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Rendement des exportations et durée de vie des nouveaux exportateurs canadiens de 2005 à 2018

Juillet 2025

Table des matières

1. Principaux messages

2. Résumé

Bien que les décideurs politiques aient pour objectif de favoriser la participation des entreprises canadiennes aux marchés d’exportation et leur croissance à cet égard, la durée de vie des activités d’exportation est un sujet qui a été moins étudié. Toutefois, la durée de vie des activités d’exportation est tout aussi importante que la décision initiale d’exporter, puisqu’il s’agit d’une condition nécessaire à la poursuite de la participation et de la croissance sur les marchés mondiaux. Le présent rapport se concentre sur la durée de vie des activités d’exportation des entreprises canadiennes ayant commencé leurs activités de 2005 à 2018, ainsi que sur la question de savoir si des stratégies d’exportation différentes entraînent des différences en ce qui concerne cette durée.

Voici les principaux résultats du présent rapport : en général, les exportateurs canadiens n’exportent pas sans interruption pendant de longues périodes; environ 40 % des périodes d’activité d’exportation d’une entreprise se terminent après la première année du début (ou de la reprise) de ses exportations – la durée médiane étant de 2 ans. Seules environ 3 périodes d’activité d’exportation sur 10 durent 5 ans. Ces résultats sont similaires à ceux d’études antérieures menées dans d’autres pays. En général, les entreprises commencent et arrêtent périodiquement leurs activités d’exportation, en raison d’un certain nombre de facteurs, notamment les dates de début et de fin de contrat, la fluctuation de la demande ou de la clientèle et la limitation des ressources.

L’établissement de solides activités d’exportation présente plusieurs avantages. La durée de vie des activités d’exportation est corrélée avec l’amélioration du rendement des entreprises, notamment la croissance de la valeur des exportations, le nombre de produits exportés, le nombre de destinations, le revenu de l’entreprise et le nombre d’employés. Selon cette analyse, la valeur médiane des exportations était d’environ 26 000 dollars la première année, le nombre moyen de produits exporté était de 2,6 et le nombre de destinations était de 1,5. À la 6e année d’exportation, la valeur médiane des exportations d’une entreprise ayant exporté sans interruption était passée à 432 000 dollars, pour une moyenne de 6,2 produits exportés et 3,7 destinations.

Différentes stratégies peuvent être adoptées par les entreprises pour s’implanter sur les marchés internationaux. La théorie classique présente une stratégie séquentielle, selon laquelle une entreprise s’établit d’abord sur son marché national, puis accroît progressivement ses engagements et ses ressources sur les marchés internationaux. Dans le présent rapport, les entreprises ayant adopté le modèle classique sont appelées « exportateurs mondiaux progressifs ». Contrairement à ce que préconise la théorie classique, les « exportateurs mondiaux par nature » et « exportateurs régionaux par nature » sont des entreprises qui exportent dans les 2 ans suivant le début de leurs activités. Les exportateurs mondiaux par nature suivent le cadre des « nouvelles entreprises internationales », selon lequel les jeunes entreprises bénéficient d’une internationalisation précoce en tirant profit des avantages de l’apprentissage qui accompagnent la nouveauté. Les exportateurs mondiaux par nature diffèrent des exportateurs régionaux par nature en ce sens qu’ils sont présents à l’international dès leurs débuts. En revanche, les entreprises régionales par nature n’exportent au début que vers les États-Unis. Les exportateurs régionaux par nature adoptent l’« hypothèse de régionalisation » selon laquelle une internationalisation rapide et précoce est possible, mais plus rentable si des revenus proviennent de la région d’origine de l’entreprise afin de diminuer les responsabilités liées à l’extranéité. On peut considérer que les États-Unis font partie de la région d’origine du Canada, puisqu’ils représentent la majorité des échanges commerciaux du pays et que les infrastructures et les réseaux commerciaux sont fortement axés sur les itinéraires nord-sud.

Si l’on tient compte de l’engagement et de la confiance à l’égard de l’exportation (représentés, entre autres, par diverses variables de rendement des exportations), il n’y a pas de différences dans la durée de vie des activités d’exportation à long terme entre les « exportateurs régionaux par nature » et les « exportateurs mondiaux progressifs ». De la même façon, la durée de vie des activités d’exportation des exportateurs mondiaux par nature n’est que légèrement plus faible. Autrement dit, l’âge de l’entreprise au moment où elle commence à exporter ne semble avoir aucune incidence sur la durée de vie des activités d’exportation à long terme. C’est plutôt la confiance et l’engagement des exportateurs qui semblent importants. La durée des périodes d’exportation est positivement corrélée à la valeur initiale des exportations, au nombre initial de produits exportés et au nombre initial de destinations d’exportation.

3. Introduction

Bien que l’on donne beaucoup d’importance à l’incitation des entreprises à exporter et à développer leurs exportations sur le plan de la valeur et des destinations, la durée de vie des activités d’exportation a été moins étudiée, mais elle est tout aussi importante, puisqu’elle est essentielle à la participation cohérente et à la croissance d’une entreprise sur les marchés mondiaux. Le présent rapport se concentre sur la survie des activités d’exportation des exportateurs canadiens et sur la question de savoir si différentes stratégies d’internationalisation peuvent entraîner des différences dans la survie de leurs exportations. Les résultats de ce rapport sont similaires à ceux d’études antérieures : les exportateurs canadiens ne survivent pas longtemps et plus de la moitié des périodes d’exportation cessent après la deuxième année.

Les différentes stratégies d’internationalisation ne semblent pas avoir d’incidence importante sur la survie à long terme des exportations, car une fois que la confiance et l’engagement à l’égard des exportations (représentés par la valeur des exportations, le nombre de produits exportés et le nombre de destinations) sont pris en compte, la différence de durée de survie selon les stratégies d’internationalisation adoptées est marginale. Par conséquent, l’âge des entreprises au début des activités d’exportation n’a pas d’incidence sur la durée de vie de ces activités, ce qui contredit le modèle classique d’internationalisation, selon lequel une entreprise doit d’abord s’établir sur son marché national avant d’augmenter progressivement ses activités et ses ressources sur les marchés internationaux. La section 4 du rapport recense la littérature existante sur la durée de survie des exportations canadiennes. La section 5 présente des informations de base sur les données, des définitions et des résumés statistiques. La section 6 aborde les méthodes pour maintenir les activités d’exportation, et la section 7 présente les résultats de ces activités pour les entreprises canadiennes. Les sections 8 et 9 présentent des discussions générales sur les résultats et les conclusions.

4. Revue de la littérature

4.1. Les différentes stratégies d’internationalisation

Une entreprise canadienne peut se développer à l’étranger de différentes manières. Certaines entreprises se développent très tôt, dès leur création, tandis que d’autres consacrent plus de temps à s’établir sur le marché national avant de se développer à l’international. Une autre dimension est le lieu géographique de l’expansion : de nombreuses entreprises canadiennes se tourneront d’abord vers les États-Unis, qui sont de loin le premier partenaire commercial du Canada, tandis que d’autres entreprises canadiennes tenteront de se développer sur plusieurs marchés internationaux à la fois.  

Le modèle d’internationalisation traditionnel, également connu sous le nom de modèle par étapes ou modèle d’Uppsala, est le premier modèle d’expansion internationale développé par un groupe d’économistes suédois (Johanson et Wiedersheim-Paul, 1975; Forsgren et Johanson, 1975). Le modèle d’Uppsala consiste en une approche séquentielle, selon laquelle une entreprise doit d’abord s’établir sur son marché national, puis accroître progressivement son engagement et ses ressources sur le marché international. Selon le modèle par étapes, le risque et l’incertitude associés à l’entrée sur un marché étranger sont élevés et les entreprises doivent donc être prudentes et y pénétrer progressivement. Selon ce rapport, les entreprises canadiennes qui suivent le modèle par étapes sont appelées « entreprises progressivement mondiales ».

Un autre cadre relatif aux processus d’internationalisation des entreprises est celui des « nouvelles entreprises internationales » (NEI). Les NEI sont des entreprises « qui, depuis leur création ou presque, tirent une part importante de leur chiffre d’affaires total de leurs ventes sur les marchés internationaux » [traduction] (Knight et Cavusgil, 2005). Selon le cadre des NEI, celles-ci peuvent tirer profit d’une internationalisation précoce en tirant profit des « avantages de l’apprentissage qui accompagne la nouveauté » [traduction] (Autio et al., 2000). En d’autres termes, une jeune entreprise peut plus facilement adapter ses processus et sa structure à l’environnement international. L’internationalisation précoce est également jugée importante pour le développement des jeunes entreprises, car l’exposition aux marchés étrangers peut déclencher l’exploration et l’exploitation de nouvelles possibilités et ressources (Sapienza et al., 2006). Dans ce rapport, les entreprises canadiennes qui suivent le cadre des NEI sont appelées « nées mondiales ». 

Une autre théorie, appelée l’approche de la régionalisation, suggère qu’une internationalisation rapide et précoce est possible, mais qu’elle sera plus utile si les revenus proviennent de la région d’origine de l’entreprise, et ce, dans le but de réduire les risques associés aux responsabilités qui viennent avec le caractère étranger des activités d’exportation [traduction] (Rugman et Verbeke, 2004). Cette approche peut être considérée comme un moyen de garder un juste milieu entre les avantages de pouvoir apprendre de façon précoce en étant exposé aux marchés étrangers et les risques et l’incertitude élevés liés au fait de commercer à l’international. L’approche de la régionalisation s’applique davantage à un pays comme le Canada, où la majorité des activités commerciales internationales se déroulent dans un seul marché, les États-Unis, qui peuvent donc être considérés comme la région d’origine des activités d’exportations pour le Canada. Dans ce rapport, les entreprises canadiennes qui adoptent l’approche de la régionalisation sont appelées des entreprises « nées régionales ».

4.2. Survie des activités d’exportation des entreprises canadiennes et comparaison avec d’autres pays

L’un des principaux défis pour les exportateurs est de maintenir leurs activités d’exportation sans y mettre fin. Or, la recherche sur le retrait des entreprises des marchés de l’exportation suscite une attention limitée (Sandberg et al., 2019; Bernini et al., 2016; Chen et al., 2016; Gima et al., 2003). Au Canada, les nouveaux exportateurs sont susceptibles de cesser leurs exportations au bout de quelques années, mais ceux qui parviennent à survivre voient leurs recettes d’exportation augmenter de manière significative. Selon Chen et Yu (2010), qui ont étudié la dynamique des exportateurs canadiens entre 2000 et 2006 en utilisant les bases de données du registre des exportateurs et du registre des entreprises de Statistique Canada, environ 50 % des nouveaux exportateurs qui ont commencé à exporter en 2000 ont cessé leurs activités à la fin de la deuxième année sur le marché mondial, et seulement un quart d’entre eux ont survécu et sont devenus des exportateurs permanents et bien établis à la fin de la sixième année. En outre, les chercheurs ont constaté qu’une fois que les nouveaux exportateurs se sont établis sur le marché d’exportation, la valeur de leurs exportations a augmenté de manière significative. Ceci souligne l’importance de maintenir des relations commerciales afin de demeurer sur le marché de l’exportation et d’y prendre de l’expansion.

Des études menées dans d’autres pays ont abouti à des résultats semblables, la plupart d’entre elles indiquant elles aussi que la plupart des périodes d’exportation ne durent généralement pas longtemps. On a constaté que la plupart des flux d’exportation cessent au bout de deux à trois ans (Besedeš et Prusa, 2006; Esteve-Pérez et al., 2013). Dans leur étude, Lodefalk et al. (2022) concluent que les relations d’exportation sont de courte durée. Selon l’analyse documentaire réalisée par Bandick (2019), Besedes et Prusa (2011) ont constaté que le taux de survie médian des exportateurs de produits manufacturés de 46 pays développés et en développement n’est que d’un à deux ans. Par ailleurs, le caractère bref de la période d’exportation a été observé dans d’autres études : Eaton et al. (2007) pour les exportateurs colombiens, Volpe et Carballo (2009) pour les exportateurs péruviens, Ilmakunnas et Nurmi (2010) pour les exportateurs finlandais et Choquette (2019) pour les exportateurs danois.

