la racine des crises qui provoquent les déplacements et les migrations. En fournissant une aide visant à soutenir le développement de l’autonomie, il contribue à renforcer la résilience des nations et à stabiliser les sociétés à moyen et long terme. Lors de la 8e Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique en 2022, le Japon s’est engagé à investir 30 milliards de dollars américains sur trois ans dans des domaines tels que la promotion des investissements, le financement du développement et le développement des ressources humaines.
En tant que quatrième pays d’accueil de réfugiés au monde en 2024 et deuxième donateur humanitaire bilatéral, l’Allemagne continue d’axer ses efforts sur la satisfaction des besoins des personnes déplacées de force dans le monde entier. En 2024, l’Allemagne était également le deuxième donateur bilatéral du HCR, avec un financement de 322 millions d’euros, dont 270 millions ont été consacrés à des actions humanitaires. Le pays était également le cinquième donateur bilatéral de l’OIM, avec plus de 39 millions d’euros consacrés à ses actions humanitaires.
Outre l’aide humanitaire, l’Allemagne accorde une aide au développement bilatérale et multilatérale. De 2015 à 2024, elle a soutenu les réfugiés, les migrants, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les communautés d’accueil au moyen d’une aide au développement transitoire et d’une coopération internationale au développement, ainsi que par des programmes tels que l’initiative spéciale Personnes déplacées et pays d’accueil (en anglais). Ce soutien s’est concentré sur :
- la réponse aux besoins humanitaires;
- l’amélioration des conditions de vie;
- le renforcement de la participation socio-économique;
- la promotion de l’emploi;
- l’offre d’un soutien psychosocial;
- le renforcement de la résilience;
- la prévention de la violence sexuelle et fondée sur le genre.
Entre 2022 et 2024, l’Allemagne a également fourni plus de 1,3 milliard d’euros pour soutenir les migrants et les réfugiés dans le cadre de son initiative spéciale Personnes déplacées et pays d’accueil.
La France fournit une aide humanitaire pour les interventions d’urgence et la stabilisation, tout en répondant aux besoins à long terme des personnes déplacées et des communautés d’accueil grâce à des instruments financiers flexibles. Ceux-ci vont de la réponse rapide aux crises aux efforts de stabilisation post-crise. Au cours de l’exercice 2023 à 2024, la France a alloué près de 200 millions d’euros à l’aide humanitaire pour les migrations et les déplacements. De 2017 à 2024, l’aide humanitaire et au développement de la France à l’égard des migrations et des déplacements a atteint plus d’un milliard d’euros.
En outre, la France a élaboré une stratégie nationale pour les migrations et le développement durable (2023 à 2030). Celle-ci propose une approche globale à l’égard des migrations et propose un large éventail d’activités, qu’il s’agisse du soutien à la diaspora ou encore du renforcement des capacités des États en matière de gouvernance des migrations, de mobilité légale, de protection, de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants, en plus d’assurer le retour et la réintégration dignes et durables. Par exemple, le projet Mujeres echando raíces, doté de 7 millions d’euros, mis en œuvre par Expertise France, contribue à l’intégration des femmes migrantes vénézuéliennes à Quito, en Équateur, et à Cali, en Colombie. En améliorant les conditions de vie des personnes, ce projet soutient quatre ODD clés : éliminer la pauvreté, promouvoir l’égalité des sexes, favoriser un travail décent et une croissance économique, et réduire les inégalités.
Depuis 2021, l’Italie a versé 3,2 millions d’euros au programme Santé et migration (en anglais) de l’OMS afin de protéger les droits des réfugiés et des migrants en matière de santé et de faire progresser la couverture santé universelle. Dans le cadre de cette initiative, un examen des systèmes de santé a été réalisé dans plusieurs pays, notamment en Afrique du Sud, en Bulgarie, au Chili, en Estonie, en Jordanie, en Ouganda, en Tchéquie et en Thaïlande afin d’évaluer la capacité de ces pays à répondre aux besoins sanitaires des réfugiés et des migrants.
Depuis 2021, l’Italie participe à un partenariat visant à lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains le long de la route méditerranéenne centrale. Mis en œuvre par l’OIM et soutenu par une contribution de 2 millions d’euros de l’Italie, ce partenariat vise à renforcer les services de protection, notamment le retour et la réintégration, ainsi que l’aide directe aux migrants vulnérables en Algérie.
Entre 2022 et 2024, le Royaume-Uni a financé une série de programmes et d’organisations qui aident les personnes déplacées et les communautés d’accueil. Ces fonds comprenaient :
- 3,5 millions de livres sterling au Fonds pour les solutions aux déplacements internes afin de soutenir les efforts visant à trouver des solutions durables pour 10 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays;
- 4 millions de livres sterling au Mécanisme mondial de financement concessionnel pour accorder des prêts concessionnels aux pays à revenu intermédiaire pour des projets de développement qui soutiennent les réfugiés et les communautés d’accueil;
- 3,2 millions de livres sterling pour permettre au Inclusion Support Programme for Refugee Education de la Banque mondiale (en anglais) d’aider les gouvernements d’accueil et d’autres acteurs nationaux et locaux à intégrer les enfants réfugiés dans les systèmes d’éducation nationaux;
- 267 millions de dollars américains au HCR pour aider et protéger les réfugiés;
- 346 millions de dollars américains à l’OIM pour protéger et aider les personnes déplacées et celles bloquées par des crises, soutenir le rétablissement et atténuer les facteurs de déplacement et de migration.
De 2022 à 2024, le Canada a fourni plus de 265 millions de dollars canadiens d’aide humanitaire au HCR. Cette aide a permis de soutenir des mesures de protection telles que l’enregistrement légal, l’accès au droit d’asile, les abris d’urgence et les services essentiels. Ce financement a été complété par des efforts de défense des intérêts et un engagement multilatéral continus visant à appuyer les réfugiés et à lutter contre les déplacements de population. Par exemple, dans le cadre de sa présidence du Conseil économique et social des Nations Unies en 2024, le Canada a donné la priorité à la lutte contre les défis liés aux déplacements, en réunissant les États membres ainsi que les acteurs humanitaires et du développement afin de fournir une aide d’urgence efficace aux personnes déplacées.
Lors du Forum mondial sur les réfugiés en décembre 2023, le Canada a annoncé près de 40 engagements et a contribué à plus de 14 initiatives multipartites alignées sur le Pacte mondial sur les réfugiés. Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (PMM) est le premier accord intergouvernemental négocié qui aborde toutes les dimensions des migrations internationales. En tant que l’un des 40 pays champions du PMM, le Canada fait progresser la mise en œuvre de l’accord et favorise les meilleures pratiques en matière de gouvernance des migrations. En 2025, le Canada a coprésidé l’initiative des pays champions du PMM aux côtés de l’Équateur, contribuant à orienter le dialogue et la coopération à l’échelle régionale et internationale sur la politique migratoire.
