Facteurs clés de localisation des IDE: Perspectives théoriques et tendances mondiales récentes
Principaux constats
- Le Canada est à la croisée des chemins, avec des relations commerciales internationales qui évoluent rapidement. Le présent document prend du recul pour examiner pourquoi les entreprises choisissent d’investir à l’étranger et propose des pistes pour guider les politiques afin d’attirer et de conserver davantage d’investissements étrangers au Canada en cette période charnière.
- La littérature montre que les décisions relatives à la localisation des investissements directs étrangers (IDE) sont influencées par un ensemble de facteurs propres à l’entreprise, au pays, à la stratégie et au secteur, ce qui reflète la nature complexe et multidimensionnelle des choix d’investissement internationaux.
- Une enquête bien établie menée auprès des PDG révèle qu’en 2025, les facteurs les plus déterminants dans le choix de localisation des IDE étaient l’efficacité des processus juridiques et réglementaires ainsi que la performance économique nationale.
- Par rapport à 2021, les investisseurs ont accordé davantage d’importance aux fondamentaux économiques et à la résilience des chaînes d’approvisionnement, tandis que des facteurs liés à la gouvernance, comme la lutte contre la corruption et la politique fiscale, ont perdu de leur importance.
- En 2025, la qualité des infrastructures et une solide performance économique sont les deux principaux facteurs qui incitent les investisseurs à envisager le Canada comme destination pour leurs IDE, suivis de l’innovation technologique et de la facilité de faire des affaires. Comme ces facteurs sont cités dans des proportions presque équivalentes par les PDG, cela laisse entendre que le Canada bénéficie d’un attrait diversifié : il est perçu comme un pays stable, avancé et favorable aux affaires, ce qui en fait un endroit stratégique pour les IDE.
- Au cours des cinq dernières années, le Canada s’est distingué par une performance solide et stable dans l’indice de confiance des IDE, se plaçant au deuxième rang, derrière les États-Unis, quatre années sur cinq. À l’inverse, d’autres grandes économies, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France, ont connu un classement plus fluctuant, reflétant l’évolution des perceptions et du niveau de confiance des investisseurs.
Perspectives théoriques sur les choix de localisation des IDE
Comprendre les facteurs qui influencent les choix de localisation des IDE est essentiel pour les décideurs et les intervenants qui cherchent à attirer et à retenir les capitaux internationaux. En s’appuyant sur diverses perspectives théoriques, la littérature recense un large éventail de déterminants qui orientent les décisions d’investissement.
Selon la revue de littérature d’Abu Bakar et al. (2022), six cadres théoriques ont été désignés pour expliquer ou influencer les choix de localisation des IDE: i) la théorie du marché des capitaux, ii) la théorie des coûts de transaction, iii) la théorie du cycle de vie du produit, iv) la théorie de l’internationalisation, v) le paradigme éclectique et vi) la théorie des modes d’entrée (voir le tableau 1).
