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Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers Canada–Chine : Évaluation environnementale finale

Décembre 2012

Table des matières

Le présent rapport présente les résultats de l’évaluation environnementale (EE) définitive des négociations relatives à l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) Canada-Chine. Le 9 septembre 2012, le ministre du Commerce international du Canada et ministre de la porte d’entrée de l’Asie-Pacifique, l’honorable Ed Fast, et le ministre du Commerce de la Chine, M. Chen Deming, ont signé un accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (voir le communiqué intitulé : Le PM annonce la signature d'un nouvel accord d'investissement avec la Chine). Le Premier ministre Harper et le président chinois, M. Hu Jintao, ont présidé la cérémonie de signature, laquelle a suivi l'annonce de la conclusion des négociations en vue de l'APIE en février 2012 dans le cadre de la visite en Chine du premier ministre (voir le communiqué intitulé : Le PM annonce un accord visant à augmenter les invesstissements entre le Canada et la Chine).

Le modèle d’APIE établi par le Canada en 2004 a servi de fondement aux négociations. Toutefois, étant donné le long passé de ces négociations, des approches adoptées dans des modèles précédents ont été utilisées pour certains aspects du texte, dont la version intégrale se trouve à l'adresse suivante : Accord entre le gouvernment du Canada et le gouvernement de la République populaire de Chine concernant la promotion et la protection réciproque des investissements sur le site web du MAECI.

1. Cadre pour l'évaluation environnementale des négociations commerciales

Les négociations d'APIE sont assujetties au Cadre pour l'évaluation environnementale des négociations commercialesNote de bas de page 1 de 2001.Le Cadre propose une méthode pour effectuer l’EE d’une négociation sur le commerce ou l’investissement. Il est volontairement souple afin qu’on puisse l’appliquer à divers types de négociations (multilatérales, bilatérales, régionales), tout en assurant une approche cohérente et rigoureuse afin d’atteindre deux objectifs clés.

Le premier objectif consiste à aider les négociateurs canadiens à intégrer les considérations environnementales dans le processus de négociation, en leur fournissant de l’information sur les impacts environnementaux possibles de l’accord proposé. Ainsi, des négociateurs et des spécialistes de l'environnement participent à l'EE, et le travail est effectué parallèlement aux négociations.

Le deuxième objectif consiste à répondre aux préoccupations sur l’environnement soulevées par le public. Le Cadre contient un engagement ferme à assurer la communication et à tenir des consultations pour chaque EE d’une négociation sur le commerce ou l’investissement.

Le processus assujetti au Cadre pour l'évaluation environnementale des négociations commerciales de 2001 est axé sur les effets économiques possibles des négociations sur le commerce et l’investissement et leurs impacts environnementaux probables au Canada.Il comporte trois phases : l’EE initiale, l’EE préliminaire et l’EE définitive. La deuxième phase, soit l’EE préliminaire, ne sera pas amorcée si l’on prévoit que l’APIE ne produira pas d’effets économiques ni d’impacts environnementaux importants au Canada. Les consultations publiques font partie intégrante de l’Évaluation environnementale et sont engagées tout au long du processus.

Une EE initiale de l'APIE Canada-Chine a été effectuée en janvier 2008Note de bas de page 2. Le gouvernement du Canada a ouvert l'EE initiale aux commentaires publics du 20 février au 21 mars 2008; aucun commentaire n’a été reçu du public. Comme l'EE initiale a permis de conclure à la faible probabilité d'effets importants sur l'environnement au Canada, la préparation d'une EE préliminaire n'est pas jugée nécessaire. Les résultats de l’EE initiale ont été communiqués au négociateur en chef du Canada et pris en considération dans la stratégie de négociation. L'EE définitive a pour but de rendre compte du résultat des négociations en ce qui concerne le processus d'EE.