Dans une autre étude, Sabuhoro et Gervais (2004) ont utilisé les données du registre des exportateurs de Statistique Canada pour étudier les facteurs qui déterminent le retrait du marché international des exportateurs canadiens. L’étude a révélé que la plupart des exportateurs canadiens n’exportent pas longtemps, la probabilité de quitter le marché d’exportation avant 12 mois étant de 42,2 % et la durée de survie médiane des exportateurs canadiens étant de 20 mois. Les facteurs qui augmentent les chances de survie sur les marchés étrangers sont les suivants :

Esteve‐Pérez et al. (2005) ont étudié les données manufacturières des entreprises espagnoles de 1990 à 2001, afin de déterminer les facteurs qui ont une incidence sur la durée de survie des exportations. Ils ont découvert des preuves de l’existence d’une dépendance au temps, c’est-à-dire que plus une entreprise exporte longtemps, plus elle continuera à le faire. Une autre constatation importante est que les périodes d’exportation vers des marchés étroitement liés sont nettement plus longues. Les entreprises espagnoles qui vendent à l’Union européenne et au reste des pays de l’OCDE courent moins de risques de mettre fin à leur période d’exportation. D’autres facteurs, tels que l’augmentation de la taille et de la productivité de l’entreprise, favorisent également la survie des activités d’exportation.

4.3. Survie à l’exportation des entreprises nées mondiales et nées régionales au Canada

Il existe peu d’études sur la survie à l’exportation des entreprises nées mondiales au Canada. Sui (2009) a comparé la capacité de survie à l’exportation des entreprises canadiennes nées mondiales et des entreprises canadiennes progressivement mondiales. L’auteur a défini les entreprises « nées mondiales » comme des entreprises qui « ont commencé à exporter dans les deux ans suivant leur création et qui, au cours de leur première année d’activité d’exportation, réalisent au moins 25 % de leur chiffre d’affaires des exportations à l’étranger » [traduction]. Les auteurs ont également filtré les entreprises selon les critères et motifs suivants:

Les résultats de Sui (2009) indiquent que, toutes choses étant constantes par ailleurs, la probabilité de survie des entreprises canadiennes nées mondiales sur les marchés d’exportation est inférieure de 6 % à celle des entreprises progressivement mondiales. Après correction relative à l’endogénéité, la différence dans la probabilité de survie des exportations est devenue statistiquement insignifiante.

Sui et Baum (2014) ont répété le même processus, mais cette fois-ci en comparant les entreprises nées mondiales des entreprises nées régionales. Les auteurs définissent les entreprises nées régionales au Canada comme des entreprises ayant commencé à exporter dans les deux ans suivant leur création, qui ont une intensité d’exportation de 25 % ou plus et qui n’ont exporté vers le marché américain qu’au cours de leur première année d’activité d’exportation. Quant aux entreprises canadiennes nées mondiales, les auteurs les définissent comme des entreprises ayant exporté dans les deux ans suivant leur création, dont l’intensité des exportations est égale ou supérieure à 25 % et qui n’ont pas seulement exporté vers les marchés américains au cours de la première année d’activité d’exportation. Toutes les autres entreprises exportatrices entraient dans la catégorie « progressivement mondiales ». Les résultats indiquent que, sans correction de l’endogénéité du choix d’internationalisation des entreprises, les entreprises nées mondiales ont la plus forte probabilité d’abandonner l’exportation, suivies par les entreprises nées régionales. Une fois que la correction relative à l’endogénéité du choix d’internationalisation des entreprises est effectuée, il appert que ni le fait d’être née mondiale ni le fait d’être née régionale n’ont un effet statistiquement significatif sur la survie des entreprises dans le marché de l’exportation par rapport aux entreprises progressivement mondiales.

Entreprise née mondiale : un choix stratégique

Un aspect important des entreprises nées mondiales est que « leur forme organisationnelle est un choix stratégique conscient de la maximisation de la valeur par la direction » [traduction] (Mudambi et Zahra, 2007). En d’autres termes, le choix d’internationalisation entre l’approche « née mondiale » et « progressivement mondiale » est un choix stratégique d’entreprise « déterminé par son ensemble particulier de ressources et de compétences et est donc endogène » [traduction] (Mudambi et Zahra, 2007). Pour corriger cette endogénéité, les auteurs ont utilisé un modèle en deux phases, le choix de la stratégie étant déterminé lors de la première étape et la probabilité de survie (entre les entreprises nées mondiales et progressivement mondiales) étant déterminée lors de la deuxième étape.

De même, Sui (2009), Sui et Baum (2014), et Sandberg et al. (2019) ont également corrigé cette endogénéité de l’approche d’internationalisation en réalisant une estimation en deux étapes. La première étape consistait à prédire la probabilité qu’une entreprise choisisse l’option « née mondiale », « née régionale » ou « progressivement mondiale ». Lors de la deuxième étape, ils ont utilisé la probabilité prédite lors de la première étape pour estimer la survie des entreprises sur le marché de l’exportation. Enfin, pour vérifier la robustesse de leurs estimations en deux étapes, une méthode d’échantillonnage fractionné a été appliquée.

4.4. Définition des entreprises nées mondiales

Une analyse documentaire réalisée par Bader et Mazzarol (2009) a montré qu’il n’existait pas de définition cohérente de ce qui constitue une entreprise née mondiale, mais qu’il existait certains critères communs, notamment celui d’avoir des activités (ventes) dans au moins un pays étranger au début de son cycle de vie. Bader et Mazzarol (2009) ont constaté que la majorité des études sur les entreprises nées mondiales se référaient aux définitions d’Oviatt et McDougall (1994), Knight et Cavusgil (1996), Rennie (1993) ou utilisaient une combinaison de ces définitions.

Oviatt et McDougall (1994) définissent une entreprise née mondiale comme « une organisation commerciale qui, dès le départ, cherche à tirer un avantage concurrentiel significatif de l’utilisation de ressources et de la vente de produits dans plusieurs pays ». [traduction] Ils proposent également qu’une « nouvelle entreprise contrôle les actifs, notamment les connaissances particulières qui créent de la valeur dans plus d’un pays ». [traduction]

Knight et Cavusgil (1996) énumèrent les critères suivants pour les entreprises nées mondiales :

La définition d’entreprise née mondiale utilisée par Rennie (1993) peut se résumer comme suit : « une entreprise qui dispose d’un délai acceptable de deux ans entre sa création et sa première vente internationale à au moins un pays étranger à hauteur d’au moins 12 millions de dollars australiens représentant soixante-quinze pour cent des ventes totales » [traduction] (Bader et Mazzarol, 2009).

Ces trois définitions et d’autres définitions des entreprises nées mondiales sont associées à de nombreux critères et Bader et Mazzarol (2009) ont voulu cerner les plus communs parmi tous les critères, afin d’obtenir une définition plus courte et simplifiée des entreprises nées mondiales. Les chercheurs ont statué sur la définition suivante : « une nouvelle entreprise qui réalise au moins une vente internationale sur un nouveau marché dans les deux ans suivant sa création ». [traduction] Cependant, Bader et Mazzarol (2009) reconnaissent que l’exclusion d’un ratio exportations-ventes pourrait ne pas être acceptable pour tout le monde puisque de nombreuses recherches empiriques incluent le critère suivant : « au cours de la première année d’exportation, un minimum de 25 % du chiffre d’affaires d’une entreprise née mondiale provient de l’exportation ». [traduction] Par conséquent, le ratio exportations-ventes de 25 % sera également utilisé dans cette étude comme l’un des critères de définition d’une entreprise née mondiale ou née régionale, en plus des autres critères décrits plus en détail ci-dessous (voir section 5.2).

5. Données, définitions et statistiques de base

5.1. Données

La principale base de données intitulée Commerce des biens selon les caractéristiques des exportateurs (CCE), de Statistique Canada, contient d’importantes variables d’exportation telles que la valeur des exportations de biens, le nombre de pays vers lesquels l’entreprise a exporté des biens et le nombre de produits exportés (voir l’annexe 1.1 pour plus d’informations). Pour ce rapport, les données de la base CCE de 2005 à 2018 ont été utilisées. Ce fichier a été fusionné avec le Fichier de microdonnées longitudinales des comptes nationaux (FMLCN) pour obtenir les caractéristiques des entreprises telles que leur date de création, leur chiffre d’affaires, leurs ventes de biens et de services, leur taille et leur secteur d’activité. Ces données ont ensuite été fusionnées avec les données de Statistique Canada sur le Commerce selon les caractéristiques des importateurs de biens (CCI) et sur les Activités des entreprises multinationales (AEMN) au Canada pour obtenir le statut des importateurs et des multinationales. Toutefois, les données relatives au CCI et aux AEMN ne sont disponibles qu’à partir de 2010.

5.2. Définition des entreprises nées mondiales, nées régionales et progressivement mondiales

Dans ce rapport, comme les données vont de 2005 à 2018, les entreprises créées avant 2005 ne peuvent être classées dans les catégories nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales et ont donc été classées dans la catégorie « Exclues ». Pour les entreprises nées en 2005 ou après, certaines d’entre elles ont été classées dans la catégorie « Autres », car 1) des données étaient manquantes, ce qui les rendait inclassables, 2) elles n’ont jamais eu de revenus supérieurs à 30 000 dollars par année ou 3) elles n’ont jamais réalisé d’exportations supérieures à 2 000 dollars par année. Les entreprises « Exclues » et « Autres » ne sont pas prises en compte dans certaines analyses de ce rapport, car l’objectif est de comparer les différentes stratégies d’internationalisation (« nées mondiales », « nées régionales » et « progressivement mondiales »). Le fait de ne pas tenir compte des entreprises qui n’ont jamais eu de revenus supérieurs à 30 000 dollars par année ou qui n’ont jamais réalisé d’exportations supérieures à 2 000 dollars par année est similaire à ce qu’a fait Sui (2009). 

Pour les autres entreprises, une entreprise est qualifiée de née mondiale ou née régionale si elle exporte dans les deux ans suivant sa création et à raison de 25 % ou plus de son chiffre d’affaires dans les deux ans suivant sa création; dans le cas contraire, elle est classée dans la catégorie progressivement mondiale. En ce qui concerne la distinction entre les entreprises nées mondiales et nées régionales, une entreprise est classée comme née régionale si elle exporte vers les États-Unis uniquement, et ce, au cours de sa première année d’exportation; dans le cas contraire, si l’entreprise exporte vers un pays autre que les États-Unis ou vers les États-Unis et un autre pays, elle est classée comme née mondiale (voir la figure 1).

Figure 1 : Classification des entreprises nées mondiales, nées régionales et progressivement mondiales

Figure 1 : Classification des entreprises nées mondiales, nées régionales et progressivement mondiales
Version texte – Figure 1

Cette figure décrit la classification des entreprises exportatrices de cette étude : entreprises nées mondiales, entreprises nées régionales et entreprises progressivement mondiales.

Dans la première étape, les entreprises étaient incluses dans l’étude si elles répondaient aux critères suivants :

  • ont réalisé au moins 2 000 $ d’exportations pendant au moins un an ET
  • ont réalisé au moins 30 000 $ de revenus pendant au moins un an ET
  • ont été créées en 2005 ou après

Dans la deuxième étape, les entreprises suivantes ont été classées comme nées mondiales ou nées régionales :

  • ont exporté dans les deux ans suivant leur création ET
  • ont exporté 25 % ou plus de revenus dans les deux ans suivant leur création.

Dans le cas contraire, l’entreprise était classée comme progressivement mondiales.

Dans la troisième étape, les entreprises ont été classées comme nées mondiales si :

  • elles exportaient vers un pays hors des États-Unis ou vers les États-Unis et un autre pays au cours de la première année d'exportation.

Sinon, si elles exportaient uniquement vers les États-Unis au cours de la première année d'exportation, elles étaient classées comme nées régionales.

5.3. Statistiques de base sur la dynamique des exportations canadiennes entre 2006 et 2017

Entre 2006 et 2017, environ 40 000 entreprises ont exporté des biens chaque année, et un total de 485 600 exportations ont été observées sur l’ensemble de la période (les exportations observées se rapportent au nombre d’entreprises ayant exporté au cours de chaque année civile) à partir du Canada (voir tableau 1). Sur ces 485 600 exportations observées, 14,8 % ont été ponctuelles, ce qui signifie que la période d’exportationNote de bas de page 1 n’a duré qu’un an, c’est-à-dire que la même entreprise n’a pas exporté l’année précédente ni l’année suivant l’année d’exportation. La majorité (62,1 %) exportations observées au cours de cette période ont été faites par des « exportateurs en exploitation continue », c’est-à-dire que la même entreprise a exporté au cours de l’année précédente et l’année suivant l’année d’exportation. Au cours de cette période, 11,3 % des exportations observées ont été faites par des entreprises « entrant sur les marchés d’exportation », ce qui correspond au début d’une période d’exportation, c’est-à-dire que la même entreprise n’avait pas exporté l’année précédant l’année d’exportation, mais a exporté pendant une année donnée, puis l’année suivante. Un pourcentage similaire des exportations observées (11,8 %) a été fait par des entreprises « sortant des marchés d’exportation », à la fin d’une période d’exportation, c’est-à-dire que la même entreprise a exporté l’année précédente et l’année en question, mais n’a pas exporté l’année suivante (voir le tableau 1).

