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Rapport trimestriel sur l’économie et le commerce: T2 2025

ISSN 2819-4071
Septembre 2025

Faits marquants

Tableau 1 : Points saillants – Deuxième trimestre 2025

Variation T2 2025 par rapport au T1 2025Variation cumulative ( %) pour 2025
Remarques : *Le PIB correspond aux variations trimestrielles en taux annualisés. Le CA correspond au cumul annuel à ce jour; il désigne la variation depuis le début de l’année par rapport à la même période l’année précédente.
Données : Oxford Economics, Bureau d’analyse économique des Pays-Bas, Statistique Canada.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
PIB mondial réel*2,7 %2,9 %
Volume du commerce mondial de marchandises0,5 %4,2 %
PIB canadien réel*-1,6 %1,7 %
Valeur des exportations canadiennes (Biens et services)-10,8 %1,6 %
Valeur des importations Canadiennes (Biens et services)-3,5 %5,2 %

Le commerce mondial ralentit après une forte croissance au premier trimestre

Au début du 2e trimestre, les États-Unis ont annoncé des droits de douane réciproques sans précédent pour de nombreux pays du monde entier, allant de 10 % à 49 %. Bien que leur entrée en vigueur ait été reportée au mois d’août, ces annonces ont créé de l’incertitude, car cette politique aurait augmenté les droits de douane au-delà de ceux observés pendant l’ère Smoot-Hawley des années 1930, ce qui aurait pu déclencher une crise commerciale mondiale. En réaction, de nombreux grands pays et blocs commerciaux ont annoncé des contre‑mesures tarifaires (par exemple, l’UE, la Chine, le Canada et d’autres). À la fin du trimestre, la situation était plus stable, avec la signature de quelques accords et la suppression, la réduction ou la suspension de certains droits de douane.

Bien qu’une crise à grande échelle ait finalement été évitée, les droits de douane et l’incertitude qui en a résulté ont entraîné des perturbations importantes dans le système commercial mondial. Dans un contexte marqué par les droits de douane des États-Unis et les mesures de rétorsion tarifaires, la croissance du volume du commerce mondial s’est considérablement ralentie, atteignant à peine 0,5 % au 2e trimestre. En conséquence, de nombreux pays ont diversifié leurs relations commerciales pour moins dépendre des États-Unis.

Les volumes d'importations américaines ont chuté de 18,1 % au deuxième trimestre, après une forte hausse au premier trimestre liée à des achats anticipés par les entreprises pour éviter les droits de douane. Les échanges commerciaux ont repris dans d'autres régions, en particulier celles dont les partenaires sont diversifiés. Les volumes d'exportations chinoises ont augmenté de 2,3 %, grâce à la hausse des expéditions vers Hong Kong, Taïwan, le Vietnam et Singapour, malgré la baisse de la demande américaine. Les volumes d'exportation des États-Unis ont également augmenté de 2,7 % au deuxième trimestre, l'une des plus fortes hausses depuis 2023, les exportations étant principalement destinées aux pays de l'UE, au Royaume-Uni, au Japon et à l'Inde.

Le volume de la production industrielle mondiale a augmenté de 0,6 % au 2e trimestre, pour un dixième trimestre consécutif de croissance, stimulée par les économies émergentes (0,9 %). En revanche, la production industrielle dans les économies avancées n’a augmenté que de 0,3 %, notamment à cause des baisses observées dans la zone euro et au Royaume-Uni.

Figure 1 : Échanges commerciaux de marchandises dans le monde et production industrielle (indice du T1 en 2021 = 100)

Figure 1
Version texte - Figure 1
Année et trimestreVolume du commerce mondial de marchandisesProduction industrielle mondiale en volume
Données : Bureau néerlandais d’analyse économique; World Trade Monitor, consulté le 25 août 2025.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
2021T1100,0100,0
2021T2101,0100,9
2021T3100,7100,9
2021T4104,1102,6
2022T1104,1104,2
2022T2104,7103,6
2022T3105,9104,6
2022T4104,2104,3
2023T1103,6104,7
2023T2103,6104,9
2023T3104,0105,3
2023T4104,5106,1
2024T1105,0106,1
2024T2106,2106,7
2024T3107,1107,2
2024T4107,8108,2
2025T1109,8109,3
2025T2110,3109,9