2. Résultats de l’évaluation environnementale définitive de l’APIE Canada-Chine

Bien que les résultats de l’EE initiale étaient valides et exacts au moment de l’achèvement du rapport, les résultats énoncés dans l’EE définitive des négociations de l’APIE Canada-Chine diffèrent quelque peu de ceux exposés dans l’EE initiale. Les auteurs de l’EE initiale ont indiqué que la mise en œuvre de l’APIE Canada-Chine n’était susceptible d’entraîner ni des changements importants au chapitre de l’investissement ni des impacts environnementaux considérables au Canada. Dans l’EE définitive, on réitère que la mise en œuvre de l’APIE Canada-Chine n’aura aucun impact environnemental important; toutefois, au fil des années, les investisseurs chinois ont manifesté de plus en plus leur désir d’investir au Canada, et cette tendance va probablement se poursuivre, voire augmenter, à la suite de la mise en œuvre de l’APIE. Les résultats de l’EE initiale, ainsi que les plus récents développements touchant la relation bilatérale entre le Canada et la Chine en matière d’investissement, ont été communiqués au négociateur en chef du Canada et pris en considération dans la stratégie de négociation.

A. Secteurs de croissance dans le domaine de l’investissement

Le stock d'investissements directs canadiens en Chine était évalué à près de 4,5 milliards de dollars canadiens à la fin de 2011. La même année, le stock d’investissements directs chinois au Canada a atteint environ 11 milliards de dollars canadiens. Ces montants représentent une hausse approximative de 24,5 p. 100 des  investissements directs canadiens en Chine, de 2008 à 2011, et d’environ 92,4 p. 100 des investissements directs chinois au Canada au cours de la même période. Les investisseurs canadiens ont montré leur intérêt pour un vaste éventail de secteurs en Chine, notamment le transport, la biotechnologie, l’éducation, les services financiers, les technologies de l’information, la fabrication et les ressources naturelles. À mesure que s’accroît l’importance économique de la Chine, ce pays demeure un marché prioritaire pour le Canada. Les investisseurs chinois s’intéressent notamment aux secteurs suivants au Canada : ressources naturelles; énergies renouvelables; technologies de l’information et des communications; transformation des aliments; produits pharmaceutiques et médecine naturelle; fabrication de pointe.

B. Impacts économiques estimés de l’APIE Canada-Chine

Bien que l’existence d’un APIE constitue un incitatif important dans la décision d’investir sur le territoire de l’autre partie, un tel accord n’impose généralement aucune obligation supplémentaire d’accès au marché ni ne supprime les limites existantes à l’investissement. Les entreprises et les investisseurs déterminent les risques au moyen d’une évaluation indépendante des informations économiques et politiques, à la suite de quoi ils déterminent leur désir d’accepter ces risques et d’investir dans un marché donné. Un APIE a pour objet de réduire les risques associés à l’investissement dans un marché étranger; toutefois, ce type d’accord entre gouvernements ne peut faciliter directement de nouveaux investissements ni créer directement des occasions d’investissement. Il n’est donc pas possible d’établir un lien direct de cause à effet entre un changement éventuel des structures d’investissement et la présence d’un APIE. Néanmoins, en augmentant la prévisibilité d’un cadre stratégique du marché et la protection contre les pratiques discriminatoires et arbitraires, un APIE permet aux investisseurs de passer à l’action avec une confiance accrue. Cette hausse de confiance favorise indirectement l’accroissement des investissements et peut même engendrer des avantages connexes, comme la création d’emplois et une croissance économique plus large.

C. Impacts environnementaux estimés de l’APIE Canada-Chine

Puisqu’on ne s’attend pas à ce que l’APIE provoque de nouveaux flux d’investissements de la Chine au Canada (ou du Canada en Chine), on ne peut établir un lien de cause à effet entre la mise en œuvre d’un tel accord et les impacts environnementaux au Canada. C’est pour cette raison que l’on maintient la conclusion tirée dans l’EE initiale, selon laquelle la mise en œuvre de l’APIE Canada-Chine n’aura aucun impact environnemental important. Par ailleurs, comme dans tous les APIE conclus par le Canada, l’APIE Canada-Chine veille à ce que les Parties conservent leur capacité de réglementer dans l’intérêt public, y compris en ce qui concerne les questions environnementales. En outre, l’APIE ne nuira pas à la capacité du Canada d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques environnementales. Les investisseurs étrangers au Canada sont assujettis aux mêmes lois et règlements que les investisseurs canadiens, y compris ceux qui visent la protection de l'environnement.

3. Dispositions de l’APIE Canada-Chine liées à l’environnement

Aucune question n’a été soulevée au cours des dernières phases des négociations de l’APIE Canada-Chine en ce qui concerne les impacts environnementaux possibles au Canada. Les dispositions de l’APIE Canada-Chine liées à l’environnement sont presque identiques à celles du modèle d’APIE du Canada.