Sur les 485 600 exportations observées entre 2006 et 2017, environ 10 400 ont été faites par des entreprises nées mondiales, 8 500 par des entreprises nées régionales et 58 600 par des entreprises progressivement mondiales (voir tableau 1). Le reste des exportations observées ont été faites soit par des entreprises exclues ou d’autres entreprises pour lesquelles il a été impossible de déterminer la stratégie d’expansion internationale. Les résultats montrent que les périodes d’exportation des entreprises nées mondiales sont moins susceptibles de cesser que les périodes d’exportation des entreprises nées régionales, qui à leur tour sont moins susceptibles de se terminer que les périodes d’exportation des entreprises progressivement mondiales. Seuls 7 % des exportations observées faites par des entreprises nées mondiales étaient des cas d’exportations uniques et ponctuelles, soit un peu moins que la part de 7,2 % des entreprises nées régionales et beaucoup moins que la part de 23,1 % des entreprises mondiales progressives (voir tableau 1). La part des entreprises sortant des marchés d’exportation est également la plus faible pour les entreprises nées mondiales, suivies par les entreprises nées régionales et les entreprises progressivement mondiales (voir tableau 1).

Tableau 1 : Nombre d’exportations observées entre 2006 et 2017, par stratégie d’expansion internationale

Type d’entrepriseNombre d’exportations observées entre 2006 et 2017Exportateurs en exploitation continueExportateurs entrant sur les marchés d’exportationExportateurs sortant des marchés d’exportationExportateurs ponctuels
NombrePartNombrePartNombrePartNombrePart
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Exclues403 128264 12865,5 %37 0319,2 %47 82311,9 %54 14613,4 %
Nées mondiales10 4406 62663,5 %2 14420,5 %9399,0 %7317,0 %
Nées régionales8 5435 23761,3 %1 72720,2 %96211,3 %6177,2 %
Progressivement mondiales58 64625 03342,7 %13 26622,6 %6 81411,6 %13 53323,1 %
Autres4 83264913,4 %74415,4 %52410,8 %2 91560,3 %
Total des exportations observées485 601301 68562,1 %54 91211,3 %57 06211,8 %71 94214,8 %

5.4. Relation entre la survie à l’exportation, le résultat des exportations et le rendement de l’entreprise

Alors que l’analyse documentaire (section 4) souligne le fait que la plupart des exportateurs ne restent pas longtemps sur le marché international et que les données de la section 5.3 (tableau 1) montrent que de nombreux exportateurs ne restent qu’un an sur le marché international, les entreprises qui ont réussi à poursuivre leurs activités d’exportation en retirent des avantages : elles améliorent non seulement leurs résultats d’exportations, mais aussi leur rendement d’entreprise. La partie gauche de la figure 2 montre que les exportations de longue durée sont liées à une valeur plus élevée des exportations, à un plus grand nombre de produits exportés et à un plus grand nombre de destinations d’exportation. Dans la partie droite de la figure 2, les exportations plus durables sont également en corrélation avec un meilleur rendement des entreprises, notamment l’augmentation des revenus et de l’emploi.

Figure 2 : Résultat des exportations (graphique de gauche) et rendement des entreprises (graphique de droite) en fonction du nombre d’années d’exportation

Figure 2 : Résultat des exportations (graphique de gauche) et rendement des entreprises (graphique de droite) en fonction du nombre d’années d’exportation

Remarque : Tous les exportateurs dont les entreprises ont pu être identifiées comme nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales entre 2005 et 2018
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 2
Année (1re, 2e, etc.) d’exportationValeur médiane des exportations (mille $)Nombre moyen de destinations d’exportationNombre moyen de produits exportésRevenu médian (millions $)Nombre médian d'employés
Remarque : Tous les exportateurs dont les entreprises ont pu être identifiées comme nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales entre 2005 et 2018
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
126 $1,52,60,9 $6,3
277 $2,13,81,3 $8,0
3139 $2,54,61,6 $9,5
4218 $2,95,32,0 $11,0
5332 $3,25,72,4 $12,5
6432 $3,76,22,6 $13,6

5.5. Survie à l’exportation et résultat des exportations au début des activités d’exportation

En général, il existe une corrélation entre les résultats des exportations au cours de la première année d’exportation et la durée de l’exportation. Par exemple, dans la figure 3, les entreprises qui exportent depuis plus longtemps ont tendance à avoir exporté plus de produits et à avoir réalisé des exportations d’une plus grande valeur et vers un plus grand nombre de destinations au cours de leur première année d’exportation. La différence de ces résultats est la plus prononcée sur le plan de la valeur des exportations : les entreprises qui sont demeurées six ans sur le marché de l’exportation ont commencé à exporter des produits ayant une valeur médiane près de sept fois supérieure à celle des entreprises qui ne sont restées qu’un an. Pour le nombre moyen de produits exportés et le nombre moyen de destinations d’exportation, la différence entre les entreprises qui ont duré six ans et celles qui ont duré un an n’est qu’un peu plus du double. En théorie, la valeur initiale des exportations est un indicateur du niveau de confiance et d’engagement entre les partenaires commerciaux et l’on s’attend à ce qu’une valeur initiale plus élevée des exportations conduise à une plus grande probabilité de survie des exportations (Nicita et al., 2013). Dans la même étude, Nicita et al. (2013) ont constaté que plus la valeur initiale de l’exportation est élevée, plus la durée d’exportation est longue.   

Figure 3 : Résultats des exportations au cours de la première année, en fonction de la durée d’exportation

Figure 3 : Résultats des exportations au cours de la première année, en fonction de la durée d’exportation

Remarque : Tous les exportateurs dont les entreprises ont pu être identifiées comme nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales entre 2005 et 2018
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 3
Durée d’exportation en annéesValeur médiane des exportations (mille $)Nombre moyen de produits exportésNombre moyen de destinations d’exportation
Remarque : Tous les exportateurs dont les entreprises ont pu être identifiées comme nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales entre 2005 et 2018
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
115 $1,91,2
232 $2,51,4
343 $3,11,5
461 $3,21,7
578 $3,82,1
6104 $3,92,3

5.6. Résultats des exportations selon la stratégie d’expansion internationale

En général, les entreprises nées mondiales ont de meilleurs résultats d’exportation que les entreprises nées régionales, qui ont à leur tour de meilleurs résultats d’exportation que les entreprises progressivement mondiales. La figure 4 (graphique de gauche) montre qu’au début de leurs activités d’exportation, les entreprises nées mondiales avaient la valeur médiane d’exportation et le nombre moyen de produits exportés les plus élevés, suivis par les entreprises nées régionales, les entreprises progressivement mondiales arrivant en dernière position. Les entreprises nées mondiales ont également commencé leurs activités d’exportation vers le nombre moyen le plus élevé de destinations d’exportation, suivies par les entreprises progressivement mondiales puis par les entreprises nées régionales. En outre, les entreprises nées mondiales conservent une valeur médiane des exportations plus élevée que les entreprises nées régionales et progressivement mondiales pendant toute la durée de leurs exportations, comme le montre la figure 4 (graphique de droite).

Figure 4 : Résultat des exportations au cours de la première année (graphique de gauche) et valeur médiane des exportations au fil des années (graphique de droite), par stratégie d’expansion internationale

Figure 4 : Résultat des exportations au cours de la première année (graphique de gauche) et valeur médiane des exportations au fil des années (graphique de droite), par stratégie d’expansion internationale

Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 4
Stratégie d’expansion internationaleValeur médiane des exportations (mille $)Nombre moyen de produits exportésNombre moyen de destinations d’exportation
Nées mondiales270 $5,93,6
Nées régionales219 $3,21,0
Progressivement mondiales18 $2,21,3
Année (1re, 2e, etc.) d’exportation*Nées mondiales – Valeur médiane des exportations (mille $)Nées régionales – Valeur médiane des exportations (mille $)Progressivement mondiales – Valeur médiane des exportations (mille $)
* lnclut uniquement les périodes d'exportation qui ont duré 6 ans
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
1695 $370 $65 $
2893 $515 $121 $
31 088 $554 $166 $
41 090 $487 $197 $
51 122 $628 $201 $
6934 $420 $197 $

5.7. Stratégie d’expansion internationale et statut de multinationale

Les entreprises multinationales sont des sociétés dont la majorité des activités se déroulent dans plus d’un pays. Les multinationales étrangères sont des entreprises situées au Canada et contrôlées par une société mère étrangère. Les multinationales canadiennes sont des entreprises sous contrôle canadien ayant une filiale à l’étranger.

Les entreprises nées mondiales sont plus susceptibles d’être des multinationales étrangères : au cours de la première année d’exportation, environ 9,6 % de celles-ci sont aussi des multinationales étrangères, contre 6,1 % pour les entreprises nées régionales et 6,5 % pour les progressivement mondiales (voir figure 5). D’autre part, il ne semble pas y avoir de grande différence entre les trois stratégies d’expansion internationale en ce qui concerne la proportion de multinationales canadiennes.

Figure 5 : Proportion de multinationales dans la première année d’exportation, par stratégie d’expansion internationale

Figure 5 : Proportion de multinationales dans la première année d’exportation, par stratégie d’expansion internationale

Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 5
Stratégie d’expansion internationalePart des multinationales canadiennes dans la première année d'exportation (%)Part des multinationales étrangères dans la première année d'exportation (%)
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Nées mondiales1,8 %9,6 %
Nées régionales2,6 %6,1 %
Progressivement mondiales2,3 %6,5 %

Les fabricants et les grossistes représentent la plus grande part des exportateurs de biens au Canada : environ un tiers des exportateurs de biens canadiens étaient des fabricants et environ un cinquième étaient des grossistes en 2022. Les détaillants, qui représentent près d’un exportateur de biens sur dix, arrivent en troisième position, loin derrière. Au cours de la première année d’exportation, les entreprises nées mondiales sont plus susceptibles d’être des grossistes que les entreprises nées régionales et progressivement mondiales (voir figure 6), mais les entreprises nées régionales sont plus susceptibles d’être des fabricants.

Figure 6 : Proportion des fabricants et des grossistes dans la première année d’exportation, par stratégie d’expansion internationale

Figure 6 : Proportion des fabricants et des grossistes dans la première année d’exportation, par stratégie d’expansion internationale

Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 6
Stratégie d’expansion internationalePart des fabricants dans la première année d'exportation (%)Part des grossistes la première année d'exportation (%)
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Nées mondiales29,6 %32,2 %
Nées régionales42,3 %15,4 %
Progressivement mondiales23,5 %23,6 %

Bien qu’une majorité des entreprises nées mondiales soient des multinationales étrangères et qu’une majorité des entreprises nées mondiales soient des grossistes, les entreprises nées mondiales ne sont pas uniquement des exportateurs indirects créés par de grandes multinationales étrangères dans le but d’exporter indirectement. Parmi les exportateurs grossistes et détaillants, la part des multinationales étrangères au cours de la première année d’exportation n’est pas plus importante pour les entreprises nées mondiales (voir figure 7). En fait, c’est parmi les exportateurs fabricants, qui produisent et exportent leurs propres produits, que la part des multinationales étrangères au cours de la première année d’exportation est beaucoup plus importante que celle des entreprises nées mondiales (voir figure 7). La combinaison de ces deux faits réduit la crainte que les entreprises nées mondiales ne soient que des exportateurs indirects créés par de grandes multinationales étrangères dans le but d’exporter indirectement.

Figure 7 : Proportion des multinationales étrangères dans la première année d’exportation, par stratégie d’expansion internationale et par secteur d’activité

Figure 7 : Proportion des multinationales étrangères dans la première année d’exportation, par stratégie d’expansion internationale et par secteur d’activité

Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 7
Stratégie d’expansion internationaleIndustrie
FabricantsGrossistes et détaillants
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Nées mondiales22.9 %3.7 %
Nées régionales8.2 %5.6 %
Progressivement mondiales4.5 %7.7 %

6. Méthodologie relative à la survie

6.1. Fonction de survie et fonction de risque

La fonction de survie représente la probabilité qu’un objet d’intérêt survive au-delà d’un certain temps. Bien qu’elle soit appelée « fonction de survie », elle s’applique à toutes sortes d’analyses relatives à la durée écoulée avant qu’un événement se produise. Par exemple, dans ce rapport, elle est utilisée pour analyser le temps nécessaire pour qu’une période d’exportation prenne fin.

La fonction de risque représente le risque instantané qu’un événement se termine. Dans le contexte de ce rapport, il représente le risque qu’une entreprise mette fin à sa période d’exportation pour une année donnée. Dans les modélisations de régression de survie, le risque est souvent la variable dépendante, et les estimations du coefficient peuvent être considérées comme le rapport de risque. Une fois le risque déterminé, il peut être reconverti en fonction de survie (voir l’annexe 1.2 pour un exemple de la relation entre la fonction de risque et la fonction de survie).