Les économies avancées ont été à l’origine d’une modeste croissance mondiale au 2e trimestre, dans un contexte de ralentissement des marchés émergents

Le trimestre a été marqué par une grande incertitude due à l’introduction des droits de douane américains qui ont entraîné des répercussions aux quatre coins de la planète. Malgré les turbulences, le PIB mondial a augmenté de 2,7 % (taux annualisé) au 2e trimestre de 2025, soit une croissance légèrement plus rapide que celle de 2,6 % enregistrée au 1er trimestre. La croissance des économies avancées s’est accélérée au 2e trimestre (1,8 % contre 0,8 % au 1er trimestre), grâce à la vigueur de l’économie américaine. Toutefois, la croissance des marchés émergents a continué à ralentir, atteignant 3,9 % au 2e trimestre, après une croissance de 5,0 % au 1er trimestre.

Le PIB réel des États-Unis a augmenté de 3,3 % au 2e trimestre, après une contraction de 0,5 % au 1er trimestre. Cette croissance s’explique par une forte baisse des importations (après une hausse au 1er trimestre) et une hausse des dépenses de consommation. Les droits de douane américains ont conduit les entreprises à concentrer leurs importations au 1er trimestre, ce qui a entraîné une forte baisse au 2e trimestre, les entreprises ayant réduit leurs stocks. Par conséquent, l’activité commerciale au cours du premier semestre de l’année était davantage attribuable aux distorsions liées aux droits de douane qu’à des facteurs économiques sous-jacents.

Le Royaume-Uni a également connu une croissance plus rapide au 2e trimestre (1,4 %), stimulée par l’augmentation de la production dans les secteurs des services, de l’industrie manufacturière et de la construction. En revanche, la croissance de la zone euro s’est ralentie, passant de 2,3 % au 1er trimestre à 0,4 % au 2e trimestre, en partie à cause des contractions en Italie (-0,3 %) et en Allemagne (-0,4 %), à la suite des exportations massives par anticipation vers les États-Unis. L’économie de la France a affiché un redressement de 1,2 %, soutenu par la constitution de stocks compensant la faiblesse des exportations.

Au 2e trimestre, plusieurs marchés émergents ont montré des signes de ralentissement de la croissance, en partie en raison des perturbations commerciales liées aux droits de douane imposés par les États‑Unis. La croissance du PIB de la Chine a ralenti pour atteindre 4,1 %, contre 6,2 % au 1er trimestre, malgré l’assouplissement des droits de douane avec les États-Unis en mai. Alors que les exportations nettes vers les marchés non américains ont continué à soutenir l’activité économique, la demande privée intérieure est restée faible. L’Inde a également connu une forte décélération, passant à de 9,8 % au trimestre précédent à 3,5 %, en raison d’une demande extérieure plus faible et de l’essoufflement de la consommation intérieure.

Figure 2 : Croissance du PIB réel, principales économies (variation trimestrielle en %, annualisée)

Figure 2
Version texte - Figure 2
Principales économies2025 - T2
Données : Oxford Economics, consultées le 2 septembre 2025, Statistique Canada, Bureau d’analyse économique des États-Unis.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Monde2,7 %
Économies avancées1,8 %
Économies émergentes3,9 %
Canada-1,6 %
Chine4,1 %
France1,2 %
Allemagne-0,4 %
Italie-0,3 %
Japon1,0 %
Royaume-Uni1,4 %
États-Unis3,3 %

L’économie mondiale devrait résister à l’incertitude en 2025

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que la croissance du PIB mondial n’atteindra que 3,0 % en 2025, contre 3,3 % en 2024 et 3,5 % en 2023, dans un contexte marqué par de l’incertitude, de l’instabilité et de nombreux défis à relever.

La concentration des importations observée au 1er trimestre devrait être suivie d’une réduction de la demande au cours des trimestres suivants. Par conséquent, on peut s’attendre à un ajustement des échanges à partir du second semestre jusqu’en 2026, alors que des stocks élevés et une demande plus faible pèsent sur les flux commerciaux. Cette correction est attribuable à une normalisation causée par une surcharge antérieure et entraînera un affaiblissement de la croissance du commerce par la suite. Même si la forte activité du commerce international en début de période a eu un effet stimulant, c’est plutôt la baisse de l’inflation mondiale et l’amélioration des conditions financières qui ont soutenu la croissance en 2025. La croissance prévue dans les économies développées sera principalement assurée par les États-Unis, le FMI anticipant une progression du PIB réel de 1,9 % en 2025.