Tableau 1 : Théories expliquant les décisions de localisation des IDE
| Théorie | Résumé des principaux concepts |
|---|---|
| Source : Revue de littérature d’Abu Bakar et al. (2022) | |
| Théorie du marché des capitaux | Explique les décisions d’IDE à partir des taux de change et des taux d’intérêt. Les entreprises sont plus susceptibles d’investir à l’étranger lorsque la devise de leur pays est forte, tandis que celles des pays dont la monnaie est plus faible sont moins enclines à se développer (Aliber, 1971; Moosa, 2002; Faeth, 2009). |
| Théorie des coûts de transaction | Suggère que les entreprises recourent aux IDE afin de réduire les coûts liés aux opérations internationales, comme la négociation, la surveillance et l’application des contrats (Buckley, 1985). Lorsque les transactions sur le marché deviennent coûteuses en raison de la spécificité des actifs, de l’incertitude ou de la fréquence élevée des échanges, les entreprises préfèrent internaliser leurs opérations par les IDE. Si la production à l’étranger est moins coûteuse et que les coûts de transaction sont élevés, la création d’une filiale étrangère devient l’option la plus efficace (Hennart, 1982; Baumol, 1986). |
| Théorie du cycle de vie du produit | Explique que les entreprises ont recours aux IDE pour s’adapter à l’évolution de leurs produits. À mesure qu’un produit progresse à travers les quatre étapes – innovation, croissance, maturité et déclin –, les entreprises tendent à passer de l’exportation à la production directe sur les marchés étrangers au moyen des IDE. Les décisions de localisation dépendent des besoins à chaque étape : l’innovation nécessite des infrastructures de pointe, la maturité implique la diversification des sources de production, tandis que les produits standardisés privilégient des coûts de production plus faibles afin d’atteindre de nouveaux marchés. (Vernon, 1979; Vernon, 1992). |
| Théorie de l’internationalisation | Propose une perspective différente des IDE en mettant l’accent sur le rôle des intrants intermédiaires et de la technologie. Selon cette théorie, les entreprises étendent leurs activités à l’étranger afin de pallier les défaillances du marché, notamment celles liées au transfert de biens intermédiaires et de technologies, et de consolider leur avantage monopolistique (Kang et Jiang, 2012). |
| Le paradigme éclectique (modèle PLI) | Explique les IDE à partir de trois avantages clés : la propriété (actifs propres à l’entreprise, comme la technologie protégée par le droit d’auteur ou la marque), la localisation (avantages liés à un pays donné, tels que des incitatifs fiscaux, des coûts moindres ou un risque réduit) et l’internalisation (bénéfices tirés du maintien des opérations à l’intérieur de l’entreprise pour limiter les coûts de transaction). Ensemble, ces facteurs déterminent pourquoi et où les sociétés multinationales investissent à l’étranger (Dunning, 1980). |
| Théorie des modes d’entrée | En s’appuyant sur le paradigme éclectique, Dunning (1993) désigne quatre types d’IDE selon les motivations des entreprises: (i) Les IDE axés sur les ressources visent à obtenir des ressources naturelles ou une main-d’œuvre à faible coût, notamment dans les secteurs riches en ressources ou à forte exigence en main-d’œuvre (Kang et Liu, 2016). (Ii) Les IDE axés sur les marchés visent à atteindre de nouveaux marchés pour écouler la production excédentaire et adapter les produits aux préférences locales (Franco, 2013). (iii) Les IDE axés sur l’efficacité visent à accroître le rendement opérationnel en tirant parti des écarts transfrontaliers de coûts, de politiques et de conditions de marché (Dunning et Lundan, 2008), tout en profitant des économies d’échelle et de gamme. (iv) Les IDE axés sur les actifs stratégiques visent à acquérir des entreprises ou des actifs locaux afin de renforcer leur position concurrentielle à l’échelle mondiale et de contrer leurs rivaux, particulièrement dans les marchés de type oligopolistique (Wadhwa et Reddy, 2011; Hoenen et Hansen, 2009). |
Ces théories forment la base de la compréhension des critères sur lesquels les entreprises s’appuient pour évaluer et sélectionner les destinations de leurs IDE. En s’appuyant sur ce cadre théorique, plusieurs études classent les facteurs déterminants des décisions de localisation des IDE en quatre grandes catégories: les micro-facteurs, les macro-facteurs, les facteurs stratégiques et les facteurs sectoriels (Wang et Swain, 1997; Liu et al., 1997; Zhang, 2000; Wei et Liu, 2001; Zhang, 2002; Liu, 2009; Agustina et Flath, 2020).
Les micro-facteurs renvoient aux avantages propres à l’entreprise, notamment la connaissance et l’expérience des marchés étrangers, la taille de l’entreprise, les capacités technologiques et la différenciation des produits, qui influencent les décisions d’investissement des sociétés multinationales. Ces facteurs conditionnent la capacité d’une entreprise à réduire les coûts et l’incertitude liés à ses activités sur les marchés étrangers, à tirer parti des économies d’échelle et de portée, à préserver son avantage en innovation et à positionner stratégiquement ses produits sur divers marchés.