Dans ce rapport, les deux méthodes utilisées pour mesurer la survie et le risque sont la méthode de Kaplan-Meier et le modèle des risques proportionnels de Cox.

6.2. Analyse de survie de Kaplan Meier

Le modèle d’estimation de Kaplan-Meier est une méthode utilisée pour estimer la fonction de survie. Il est l’un des modèles utilisés dans ce rapport pour estimer la durée des périodes d’exportation des entreprises canadiennes. Il s’agit d’une statistique non paramétrique, ce qui signifie que nous ne faisons aucune hypothèse sur la distribution sous-jacente, les formes ou les paramètres de la fonction de survie. Un avantage important du modèle Kaplan-Meier est qu’il prend en compte les données censurées, en particulier les données censurées en aval, lesquelles apparaissent lorsque l’objet ne meurt pas (ou que l’événement ne se produit pas) à la fin de la période d’étude ou si l’objet a quitté l’étude avant la fin. (Pour de plus amples informations, consulter l’annexe 1.3.)

En plus d’estimer la courbe de survie, le modèle de Kaplan-Meier est simple à interpréter. L’inconvénient est qu’il n’a pas de forme fonctionnelle, ce qui signifie qu’il n’existe pas de fonction mathématique simple décrivant la forme de la courbe de survie. Un autre inconvénient est qu’il ne permet pas de calculer le rapport de risque entre les groupes. Enfin, la courbe de Kaplan-Meier est un exemple d’analyse univariée (similaire à l’histogramme); elle ne permet de comparer les courbes de survie qu’entre quelques variables catégorielles à l’aide du test de Mantel-Haenszel (log rank test).

6.3. Modèle à risques proportionnels de Cox

Le modèle à risques proportionnels de Cox est un modèle de régression couramment utilisé pour étudier l’association entre la durée de survie (ou le délai avant un événement) des objets et une ou plusieurs variables prédictives; il est le principal modèle utilisé dans ce rapport pour analyser la survie des exportations. La variable dépendante du modèle de Cox est le risque, représenté par h(t).

h(t) = h0(t) exp ( b1x1 + b2x2 + + bpxp )

Le modèle de Cox est estimé sous sa forme logarithmique :

ln(h(t)) = ln(h0(t)) + b1x1 + b2x2 + + bpxp

Dans le modèle Cox, les coefficients (b1, b2, … , bp) sont estimés sans préciser le risque de base (h0(t)) à l’aide d’une méthode appelée « vraisemblance partielle ». La fonction exponentielle des coefficients (par exemple : e b1 ) est le ratio de risque. Une valeur de b1 supérieure à zéro, ou de e b1 supérieure à 1, indique que plus la valeur de x1 augmente, plus le risque augmente et plus la durée de survie diminue.

Une hypothèse importante du modèle à risques proportionnels de Cox est que le rapport de risque est constant et proportionnel. Par exemple, un rapport de risque constant de 2 entre le groupe A et le groupe B signifie que, pendant toute la durée de l’étude, le groupe A est toujours deux fois plus susceptible de mourir (ou de subir un événement) que le groupe B. Si l’hypothèse de risque proportionnel n’est pas respectée, on peut utiliser un modèle de Cox avec des coefficients dépendant du temps (également connu sous le nom de modèle de Cox étendu), tel que décrit par Therneau et al. (2023). Par exemple, dans cette étude, les périodes d’exportation des entreprises nées régionales sont associées à un risque plus faible au cours de la première année d’exportation que les périodes d’exportation des entreprises nées mondiales, mais à un risque plus élevé au cours des années suivantes.

En outre, les données de ces travaux comportent des covariables qui varient dans le temps (les variables indépendantes changent au fil du temps); le modèle de Cox utilisé comportera également des covariables dépendantes du temps, comme le décrivent une fois de plus Therneau et al. (2023). Pour plus de plus amples informations, consulter l’annexe 1.4.

Méthode de régression en deux étapes

Comme indiqué précédemment à la section 4.3, le choix stratégique d’être une entreprise née mondiale, née régionale ou progressivement mondiale est endogène. Pour corriger cette endogénéité dans le choix de l’internationalisation, Mudambi et Zahra (2007), Sui (2009), Sui et Baum (2014), et Sandberg et al. (2019) ont tous utilisé une méthode de régression en deux étapes. Dans un premier temps, l’auteur a appliqué un modèle logit ou probit (multi) :

ISi = α0 + α1z1 + + αpzp

La stratégie d’internationalisation prédite IS ^ i est ensuite utilisée dans la deuxième étape avec un modèle de Cox :

ln ( h ( t ) ) = ln ( h 0 ( t ) ) + b IS ( ^ IS ) + b 2 x 2 + ... + b p x p

En outre, Sui et Baum (2014) et Sandberg et al. (2019) ont utilisé une méthode d’échantillonnage fractionné pour vérifier l’adéquation du modèle et la fiabilité des résultats. La méthode de l’échantillon fractionné consiste à diviser les données en deux sous-échantillons aléatoires :

  1. en utilisant le premier sous-échantillon, on obtient les coefficients estimés (z ^ 1 , , z ^ p
    dans le modèle logit multi;
  2. en utilisant les coefficients estimés ( z ^ 1 , , z ^ p sur le deuxième sous-échantillon pour obtenir la stratégie d’internationalisation prédite (IS ^ i );
  3. en utilisant le deuxième sous-échantillon et la stratégie d’internationalisation prédite ( IS ^ i ) pour effectuer la deuxième étape du modèle de Cox.

Dans cette étude, la méthode de l’échantillon fractionné est appliquée 1 000 fois en fractionnant l’échantillon de manière aléatoire 1 000 fois pour obtenir une distribution des coefficients d’intérêt (bIS). La méthode de l’échantillon fractionné présente l’avantage de produire une estimation biaisée vers zéro (Sandberg et al., 2019; Angrist et Krueger, 1995), d’être fiable et puissante (Sandberg et al., 2019; Dulfour et Jasiak, 2001) et de contrôler efficacement les erreurs de type I (Sandberg et al., 2019; Bolduc et al., 2008).

7. Résultats de la survie à l’exportation

7.1. Courbes de survie de Kaplan Meier

En général, les exportateurs canadiensNote de bas de page 2 ne survivent pas longtemps. Parmi toutes les périodes d’exportation des entreprises qui peuvent être identifiées comme étant nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales, environ 40 % se sont arrêtées après la première année, et la durée de survie médiane a été de deux ans (voir la figure 8). La cinquième année, seuls 30 % environ des périodes d’exportation sont encore actives. Ces résultats sont similaires à ceux de Sabuhoro et Gervais (2004). Une autre tendance notable est que plus un exportateur survit longtemps, moins il est probable qu’il cesse d’exporter, comme le montre la baisse moins marquée du taux de survie entre l’année 4 et l’année 5 par rapport à la baisse importante entre l’année 1 et l’année 2. Ceci est semblable au constat fait de l’existence d’une dépendance au temps négative par Esteve‐Pérez et al. (2005), ce qui signifie que plus une entreprise exporte longtemps, plus elle est susceptible de continuer à le faire.

Figure 8 : Courbe de survie à l’exportation de Kaplan-Meier pour les exportateurs canadiens

Figure 8 : Courbe de survie à l’exportation de Kaplan-Meier pour les exportateurs canadiens

Remarque : Comprend toutes les périodes d’exportation canadiennes au cours desquelles les entreprises ont pu être identifiées comme étant nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales entre 2005 et 2018. Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 8
Année (1re, 2e, etc.) d’exportationTaux de survie (proportion en % des périodes d’exportation)
Remarque : Comprend toutes les périodes d’exportation canadiennes au cours desquelles les entreprises ont pu être identifiées comme étant nées mondiales, nées régionales ou progressivement mondiales entre 2005 et 2018. Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
159,8 %
245,5 %
337,9 %
433,4 %
530,2 %
628,1 %

Il existe quelques différences dans le taux de survie à l’exportation selon la stratégie d’expansion internationale adoptée, les entreprises nées mondiales survivant mieux que les entreprises nées régionales, qui à leur tour survivent mieux que les entreprises progressivement mondiales (figure 9). Pour les entreprises nées mondiales, 78 % des périodes d’exportation ont survécu au-delà de la première année, et 50 % des périodes d’exportation au-delà de la cinquième année, pour une durée de survie médiane de 6 ans. Pour les entreprises nées régionales, le taux de survie à l’exportation est un peu plus faible, avec 76 % des périodes d’exportation au-delà de la première année et 42 % au-delà de la cinquième année, pour une durée de survie médiane de 4 ans. La survie à l’exportation des entreprises progressivement mondiales est beaucoup plus faible, soit seulement 57 % des périodes d’exportation qui survivent au-delà de la première année et 27 % qui survivent au-delà de la cinquième année, pour une durée médiane de survie à l’exportation de 2 ans. Il convient toutefois de noter que l’analyse de Kaplan-Meier ne tient pas compte d’autres facteurs susceptibles d’influencer la survie à l’exportation.

Figure 9 : Courbe de survie à l’exportation de Kaplan-Meier, par stratégie d’expansion internationale

Figure 9 : Courbe de survie à l’exportation de Kaplan-Meier, par stratégie d’expansion internationale

Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 9
Année (1re, 2e, etc.) d’exportationTaux de survie (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées mondialesTaux de survie (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées régionalesTaux de survie (proportion en % des périodes d’exportation) – Progressivement mondiales
Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
177,9 %76,2 %56,7 %
266,3 %61,4 %42,1 %
358,9 %51,6 %34,6 %
454,1 %46,5 %30,1 %
550,4 %42,4 %27,0 %
647,6 %39,1 %24,9 %

7.2. Modèle à risques proportionnels de Cox – Résultats de la régression

Le modèle de base ne comporte comme covariable que le statut de la stratégie d’expansion internationale, qui peut être représenté sous la forme d’une équation :

ln ( h ( t ) ) = ln ( h 0 ( t ) ) + b I S I S i

h(t) est le risque d’arrêt des exportations et h0, le risque de base d’arrêt des exportations. ISi est le statut de la stratégie d’expansion internationale de l’entreprise i, le statut d’entreprise « née mondiale » étant la référence. e b IS est le ratio de risque, où une valeur supérieure à 1 signifie un risque plus élevé que les entreprises nées mondiales, tandis qu’une valeur inférieure à 1 signifie un risque plus faible que les entreprises nées mondiales.

Dans le modèle de base (voir tableau 2), les entreprises nées régionales ont un risque 22 % plus élevé de cesser leurs exportations (ou les périodes d’exportation des entreprises nées régionales sont 22 % plus susceptibles de cesser) que les entreprises nées mondiales. Ces 22 % proviennent de la fonction exponentielle du coefficient (voir la dernière colonne du tableau 2), où 1,22 signifie que, par rapport aux entreprises nées mondiales, les entreprises nées régionales ont un risque de 1,22, soit un risque 22 % plus élevé (voir la section 6.3 ou l’annexe 1.4 pour plus d’explications).

Le risque est encore plus élevé pour les entreprises progressivement mondiales, qui sont 96 % plus susceptibles de cesser d’exporter que les entreprises nées mondiales. Ces résultats ne sont pas surprenants compte tenu de ce qui a été présenté dans la section 5.3, où les exportations observées faites par des entreprises nées mondiales étaient moins susceptibles d’être des exportations faites pendant une seule année et également moins susceptibles de constituer la fin d’une période d’exportation de plusieurs années (voir le tableau 1). De même, dans la section 7.1, la courbe de survie de Kaplan-Meier montre que les entreprises nées mondiales survivent mieux que les entreprises nées régionales et les entreprises progressivement mondiales, d’où un taux de risque plus faible d’abandon des exportations.

Tableau 2 : Résultats du modèle de base à risques proportionnels de Cox

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Nées mondialesBase de référence = 0  Base de référence = 1
Nées régionales0,2000,0390,0001,222
Progressivement mondiales0,6740,0280,0001,961
Variables de contrôleAucune

Toutefois, un test statistique basé sur les résidus de Schoenfeld mis à l’échelle (tableau 3) montre que le risque proportionnel n’est pas respecté pour la variable du statut de la stratégie d’expansion internationale (les variables nominales avec le statut d’entreprise née mondiale comme catégorie de base et née régionale et progressivement mondiale comme catégories de comparaison) et, par conséquent, un modèle de Cox étendu avec des coefficients dépendants du temps utilisant la méthode de la fonction en escalier (Therneau et al., 2023) a été utilisé pour résoudre la violation du risque proportionnel (voir la section 6.3 et l’annexe 1.4 pour plus d’informations). On peut conclure que le risque proportionnel n’a pas été respecté puisque la valeur p du tableau 3 était inférieure à 0,05 et que l’hypothèse nulle de l’existence d’un risque proportionnel a donc été rejetée. Par conséquent, pour tous les modèles examinés à partir de ce point, le ratio de risque de la variable « stratégie d’expansion internationale » a été divisé en deux périodes : 1) la première année d’une période d’exportation et 2) le reste des années.