Plusieurs marchés émergents et économies en développement contribueront de manière significative à la croissance mondiale. La Chine devrait connaître une croissance de 4,8 % en 2025, soutenue par la vigueur des exportations et de la consommation, tandis que l'économie indienne devrait progresser de 6,4 %. Cependant, l’économie mondiale reste confrontée à des risques importants, notamment une hausse possible des droits de douane, des tensions géopolitiques persistantes et une aggravation des déficits budgétaires. Ces facteurs pourraient entraîner une hausse des taux d’intérêt et un resserrement des conditions financières dans le monde entier.

La croissance du PIB dans les économies avancées devrait s’accélérer légèrement en 2026, grâce à l’amélioration des conditions financières et à la relance budgétaire dans les pays importants. Toutefois, on ne s’attend pas à ce que ce soit le cas pour de nombreux marchés émergents, qui pourraient avoir de la difficulté à stimuler la croissance en raison d’une marge de manœuvre limitée en matière de politique budgétaire et monétaire.

Figure 3 : Prévisions de croissance du PIB mondial (variation annuelle en %)

Figure 3
Version texte - Figure 3
Région2024 (e)2025 (p)2026 (p)
p : prévision
Données : FMI, Perspectives de l’économie mondiale, juillet 2025.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
PIB mondial3,3 %3,0 %3,1 %
Économies avancées1,8 %1,5 %1,6 %
Marchés émergents et économies en développement4,3 %4,1 %4,0 %

L’incertitude commence à peser sur l’économie canadienne au 2e trimestre

Le PIB réel canadien a reculé de 1,6 % (taux annualisé) au 2e trimestre, marquant la première contraction trimestrielle depuis le 3e trimestre de 2023. Cette baisse est due à une chute brutale des exportations de biens vers les États-Unis, après une forte augmentation au 1er trimestre. La baisse des investissements des entreprises en machines et équipements, qui ont atteint leur rythme le plus lent depuis la fin 2016 (excepté la période de pandémie), a également contribué au recul du PIB au 2e trimestre. La contraction globale a été légèrement compensée par l’augmentation de la consommation des ménages, la hausse de l’accumulation des stocks et la baisse des importations de biens.

Les exportations de biens ont fortement chuté (-9,4 %), les droits de douane ayant ralenti les échanges avec les États-Unis, tandis que les importations de biens ont également baissé de 1,5 % au 2e trimestre, potentiellement en raison des contre-mesures tarifaires prises par le Canada à l’égard des biens américains et de la baisse des importations de services due à la diminution des voyages des résidents canadiens aux États-Unis.

Au 2e trimestre, l’accumulation des stocks dans les entreprises non agricoles s’est considérablement accélérée (3,2 %), jusqu’à atteindre un niveau près de trois fois supérieur à celui du trimestre précédent. Cette accélération est principalement due à l’augmentation des stocks dans l’industrie manufacturière et le commerce de gros, ainsi qu’aux achats d’or et d’autres métaux précieux.

Après un ralentissement au 1er trimestre, les dépenses des ménages ont augmenté de 2,4 % au 2e trimestre, grâce aux achats de véhicules, d’assurances, de services financiers, de nourriture et de sorties au restaurant, partiellement compensés par une baisse des dépenses en électricité et en alcool. Les dépenses publiques ont également augmenté de 1,1 %, après avoir connu leur première baisse trimestrielle depuis 2023.

Le nombre d’emplois a crû de 99 300 au 2e trimestre, grâce à des gains dans les secteurs de services, tels que le commerce de détail, la finance, l’immobilier, la culture et les loisirs, tandis que le secteur manufacturier a reculé. Parallèlement, le nombre de personnes au chômage a augmenté de 43 700 personnes, principalement chez les jeunes de 15 à 24 ans. En conséquence, le taux de chômage global est passé de 6,6 % au 1er trimestre à 6,9 %. Chez les jeunes notamment, il a augmenté de 0,8 point de pourcentage pour atteindre 14,2 %.