Les macro-facteurs se rapportent aux caractéristiques d’un pays qui façonnent son attractivité pour les IDE, notamment la taille du marché, le capital humain, la qualité et la disponibilité des infrastructures, l’engagement du gouvernement à respecter les contrats, la stabilité politique, la lutte contre la corruption, l’ouverture commerciale, la facilité de faire des affaires, la politique et le taux d’imposition, le taux d’inflation, le taux de change, les avantages de localisation liés à l’effet d’agglomération, le développement du système financier, les politiques de promotion des IDE et les facteurs socioculturels.
Les facteurs stratégiques renvoient aux facteurs à long terme qui orientent les décisions d’investissement des multinationales, principalement dans le but de maintenir ou de renforcer leur position sur le marché mondial. Ces facteurs incluent la défense des marchés étrangers déjà acquis contre les concurrents, la diversification des activités pour atténuer les risques propres à certains marchés et les stratégies dites d’échange de menaces, qui consistent à investir à l’étranger en réponse à l’entrée de concurrents étrangers sur leur marché intérieur.
Les facteurs sectoriels soulignent que certaines industries peuvent accorder une priorité particulière à des éléments comme les faibles coûts de main-d’œuvre et de transport ou l’accès à des ressources de recherche et développement, qui ne s’appliquent pas nécessairement à tous les secteurs.
Ce cadre multidimensionnel illustre la complexité du processus décisionnel en matière d’IDE et met en évidence l’importance du contexte, tant à l’échelle de l’entreprise qu’à celle des secteurs et des pays, dans l’élaboration des stratégies d’investissement.
Tendances mondiales récentes relatives à la localisation des IDE (2021-2025)
Pour suivre les tendances mondiales récentes, nous nous appuyons sur l’indice de confiance des IDE de Kearney (indice FDICI), une enquête annuelle menée auprès de cadres d’entreprises internationales qui : (i) classe les marchés selon la probabilité qu’ils attirent le plus d’investissements au cours des trois prochaines années; et (ii) met en évidence les principaux facteurs que les entreprises prennent en compte lorsqu’elles décident où investir.
En comparaison à la catégorisation des « micro-facteurs », des « macro-facteurs », des facteurs « stratégiques » et des facteurs « sectoriels », l’indice FDICI de Kearney est plus étroitement lié aux macro-facteurs, et plusieurs liens peuvent être établis entre les deux. Par exemple, l’inflation et les taux de change – généralement classés parmi les facteurs macroéconomiques – sont représentés dans l’indice FDICI de Kearney par la dimension de la performance économique nationale. De même, le capital humain est pris en compte dans l’indice FDICI à travers des indicateurs, tels que le niveau de talent et de compétence, le coût de la main-d’œuvre ainsi que les capacités technologiques et d’innovation (Figure 1).
Figure 1 : Correspondance entre les facteurs de l’indice FDICI de Kearney et les macro-facteurs issus de la littérature empirique

Text version - Figure 1
| Facteurs de l’indice FDICI de Kearney | Macro-facteurs |
|---|---|
| Contexte général de sécurité | Stabilité politique |
| Qualité des infrastructures | Infrastructures bien développées |
| Disponibilité des terrains ou des biens immobiliers | Infrastructures bien développées |
| Taille du marché intérieur | Taille du marché |
| Disponibilité des matières premières et d’autres intrants | Avantages de localisation liés à l’effet d’agglomération |
| Chaîne d’approvisionnement diversifiée | Avantages de localisation liés à l’effet d’agglomération |
| Absence de corruption | Contrôle de la corruption |
| Facilité de transfert des capitaux vers ou depuis le marché | Système financier développé |
| Niveau de talent et de compétence de la main-d’œuvre | Capital humain |
| Coût de la main-d’œuvre | Capital humain |
| Capacités technologiques et d’innovation | Capital humain |
| Performance économique nationale | Taux de change |
| Performance économique nationale | Taux d’inflation |
| Participation du marché à des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux | Ouverture au commerce |
| Taux d’imposition et simplicité des obligations fiscales | Politique et taux d’imposition |
| Solidité des droits des investisseurs et des droits de propriété | Engagement du gouvernement à l’égard des contrats |
| Incitatifs gouvernementaux pour les investisseurs | Politiques d’attraction des investissements directs étrangers |
Données: Indice FDICI de Kearney 2025 et Abu Bakar et al. (2022)
Source: Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Par ailleurs, l’indice FDICI de Kearney regroupe ses déterminants en deux grandes catégories: i) les facteurs de gouvernance et de réglementation et ii) les facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure.