Tableau 3 : Test des résidus de Schoenfeld mis à l’échelle pour le modèle de base à risques proportionnels de Cox

VariableCoefficients estimés – Khi carréDegré de libertéValeur P
Données : Données individualisées de Statistique Canada

Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Stratégie d’expansion internationale94,292,000,00
Variables de contrôleAucune

Le modèle principal est un modèle de Cox étendu avec des coefficients dépendant du temps et utilisant la méthode de la fonction en escalier. Il peut être représenté sous forme d’équation :

ln ( h ( t ) ) = ln ( h 0 ( t ) ) + b ( t ) I S I S i + α Z

h(t)h0, et ISi sont les mêmes que dans le modèle de base. b(t)IS a maintenant une composante temporelle (t), ce qui signifie que le ratio de risque n’est plus constant dans le temps. Le temps (t) est divisé en deux périodes : la première année des périodes d’exportation et le reste des années. Cette division du temps fonctionne puisque pour toutes les années après la première année, le ratio de risque est constant, comme le montre le tableau 5 ci-dessous.

En outre, le modèle principal comporte un vecteur de Z variables de contrôle et leurs coefficients correspondants (a). Les variables de contrôle comprennent :

Il est important de contrôler le secteur d’activité des entreprises, car certains secteurs au Canada sont plus orientés vers l’exportation, comme l’industrie manufacturière ou le commerce de gros. La valeur des exportations a été incluse comme variable de contrôle, car Sabuhoro et Gervais (2004) ont constaté que la valeur mensuelle des exportations était un déterminant important pour réduire le risque de fin des exportations. En outre, Nicita et al. (2013) ont constaté que plus la valeur initiale de l’exportation est élevée, plus la durée d’exportation est longue. Sabuhoro et Gervais (2004) ont également constaté que le nombre de produits exportés et le nombre de destinations d’exportation étaient statistiquement significatifs. Le nombre de destinations d’exportation a également été contrôlé par Sandberg et al. (2019) et était statistiquement significatif. Sui (2009) a aussi analysé le nombre de produits exportés et le nombre de destinations d’exportation et a trouvé des coefficients statistiquement significatifs pour ces variables. L’expérience antérieure en matière d’exportation a été ajoutée comme variable de contrôle, car elle s’est avérée statistiquement significative selon Sabuhoro et Gervais (2004) et Sui (2009). Enfin, les cohortes d’années d’exportation ont été ajoutées pour analyser la situation économique au début d’une période d’exportation.

Selon le modèle principal (voir tableau 4), les entreprises nées régionales sont 29 % moins susceptibles de cesser leurs exportations que les entreprises nées mondiales au cours de la première année d’exportation, mais 18 % plus susceptibles d’arrêter au cours des années suivantes. Les entreprises progressivement mondiales sont 15 % plus susceptibles de cesser d’exporter au cours de la première année que les entreprises nées mondiales et 29 % moins susceptibles de cesser au cours des années suivantes.

Un test statistique basé sur les résidus de Schoenfeld mis à l’échelle (voir tableau 5) montre que la variable « stratégie d’expansion internationale » ne viole plus l’hypothèse de risque proportionnel, car les valeurs P sont suffisamment élevées pour ne pas rejeter l’hypothèse nulle de risque proportionnel.

Tableau 4 : Résultats du modèle principal à risques proportionnels de Cox

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3370,0590,0000,714
Prog. mondiale * temps10,1420,0420,0011,152
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1660,0800,0381,180
Prog. mondiale * temps2-0,3420,0590,0000,710
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise
Concordance = 0,727, SE = 0,002
Test du rapport de vraisemblance = 10 377 sur 65 degrés de liberté, valeur p = 0,00
Test de Wald = 8013 sur 65 degrés de liberté, valeur p = 0,00
Test de Mantel-Haenszel = 8651 sur 65 degrés de liberté, valeur p = 0,00
Nombre d’événements = 21 773

Tableau 5 : Test des résidus de Schoenfeld mis à l’échelle pour le modèle principal à risques proportionnels de Cox

VariableCoefficients estimés – Khi carréDegré de libertéValeur P
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Stratégie d’expansion internationale * temps12,21520,330
Stratégie d’expansion internationale * temps22,21520,330
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Pour résumer le modèle principal, une fois que le modèle de Cox étendu avec des coefficients dépendant au temps a été appliqué et que d’autres variables de contrôle ont été introduites, les entreprises nées régionales sont généralement moins susceptibles de s’arrêter au cours de la première année que les entreprises nées mondiales, mais l’inverse est vrai pour les années suivantes. Les contrôles de fiabilité effectués à l’aide de la méthode en deux étapes, de la méthode de l’échantillon fractionné et d’autres méthodes (voir l’annexe 2) confirment que le fait que les entreprises nées régionales présentent un risque plus faible au cours de la première année d’exportation est cohérent, mais que le résultat indiquant un risque plus élevé au cours des années d’exportation subséquentes est moins fiable, ce qui fait perdre la signification statistique dans quelques autres caractéristiques du modèle principal (voir l’annexe 2).

Pour les entreprises progressivement mondiales, une fois que le modèle de Cox étendu avec des coefficients dépendant du temps a été mis en œuvre et que d’autres variables de contrôle ont été introduites, leurs périodes d’exportation sont généralement plus susceptibles de s’arrêter à la première année, mais moins susceptibles de s’arrêter les années suivantes, par rapport aux entreprises nées mondiales. Le risque plus faible au cours des années subséquentes est confirmé par divers contrôles de fiabilité, tandis que le risque plus élevé au cours de la première année est moins fiable, le coefficient perdant sa signification statistique dans quelques spécifications alternatives du modèle (voir l’annexe 2).

Les rapports de risque calculés à partir des modèles de Cox peuvent être transformés en prédictions de courbes de survie (voir figure 10). Après avoir transformé les résultats du modèle principal en courbes de survie, on constate que les entreprises nées régionales ont des taux de survie plus élevés que les entreprises nées mondiales et les entreprises progressivement mondiales au cours des premières années d’exportation (voir figure 10). Les courbes de survie prédites l’ont été avec la valeur suivante pour les autres covariables :

Toutefois, à partir de la quatrième année d’exportation, il n’y a plus de différences statistiques entre les courbes de survie.

Figure 10 : Prédictions de courbes de survie à l’aide du modèle principal, par stratégie d’expansion internationale

Figure 10 : Prédictions de courbes de survie à l’aide du modèle principal, par stratégie d’expansion internationale

Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 10
Année (1re, 2e, etc.) d’exportationTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées mondialesTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées régionalesTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Progressivement mondiales
Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
170,7 %78,0 %67,0 %
250,7 %59,0 %51,1 %
338,5 %46,8 %40,8 %
433,0 %41,0 %35,9 %
528,7 %36,5 %32,1 %
624,7 %32,2 %28,4 %

Le meilleur taux de survie des entreprises nées régionales s’explique par l’existence d’exportateurs d’un an d’expérience, c’est-à-dire d’exportateurs qui n’ont exporté que pendant un an. Comme nous l’avons vu dans la section 5.3, les exportateurs d’un an d’expérience représentent environ 15 % du total des exportations observées et sont plus fréquents chez les entreprises progressivement mondiales. Par conséquent, ils font en sorte que le taux de risque au cours de la première année d’exportation soit différent du reste des années (voir tableau 4). S’ajoute à ces faits que la différence de survie à court terme est d’un moindre intérêt que la survie à long terme puisqu’il a été démontré dans la section 5.4 qu’une participation constante au marché des exportations conduisait à de meilleurs résultats d’exportation. Si nous supprimons du modèle principal toutes les périodes d’exportation qui n’ont duré qu’un an (voir tableau 6), le risque (probabilité) d’abandon des exportations devient le plus important pour les entreprises nées mondiales. Les entreprises nées régionales et progressivement mondiales ont un risque similaire de cesser les exportations. La transformation de ces résultats en prédictions de courbes de survie montre que les entreprises nées régionales et progressivement mondiales ont un taux de survie similaire (figure 11). Les entreprises nées mondiales survivent légèrement moins bien au cours des premières années d’exportation, mais les résultats se situent dans l’intervalle de confiance de 95 % et, à partir de la quatrième année, il n’y a pas de différence dans le taux de survie.

Tableau 6 : Résultats du modèle principal à risques proportionnels de Cox (excluant les exportateurs qui ont duré un an)

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Nées mondialesBase de référence = 0  Base de référence = 1
Nées régionales-0,1710,0540,0010,843
Progressivement mondiales-0,2010,0420,0000,818
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Figure 11 : Prédictions de courbes de survie en utilisant le modèle principal, mais en excluant les exportateurs qui n’ont duré qu’un an, par stratégie d’expansion internationale

Figure 11 : Prédictions de courbes de survie en utilisant le modèle principal, mais en excluant les exportateurs qui n'ont duré qu'un an, par stratégie d'expansion internationale

Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 11
Année (1re, 2e, etc.) d’exportationTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées mondialesTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées régionalesTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Progressivement mondiales
Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
1100,0 %100,0 %100,0 %
271,7 %75,6 %76,2 %
354,5 %59,9 %60,8 %
446,6 %52,6 %53,6 %
540,6 %46,8 %47,8 %
634,9 %41,2 %42,3 %

8. Analyse des résultats

Cette étude a révélé que les exportateurs canadiens ne font pas long feu sur le marché de l’exportation, puisque 40 % d’entre eux s’arrêtent après la première année et que 30 % seulement survivent au-delà de la cinquième année. Comme indiqué dans l’analyse documentaire (section 4), la plupart des études menées dans d’autres pays montrent également que la plupart des relations d’exportation ne durent pas longtemps.

Il existe quelques différences en ce qui concerne la capacité de survie à l’exportation entre les différentes stratégies d’expansion internationale, mais en contrôlant les autres covariables et en ne tenant compte que de la survie à l’exportation à long terme, les différences deviennent marginales. Sans tenir compte d’autres covariables, les entreprises nées mondiales survivent le plus longtemps, suivies des entreprises nées régionales et, en dernière position, par les entreprises progressivement mondiales. Toutefois, les entreprises nées mondiales sont généralement meilleures à l’exportation, car elles exportent davantage en termes de valeur, de nombre de produits et de nombre de destinations. Ces variables des résultats d’exportation, en particulier la valeur de l’exportation initiale, peuvent être considérées, en théorie, comme un indicateur du niveau de confiance et d’engagement de la relation commerciale (Nicita et al., 2013). Une fois ces variables des résultats d’exportation et d’autres variables contrôlées, en plus de la soustraction des exportateurs dont les activités n’ont duré qu’un an – car nous nous intéressons davantage à la survie à long terme –, les différences de taux de survie entre les trois différentes stratégies d’expansion internationale deviennent minimes. En d’autres termes, il n’y a pas de différences majeures dans les taux de survie à l’exportation à long terme entre les entreprises nées mondiales, nées régionales et progressivement mondiales, une fois que l’on tient compte des différences dans les résultats des exportations comme la valeur des exportations, une approximation commune du niveau de confiance et d’engagement à l’égard des exportations.

Il existe très peu d’études sur la capacité de survie à l’exportation des entreprises canadiennes. Cette étude diffère de celle de Sui et Baum (2014) en ce qu’elle porte sur une période plus récente, de 2005 à 2018 au lieu de 1997 à 2004. Sui et Baum (2014) n’ont également pris en compte que les fabricants et les petites et moyennes entreprises, alors que la présente étude a porté sur toutes les entreprises exportatrices canadiennes dont la date de naissance est postérieure à 2004 et qui ont pu être identifiées comme étant soit nées mondiales, soit nées régionales, soit progressivement mondiales. Enfin, cette étude a appliqué un modèle de Cox étendu avec des coefficients dépendants du temps, ce qui signifie que les rapports de risque ne sont pas constants, alors que Sui et Baum (2014) avaient des rapports de risque constants et utilisaient un modèle à risques proportionnels de Cox normal. 

Cette étude présente quelques limites, qui ouvrent des perspectives pour les recherches futures. Bien que l’étude tienne compte des caractéristiques de l’entreprise, les compétences du principal décideur de l’entreprise peuvent également avoir un impact sur les résultats de celle-ci et, par conséquent, les recherches futures pourraient envisager d’analyser des caractéristiques relatives à la direction des entreprises.