Figure 4 : Croissance du PIB réel canadien (variation trimestrielle en %, annualisée)

Figure 4
Version texte - Figure 4
PaysT1 2024T2 2024T3 2024T4 2024T1 2025T2 2025
Données : Tableau 36-10-0104-01 de Statistique Canada, consulté le 29 août 2025.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Canada2,1 %2,5 %2,4 %2,1 %2,0 %-1,6 %

Un recul du PIB au 2e trimestre causé par le ralentissement des industries productrices de biens

À l’échelle sectorielle, le PIB des industries productrices de biens a diminué de 1,2 % au 2e trimestre, reflétant l’impact des perturbations liées aux droits de douane. Cette baisse fait suite à une hausse au 1er trimestre, lorsque la demande a bondi alors que les entreprises constituaient des stocks en prévision des restrictions commerciales. En revanche, les secteurs des services ont enregistré une légère hausse de 0,2 % au 2e trimestre.

Les services publics ont connu la baisse la plus rapide au 2e trimestre (-3,5 %), en raison d’une chute de 1,4 milliard de dollars dans la production, le transport et la distribution d’électricité, la sécheresse ayant limité la production hydroélectrique. L’industrie manufacturière a enregistré la plus forte baisse en valeur, avec un recul de 4,3 milliards de dollars (-2,1 %), deux cinquièmes des fabricants ayant déclaré avoir été affectés par les droits de douane en juin (Enquête mensuelle sur les industries manufacturières, juin 2025). Cette baisse s’explique par une chute de 1,1 milliard de dollars dans la fabrication de produits du pétrole et du charbon (-8,0 %), de 583 millions de dollars dans la fabrication de produits en bois (-5,5 %) et de 538 millions de dollars dans la fabrication de matériel de transport, qui comprend les automobiles (-1,9 %). Le commerce de gros a également reculé de 1,9 %, la plupart des sous-secteurs étant touchés.

La croissance la plus rapide a été observée dans les arts, les spectacles et les loisirs (2,3 %) –notamment en raison de la qualification de cinq équipes canadiennes de la LNH pour les séries éliminatoires pour la première fois depuis 2017–, ainsi que dans les services de restauration et d’hébergement (1,2 %). Les augmentations les plus importantes en termes de valeur ont été observées dans les secteurs de la finance et de l’assurance (0,9 % ou 1,5 milliard de dollars), de l’administration publique (0,8 % ou 1,3 milliard de dollars) et du commerce de détail (0,8 % ou 929 millions de dollars). Toutefois, ces gains n’ont pas suffi à compenser la baisse globale.

Figure 5 : PIB* du Canada aux prix de base par industrie pour le T2 (variation trimestrielle en %)

Figure 5
Version texte - Figure 5
Industrie(variation trimestrielle en %)
Données : Tableau 36-10-0449-01 de Statistique Canada, consultées le 28 août 2025.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
*Le PIB par industrie peut différer légèrement du PIB par catégorie de dépenses présenté dans la diapositive précédente.
Arts, spectacles et loisirs2,3 %
Hébergement et services de restauration1,2 %
Finance et assurances0,9 %
Administration publique0,8 %
Commerce de détail0,8 %
Soins de santé et assistance sociale0,5 %
Information et industries culturelle0,4 %
Transport et entreposage0,3 %
Construction0,2 %
Services immobiliers et services de location0,2 %
Services d'enseignement0,0 %
Autres services (sauf l'administration publique)-0,1 %
Toutes les industries-0,2 %
Services professionnels, scientifiques et techniques-0,3 %
Gestion administrative des déchets-0,4 %
Extraction minière, pétrolière et gazière-0,9 %
Agriculture, foresterie, pêche et chasse-1,0 %
Commerce de gros-1,9 %
Fabrication-2,1 %
Services publics-3,5 %

Le commerce des marchandises a légèrement ralenti dans la plupart des catégories de produits

Les exportations et les importations de biens et de services ont baissé respectivement de 10,8 % et de 3,5 % au 2e trimestre, après la hausse observée au 1er trimestre. Comme il a été mentionné, la baisse du 2e trimestre reflète un ralentissement par rapport à une activité exceptionnellement élevée, et les exportations comme les importations sont restées globalement plus élevées au premier semestre 2025 qu'au premier semestre 2024.

Les exportations de biens ont chuté de 13,1 % au 2e trimestre pour s’établir à leur niveau le plus bas depuis la fin de 2021, principalement en raison d’une baisse de 9,7 % des volumes et de 3,5 % des prix. Toutes les catégories ont subi une baisse, à l’exception des minerais métalliques et des minéraux non métalliques. Les exportations d’énergie ont chuté de 20,7 %, sous l’effet d’une baisse des prix de 16,3 %. Les véhicules à moteur et les pièces détachées ont diminué de 4,3 milliards de dollars (16,6 %) pour atteindre 21,8 milliards de dollars, leur niveau le plus bas depuis la fin de 2022, ce qui coïncide avec l’imposition de droits de douane par les États‑Unis.