Les facteurs de gouvernance et de réglementation renvoient à l’environnement institutionnel et politique du pays hôte. Ils comprennent notamment l’efficacité des processus juridiques et réglementaires, la facilité de transférer des capitaux vers ou depuis le marché, les taux d’imposition et la simplicité des obligations fiscales, les incitatifs gouvernementaux offerts aux investisseurs, la participation du marché à des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux, la solidité des droits des investisseurs et des droits de propriété, ainsi que l’absence de corruption.
Les facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure reflètent, pour leur part, les caractéristiques économiques et physiques qui soutiennent l’investissement. Ils incluent : la performance économique nationale, les capacités technologiques et d’innovation, la qualité des infrastructures, la diversification des chaînes d’approvisionnement, le coût de la main-d’œuvre, la taille du marché intérieur, le niveau de talent et de compétence de la main-d’œuvre, la disponibilité des matières premières et d’autres intrants, le contexte général de sécurité, ainsi que la disponibilité de terrains ou de biens immobiliers.
Ce qui motive les entreprises à choisir certaines destinations pour leurs IDE
Selon l’indice FDICI 2025 de Kearney, les deux facteurs les plus déterminants dans les décisions de localisation des IDE sont: i) l’efficacité des processus juridiques et réglementaires et ii) la performance économique nationale – tous deux arrivant en tête de classement. Ils sont suivis de près par : iii) les capacités technologiques et d’innovation et iv) la facilité de transfert de capitaux vers ou depuis le marché (Figure 2).
Par rapport à 2021, les facteurs ayant enregistré la plus forte progression sont la performance économique nationale (dont l’importance a doublé, passant de 8 % à 16 %), la qualité des infrastructures (de 8 % à 13 %), et la disponibilité des matières premières et autres intrants (de 6 % à 10 %). Cette hausse en importance traduit un intérêt accru des investisseurs pour les indicateurs économiques dans leurs décisions d’allocation d’IDE.
Compte tenu des nombreux chocs ayant récemment ébranlé l’économie mondiale, les investisseurs semblent accorder une attention plus soutenue à la manière dont les différents marchés réagissent et s’adaptent.
En outre, un nouveau facteur a été ajouté comparé à 2021: la diversification des chaînes d’approvisionnement, introduite dans l’indice depuis 2023. Cette inclusion pourrait refléter les préoccupations croissantes des investisseurs face à l’escalade des risques géopolitiques et aux perturbations potentielles des chaînes d’approvisionnement, susceptibles d’entraîner une hausse des prix des produits de base.
Figure 2 : Principaux facteurs considérés par les entreprises dans leurs décisions de localisation des IDE (%)

Text version - Figure 2
| Principaux facteurs | 2025 | 2021 |
|---|---|---|
| Efficacité des processus juridiques et réglementaires* | 16 % | 13 % |
| Performance économique nationale** | 16 % | 8 % |
| Capacités technologiques et d’innovation** | 15 % | 15 % |
| Facilité de transfert des capitaux vers ou depuis le marché* | 14 % | 11 % |
| Taux d’imposition et simplicité des obligations fiscales* | 13 % | 16 % |
| Qualité des infrastructures** | 13 % | 8 % |
| Incitatifs gouvernementaux pour les investisseurs* | 13 % | 12 % |
| Participation du marché à des accords com. région./bilat.* | 12 % | 9 % |
| Chaîne d’approvisionnement diversifiée** | 11 % | |
| Coût de la main-d’œuvre** | 11 % | 11 % |
| Taille du marché intérieur** | 11 % | 10 % |
| Solidité des droits des investisseurs et des droits de propriété* | 10 % | 12 % |
| Niveau de talent et de compétence de la main-d’œuvre** | 10 % | 8 % |
| Disponibilité des matières premières et d’autres intrants** | 10 % | 6 % |
| Contexte général de sécurité** | 9 % | 11 % |
| Disponibilité des terrains ou des biens immobiliers** | 8 % | 6 % |
| Absence de corruption* | 5 % | 13 % |
* Facteurs de gouvernance et de réglementation
** Facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure
Données: Indices FDICI 2021 et 2025 de Kearney
Source: Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Inversement, les facteurs qui avaient connu les plus fortes baisses étaient l’absence de corruption, qui a fortement chuté de 13 % à 5 %, et les taux d’imposition et la simplicité des obligations fiscales, qui sont passés de 16 % à 13 % (ces deux facteurs occupaient respectivement les 5e et 1re places en 2021). La solidité des droits des investisseurs et des droits de propriété ainsi que le contexte général de sécurité ont également connu de légères baisses (passant respectivement des 6e et 10e rangs en 2021 aux 12e et 15e rangs en 2025). Par ailleurs, entre 2021 et 2025, les capacités technologiques et d’innovation (15 %) et le coût de la main-d’œuvre (11 %) sont demeurés stables, ce qui traduit une importance constante pour les investisseurs.