Deuxièmement, l’exportation n’est qu’un moyen parmi d’autres de s’engager à l’échelle internationale et les recherches futures pourraient examiner l’internationalisation d’un point de vue plus holistique, notamment par le moyen d’investissements étrangers et d’importations. Blum et al. (2020) ont constaté qu’au Chili, les nouveaux exportateurs qui sont également de nouvelles entreprisesNote de bas de page 3 ne correspondent pas au modèle d’exportation typique; ils démarrent leurs activités comme exportateurs relativement importants et sont beaucoup moins susceptibles d’abandonner l’exportation au cours de la première année. Ces nouveaux exportateurs (qui sont également de nouvelles entreprises) sont en effet de nouvelles entités économiques dans la mesure où ils exploitent des usines qui n’appartenaient pas auparavant à d’autres entreprises. Or, les documents juridiques montrent qu’ils appartiennent souvent à des entreprises existantes, bien qu’il s’agisse de nouvelles entités économiques. Dans la plupart des cas, ces nouveaux exportateurs, qui sont aussi de nouvelles entreprises, ont été constitués dans le cadre d’arrangements qui constituent essentiellement des investissements directs étrangers ou nationaux, ce qui indique qu’une approche d’analyse plus holistique de l’internationalisation, qui tiendrait compte de l’investissement étranger, pourrait s’avérer pertinente.

Enfin, des arrêts d’exportation ont été observés dans les données, mais il n’est pas possible de déterminer dans cet ensemble de données si ces arrêts étaient dus à une défaillance du marché de l’exportation ou à une décision stratégique. Les conséquences de l’échec des exportations sur l’entreprise constituent également une autre piste de recherche, les répercussions pouvant être différentes si les abandons des exportations sont dus à des décisions stratégiques plutôt qu’à des échecs sur le marché de l’exportation.

9. Conclusion

Bien que l’objectif des décideurs politiques soit souvent de permettre aux entreprises canadiennes de participer aux marchés d’exportation et de se développer à l’international, la durée de vie des activités d’exportation des entreprises canadiennes est un aspect souvent négligé. La présente étude montre que, d’une façon générale, les entreprises canadiennes n’exportent pas sans interruption pendant de longues périodes, puisqu’environ 40 % des périodes d’activité d’exportation s’arrêtent après la première année, un résultat similaire à celui d’autres études.

Contrairement à la théorie classique, qui préconise qu’une entreprise commence par s’établir sur son marché national avant de développer progressivement ses activités à l’international, le présent rapport constate que l’ancienneté de l’entreprise lorsqu’elle commence à exporter ne joue pas un rôle important dans la durée de vie des activités d’exportation. La différence de durée de vie des activités d’exportation à long terme entre les entreprises qui ont exporté au début de leur activité et celles qui l’ont fait plus tard devient marginale si l’on tient compte de la confiance et de l’engagement à l’égard des exportations (qui sont représentés par les variables de rendement des exportations).

Bien que cette étude permette de mieux comprendre le sujet souvent négligé de la durée de vie des activités d’exportation des entreprises canadiennes, elle n’en comporte pas moins certaines limites qui ouvrent des perspectives à d’autres projets. Il serait en effet intéressant de prendre en compte l’expertise des gestionnaires de l’entreprise, car leur expérience pourrait déterminer le succès des activités d’exportation. Par ailleurs, les périodes d’exportation se terminent pour différentes raisons – soit à cause de l’insuffisance du marché d’exportation soit à cause de décisions stratégiques – qui peuvent avoir des conséquences différentes pour l’entreprise. En outre, on pourrait également étudier l’internationalisation sous un angle plus global en intégrant les importations et les investissements dans l’équation.

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11. Annexe 1 – Méthodologie

11.1.  Annexe 1.1 : Description des variables

Tableau A1 : Liste des variables

VariableBase de données de Statistique CanadaDescription
Stratégie d’expansion internationale Créé à l’aide des variables suivantes : « BirthDate » (date de naissance), « Revenue » (revenus), « Export_Value » (valeur des exportations) sur la base des critères de la section 4.2.
Date de naissanceFMLCNLa date de création de l’entreprise ou la date à laquelle l’entreprise peut être identifiée distinctement
Revenus Somme de farm_total_revenue et total_revenue
Farm_total_revenueFMLCNSomme de toutes les sommes de revenus agricoles déclarés
Total_revenueFMLCNSomme de toutes les sommes de revenus non agricoles déclarés
Export_ValueCCEValeur totale des exportations.
Taille de l’entreprise La taille des entreprises est basée sur le nombre d’employés : les grandes entreprises comptent 500 employés ou plus, les entreprises moyennes, entre 100 et 499 employés et les petites entreprises, entre 1 et 99 employés. Si une entreprise n’a pas d’employés ou si le nombre d’employés est inconnu, elle est classée dans la catégorie « Inconnu ou 0 employé ». Nombre d’employés extrait de la variable T4_ILU arrondie. 
T4_ILUFMLCNSomme des unités de travail individuelles (UTI) pour l’entreprise. L’UTI est plus proche d’un décompte de personnes; chaque personne ayant reçu au moins un feuillet T4 au cours d’une année donnée se voit attribuer 1,0 UTI. Si les personnes ont travaillé pour différentes entreprises au cours de l’année, leur UTI de 1,0 est répartie proportionnellement entre les entreprises en fonction de la part de leur masse salariale annuelle totale gagnée dans chacune d’entre elles.
Logarithme de la valeur ajustée des exportationsCCEExport_Value a été ajusté par le déflateur du PIB par industrie et par province, puis converti en logarithme naturel.
Logarithme du nombre de produits exportésCCELogarithme naturel du nombre de produits HS8 exportés.
Logarithme du nombre de pays exportateursCCELogarithme naturel du nombre de destinations vers lesquelles une entreprise a exporté.
Expérience préalable de l’exportation Est égal à TRUE (VRAI) s’il s’agit de la deuxième période d’exportation ou plus de l’entreprise; est égal à FALSE (FAUX) s’il s’agit de la première période d’exportation.
Cohortes d’années d’exportation Basé sur la première année d’une période d’exportation :
  • Cohorte 1 : première année entre 2005 et 2007;
  • Cohorte 2 : première année entre 2008 et 2009;
  • Cohorte 3 : première année entre 2010 et 2014;
  • Cohorte 4 : première année entre 2015 et 2016;
  • Cohorte 5 : première année entre 2017 et 2018.
Secteurs d’activité de l’entreprise La variable SCIAN ci-dessous a été utilisée pour extraire SCIAN au niveau à deux chiffres, puis l’agréger comme suit aux fins de la modélisation :
  • Agriculture : comprend le code SCIAN2 11;
  • Autres biens : comprend les codes SCIAN2 21 et 22;
  • Construction : comprend le code SCIAN2 23;
  • Industrie manufacturière : comprend les codes SCIAN2 31, 32 et 33;
  • Commerce de gros : comprend le code SCIAN2 41;
  • Commerce de détail : comprend les codes SCIAN2 44 et 45;
  • Transport et entreposage : comprend les codes SCIAN2 48 et 49;
  • Services aux entreprises : comprend les codes SCIAN 51, 52, 53, 54, 55, 56;
  • Services personnels : comprend les codes SCIAN 61, 62, 71, 72;
  • Autres services et administrations : comprend les codes SCIAN 81 et 91.
SCIANFMLCNCode du système de classification nord-américain (SCIAN) de l’entreprise, au niveau à 4 chiffres.
Statut de multinationaleAEMNStatut de multinationale : Multinationale canadienne ou multinationale étrangère ou ni l’une ni l’autre.
Statut de l’importateurCCIIndique si l’entreprise a des importations.
Logarithme de la productivité du travail Logarithme naturel de la valeur déflatée des ventes, divisé par le nombre d’employés
GSTModeledSales (ventes modélisées TPS)FMLCNVentes dérivées de la TPS et inscrites dans le registre des entreprises, corrigées par le déflateur du PIB par industrie et par province.
MultiActivityFlag (indicateur d’activités multiples)FMLCNIndique si l’entreprise a des activités dans plus d’un code SCIAN.
MultiProvinceFlag (indicateur de provinces multiples)FMLCNIndique si l’entreprise a des activités dans plus d’une province ou d’un territoire.
Annuel_En_Ex (indicateur annuel entrée/sortie) Indique si, au cours de l’année de référence, l’exportateur est un exportateur débutant, un exportateur sortant, un exportateur continu ou un exportateur unique.

11.2.  Annexe 1.2 : Relation entre la fonction de survie et la fonction de risque

Si l’on prend un exemple simple où 10 % de la population initiale meurt à chaque période (t), cela peut être représenté graphiquement par la fonction de densité de probabilité [f(t)] et la fonction de densité cumulée [F(t)] suivantes.  

Figure A1 : Fonction de densité de probabilité, f(t), et de densité cumulée, F(t)

Figure A1 : Fonction de densité de probabilité, f(t), et de densité cumulée, F(t)
Version texte – Figure A1 
PériodeFonction de densité de probabilité, f(t) – Part de la population (%)Fonction de densité cumulée, F(t) – Part de la population (%)
010 %0 %
110 %10 %
210 %20 %
310 %30 %
410 %40 %
510 %50 %
610 %60 %
710 %70 %
810 %80 %
910 %90 %
1010 %100 %

À la dixième période, 100 % de la population est morte, ce qui conduit à un taux de survie de 0 % après la dixième période. La fonction de survie [S(t)] est donc l’inverse de F(t). En d’autres termes, S ( t ) = 1 F ( t ) .

Figure A2 : Fonction de survie, S(t), et de densité cumulée, F(t)

Figure A2 : Fonction de survie, S(t), et de densité cumulée, F(t)
Version texte – Figure A2
PériodeFonction de survie, S(t) – Part de la population (%)Fonction de densité cumulée, F(t) – Part de la population (%)
0100 %0 %
190 %10 %
280 %20 %
370 %30 %
460 %40 %
550 %50 %
640 %60 %
730 %70 %
820 %80 %
910 %90 %
100 %100 %

Le taux de risque peut être calculé en divisant le nombre de décès au cours d’une période donnée par le nombre de sujets exposés au risque au cours de la même période. En d’autres termes, la fonction de risque [h(t)] est la fonction de densité de probabilité divisée par la fonction de survie.

Figure A3 : Fonction de densité de probabilité, f(t), de survie, S(t), et de risque, h(t)

Figure A3 : Fonction de densité; de probabilité, f(t), de survie, S(t), et de risque, h(t)
Version texte – Figure A3
PériodeFonction de survie, S(t) – Part de la population (%)Fonction de densité de probabilité, f(t) – Part de la population (%)Fonction de risque, h(t)
0100 %10 %0.1
190 %10 %0.111111111
280 %10 %0.125
370 %10 %0.142857143
460 %10 %0.166666667
550 %10 %0.2
640 %10 %0.25
730 %10 %0.333333333
820 %10 %0.5
910 %10 %1
100 %10 %N/A

La fonction de risque cumulé [H(t)] est la zone sous la courbe de la fonction de risque [h(t)] ou, en d’autres termes, son intégrale. Elle mesure la mesure dans laquelle le risque de décès s’est accumulé au fil du temps.

Figure A4 : Fonction de risque, h(t), et de risque cumulé, H(t)

Figure A4 : Fonction de risque, h(t), et de risque cumulé, H(t)
Version texte – Figure A4
PériodeFonction de risque, h(t)Fonction de risque cumulé, H(t)
00.10
10.1111111110.105360516
20.1250.223143551
30.1428571430.356674944
40.1666666670.510825624
50.20.693147181
60.250.916290732
70.3333333331.203972804
80.51.609437912
912.302585093
10N/AN/A

Mathématiquement, ces relations peuvent être représentées par :

F(t) = 0 t f(u)du
f(t) = d dt F(t)
S(t) = 1F(t)
h(t) = f(t) S(t)
H(t) = 0 t h(u)du = 0 t f(u) S(u) du = 0 t d/du F(u) S(u) du = 0 t S(u) S(u) du = ln(S(t))

En d’autres termes, la fonction de risque cumulatif est simplement le logarithme négatif de la fonction de survie.

11.3.  Annexe 1.3 : Analyse de survie de Kaplan Meier

La courbe de Kaplan-Meier est une représentation graphique de la fonction de survie; elle indique la probabilité qu’un sujet survive après un certain temps (t). Cette méthode non paramétrique a été inventée par Kaplan et Meier (1958). L’avantage de la méthode de Kaplan-Meier est qu’elle peut prendre en compte les données censurées, tronquées ou comportant des valeurs manquantes. 