Les exportations de services ont diminué de 1,2 % au 2e trimestre, principalement en raison d’une baisse de 10,0 % des services de voyage (qui comprennent les étudiants étrangers étudiant au Canada ainsi que le tourisme) après une hausse de 6,0 % au 1er trimestre. Les services publics ont également connu une baisse de 1,2 %, tandis que les transports ont augmenté de 2,0 % et les services commerciaux de 3,3 %. Cependant, ces gains n'ont pas suffi à compenser la baisse globale.

Les importations de biens ont baissé de 4,0 % au 2e trimestre après avoir augmenté de 4,2 % au 1er trimestre. Des baisses ont été observées dans la plupart des catégories, à l’exception des produits métalliques, stimulés par une importation de 2,7 milliards de dollars de métaux précieux sous forme brute en avril, et des minerais métalliques. La baisse la plus importante a été enregistrée dans le secteur des véhicules à moteur et des pièces détachées, qui a chuté de 12,1 % pour atteindre son niveau le plus bas en 2 ans, probablement en raison de la réponse tarifaire du Canada aux droits de douane américains sur les véhicules.

Au 2e trimestre, les importations de services ont diminué de 1,9 % par rapport au trimestre précédent, principalement en raison d’une baisse continue des services de voyage, qui ont chuté de 9,9 %, les résidents canadiens ayant moins voyagé aux États-Unis et réduit leurs dépenses. En revanche, les trois autres catégories de services ont enregistré une croissance.

Figure 6 : Commerce international du Canada par produit (T2 2025, variation trimestrielle en %)

Figure 6
Version texte - Figure 6
Catégorie de produitExportationsImportations
Données : Statistique Canada, tableaux 36-10-0019-01 et 36-10-0021-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et désaisonnalisées, consultées le 28 août 2025.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Minerais et minéraux non métalliques9,6 %10,9 %
Services commerciaux3,3 %0,2 %
Transportation2,0 %3,8 %
Services gouvernementaux-1,2 %1,3 %
Aéronefs et autres matériel et pièces de transport-3,4 %-5,4 %
Produits agricoles et de la pêche et produits intermédiaires des aliments-4,3 %-7,0 %
Produits en métal et produits minéraux non métalliques-4,4 %18,6 %
Matériel et pièces électroniques et électriques-9,4 %-3,2 %
Voyage-10,0 %-9,9 %
Total des biens et services-10,8 %-3,5 %
Produits chimiques de base et industriels, produits en plastique et en caoutchouc-15,5 %-6,3 %
Biens de consommation-16,6 %-3,9 %
Véhicules automobiles et pièces pour véhicule automobile-16,6 %-12,1 %
Produits forestiers et matériaux de construction et d'emballage-18,7 %-9,2 %
Machines, matériel et pièces industriels-19,0 %-0,3 %
Produits énergétiques-20,7 %-11,7 %

Les États-Unis et la Chine sont à l’origine de la baisse des exportations au 2e trimestre

Les exportations canadiennes de biens vers les États-Unis ont chuté de 21,4 % au 2e trimestre de 2025, pour s’établir à des niveaux observés pour la dernière fois au 3e trimestre de 2021. Au cours de la première moitié de l’année 2025, le Canada a exporté 1,7 % de marchandises en moins vers les États-Unis par rapport à la même période en 2024.

La baisse des exportations au 2e trimestre a coïncidé avec l’introduction de droits de douane américains sur les produits canadiens, ainsi qu’avec une forte appréciation du dollar canadien par rapport au dollar américain, qui s'est apprécié de 7 cents (4,9 %) entre le 1er avril et le dernier jour de juin. La baisse des exportations a été généralisée, avec des diminutions significatives dans les biens de consommation, les produits énergétiques et les produits minéraux métalliques et non métalliques, tels que l’aluminium sous forme brute, le fer et l’acier.