Apport d’aide aux pays d’origine et de transit en Afrique, au Moyen-Orient et dans les régions avoisinantes
Au cours de la dernière décennie, l’UE, en collaboration avec ses pays partenaires, a apporté une contribution substantielle à la lutte contre les migrations et les déplacements forcés. Entre 2015 et 2025, le Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique a investi 5 milliards d’euros pour répondre aux besoins urgents des migrants, des personnes déplacées de force et des communautés touchées. En améliorant l’accès aux services de base et en stimulant les possibilités d’emploi, en particulier pour les jeunes, l’UE a soutenu les efforts des pays partenaires dans l’offre de solutions alternatives à la migration irrégulière. Elle s’est également efforcée de raffermir le lien entre l’aide humanitaire, le développement et la paix.
L’Italie est souvent le premier pays où arrivent les migrants qui se rendent en Europe par les routes méditerranéennes. Il y a eu plus de 157 000 arrivées dans la seule année 2023, et plus de 66 000 en 2024. Pour remédier à cette situation, l’Italie a lancé une nouvelle collaboration entre les pays d’origine, de transit et de destination. Elle a également intensifié ses initiatives dans les pays prioritaires d’Afrique du Nord, de la région du Sahel, du Moyen-Orient et des Balkans, en accordant 33 millions d’euros aux agences concernées des Nations Unies en 2023, et 38 millions d’euros supplémentaires en 2024. En 2024, l’Italie a également alloué un total de 32 millions d’euros à diverses initiatives visant à soutenir les populations déplacées dans des pays africains tels que l’Algérie, l’Éthiopie, la Libye, la République centrafricaine et le Soudan.
Grâce à une contribution de 900 000 euros au Programme intégré pour un recrutement équitable (en anglais), mis en œuvre par l’OIT, l’Italie promeut des pratiques de recrutement équitables à l’échelle mondiale et dans certains couloirs migratoires ciblés en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, en particulier en Côte d’Ivoire. Au cours de l’exercice 2022 à 2023, l’Italie a également contribué au financement du projet de l’OIM en Côte d’Ivoire intitulé Provide Direct Assistance to Smuggled Migrants and Victims of Trafficking (en anglais). Une approche sensible au genre est utilisée dans le cadre de ce projet pour renforcer les capacités et les mécanismes institutionnels de lutte contre la traite des êtres humains et le trafic de migrants.
Depuis 2017, la France a alloué 300 millions d’euros à la mise en œuvre d’infrastructures et de projets visant à soutenir les personnes vulnérables, notamment les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées et les communautés d’accueil en Afrique et au Moyen-Orient, par l’intermédiaire du Fonds paix et résilience Minka. Cet outil de l’AFD est dédié à la consolidation de la paix dans le cadre de la stratégie française Prévention, résilience et paix durable.
En 2023, le Royaume-Uni a versé 465 millions de livres sterling d’APD bilatérale aux 10 principaux pays en développement accueillant des réfugiés. Il s’agit d’une augmentation substantielle par rapport à sa contribution de 371 millions de livres sterling en 2022. Ce financement comprenait plus de 1,2 million de livres sterling pour l’Afrique et 37 millions de livres sterling pour le Moyen-Orient. En 2024, le Royaume-Uni a versé 2,4 millions de livres sterling au programme Migration et développement en Afrique du Nord (en anglais) afin de soutenir les migrants dans les pays de transit. Il a également versé 18 millions de livres sterling au programme Meilleure gestion régionale des migrations (en anglais) afin d’apporter une aide au développement dans les pays d’origine des migrants potentiels et des rapatriés. Cela comprenait le renforcement des droits des migrants, ainsi qu’un soutien aux moyens de subsistance grâce à des formations professionnelles et commerciales.
Depuis 2012, le Japon a fourni plus de 3,5 milliards de dollars américains à la Syrie et aux pays voisins. À l’automne 2024, il a également accordé une aide d’urgence de 10 millions de dollars américains à ce pays en raison de la détérioration de la situation humanitaire. Cette aide a été mise en œuvre par l’intermédiaire du HCR, du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, de l’UNICEF et du PNUD afin de fournir des abris, des services de protection, de la nourriture et des articles non alimentaires, et d’améliorer la gestion de l’eau.
Par l’intermédiaire de la Société allemande pour la coopération internationale, le Canada octroie près de 20,3 millions de dollars au projet Formation et insertion professionnelle des réfugiés, déplacés internes et personnes vulnérables entre 2022 et 2027. Ce projet vise à améliorer l’intégration socio-économique des populations déplacées et réfugiées, ainsi que d’autres populations vulnérables, dans les communautés d’accueil des régions de Bamako, de Kayes, de Mopti et de Ségou, au Mali. En mars 2024, il avait permis :
- d’offrir une formation professionnelle à plus de 1 400 personnes;
- de mettre en place des activités génératrices de revenus pour plus de 330 personnes, dont la plupart étaient des femmes;
- d’apporter un soutien à l’entrepreneuriat et un financement pour des plans d’affaires à plus de 420 personnes;
- d’élaborer 22 plans municipaux qui tiennent compte des questions de genre et intègrent les besoins des groupes cibles;
- de mettre en œuvre six initiatives inclusives visant à renforcer la cohésion sociale.
Ces activités renforcent la résilience économique et la cohésion sociale entre les populations déplacées et les communautés d’accueil dans les régions ciblées.
Au Liban, le soutien du Canada au projet Renforcement du pouvoir économique des femmes (en anglais) renforce l’autonomie économique des femmes libanaises et des réfugiées syriennes grâce à un soutien aux entreprises, à la formation et à l’engagement communautaire. Par exemple, le Fonds pour l’égalité des genres au Mashreq (en anglais) et l’initiative pour les petits exploitants agricoles de l’ONUAA ont aidé les femmes déplacées en milieu rural en leur fournissant des apports agricoles et des trousses pour micro-entreprises. Ces projets ont connu des difficultés en raison de l’effondrement économique et de l’instabilité politique du Liban, mais ils se sont adaptés en favorisant une gouvernance locale inclusive et en intégrant des approches sensibles au genre. Les programmes ont mis l’accent sur le rétablissement des moyens de subsistance et le renforcement de la sécurité alimentaire des populations déplacées et réfugiées.
En Jordanie, le Canada a veillé à assurer l’accès à l’éducation pour les enfants réfugiés. Par exemple, le soutien du Canada à l’Initiative pour accélérer l’accès et au projet Éducation pour la prospérité de la Jordanie a permis aux enfants du pays de fréquenter les écoles publiques, de recevoir des manuels scolaires et de bénéficier d’environnements d’apprentissage inclusifs. Le financement canadien du projet Services municipaux et résilience sociale a amélioré la prestation de services et stimulé la création d’emplois dans les communautés d’accueil, favorisant ainsi la cohésion sociale entre les Jordaniens et les réfugiés syriens. En outre, les fonds alloués par le Canada au projet Soutenir l’intégration de la dimension de genre dans les systèmes du gouvernement jordanien ont permis d’aider les femmes vulnérables, y compris les réfugiées, grâce aux centres Oasis qui offraient des opportunités en matière de subsistance et d’éducation, ainsi que des services de prévention de la violence fondée sur le genre.