L’estimateur de la fonction de survie S(t) (la probabilité de survivre plus longtemps que t) est obtenu par la formule suivante :

S ^ ( t ) = i : t i t ( 1 d i n i )

ti est un moment où au moins un décès (ou un événement) s’est produit; di est le nombre de décès au moment ti; et ni est le nombre d’objets connus pour avoir survécu jusqu’au moment ti.

est utilisé en mathématiques pour indiquer une multiplication répétée, ainsi   i : ti t ( 1 di ni ) signifie multiplier 1 d i n i dans la période i avec tous les 1 d n calculés dans toutes les périodes précédentes, ce qui serait :

( 1 di ni ) ( 1 di1 ni1 ) ( 1 di2 ni2 ) ( 1 dii nii )

S(t) est souvent calculé sous sa forme logarithmique et la variance de ln⁡ (S(t)) peut être calculée comme suit :

Var ( ln ( S ( t ) ) ) = t (i) t d i n i ( n i d i )

Par conséquent, l’intervalle de confiance à 95 % peut être calculé comme suit :

ln ( S (t) ) ± 1.96 × t (i) t di ni ( ni di )

Pour comparer les courbes de Kaplan-Meier entre différents groupes, on peut utiliser le test de Mantel-Haenszel (log rank test). Le test de Mantel-Haensze ressemble à un test d’indépendance du khi-carré et est réalisé en calculant le nombre observé et le nombre attendu de décès (ou d’événements) dans chaque groupe à chaque moment de décès (ou événement) observé.

Supposons qu’il y ait deux groupes, A et B. À chaque moment de l’événement (t), nous pouvons obtenir le nombre d’événements observés pour le groupe A, O t A , et le groupe B, O t B , à partir des données. Le nombre attendu d’événements, E t A et E t B , peut être calculé comme suit :

E t = n t A d t n t et E t B = n t B d t n t d t = d t A + d t B et n t = n t A + n t B et E t A + E t B = d t A + d t B

d est le nombre d’événements, n est le nombre d’objets à risque.

La statistique du test de Mantel-Haensze est alors :

LR = ( t O t A - t E t A ) 2 t E t A + ( t O t B - t E t B ) 2 t E t B

Dans ce cas, la statistique du test de Mantel-Haensze a une distribution khi-carré avec un degré de liberté.

11.4.  Annexe 1.4 : Modèle à risques proportionnels de Cox

Le modèle à risques proportionnels de Cox est un modèle semi-paramétrique qui analyse l’association entre le temps de survie (ou le temps jusqu’à un événement) d’objets et une ou plusieurs variables prédictives. Ce modèle est semi-paramétrique, car les paramètres ne sont que partiellement définis. Les paramètres de régression (b1, b2, … , bp) sont connus, mais la distribution du résultat reste inconnue puisque la forme du risque de base (h0 (t)) n’est pas précisée.

Le modèle de Cox est estimé sous sa forme logarithmique :

ln ( h ( t ) ) = ln ( h 0 ( t ) ) + b 1 x 1 + b 2 x 2 + + b p x p

t représente la durée de survie. La variable dépendante, h(t), représente le risque et est une combinaison du temps de survie et de la survenue ou non du décès (événement). h(t) est estimé par un ensemble de covariables (x1, x2, … , xp) et leurs coefficients estimés respectifs (b1, b2, … , bp).

h0 (t) est le risque de base, la valeur du risque si toutes les covariables sont égales à zéro. Le risque de base n’est pas défini dans le modèle de Cox et peut varier dans le temps.

Dans le modèle Cox, les coefficients (b1, b2, … , bp) sont estimés sans préciser le risque de base (h0 (t)) à l’aide d’une méthode appelée « vraisemblance partielle ». La fonction exponentielle des coefficients (par exemple : e b1 ) est le ratio de risque. Une valeur de bi supérieure à zéro, ou de e b1 supérieure à 1, indique que plus la valeur de xi augmente, plus le risque augmente et plus la durée de survie diminue.

Vous trouverez ci-dessous un exemple de données configurées pour exécuter un modèle à risques proportionnels de Cox. La colonne « Objet » est un identifiant unique. La colonne « Mort » est une variable binaire, une valeur de 1 signifie que l’objet est mort, une valeur de 0 signifie que l’objet a été censuré. La colonne « Temps » est le temps qu’il a fallu pour que l’objet meure ou soit censuré. Par exemple, l’objet 1 du tableau ci-dessous est mort à la période 3, tandis que l’objet 2 a été perdu pour suivi (censuré) à la période 2. x1 et x2 sont des covariables et ne varient pas dans le temps dans ce cas. 

Tableau A2 : Exemple de données pour le modèle de risque proportionnel de Cox

ObjetMortTempsx1x2
113510
202813
319914
...............

Si les covariables varient dans le temps, il faudra utiliser un modèle de Cox à covariables dépendantes au temps, comme l’ont démontré Therneau et al. (2023). Supposons que x1 varie dans le temps de telle sorte que :

ln ( h ( t ) ) = ln ( h 0 ( t ) ) + b 1 x 1 ( t ) + b 2 x 2

La principale différence dans le tableau ci-dessous est que la colonne Temps est divisée en deux colonnes, Temps_début et Temps_fin. L’objet 1 dispose à présent de trois lignes de données, la mort étant égale à 0 dans les deux premières lignes et égale à 1 dans la dernière ligne, ce qui correspond à la mort au cours de la troisième période. L’objet 2 a maintenant deux lignes de données, avec une mort égale à 0 dans les deux périodes, ce qui signifie qu’il a été censuré dans la deuxième période. x2 ne varie pas dans le temps et reste constant pour un même objet. x1 varie dans le temps et n’est pas constant pour un même objet.

Tableau A3 : Exemple de données pour le modèle de Cox à covariables dépendantes au temps

ObjetMortTemps_débutTemps_finx1x2
1001310
1012410
1123510
2001913
2012813
......... ...

Une hypothèse importante du modèle à risques proportionnels de Cox est que le rapport de risque est constant et proportionnel. Par exemple, un rapport de risque constant de 2 entre le groupe A et le groupe B signifie que, pendant toute la durée de l’étude, le groupe A est toujours deux fois plus susceptible de mourir (ou de subir un événement) que le groupe B. Si l’hypothèse de risque proportionnel n’est pas respectée, comme dans le présent document, on peut utiliser un modèle de Cox avec des coefficients dépendant au temps, comme le décrivent Therneau et al. (2023).

ln ( h ( t ) ) = ln ( h 0 ( t ) ) + b 1 ( t ) x 1 + b 2 x 2

Dans l’équation ci-dessus,  n’est pas soumis à un risque constant et proportionnel et varie donc dans le temps. L’hypothèse des risques proportionnels peut être vérifiée à l’aide de tests statistiques et de diagnostics graphiques basés sur les résidus de Schoenfeld mis à l’échelle.

L’un des modèles de Cox les plus simples avec des coefficients dépendant au temps est une fonction en escalier pour b1(t), c’est-à-dire des coefficients différents pour des intervalles de temps différents (Therneau et al. 2023). Par exemple, on peut diviser t en 3 groupes de temps différents, temps_groupe1, temps_groupe2 et temps_groupe3, puis estimer un b1 différent pour chaque temps_groupe.

12. Annexe 2 : Autres caractéristiques du modèle

Plusieurs modifications ont été apportées au modèle principal afin de vérifier la fiabilité des résultats :

La variable « Province », qui indique la province dans laquelle l’entreprise est située, a été ajoutée au modèle principal. Cependant, l’ajout de cette variable provinciale n’a pas beaucoup modifié les coefficients estimés (voir les changements entre le tableau 7 et le tableau 8 ci-dessous) et les erreurs types sont restées similaires. Par conséquent, nous pouvons conclure que la variable « Province » n’est pas un facteur de confusion pour la variable du « Statut de la stratégie d’expansion internationale ». Elle a donc été censurée du modèle puisqu’elle comporte des valeurs manquantes.

Tableau 7 : Résultats du modèle « Province » (modèle principal avec l’ajout de la province comme covariable)

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* La variable Province a des valeurs manquantes, ce qui réduit la taille de l’ensemble de données
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3380,0590,0000,713
Prog. mondiale * temps10,1390,0420,0011,149
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1670,0800,0371,181
Prog. mondiale * temps2-0,3390,0590,0000,712
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Tableau 8 : Modèle principal, mais avec le même ensemble de données que le modèle « Province »

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Ce modèle a été exécuté avec le même ensemble de données que le modèle provincial, qui comporte des valeurs manquantes, ce qui donne un ensemble de données plus petit que le modèle principal du tableau 4
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3360,0590,0000,714
Prog. mondiale * temps10,1420,0420,0011,152
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1640,0800,0401,178
Prog. mondiale * temps2-0,3420,0590,0000,710
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Au lieu d’utiliser un seuil de 2 ans pour classer les entreprises nées mondiales et régionales, un seuil de 3 ans a été utilisé, c’est-à-dire qu’une entreprise est née mondiale ou régionale si elle exporte entre 0 et 3 ans après sa création au lieu de 0 à 2 ans après sa création. Par rapport au modèle principal (voir tableau 4), les coefficients de ce modèle restent semblables (voir tableau 9 ci-dessous), sauf pour les entreprises progressivement mondiales au cours de la première année d’exportation, où elles sont maintenant encore plus susceptibles d’arrêter d’exporter, soit 28 % plus susceptibles d’arrêter que les entreprises nées mondiales au lieu des 15 % de plus rapportés dans le modèle principal.

Tableau 9 : Modèle principal, mais avec un seuil de 3 ans pour définir le statut d’entreprise née mondiale et née régionale

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Il s’agit du même modèle que le modèle principal, mais avec un seuil de 3 ans au lieu de 2 ans pour les statuts d’entreprises nées mondiales et nées régionales.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale (3 ans) * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale (3 ans) * temps1-0,3550,0520,0000,701
Prog. mondiale (3 ans) * temps10,2460,0380,0001,279
Née mondiale (3 ans) * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale (3 ans) * temps20,1820,0700,0091,200
Prog. mondiale (3 ans) * temps2-0,3970,0530,0000,672
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Un autre seuil qui pourrait être modifié pour la vérification de la fiabilité des résultats est le ratio exportations/recettes de 25 %, abaissé à 10 % et à 5 %. Une entreprise est alors née mondiale ou née régionale si ses exportations sont supérieures ou égales à 10 % ou à 5 % de son chiffre d’affaires dans les 0 à 2 ans qui suivent sa création. Les coefficients de ces modèles (tableaux 10 et 11 ci-dessous) restent similaires aux coefficients du modèle principal (tableau 4), ce qui confère une fiabilité supplémentaire aux résultats du modèle principal.

Tableau 10 : Modèle principal, mais avec un ratio de 10 % d’exportations par rapport au chiffre d’affaires pour définir le statut d’entreprise née mondiale et née régionale

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Il s’agit du même modèle que le modèle principal, mais avec l’utilisation d’un ratio exportations par rapport au chiffre d’affaires de 10 % au lieu de 25 % pour définir les statuts d’entreprises nées mondiales et nées régionales.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale (ratio de 10 %) * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale (ratio de 10 %) * temps1-0,3230,0480,0000,724
Prog. mondiale (ratio de 10 %) * temps10,1430,0360,0001,154
Née mondiale (ratio de 10 %) * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale (ratio de 10 %) * temps20,1760,0660,0081,193
Prog. mondiale (ratio de 10 %) * temps2-0,2610,0520,0000,771
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Tableau 11 : Modèle principal, mais avec un ratio de 5 % d’exportations par rapport au chiffre d’affaires pour définir le statut d’entreprise née mondiale et née régionale

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Il s’agit du même modèle que le modèle principal, mais avec l’utilisation d’un ratio exportations par rapport au chiffre d’affaires de 5 % au lieu de 25 % pour définir les statuts d’entreprises nées mondiales et nées régionales.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale (ratio de 5 %) * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale (ratio de 5 %) * temps1-0,2860,0420,0000,751
Prog. mondiale (ratio de 5 %) * temps10,1320,0330,0001,141
Née mondiale (ratio de 5 %) * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale (ratio de 5 %) * temps20,1130,0590,0581,120
Prog. mondiale (ratio de 5 %) * temps2-0,1940,0480,0000,824
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Une variable d’interaction entre la taille et l’état d’avancement de la stratégie d’expansion internationale a été ajoutée, mais certaines combinaisons de la taille et de l’état d’avancement de la stratégie d’expansion internationale ne comportaient pas suffisamment de périodes de fin d’exportation, ce qui a donné lieu à des coefficients estimés peu fiables. L’interaction entre la taille et l’état d’avancement de la stratégie d’expansion internationale n’a donc pas été prise en compte dans le processus de modélisation.

Le logarithme de la valeur ajustée des exportations tient également compte de l’interaction avec l’état d’avancement de la stratégie d’expansion internationale, mais les coefficients relatifs à l’état d’avancement de la stratégie d’expansion internationale et au logarithme de la valeur ajustée des exportations restent similaires à ceux du modèle principal. Les termes d’interaction n’étaient pas non plus statistiquement significatifs et n’amélioraient pas la prédiction du modèle; ils ont donc été exclus du processus de modélisation.