Évolution des priorités des investisseurs : infrastructure de marché ou gouvernance et réglementation?
Lorsqu’on compare les pourcentages cumulatifs des deux catégories, on constate qu’en 2021 et 2022, les facteurs de gouvernance et de réglementation étaient légèrement prioritaires par rapport aux facteurs liés au marché, l’écart maximal (7 points de pourcentage) étant observé en 2022. Malgré ces variations, l’écart entre les deux catégories est demeuré relativement modéré de 2021 à 2024, leurs trajectoires étant similaires et convergeant étroitement en 2023 et 2024. Toutefois, une divergence marquée est apparue en 2025: les facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure ont bondi à 114 %, tandis que les facteurs de gouvernance et de réglementation ont chuté à 83 % (Figure 3).
En effet, les trois plus fortes hausses d’importance ont été observées parmi les facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure, ce qui confirme le rôle grandissant des fondamentaux économiques et de l’infrastructure dans la prise de décision des investisseurs. À l’inverse, trois des quatre plus fortes baisses concernaient les facteurs de gouvernance et de réglementation, ce qui suggère que les investisseurs ont moins porté attention aux conditions institutionnelles et réglementaires durant cette période.
Figure 3 : Évolution des priorités des investisseurs : Facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure et facteurs de gouvernance et de réglementation (2021-2025)

Text version - Figure 3
| Priorités des investisseurs | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|
| Facteurs de gouvernance et de réglementation | 86 % | 104 % | 100 % | 95 % |
| Facteurs liés aux actifs de marché et à l’infrastructure | 83 % | 97 % | 99 % | 94 % |
Données: Indices FDICI 2021 et 2025 de Kearney
Source: Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Ce changement marqué suggère une réorientation de l’attention des investisseurs vers des éléments liés au marché et à l’infrastructure, traduisant possiblement l’évolution des conditions mondiales en matière d’accès aux marchés, de diversification des chaînes d’approvisionnement et de fondamentaux économiques.
Le Canada occupe une position élevée dans l’indice FDICI de Kearney
En ce qui concerne le classement mondial de l’indice de confiance des IDE, les États-Unis occupent systématiquement la première place au cours des cinq dernières années, ce qui témoigne de leur attrait durable pour les investisseurs étrangers. Le Canada affiche également une performance solide et stable, maintenant la deuxième position pendant quatre des cinq années, avec une brève chute à la troisième place en 2022. L’Allemagne affiche une plus grande fluctuation, passant au deuxième rang en 2022 avant de reculer progressivement au cinquième rang en 2024 et 2025. Le Royaume-Uni a connu une baisse en 2022 et 2023, mais a graduellement regagné la troisième place en 2025, ce qui témoigne d’un redressement de la confiance des investisseurs. Le Japon présente la plus forte volatilité: il a atteint la troisième place en 2023, avant de chuter à la septième place en 2024 et de remonter à la quatrième place en 2025. La France est demeurée relativement stable à la sixième place jusqu’en 2024, avant de glisser légèrement à la septième place en 2025, dépassée par la Chine (y compris Hong Kong). (Figure 4)
Remarque : la 7e place en 2021, 2022 et 2023 était occupée respectivement par l’Australie, l’Italie et la Chine (y compris Hong Kong), tandis que la 3e place en 2024 et la 6e place en 2025 étaient détenues par la Chine (y compris Hong Kong), en hausse par rapport à la 12e place en 2021.