Canada : Collaborer avec les communautés d’accueil pour appuyer les migrants latino-américains
En Amérique latine, le Canada priorise la protection des migrants vulnérables, plus particulièrement les Vénézuéliens, en collaborant avec les pays d’origine, de transit et de destination afin de gérer les migrations à grande échelle et les déplacements forcés. Dans le cadre du projet Promotion des droits des réfugiés et migrants vénézuéliens en Amérique latine et dans les Caraïbes, le Canada a aidé l’OIM à former 1 150 parties prenantes colombiennes et à enregistrer 44 000 Vénézuéliens en vue de l’obtention du statut de protection temporaire.
En 2023, le Canada s’est engagé à verser 75 millions de dollars canadiens sur six ans pour renforcer les systèmes de protection et d’asile, promouvoir les voies de migration régulières et la mobilité de la main-d’œuvre, et soutenir l’intégration socio-économique dans plusieurs pays, notamment le Brésil, la Colombie, le Costa Rica, l’Équateur, le Mexique, le Panama et le Pérou.
Dans le cadre de l’initiative Promotion des droits des réfugiés et migrants vénézuéliens en Amérique latine et dans les Caraïbes, le Canada a renforcé la capacité de la Colombie à prévenir l’exploitation sexuelle des enfants migrants, en particulier des filles, et à répondre à cette réalité, en améliorant l’accès aux protocoles de protection et aux services de santé. Au Pérou, l’initiative a élargi l’accès aux services de documentation et de régularisation pour les migrants vénézuéliens, facilitant ainsi leur intégration et leur protection.
Figure 27: Aide d'urgence aux pays en développement en Afrique, au Moyen-Orient et dans d'autres régions, l'année 2019 par rapport à 2023

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Total du G7 en millions de dollars américains | |||||
|---|---|---|---|---|---|
Année | Catégorie | Afrique | Moyen-Orient | Autres pays en développement | Pays développement total |
2019 | Aide matérielle d’urgence | 1 344,0 $ | 1 803,5 $ | 4 215,7 $ | 7 363,3 $ |
Aide alimentaire d'urgence | 2 770,9 $ | 1 647,1 $ | 462,0 $ | 4 880,0 $ | |
Coordination des secours et services d'assistance | 1 042,8 $ | 809,3 $ | 444,5 $ | 2 296,6 $ | |
2023 | Aide matérielle d'urgence | 2 505,3 $ | 1 312,1 $ | 5 420,5 $ | 9 237,9 $ |
Aide alimentaire d’urgence | 2 407,8 $ | 1 383,3 $ | 688,3 $ | 4 479,4 $ | |
Coordination des secours et services d'assistance | 3 636,8 $ | 1 892,3 $ | 3 439,6 $ | 8 968,7 $ | |
Source : Système de notification des pays créanciers du CAD-OCDE – équivalent-don
42. Facteurs de migration
« Dans le cadre du premier pilier, nous redoublerons d’efforts pour nous attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés, comme les conflits, l’instabilité politique, la pauvreté, la criminalité, la corruption et les violations des droits de la personne. Nous reconnaissons également que les changements climatiques multiplient les risques, recoupant et exacerbant les autres facteurs de mobilité. Nous avons pour objectif de favoriser l’établissement de partenariats globaux et équitables entre les pays d’origine, de transit et de destination afin d’ouvrir la voie à des solutions structurelles à long terme qui contribuent au développement durable, à la résilience et à la stabilité. Nous renforcerons la collaboration et les efforts régionaux pour soutenir la gouvernance et les conditions économiques, sociales et environnementales, permettant à toutes les personnes de vivre et de s’épanouir dans leur pays, en préservant leur sécurité, leurs droits et leur dignité. À cet égard, nous reconnaissons que les pays d’origine et les pays et communautés accueillant un grand nombre de migrants et de réfugiés peuvent avoir besoin d’une aide financière internationale pour soutenir le développement, l’aide humanitaire, la sécurité, la santé publique, l’éducation et l’emploi. Pour ce faire, nous mettrons à contribution nos politiques et nos actions afin de nous attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière. » — Déclaration des dirigeants du G7, Pouilles, Italie, 2024, page 25
« Nous convenons d’établir des partenariats pour aider les pays à créer les conditions à l’intérieur de leurs propres frontières qui répondent aux facteurs de migration, puisqu’il s’agit de la meilleure solution à long terme […] nous protégerons la valeur des aspects positifs d’une migration sûre, ordonnée et normale. » — Communiqué des dirigeants du G7, Taormine, Italie, 2017, paragraphe 25
Le G7 reste déterminé à s’attaquer aux facteurs qui contribuent à la migration irrégulière et aux déplacements forcés, tels que les conflits, les changements climatiques, les catastrophes environnementales et la pauvreté, et à coordonner les actions à long terme. Entre 2022 et 2024, le Royaume-Uni a contribué à hauteur d’environ 47,5 millions de livres sterling à la lutte contre les facteurs de migration. Son Fonds intégré pour la sécurité (en anglais), doté de 16 millions de livres sterling, a permis aux pays d’origine et de transit de jouer le rôle de gestionnaire des migrations, notamment en renforçant leurs capacités et leurs moyens nationaux. Le Royaume-Uni a également fourni plus de 20 millions de livres sterling au programme Better Regional Migration Management, qui vise à rendre les migrations interrégionales en Afrique orientale et dans la Corne de l’Afrique plus productives en :
- renforçant l’utilisation des données dans les systèmes d’information et les politiques du marché du travail;
- améliorant la gouvernance de la migration de main-d’œuvre et la reconnaissance des compétences;
- protégeant les travailleurs migrants contre l’exploitation et les violences.
Grâce à sa contribution de 2,4 millions de livres sterling au projet Migration et développement en Afrique du Nord (en anglais) en 2024, le Royaume-Uni a contribué à faire tomber les barrières entre les migrants et les communautés d’accueil en Algérie, en Égypte et en Tunisie. Le programme propose des formations visant à améliorer l’employabilité des migrants et à faciliter leur accès à l’aide humanitaire et à la protection sociale. La contribution de 5 millions de livres sterling du Royaume-Uni au Fonds d’affectation spéciale pluripartenaire pour la migration des Nations Unies soutient également l’adoption d’approches migratoires qui profitent aux communautés d’origine, de transit et de destination, ainsi qu’à la vie des migrants. Ce fonds fiduciaire rassemble l’ensemble du système des Nations Unies, sous l’égide du Réseau des Nations Unies sur les migrations. Il travaille également main dans la main avec des partenaires nationaux pour mettre en œuvre la vision du Pacte mondial des Nations Unies pour les migrations.