Le modèle principal a également été appliqué aux seules périodes d’exportation qui ont débuté entre 2005 et 2009. Les coefficients pour les entreprises nées régionales sont restés similaires (voir le tableau 12 ci-dessous et le tableau 4) mais ont perdu leur signification statistique au cours de la deuxième période. Les coefficients pour les entreprises progressivement mondiales sont également restés similaires, mais ont perdu leur signification statistique au cours de la première année. Ces pertes de signification statistique sont probablement dues à la taille réduite de l’échantillon.  

Tableau 12 : Modèle principal, mais utilisant uniquement les périodes d’exportation ayant débuté entre 2005 et 2009

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Il s’agit du même modèle que le modèle principal, mais en utilisant uniquement les périodes d’exportation qui ont débuté entre 2005 et 2009
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3630,0980,0000,696
Prog. mondiale * temps10,0850,0790,2791,089
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1560,1220,2021,169
Prog. mondiale * temps2-0,3850,1000,0000,681
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Le modèle principal a également été appliqué au reste des données, pour les périodes d’exportation ayant débuté entre 2010 et 2018. Les coefficients pour les entreprises nées régionales et progressivement mondiales restent similaires, mais on observe une perte de signification statistique dans la deuxième période pour les entreprises nées régionales, probablement en raison de la taille plus petite de l’échantillon.

Tableau 13 : Modèle principal, mais utilisant uniquement les périodes d’exportation ayant débuté entre 2010 et 2018

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Il s’agit du même modèle que le modèle principal, mais en utilisant uniquement les périodes d’exportation qui ont débuté entre 2010 et 2018
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3230,0760,0000,724
Prog. mondiale * temps10,1840,0510,0001,202
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1830,1110,1001,201
Prog. mondiale * temps2-0,2970,0770,0000,743
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

La productivité d’une entreprise est un facteur qui influe souvent sur les résultats d’exportation. L’étude de la littérature réalisée par Wagner (2005) montre que « les exportateurs sont plus productifs que les non-exportateurs et que les entreprises les plus productives s’autosélectionnent sur les marchés d’exportation » [traduction] et qu’il serait donc raisonnable d’inclure une mesure de la productivité dans le modèle de survie. La productivité du travail, mesurée par la valeur déflatée des ventes de biens et de services divisées par le nombre d’employés, a été introduite dans le modèle de survie en tant que variable de contrôle. De même, le statut de multinationale (étrangère ou canadienne) d’une entreprise a également été inclus comme variable de contrôle dans le modèle, étant donné qu’au Canada, plus de 80 % de la valeur des exportations de marchandises proviennent d’entreprises multinationales. Une autre variable a été ajoutée : le statut d’importateur. En effet, les exportateurs qui sont également importateurs représentaient plus de 85 % du commerce total de marchandises au Canada en 2021, car ces négociants bidirectionnels sont fortement intégrés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales et sont susceptibles d’avoir une plus grande capacité de survie sur le marché de l’exportation. Malheureusement, les entreprises ne disposent pas de données sur la productivité du travail, le statut de multinationale et le statut d’importateur, et l’inclusion de ces variables a abouti à un cadre de données plus petit d’environ 45 000 lignes d’observations, contre environ 86 000 observations lorsque ces variables étaient exclues. En d’autres termes, l’inclusion de ces variables a permis d’obtenir une base de données d’environ 20 000 périodes d’exportation, contre environ 35 000 périodes d’exportation sans ces variables. Néanmoins, il est important de déterminer si la productivité du travail, le statut de multinationale et le statut d’importateur sont des facteurs de confusion par rapport à la variable qui nous intéresse dans le cadre de cette recherche, à savoir le statut de la stratégie d’expansion internationale.

Avec l’inclusion de la productivité du travail, du statut de multinationale et du statut d’importateur dans le modèle principal et en utilisant la base de données avec environ 45 000 lignes d’observations (voir tableau 14), les entreprises nées régionales ont alors un risque 30 % plus faible que les entreprises nées mondiales au cours de la première année d’exportation. Or, au cours des années suivantes, le risque devient 21 % plus élevé, mais n’est pas statistiquement significatif. Au cours de la première année d’exportation, les entreprises progressivement mondiales sont 27 % plus susceptibles que les entreprises nées mondiales de cesser d’exporter, mais au cours des années suivantes, elles sont 32 % moins susceptibles de le faire. Lorsque ces résultats sont comparés au modèle principal utilisant le même ensemble de données réduit (voir tableau 15), les coefficients et les erreurs types pour les entreprises nées régionales et progressivement mondiales ne changent pas beaucoup, ce qui indique que la productivité du travail, le statut de multinationale et le statut d’importateur ne sont pas des facteurs de confusion pour la variable de statut de la stratégie d’expansion internationale. Par conséquent, la productivité du travail, le statut de multinationale et le statut d’importateur peuvent être laissés de côté lors de la modélisation de l’effet de la stratégie d’expansion internationale sur le taux de risque, étant donné que les valeurs de ces variables sont manquantes.

Tableau 14 : Modèle principal avec ajout de la productivité du travail, du statut de multinationale et du statut d’importateur comme covariables

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3530,1040,0010,702
Prog. mondiale * temps10,2370,0710,0011,267
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1930,1480,1921,213
Prog. mondiale * temps2-0,3820,1040,0000,682
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays destinataires, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteurs d’activité de l’entreprise, statut de multinationale, statut d’importateur, logarithme de la productivité du travail

Tableau 15 : Modèle principal, mais utilisant le même ensemble réduit de données que le modèle avec l’ajout de la productivité du travail, du statut de multinationale et du statut d’importateur comme covariables

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
* Ce modèle comporte les mêmes covariables que le modèle principal du tableau 4, mais l’ensemble de données est plus petit pour le rendre comparable au modèle du tableau 14, étant donné que l’inclusion de la productivité du travail, du statut de multinationale et du statut d’importateur a conduit à un ensemble de données plus petit en raison de valeurs manquantes.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps1-0,3690,1040,0000,692
Prog. mondiale * temps10,2190,0710,0021,245
Née mondiale * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale * temps20,1810,1480,2211,198
Prog. mondiale * temps2-0,3870,1040,0000,679
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Comme indiqué précédemment aux sections 4.3 et 6.3, un modèle de régression en deux étapes a été utilisé pour tenir compte du fait que le choix stratégique du statut d’expansion de l’entreprise (née mondiale, née régionale ou progressivement mondiale) est endogène. La méthode de régression en deux étapes peut être représentée par l’équation suivante :

Première étape : IS i = γ 0 + γ Y

Deuxième étape : ln ( h (t) ) = b (t) IS IS ^ i + α Z

Dans la première étape, ISi est le statut de la stratégie d’expansion internationale de l’entreprise i, comme dans le modèle de base. Y est un vecteur de prédicteurs et de leur coefficient (y). Ceux-ci sont utilisés pour prédire la stratégie d’expansion internationale ( IS ^ i ) à l’aide d’une régression logistique multinomiale. Les variables prédictives utilisées comprennent : la taille, les cohortes d’années d’exportation, les secteurs d’activité des entreprises, le logarithme du nombre de produits exportés, le logarithme du nombre de destinations d’exportation, le logarithme de la valeur ajustée des exportations, l’indicateur d’activités dans plus d’un secteur d’activité ou non, l’indicateur d’activités dans plus d’une province ou d’un territoire ou non.

La deuxième étape est identique au modèle principal, mais au lieu d’utiliser ISi, l’état de la stratégie d’expansion internationale, la deuxième étape utilise IS ^ i , la stratégie d’expansion internationale prédite lors de la première étape. 

Les résultats en deux étapes (voir tableau 16) montrent que, au cours de la première année d’exportation, le risque pour les entreprises nées régionales est inférieur de 50 % à celui des entreprises nées mondiales. Cependant, au cours des années subséquentes, le risque devient 56 % plus élevé que pour les entreprises nées mondiales. Pour les entreprises progressivement mondiales, le risque est 20 % plus élevé que pour les entreprises nées mondiales au cours de la première année d’exportation (bien que le niveau de signification soit moindre puisque la valeur p est légèrement supérieure à 10 %), mais le risque devient 48 % plus faible au cours des années suivantes.

La méthode de l’échantillon fractionné (décrite à la section 6.3) est essentiellement la même que la méthode de régression en deux étapes, mais les données ont été divisées aléatoirement en deux moitiés. La première moitié a été utilisée pour obtenir des estimations pour  et , qui ont ensuite été utilisées dans la seconde moitié pour obtenir des estimations pour IS ^ i . Ces données ont permis d’estimer IS ^ i et la seconde moitié des données a ensuite été utilisée pour extraire b(t)IS. La méthode de l’échantillon fractionné a été répétée 1 000 fois pour obtenir un intervalle de confiance de 95 % pour les coefficients estimés, b(t)IS.

Les résultats (voir tableau 17) de la méthode de l’échantillon fractionné décrite ci-dessus apportent une fiabilité supplémentaire. L’intervalle de 95 % obtenu par la méthode de l’échantillon fractionné confirme que, par rapport aux entreprises nées mondiales, les entreprises nées régionales sont moins susceptibles de cesser leurs activités au cours de la première année d’exportation, puisque l’intervalle de confiance de 95 % des coefficients estimés ne contient que des valeurs négatives, mais elles sont en revanche plus susceptibles de cesser leurs activités au cours des années d’exportation subséquentes, tandis que les entreprises progressivement mondiales sont moins susceptibles de cesser leurs activités au cours des années d’exportation subséquentes. Pour les entreprises progressivement mondiales, au cours de la première année, le résultat est moins fiable, car l’intervalle de 95 % présente des résultats négatifs et positifs.

Tableau 16 : Résultats du modèle à risques proportionnels de Cox à deux étapes

VariableCoefficients estimésErreurs-typesValeur PCoefficients exponentiels
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née mondiale prédite * temps1Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale prédite * temps1-0,7010,1350,0000,496
Prog. mondiale prédite * temps10,1780,1110,1081,195
Née mondiale prédite * temps2Base de référence = 0  Base de référence = 1
Née régionale prédite * temps20,4470,1560,0041,563
Prog. mondiale prédite * temps2-0,6550,1300,0000,519
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise
Concordance = 0,725, Erreur-type = 0,002
Test du rapport de vraisemblance = 10 437 sur 65 degrés de liberté, valeur p = 0,00
Test de Wald = 7991 sur 65 degrés de liberté, valeur p = 0,00
Test de Mantel-Haenszel = 8796 sur 65 degrés de liberté, valeur p = 0,00
Nombre d’événements = 21 773

Tableau 17 : Résultats du modèle à risques proportionnels de Cox avec échantillon fractionné

VariableIntervalle de confiance à 95 % du coefficient estimé par la méthode de l’échantillon fractionné
Remarque : Temps1 = la première année d’une période d’exportation, temps2 = le reste des années d’une période d’exportation
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
Née régionale prédite * temps1(-1,035, -0,365)
Prog. mondiale prédite * temps1(-0,093, 0,415)
Née régionale prédite * temps2(0,073, 0,780)
Prog. mondiale prédite * temps2(-0.922, -0.381)
Variables de contrôleTaille de l’entreprise, logarithme de la valeur ajustée des exportations, logarithme du nombre de produits exportés, logarithme du nombre de pays vers lesquels les exportations sont effectuées, expérience antérieure en matière d’exportation, cohortes d’années d’exportation (stratifiées), secteur d’activité de l’entreprise

Des prédictions de courbes de survie ont également été créées à l’aide du modèle à deux étapes (voir figure 12) pour une vérification supplémentaire de la fiabilité; les résultats sont similaires aux prédictions de courbes de survie créées à l’aide du modèle principal (voir figure 10). Les entreprises nées régionales ont un taux de survie plus élevé au cours des premières années d’exportation, mais à partir de la quatrième année, il n’y a pas de différences statistiquement significatives dans les taux de survie.

Figure 12 : Prédictions de courbes de survie à l’aide du modèle à deux étapes, par stratégie d’expansion internationale

Figure 12 : Prédictions de courbes de survie à l'aide du modèle à deux étapes, par stratégie d'expansion internationale

Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada

Version texte – Figure 12
Année (1re, 2e, etc.) d’exportationTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées mondialesTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Nées régionalesTaux de survie prévu (proportion en % des périodes d’exportation) – Progressivement mondiales
Remarque : Les barres d’erreur représentent l’intervalle de confiance à 95 %.
Données : Données individualisées de Statistique Canada
Source : Bureau de l’économiste en chef, Affaires mondiales Canada
171,1 %84,4 %66,5 %
246,9 %61,1 %51,4 %
333,4 %47,0 %41,6 %
427,6 %40,5 %36,9 %
523,3 %35,6 %33,3 %
619,5 %30,9 %29,7 %
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