Si les exportations de biens vers les États-Unis ont baissé au 1er semestre 2025, cette baisse a été compensée par de meilleurs résultats sur d’autres marchés. Rien qu’au 2e trimestre, les exportations vers les pays autres que les États-Unis ont augmenté de 14,7 %, ce qui a contribué à accroître les exportations totales de biens de 1,9 % au 1er semestre de l’année par rapport à la même période en 2024. La croissance la plus importante des exportations au cours du 2e trimestre a été enregistrée vers le Royaume-Uni, où elles ont augmenté de 61,3 % pour atteindre 13,7 milliards de dollars, un nouveau record, principalement grâce aux exportations d’or sous forme brute. Les exportations vers l’Union européenne ont également contribué à la hausse globale, augmentant de 8,5 %, avec une croissance notable vers les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. En revanche, les exportations vers la Chine ont diminué de 7,0 %, ce qui a partiellement diminué la hausse globale. Cette baisse est due à la diminution des exportations de canola, en raison de l’introduction des droits de douane chinois sur les exportations agricoles canadiennes, ainsi qu’à la réduction des exportations de minerai de cuivre et de pétrole brut. Les exportations vers le Japon ont également diminué de 4,0 %, principalement en raison de la réduction des exportations de minerai de fer.

Les Canadiens ont délaissé les États-Unis (les importations ont chuté de 10,2 %) au profit de nouveaux marchés (les importations ont augmenté de 6,2 %). Les importations en provenance de Chine ont augmenté pour le 3e trimestre de 9,0 %, tandis que les importations en provenance de l’Union européenne ont augmenté de 2,5 %, principalement en provenance de l’Espagne (21,9 %). Les importations en provenance du Mexique ont également augmenté de manière importante (10,1 %), en partie grâce à la hausse des importations de voitures et de camions légers.

Figure 7 : Commerce de biens du Canada, par principal partenaire commercial (T2 2025, variation trimestrielle en %)

Figure 7
Version texte - Figure 7
Partenaire commercial majeurExportationsImportations
Données : Statistique Canada, tableau 36-10-0023-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et désaisonnalisées, consultées le 28 août 2025. L’Union européenne ne comprend pas le Royaume-Uni.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
États-Unis-21,4 %-10,2 %
Chine-7,0 %9,0 %
Union européenne8,5 %2,5 %
Reste du monde22,8 %6,8 %

Baisse modérée des exportations et des importations de services au 2e trimestre

Au 2e trimestre, les exportations de services ont diminué vers la plupart des principaux marchés, tandis que les tendances en matière d’importation étaient plus variées.

Les exportations de services vers les États-Unis ont diminué de 3,3 % au 2e trimestre, après une hausse de 3,0 % au 1er trimestre, en partie en raison de la réduction des dépenses des voyageurs américains au Canada. Les importations de services en provenance des États-Unis ont également baissé de 3,2 %, les services de voyage ayant continué à diminuer, sous l’effet de la réduction du nombre de voyageurs canadiens aux États-Unis pour un troisième trimestre consécutif au 2e trimestre (-11,2 %).

Les exportations de services vers les pays autres que les États-Unis ont augmenté de 1,0 %, principalement grâce aux exportations vers le Royaume-Uni (6,4 %). En revanche, les exportations ont diminué vers la Chine (-5,6 %) et vers l’Inde (-2,6 %). Les exportations vers l’Union européenne ont également diminué de 2,0 %, majoritairement en raison d’une baisse significative des exportations vers la France, qui ont chuté de 12,8 %. La baisse des exportations vers l’Inde coïncide avec une forte réduction du nombre d’étudiants indiens venant étudier au Canada, soit 37 775 permis d’études délivrés en moins au 2e trimestre par rapport à la même période en 2024, ce qui a eu une incidence sur les exportations de services de voyage.

Les importations de services en provenance de pays autres que les États-Unis ont légèrement diminué (-0,4 %), ce qui représente la première baisse depuis le 1er trimestre de 2023. Les variations d’importations diffèrent selon les régions : baisse du côté du Mexique (-5,6 %), mais hausse pour l’Union européenne (0,8 %), Hong Kong (3,4 %) et la Chine (0,8 %).