À l’image du modèle du Canada, l’APIE Canada-Chine comporte des exceptions générales en ce qui concerne la protection de la vie ou de la santé humaine, animale et végétale et la conservation des ressources naturelles non renouvelables. Ces sauvegardes, énoncées au paragraphe 33(2), reposent sur l’article XX du GATT et l’article XIV de l’AGCS.

Conformément au modèle de l’APIE, l’article 18 de l’accord comporte une disposition par laquelle les signataires reconnaissent qu’il n’est pas bon d’encourager l’investissement en relâchant les mesures nationales en matière de santé, de sécurité et d’environnement. Si une partie offrait un tel encouragement, l’autre partie pourrait réclamer la tenue de consultations.

Finalement, l’annexe B.10 de l’APIE Canada-Chine, qui est identique au modèle, prévoit que les règlements établis et appliqués dans le but d’atteindre les objectifs de protection légitime du bien-être public, tels que ceux ayant trait à la santé, à la sécurité et à l’environnement, ne constituent pas une forme d’expropriation indirecte.

4. Responsabilité sociale des entreprises (RSE)

Le gouvernement du Canada s'attend à ce que toutes les entreprises canadiennes présentes à l'étranger respectent toutes les lois applicables et normes internationales, mènent des activités transparentes et le fassent en consultation avec le gouvernement du pays hôte et les communautés locales, et élaborent et appliquent des pratiques exemplaires en matière de RSE, et il les encourage dans ce sens. L’adhésion aux principes volontaires et aux principes directeurs internationalement acceptés constitue un élément essentiel de l'approche canadienne en matière de RSE. Selon un rapport de la Chambre de commerce du Canada (CCC) intitulé Conduite responsable en affaires dans un monde complexe (2012), 71 p. 100 des cadres d’entreprises canadiennes estiment que la RSE constitue une « partie essentielle des affaires » et qu’elle doit être reconnue et faire l’objet de rapports.

Les initiatives ciblant la RSE ou le « développement durable » en Chine n’en sont qu’au premier stade. La section de Beijing du Conseil commercial Canada-Chine (CCCC), l’un des organismes de commerce bilatéral les plus anciens en Chine, a restructuré en 2006 son exécutif en comités, dont un comité du développement durable portant sur la RSE. Ce comité a organisé deux manifestations indépendantes consacrées au réseautage et à l’information, et plusieurs séances conjointes de réseautage avec d’autres Chambres de commerce en 2006-2007, réunissant des entreprises intéressées et des organisations non gouvernementales (ONG).

L’ambassade du Canada à Beijing a rencontré les présidents du Comité du développement durable du CCCC afin d’envisager de futures initiatives. Les projets suivants sont à l’étude : a) un colloque sur l’éducation destiné à aider les entreprises à bien définir leur RSE et à comprendre les avantages d’une politique de RSE sur leurs résultats financiers, ainsi que sur les pays et les régions où elles exercent des activités; b) un atelier réunissant des entreprises canadiennes et chinoises soucieuses de la RSE afin de faire du réseautage et d’étudier des solutions durables à des problèmes communs; c) l’élaboration d’une liste d’ONG qualifiées en mesure de collaborer avec les entreprises afin de mettre en œuvre des projets durables, conformément aux plans et aux stratégies de RSE de celles-ci; d) un projet conjoint mené avec d’autres Chambres de commerce afin d’analyser les sujets brûlants de la RSE, tels que le microcrédit ou le microfinancement.

Outre les initiatives menées par le gouvernement et les associations, certaines entreprises canadiennes continuent de jouer un rôle de chef de file dans ce domaine.

5. Activités de coopération entre le Canada et la Chine dans le domaine de l’environnement

Le Canada et la Chine participent activement à des activités de coopération dans le domaine environnemental. Bien qu’ils ne soient pas spécifiquement liés à l’APIE, ces efforts témoignent de la validité des mécanismes en place permettant de collaborer pour régler les questions présentant un intérêt pour les deux parties.

Tout commentaire sur ce rapport peut être envoyé par courriel, par la poste ou par télécopieur à :

Évaluation environnementales des accords commerciaux
Secrétariat des ententes et de l'ALÉNA
Affaires étrangères et Commerce international Canada
125, promenade Sussex
Ottawa (Ontario) K1A 0G2

Télécopieur : (613) 992-9392
Courriel : EAconsultationsEE@international.gc.ca

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