Depuis l’adoption du règlement relatif à l’IVCDCI – Europe dans le monde en 2021, l’UE s’est attaquée aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés et les a atténuées de manière plus ciblée. Elle a modifié la manière dont elle calcule les allocations de ressources prévues ou planifiées pour les activités liées à la migration, ainsi que les mesures directes qu’elle prend pour relever les défis liés à la migration et aux déplacements forcés.
Cette réglementation a également donné naissance au Fonds européen pour le développement durable plus, qui soutiendra les investissements et améliorera l’accès au financement dans ces domaines. De 2015 à 2025, son prédécesseur, le Fonds fiduciaire de l’UE pour l’Afrique, a soutenu des actions visant à renforcer la résilience des communautés touchées par les migrations forcées et à promouvoir les possibilités économiques et les perspectives d’emploi. Par l’intermédiaire d’organisations telles que le Centre commun de recherche, l’UE a aussi appuyé la recherche afin de mieux comprendre les facteurs de migration.
L’approche de l’Allemagne pour lutter contre les facteurs qui contribuent à la migration et au déplacement de population est étroitement liée à celle de l’UE. Elle combine l’aide au développement, le soutien aux réfugiés, la stabilisation des régions d’accueil et les programmes de retour et de réintégration. En 2024, l’Allemagne a investi plus de 8 milliards d’euros pour s’attaquer aux causes profondes des déplacements et de la migration irrégulière, augmentant ainsi ses dépenses annuelles de 1,3 milliard d’euros par rapport à 2017. L’Allemagne a également versé plus de 17 millions d’euros au Fonds d’affectation spéciale pluripartenaire pour la migration des Nations Unies depuis la création du fonds en 2019.
Le Japon apporte une contribution significative au soutien des réfugiés et des migrants, ainsi qu’aux pays et communautés d’accueil. Au cours du seul exercice 2022 à 2023, le Japon a fourni environ 455 millions de dollars américains au HCR et à l’OIM. Le Japon alloue également diverses formes d’aide pour contribuer à résoudre les causes profondes de l’immigration en provenance d’Amérique centrale, telles que la pauvreté, l’insécurité et les catastrophes naturelles. En outre, il a accordé plus de 200 millions de dollars américains au Myanmar depuis le coup d’État de février 2021. Cette aide a notamment été acheminée par l’intermédiaire du HCR et d’autres partenaires qui fournissent de la nourriture, du matériel médical, des abris et des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement aux personnes dans le besoin.
Depuis près de 20 ans, la contribution de la France au Programme d’appui aux initiatives de solidarité pour le développement soutient des projets inspirés par la diaspora sénégalaise. Ces initiatives comprennent la construction d’écoles, le soutien aux centres de santé, l’accès à l’eau potable et l’aide à la création d’entreprises. La France a renouvelé son soutien à cette initiative, en s’engageant à verser un total de 8 millions d’euros entre 2023 et 2027.
Le projet TADY - TAntsoroka ho an’ny Diaspora de la France, d’un montant de 6 millions d’euros, mis en œuvre par l’AFD, soutient et met en valeur l’apport des femmes au développement de Madagascar et au dynamisme de la diaspora. Le projet contribue à créer des conditions favorables au développement durable à Madagascar et s’attaque ainsi aux causes profondes de la migration irrégulière et forcée. Il contribue également à réduire les inégalités entre les genres dans le pays.
De 2022 à 2024, la France a également présidé le Forum mondial sur la migration et le développement (en anglais) et a accueilli son 15e sommet en janvier 2024, lequel était centré sur l’impact du changement climatique sur les mobilités humaines.
Dans le cadre du processus de Rome et du Plan Mattei, l’Italie contribue à l’élaboration d’une nouvelle génération d’instruments financiers visant à promouvoir des possibilités d’investissement et à favoriser une croissance économique durable en Afrique. Le Mécanisme de financement du processus de Rome et du Plan Mattei est un fonds spécial géré par le Groupe de la Banque africaine de développement qui finance des infrastructures durables. En septembre 2024, le Royaume-Uni s’est également engagé à verser 4 millions de livres sterling au processus de Rome.
L’Italie soutient également des initiatives dans les pays partenaires visant à lutter contre la migration irrégulière. Citons par exemple l’initiative Stratégie gouvernementale pour la prévention de la migration irrégulière par la création de possibilités de développement territorial et individuel (en anglais) au Salvador. Ce projet poursuit un triple objectif : sensibiliser les populations locales aux risques de la migration irrégulière, créer de nouvelles possibilités socio-économiques, et renforcer les stratégies de codéveloppement.
Le Canada fournit 43 millions de dollars canadiens entre 2023 et 2026 pour renforcer les capacités institutionnelles des gouvernements à concevoir et à mettre en œuvre des mesures de préparation aux risques climatiques tenant compte des questions de genre, notamment grâce à des solutions innovantes basées sur le marché, telles que l’assurance contre les risques mutualisée au niveau continental. Les pays en développement peuvent ainsi disposer de mécanismes bonifiés de financement et de protection des risques tenant compte des questions de genre afin de se prémunir contre les risques climatiques. En outre, ces mesures permettent de faire en sorte que les interventions précoces et respectueuses de la nature, financées par des mécanismes de financement des risques climatiques, aident les femmes et les hommes vivant dans des régions vulnérables aux changements climatiques à maintenir leur sécurité alimentaire et à protéger leurs moyens de subsistance en cas de chocs climatiques.
En 2025, le Canada a également contribué au Fonds d’affectation spéciale pluripartenaire pour la migration des Nations Unies afin de soutenir des programmes dans le monde entier visant à favoriser des migrations sûres, ordonnées et régulières, y compris en luttant contre les migrations irrégulières, en assurant la gestion des frontières et en combattant la criminalité transnationale.
En investissant 24 millions de dollars canadiens entre 2023 et 2026, le Canada améliore la capacité des gouvernements et des acteurs du secteur privé à accéder aux instruments de financement des risques liés aux catastrophes climatiques. Ce financement renforce également la protection contre les chocs climatiques en bonifiant la préparation et la réponse aux catastrophes climatiques.
Le Canada verse 17 millions de dollars canadiens entre 2023 et 2026 pour soutenir la planification et la gestion des risques de catastrophe des États membres de l’Union africaine, afin qu’ils puissent mieux réagir aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux catastrophes naturelles. Ce financement renforce également la participation des ministères chargés de l’égalité des genres, de la société civile et des organisations de défense des droits des femmes aux mécanismes nationaux de gestion des risques de catastrophe, et ce, en vue de veiller à ce que les groupes vulnérables, tels que les femmes et les enfants, soient pris en compte et impliqués dans la planification et la mise en œuvre des mesures d’intervention en cas de catastrophe.
Établissement de partenariats clés pour soutenir les pays d’origine et les pays de destination
Le Japon participe au programme UPLIFT (en anglais). Mis en œuvre par l’OIM et l’OIT, ce programme soutient la migration et la réintégration sûres et régulières, ainsi que l’amélioration des compétences des personnes qui souhaitent migrer, des migrants de retour dans leur pays d’origine, et des victimes de la traite des êtres humains au Sri Lanka. En Thaïlande, le programme renforce également l’autonomie des travailleurs migrants vulnérables en leur offrant une assistance juridique.