Figure 8 : Commerce de services du Canada, par principal partenaire commercial (T2 2025, variation trimestrielle en %)

Figure 8
Version texte - Figure 8
Partenaire commercial majeurExportationsImportations
Données : Statistique Canada, tableau 12-10-0157-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et désaisonnalisées, consultées le 28 août 2025. L’Union européenne ne comprend pas le Royaume-Uni.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
États-Unis-3,3 %-3,2 %
Chine-5,6 %2,3 %
Union européenne-2,0 %0,8 %
Reste du monde2,8 %-1,1 %

La croissance économique canadienne est affectée par le commerce en 2025, mais un rebond est attendu

En raison de l’incertitude économique, la Banque du Canada a présenté trois scénarios possibles pour les perspectives économiques dans son Rapport sur la politique monétaire de juillet. Dans son scénario central, la Banque prévoit une reprise de l’activité économique au 2e semestre de 2025, après la contraction du 2e trimestre. Cette reprise devrait être soutenue par la stabilisation des exportations, même si elles resteront inférieures aux niveaux d’avant les droits de douane, et par l’augmentation des dépenses des ménages. Toutefois, le ralentissement de la croissance démographique et la faiblesse des investissements des entreprises devraient influencer la dynamique économique globale dans les mois à venir.

Pour 2026, la Banque du Canada prévoit que s’accélérera la croissance de la production potentielle dans le cadre de son scénario central, principalement sous l’effet de gains plus importants de la productivité de la main‑d’œuvre. Toutefois, les droits de douane ont placé l’activité économique sur une trajectoire de croissance plus faible de façon durable. Alors que la croissance du PIB devrait ralentir à 1,1 % en 2026, contre 1,3 % en 2025, les exportations devraient augmenter légèrement en 2026, à mesure que les Canadiens s’adaptent à l’évolution du contexte commercial. La croissance des importations et les investissements des entreprises devraient également se renforcer en 2026. La consommation et l’investissement résidentiel devraient croître à un rythme plus modéré, contraint par l’incertitude persistante en matière de politique commerciale. Le scénario actuel suppose que les droits de douane et les accords commerciaux américains existants restent en place, avec un taux de droit américain moyen pondéré de 13 % sur les importations mondiales et une incertitude persistante jusqu’en 2026.

Les deux autres scénarios présentés par la Banque du Canada reposent sur des trajectoires différentes en fonction de l’évolution des tensions commerciales. Dans un scénario où les tensions commerciales s’apaisent, elle prévoit une croissance du PIB de 1,4 % en 2025 et 2026, soutenue par une réduction de l’incertitude commerciale. En revanche, dans un scénario d’escalade où l’incertitude commerciale reste élevée, la croissance du PIB canadien devrait ralentir à 0,9 % en 2025 et se contracter en 2026.

Figure 9 : Prévisions de croissance du PIB canadien (variation annuelle en %)

Figure 9
Version texte - Figure 9
ScénarioPrévisions de croissance du PIB canadien (variation annuelle en %)(annual % change)
p : prévision
Données : Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire, juillet 2025.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Scénario de maintien des droits de douane20241,6 %
2025 (p)1,3 %
2026 (p)1,1 %
Scénario de désescalade des droits de douane20241,6 %
2025 (p)1,4 %
2026 (p)1,4 %
Scénario d’escalade des droits de douane20241,6 %
2025 (p)0,9 %
2026 (p)-0,1 %

Tableau 2 : Commerce canadien par secteur industriel (en millions de dollars)

Secteur industrielExportations($ millions)Exportations (T/T %)Exportations (Variation cumulative ( %) pour 2025)Importations ($millions)Importations (T/T %)Importations  (Variation cumulative ( %) pour 2025)
Remarque : La variation trimestrielle est la variation depuis le trimestre précédent. La variation cumulative est la variation de janvier jusqu’au dernier mois comparativement à la même période de l’exercice précédent.
Données : Statistique Canada, tableaux 36-10-0019-01 et 36-10-0021-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et désaisonnalisées.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Biens182,213-13,1 %1,9 %201,803-4,0 %6,3 %
Produits primaires105,686-12,4 %0,9 %65,645-0,5 %6,5 %
Produits énergétiques36,797-20,7 %-5,6 %9,401-11,7 %-1,8 %
Produits non primaires71,118-14,8 %3,4 %129,719-5,5 %6,8 %
Machines et matériel industriels11,523-19,0 %3,1 %24,049-0,3 %8,4 %
Machines et matériel électroniques8,585-9,4 %7,1 %23,021-3,2 %8,2 %
Véhicules automobiles et pièces21,776-16,6 %-0,9 %33,795-12,1 %0,8 %
Aéronefs et autre matériel de transport8,195-3,4 %7,3 %7,380-5,4 %7,4 %
Biens de consommation21,039-16,6 %5,5 %41,474-3,9 %10,7 %
Services54,620-1,2 %0,2 %54,546-1,9 %1,3 %
Commerciaux32,5343,3 %2,0 %31,1720,2 %3,9 %
Voyages16,087-10,0 %-2,4 %13,546-9,9 %-1,8 %
Transports5,5942,0 %-1,4 %9,3463,8 %-1,9 %
Gouvernement404-1,2 %-3,2 %4831,3 %-0,2 %
Total de biens et services236,833-10,6 %1,6 %256,349-3,5 %5,2 %