Figure 4 : Le Canada conserve un classement élevé dans l’indice de confiance des IDE de Kearney (2021-2025)

Text version - Figure 4
| Pays | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 |
| Canada | 2 | 3 | 2 | 2 | 2 |
| Allemagne | 3 | 2 | 4 | 5 | 5 |
| Royaume-Uni | 4 | 5 | 5 | 4 | 3 |
| Japon | 5 | 4 | 3 | 7 | 4 |
| France | 6 | 6 | 6 | 6 | 7 |
Données: Indices FDICI 2021 et 2025 de Kearney
Source: Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada.
Dans l’ensemble, la figure 4 met en évidence la performance solide et résiliente des États-Unis et du Canada pour attirer les IDE, alors que d’autres pays présentent des évolutions plus dynamiques dans la perception des investisseurs au fil du temps.
Les motivations d’investissement varient selon les marchés
Les motivations des investisseurs quant au choix de leur destination d’investissements varient de manière considérable d’un pays à l’autre, reflétant les atouts et les priorités diversifiés de chaque marché. En 2025, alors que l’innovation technologique constitue le principal facteur de motivation dans des pays comme le Japon, les États-Unis et la Chine (y compris Hong Kong), d’autres se distinguent pour leur main-d’œuvre qualifiée (l’Inde) ou pour leurs ressources naturelles (le Brésil). Ces différences montrent la façon dont les investisseurs évaluent et choisissent leurs destinations d’IDE.
Dans le cas du Canada, la principale motivation des IDE à y investir est la qualité de ses infrastructures (33 %), ce qui souligne la modernité et la fiabilité de ses réseaux de transport, de communication et de services publics. Cette base d’infrastructures solide est essentielle pour réduire les risques opérationnels et favoriser l’efficacité des activités commerciales (Figure 5). La performance économique (30 %) arrive en deuxième position, ce qui met en évidence la confiance des investisseurs dans la stabilité macroéconomique du Canada, ses perspectives de croissance et le potentiel de son marché. L’innovation technologique (28 %) arrive en troisième position, soulignant la vigueur de l’écosystème technologique canadien.
Pris ensemble, ces résultats indiquent que l’attrait du Canada pour les investisseurs est bien diversifié. Le pays offre non seulement des fondamentaux économiques solides, mais aussi un climat d’affaires propice et une croissance axée sur l’innovation, ce qui en fait l’une des destinations d’IDE les plus équilibrées et attrayantes en 2025.
Figure 5 : Les raisons d’investir varient selon le marché, 2025 (%)

Text version - Figure 5
| Pays | Innovation technologique | Facilité de faire des affaires | Gouvernance transparente/absence de corruption | Qualité de l’infrastructure | Talent/compétence du bassin de main-d’œuvre | Rendement économique | Ressources naturelles | Aucune |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| États-Unis | 45 | 23 | 14 | 23 | 21 | 40 | 16 | 1 |
| Canada | 28 | 26 | 24 | 33 | 22 | 30 | 17 | 1 |
| Royaume-Uni | 27 | 26 | 22 | 30 | 26 | 32 | 17 | 2 |
| Japon | 46 | 21 | 16 | 30 | 27 | 31 | 13 | 1 |
| Allemagne | 37 | 21 | 20 | 29 | 24 | 35 | 13 | 1 |
| Chine (y compris Hong Kong) | 42 | 20 | 16 | 23 | 28 | 34 | 18 | 1 |
| France | 28 | 25 | 18 | 31 | 28 | 31 | 18 | 1 |
Données: Indice FDICI de Kearney 2025
Source: Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
L’analyse des principales raisons d’investir au Canada en 2025 selon l’indice FDICI de Kearney offre l’occasion d’évaluer leur niveau d’alignement avec les théories économiques expliquant le comportement des IDE mentionnées dans le tableau 1.