La France continue de mettre l’accent sur la maximisation de l’impact positif de la migration dans les pays d’origine et de transit. Par exemple, la contribution de 6 millions d’euros de la France à la Coopération régionale des politiques migratoires améliore la gouvernance institutionnelle de la migration et encourage la recherche menée par la société civile aux niveaux national et régional en Côte d’Ivoire, en Guinée et au Sénégal. Cet objectif est atteint grâce à la mise en place de mécanismes nationaux de mobilisation de la diaspora et à la promotion d’un cadre régional pour le dialogue stratégique et opérationnel. Grâce à son programme Talents en commun, la France permet à des experts et à des cadres supérieurs ayant un lien fort avec l’Afrique, y compris des membres de la diaspora euro-africaine, d’effectuer des missions de service public dans une administration ou une entreprise publique, à la demande d’un État partenaire africain.
Depuis 2021, le gouvernement fédéral allemand organise régulièrement des dialogues sur la politique de développement avec ses organisations-cadres qui soutiennent les migrants, de manière à les impliquer activement dans la création conjointe de politiques et la conception de programmes. En 2023, il a approuvé l’objectif 19 du Pacte mondial pour les migrations, ce qui a conduit à l’élaboration d’une déclaration de principes de la diaspora contenant des recommandations pour une plus grande implication et un meilleur soutien de la diaspora en Allemagne.
L’Allemagne a aussi été le premier pays européen à créer un conseil consultatif des réfugiés, qui formule des conseils sur l’intégration nationale et participe à des forums mondiaux, comme que le Comité exécutif du Programme du Haut-Commissaire des Nations Unies.
L’Allemagne soutient également le développement mené par la diaspora dans les pays partenaires au moyen de financements, de renforcement des capacités, de missions professionnelles temporaires et d’aide aux entrepreneurs de la diaspora, favorisant ainsi l’innovation et la croissance économique dans les pays d’origine.
Grâce à la plateforme numérique WIDU.africa, l’Allemagne a encouragé les investissements de la diaspora dans les micro et petites entreprises au Cameroun, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Togo et en Tunisie. Depuis novembre 2019, elle a fourni à plus de 6 000 entreprises 10,7 millions d’euros d’investissements privés.
Depuis 2017, avec l’aide de l’Allemagne, les organisations de la diaspora ont mis en œuvre 188 projets. Au total, 168 entreprises ont été créées et 466 autres ont reçu de l’aide, et les institutions et employeurs locaux ont bénéficié des services de plus de 760 professionnels de la diaspora. L’Allemagne a financé un forum annuel de la diaspora ainsi que d’autres discussions afin de répondre au besoin de dialogue, de mise en réseau et d’apprentissage mutuel au sein de la communauté de la diaspora. Elle plaide également en faveur de l’inclusion des acteurs de la diaspora dans les dialogues multipartites avec les gouvernements partenaires et le secteur privé, renforçant ainsi leur rôle en tant que partenaires clés du développement.
En 2024, l’UE a lancé la deuxième phase de son Fonds mondial pour la diaspora. L’objectif est de permettre aux membres de la diaspora de devenir des agents de développement en renforçant l’engagement entre les gouvernements et la diaspora. En outre, l’UE s’est associée au Fonds international de développement agricole pour maximiser la contribution des envois de fonds des migrants au développement. Cela comprenait la promotion de l’inclusion financière et de la participation des migrants et des membres de la diaspora dans les investissements ruraux dans leurs communautés d’origine, dans le cadre des programmes de la Plateforme pour les envois de fonds, les investissements et l’entrepreneuriat des migrants en Afrique (PRIME) et PRIME Asie centrale. L’UE a également encouragé la coopération entre les pays en développement du Sud afin de renforcer l’engagement de la diaspora en Afrique occidentale et septentrionale.
Afin d’aider à l’intégration des nouveaux arrivants, le gouvernement canadien finance 520 organisations qui offrent des services d’établissement partout au Canada, notamment :
- des services d’information et d’orientation;
- de la formation linguistique;
- des services liés à l’emploi.
À partir de 2025, le Canada versera 3,2 milliards de dollars canadiens pour soutenir ces programmes au cours des trois prochaines années.
Le Canada répond également aux besoins immédiats et essentiels des réfugiés qui arrivent dans le pays et sont pris en charge par le gouvernement. Cela comprend leur accueil à l’aéroport, la mise à disposition d’un hébergement temporaire et une aide à la recherche d’un logement permanent. En outre, ces réfugiés peuvent bénéficier d’une aide financière, généralement pendant un an après leur arrivée, notamment pour les frais liés à l’installation dans un nouveau logement et une aide mensuelle pour le logement et les besoins de base.
Le Canada reconnaît également l’utilité du renforcement des capacités comme outil pour créer des partenariats et promouvoir une plus grande coopération entre les pays d’origine et de destination. Par exemple, il a alloué un financement de 1,7 million de dollars canadiens à l’OIM pour aider à établir des accords binationaux de mobilité de la main-d’œuvre, afin de permettre aux migrants d’apporter une contribution positive aux pays de transit et de destination. De même, le Canada a également appuyé un certain nombre d’autres initiatives qui soulignent l’importance des partenariats entre pays ainsi que l’apport positif des migrants. Il s’agit notamment de soutenir des initiatives de recrutement équitables et éthiques aux Philippines, ainsi que la certification et la recertification des compétences dans divers pays d’Amérique latine.
XI. Aide humanitaire
L’aide humanitaire sauve des millions de vies chaque année et contribue à créer un monde plus sûr. Elle constitue une bouée de sauvetage vitale pour les personnes du monde entier qui sont confrontées à des crises mettant leur vie en danger. Le besoin de cette aide n’a jamais été aussi grand, car les conflits et les changements climatiques provoquent des famines, des déplacements de population et des destructions sans précédent.
Selon les Nations Unies, en 2025, 305 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente en raison de l’escalade des crises. L’insécurité alimentaire est en hausse, 280 millions de personnes étant confrontées à une famine aiguë. La famine s’aggrave à Gaza, en Haïti, au Soudan et au Soudan du Sud. Le monde se rapproche d’un réchauffement de 1,5 °C, ce qui entraîne des catastrophes naturelles plus graves. En fait, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée, et 90 millions de personnes vivant dans des zones climatiques à haut risque ont été déplacées.
Alors que le nombre de crises augmente dans le monde, la communauté internationale ne parvient pas à répondre aux besoins croissants en matière d’aide. En 2024, bon nombre des principaux donateurs mondiaux ont considérablement réduit leur financement humanitaire international, et de nouvelles réductions sont attendues cette année. En fait, l’aide humanitaire a diminué d’environ 9,6 % en 2024, pour atteindre 24,2 milliards de dollars américains. Le G7 reste déterminé à répondre aux besoins des populations confrontées à des crises humanitaires dans le monde entier. Cela comprend le soutien à une refonte du système humanitaire mondial afin de mettre en place une approche plus efficace, plus judicieuse et davantage axée sur les initiatives locales pour faire face aux crises humanitaires.