Tableau 3 : Commerce canadien de biens par partenaire commercial (en millions de dollars)

Partenaire commercial Exportations($ millions)Exportations (T/T %)Exportations (Variation cumulative ( %) pour 2025)Importations ($millions)Importations (T/T %)Importations (Variation cumulative ( %) pour 2025)
Remarque : Le total de la région de l’Indo-Pacifique ne comprend que les neuf marchés pour lesquels des données sont disponibles. La variation trimestrielle est la variation depuis le trimestre précédent. La variation cumulative est la variation de janvier jusqu’au dernier mois comparativement à la même période de l’exercice précédent.
Données : Statistique Canada, tableau 36-10-0023-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et non désaisonnalisées.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
États-Unis126,701-21,4 %-1,7 %116,650-10,2 %1,4 %
Mexique2,276-2,4 %-3,4 %8,60510,1 %12,9 %
Union européenne10,4688,5 %25,5 %19,2082,5 %5,1 %
Allemagne2,03611,4 %29,3 %4,763-0,9 %-3,9 %
France1,028-7,7 %2,5 %1,7260,2 %9,5 %
Royaume-Uni13,69661,3 %65,7 %3,1090,3 %25,6 %
Région Indo-pacifique18,4700,4 %2,7 %32,3106,5 %11,9 %
Chine7,934-7,0 %12,4 %17,8629,0 %11,0 %
Japon3,627-4,0 %-3,5 %3,770-5,8 %-4,5 %
Corée du sud1,8811,9 %-4,0 %4,0882,5 %8,9 %
Inde9114,8 %-39,1 %1,766-4,5 %23,3 %
Tous les autres pays10,60211,3 %-5,8 %21,9218,6 %28,5 %
Total du commerce de biens182,213-13,1 %1,9 %201,803-4,0 %6,3 %

Tableau 4 : Commerce canadien de services par partenaire commercial (millions de dollars)

Partenaire commercial Exportations($ millions)Exportations (T/T %)Exportations (Variation cumulative ( %) pour 2025)Importations ($millions)Importations (T/T %)Importations (Variation cumulative ( %) pour 2025)
Remarque : Le total de la région de l’Indo-Pacifique ne comprend que les neuf marchés pour lesquels des données sont disponibles. La variation trimestrielle est la variation depuis le trimestre précédent. La variation cumulative est la variation de janvier jusqu’au dernier mois comparativement à la même période de l’exercice précédent.
Données : Statistique Canada, tableau 12-10-0157-01. Données calculées sur la base de la balance des paiements et non désaisonnalisées.
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
États-Unis27,528-3,3 %3,4 %29,544-3,2 %-1,5 %
Mexique933-3,4 %-1,1 %1,457-5,6 %9,0 %
Union européenne6,100-2,0 %-0,7 %7,5240,8 %4,9 %
Allemagne1,066-2,9 %3,9 %1,1561,6 %2,6 %
France1,690-12,8 %9,4 %1,190-2,9 %4,1 %
Royaume-Uni2,8816,4 %7,8 %2,893-0,1 %6,6 %
Région Indo-pacifique8,730-2,7 %-7,7 %6,4310,9 %2,6 %
Inde3,721-2,6 %-11,2 %865-2,4 %1,0 %
Chine1,916-5,6 %-8,7 %1,0632,3 %3,1 %
Hong Kong728-4,5 %-0,6 %1,6893,4 %0,5 %
Australie698-1,0 %-4,9 %396-8,3 %3,0 %
Tous les autres pays8,4486,4 %-2,2 %6,697-1,7 %5,8 %
Total du commerce de services54,620-1,2 %0,2 %54,546-1,9 %1,3 %
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