Bien que toutes ces motivations puissent être interprétées globalement comme des avantages propres à la localisation, et donc relever du composant « L » du modèle PLI (propriété, localisation, internalisation), cette analyse va plus loin. Bien que plusieurs théories puissent s’appliquer à chaque facteur, nous nous concentrons ici sur l’identification de la théorie qui explique le plus directement comment chacune de ces motivations attire les IDE au Canada. Pour assurer une analyse plus concise et pertinente, la discussion se limite aux quatre motivations les mieux classées pour le Canada dans l’indice FDICI 2025 de Kearney.
- Les infrastructures de haute qualité (33 %) et l’innovation technologique (28 %) pourraient s’aligner le plus avec la théorie du cycle de vie du produit. Selon cette théorie, les entreprises ajustent leurs stratégies internationales en fonction de l’étape de développement de leur produit. Aux premières étapes (innovation et croissance), les entreprises recherchent des emplacements offrant des infrastructures avancées pour soutenir la recherche, le développement et la production spécialisée. La haute qualité des infrastructures et les capacités d’innovation technologique du Canada en font une destination attrayante pour ce type d’activités à forte valeur ajoutée.
- La solide performance économique (30 %) peut, pour sa part, être partiellement expliquée par la théorie du marché des capitaux, notamment à travers le taux d’intérêt. En effet, une bonne performance économique est souvent associée à des politiques prévisibles en matière d’inflation et de taux d’intérêt, ce qui réduit l’incertitude et favorise la planification des investissements à long terme.
- La facilité de faire des affaires (26 %) peut être associée à la théorie des coûts de transaction. Lorsqu’un pays offre un environnement juridique et réglementaire transparent et efficace, les coûts liés à la négociation, à la surveillance et à l’exécution des contrats sont réduits. Le climat d’affaires favorable du Canada rend ainsi ces stratégies d’internalisation plus attrayantes.
Ainsi, chacun des principaux moteurs d’attractivité des IDE au Canada en 2025 peut être relié à une théorie économique précise, ce qui met en lumière les logiques qui poussent les entreprises multinationales à investir au Canada et la façon dont elles cherchent à optimiser leurs stratégies mondiales.
Conclusion
Le présent document réunit des perspectives théoriques et empiriques clés afin de mieux comprendre les déterminants de la localisation des IDE. Le cadre théorique offre différents points de vue permettant d’analyser les raisons pour lesquelles les entreprises multinationales choisissent d’investir à l’étranger et les emplacements qu’elles privilégient. En complément de ce cadre théorique, la littérature empirique classe ces déterminants en quatre grandes catégories, soit les micro-facteurs, les macro-facteurs, les facteurs stratégiques et les facteurs sectoriels, ce qui illustre la nature multidimensionnelle des décisions d’investissement.
Les tendances récentes mises en évidence par l’indice FDICI 2025 de Kearney fournissent des indications pertinentes sur l’évolution des priorités des investisseurs mondiaux. Les principaux facteurs déterminant les choix de localisation des IDE en 2025 sont l’efficacité des processus juridiques et réglementaires et la performance économique nationale, suivis de près par l’innovation technologique et la facilité de mobilité du capital. Comparativement à 2021, on observe un virage marqué vers une priorité accordée aux fondamentaux économiques, en particulier à la qualité des infrastructures et à l’accès aux intrants. Cette évolution semble refléter les dynamiques mondiales liées à l’accès aux marchés, à la diversification des chaînes d’approvisionnement et aux conditions économiques de base.
Dans ce contexte mondial en évolution, le Canada maintient une performance solide et résiliente en matière d’attraction des IDE, se classant constamment parmi les principales destinations au cours des cinq dernières années. En 2025, ses principaux moteurs d’attractivité – les infrastructures de haute qualité, la solide performance économique, l’innovation technologique et la facilité de faire des affaires – reflètent un profil d’investissement bien diversifié. Ensemble, ces atouts positionnent le Canada parmi les destinations d’IDE les plus équilibrées et attrayantes, alliant des fondamentaux économiques solides à un environnement d’affaires propice et axé sur l’innovation.
Références
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