43. Accroissement de l’aide humanitaire
« Nous sommes déterminés à répondre au nombre sans précédent de crises humanitaires, en ciblant en priorité les femmes, les filles et les personnes en situation de vulnérabilité. Dans cette perspective, nous nous engageons à mobiliser plus de 21 milliards de dollars pour répondre aux crises humanitaires qui se sont aggravées cette année, notamment pour répondre aux crises alimentaires urgentes. » — Communiqué des dirigeants du G7, Hiroshima, Japon, 2023, paragraphe 16
En 2023, les pays du G7 ont fourni collectivement 21,8 milliards de dollars américains d’aide humanitaire, dépassant ainsi l’engagement pris lors du sommet du G7 à Hiroshima en 2023. La majeure partie de ce financement provenait des États-Unis (62 %), tandis que 18 % provenaient de l’Allemagne, qui a contribué à hauteur de plus de 2,99 milliards d’euros.
Figure 28: Financement humanitaire du G7 déclaré au Services de suivi financier du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies en 2023

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| Pays | Financement total déclaré (en millions de dollars américains) | Pourcentage du financement du G7 |
|---|---|---|
Canada | 715,4 $ | 3 % |
Italie | 235,0 $ | 1 % |
France | 897,4 $ | 4 % |
Allemande | 3 970,0 $ | 18 % |
Japon | 1 450,0 $ | 7 % |
Royaume-Uni | 1 080,0 $ | 5 % |
États-Unis | 13 470,0 $ | 62 % |
Total | 21 817,8 $ | 100 % |
Source : Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies – Service de surveillance financière
Le budget humanitaire total de la France pour 2025 s’élève à environ 500 millions d’euros, qui sont alloués à des organisations de la société civile et à des organisations internationales. Les priorités de la France sont définies dans la Stratégie humanitaire de la France (2023-2027). Le gouvernement français concentre son aide sur les crises humanitaires majeures telles que celles qui se déroulent à Gaza, en République démocratique du Congo, au Soudan et en Ukraine, ainsi que sur les crises sous-financées et « oubliées », comme celles en Afghanistan, au Bangladesh, en Haïti et au Myanmar.
En 2023, le Royaume-Uni a fourni 882 millions de livres sterling d’aide humanitaire. Conformément à son cadre humanitaire, le Royaume-Uni a axé ses efforts sur les éléments suivants :
- donner la priorité à l’aide humanitaire aux personnes qui en ont le plus besoin et leur fournir les ressources les plus essentielles pour se remettre des crises;
- protéger les personnes les plus exposées aux risques, notamment contre les violences sexuelles liées aux conflits et les obstacles à l’aide humanitaire;
- prévenir et anticiper les chocs futurs et renforcer la résilience dans les crises de longue durée en s’attaquant aux causes profondes des crises, de l’instabilité et de l’insécurité alimentaire extrême.
Sur les 198,5 millions d’euros que l’Italie a consacrés aux interventions humanitaires en 2023, 52 % ont été alloués à des organisations de la société civile, tandis que le reste a servi à financer des organisations internationales. Ce financement a permis de soutenir toute une série d’initiatives humanitaires, principalement en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient. Plus d’un tiers des initiatives approuvées étaient multisectorielles, un autre tiers concernait des activités de secours, et 13 % soutenaient des mesures de protection.
En 2023, le Japon a fourni près de 1,8 milliard de dollars américains d’aide humanitaire. Cette aide s’est concentrée sur la réponse à la crise humanitaire en cours en Ukraine et le soutien aux pays voisins touchés par le conflit en Ukraine. Le Japon a également déployé des efforts concertés pour accorder une aide humanitaire à Gaza.
En 2023, le Canada a fourni plus de 715 millions de dollars américains en aide humanitaire. Cette aide comprenait diverses formes de soutien aux populations vulnérables et touchées par la crise, telles que :
- de l’aide alimentaire et nutritionnelle d’urgence;
- des services de santé d’urgence;
- du soutien en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène;
- des abris.
Le Canada a continué de répondre à des situations humanitaires à grande échelle et en détérioration, comme celles en Haïti, en Palestine, au Soudan et en Ukraine.
En tant que principal donateur humanitaire, l’UE a fourni une aide de 2,42 milliards d’euros en 2023 et de 2,5 milliards d’euros en 2024 pour répondre aux besoins dans le monde entier. Par exemple, par l’intermédiaire de la Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes (DG ECHO), la Commission européenne a répondu aux crises majeures en Palestine, au Soudan et en Ukraine, ainsi qu’aux crises oubliées en Haïti, au Mozambique, aux Philippines et parmi les réfugiés sahraouis.
Avec ses États membres, l’UE a contribué à hauteur de 32,6 % au financement humanitaire mondial en 2023 et de 27,4 % en 2024. La DG ECHO s’est également employée à faire respecter le droit international humanitaire et à assurer l’accès aux personnes dans le besoin. En 2024, elle a lancé l’initiative Protéger les travailleurs humanitaires (en anglais) afin de soutenir le personnel humanitaire en danger, renforçant ainsi l’engagement de l’UE en faveur d’une action fondée sur des principes et visant à sauver des vies dans le monde entier.
Prise de mesures diplomatiques pour veiller à ce que toutes les parties respectent le droit international humanitaire
La défense des principes humanitaires et la promotion du droit international humanitaire sont au cœur des priorités humanitaires de la France. Depuis 2022, la France a organisé plusieurs conférences humanitaires internationales appelant au respect de l’espace humanitaire, dénonçant les violations du droit international humanitaire à Gaza, au Liban, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et dans la région des Grands Lacs de l’Afrique, et exhortant la communauté internationale à consacrer des fonds pour répondre aux besoins humanitaires des populations touchées.
En 2024, la France, en collaboration avec le CICR, l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, la Jordanie et le Kazakhstan, a lancé une initiative mondiale visant à galvaniser l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire. Sur la base de ces consultations, l’initiative débouchera sur des recommandations concrètes et pratiques visant à relever les principaux défis du droit international humanitaire et à mener des actions sur le terrain. Ces travaux aboutiront à une réunion de haut niveau pour défendre l’humanité en temps de guerre, qui aura lieu en 2026. En octobre 2025, plus de 90 pays avaient déjà officiellement adhéré à l’initiative.
La diplomatie humanitaire est un principe fondamental de la nouvelle Stratégie d’aide humanitaire à l’étranger (en anglais) de l’Allemagne, adoptée en 2024. Ces dernières années, l’Allemagne a renforcé son engagement en faveur de l’accès aux civils et de leur protection, en particulier dans les zones prioritaires telles que le Soudan et Gaza. En 2023, l’Allemagne a nommé un envoyé spécial pour les affaires humanitaires au Moyen-Orient. L’envoyé spécial mène une navette diplomatique, coordonnant les efforts visant à améliorer l’accès à une aide humanitaire fondée sur des principes, ainsi que sa mise en œuvre.
Au cours de l’exercice 2024 à 2025, l’Allemagne a co-organisé la Conférence humanitaire internationale pour le Soudan et les pays voisins, ainsi que les sommets mondiaux du Centre de compétence en négociation humanitaire (CCHN) en 2023 et 2024. Lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2024, l’Allemagne a également tenu une réunion ministérielle intitulée « Unis pour la paix au Soudan » pour travailler à :
- assurer un accès humanitaire sûr, rapide, sans entrave et durable;
- coordonner les initiatives de médiation internationales;
- améliorer le respect du droit international humanitaire;
- obtenir un cessez-le-feu durable;
- attirer des financements considérables pour l’aide humanitaire.
L’Allemagne a également soutenu l’Initiative mondiale visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire, en y adhérant en janvier 2025 et en assumant la coprésidence du groupe de travail II sur les commissions nationales de droit international humanitaire en mars 2025. Elle a également financé des organisations essentielles aux négociations humanitaires sur le terrain, telles que le CICR, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH), l’Appel de Genève et le CCHN. En outre, l’Allemagne a assumé diverses fonctions de présidence et de coprésidence, notamment la présidence du Groupe de soutien des donateurs du BCAH, du Comité exécutif du HCR, et du Conseil de l’OIM. Elle a également dirigé l’Appel à l’action pour la protection contre la violence fondée sur le genre dans les situations d’urgence 2023 à 2024.
Le Japon, en collaboration avec l’Australie, le Royaume-Uni, la Suisse et d’autres pays aux valeurs similaires, s’est efforcé de promouvoir la protection du personnel humanitaire dans le prolongement de la Résolution 2730 du Conseil de sécurité des Nations Unies (en anglais). Adoptée en mai 2024, la résolution appelle tous les pays à protéger le personnel humanitaire conformément à leurs obligations en vertu du droit international. En outre, le Japon a adhéré à l’engagement ouvert sur le renforcement de la mise à disposition de personnel humanitaire lors de la 34e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en 2024. En septembre 2025, le Japon a approuvé la Déclaration sur la protection du personnel humanitaire (en anglais). En outre, le Japon a déployé divers efforts diplomatiques pour protéger les civils à Gaza et fournir une aide humanitaire dans la région, afin de veiller au respect du droit international, y compris le droit international humanitaire.
En mai 2025, le Royaume-Uni a publié son guide juridique sur les conflits, la faim et le droit international (en anglais), avec le soutien de la Croix-Rouge britannique et en partenariat avec le Comité national du droit international humanitaire. Le guide, qui s’adresse principalement aux spécialistes en la matière, présente les règles du droit international humanitaire les plus pertinentes pour lutter contre la faim induite par les conflits.
Le Royaume-Uni use également de son influence pour encourager d’autres pays à respecter le droit international humanitaire. Il cherche également à condamner ceux qui ne le font pas et veille à ce que les responsables d’atrocités soient traduits en justice. Par exemple, le Royaume-Uni a pris diverses mesures, notamment en coparrainant :
- la résolution 2730 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la protection du personnel, des locaux et des biens humanitaires;
- la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la sécurité et la sûreté du personnel humanitaire.
En outre, le Royaume-Uni a travaillé en étroite collaboration avec l’Australie et d’autres États pour élaborer la Déclaration sur la protection du personnel humanitaire, et il sera un membre actif du Groupe des Amis à Genève. Le Royaume-Uni soutient également l’Initiative mondiale du CICR visant à revitaliser l’engagement politique en faveur du droit international humanitaire et codirige un groupe de travail sur les commissions nationales de droit international humanitaire.
Lors de l’exercice 2024 à 2025, le Canada a publié plusieurs déclarations officielles incitant les parties à des conflits armés à se conformer au droit international humanitaire. Ces déclarations concernaient la protection des civils, l’accès aux civils dans le besoin et l’acheminement d’une aide vitale au Liban, en Palestine, au Soudan et en Syrie. En outre, le Canada a imposé des sanctions afin d’exercer une pression sur certaines parties ou certaines personnes, notamment celles liées à Israël, à la Russie et au Rwanda. Le Canada a également continué à défendre avec vigueur la protection du personnel humanitaire. Il a notamment approuvé la Déclaration sur la protection du personnel humanitaire en septembre 2025, et adhéré à l’engagement ouvert visant à renforcer la protection du personnel humanitaire (en anglais) en 2024.
L’Italie promeut le respect du droit international humanitaire au moyen d’initiatives nationales et internationales. Lors de la 34e Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, elle s’est engagée à renforcer la mise en œuvre du droit international humanitaire et à protéger les personnes en situation de handicap dans les situations de conflit armé et de catastrophe. L’Italie a également approuvé la Déclaration sur la protection du personnel humanitaire et adhéré à l’Initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire du CICR. En novembre 2023, elle a publié son premier rapport volontaire sur la mise en œuvre du droit international humanitaire en Italie (en anglais).
Au cours de l’exercice 2023 à 2024, l’UE a renforcé son leadership mondial en matière d’intervention en cas d’urgence, en fournissant une aide humanitaire et une protection civile aux populations touchées par des conflits et des catastrophes dans le monde entier. Elle a également pris des mesures diplomatiques pour s’assurer que toutes les parties respectent le droit international humanitaire, en favorisant une action humanitaire fondée sur des principes dans un contexte d’accès de plus en plus limité et de violations croissantes.
Liste des abréviations
- AGIA
- Alliance pour l’infrastructure verte en Afrique
- AGII
- Initiative pour une industrialisation verte en Afrique
- AfBOT
- Africa Beneficial Ownership Transparency Network
- AFD
- Agence française de développement
- AICS
- Agence italienne de coopération au développement
- AIE
- Agence internationale de l’énergie
- AM
- Accélérateur mondial
- AME
- Accords multilatéraux sur l’environnement
- ANASE
- Association des nations de l’Asie du Sud-Est
- APD
- Aide Publique au développement
- ATPE
- Aliments thérapeutiques prêts à l’emploi
- BAD
- Banque africaine de développement
- BCAH
- Bureau de la coordination des affaires humanitaires
- BEI
- Banque européene d’investissement
- BERD
- Banque européenne pour la reconstruction et le développement
- BII
- British International Investment
- BMD
- Banques mutilatérales de développement
- BMZ
- Ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement de l’Allemagne
- BPD
- Banques publiques de développement
- CAD
- Comité d’aide au développement
- CARB-X
- Accélérateur biopharmaceutique de lutte contre les bactéries résistantes aux antibiotiques
- CARD
- Coalition pour le développement du riz africain
- CCUNCC
- Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- CDP
- Cassa Depositi e Prestiti
- CEDEAO
- Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest
- CICLIA
- Initiative sur les villes et les changements climatiques en Afrique
- CNUCC
- Convention des Nations Unies contre la corruption
- CONNEX
- Initiative « Renforcer l’assistance à la négociation de contrats complexes »
- COP16
- 16e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- COP21
- 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- COP26
- 26e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- COP27
- 27e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- COP28
- 28e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- COP30
- 30e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
- CPCR
- Comité permanent du Comité régional (OMS)
- CREWS
- Systèmes d’alerte précoce aux risques climatiques
- CRPPHE
- Centre pour la recherche sur la préparation en cas de pandémie et d’urgence sanitaire
- CSU
- Couverture sanitaire universelle
- DAP
- Programme d’accès numérique
- DG ECHO
- Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes
- DTC3
- Vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche
- ECW
- Éducation sans délai
- EDC
- Exportation et développement Canada
- EEC
- Évaluation externe conjointe
- EFTP
- Enseignement et formation techniques et professionnels
- EGPS
- Programme d’appui mondial aux industries extractives
- ERIA
- Institut de recherche économique pour l’ANASE et l’Asie de l’Est
- ESG
- Environnement, société et gouvernance
- FDP-AGIA
- Fonds de développement des projets de l’AGIA
- FEDD+
- Fonds européen pour le développement durable plus
- FEM
- Fonds pour l’environnement mondial
- FIC
- Fonds italien pour le climat
- FID
- Fonds d’innovation pour le développement
- FIDA
- Fonds international de développement agricole
- FMI
- Fonds monétaire international
- FMO
- Banque néerlandaise pour le développement de l’entrepreunariat
- FNUAP
- Fonds des Nations Unies pour la population
- FPPI-NEPAD
- Fonds de préparation des projets d’infrastructure du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique
- FPS
- Femmes, paix et sécurité
- FSOF
- Fonds de soutien aux organisations féministes
- GAFI
- Groupe d’action financière
- GAMRIF
- Fonds mondial pour l'innovation en matière de résistance aux antimicrobiens
- GBFF
- Fonds-cadre mondial pour la biodiversité
- GCI
- Initiative Le Genre au centre
- GES
- Gaz à effet de serre
- GESP
- Girls Educations and Skills Partnership
- GFANZ
- Alliance financière de Glasgow pour la carboneutralité
- GIF
- Mécanisme mondial de financement des infrastructures
- GOARN
- Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie
- GPE
- Partenariat mondial pour l’éducation
- GPI
- Groupe des partenaires internationaux
- GTR
- Groupe de travail sur la responsabilisation
- HCR
- Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
- IA
- Intelligence artificielle
- ICO
- Initiative Clean Oceans
- IFD
- Institutions de financement du développement
- IFFIm
- Facilité internationale de financement pour la vaccination
- IEFD
- Institutions européennes de financement du développement
- IKI
- Initiative internationale pour le climat
- IMEP
- Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite
- INTPA
- Direction générale des partenariats internationaux de la Commission européenne
- IPPF
- fonds de la Fédération internationale pour la planification familiale
- ITIE
- Initiative pour la transparence dans les industries extractives
- ISP
- Instruments du secteur privé
- IVCDCI
- Instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale
- JETP
- Partenariats pour une transition énergétique juste
- JICA
- Agence japonaise de coopération internationale
- KfW
- Banque allemande de développement
- LBTQI+
- Lesbiennes, bisexuelles, transgenres, queer et intersexuées+
- MAV+
- Fabrication et accès aux vaccins, aux médicaments et aux technologies de santé
- MFM
- Mécanisme de financement mondial pour les femmes, les enfants et les adolescents
- M-GA
- MGF
- Mutilations génitales féminines
- MTN
- Maladies tropicales négligées
- NORAD
- Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord
- OCDE
- Organisation de coopération et de développement économiques
- ODD
- Objectifs de développement durable
- OIM
- Organisation internationale de la Migration
- OIT
- Organisation internationale du Travail
- OMS
- Organisation mondiale de la Santé
- ONU
- Organisation des Nations Unies
- ONUAA
- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
- ONUDC
- Office des Nations Unies contre la drogue et le crime
- ONUDI
- Organisation des Nations Unies pour le développement industriel
- OSC
- Organisations de la société civile
- PAN
- Plan d’action nationale
- PCN
- Points de contact nationaux
- PCSU
- Partenariat pour la couverture sanitaire universelle
- PEID
- Petits États insulaires en développement
- PhageSTAR
- Programme Phage Science, Therapeutics and Research
- PICRA
- Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens
- PIDG
- Groupe de développement des infrastructures privées
- PIMI
- Partenariat pour les infrastructures mondiales et l’investissement
- PMA
- Pays les moins avancés
- PME
- Petits et moyennes entreprises
- PMM
- Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières
- PNUD
- Programme des Nations Unies pour le développement
- PPIAF
- Mécanisme consultatif pour le renforcement des infrastructures par des partenariats public-privé
- PPP
- Partenariats public-privé
- PRIME
- Plateforme pour les envois de fonds, les investissements et l’entrepreneuriat des migrants en Afrique
- PSOP
- Programme pour la stabilisation et les opérations de paix
- RAM
- Résistance aux antimicrobiens
- RDC
- République démocratique du Congo
- REE
- Rapport exhaustif sur les engagements
- RELANCE
- Projet d’intervention régionale du Sahel pour l’apprentissage et la collaboration dans l’éducation
- RHS
- Ressources humaines pour la santé
- RISE
- Renforcement de chaînes d’approvisionnement résilientes et inclusives
- RNB
- Revenu national brut
- RSI
- Règlement sanitaire international
- RSS
- Renforcement des systèmes de santé
- SAPM
- Les systèmes d’alerte précoce multirisques
- SDSR
- Santé et de droits sexuels et reproductifs
- SHEP
- Autonomisation et promotion des petits exploitants horticoles
- SFI
- Société financière internationale
- SIGI
- Indice institutions sociales et égalité des genres
- SRMNI
- Santé reproductive, maternelle, néonatale et infantile
- StAR
- Initiative pour le recouvrement des avoirs volés
- STIM
- Sciences, technologies, ingénierie et mathématiques
- SWAIMS
- Soutien à la sécurité maritime intégrée en Afrique de l’Ouest
- TDR
- Special Programme for Research and Training in Tropical Diseases
- TOSSD
- Soutien public total au développement durable
- TICAD8
- Huitième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique
- TICAD9
- Neuvième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique
- UA
- Union Africaine
- UE
- Union Européenne
- UNAFEI
- Institut des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants en Asie et en Extrême-Orient
- UNESCO
- Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture
- USAID
- l’Agence américaine pour le développement international
- USP2030
- Partenariat mondial pour une protection sociale universelle en vue d’atteindre les objectifs de développement durable
- VACS
- Vision pour des cultures et sols adaptés
- VIH
- Virus de l'Immunodéficience Humaine
- VPH
- Virus de papillome humain
- ZLECA
- Zone de libre-échange continentale africaine
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